‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 37 sur 167 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

3nIvobuction.

Un no peut le nier, très-eminents, trèshonorables, très-illustres membres de celte académie, nous sommes arrivés à l'un des moments les plus iniéressants de l'histoire du protestantisme. C'est ce moment qui doit décider jusqu'à quel point il est susceptible de durée et d'extension. Pendant bien des années, à l'abri sous la protection spéciale des gouvernements civils, il a conservé une certaine consistance, une apparence d'unité résultant de la contrainte extérieure, plutôt que de la combinaison spontanée des parties qui le composent. Sitôt que ce principe de cohésion est venu peu à peu à se relâcher, on a vu fermenter cet esprit de désunion qui est inséparable de l'erreur, et tout l'ensemble se diviser en une multitude de parties si fractionnées, qcu la destruction lolale semble imminente.

Mais bien qu'il soit vrai, dira-l-on, que la division delà religion protestante en secles multipliées et discordantes entre elles, semble indiquer l'accomplissement de la divine parole : qu'un royaume divisé ne peut se sou-

tenir, en ce moment même ; elle ne s'en développe , elle ne s'en propage pas moins d'une manière étonnante. Ne pourrait-on point, par hasard, la comparer à la république romaine? N'est-ce pas quand on vit se développer dans son sein ces principes de désunion qui résultaient de sa constitution qu'elle commença précisément à agrandir son territoire? Et tandis que les éléments hétérogènes qui la composaient se déchiraient dans une lutte meurtrière, et se dévoraient tour à tour dans de mortelles contestations, n'envoy ait-elle pas de tous côtés ses aigles victorieuses , pour subjuguer les royaumes et pour reculer les bornes de l'empire? N'est-ce pas ainsi que, de nos jours, les églises réformées se vantent d'avoir répandu par tout le globe leurs missionnaires, qui font chaque jour de nouvelles conquêtes religieuses parmi les païens et les juifs, parmi les bouddhistes de l'Asie et les fétichistes de l'Afrique; parmi les peuples craintifs qui boivent les eaux du Gange, et les beaux, mais féroces habitants du Caucase? Non; si l'expérience a maintenant démontré qu'abandonnée à elle-même, l'œuvre de l'erreur tend à s'écrouler et à pi'rir, elle doit avoir aussi révélé qu'elle n'est pas même

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susceptible d'an agrandissement ollériear; ci cela malgré tom iei efforts que la sagesse ci la puissance, humaines peuvent susciter; car il Ml dit : Vïsi Dominos œdifleaverit domum, in vunttiii laboraverunt qui adificant ta m ■

Tel est, messieurs, le sujet que je me propose : c'est de montrer par les révélations des protestants eux-mêmes quel a été jusqu'ici le succès des missions étrangères qu'ils ont établies ; et j'ose espérer que le résultat sera de prouver lout ce que je riens d'avancer.

Pour procéder avec plus de clarté, je «1 i % ■ serai mes recherches eu quatre points principaux : 1 " nous verrons quels sonl les moj eus

mis en œuvre par les sociétés des missions prolestantes pour réaliser leur intention , et l'on pourra par là calculer, humainement parlant, quels devraient on être les effets; -2 ces effets seront spéciGés dans une foule de missions particulières ; •'! on verra plus en général les résultats de l'ensemble do système ; et k" enfin on examinera la nature du petit nombre de conversions dont il est parlé, en les réduisant à des classes déterminées. On me pardonnera toutefois si, dans ce faible essai , on ne trouve pas les grâces de la parole toscane , ni l'accent sonore de l'idiome romain.

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