‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 31 sur 167 · I. quadruplex. Homo. 1748, t. II · texte numérisé non relu

I. quadruplex. Homo. 1748, t. II

15) Ou verra par la qui Ile foi d but ajouter au sp&dmea de ce manuscrit inséré par Blanchini dans la planche du M 603, M to, - us le spécimen de Psautier polyglotte Ou n'y aperçoit en effet aucun pomt, soil diacriuqm voyelle, quoique le manuscrit en fourmille. Il le également très-mal en disant que le car.. maigre et fort mince: car, au contraire, il est plein n épais, et presque semblable i celui du Vatican. Kl eu effet, les lettres sont si mal formées dans ce spécimen de Bl.incbiui, qu'elles sonl presque inintelligibles pour ceux -mêmes qui connaissent la langue syriaque: tandis qu'au cootrau*eoi ne saurait rien imaginer de plus cta r que la mamère d^ut

le manuscrit est écru. l.es usures grecques qui ml a ta

mai n ont la même forme que dans le Codex du N atican.

HUK/JJ. SÏMACj;*

can , tel que l'a déjà décrit Assémani. Il porte à la marge les moines variantes tirées de diverses versions , aussi bien que les mêmes scolies que l'autre, rn;iis en un peu moindre quantité. Tous ces motifs ne nous laissent plus aucun doute que ces deux manuscrits ne soient émanés de même source. Mais traçons un peu plus exactement les caractères de celui-ci.

Il est de forme presque carrée, en parchemin, écrit avec de l'encre pâle, et muni, comme je l'ai dit plus haut, de lettres et de points. Chaque page est divisée en deux colonnes. Il est mutilé au commencement : il ne commence en effet qu'au Deutéronome, XXVIII, 17; mais il manque aussi une feuille dans l'Evangile de saint Luc, qui est cependant remplacée par un papier de soie. Il ne porte donc point de titre au commencement): ce qui fait qu'on ne doit pas être surpris que personne n'ait soupçonné que ce volume contînt une version particulière; ce qui ne pouvait venir à l'esprit qu'après avoir auparavant examiné avec beaucoup de soin le manuscrit du Vatican. Il est bien vrai que le savant Paul-Jacques Bruns , non moins habile critique que très-versé dans la connaissance de la langue syriaque, avait parcouru ce livre ; et j'en ai pour preuve ce qu'il en écrit dans ses notes à Kenuicott. 11 s'exprime ainsi : C'est ce qui résulte également du manuscrit de la Bible syriaque, écrit en caractères estranghéliques, de la bibliothèque Barbérine, à Rome, à la marge duquel, h. 1. "b rupn p N"B3/«n. Les Septante (je lis pDttTr), mais vous m'avez formé un corps (1). Et dans un autre endroit, il dit encore, que dans l'ancien manuscrit syriaque en parchemin, écrit en caractères estranghéliques, de la bibliothèque Barbérine, au chap. XVIII, v. 17 du Livre des Juges, le nombre cinq est exprimé par la lettre n : Cinq hommes , paa n (2). Ces particularités suffisent pour faire reconnaître notre manuscrit parmi ceux de la bibliothèque Barbérine, puisqu'il est le seul où elles se rencontrent ; mais comme ce Codex n'avait point de titre, il était impossible à ce savant philologue de deviner ce que ce pouvait être : c'est pourquoi il s'est contenté de le désigner sous le nom général de manuscrit syriaque biblique.

Toutefois on peut conclure avec assez de raison qu'il portait le même titre que celui du Vatican , d'une épigraphe placée au dos de la dernière feuille (3), qui d'ailleurs détermine d'une manière assez précise la date du manuscrit. Elle est écrite en vrais caractères tslranghéliques , et elle peut se traduire

(1) Dissertation générale sur l'Ancien Test, liéhr. par Bon. Kennicott, revue et enrichie de notes jpar P. J. Bruns. Brun. 1783, p. -26, note. Le savant auteur écrit le syriaque en lettres hébraïques.

(2) ibid., p. BS.CouSullez aussi Georges-Louis Bauer dans la Philologie; sacrée de Salom. G lass , appropriée à son époque, t. II, sect. 1, l.eipsick. 1795, p. 191. J'ai déjà remarqué que les nombres sont ainsi exprimés dans le Codex du Vatican.

(5) Ce qui montre que ce Codex n'est pas mutilé a la Bu, comme le prétend Blaucliini.

ainsi : Ce livre de la ponctuation appartient à Daniel , prêtre illustre et docteur solide et habile, fils d'Abu-Scid, diacre religieux, fils d'Abu-Jsar, prêtre , du village de Beth Sachre (1), du pays de Ninive, qui Va écrit Van 1404 des Grecs (c'est-à-dire Van 1093 de l'ère chrétienne) ; pour le bien de son âme et de celles de ses parents défunts qui l'auront conservé. Que tous ceux qui le liront prient pour eux et pour tous ceux qui ont pris part, de parole ou d'action, à la composition de ce livre.

Il me paraît assez constant que celte épigraphe n'est pas de Daniel lui-même, de la main duquel il est dit que ce Codex a été écrit. Car il n'est pas ordinaire aux Syriens de se donner ainsi des louanges; ils se plaisent au contraire à se dire pécheurs et faibles, et à réclamer, non moins pour eux que pour ceux qui leur appartiennent , les prières des lecteurs. Elle n'est donc point assez digne de foi pour déterminer exactement et incontestablement la date du manuscrit; je croirais plus volontiers qu'il est plus ancien, à cause surtout de la forme des lettres.

Il est encore à noter que ce manuscrit n'est pas écril tout entier de la même main, mais qu'il paraît avoir été l'œuvre de deux copistes. En effet, le second copiste commence dans la seconde moitié du livre des Cantiques de Salomon , où l'on trouve à la marge la note que voici : Ici finit cet ouvrage. Reste donc à compléter l'Ancien Testament, en y ajoutant la fin de ce livre du Cantique desCantiques, et Bar-Asire (V 'Ecclésiastique) et les deux livres des femmes. Mais, commo après le Livre des Femmes , lorsqu'il eut été achevé de copier (je dirai plus tard ce que c'est que ce livre), le Nouveau Testament ne commençait pas immédiatement et qu'il restait en bianc un revers de page presque tout entier; il plut à un ancien de donner un échantillon de son habileté dans l'art de la peinture, et il choisit pour cela un sujet parfaitement approprié à l'endroit où celte peinture se trouvait placée ; ce sujet était Jésus- Christ tenant le milieu entre la loi ancienne et la loi nouvelle. Il peignit donc Jésus posé de manière à ce que sa tête était tournée vers la marge extérieure du livre; à sa droite était écrit, en caractères anciens, le mot qui signifie Jésus, et à sa gauche celui qui signifie Christ; de sorte qu'on pût lire de suite, Jésus-Christ. A la droite du Bédemplcur, et

(I) Il est digne de remarque qu'il y avait a. Edesse une place appelée presque du même nom (fiibtiot. orient., 1. 1, p. 59Ô.); mais Asséniani ne nomme nulle part le village dont il s'agit ici. Il est cependant situé, si je ne me trompe, au levant delà ville de Ninive, aujourd'hui Mosul. Voici en effet ce que dit Nicbuhr: «Depuis le Cliaser (fleure non loin (kmosiil, à l'orient), on voit partout.. .beancoupde villages. Otilre ceux que l'on trouve lab. Xl.v, j'ai encore observé SchacliAniir.Anieidan, Bas Girtan. et Bas Saclira. [reggae en nnbie. msterdam, itKO, t. Il, p. 283.) Il est probable que ce dernier village est notre netli ïachre. Il est situé sur le mont Ain Saffra, qui tire son nom d'unu fontaine jaunissante. On trouve aux pp. 298 et suiv. un catalogue de tous les lieux placés sous la domination de Mosul, et il n'y en a point d'autre que celui-là qui corresponde au nom exprimé dans cette épigraphe. Il y en a cependant un autre qui est appelé suclua Cliulittl,

DÉMONSTRATION l.\ ANGÉLIQUE.

par conséquent à la gauche de celui qui «onidère i elle peinture . le trouve une autre Qgure d'homme, qui reçoil de loi . des deux m, lins. une table -m- laquelle esl gravé l mot qui signifie Testament ou alliance; et sur la léle "h ( roit lire, mai a bien difficilement, les mob qui veulent dire Moisi grand ou pi le dernier mol élaul presque entièrement > itacé.De L'autre coté de la peinture, on aper- . .m un homme qui , de sa main gauebe enveloppée dans Ba tunique, Uent un livre; la main droite esl élevée ver» la main gauebe du Christ, duquel il reçoit trois clés où sont écrits les mots qui signifient clésdu royaume. Dans une autre partie de l'image sont écrits, au-dessus, les mois qui veulent dire

Simon, chef des apôtres. Cette peinture e-l

assez grossièrement laite et presque effacée

par le temps.

Nous savons , par ce que nous en apprend Harhébneus, qu'il J a. comme je l'ai dit plus haut, trois variantes de la version karkaphensienne. J'ai déclare alors qu'il y en a une qui ne se trouve pas dans le manuscrit du Vatican, par la raison que le passage qui la contient y est omis (1;. 11 en est de même du manuscrit Barbérin. .Mais j'ai cherché d'autres passages , et j'ai trouvé au psaume CXVII.23, dans le texte , une leçon que Barhébrams attribue à la version karkaphensienne ; tandis que la leçon vulgaire est écrite à la marge. Le verset G du psaume X.XV1 présente au contraire une ressemblance frappante avec la version simple.

Mais, comme ce manuscrit contient absolum nt les mêmes choses que celui du Vatican, que, dans chacun des livres ej des <h i;. lires, on retrouve les mêmes leçons , les mêmes accents , les mêmes variantes et l"s mêmes notes à la marge, et enfin , en partie , les leçons attribuées à la version karkaphensiennc; nous en pouvons conclure à bon droit que nous sommes en possession de deux manuscrits de cette version : ce qui nous met à même de juger plus sûrement de son caractère spécial. Pour montrer de quelle utilité cette découverte est pour la science philologique, je citerai l'exemple suivant : Dans le manuscrit du Vatican, Actes des ap„ XX\ ,

7 (au sujet du mot qui appartient a

la version simple) , on trouve ajoutée a la marge la scolie que voici : On trouve aussi

l'expression , mois elle n'est pas exacte,

comme le remarque Théodose , parce que le texte grec porte *Uii>ii*.TK, c'est-à-dire mauvais prétextes , accusations. Or, si nous n'avions que le manuscrit du Vatican , il faudrait dire que celte scolie n'a aucun sens ; .car elle citerait une variante qu'elle désapprouve, en préférant le texte , quoique dans \es deux endroits, le même terme se trouve employé. On soupçonnerait, il esl vrai, une faute de copiste dans la scolie , el l'on penserait que le texte diffère réellement de la version simple -.qu'on consulte le manuscrit Barbérin, cl tous ces doutes sont entièrement dissipés. Op. y trouve en effet, en marge, la

(I) A savoir, Fs.CAXXVI

aBUOTHfCA V

ICOlie dont il esl ici question , où la leçOfl de

ce manuscrit du Vatican est blâmée, tandis que, dans le texte, on retrouve la leçon de la version simple. Ainsi lout s'accorde, ei la leçon do manuscrit do Vatican est évidemment convaincue d'erreur.

« S ne sont p,i> la toub l"is h s seuls manuscrits qui contiennent la version karkaphensienne. En i Bi I, issémani déclare qu'il ,i ru, dans le célèbre monastère de -■ eu», un Codex qui porte un titre qui esl a peu près le

même qui M lit dan- le Codex du \ .ilican et qui est cité dans l'épigraphe du Codex Barbérin. 11 dit qu'à la fin de ce Codex se trouvait jointe la lettre de Jacques d Edesse à Georges deSarUg, ainsi que lu Grammaire du même Jacques, sur les personnes, les geures 't le* : temps (1;; et ces diverses pièces portent absolument de la même manière la couleur de la version karkaphensienne, dans les d. ut manuscrits qu'il m'a été donné de consulter. D'où Ton peut conclure, presque ea toute assurance, que ce manuscrit du monastère de Scèle est en tout semblable aux noires ; il n'en résulte pas moins clairement, comme je l'ai dit plus haut, que ce savant illustre se trompe lorsqu'il dit qu'il n'est question là que d'un lexique ou catalogue : car ce titre ne convient nullement à nos manuscrits.

Voilà donc le troisième manuscrit karkaphensien dont il nous soit parvenu quelque connaissance. Peut-être pourra-t-on soupçonner que ce manuscrit de Scèle n'est point autre que celui du Vatican. L'illustre Assémaai l'avait vu, dans son voyage en Orient, à la recherche des manuscrits, en 1715(2 -, ci il a été apporté à Rome par André Scandar, envoyé en lîgyple et en Syrie en 1718 pour ramasser les manuscrits, et qui en revint au bout de trois ans (3). Peut-être le manuscrit de Scète qu'il s'est procuré est-il celui-là même qu'Assémani avait vu. H n'est guère possible, à mon avis, qu'il en soit ainsi. Car, sans parler de la légère différence qui se trouve dans le titre entre l'un et l'autre, et qui peul bien venir de ce qu'Assémani, comme on le concevra aisément, ne faisant que passer, n'aura pas copié assès exactement le titre du Codex de Scète, il est certain que ni les prières, ni l'autorité du patriarche, ni même tout l'argent qu'on leur offrit, ne purent déterminer les moines de Scèle à céder à Assemani plus d'un ou de deux manuscrits, après qn'Ktie, son cousin germain, n'en avait pu obtenir un seul » . Il faut ajouter à cela que tous les manuscrits de la bibliothèque de Scèle y avaient été apportés par Moïse de Nisibe en 999 (5); or le codex du Vatican n'ayant été écrit qu'en i)S0, il ne pouvait évidemment en taire parité. Il n'y a point non plus d'épigraphe dans

(I) Itililioi. orient, t. '. p. 177. J'u déjà 'll1 l'»s »nul qu.' c'est :i tort qu'Asséinaiu distingue ceUe IcUre de celle t qu'il décrit ;t la , âge suivant/».

(j. Préface de loul l'ouvrage, i p. i>, II. BiblioL orient t. u, p

(4) Prêt, etc., pp. 7, II.

(o) ibul., p. 7.

HOR^l SYK1A(MÏ.

notre manuscrit d'où l'on puisse inférer qu'il ait été jamais au monastère de Scète.

Tout ceci montre assez combien est erronée l'opinion d'Adler, rapportée au commencement de cette dissertation, savoir : que la version karkaphensienne n'est rien autre chose que quelque manuscrit célèbre, cité par Barhébrœus. Comme en effet nous en avons découvert non pas un, mais trois, il est manifeste que Barhébrœus n'a pas voulu désigner quoique manuscrit particulier. En outre, il n'est pas moins évident qu'il s'est servi d'un livre qui n'était pas semblable aux nôtres : car ceux que nous avons décrits ne font que fixer çà et là le sens de certains mots difficiles ou du moins choisis. Or cet écrivain avait dans le sien des leçons qui sont omises dans les nôtres. C'est ce que prouve l'exemple cité plus haut et tiré du premier verset du ps. CXXXVI, où il cite la leçon karkaphensienne, tandis que, dans nos manuscrits, il ne se trouve rien cité de ce passage.

Mais pourquoi Barhébrseus ne cite-t-il cette version karkaphensienne nulle part ailleurs que dans les Psaumes (1). J'ai essayéde résoudre une difficulté semblable dans la première partie; me trompai-je? Ou bien la même solution ne trouve-t-elle pas également ici son application? J'ai répondu alors qu'il ne me paraissait pas improbable que, si Barhébrœus, sur les Psaumes, cite le texte cophte et arménien, c'est parce que les Syriens avaient ces deux versions tellement disposées avec la syriaque dans un même volume, qu'il leur était extrêmement facile de les comparer : ce qu'on ne saurait affirmer d'une manière aussi certaine des autres livres. Mais que dirait-on si le texte de ce Psautier polyglotte suivait la version karkaphensienne? Ne serait-ce pas une preuve assez décisive en notre faveur? ne serait-ce pas un assez bon moyen de tout concilier? Mais, direz- vous peut-être, vous vous imaginez rencontrer partout celle version 1 J'entends : souvenez-vous , je vous en prie, de ce que j'ai déclaré précédemment: que je ne veux ici que réunir des documents pour servir à l'histoire de cette version comme de plusieurs autres, laissant à des hommes plus habiles et plus expérimentés que moi à juger les preuves par moi fournies ; je n'ai donc rien dû négliger, quelque insignifiant qu'il puisse paraître, de ce qui peut contribuer à faire approcher le plus près possible de la vérité en celle matière.

Je dirai bientôt en quoi consiste le caractère spécial et particulier de celle version; on doit toutefois tenir pour constant que ce peu de variantes, qui se trouvent entre elle et la version simple, ne suffisent pas pour indiquer une version nouvelle, mais qu'elles

(I) Du moins c'est des Psaumes seuls que sont lires les exemples cités par Millier et Ailler, connue celui que j'ai trouve moi-même. C'est en vain que j'ai cherché des citalions karkaphensieimes duos les livres qui précèdent les Psaumes', qui sont les seuls qui se trouvent dans le manit- »erit île Baruébrsr-us du Vatican. La version bérjcléennë, ■m l'jniuire, tfu'Assémaui joint à la karkanhensienne (hil)lioi.. or., t. il, p. 283), n'est nulle pari citée par Rar- JjébraMis dans l'Ancien Testament.

peuvent servir comme de notes et de caractères propres à aider puissamment à distinguer ce texte de tout autre. Nous avons déjà vu plus haut que, des trois leçons cilées par Barhébrœus, le manuscrit du Vatican contient les deux pour lesquelles seules je pou vais consulter ce Codex; et que le manuscrit Barbérin, qui dérive évidemment de la même source, n'en contient qu'une seule : et encore est-elle tellement corrigée à la marge, que le copiste qui aurait voulu transcrire ce livre, insérant sans difficulté dans le texte, comme il est souvent arrivé, la leçon indiquée à la marge, aurait fait ainsi disparaître de l'exemplaire écrit par lui tous les caractères qui pouvaient servir de base à une comparaison entre ce manuscrit et la version karkaphensienne de Barhébrœus, sans cependant lui enlever tous les caractères qui constituent proprement et véritablement cette version et la distinguent de la Peschito.

Tels sont les motifs qui m'ont porté à feuilleter avec avidité le manuscrit pentaglotte que j'ai décrit dans la dissertation précédente; et j'y ai Irouvé, ps. CVH, 23, la leçon même blâmée par Barhébrœus dans la version karkaphensienne, et que j'avais déjà rencontrée dans deux autres manuscrits. Au ps. XXVI, G, il porte la leçon vulgaire, ainsi que le Codex Barbérin dont il "a élé déjà parlé; mais au ps. CXXXV1I, 1, il offre une leçon tout à fait singulière et spéciale. D'où l'on peut conjecturer que ce manuscrit, ou lout autre dont il émanerait, a été corrigé en cet endroit; mais s'il a été corrigé, n'est-il pas plus probable que quelque ancien auteur aura corrigé une leçon karkaphensienne mauvaise et dépourvue* de sens, plutôt que d'effacer la leçon exacte et correcte adoptée déjà parla version Peschito?

C'est donc une hypothèse assez probable que le Psautier barbérin pcnlaglolle nous présente le texte karkaphensien, ou que du moins ce texte était contenu dans l'exemplaire sur lequel il a été copié. Que si ces Pentaples présentaient le lexte karkaphensien avec les versions arménienne etcophle, il n'y a rien d'étonnant que Barhébrœus, s'étant servi de ce livre, n'ait cité ces variantes que dans le Commentaire sur les Psaumes.

§ V. — Du caractère propre et spécial de la version karkaphensienne.

Après ce que nous venons de dire de l'existence et des divers manuscrits de la version karkaphensienne, cherchons-y maintenant le caractère particulier de cette version et les traits qui la distinguent de la Peschito.

La première question qui se présente est de savoir à l'usage de quelle secte elle a été rédigée , et si elle favorise les nesloriens ou les jacobiles. .le vois que ce premier sentiment s'est tellement accrédité parmi les savants, qu'ils regardent ce texte comme nestorien, ainsi que l'a fait Barhébrœus. Telle est l'opinion de Michaëlis (1)

(I) Introduction, etc., vers. angl.,4«édit.,vol.n, part.l, p. 74. «Les chrétiens nestoriensqui habitent lesnwntagnef

et d'Ailler (1 ) ; mais sur quels foodesneutal

Sur aucun autre, que je s.i< lie, linoo qu ii sémani, aptes avoir nomme m Ile version

karkaphensienne ( ajoute que Barhébrssus,

outre cette version et lin raclécnne, cite encore le texte neftorieo. Haii Aasémani distingua clairement la karkaphensienne de deux dernières, par remploi de la particule enfin (2). Quoi qu'il en soit, il est indubitable que la version karkaphensienne n'est pas

celle quo Barhébrssui cite à presque tous les

chapitres, sous le nom de version des nestoriens. C'est ce dont il est facile de se convaincre en comparant les leçons qu'il cite avec nos manuscrits; mais il faut se rappeler ici ce que j'ai dit sur la fin de la dernière dissertation : que ces variantes ne portent guère que sur des différences dans les pointsvoyelles. Toutefois, malgré l'uniformité <|ui règne sous certains rapports entre ces leçons, elles présentent cependant des différences. (L'auteur cite un exemple tiré du premier mot de la Genèse, tel qu'il est écrit dans le manuscrit du Vatican et commenté par Barbébrœus; puis il ajoute : ) J'aurais pu aisément recueillir des exemples de ce genre, et j'en avais en effet recueilli déjà plusieurs; mais j'ai reconnu aussitôt, en les comparant, que nos manuscrits s'écartent le plus souvent du texte neslorien, et s'accordent avec le texte vulgaire. Qu'il me suffise de citer ici les exemples suivants tirés de la Genèse, VIII, et qu'on trouve dans le manuscrit du Vatican, fol. 3.

Codex du Valic. Bnrlicltr. dans son Commentaire.

*]Sn vxji "ethn d: atro i .

^rjrin c: Vy-irn 2.

br.MUNSTKAlKiN ÊVANGÉLIQIE.

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