‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 29 sur 167 · qui se trouve dans le maiiiiM lit en qu · texte numérisé non relu

qui se trouve dans le maiiiiM lit en qu

tiou, fol. H . ver$o; i le commencement de l'Exode; .'( an morceau du premier chapitre (l*s Lamentations de Jérémie ci enfin un passage tiré du Nouveau Testament, qui te trouve en saint Matthieu, 1, 1K.)

Le litre d'un ouvrage qu'on ht sur le i de lu première feuille peut se traduire ainsi : Avec l'unie et lesecourtde In Ironie sainte et eornubstantielle du l'ère, du Filt si du Saint" l'.sprii vivant et saint, nous entreprenons d'écrire un petit livre sur lu ponctuation et tu inmni're de lire l'Ancien et le \ouveuu Testament, suivant la version karkapheneienne.

Ce litre paraît s'exprimer d'une manière assez claire; il est deux choses cependant qui peuvent faire naître quelque dou'.e. Premièrement le texte de ce Codex ne s'écarte presque en rien de la version simple, comme il esl évident par les exemples que je viens de citer; secondement on pourrait objecter qu'à la marge même du manuscrit, des leçons kar /m plie nsiennes sont notées comme différentes du lexle, non moins que celles de la version liéracléenne. En voici des exemples :

1° Isnïe, Vil, i ; — 2° Actes des a|>., v, 31 ; — 5" ibid., vin , -27 ; — i" Ibid., IX, 36 ; — o° Ilnd.,\, l ; — G" En. ;eix Rom., XV, -28; —7° ibid.. \\i, Il ; — S' Titre île |'éittlre aux Colossicns; —9° s. Manu., XM, 17; — 10" ibid., XXI, 1 ; — 11° ibid., XXVI, 50; — 12° Ibid., xwii, 16.

Ce sont là tous les endroits où l'on trouve citées en marge les leçons karkaphensiennes. Ces deux objeclions sont faciles à résoudre; et d'abord, quant à la première, il est certain que le texte est essentiellement un avec celui de la version pesebito, quoiqu'il s'y trouve néanmoins des différences assez notables pour lui mériter le nom d'édition revue et corrigée du texte primitif. J'exposerai plus tard ces différences, lorsque je parlerai du caractère propre de notre version. C'est pour cela que, dans la dissertation précédente, j'ai averti d'avance que, par le nom de version, il ne fallait pas entendre littéralement une version réelle et véritable. Quant à la seconde difficulté qui se présente, j'avoue que dès que je suis venu à parcourir le manuscrit, elle m'a paru de telle nature que j'aurais cru perdre mon temps et ma peine de chercher le texte karkaphensien là où je voyais apposées à la marge des leçons difféj rentes de cette version; mais ce serait lom- • ber de Charybdc en Scylla que de raisonner ainsi ; car, a la marge du Codex, on trouve beaucoup plus souvent citées des leçons différentes du texte peschito, non moins que de la version liéracléenne. Reste donc toujours la même difticulté à résoudre , si l'on veut y voir notre version simple (1). 11 y a plus : c'est que le texte qui nous occupe ici est formellement déclaré distinct du peschito. En voici un exemple : Ep. aux Rom. VIII, 15, on trouve à la marge la scolie suivante ajouter au texte : Simple, Abo(2). Selonle grec, dit fkio-

I) Je citerai plus loin toutes ces leçons diverses.

i) Ce litre «i«i i. lorrcsnoud a bienheureux ou saint, et

dose, laleçondu texte eH pitu truie (pluicon- >i'i>/r<< qm cette leçon-ci, gui eist celle du h to. Je pourrais faire desremar-

qu< i sur presque toutes ces citations : je pourrais dire, par exemple, de la troisième . <!<• la quatrième et d< s autres, qui i elui qui a et m ces ligues s'esttroropé, parce que la leçon mise à la marge ippartii ni a la rersion peschito, tandis que celle 'lu texte appartient j^utôt à la karkaphensienne, qui se rapproche davaniage du gre< . C'est ce qu'a remarqué luimême un de ceux en la possession duquel ce Codei s'est troui e, lequel a vonlu corriger le troisième de ces passages par une note écrite à la marge. Le cinquième ne me parait pas moins suspect d'erreur; car je pense que la leçon qui est écrite à la marge n'a pu \ruir que du troisième verset , où le copiste apercevant quelque variante avec un autre exemplaire, a cru y voir une différence et l'a notée. C'est ce qui me porte à regarde!

différents texles si souvent cités comme des variantes d'autres manuscrits.

Qu'ajouterai-je de plus? nous cherchons ce texte karkaphensien que Rarhébr&'us seul nomme et cite quelquefois. Ailler nous fournil deux passages où il parle de la rersion karkaphensienne et la blâme. Ces deux passages sont tirés du Ps. CXXWI. 1, et du Ps. CVII , 23. Je n'ai pu par moi-même vérifier cette citation, par la raison que le Codex de Rarhcbrœus, qui est au Vatican, ne va pas au delà du Ps. XXXVII, ainsi que je l'ai remarqué dans la dissertation précédente.

A ces deux leçons karkaphensiennes je pourrais en ajouter une autre citée par le même : elle est prise au l's. XXVI. 6.

J'ai cherché ces diverses leçons dans notre manuscrit, el ce n'a pas été en vain. Le premier verset du Ps. CXXXV ne se trouve point, il esl vrai, reproduit dans noire Codex; ce qui fait que je n'ai pas pu le vérifier; mais, au Ps. CVII, fol. 57, on trouve la phrase citée par Barhébrasus. Deméme, auoommtucementdu Ps. XXVI, fol. 51. verso, on trouve la leçon citée aussi par Harhébneus, Et je me suis souvenu de votre autel. Je n'ai pu trouver d'autres citations tirées du texte karkaphensien ; si ceux qui ont entre les mains les œuvres complètes de I? irhebra?us en peinent trouver, je les comparerai volontiers, pourvu que ces passages se trouvent dans mitre m inuscril. Ces deux exemples cependant suffisent pour démontrer que le lexle karkaphensien est enfin heureusement retrouvé, non en entier, il est vrai . mais asseï du moins pour en étudier et apprécier le caractère.

§111. — Description du manuscrit kurkaplnnsit u .

Mais avant d'en venir au texte lui-même. il esl bon de donner la description de ce manuscrit célèbre : il contient en effet plusieurs choses dignes dr remarque.

qui est resté jusqu'ici inconnu, esl uujours donné a la version peschito U la marge du uiauuxnt doul il esl M question.

HORAL syriacje.

Ce manuscrit est in-folio, comme l'on dit, en parchemin, et écrit sur deux colonnes dans chaque page. Le parchemin en est épais et jaune; l'encre est pâle et peu marquée, surtout dans les points, de sorte qu'elle est souvent très-difficile à distinguer du vermillon qui sert à indiquer les points diacritiques et le commencement des livres. Quelquefois cependant il arrive que la même feuille qui d'un côté paraît presque entièrement effacée par le temps , semble de l'autre côlé avoir été écrite tout récemment (1). Vers la fin du livre, on voit, en plusieurs endroits, des lettres refaites après coup, mais avec tant de soin , qu'on n'a rien changé à leur forme primitive (2). 11 est certain que le manuscrit a été écrit tout entier de la même main.

On connaît l'histoire et la date de ce manuscrit par des inscriptions, dqnt plusieurs commencent à la dernière feuille. Je les reproduirai en entier. La première , qui est écrite en lettres eslrangèles , peintes en vermillon , tandis que les points placés entre les mots sont en azur, peut se traduire ainsi: Louange au Père qui fortifie, et au Fils qui aide, et au Saint-Esprit qui secourt, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Celte invocation est suivie d'une épigraphe écrite de la même main que le livre, mais en lettres qui se rapprochent davantage de la forme moderne. Elle peut se traduire de cette manière : Ce livre a été' achevé l'an 1291 des Grecs (c'est-à-dire l'an 980 de l'ère chrétienne), dans le couvent ou monastère du glorieux, bienheureux et saint Aaron , au mont Sigara (3), dans le ressort de Calisure, du vivant de nos bienheureux patriarches Jean et Menna , et de notre religieux évéque ( de ce lieu) D. N. Celui qui a écrit ce livre de son mieux est David, un pécheur quia besoin que Dieu lui fasse miséricorde ; et qui, religieux de profession, est revêtu, sans l'avoir mérité, de l'habit religieux; son ordre est celui de diacre, et il est connu sous le nom d'Urin, village du ressort de Gère (k). Que tous ceux qui liront ce livre prient au nom de Notre-Seigneur ; que le Seigneur rende èi chacun selon ses prières, et que les miséricordes du Seigneur descendent sur nous tous. Ainsi soit-il.

Qu'il me soit permis de faire remarquer ici qu'il existe une lettre de Jean, patriarche des jacobites , à Menna d'Alexandrie , et que cette lettre se trouve dans le second tome de la Bibliothèque orientale, depuis la page 133 à la page 139.

(I) C'est ce qu'a remarqué au sujet du fameux mainiscrit parisien du Pentaleuque, le savant ei irès-illttstre De Sacy [Eichhorn, ,///</. biblwt., t. vin, p. '68l\.

Jzj Le môme. Unit., p. suiv.

(3j Les écrivains, comme nous le verrons plus loin, ont parlé quelquefois de ce monastère. Sigara est «m inouï que Ploléraée dit être presque le prmci] al de la Mésopotamie

Jfr, |UV cvr< b *J| Ut«*«ta|ùa xa-tovouàÇnai ti tt Mcwwv 5?o; xal

J;w; {céol.. I. v, cli. 18, éilit. d'Amsterd. 1805, p. 142), Coiiïoltez Assémani , r.iblioi. orient., t. Il, dissert, sur les

'""""l'Ii !'• H7; cit. III, part. II, p. 177i) ; quant à Ci liiure , voyez a l'endroit le premier cilé, p. 80.

( ' i Probablement hfte, que Ploléinêe place sur la rivi occidentale de l'Euphrate, non loin de Béroé, [ibid., p

Après quelques ornements vient la troisième épigraphe, écrite de la même main, et qui est conçue en ces termes : Dieu miséricordieux, ne rejetez point avec mépris de la face de votre miséricordieuse humanité votre pauvre et faible serviteur David, qui a écrit ces pages avec les forces que vous lui avez données, et qui n'y a pas apporté peu de soin. Quant aux fautes qui m'y sont échappées, à moi qui ne suis qu'une masse de boue (c'est-àdire un homme fa'ble et fragile), soyez-moi propice, ainsi qu'à tous mes parents défunts, et rendez tous les fidèles défunts dignes de partager le sort bienheureux de vos saints, par un effet de cette miséricorde qui vous a fait embrasser la croix. Ainsi soit-il.

Mais toi, sage lecteur, lorsque tu auras reçu ce livre et que tu en auras retiré du profit, lorsque aussi lu auras accompli le précepte du Seigneur, qui demande de ses serviteurs des prières dignes de lui être offertes, c'est-à-dire lorsque tu auras invoqué le secours de tous les saints , et principalement de la bénie et toujours vierge, la bienheureuse Marie, demande pour moi avec instance, clans tes prières, les grâces dont j'ai besoin; et si tu trouves quelque erreur, corrige-la, je t'en supplie, et ne fais jamais retomber sur moi la faute. Bien plus, au nom de la Trinité , la méditation et la gloire des orthodoxes...

Celle épigrapheestsuivied'une autre doxologic inscrite à la marge , et écrite, comme la première, en vermillon. En voici le sens : Louanges de la part de tous aux trois personnes divines, au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Trinité sainte, pardonnez-moi mes fautes en vue du travail que mes mains ont exécuté. Ainsi soit-il, ainsi soit-il. Toutes ces épigraphes sont, à ce que je pense, de la main de David, quoique pour celte seconde doxologie je n'en sois pas aussi certain. Elles sont toutes environnées de quelques ornements.

Vient ensuite une autre inscription qui a rapport au possesseur du manuscrit, et qui est ainsi conçue : J'ai donc reçu l'imposition des mains, c'est-à-dire la x^fo-coda.», sacerdotale, moi icandil, le dernier des moines, fils d'André, surnommé d'Oroch, village, en l'an 1295 (de l'ère chrétienne 98k). Que tous ceux qui le liront prient pour tous ceux qui y ont pris part. On lit alors au bas de la marge les paroles qui suivent : // est sorti de ce monde, plein... " Le reste est effacé.

Il faut remarquer que ces inscriptions , à l'exception des trois premières, étant souvent presque entièrement effacées , il est des mots dont je doute. Ainsi, dans le catalogue publié, on trouve Tarach où j'ai lu dans le texte Oroch ; mais ces différences sont légères et de presque nulle importance.

On trouve à la page suivante une autre inscription de la main même de David; et , quoiqu'elle soit fort longue, elle mérite bien cependant d'être ici reproduite ; elle n'est pas peu propre en effet à jeter du jour sur l'histoire de notre texte. En voici la traduction :

Ceux qui veulent sauver de Voubli la inémoire de leur nom , et la perpétuer dans les

NSTRATIOfl Vi INGÉLIQl K.

tièclet a iruir et jusqu'à fa postéritéla plus y eculéi . ^inscrivent sur </< - uu\ ragt r pi prêt àenrappeler lt touvenir; et, non contenté di

crin. ils ont suiii d uimiiiiili r un i priè-

res itr cru r i/ui profileront de leur» travaux. i\u monuments par lesquels les ancien ai

C nul unir ilr l nuls un Iti r h ni nom nui ùn< - futurs étaient de$ statues ou d'autres ouvragée

étui/lis /l'uni muni rt solide il durable. Muts

moi, ù <jui nu n imposé un nom, selon l'usage parmi les csuvres de Dieu, moi David, pécheur et misérable, du pays de Gère , qui m été revétu, quoique indigne, de l'habit monastique, je n'ai point eu le désir de transmettre à mes semblables, dans 1rs siècles à unir, la mémoire de ivon nom, si ce n'est pour y puiser lu tir (c'est-à-dire pour y recevoir le secours de leurs

prières). Nous avons accompli ici une double

tâche : car nous avons recueilli et rédigé, à force de sueurs et de soins fatigants, tous les prophètes et les apôtres, 1rs deux Testaments, l'Ancien comme le Souvenu; nous les avons corrigés avec une attention scrupuleuse, et en comparant avec soin les divers exemplaires, pour arriver à une exactitude parfaite.

Vous donc entre les moins desquels tombera cet ouvrage, et qui le méditerez , lorsque vous reconnaîtrez tout le soin qu'il a coûté et toute ht diligence qu'on a mise à le composer, accordez-moi le secours de vos saintes et ferventes prières, selon le mérite de ma fidélité. Vous trouverez votre propre récompense dans tes fruits que vous en retirerez ; et vous aiderez de vos prières ceux qui les premiers ont travaillé à cette œuvre , comme ceux qui y ont travaillé les derniers. Par cette humble supplication ,je vous presse et vous sollicite de le faire ; soyez donc touchés de compassion pour vos frères et vos semblables , qui implorent le secours de vos prières. Ne refusez pas et ne dédaignez pas de m'accorder libéralement ce secours précieux dont j'ai plus besoin que personne, afin que ma pauvreté s'enrichisse de votre opulence, et qu'en vertu de ces prières, (a sainte Trinité , qui est l'appui et l'aide de la sagesse chrétienne, me soit propice. Que {Jésus- Christ) selon son bon plaisir, corrige jusqu'à la fin ce qu'il pourrait y avoir de défectueux dans mes œuvres; et quand il viendra, et que la sentence portée par la souveraine justice contre tous les hommes se sera accomplie sur moi, qu'il me reçoive en paix avec lui et me place dans son royaume. Qu'il accorde la même grâce à tous mesparents et amis défunts : qu'ils soient placés dès maintenant dans la gloire du paradis, avec ceux gui sont morts ornés de toutes les vertus d'une conduite irréprochable et d'une foi pure et sincère ; et qu'ainsi , lorsque l'âme se trouvera reunie au corps (/ni lui avait été donné sur la terre, chacun reçoive sa récompense, dans le royaume ,lc l'éternelle félicité, avec ceux qui ont rédigé rt mis en ordre ces paroles sat-erdotales (c'est-à-dire avec les

Îrophctes et les apôtres). Quoique je demande eaucoup, obtenez-moi cependant, je vous m supplie, au nom de la sainte Trinité , qui est l'appui de notre sagesse, l'éternel bonheur.

Suit enfin là dernière inscription nui concerne le possesseur du manuscrit. Ce qu'il

bal remarquer dans celle inscription, < et] (|n un \ a e\ idetnmenl < opié en piosimii 1 1 d droits, non seulement quant eni < bosx s, mais même presque mol .1 moi, l épigraphe | dente. C'esl un document qui .i^ure au kandil, dont ila été parlé dans les premières épigraphes, la possession de ce manuscrit* 1 1 1 tii- écrite par une main différente des pi r, édentes. lin roid la traduction :

J'our l'amour de In foi véritable >t immuable, et pour demi m 1 1 fermes <t inébranlables

dan- la contemplation des tkoses ilnut's, qui

1/ retient les hommes, et, totem la parole de

i I • mgile, fuit germer en euj la seuunee eh, 1 ie rt pi 11 iruse de la f'i, et lui fait rapporter trente, soixante et même cent pour un ; pouf as motifs, dis-je, QUetqUi -un- d'entre eux ont fait des statut* célèbres d'airain, d'argent nu d Dr, d'autres ont bâti des villes pour 1 e m communauté, afin que la mémoire de leur nom se transmit à jamais aux t suivants, et se conservât chez ton* les h tinnes gui doivent - 1er jusqu'à la fin des

temps; rt qu'ils tngageatSi ni ainsi les gew rations futures à prier efficacement >t perpétuellement pour eux. Cest pour ces n motifs aussi que ceua gui composent la portion chérie de l)ii a, </ut se montrent dans le degré supriWU de l'état monastique et brûlent d'un tèle tout divin, t'il ustre moine qui porte le nom adoptif de h'undil, et son péri vénérable selon la chair, le bienveillant André, et Sohdo, son fi ère , conservé par la grâce de Dieu, ont voulu concéder à litre de propriété, au moine Kandil, ci-dessus nommé, ce livre de la ponctuation, après qu'il se fut élevé entre eux des débats et des contestations êi ce sujet. Il est juste que le Seigneur les récompense et leur rende selon leurs mérites, en leur accordant abondamment dans cette vie ce qu il lui plaira ; et en les n Huant dignes de jouir, dans la vie future, de celte purfaite félicité qui est éternelle avec Dieu. Que le Seigneur, en outre, rende aussi 1rs âmes de leurs parents défunts dignes de ce bonheur inamissible dont on jouit dans ce séjour céleste et ravissant, où habite une lumière indéfectible et des délices qui n'auront point de fin ; et aussi de cette paix si douce et si désirable que ion goûte dons les demeures lumineuses et remplies d'uHégresse et de bonheur.

Que tous ceux donc qui posséderont ce livre et goûteront avec délices tes paroles divines qui y sont renfermées, prient distinctement pour tous ceux qui ont pris part à sa com/iosition, de parole ou d'action, se rappelant ce mot de David qui disait : M.i prière es! revenue dans mon sein Ps. WXV. 13 . Dites donc: « Que Dieu, en vertu des prières des prophète et des apôtres, et des supplication;* des docteurs, dont les paroles ont été recueillies dans ce livre, soit propice à tous ceux qui y ont pris part ; » et pour moi aussi miseratde pécheur, Joseph, le dernier des moines, je vous en supplie, priez fidèlement.

Il résulte de tontes ces épigraphes que la première inscription, où il est ail que ce manuscrit a été écrit en l'an 980, n'a [lis été copiée d'un autre (comme il arri>e souvent),

HORjE SYRIACjE.

mais qu'elle détermine la date d'une manière précise. Car celte dernière inscription, qui est écrite d'une autre main et sur une feuille ajoutée aux autres après coup, se rapporte évidemment à ce livre. Or ce Kandil qui, par ce dernier acte de concession, est établi possesseur du manuscrit, atteste dans l'inscription précédente qu'il a été élevé à l'ordre du presbytérat en l'an 98k; d'où il /aut conclure que le manuscrit avait été écrit antérieurement. A la fin de la dernière épigraphe, on remarque la signature suivante en lettres estranghéliques: Fils d'André, Kaniil , moine, et après le second mot se trouve «n oiseau assez grossièrement peint, pour tenir probablement lieu de sceau.

En décrivant ici pour la première fois cette version demeurée jusqu'alors inconnue, j'ai pensé qu'il valait mieux reproduire en entier ces inscriptions : car je sais que le lecteur aurait pu soupçonner qu'on en aurait retranché certaines choses propres à résoudre des questions d'une certaine importance, ou du moins à inspirer des doutes. Et en effet on peut se convaincre, par ce manuscrit même, combien une relation imparfaite, ou plutôt une étude légère et trop superficielle de ces choses, est capable d'égarer le jugement des lecteurs. Dans la description de ce manuscrit, insérée dans le catalogue publié , la première épigraphe reproduite est conçue en ces termes : « Le copiste David continue en disant qu'il a entrepris ce travail à la prière du moine Kandil, d'André son père, de Sahada, son frère, etdumoine Joseph. Or, maintenant que le lecteur a sous les yeux dans leur entier toutes les inscriptions, il s'étonnera, je pense, de ce que les deux écrivains si illustres et si savants qui ont rédigé ce catalogue, ont pu tomber dans une pareille méprise, par rapport au manuscrit qu'ils voulaient décrire.

Je ne vois point d'utilité à donner ici l'analyse de ce qui est contenu dans ce manuscrit; Assémani l'a fait suffisamment dans la description qu'il en a donnée dans le second tome de sa Bibliothèque orientale, pag. 499. Je me contenterai de quelques courtes observations ; et d'abord je ferai remarquer que le nom de Jacques d'Edesse ne se trouve nulle part, ni au commencement ni à la fin des trois vocabulaires qui remplissent la première partie du livre, c'est-à-dire les versions des livres sacrés et des Pères grecs. Au contraire, je produirai plus tard des documents qui ne sont pas sans importance, et desquels il résulte qu'il est fort douteux que le moine Joseph soit l'auteur de ce manuscrit. De même, Assémani n'est pas assez exact lorsqu'il dit qu'à la marge de la version héracléenne, les mots les plus difficiles sont expliqués et éclaircis au moyen des mots grecs en lettres cubitales, qu'on a eu soin d'y insrrer. En effet ces mots grecs ne représentent que des noms propres de personnes et de lieux, et quelquefois peut-être les termes grecs conservés d;ins le texte, pour justifier le genre d'écriture et les points employés par Thomas, son auteur, ou par tout autre qui

y aurait placé les points. Je fais ces remarques, parce que je m'imagine qu'un autre savant a jugé, d'après la description d'Assémani, que ces mots grecs sont ajoutés au texte pour justifier la version ou traduction et non le genre d'écriture (1).

J'observerai enfin que ce poème des Sept climats du monde, que j'ai cité, ainsi que le fait Assémani comme étant d'un anonyme, pourrait bien avoir pour auteur David Belh- Raban (2).

Tout le manuscrit, comme je l'ai déjà dit , est écrit de la même main, aussi bien que les scolies inscrites à la marge, qui sont de diverses espèces. Quelques-unes ne font que présenter des variantes du texte. Dans le Nouveau Testament on voit très-souvent la version Peschito avec la philoxénienne et Théracléenne citées ensemble sur un seul et même passage (3). D'autres scolies renferment aussi des variantes, mais indiquées d'une manière plus indéterminée par un mot correspondant à se trouve, qui est quelquefois écrit tout du long, et d'autres fois par des mots correspondants à ceux-ci : dans les manuscrits ou d'autres. Les autres scolies sont ou philologiques, et expliquent des mots syriaques qui se rencontrent moins souvent, oucritiques, surtout celles d'un Syrien appelé Théodose, et alors elles corrigent l'orthographe, ou l'approuvent, citant quelquefois à l'appui l'original grec, mais en lettres syriaques. J'ai copié exactement toutes ces scolies, je me propose de les reproduire plus loin ; elles peuvent être en effet d'un très-grand secours pour l'étude des versions et des manuscrits syriaques.

Il est un autre genre d'annotations que?je n'ai pas connaissance d'avoir vu ailleurs, et que je n'ai point de souvenir d'avoir entendu nommer : c'est que toutes les fois que la phrase du texte sacré est interrogative, on voit ajouté en marge un mot dont le sens est interrogatif. Cette sorte d'annotation n'est pas inutile, au jugement des Syriens, pour découvrir le sens de certains passages. C'est ainsi que se trouve annoté le passage si fameux du prophète Michée, V, 2 : Et toi, Bethléhem d'Ephrata, tu es petite entre les mille villes dejucla. Le dernier mot est marqué d'un point semi-circulaire qui se retrouve également à la marge avec le mot que nous avons rendu par interrogatif, de sorte que le passage en question doit être ainsi traduit : Et toi, Bethléhem d'Ephrata, n'es-tu pas trop petite pour être une des mille villes de Juda (4). A ce terme indicatif il faut en ajouter encore un autre, qui se place également à la marge,

(1) White, préface à la version philoxénienne, p. 23.

(2 Voyez Biblioth. orientale., t. III, part. I, pag. 2o6.

(5) L'auteur cite ici en note les premiers fragments de la version philoxénienne avant l'édition de Thomas; et les compare avec l'édition de White de la version héracléenne. Ces fragments sont : 1° Ep. aux Rojn.,VI, 20; 2" 1 aux Corinth., I, 28 ; 3" II aux Corinth., VII, 15;4°iMrf., X, 4; 5° aux Ephés.,VI, 12. Tes fragments nous montrent, dit-il, assez clairement que Thomas d'Héraclée n'a pas fut peu de changements dans la version philoxénienne. M.

(4) Consultez cependant le savant Rosenmûll'er , S»l. sur l'ancien Test., part. VII , vol. III. l.eïpsicli. 18H, j). 156.

H MONMKAÏIO.N

1 1 1 ; i i v, de 1.) sp.'iiilir.ilion duquel je m- mus pai

certain :.il parait cependant m- rapporter au point didtritiqrïe. Outre ces scolies, il y a encore <l«-s corrections et des annotation*

r nies pftr d autres m, uns cl à une époque

beaucoup plus, récente, c'est-â-oire avec des l 'tires d'une rorme plus moderne.

Quelquefois les nombres sont exprimés par des lettres, comme ou eu volt mi exemple an 11* livre des Unis, II; 24 ■/•'.//., (>:i, verso . <>ù il est «lit que des ours dévorer* ni quarante-deux enfants.

Urstc enlin à (lire Quelques mois de la paléographie! II est ecrît eu caractères chaldalques, d'après ^ssemani, d'autres disenl néstordent (1) ; mais celle opinion pourrait bien rire contraire au sentiment cl au nom des CAaldéens edx-mémes, 11 eu est de même de noire manuscrit que du manuscrit syriaque de Paris, décrit par le savant de Sacv (2) : les lettres s'écartent île la forme primitive pour se rapprocher de la forme moderne. Mais noire manuscrit nous offre le document le plus précieux qu'on ail pu découvrir pour l'histoire des points syriaques. Le premier. qui paraisse avoir inventé et employé tes points à l'instar des voyelles grecques, est, dit-on, Théophile d'Kdesse (3). Mais je vois beaucoup de raisons d'en douter : car Asséniani n'a point d'autre fondement pour appuyer son opinion, qu'une conjecti m: qui n'estpas sans vraisemblance, et quirepo.se principalement sur le sentiment le plus général des Syriens modernes (k). Mais quoi de plus faible que cet argument, si le fait sur lequel on l'appuie n'est pas démontré? Au contraire, il est constant que Jacques d'Edesse, qui a précédé Théophile de plusieurs années (5), s'est servi des points voyelles (6). Or on trouve encore existants aujourd'hui, tant dans le manuscrit qui nous occupe que dans d'autres, les livres des Pères grecs, dans lesquels Jacques d'Edesse a pris soin lui-même de placer les points ; et partout les points employés sont les points modernes, de forme grecque. Il faudrait donc dire qu'il a employé des points voyelles d'une autre forme dans cette édition des Pères, qui ont été

(I) Ainsi S. De Sacy..|>. 578. Ce nom est appuyé de l'autorité d'Asséinani, (liibliot. orient., t. m, pan. il, p. 378). Je sais qu'il y a de la différence entre certaines feitres modernes des t'.lialdéens.ct cellesqu'on appelle uestoriennes; mus elle est assez minime, et je crois qu'il vaut mieux les appeler comine 1rs Clialdéen. les appellent, que de multiplier les noms sans sujet.

(-2) Eictanorn, Allgemeine Bibliol , t. vin. p. 380.

[3 K.vh. lliMisis, Calai, ad rtebedj. p. I88j Assémani, Bibliot orient,, i. i,pp.iH.'i2l; et d'après lui, WhiLe, préface à la vers, i lnlo\.,p. il, quoiqu'il dise que d'autres les oui attribués a Jacques d'Kdesse (p.suio.j ; et aussi Jean David Micliaëlis (Observations sur tes voyelles <le< syriens : dans les Mémoires âe In Suc. roy des sciences, Gœlling. années 17.18-1762. Brime, 17ir>, ;i, 187) ; Aurjvillius (dissertation sur la langue araméenne, dans lesdisierl, oubliées par uichaëlis,GœUinuen., 17')0, p.i07) JeaaGol. basse (Proielischet Uandbuço der aramaiitcarn .... Sprnche, lina, 1791, p. 10) ; Lwald, (/ elirbucli der tyrtichen Spracht. Erlaûgen, l s j»>. p. 5), ei ions ceux presque qui om écrit sur la grammaire s\i iaque.

(i) //'ii/., à IYnJr.nl li' dernier cité.

rS) Jacques est il l'an 710de l'ère chrétienne (nibliot.

orient., I. I, p. 4o8), et Théophile l'an 78j. (Ibid., p. JJI).

[6) ibi(L, pp. i"7 et suiv.

I'\ iNGÉLIQI l 92

changés dans la suite par les copistes, en transcrivant celte édition^ mais une pa pille assertion n'est pas seulement tout ,j (ail inr vraisemblable, puisqu'on ne peut assigner aucune raison - itisfaisantc d'un tel i I ment : elle i ritralneratt i m •>! c a . ce elle

autre difficulté qui ne me semble pas sans

çrai /le. Car - il a employé det lies

différents dps nôtres, quels étaient-ils >ï": Ceux là peut-être qui, au moyen de quelu points placés d'un» manière, 'I

gncnl un son, tels qu'on en voil au-

jourd'hui i ml dans les ï i \ i , | ,

main que dans les livres imprimés? Mais nous savons que Ja< unes a rejeli inls

comme sujets à des équivoques et a il v, erreurs, etqu'ij eu a <• nployé d'autres 1, ; que s'il a invente lui-même un troisième système de points voyelles différent de celui q i rejeté, non moins que des lettres '; introduites après sa mort par Théophile, où donc se trouvent ces point-.' Ne reste t-il, dans aucun manuscrit, aucune tracé de ce changement remarquable? Tous 1 s grammairiens syriens s'accordent à reconnaître qu'il a existé parmi eux deux espi de points voyelles; mais ont-ils jamais vu la forme inventée par Jacques d Edcsse, pu i a ont-ils jamais entendu parler '.' Alin i! avec clarté ce que nous pouvons penser ou conjecturer touchant l'origine des points aujourd'hui en usage, voici quelques observations qui me semblent dignes d'attention.

I. Si l'on en croit Assémanî. l'opinion qui préiend que Théophile en est l'inventeur, ne se vante pas d'avoir d'autre fondement qu'une conjecture et la tradition des modernes.

II. Nous savons, au contraire, de Jacques d'Edesse : 1 qu'il connaissait parfaitement trois langues {•!), puisqu'il réunissait la connaissance de la langue grecque et de la langue hébraïque à celle du syriaque .3 : de sorte qu'on doit dire non seulement qu il a rendu la langue syriaque à sa pureté primitive (4), mais encore qu'il s'est applique à corriger sur les originaux grecs et hébreux, les noms syriaques qui eu dérivent 3 : ce qu'il était comme impossible de faire sans un système exact de ponctuation c'est-à-dire de points voyelles) ; 2 qu il a composé une

(I) ibid. Assémani enseigne, eu cet endroit, que Barhébreus a décrit dans sa Grammaire le systè ne de i voyelles Inventé par Jacques. Je ne l'ai point vu; s'il um tombe sous la main, je le noierai et le publierai. Je pense qu'il a adopté la forme grecque , saut quelques ninJirkalions. Mais, dans ].. suite, en n'a plus admis que cinq \ • ei Jacques en a inventé sept : fou bien; mais je montrerai, plus loin, que nos |minls, dans le principe ne furent pas seulement au nombre de cinq, mais bien de huit ou de neuf; ce qui fait qu'il est plus aisé de concilie) les p-ints de Jacques avec ceu\ d'aujourd'hui.

(-2) Comme saint Augustin le du de saint Jérôme, (ne Cii. 1. M III. . . .". e I. Maur , I. VU, q i

(5) Ainsi parle BarbébrxusouAbuipbarage.quiditde lui dans les mêmes runes a peu i>rè< qui premier des savants, Jai quesde Rohé, qui • > les

irois lan.ie s hébraïque, grecque el srriaque. i Hisl des Dynasties, oxfora, 1665, p. ât, ira.l! p. 5.",. nt., i. i, | .

■ ce qu. résulte de sa lettre à l'évèque de Sang* doulje parlerai plus au Ion;:, quand le moment en sera venu,

HOR-ffi SYRIAC/E.

grammaire syriaqueet un traité des points (1) , et, comme je l'ai déjà dit, substitué aux points anciens un autre système qui laissait moins d'ambiguïté, système cependant dont il ne resterait plus aucune trace dans les manuscrits, si ce ne sont pas les points mêmes qui appartiennent à l'alphabet grec;3" enfin, et cela est de la plus haute importance, qu'il a fait une traduction des Pères grecs, rédigé une sorte de vocabulaire des mots difficiles qui s'y trouvent, en y ajoutant les points voyelles ; qu'il a annexé à ce vocabulaire et à cette traduction une lettre dans laquelle il prie avec instance ceux qui devront transcrire ces ouvrages, de conserver avec soin les points qu'il y a placés, et de mettre cette lettre en tête de leurs copies, pour leur servir de règle et de modèle d'écrire. Or ce vocabulaire se trouve avec la lettre en question tant dans notre manuscrit que dans le manuscrit Barbérin dont je parlerai bientôt; et dans l'un comme dans l'autre, tous les mots sont marqués de nos points et de quelques autres en plus. Tout cela ne donne-t-il pas à peoser que Jacques s'est servi de ces mêmes points ? Mais je me réserve à prouver ce que j'ai aviincé par la lettre que j'ai promis de donner tout entière dans la première dissertation (2), et dont j'ai dès maintenant une copie entre les mains (3), quoique je ne doive la publier que plus tard.

Assémani lui-même reproduit, à l'endroit que j'ai déjà plusieurs fois cité, les paroles dont se sert Jacques lorsqu'il prie les copistes de conserver exactement les points qu'il a apposés , quoique toute la lettre indique sans aucun doute qu'il s'agit ici spécialement de points diacritiques. Voici cependant des exemples qui peuvent montrer qu'il a employé les voyelles : lit qu'ils sachent comment nous avons écrit ceci : brjolo, et non birjoto; qu'ils sachent aussi comment ils doivent y apposer les points et distinguer les

(1) llibliot. orient., à l'endroit qui sera bientôt cité.

(2) Le savant Assémani range parmi les OKuvresde Jacques d'Edesse cette lettre a Georges de Sarug, qu'il avait vue dans un manuscrit tout a fait semblable au nôtre, comme je le montrerai plus loin, qui se trouve au monastère de Scèle (Bibliol. orient. ,1. 1, p. 477). Mais j robablementque l'illustre savant a oublié ee qu'elle contient : car, à la page suivante, il cite làletlredù même Jacquesd'Kdcsse sur l'orthographe syriaque et sur les j oints voyelles comme un écrit différent du précédent. Or d est certain que c'est le même : car la lettre qui se trouve dans noire Codex est celle adressée a Georges de Sarug, comme il estOonstant(faprè.sÂssémàni [HWliot. orient., t. Il, p. 499). Or on h neuve daos celle première lettre loul ce qu'il ci le de la seconde, touchant l'envoi de Ce livre «celle de son sceau à Julien, leinoiAmen, et autres choses de même genre: d'où il résulte évidemment que ce ne sont pas deux lettres différentes, mais une seule et même lettre. Je fais d'au* lani plus volontiers celle observation, que j'ai vu le savant Jean David Michaëlis, trompé | ar le titre de celle seconde lettre, se livrer a l'espérance d'en tirer beaucoup de renseignements par rapport à l'histoire des points [Mémoire de lu Sotiél. roi/, de Gceiting. pour les (muées 17">8-1762. Brème, 1703, p." 108). On voit , parce qui en a été dit dans le texte, l'idée qu'il faut s'en taire; mais les philologues syriaques eft Jngefont mi eux, lorsque je la donnerai loul entière. Ce qui m'étonne toutel'o s, c'est qu'un homme aussi

le cl aussi pénétrant ait donné o mme certain un fait qu'il i puisV' dans Assémani (ibid., p. 107), tandis qu'Assémani même, comme nous l'avons vu, ne le présente que comme une pure conjecture.

(3) Ci-dessus, première dissert., §4.

noms birjoto et berjoto de barjon {incultes) ; et aussi barojoto ( externes ) , d'internes. Dans tout ce passage on n'aperçoit dans le Codex Barbéi'in aucun point diacritique pour distinguer ces mots les uns des autres; on les trouve au contraire dans le Codex du Vatican ; mais cet endroit n'aurait-il pas été tout à fait inintelligible pour le copiste, s'il ne s'y était trouvé quelques voyelles pour indiquer les sons? Dans les manuscrits on voit les points voyelles en usage aujourd'hui.

J'avoue qu'il se trouve, dans les autres parties de la lettre, des choses qui peuvent faire soupçonner que Jacques s'esl principalement appliqué à distinguer, par des points diacritiques placés au-dessus ou bien audessous, les mots équivoques (1); mais le passage cité demandait d'autres points pour lui venir en aide. Cela étant, il paraît certain qu'on ne saurait démontrer par aucune preuve solide que Théophile soit l'inventeur des poinls gréco-syriaques; tandis qu'on peut penser qu'il n'est point invraisemblable qu'ils aient été inventés par Jacques d'Edesse, ou du moins qu'il s'en soit servi. Cependant , comme il n'est rien dont je me sois proposé, dans mes éludes, de me garderdavanlage que de multiplier les systèmes sans quelque fondement certain; jedésire qu'on regarde comme dit avec réserve ce que j'ai avancé sur le compte de Jacques d'Edesse, comme n'ayant Fait, en quelque sorte, qu'aller en tâtonnant à la recherche de la vérilé, sans rien positivement définir ; mais lorsque j'aurai reproduit la lettre en entier, el que j'en aurai éclairci les difficultés à l'aide même de la grammaire de Jacques, à laquelle j'aurai principalement recours pour cela, je dirai librement ce qui me paraîtra favoriser l'une ou l'autre opinion; et je ne croirai jamais avoir mérité l'exil ou la prison, s'il m'arrive, en celte matière ou en d'autres, de réformer mon sentiment ; soit que j'y sois déterminé par une autorité étrangère ou par le résultat de mes propres éludes.

Quoi qu'il en soit, au reste, de l'inventeur de ces voyelles, le manuscrit qui nous occupe doit être regardé comme un document extrêmement précieux pour en reconnaître la forme primitive. Le savant Adler a publié plusieurs spécimens des manuscrits syriaques, même les plus anciens (2), mais il n'en a pas publié un seul où les voyelles aient une forme grecque. Les savants les plus distingués pensent que les manuscrits syriaques n'avaient pas de poinls voyelles, ou n'en avaient du moins que dans quelques mots seulement (3), et ils accusent

(1) Voyez J. Jalin, Eléments de la langue araniaïque ou clialdao-svriaque, etc. tienne, 18:20. pp. 7, 100, et suiv.

(2) A savoir, dans les huit planches gravées sur cuivre qui se trouvent a la lin de la magnifique édition des évangiles, publiée a llal'n en 1788, par les soins d'André* llirch, qui avait pour collaborateurs Moldeiihaùèf et Adler. Les mêmes planches oui été publiées de nouveau dans le livre d'Adler plusieurs l'ois clé (Versions tjjriaffnes du \ouv. lest-, etc.] : enfui elles ont paru i.onr fa troisième lois h la (indu livre intitulé : (liai (lerlurdi Tuliscn eletneulale sjriaciun, etc., /?ôuo£fl , ÎWS.

(ô) « Gabriel Sionile l'a ponctué le premier {il s'agit lui

Minuit." d'avoir introduit un mauvais système de point! (1). Mali II est constant par notre manuscrit qu<- ces points ont déjà été emploies arant le onzième siècle, non-«enJemenl pour les mois difficiles, mais pour M plus allés même à entendre; je ne crois pas in effet qu'il y ait anenn mot dans les livres

Sacrés qu'on n'y voie à chaque cndro.1 muni de ses points. Un cvau.cn approfondi de noire Codex peut donc être d'un très -grand secours pour découvrir l'orthographe sy-

Dans tous les cas, il est de la dernière importance de constater ici que les voyelles syriaques tirent leur origine des voyelles grecques. Le savant Adler a donne un spécimen, quoique pas très-lisible (2), de 1 écriture grecque qu'on trouve à la marge des manuscrits syriaques, mais il n'en a point donné des points syriaques, qui puisse servir ici de

du texte tant de l'Ancien que du nouveau Testant ni) ; car, auparavant tous les manuscrits étalent ou sans points voyelles absolument, ou, si du moins il y avait quelques ■«mis marqués dans uoe édition, ils étaient entièrement omis dans l'autre.» (uallon, prokg. Xlll, n. k,|..»J.) reu après, il raconte, au sujet des trois Abyssins que le pomife romain avait appelés auprès de lui, quilshirent les livres sacrés en langue chaWaïque, comme eiaitf la la.igue sacrée, mais sans points voyelles. Il ya là une Prreurmauifeste: car les Abyssins ne foni |*mil usagede la lan»ue chaldaïnuc comme langue sacrée [Wallon parle de la \aique chalduique, dont il est m question,, piasqu il disserte en cet endroit sur uu veioanx elles pooiu syroclialdaîques), mais bien de la langue éthiopienne (on mieux abyssnnqve. [roue* Introduction à I ■il<>[>?,l'll0«™: phique du globe, etc., par ndr. salh,Paris, 183», p. 108.) Ces Abyasms eux-mêmes ont donné lieu a cette erreur. Ce n'étaient point, [comme semble l'indiquer Ehe auquel nation emprunte celle fable) , des légats ou des hommes île distinction : puisque depuis Eugène n il n est point VMuk Rome de légats d'Abyssioie [roues .loin Ludo phi a4suumBislorùm,...œllùopiemicomnum^rtum,Vr^fort, 1691. p. 408) :etcelui qui remplissait en Europe le rôle de léSat du temps de Paul III, je veux dire Izaga-Zahus, que Bermudez airelle Jagazavo ( Lacroix, Histoire du christianisme d'Ethiopie, p. 96), Quoique chargé de. lettres pour e pontife romain, n'est jamais venu a Rome, mais est i este longtemps à Lisbonne [Lud.tibid.). lierait cependant nue c'étaient des moines qui demeuraient a Home. Or il est incontestable qu'ils donnaient souvent a leur langue sacrée qui était l'éthiopienne {car leur idiome vulgaire était fAmlwrique), le non. de chaldéenne. C est ce qu a£ leste Jean Potken, leur disciple (Bpuf. ad cul Psaltcrn

n ion du

„ b. ." mes et au Cantique des Cantiques, ainsi une dans une épigraphe pour tout le liu«\ appelle cette langue a langue ^liadéeiuH!. Il répète encore la même eliose dans la leltrequi

in quatuor linqnis, Cologne, 1518), qui, dans 1 édition Psautier éthiopien, Rome, 1313, dans la préfece aux I s; mes et au Cantique des Cantiques, ainsi nue dans une e, . crapue potir tout le livre, appelle cette langue a langue Wialdéeune. Il répète encore la même chose dans la leltrequi se trouve à la lin de son Psautier hébreu, grec, çhadeen (OBA/iioi»«»)»etlali.i, Cologne, 1518 futaM, mbhotheque sacrée. Paris, 1723, t. I,p-«). Il est dit de même, ans le titre du Nouveau Testament, etc., publie a Rome en 154», nar les soins de ces Abvssins eux-mêmes, qu il est publie en langue GHEEZ , c'esta-dire libre, barae.qndle ne dérive d'aucune autre (mais pour savoir la véritable signification du mot gheez, consulte* les "&.**&!&&& luPoésie sacrée des BébreuxmLovÛi,édU.d oilo d, 810, t il p l'8l, notes) et s'appelle vulgairement chaldéenne. Ces paroles me feraient conclure que Potten nest pas le premier inventeur de cenom. comme parait insinuer 1 auteur précité de l'Histoire d'Ethiopie (Ludolpta., 1 I, en. 15, Francfort, 1681), mais qu'il l'a reçu des Abyssins, se très. Il est certain du moins que Wallon se trompe grossièrement quand il dit, d'après Elie, que leur langue chaldéenne était celle qui est appelée araniéenne. largumique et babylonienne: el qu'il en tire cette conséquence, que t les anciens Syriens neconnaissaienl pas les point* royi iles.» (A l'endroit cité. ,.»,-, m

(1) Vallon, à l'endroit cilé; et plusieurs fois Micliaehs dans le lexique de Castell.

(2) Versions du rïouv. Test., etc., p. 61.

Page 1