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Par ces exemples que j'ai rassemblés au hasard, les savants reconnaîtront combien notre version karkaphensienne s'écarte de la ncslorienne. Mais il ne faut point perdre de vue que Barbébrœus, dans son commentaire sur les Psaumes, cite de temps en temps le texte neslorien (3) : or il n'est guère probable qu'il désigne à la fois la même version
de F Assyrie ont une version particulière, appelée karku-
file oa karkuphensienne. »
(1) Il l'appelle, Einer Ueberselzung die deu Nestorianern eigen sejn soll, und von Barhebrsus die karkufisebe (muHtuna) genannt wird. , c'esl-à-dire, » Version qui doit èirc particulière aux nestoriens, et que Barhebraeus appelle karkaphensienne, ou des montagnes.» Kurze L ebersicht, ele., p. 1)7.
(2)Bibliot, orient., t. il, p.283.VoyezMarsh, qui discute ce point ton pertinemment dans les noies a sa traduction de Michaëlis, siipra cit. vol. n, part. Il, pag.582. 11 but noter ici que ce savant se trempe en concluant que la version karkaphensienne n'est pas moins une version particulière et distincte que L'béracleenue, de ce que ces deux versions s"ni nommées do la même manière par Assémani. t'ar elles ne sont | as citées aux mêmes endroits par Barhebraeus, comme je l*ai dit plus haut; et de plus, le savant kssémani, coin. ne on le von évidemment, ne montre point qu'il connaisse la version kartophensienne autrement que pu les ciiations de Barhebraeus, qui emploie une simple lormulo mil peut iiien signidi r nom; Ue édition.
(3) J'en ai cité mi exemple dans la dissertation précédente.
suii- le double nom de karkaphensienne et de oestorienne.
Mus, pour niieiiv saisir la couleur religieuse de < ette rersion, il faudrait examinai se nouveau les I lans lesquels les ma-
i;iiM rite oeslonens ■ écartent parfois dos nôtres (1). C'est ce qu '.m rail voulu faire Muli
Us: mail je crains tort qu'on n'en soit encore
réduit aujourd'hui a former le même uni que lui, sa voir : que quelque tarant royasji ur
apporte des bords du li^ie un exemplaire Complétée celte version 1 : cir CCUI que nous possédons ne sauraient nous être ladessus d'aucun secours. Car j'ai déjà dit que le texte n'y forme |jas une suite continue, mais qu'il est coupé par parties et comme par lambeaux. J'ai consulté .i < l I effet les Actes des apotrea, XX, 28; mais il est impos-
silde de décider d'une manière positive s'il y a l'Eglise de Dieu ou l'Eglite du Christ. J'ai consulté également, I Cor., V, 8; 1 Tim., 111, 16, et Héhr., II, 9; et, dans tous ces paaasjsjjtS j'ai trouvé des lai unes dans le texte. J ai voulu consulterencore la 1" Epit. de saint Jean, V, 7, sans plus d'espoir, sachant bien que ce passage manque dans tous les manuscrits syriaques; enfin, quant au verset premier du chap. X de 1 Epitre aux Romains, il a'eot pas possible de découvrir quelle est la leçon suivie par la version. Nous manquons donc absolument de marques ou de noies intrinques pour déterminer quelle est la secte pour l'usage de laquelle celte version a été rédigée.
Mais on pourrait peut-être se procurer d'aulres documents propres à jeter quelque lumière sur cette question. Et d'abord, nous avons vu que le manuscrit du Vatican a été écrit dans le monastère de Sainl-Aaron-de- Sigara. Or il est certain que ce monastère était entre les mains non des nestoriens, mais des jacobites; bien plus, que celait de ce monastère que les patriarches des jacobites furent quelquefois tirés, pour être élevés au degré suprême des dignités ecclésiastiques (3), et que c'est en ce lieu qu'après leur mort ils recevaient ordinairement les honneurs de la sépulture (••). Nous pouvons donc
(l) Adler en fait le recensement. ( Versions syriaques du N. T., etc., p. 89, et soir.)
(21 i b supra.
(r.) Bibliot. orient., t. Il, pp. ôoi, 361.
(ij /Wd.,p. 555. Je s lis qu'Assémani met aussi Sigara au nombre des sièges é| iscopani des nestoriens ( ibid., t. III, part, n, pag. 779); mais il est certain que. ce monastère appartenait aux monophysites.il serait vraiment très-utile de rechercher si Sigara, qui était uu sii - al, est
la même chose que la montagne (ou la petite ville située sur cette montagne), où. était situé ee ■oaauèrc muni n'en fait qu'un seul et même heu (compara avec le. cité, t. Il, la disserl. sur les nionopliysiles, p. 117). nais j'en doute; car Ptolémée, outre ceUe montagne, nomme encore la ville de Sigara, eu lui dminani i meiii le même nom qu'a la montagne; mais il b place Jans unesitualiou bien différente. Assémaui parait tfotr enbUé celte double Sigara, reprochant à f.ellarn trompé en 'lisant que celle \ die e>l située au| rèsdu Tigre, que Plolémee, qui distingue expressément la mootagne oh était place le monastère de SaintrAaroa, de Ta \ ill<' qui i et ie ce nom , dit en termes formels qu'elle est située auprès du Tigré. Cette ville élaH asses roWae éa Nisibe, de manière qu'elle pouvait aisément avoir pour métropolitain l'évéque de Nisibe, couunc nous savons cer-
j05 HORjE SYMACjE
prononcer d'une manière certaine que ce
manuscrit a été écrit par un jacobite. Ajoutez à cela que l'époque en est marquée par le copiste, qui désigne les patriarches qui gouvernaient alors les jacobites : Jean et Menna.
Quant à la religion professée par celui qui a écrit le Codex Barbérin, le lieu où il est dit qu'il a été écrit ne peut nous fournir aucun renseignement certain et propre à servir de base à un jugement décisif. Car si Belh- Sachre était vraiment située où je l'ai placée, elle paraîtrait plutôt avoir dû appartenir à la secte des nestoriens. En effet, si l'on en croit Niebuhr, cette secte dominait principalement dans ces contrées (1). Au premier abord on sciait porté à croire que ce manuscrit est d'origine neslorienne : parce qu'après avoir cité en marge les'scolies de Théodose, toutes les fois qu'on les cite, on ajoute à son nom un titre que les nestoriens donnent aux prêtres, ainsi que nous l'apprend Assémani (2), et qui néanmoins ne se trouve jamais dans le manuscrit du Vatican. Cependant le Codex Barbérin offre des marques plus évidentes encore d'origine jacobite. En effet, à l'endroit où est rapportée l'histoire de Gédéon, au livre des Juges, on voit écrite à la marge unescolie, ayant pour litre Sanctus Mor Severus (3). Assurément aucun orthodoxe ni aucun neslorien n'auraient honoré du nom de saint ce coryphée des inonophysites; et cependant ces paroles sont écrites de la même main que tout le Codex. En effet, dans ces pays-là, les sectes religieuses varient souvent beaucoup dans un très-petit espace de terrain; ainsi, quoique la petite ville de Karmclis soit toute habitée par les nestoriens et par les orthodoxes qui ont quille leur secte |4), Baratol cependant, qui n'en est distant que de trois mille pas, et Karakosch de mille seulement, ne comptent que des jacobiles dans leur enceinte (5). Or c'est dans ces environs qu'est située Bcth- Sachre.
Non-seulement l'un et l'autre manuscrits portent des marques spéciales de celte origine jacobite, ils ont aussi l'un et l'autre des traits communs qui en sont une preuve incontestable. Ils renferment en effet l'un et l'autre des homélies de Sévère d'Antiochc auquel on y donne toujours le titre de suint, qui ne pouvait lui être donné que par un homme de cette secte. On retrouve aussi
tainement qu'elle l'avait en effet pour métropolitain ( à l'endroit cite du t. m); au contraire, s'il fallait placer le sic^e épiscopal sur la montagne ou nous ne sommes pas même certains qu'il y eût une petite ville, il aurait plutôt dépendu <le la juridiction de Ninive.
(1) i bi supra.
(2) Bibliot. orient., t. Hl, p. H, p. 799. Mais quoiqu'il parle des Nestoriens , il ne faut peut-être pas restreindre ii eu\ seuls ce qu'il dit. C'est ce qu'on peut également conclure du t. I, p. 216. On ne doit donc pas beaucoup s'arrêter a celle remarque : tout ce qu'elle prouve, c'est qu'on trouve dans un Codex un titre honorifique qui ne se trouve pas dans l'autre.
(3) Cette scolie ne s'a; pliqueque dans un sens mystique ;i i e qui est dil dans le texte sacré de la manière dont les s Idats fie Gédéon, conduits sur les bords d'un fleuve, se uiirenl a boire de l'eau.
(i) Niebuhr, nbi supra.
(.*)) Le même, ibid., p. 283.
DtvnnsT. Evam;. XVI,
dans ces deux manuscrits les leçons et les points delà version héracléenne; et de plus, les fragments de la version philoxénicnne la plus pure, que j'ai reproduits plus haut, quoique cependant il n'y ait personne qui ne sache que ces versions ont été rédigées par les jacobites pour leur usage.
De tout cela il résulte clairement que les esprits qui tiennent le premier rang dans ce genre de science se sont trompés jusqu'ici, en assignant à cette version une origine neslorienne : car il paraît évident qu'elle es', plutôt jacobite. Les livres y sont rangés dan un ordre tout particulier, différent de celui de la version simple et de la nestorienne. Assémani l'attribue à Jacques l'Onomastique (1) , nom sous lequel il désigne notre Codex, ainsi que nous l'avons dit au commencement. Jacques Georges Adler donne pareillement l'ordre des livres d'après d'autres livres manuscrits des Syriens, et marque avec assez d'exactitude la différence qui existe chez les nestoriens (2).
Le Codex du Vatican commence donc au Pentateuque,où l'on aperçoit deux divisions : la première en nîtix Tsehhohhè(secfî'ons)dont la Genèse a trente-quatre : et cette division est remarquée par Barhébraeus et les autres commentateurs ; la seconde est purement rabbinique,en sections qui tirent leur nom du fait ou de l'acteur principal dont il y est question. Telles sont : 1° la promesse faite à Abraham, dont les Syriens font le commencement d'une ère relative à l'histoire des Hébreux, comme nous le verrons ailleurs; 2° la tentation ou l'épreuve d'Abraham lorsqu'il lui fut commandé d'immoler Isaac ; 3° enfin la naissance d'Esaù, et autres choses du même genre (3).
Après le Pcutalcuque et Josué (fol. 32) commence le Livre des Juges , avec ce préambule : Points du livre des Juges des enfants d'Israël, qui s'appelle en hébreu Schaphtc (k). Ce livre est suivi de celui de Job (fol. 36), qui lui-même est suivi de celui de Samuel (fol. 41, verso), titre sous lequel sont compris les deux livres qui portent ce nom ; puis après, David, ou la collection des Psaumes (fol. 50). Après les Psaumes (fol. 58, verso), on trouve ce qui suit : Symbole des trois cent dix-huit Pères réunis en concile à
Nicéc. Et (il) est monté et est assis (5) à la
droite de son Père l'Eglise apostolique,
catholique et glorieuse. Ici finissent les points et le texte du prophète David. Vient après cela le livre des Bois (ibid.) ; puis Isaïc, qui est divisé en trente chapitres (fol. 66, v.), et les petits prophètes formant une suite continue (fol. 75), et après eux Jérémie (fol. 83). Après le verset 63 du chapitre LI, on trouve insérée dans le texte, en lettres peintes en vcrmil-
Ad Hebedjesii calai. Bibliot. orient., t. m, part. 1, p. 4. Kurze Uebersicht, etc., pp. 103 elsuiv, Les Syriens ont suivi les Juifs, leurs maîtres, dans le soin de compter exaclemenl l< s chapitres de clianuu livre, et île les marquer; île sorte qu'on peut dire qu ils ont fui aussi leur Massore.
(i) Voyez, les OEuvres de sainl Ephrem, t. i, p. ôos. A. (.'il Le Codes Barbérin porte. «Ou trouve aussi: il s'est assis, et : est assis. »
(Quatre.)
M AlONSTH \TIO.N l*\ IftCI Mol (.
Ion , la lutte qae rolci ; tel finit* ni U i sets tin prophète J> rémie. Puii le texte se continue jutqa'aas Lamentations, qui formenl uni* suite continue , comme Fui ta cl partie des prophéties fol. ht, p.), dont elles rormenl le chapitre \ \ Mil . et sont marquées «le-, nombres 1, -. S el '». Vient alom la prière du prophète lél eime, et ensuite { fol . KS, t. i II pic -
mière lettre de Baruch , telle qu'elle se lit dans le tome IV de la Bible de Wallon. Elle e>t rai rie (fol. Hd, p) de la seconde lettre de Baruch, qui est la même chose que le livre de Baruch (li; et après, on trouve une lettre apocryphe de Jérémie /fol. 91, p.), également publiée dans les polyglottes.
Nient ensuite K/éeliiel iihid.j compris en
vingt-huit chapitres, et il est immédiatement suivi de Daniel {fol. 98] qui renferme l'histoire d'Ananias et de ses compagnons [page rate.), la prière et h cantique tPAxarias... On trouve insérés dans les diverses visions de Daniel les noms des royaumes et des rois auxquels ces visions sont censées faire allusion. Ces noms sont peints en vermillon. A la fin (fol. 100, v.), on trouve ces mots : De l'idole de Bel, c'est-à-dire, Histoire de fiel, et plus bas: Du dragon. Et enfin le livre se termine par cette phrase : Ici finit Daniel. On retrouve alors cet ornement bigarré de diverses couleurs , qui sépare chacun des livres ; et après cela commence le livre de Suzanne , qui correspond à la version placée au premier rang d;msles polyglottes (2). Suivent ensuite le» Proverbes (Ibid.), la grande Sagesse (fol. 105), YEcclésiaste (fol. 108, v.) (3), et, sans aucune marque de séparation , le Cantiques des Cantiques (fol. 110, v.). Alors se trouve celte marque de séparation « Points du livre des Femmes, premièrement de Ruth{fol. lit, v.).» On n'a pas, que je sache, rencontré ailleurs jusqu'ici de titre semblable; il comprend les livres de Rulh , d'Esther et de Judith. Enfin celle série de livres est close (fol. 112) par la Sagesse de Bar-Asiro , c'est-à-dire l'Ecclésiastique.
Le même ordre absolument est observé ians le Codex Barbcrin , excepté que l'Ecclésiasliquc y précède le livre des Femmes, de sorte que les livres appelés sapienliaux y sont placés à la suile les uns des autres.
Parmi ces livres, on en a omis , comme on le voit, plusieurs autres, tels que ceux de Tobic et des Machabécs : non assurément qu'ils fussent rejetés par l'Eglise de Syrie : car je pourrais aisément , s'il le fallait, prouver le contraire par rapport à chacun des livres deulérocanoniques ; mais parce que, peut-être, il ne s'y trouvait point de mots qui eussent besoin d'explication : car c'est dans ce but que tout ce livre a été composé. D'ailleurs il n'y est point fait mention des livres des Paralipomèncs , ni de Néhémie ,
(1) Voyez Naironi EoopUa Gdei cailiolicc. Rome, ÎGÎH, pp. 580, el lUÎT.
(2) Wallon lait observer que l'histoire de Simone est mise au conunencenwu de Daniel dans les exempLiirea grecs cl nriaquet ( t. IV, |>. - i
(3) Aaaimani a omis ce livre, lorsqu'il parle île l'ordre tbe«rv4 Jane notre Codei
ni d'Esdras , qui sont certainement kNM CO»
pi is dans le canon.
I \mieii Testament terminé, suivent Immédiatement des extraits 'lu [feuvena , qui v est divisé en trois sections. La première comprend les Actes (fol. 1 im. ». t\ les Bpltrps catholiques de saint Jacques [/M. Itt , de
s.iinl Pierre (fol. itlem, p. mit. et de sain!
Jean 'fol. 125 . tprès la noie ajoutée, tomme on le voit pratiqué dans tout le Codes . I.i lin (le celle dernière Epitre, pour indiquer qu'elle est Qnie, on trouve une autre note
concile en ces ternies : Ici fuit le liire tir*
Actes (l'rnj-ris) ; ce qui prouve que l'on v comprend ces Epttres mémo, sons le titra d'Actes des apôli i
Suivent les quatorze Epttres «le saint Paul, et, après elles, les quatre Evangiles dans Tordre accoutumé.
Dans ces deux manuscrits , on a suivi absolument la même marche en transcrivant la version de Tlionias d'Héraclée.
Voilà pour l'ordre; venons-en maintenant aux traits caractéristiques plus particuliers et plus intimes de celle version, qu'il faut chercher principalement dans le Nouveau Testament. Nuire version a donc cela de particulier que , s'attachant généralement au texte de la version simple, elle s'en écarte tfans les noms et les mots grecs, suivant de préférence l'orthographe héracléenne. C'est ce que je prouverai par les exemples les plus clairs et les plus évidents. (L'auteur cite ici le livre des Actes, I, 13 ; les noms de Jacques, i\ André, de Matthieu, de Barthélemi, de Gamali'l. de Theudas, de Tabithe et à'Jférode.)
On en verra beaucoup d'autres exemples dans les spolies critiques réservées pour le § VII.
Mais pour connaître parfaitement la différence qui existe entre celle version et la simple , il faudrait les comparer l'une à l'autre dans toute leur étendue. Ce serait une lâche fort ennuyeuse el forl pénible : car. comme elle n'est copiée que par parties , ainsi que nous avons pu nous en convaincre . de manière qu'il n'est souvent reproduit qu'un seul mot de tout un chapitre, il en résulte que le sens ne peut nous diriger dans celle comparaison : d'autant plus qu'il n'y a pas la moindre trace de division en versets ou chapitres. C'est ce qui explique pourquoi il est si difficile de trouver, dans le texte édité . et surtout dans l'Ancien Testament, les leçons ou passages que nous allons bientôt citer, avec l'explication des endroits d'où ils sont lire-. Néanmoins l'ennui et la peine qu'il m'en
aurait coûté ne m'eussent jamais fait renoncer à ce dessein, si je n'avais VU, comme je l'ai déjà remarqué dans la description des manuscrits et ailleurs . qu'on trouve à la marge même de ces manuscrits des comparaisons assez multipliées et assez nombreuses pour reconnaître le vrai caractère du leste; el d'ailleurs le texte est trop imparfait pour qu'on puisse exactement apercevoir le rapport qu'il a avec les mannacf ls grecs. J'ai copie ces variantes . qu'on trouve inscrites à la marge, el je vais les repro-
UOK/E SYltlACyE.
MO
duire tout à l'heure, réservant la comparaison totale et complète de tout le texte aux éludes critiques plus vastes et plus approfondies que je nie propose de taire sur les versions syriaques, si le Dieu tout-puissant et infiniment bon me donne assez de temps et de santé pour cela.
Souvent lorsque le mémo mot reparaît en divers endroits . on a soin de répéter aussi la même note à la marge ; mais quand il ne ne s'agit que de l'orthographe , surtout on ce qui regarde les points, j'ai cru inutile de la répéter plusieurs fois, ce qui n'a lieu cependant qu'en choses de fort peu d'importance, le lecteur étant préalablement averti.
Voici maintenant toutes les leçons qui sont notées à la marge comme s'écarlant de la version Peschito. (Ici l'auteur cite la leçon du texte et celle de la marge; nous ne ferons qu'indiquer les endroits des livres saints qui sont ainsi comparés. )
(1° Douter. XXXII, 4, - 2°Ps.CXHI, 6— 3° Ecclésiastc, II, 6, — 4" Ecclésiastique , XVIII, 10).
Voilà les seuls passages que j'ai trouvés ainsi notés dans l'Ancien Testament , à l'exception de ce que nous avons dit précédemment au sujet du livre de Suzanne. Pour le Nouveau testament, j'observerai l'ordre suivi dans notreCodex.
Actes des ap., I, 6, 9; II,9;VII, 43; VIII, 27; X, 13 ; XII, 21 ; XVIII , 3, 23 ; XXII , 25 ; XXlil, 24. — Saint Jacques , II, 17; III, 15.
— Ep. aux Rom., VII, 8; VIII. 15; XIV, 8.
— I Corinlh., IX, 14; X, 10; XV, 24. — Aux Hébr., II, 9. — Saint Malth., I, 4; IV, 21; V, 14, 18, 22; VI, 8, 24; IX, 16, 17, 23, 31 ; X, 2, 29. — Saint Marc, I, 2; XIV, 3, 15. — Saint Luc, VII, 11; XXIV, 13. — SainlJean, IV, 5; VI, 43; XIX, 29.
Il demeure constant, par toutes ces citations, que les variantes signalées viennentdu soin qu'on a pris d'écrire plus correctement les mots gréco-syriaques. Cependant le Codex du Vatican "présente d'autres variantes notées à la marge, sans désigner néanmoins la version à laquelle elles sont empruntées. H s'en trouve aussi , mais en bien moindre nombre , dans le codex Barbérin , comme je l'ai déjà remarqué dans la description de ces deux Codex. Je les donnerai donc ici toutes réunies, en ayant toujours soin d'ajouter quelle est la leçon que porte le texte Peschito édité, me servant pour l'Ancien Testament des polyglottes, et de l'édition de Widmanstadt pour le Nouveau , dans les livres qui y sont contenus : dans les autres livres , je me servirai de l'édition de Londres de
Exode, II. 2; VIII, 19; XVI. 33; — Lévitique, XI, 20; XXII, 15; XXVI. 16, 22. — Nombres, V, 22; VI, 21; XXXI, 8, 27. — Deutcronome, XIII, 9, 17. — Juges. VI, 27. — Job, VII, 14; XIX, 4, 21; XXIV, 18; XXXVI, 27; XLI.7. — I Samuel, II, 33; 111, 1 ; XVI, 16 ; XX, 3. — II Samuel, II, 26 ; XII, 25; XIV, 15, 27. —Psaumes, VIL 9; X, 15; XX, 1 ; XXI, 4 ; XXII, 24 ; LVII, 1 ; LXWI, 4; XCVIII. 5; CXXXVI, 1. - 1 Rois, VI, 37.
— II Rois, III, 4; VIII, 21 ; XIX, 12. — Isaïe, XIX, 19; XXIV, 16; XXVI, 18. — Anios, VII, 7 ; IX, 6. — Zacharie, 11, 6. — Jérémie, XLIX,4. — Ezéchicl, XVII, 16. — Proverbes, XXVI, 2. — Ecclésiaste, II, 7, 20; IV, 1. — Cantique des Cantiques, IV, 3; V, 8. — Ecclésiastique, XIV, 23; XXVI, 12; L, 1. — Actes des apôtres, II, 7 ; XIX, 39 ; XXI. 33 ; XXIII, 10, 11, 24; XXV, 7. — I Epître de saint Pierre, III, 21. — I Epître de saint Jean,
I, 1. — I Epître aux Corinthiens, XIII, 12; XIV,31; XV, 17, 4L— IIEpîtreà Timothée,
II, 19 — Epître aux Hébreux, X, 25 ; XI, 4. 17. —Saint Matthieu, XXI, 2. — Saint Marc, XV, 37; XXVIII, 47. — Saint Luc, VIII, 4 ; IX, 38; X, 41; XI, 7; XII, 48; XXIII, 46; — Saint Jean, IV, 42.
Ces comparaisons marginales , que j'ai transcrites en entier, ne sont pas de peu d'importance pour déterminer le véritable caractère du texte karkaphensien. Car nous voyons qu'il a été comparé avec divers autres textes ; et que partout, si l'on en excepte très-peu de cas où il ne s'agit guère que de points, il s'accorde avec le texte éJité. De là nous pouvons statuer que le texte karkaphensien qui se trouve dans nos manuscrits a plus de rapport avec la moderne Peschito que n'en avaient les autres manuscrits, soit pareillement karkapbensiens , soit simples, avec lesquels il fut comparéau dixième siècle au moins.
Ce que nous venons de dire nous met en état, à mon avis, de nous prononcer avec assez d'assurance sur le caractère de la version qui nous occupe.
1° Le texte fondamental de cette version est le Peschito, celui-là même qui a beaucoup de rapport avec le texte édité.
2° Elle offre une division et un ordre dans les livres tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, qui lui sont tout à fait spéciaux ; et pour cet ordre elle s'accorde avec la philoxénienne ou héracléenne , éditée dans le même tome.
3° Elle diffère également de la Peschito mon seulement dans les endroits cités par Barhébra?us, dans lesquels même les exemplaires différent entre eux, quoique rarement et en choses de peu d'importance ; mais surtout en ce qu'elle a approprié à l'orthographe grecque ou héracléenne les noms propres et les mots gréco-syriaques ; et celle différence, dont on trouve une preuve péremptoirc dans la comparaison qui vient d'être mise sous vos yeux est, à mon avis , ce qui constitue proprement le caractère spécial de celte version.
4" Enfin celte version n'a pas été faite pour l'usage des nestoriens , mais elle trahit visiblement une origine monophysile ou jacobile.
Ces dernières observations pourraient peut-être conduire à des conjectures certaines sur l'origine de celte version. Il est constant, en effet, que les jacobites faisaient peu de cas de la version Peschito, comme s'éloignant trop du texte original; et c'est ce qui les a portes à se servir souvent de la version
philoxéniennc, qui mil pas à pas 1 1 nvec une exaclitudcservilc.lu lextegrec. b urs oreilles étant m quelque sorte accoutumée! toi noms ainsi façonnés à la forme grecque, il semble qu'ils aienl voulu imaginer cl Introduire dons le texte simple je ne sais quel changement de celle espèce ; à moins de dire, « anime nous le indus plus loin, que ce changement ne s'csi introduit que graduellement et tacitement.
C'est assez <lit sur le caractère de celte
version; reste a parler brièvement autant que possible, de quelques points qui sont de peu d'importance.
5 VI. — De fauteur de cette version, telle qu'elle se Ironie dans nos Codex. De l'origine du nom de karkaphensienne.
Ce serait certainement perdre le temps que de s'arrêter à discuter sur l'auteur primitif de eetle version : car on ne trouve rien dans Barhébrteas, ouda s Assémani, ou enfin dans les manuscrits qu'il nous a été possible de consulter, qui puisse nous fournir là-dessus les moindres renseignements.
M lis il importe de rechercher quel est celui quia recueilli ces extraits de cette version, et y a ajouté les points voyelles, tels qu'on les voit dans nos manuscrits. Le savant Assémani dit toujours que ce travail est dû aux efforts et aux soins de Jacques d'Edesse (1) ; ainsi que le prétend aussi Eichhorn (2), qui embrasse sur ce point l'opinion d'Assémani.. Mais il faut remarquer que Jacques d'Edesse n'est nommé nulle pari dans ce livre pour être l'auteur de ce travail; de sorte que nous ne pouvons nous livrer là-dessus qu'à des conjectures que je crois pourtant heureuses. Toutefois, je pense qu' Assémani n'aurait jamais attribué ce livre à Jacques d'Edesse, s'il eût su qu'il est d'origine jacobile (3).
Voici les raisons qui ont persuadé à Assémani que cette version avait pour auteur Jacques d'Edesse. La ponctuation des versions karkaphensienne et philoxénienne y est suivie d'extraits semblables des homélies de Sévère d'Antioche, traduites du grec, comme il paraît certain, par Jacques d'Edesse (4). 11 en est parlé dans la lettre de ce même Jacques d'Edesse à Georges, évéque de Sarug, et à tous ceux entre les mains desquels tombera ce livre, où l'on expose les motifs qui ont porté à entreprendre ce travail. Ainsi Assémani n'a pas mal exposé le litre et le but de cette lettre ; seulement il n'est pas assez exact, en ce qu'après avoir ajouté le mot du même, et ne disant pas quel est cet ouvrage qui a élé entrepris , il montre visiblement qu'il pense que cette lettre regarde aussi les versions de la Bible. Que si, au contraire , cette lettre ne regarde que les leçons tirées des Pères, qui se trouvent placées au troisième rang dans le Codex du Va-
(I) Bililiot. orient., I. Il, p. 499; t. UT, part. I. p. A, '«oit 5, ei p. 10, noie.
(-2) Einleitung, ele, i. I, p. 178.
(.">) En effet Assémani jiislilie vivemenl et savamment Jacques du reproche d'être imbu des erreurs de ceUe série. ( Biutiol. orient., t. i, p. 470 et suiv. )
(4) tbid , p. t78.