DÉMONTRÉE PAR CEUX MÊMES QUI SONT INTÉRESSÉS DANS CES HISSIONS
DISSERTATION LUE DANS L'ASSEMBLÉE DE l'aCADÉMIE DE I.A RELIGION CATHOLIQl I .
Le 1" juillet 1830. — tiudiit i>f. l'it.m u\.
^vtiact.
J'ai* l'honneur, l'année dernière, d'être Religion catholique; pensant qu'un pareil uqréqé à l'illustre et savante Académie de /.; honneur m imposait à juste titr, l'obligation
STERILITE DES MISSIONS PROTESTANTES
de seconder les sages intentions de cet institut, je me demandais quel sujet je pourrais traiter, pour entrer dans les vues de notre société, sans cependant redire ce que bien des fois déjà avaient dit ses honorables membres. Il me passait soits les yeux une foule de sujets, mais celui qui me séduisit le plus, soit par sa force, soit par sa nouveauté, fut celui que je présente maintenant au public. Car, pensais-je en moi-même, on a un argument bien puissant à faire tomber sur les sectes protestantes, quand on les voit s'enflammer d'un zèle stérile, se fatiguer d'un labeur infructueux dans l'œuvre de la' conversion, recueillir des trésors, transporter sur les mers des convois entiers de missionnaires, semer avec prodigalité les Bibles et les livres ; se servir de toute l'influence et de tout l'appui des autorités civiles, séduire par des présents et des caresses ; se diriger vers les esclaves des colonies américaines; essayer chez les peuples libres de l'Asie de prêcher les dogmes cruels du puritanisme, ou les doctrines plus douces des moraves; quand on les entend partout se vanter et prodiguer les promesses , puis avouer enfin qu'à la honte de tous ces efforts ils n'ont pu obtenir aucun résultat, comme si le Seigneur les eût frappés de stérilité ! Il est certain en effet que telle ne fut pas la promesse qu'il fit à l'Eglise véritable.
D'un autre côté, ce sujet me paraissait curieux à cause de sa nouveauté ; car je voyais
que la société biblique avait tellement attiré vers elle tous les regards, que l'on tenait bien peu compte des tentatives des protestants, qui, envoyés dans des régions lointaines semblaient devoir nous inspirer moins d'intérêt. C'est pour cela que nos frères n'ont écrit que peu de chose ou même rien, hors de l'Angleterre ; et que, même dans ce pays, on ne trouve aucun document, si ce n'est quelques articles dans un de nos journaux, qui ne m'a pas été d'un léger secours. La plupart des matériaux qui composent cet essai ont donc été tirés, et ce n'a pas été sans peine, des journaux et des rapports des sociétés pour les missions on d'autres écrivains qui les favorisaient, J'aurais pu l'étendre bien davantage, si la difficulté de me procurer les livres nécessaires à cette distance de l'Angleterre , et la crainte d'abuser de la patience de ceux qui le liront , ne m'eussent retenu. Néanmoins, en le rendant public, je l'ai enrichi de plusieurs notes que je passai sous silence en le récitant.
On verra, dans le cours de l'ouvrage, que Von promet deux appendices sur des matières analogues et d'un égal intérêt. Ils seront livrés à l'impression sitôt que l'occasion s'en présentera. Mais voyant que plusieurs désiraient lire au moins cette dissertation, je n'ai pas hésité à la publier seule, les autres suffisant pour former une brochure à part.
Du collège anglais, Rome, le 7 mars 1831.
Wu*£tttàtion.