I.e premier passage que je produirai
à l'appui de ce que je riens de dire est lire des | lus anciennes constitutions de 11 de Sj rie, qui ont de Iraduites du syriuq l arabe par l'archevêque David, à la prière d'un certain abbé nommé Joseph, 1 an .'icRi de
l'bégire. Quoique sage ne nous
parvenu qu'en arabe, il rend néanmoins un témoignage ii lèlc a l'original syriaque. Voici ce qu'on y lit, au «h.! , ilre septième, intitulé, De l'Eucharistie : Jt se donne, c'est-à-dir propre corps(qae son nom soil béni ! ), pour la rémission tirs péchés, et non pas assun en figure seulement ; car il dit : Ceci est mon corps; <t ne dit point : Ceci e$t lu Heure de mon corps (2). S il faut en croire Horne, ce bon Syrien, qui a rédige ce canon, aurait raisonné d'une manière assez plaisante. Car dans l'original ce texte aurait dû cire ainsi conçu: Car il dit , Ceci est mon corps, et ne dit pas. Ceci est mon corps : puisque cet écrivain si habile nous affirme que les Sj riens ne peuvent pas autrement exprimer fie,
Mais saint Maruthas. évéque de Tangrile, qui vivait à la fin du quatrième siècle cl au commencement du cinquième, nous fournit un autre témoignage tout à fait irréfragable. Voici en quels termes il parle dans son Commentaire sur les Evangiles, lorsqu'il expose les motifs de l'institution de 1 uguste sacrement de l'eucharistie : En outre, les fidèles des temps postérieurs auraient été ji i\ la communion du corps et du sang (de J< tus- Christ), s'il n'eût pas institué ce sacrement. Mais maintenant, toutes les fois que nous approchons de son corps et de son sain/ , et que nous les recevons dans nos mains, nous croyons posséder ainsi son corps et dcvaiir participants de sa chair et de ses os, selon qu'il est écrit. En effet , Jésus-Christ ne les a pus appelés type eu ligure, mais il a dit : Ceci est vraiment mon corps, et, Ceci est mon sang (8). Paroles qui, seules et réduites à elles-mêmes, seraient suffisantes pour renverser l'argument sans force de notre adversaire : car on ne suggère pas seulement les paroles que Je sus-Christ, parlant syriaque , aurait pu employer pour instituer un type de son corps; mais encore celles dont il a du se servir s'il a voulu se rendre intelligible ; et on conclut
(I) Comment de Jean Maron sur la Kuirgfa île s. Jacqui -, dans le codes 31. Nairoui, BnôpMa u \rs ta] de la 1 i ■"> l ■ Rome, 14, p loi.
id . p. I"7. ei un peu diversement dans I. s aji utées an citai, de Hebedjésu , édile par l. Rome, 1665, p. Itt.
(5) Assémaoi, bil'lmlii. o uni , l. I. p. 17'J
HOR^E SYRIACjE.
qu'il faut admettre sans le moindre doute la présence réelle du corps et du sang du Seigneur, parce que Jésus-Christ a déclaré que ce qu'il tenait dans ses mains était son corps, et non le type ou la figure de son corps.
§ VIII. — Conclusion de toute cette dispute, et son application.
Vous avez enfin sous les yeux tous les avantages qu'on peut tirer de la langue syriaque pour dirimer la question agitée entre les catholiques et les protestants. Notre adversaire s'était vanté que cet idiome était tout en faveur de son parti ; moi , au contraire, je me suis engagé à prouver qu'il était tout à fait pour nous ; et, comme j'en ai la confiance , je n'ai pas été trompé dans mes espérances. En effet, n'ai-je pas démontré: 1° que les Syriens ont plus de mots qu'aucun autre peuple pour exprimer symbole ou figure ; 2° qu'ils emploient ces mots plus fréquemment qu'aucune autre nation; 3° enfin, j'ai cité le propre témoignage des Syriens, qui déclarent eux-mêmes , en se servant des termes de leur langue, que si Jésus-Christ eût voulu instituer un type ou une figure de son corps , il n'aurait pu en aucune manière se servir des termes qu'il a employés, et qu'à s'en tenir au génie propre de leur langue, on ne peut rien conclure autre chose de ses paroles, que la présence réelle (dans l'eucharistie). Voilà donc exclus de cette formule sacrée toute espèce de syriasmes ou d'orientalismes; et lestermes employés par Jésus-Christ (si l'on consulte le génie propre de l'idiome syriaque) doivent se prendre absolument comme si les paroles de la consécration eussent été prononcées en latin. Or, si elles eussent été proférées en latin telles que nous les avons, qui eût pu jamais s'imaginer qu'elles signifiassent la figure du corps et du sang ?
Mais, dit-on, cette manière de parler est ordinaire dans les livres sacrés. Comment? Home a rassemblé plusieurs passages qu'il appelle parallèles ou semblables, dans lesquels le verbe est est employé pour exprimer figure. J'entends : mais moi je dis qu'il n'y a pas un seul vrai parallélisme dans ces passages. Quoi! si dans les endroits où il s'agit d'expliquer des figures données expressément comme telles, on applique à la chose dont il est question le nom de symbole ou figure (et l'on ne peut guère citer d'exemples d'un autre genre), s'ensuivra-t-il donc que dans les passages où rien n'avertit qu'il s'agit de symbole, où rien n'indique qu'il soit question de paraboles , il faille sans raison détourner le sens naturel des mois, et leur prêter une signification à laquelle répugne entièrement le contexte? Que si le verbe est signifie quelquefois figure, tandis que dans cent, dans mille circonstances il doit être pris dans son sens propre et littéral, de quel droit peut-on regarder comme parallèles les passages où il est pris dans le sens de figure, et rejeter les autres, infiniment plus nombreux, où il conserve sa signification propre et naturelle? Où est le principe d'herméneutique qui en- •eigue que , pour déterminer le sens d'une
expression équivoque, on puisse rassembler tous les passages dans lesquels elle a un sens (quelconque), et les donner comme parallèles, â moins qu'on ne découvre dans les autres parties de la phrase, ou dans les circonstances où était placé celui qui parlait ou qui agissait, quelque rapport ou ressemblance spéciale et particulière? Voilà en effet les conditions qu'exige un véritable parallélisme; il ne saurait y en avoir sans cela de véritable. Or tous ces passages que Horne vient alléguer, après d'autres écrivains de son parti , n'ont point d'autre rapport ou ressemblance avec notre texte, sinon qu'ils contiennent comme lui le terme sur lequel roule toute la dispute. Lorsque l'esprit est frappé de quelque ressemblance (entre les passages présentés comme parallèles ou semblables) : considérez d'abord si c'est une véritable ressemblance et si les passages sont réellement semblables : c'est-à-dire, si non seulement le même mot , mais encore si les mêmes choses se correspondent en l'un et en l'autre, pour pouvoir en juger sainement. Telle est la règle tracée par Horne lui-même, pour juger des parallélismes (1). Délaces phrase», Les sept épis sont sept années (2), et, Le champ est le monde (3), peuvent être regardées, si l'on veut, comme parallèles; non que le même mot se retrouve dans les deux, mais parce que la chose énoncée dans les deux est la même, savoir : l'explication d'une chose symbolique (d'un songe et d'une parabole). Mais, pour instituer un parallélisme entre ces phrases et la formule, Ceci est mon corps, il faudrait démontrer qu'il s'agit ici d'expliquer un symbole ou une figure ; or, comme je l'ai déjà fait remarquer plus haut (k), jamais les protestants ne prouveront que ces passages et autres semblables , qui sont les seuls qu'ils puissent alléguer, soient plus parallèles aux paroles de l'institution de l'eucharistie , qu'ils ne le sont à ces paroles de saint Jean : Le Verbe était Dieu. Mais je laisse aux théologiens et aux professeurs des lettres sacrées le soin de discuter plus amplement cette matière.
Il paraît donc invinciblement démontré que, dans les paroles de l'institution de l'eucharistie, il n'y a point d'orientalisme ni de parallélisme qui doive les faire plier au sens de nos adversaires. Que restc-t-il donc? le contexte, auquel Horne en appelle. Mais là il nous semble , si je ne me trompe , que ce docteur se condamne lui-même imni» -riimpoùpivov. Voici en effet comme, en parlant des emphases verbales, il explique si bien les paroles de saint Matthieu XXVI, 28 : Presque chaiiuc syllabe, dit-il, dans le texte grec ( les articles surtout ) est singulièrement emphatique; car il est ainsi
Conçu.: TcGto yàp i<m Tô uXjià. //su , Ta tt;; xowvijj îi«9/>./i;, Tô it£,el ïtcX/ûv £/Zuvi//c-5v , £("{ &feau a,ua,5Tiûv.
(I) WliriKniT Uni niinil is struck wilhany resemblancc, in Un; fiist place consWer wtiether il is a inie reserablance, and whether Ihe | asssiges arc sullicieiuly similar ; lliat is, uol onhi whether ihe saine uiord, bul aho llie saine iliinq atlswers together, inorder lo fonn a safe iudgmetU cuitrerniug il. I. Il, P- ti31.
(-2) r.pn., XI. I, "2ti.
(5)Mallli., XIII, 38.
(4) Voyei ci-dessus, §3. col. 803 et suiv.
DftMONSTRATION ÉVANGÉUQDE.
Ce n'est pas en exagérer la force que de le traduire et de le paraphraser MllW . Car c'est mon
saut/ . mon proprt tan§ (mmim lU&sottgui
fi'/mi' pur tou* let sacri fiers de la loi judaïque,
et surtout par Feffution et l'aspersion du sang de l'agneau pa$eat . le sang de la victime qui a été immolée pour la ratification du traité de la nouvelle alliance ; ce tang fui doit être bientôt versé pour la multitude, tant pour lu (Gentils t/ui- pour lis Juifs, /mur la rémission «les péchés, tant du péché originel que des juchés actuels, etc.
Voilà donc comme Home a rendu loi-même oc passage (i). El j'ai lâché de reproduire ses paroles le plus mot à mot qu'il m'a été possible. Or que devrait-il s'ensuivre de lout ce contexte? ce qui précède comme ce qui suit se tait complètement là-dessus .Mais qui pourrail se persuader que Jésus-Christ, dans la célébration du rit le pins sacré de l'ancienne loi, après avoir pris dans ses mains la coupe et l'avoir bénie, au moment où il tenait attachés sur lui par l'attente de quelque grand mystère les regards de tous ses disciples, aurait prononcé les paroles si emphatiques par lesquelles il déclarait que ce qui était contenu dans la coupe était son sang très-précieux ; ce sang qui avait été figuré par les anciens sacrifices , ce sang par lequel devait être ratifié le traité de la nouvelle alliance ; ce sang qui devait être le prix même de la rédemption, sans avoir eu cependant d'autre but que de donner à entendre à ses apôtres que ce vin était le symbole ou la figure de son sang, par celte raison que l'un et l'autre sont de couleur rouge! de la même manière que Eustathius (2) , Achille Tatius (3) et Plutarque (k) appellent le vin rouge le sang de la terre ou du raisin. Ecoutez en effet ce que dit Wetslein, le premier pcul-étre des commentateurs protestants : Nous n'avons , il est vrai , pas de peine à comprendre comment le vin rouge peut signifier du sang; et il cite les auteurs que je viens de nommer (5). Je ne saurais dire si un pareil langage prête plus au ridicule qu'à la nausée ; mais écoulez ce qu'il ajoute après les paroles que je viens de rapporter : Mais il n'est pas aisé de comprendre quelle ressemblance il peut y avoir entre un corps humain et du pain. On pourrait cependant répondre qu'un cadavre épuisé de sang, comme est celui d'un homme mort sur la croix , est aussi sec que du pain ; et de plus que le corps de Jésus-Christ , si on le considère mystiquement comme la chair d'un sacrifice , nourrit l'âme comme le pain nourrit le corps. Qui ne voit à quelle torlure se mettent nos adversaires pour éluder le sens littéral, et plier les paroles de la consécration, ces paroles emphatiques, à un sens figuré? Le contexte même nous est favorable, il suffit de lire les protestants pour s'en convaincre. Qu'on parcoure mémo d'une manière superficielle , si toutefois on en a la
2) In Iliad. », p. 231.
U) De Iside ctQsir.,p. 313.
(8) S. Malin., XXVl, 28, p. 519.
f.n allé, la dissertation il Un de leur- plos s.i-
ranti éerf rains , Jean Godefroj Eichhorn,
sur les paroles df 1 institution de l'euchir is-
tie [l)j quelle licence n | r< marsjuti I on pas en Eut d interprétation, pour donner aux n iroleede Jéeos-Christunseni probable, opposé
a Celui qne nous leur donnons ? Il lui faut re- < 'mm ;i | e faux protnarigelium hébreu des divers exemplaires duquel, opposés les uns aux autres, il suppose qne les évangélislee et saint Paul ont extrait ce qu'ils disent de l'institution de l'eucharistie. Ensuite il prétend qu il
s'est plissé certaines gloses dans le texte
exemplaires de saint l'aul et de saint Lue : ce qui fait, dit-il, que leur ré( it a besoin d'être corrigé [2 . Ce n'esl p ;s encore assez : il met de plus en doute sj s, uni Luc a bien et fidèlement traduit en grec ce prototype ou original hébreu •'! . Après avoir posé des fondements aussi solides qne ceux-là, il soumet à un rigoureux examen le- paroles de la formule <le l'institution eucharistique ; puis il rassemble et compare un grand nombre de textes qui n'ont pas de rapport à la chose en question , et en conclut enfin que ces paroles , ToOri èîti T3 aO/ti fuv, ceci est mon corps , équivalent à celles-ci , To:tc i-.-i i ébro, rit pot», ceci est le pain de mon corps, qui enfin ont le même sens que les suivantes, Tcvrf ..-.-.<.
s «,5T5; zf,; îcaS /./>;; lia tc" ia:Z '.-j.-'j.-.-.j ff m —Squialni
ceci est le pain de l'alliance qui doit être renouvelée par ma mort ('*). De sorte que les apôtres en entendant prononcer le mot topm, corps , durent avoir tout à coup présente à l'esprit l'idée de â-pro.z?.; ttfoMsff lia ts;o* fyuumi$tmptniç, c'esl-à-dire l'idée de pain défaillance qui devait être renouvelée par la mort l Quelle merveille que l'auteur de cette interprétation, vraiment forgée à coups de marteau, s'écrie : Mais quelle énigme ! que c'est en effet éniymatique et obscur (5)!... Car
« Isli quidem berclè oralioni OEdipo
Opus coujeclori cral, qui Spliingi iulcrpres fuit (6) :»
« il ne fallait rien moins qu'un devin comme OEdipe,quiexpIiqual'énigmedu sphinx, «pour que les apôtres pussent conjecturer que d'une phrase si courte dût sortir cette longue période, chargée de tant de pensées ! J'en citerai encore un autre; ce sera Guillaume I'ale\, écrivain qui jouit d'une grande estime en Angleterre , et avec raison , si l'on considère les excellents écrits qu'il a composes pour défendre la vérité de la religion chrétienne. Ce docteur donc, au nombre des preuves intrinsèques qu'il produit si savamment en laveur de l'authenticité du Nouveau Testament, en apporte, entre autres, une qu'il tire de la simplicité avec laquelle l'institution de Icucharislieest racontée: puis il ajoute: «Je pense aussi que la difficulté qui naît de la brièveté
(1) Ueber di<> Einsettaags-Worte des h. AbemlnuUli, dans la Allqenwine Bibliol. du même. T. M, pp. 1b i
(ô)lliid., p. 770.
(i)ll.id., p, 771.
Soi wie rjihsi lhafi ! Ralliselbau uad dunkel «ll«rdings. IImiI., p. 70.
(6) Piaule, l'cniul. act. 1, vers la fia.
HORiE SYRIACiE.
de la phrase du Christ, Ceci est mon corps, eût été évitée dans une histoire fictive. Je reconnais que V explication donnée de ces paroles par les protestants satisfait l'esprit ; mais elle est déduite au moyen d'une exacte et étroite comparaison de ces paroles avec les manières de parler en usage dans les Ecritures, et surtout employées par le Christ en d'autres endroits. Nul écrivain n'aurait voulu arbitrairement et sans nécessité jeter devant les pas du lecteur une difficulté qui , à dire le moins , exige des recherches profondes et une vaste érudition, pour qu'on puisse la résoudre (1).» Il ne pouvait, ce me semble, avouer en termes plus clairs que l'explication donnée par les protestants ne découle aucunement de la position naturelle des mots, ni des circonstances qui en ont accompagné renonciation ; en un mol, qu'elle repose toute sur la comparaison établie en d'autres passages , et non sur le contexte. J'en ai assez dit plus haut sur cette espèce de comparaison.
J'ai ainsi brièvement répondu à tous les arguments produits par Home pour étayer son prétendu syriasme, qui n'est qu'une fiction, et lui donner du relief. Peut-être m'accuserat-on d'avoir mis la faulx dans la moisson des théologiens ; mais il range lui-même au nombre des arguments philologiques tous ceux que j'ai apportés , et ils se trouvent mêlés aveciceux que, par une heureuse illusion, il tire de la langue syriaque. Discuter l'un après l'autre les exemples qu'il allègue, soumettre à un examen plus rigoureux et plus approfondi le contexte et l'enchaînement des mots, rassembler des documents puisés à d'autres sources, enfin résoudre les objections tirées de la philosophie (2) : c'est une tâche que je laisse,
(1) I think also tliat the dijficullij arising frotn the conciseness of Christ's expressions, «'l'Iris isiny body » would hâve beeu avoided in a inade up siory. 1 allow tliat the explication of thèse words, given by protestants, is satisfactory ; but it is dedueed jfrom a diligent comparison ofthe words in question ivilli [omis o[ expression used in scriplure.aaà espeeially by Christ on other occasions. No writer would arbitrarily "and unnecessarily hâve thus cast in his reader'svf ay, 'fldtfficuliy ,wliich, losaii ilie least, itrequired t esear cli and' érudition lo clear up. Évidences du christianisme, par Guill. Paley, docteur enlhéol., p. 2, cliap. 3, édit. d'Edimbourg, 1817, t. 11, p. 90.
(2) Quant aux difficultés qui naissent de la philosophie, on ne saurait y recourir pour trouver par ce moyen le sens des paroles en question. Car le Christ ne pouvait se servir des termes les plus clairs pour les plier à un sens Oguré, par la raison que l'erreur ne pouvait, même par hasard, pénétrer dans l'esprit des apôtres ; c'est-à-dire; pour m'exprimer plus clairement: Le christ ne pouvait employer des paroles qui auraient dû nécessairement tes induire en erreur, à moins d'être expliquées à l'aide d'un critérium, dont il n'aurait point, en celle occasionnait usage pour expliquer ses paroles.
Or, les apôtres croyaient Jésus Fils de Dieu, révolu de la toute-puissance, maître des lois de la nature qui obéis- ■ sait a ses ordres (.s. M ait II., VIII, 26; S. i.uc, IV, 56 ; VJU, 25 ; doué du pouvoir de changer a son gré une substance en une autre substance (S. Jean, II). Ils l'avaient vu inar- •' cher sur les eaux (s. sialtli., XIV ; s. ii/«rc,VI ; s. Jean, VI); et quoiqu'il eût un corps véritable, ils le virent ensuite % entrer (dans le cénacle), les portes fermées {s. Jean. XX, ' . 26). Avec de tels hommes Jésus pouvait-il parler d>- manière que le vrai sens de ses paroles dépendît de l'idée que ce qu'if déclarait avoir lait était impossible?
Mais nous avons un exemple évident de celle foi forte ■ cl. robuste que nous attribuons ici aux apôtres. Jésus-Christ j eu effet distingue par ce moyen ses vrais disciples des faux; ceux-ci lo quittèrent à cause de l'impossibilité ap-Jr
ainsi que toutes les autres choses de ce genre, à des hommes plus instruits ; pour moi , je serai pleinement satisfait d'avoir pu réussir à montrer combien la connaissance des langues et des lettres orientales peut servir à défendre la vérité catholique et à réprimer l'audace de nos adversaires. Car puisque les protestants se livrent avec tant d'ardeur à ce genre d'étude et en abusent trop souvent pour l'interprétation des livres sacrés; que pouvons-nous faire de mieux, pour arrêter leur licence sur ce point , que de poursuivre avec la même ardeur ce même genre d'étude, et de puiser ainsi le remède aux sources mêmes d'où ils tirent le poison ? Oui, telle est certainement , telle est la vérité catholique , qu'elle ne craint nulle espèce d'investigation, nulle espèce d'arguments inventés par le génie ou acquis par l'étude ; que ni la subtilité des philosophes , ni les raisonnements plus graves et plus sérieux des théologiens ne sauraient en aucune manière l'ébranler ou l'affaiblir; à combien plus forte raison, les arguties des grammairiens 1 Donc il ne faut pas dire que ceux-là travaillent inutilement dans l'Eglise de Dieu (ce que pourtant j'ai plus d'une fois entendu), qui cherchent à faire des progrès dans les lettres dont je viens de parler, et à les appliquer aux études sacrées, dans le but tant de corriger les erreurs des autres, que d'enrichir de jour en jour la vérité catholique de nouveaux arguments et de nouvelles lumières, de la développer et de l'orner ainsi de plus en plus 1