SECTION QUATRIÈME
Succès des missions en général. 1 . Des missions anglaises dans les Indes orientales. 2. De celles des anabaptistes et des indépendants dans le même pays. 3. De toutes les sectes dans l'Inde et dans l'Australie, k. Des missions en Amérique, tant pour les sauvages que pour les esclaves. 5. Des mis^ sions dans la Méditerranée. 6 Des missio.ns chez les Kalmoucks. 7. Aveux plus généraux des intéressés eux-mêmes sur la malheureuse issue de leurs efforts par tout le globe.
Mais c'est maintenant que, laissant le particulier, je vais vous présenter des résultats généraux, tirés autant que possible des relations des protestants eux-mêmes. Il ne sera pas facile do les exposer; car il n'est pas facile de calculer le non être , ni de raisonner d'après des données négatives. Le profond silence qu'ils gardent pour la plupart quand il s'agit d'énumérer les prosélytes qu'ils ont faits, est déjà un puissant argument pour montrer qu'ils n'ont pas trop à se glorifier sous ce rapport. Mais heureusement , de temps en temps , la sincérité des missionnaires et autres écrivains, et les défis des nôtres, leur ont arraché la vérité de bouche ou par écrit , et les ont amenés à avouer , quoique dans les termes les plus doux, quels ont été les véritables fruits de leurs travaux. J'ai avec soin rassemblé ces aveux, pour en faire l'examen le plus exact possible.
Et d'abord, tournons les yeux vers l'Asie; arrêtons-nous sur l'Inde anglaise; car les sociétés se font un mérite d'avoir donné à ce pays leurs soins les plus particuliers.
1. Ceux qui méritent d'attirer en premier lieu notre attention, ce sont les missionnaires qui agissent sous la direction de l'église nationale; car ils conservent une certaine apparence de juridiction reçue de leurs pasteurs, et ont l'intention de propager un système revêtu au moins des apparences de la vérité et d'une organisation ecclésiastique.
Et certes, les partisans de ces entreprises n'ont point manqué de se glorifier à haute voix du succès des missions dans ces contrées ; il paraîtrait même que déjà la victoire serait entre leurs mains. Ecoutez comment s'exprimait à ce sujet l'évêque de Londres, dans un de ses sermons. Grand nombre de conversions véritables se sont opérées, malgré de nombreuses difficultés ; des congrégations chrétiennes existent depuis longtemps dans l'Inde ; les enfants des naturels païens peuvent faire leur éducation dans les écoles chrétiennes , et s'instruire ainsi dans la connaissance, des Ecritures sans exciter la jalousie ou la crainte : ce sont des faits suffisants pour imposer silence aux objections du doute, pour justifier notre persévérance et fortifier nos droits
(Cinq.)
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d la prota -lu a du i/o m irnement et aux of-
l'Ktlfltï iln i> ihlii- (1).
Mai- a li pompa '1'' l.i déclamation on <l'>it opposer lai oalculi plus modestes al pins ma-
sures de ceux i|iii, moins passionné» 'in plus en roulai l avec dei témoins qui pouvaient
démo huit leurs faussetés, onl confessé la
veille J'en citerai quelques exemples.
Le premier témoignage sera celui du missionnaire Bougb, qui, en 1824, répondit à l'ouvrage de M- l'aubé Dubois. Cal ecclésiastique avait été trente ans missionnaire catholique dans l'Inde, et avait avancé sans hésiter que les missionnaires protestants n'avaient point opéré de conversions. Voilà «ne objection de fait qui demandait réponse. Si les sociétés des missions avaient des faits à opposer, c'était le moment favorable de les produire : c'était la véritable manière de donner un démenti à une pareille injure. Ecoutons donc la réponse du missionnaire, maintenant agent et collecteur de je ne sais quelle association. Tout en exposant, écrit— il, I M moyens dont ne servent 1rs missionnaires protestants pour la conversion des Indiens, et tout en soutenant qu'ils sont plus propres à produire l'effet demandé que ceux dont les jésuites font usage, je n'en proteste pas moins que la bénédiction du Seigneur peut seule leur donner une heureuse issue. Je suis pleinement d'accord avec lui en croyant (/tt'il n'y a pas possibilité humaine de les convertir. Je connais bien ces difficultés, et j'ai dû lutter avec elles aussi bien que lui ; et maintes fois j'ai été contraint de m'arréler. Mais Dieu soit loué : il n'en a pas toujours été ainsi, et ïin cas de succès que j'ai obtenu m'a paru une récompense suffisante ( British Crilic. Jan. 1825). Voilà donc M. Hough qui no peut se glorifier que d'une conversion pour réfuter son adversaire.
Mais on pourrait me demander ce qu'il y a de vrai dans les descriptions laites en Europe sur la grande amélioration qui a eu lieu dans l'Inde après la création de l'cvéché protestant de Calcutta. 11 est certain que les deux premiers évêques étaient des hommes d'un talent supérieur, d'un grand mérite littéraire et d'un zèle capable de hautes entreprises. Le second, Héber, fit partout la visite avec une infatigable patience; il fonda de nouvelles missions, donna à son clergé une forme plus hiérarchique, ouvrit des collèges et des écoles. Dans son journal, publié après sa mort, on parle souvent de congrégations nombreuses de nouveaux chrétiens, d'écoles bien fréquentées, de missionnaires remplis, selon lui, du feu du Seigneur. On doit cependant tenir bien peu compte de ces signes par lesquels on prétend prouver l'agrandissement de l'Eglise protestante dans l'Inde : je ferai dans la suite toucher au doigt celle vérité par beaucoup d'exemples ; maintenant je veux fai'-e voir combien on doit ajouter peu de foi aux prétendues améliorations.
Il) ▲ sermon presebed before ihe Soc for iln> proptg, le Gospel ai kreigo parla. Hy lie R. R. Charles J J.ord H[>. oi Chester (maintenant <io Londres), i ond.,
par «.
Pour i el.i ji- \ i u\ Min re pas à pas 1«* BOOM
de sa visite, en dépouillant tous les passages qui parlent de conversions d'Indiens naturels,
afin d'en découvrir le nombre et l'origine.
i..i première partie de aea voyagea' i empressa1 toute la distance d<- Calcutta i Bombai . aa sant par les villes d« Dacca, Purridpore, Boglipore, Bénarèe, eJlababad , Luknow (capitale du royaume d'Onde), lléernt, Délai, égra, Giepni al Baroda. Vold le résultâtes la visita détaillée de tant de provineea, dans nue étendue de pays beaucoup pins grande que la surface da l'Italie f et contenant \illrs plus rastei et plus populeuse» que les principales capitales «le l'Europe.
La première chose que je trouve, i jest que presque toutes les conversions mentionn
sont de femmes mariées à dis soldats anglais ,
et m conséquence déjà rejetées ou pour m dire excommuniées par les leurs. Ainsi,à Buxar, on parle d'une convertie de l'archidiacre Corrie, veuve d'un sergent (tome II, p. 99k ■ et un peu après, dans la même fille, en cite une autre, aussi femme sf un serif nt, baptisée par M. l'aimer {Ibid.j. Dans une station militaire, un peu plus avant, on parle de quelques autres chrétiens , m lis loua enfants et femmes (p. 338) de la même classe, comme on le \erra clairement parla suite : c'est-à-dire, épouses et enfantl d'Européens. Dans la ville de Ilénarès, qui renferme une population de 582,000 habita cet évéq ue confirma quatorze naturels p.'Àiïl). il fait monter à cent le nombre total des convertis, y compris ceux qui n'étaient \ as confirmés. \\u fort de Cbumor, où avait résidé pendant nombre d'années l'archidiacre tant vanle, il en confirma 57 p. k08). De maniera que, dans ces deux endroits, il trouva 71 personnes à confirmer. Mais lui-même nous fait savoir que celles de Chumor étaient la plupari, comme aussi celll S de Bénarèe, femmes et veuves de soldats. A Agra, nous avons, i!itil, une petite congrégation de chrétiens naturels qui parait montera vingt individus, nouveaux prosélytes de Corne (tome II , p. 339) ; mais il fautobserver que, parla suite, on nous désigne les naturels converti- dans ces lieux comme descendante d'Européens (p. 3i2 .
Jusqu'ici on ne parle donc pas de conversions de naturels proprement dits : il J I pourtant des passages qui semblent en fournir des exemples, [/extrait suivant, fait avec la plus scrupuleuse exactitude, fera voir combien ils sont peu nombreux. A la page 10 du second volume, on fait mention de deux convertis. A la page 257 il est écrit : ("est le Ir.'isième ou quatrième chréti en dont j'aie entendu parler dans le pays des r • \ Meerul. il rassembla un auditoire de 20 chrétiens, parmi lesquels il faut compter les | ri sonnes de sa suite et les deux convertis mention ués à la page 10 Ibid., p. 880 .
Bref, arrive a Rahmatgunge, entre Cawnpore et Luknow, il écrivit à .M. f.holmoiulel v, que jusque-là il avait confirmé 80 naturels (tome. III. />• 320 . au nombre desquels toutefois, comme nous l'avons vu, il y a certainement 70 femmes dégradées de leur caste. Je
Ut
STÉRILITÉ DES MISSIONS PROTESTANTES
dis que cela est certain pour elles , puisque j'ai lieu de croire que ceux qu'on appelle naturels convertis (et il faut remarquer que tous ceux qu'il eompte.ne montent pas à 150) sont de la même chisse, c'est-à-dire , issus de familles européennes. En effet , voici ce qu'écrit l'évéque : a Les travaux des missionnaires et des écoles sont bornés en réalité aux épouses des soldats anglais , lesquelles avaient déjà été rejetées de leur caste pour ce mariage, et à quelques musulmans et Indiens que la cucuriosité ou quelques meilleurs motifs amènent aux écoles et aux églises. » N'allez pas croire que de ce passage il faille conclure la conversion au moins de ces quelques Indiens; non, car il continue : Le nombre de ces hommes qui « cherchent la vérité » me parait être considérable et aller toujours en augmentant. Mais il faut que je l'avoue: pour des conversions actuelles, excepté celles des femmes des soldats, je n'en ai rencontré qu'un bien petit nombre, et ce petit nombre de conversions , je les crois toutes l'œuvre de l'archidiacre (tom. l,p. 395). Dans une autre lettre a M. Charles W. W. Wynn, il donne le même résultat; mais après ce que j'ai rapporté on ne peut douter que ce nombre dont il fait mention ne soit de beaucoup exagéré. «Le nombre des naturels chrétiens qui sont membres de l'Eglise anglicane
en cette présidence (de Bengale) n'excède
pas le nombre de 500 adultes, dont une grande partie consiste en épouses de soldats européens (tom. III, p. 338). •
Si nous voulons des aveux plus généraux de cet évêque , il ne sera pas difficile de les trouver. Par exemple, vers la fin de cette interminable visite, après une conférence avec un certain imposteur indien appelé Swaaméc Narain, il s'écrie : Que de temps devra s'écouler , avant qu'un chrétien enseignant ]>uisse espérer d'être aimé et honoré de l'a sorte! mais à coup sûr, un ministre chrétien peut trouver quelque encouragement dans le succès d'hommes comme celui-là Car on peut certainement espérer qu'avec la bénédiction divine, il viendra un temps où nos efforts pourront obtenir aussi leurs fruits; cl notre Eglise, a jusqu'ici absolument stérile,» pourra habiter, comme une mère joyeuse, au milieu de ses enfants (1). Dans la lettre à M. Cholmondelcy déjà citée, nous avons encore le même aveu. A l'égard de la conversion des naturels, tm commencement a eu lieu: ce n'est encore qu'un commencement , mais , je le crois , il promet beaucoup. Nous voici au refrain ordinaire de ces messieurs : les promesses et les espérances; et après avoir ainsi montré combien elles sont peu fondées sur l'expérience du passé, j ' donnerai un exemple qui fera comprendre d après quels légers motifs on conçoit ces espérances. Dans le cours de sa visite, quelqu'un chercha à conférer avec M. Corrie. « Ce n'est pas , dit l'évêquo , le seul indice que j'aie rencontré dans les environs, de personnes qui
(1) Tom. in p. 36. Voy. aussi loin. Il , p. 14. « Maintenant es musulmans font do n .nil)] eux prosélytes. Dans peu de teu.ps peul-elre le chrisUanimie aura-t-il sa part dans la moisson.» '
paraissent ne pas être opposées aux recherches sur les matièresreligicuscs (l.\,p. 288). » Mais le passage suivant, tiré de son journal, rendra manifeste que lui-même était persuadé de la futilité de ces espérances. M. Corrie a dit aujourd'hui que toutes les grandes pagodes, entre ce lieu et Calcutta, ont été fondées et reconstruites de son temps. J'avoue que ce fait nous découvre dans les Indiens peu d'inclination à recevoir une nouvelle religion. De fuit, excepté dans nos écoles, on n'en voit aucun indice (Ibid., p. 110). Quant à ces écoles , je dois en parler plus tard d'une manière plus étendue.
Ceci suffit pour donner un démenti à ceux qui prétendent que l'Eglise anglicane s'est accrue et a prospéré parmi les naturels de l'Inde supérieure pendant ces dernières années. J'ajouterai seulement que l'évéque Héber fait observer que, hors Calcutta et ses environs, il n'y a actuellement aucune secte (il parle uniquement des religions protestantes) qui mérite d'être mentionnée, si ce n'est l'Eglise anglicane (1). Si tel est donc l'état de cette dernière, que dira-t-on des autres?
Mais l'objet de la jactance des prolestants n'est pas tant dans ces provinces que dans les plus méridionales , où fut le théâtre des fatigues du fameux Schwarlz, cité déjà plusieurs fois. M. Robinson, chapelain de l'évéque Héber, nous raconta que le prélat avait coutume de dire, en parlant de ces contrées : C'est ici que réside la force de la cause chrétienne dans l'Inde : puis il ajoutait que dans toute l'Inde, il n'avait point vu le christianisme dans un état aussi florissant qu'à Tanjor (2). Il sera peut-être difficile de découvrir la vérité par rapport à l'état de ces missions, qui comprennent les provinces ou districts de Tranquebar, Trichinopolis , Tanjor et Travancore; car les données que nous en avons sont manifestement exagérées. En démontrant cette assertion, je ferai voir que ces missions sont plutôt dans un état de décatdence et de dépérissement que de progrès, et que si un jour elles acquirent un certain éclat, il dépendait entièrement des talents personnels du directeur, et du contours des circonstances politiques.
En écrivant à M. Wynn, l'évéque Héber parle de cette Eglise en ces termes : Vous êtes certainement informé du nombre très-considérable (40,000, je crois) de chrétiens protestants de cette présidence, enfants spirituels de Sehivarlz et de sis successeurs. Cette lettre est en date du 21 mars 1826, Nous en avons une autre adressée à M. Wilmot Horion, écrite onze jours après, c'est-à-dire au commencement d'avril ; or écoulez quelle correction Tévêque croit devoir faire dans le nombre , tel qu'il l'avait cru et donné auparavant. Le nombre (des convertis) croît chaque jour, et il y a dans les parties méridionales de l'Inde environ 200 congrégations protestantes, nombre que l'on a vaguement porté en certaines occasions jusqu'à 40,000 , âmes. Pour moi je
(1) Lettre a M. Tliornlon, 12 mai 1825, t. Ul, p. 377.
(2) Report ol'P. C K. soc. Lond., 1827, p. 2S
M MiiNVIUATION
doute qu'il arrive à 15,000; mait toutefoie, ce nombre e$t encore grand /'. '«'i'1 , Et moi aii^si je croli el n'hésite pu beaucoup à dire qu'il esl trop grand.
i;i d'abord, je fais observer que cet éréque, dam l.i page même qui rient d'être citée, élère le nombre dea prosélytes de»Schwarti à $ept mille dans le court «les cinquante années que dura sa mission. Mais je ferai Noir
bientôt qu'après sa mort ses missions ont toujours été en décroissant; comment donc
pourra-t-ou concilier ces données, qui se repoussent ?
Secondement, voyons dans quel état l'érêque trouva les missions où le même Schwartz travailla en personne pendant bien des années : si nous y trouvons un nombre de chrétiens assez médiocre, nous pourrons justement conclure que ce nombre doit être beaucoup moindre dans les pays qu'il fréquentait plus rarement, sans y laisser ensuite de pasteurs. A Pâques de l'année 1820, l'évèquc visita l'église de Tanjor, où mourut et où fut enseveli l'apôtre de ces missions. Le nombre des communiants fui trouvé s'élever à cinquante-sept (tj 1 l'our la première fois depuis plusieurs années, il y administra la confirmation : le nombre de ceux qui se présenlèrent fut environ le même, c'est-à-dire cinquante (2).
II passa à Trichinopolis , autre église de la même fondation : il y trouva onze naturels à confirmer (3). Mais ensuite, «après la cérémonie, monseigneur examina l'église, et manifesta sa peine de la trouver dans un état de dépérissement, comme aussi de voir la mission dans une semblable misère (k). » Ce jour fut le dernier de sa vie. Trois heures après celte "visite, il tomba mort dans le bain, frappé d'apoplexie.
Un tel événement interrompit la visite et par conséquent les détails qui en seraient résultés. Mais ab uno disce omnes. Si les missions de Schwarlz sont dans un état si misérable , si déjà les églises commencent à y tomber en ruines, que dirons-nous des autres qui sont plus éloignées et qui forment les 200 paroisses protestantes ? paroisses dont j'ai de puissants motifs pour révoquer en doute l'existence, et parce que tous les auteurs que j'ai consultés gardent le silence sur ce point, et parce que ce nombre fut confondu par l'évëque avec les 40,000 âmes dont elles se composent, nombre que lui-même rétracta plus tard.
(1) Letlre du missionnaire KoblofJF, Journal, t. III, pag. 49 j. Ce missionnaire , admirateur enthousiaste de l'évoque, l'ut présent el paraît marne avoir officié en cette circonstance. Il n'est donc pas croyable qu'il ait diminue le nombre des sujets de son pasteur. Mais l'évènua nous donne un nombre exagéré, tant pour les communiants que pour les confirmés; car il affirme dans une de ses lettres, qu'il lit communier 200 naturels , et que la même jour de raques il en confirma 60 (lbid. , p. 154). Kohloff nous dit que celle cérémonie eut lieu le jour d'après; d'où \\ résulte évidemment que la mémoire de l'évèque se trouve ici en défaut.
(>) [liid., p. 198.
(3) Pag. 199. Le chapelain de l'évèque, le révérend T. Roblnson les laii montera quinse. Report oïl', i M. sur. Lond., 1837, p. 14.
fi) lbid.
8VANGÉUQUI 1M
G m sera pas, jt - >rlir du sujet que
«le rapporter quelque exemple qui démonlt e combien petites sont ces congrégations dont les missionnaires font tant de bruit, combien
peu elles sont en progrès, et en quel d de prospérité on doit les considère!
exemple , je- le tuerai du rapport détaillé delà mission de Tanjor, qui nous a été signalée comme la plus florissante de tout qn ont le. protestants dans l'Inde. Ce rapport, auquel ont souscrit les missionnaires Kohloff et Sperschneider, contient 1 1 des* ription de douze congrégations de naturels, pendant U s années 1H2(>-I82'i inclusivement. II faut remarquer que chacune de <es congrégation*, comprend de cinq à douze villages, d> mère que nous avons ici un tableau de la condition de 111 \ ill .
Or, dans tous ces villages, je trouve qu\ u 182.'J, le total des chrétiens montai!
c'est-à-dire à un peu plus de douze pai droit : et ces missions furent ouvertes de ITJ'i à 17V*. Mais on ire peut dire qu'elles soi nt en voie de progrès, comme on le voit j, qui suit. Il esl vrai qu en 1820, le nombre d'âmes ne surpassait pas, dit-on, 1305, de sorte qu'au premier aspect il semblerait que, dans l'espace de quatre ans, il y aurait eu une augmentation de 83, différence des deux nombres cités 1305 et 1388. Mais dans le dépouillement des registres de morts el de baptêmes de toutes ces paroisses, je trouve que le nombre des naissances surpasse celui des morts, pendant cet intervalle, de 7ians(l) : d'où il résulte clairement que l'on devra diminuer d'autant l'augmentation rapportée plus haut. Le véritable accroissement des congrégations existant en ces cent onze hameaux, dans l'espace de quatre années, n'a été que de neuf individus; et c'est précisément le nombre que les missionnaires nous donnent, à un autre endroit, comme étant celui des païens baptisés pendant tout cet intervalle 2 .
Pour nous résumer, on a vu que presque cent ans après sa fondation , celte mission , dans cent onze villages, mis au rang des Eglises les plus florissantes que les protestants aient jamais eues et aient encore maintenant dans l'Inde, a pu compter 1388 chrétiens, le nombre des naissances surpassant celui des morts dans la proportion de trois à deux : et que l'augmentation , par le moyen de nouvelles conversions, est de neuf en quatre ans 1
Je demande si des missions de ce genre sont dans un étal de prospérité ou de décadence : vu qu'il doit être constant et certain qu'au commencement les conversions devaient s'opérer avec plus de rapidité: car autrement, elles ne seraient jamais parvenue-au nombre que l'on trouve aujourd'hui. Aussi les visiteurs cites plus haut, Kohloll et Sperschneider , écrivent que le nombre
i e nombre des morts fui de 148, celui des enfants baptisés de 223. Report of 1*. C. K. - i
i na.
u lbid., c'est-à-dire, en Ift30, dois; en t: Nil. .-. i; en I8±3, quatre, In celte même année l- cite encore trois catholiques qui aposusièrenu
STERILITE DES MISSIONS PROTESTANTES
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de païens et de catholiques qui se sont joints aux congrégations dans l'espace de ces quatre années est vraiment petit; mais que, vu les difficultés et les désavantages qu'ont à éprouver les chrétiens de ces contrées, c'est un accroissement qui mérite attention {Ib., p. 103).
II paraît encore que les visiteurs ne se trouvèrent que peu satisfaits de l'état intérieur de beaucoup de ces églises ; car ils se plaignent qu'à Vatistergood, les enfants sont mal instruits , et que tant qu'on n'en prendra pas plus de soin , l'espérance d'avoir des chrétiens dignes de leur profession sera vaine (p. 105). Ainsi, parmi ces chrétiens, on trouve souvent la bigamie (p. 104) ; à Serfajeerasahpooram les chrétiens se laissent amener à l'observance des pratiques païennes (p. 100) ; a Manickramam , les chrétiens sont les plus arriérés par rapport aux connaissances religieuses , et sont plongés dans une profonde ignorance (Ibid.) ; à Tarasaram ils sont négligents à l'excès à s'assembler pour Je culte divin, tellement qu'on trouva nécessaire d excommunier une famille entière et plusieurs autres personnes, pour conduite scandaleuse (p. 108); à Kawastalam, il y eut divers exemples de semblables transgressions qui ont rendu nécessaire la même mesure de rigueur (Ibid.).
Tels sont les renseignements fournis par les missionnaires sur une portion considérable des florissantes congrégations tant vantées de Tanjor; on pourra d'après elles raisonner par analogie sur les autres.
Déjà , en parlant de l'histoire des missions particulières, il faut se rappeler que j'ai rapporté les témoignages des missionnaires sur l'état déplorable des missions de Tranquebar eldeTravancore, appelées les antiques et vénérables missions sur la côte de C oromandel ; Je veux les appuyer encore de l'autorité de l'évcque dont j'ai parlé plus haut. Ces missions, écrit-il, sont dans un état tel, qu'elles exigent beaucoup de secours cl de réparations. Les revenus, qui étaient considérables , ont été malheureusement dilapidés depuis le temps de Schwartz... et quoique je trouve beaucoup de piété et de bonne volonté, je désirerais encore les voir avancer avec un peu plus d'énergie [T. III, p. 455).
Je pourrais ajouter encore bien d'autres choses, tirées des aveux du même évêque sur les dissensions produites par le mélange de sentiments peu chrétiens dans les différentes portions du troupeau, et par la conduite tyrannique et fanatique des pasteurs (1); mais ce que j'ai rapporté jusqu'ici prouvera ce que j'ai avancé: que le nombre de ces congrégations est manifestement exagéré, et qu'elles sont dans un état de décadence.
Ayant tant parlé de Schwartz , je ne puis m'ompêcher de faire connaître les avantages singuliers dont il a joui, par une heureuse combinaison de circonstances politiques. Cet homme eut le hasard d'obtenir la faveur et la protection du raja , ou roi de Tanjor. Il de-
vint en quelque sorte son agent diplomatique; deux fois il sauva le fort de Tanjor; en différentes occasions il exigea, pour le gouvernement anglais, le tribut des provinces révoltées, et souvent il joua le rôle de médiateur entre ce même gouvernement et les princes du pays. Au moment de mourir, le raja le laissa tuteur de son neveu et successeur, qui est le roi actuellement régnant, Maha-Raja-Sarbogi, dont il avait dirigé l'éducation sans cependant le convertir. Telle était l'influence que le missionnaire avait acquise, que, comme on le raconte, le peuple crut trouver en lui un être plus quemortel (1). Il n'y aurait eu rien de merveilleux si, avec ces avantages, il eût opéré un bien plus grand nombre de conversions, d'autant plus que le roi païen lui-même le poussait à cette œuvre, en disante/u'î'/ attaquerait par tous lesmoyens possibles la religion de ses brigands de sujets , et qu'il essaierait d'en faire, s'il était possible, une nation industrieuse et honnête [Buchannn, p. 77).
Et cependant , il me semble qu'il y a de puissants motifs pour croire que ses succès si exagérés ont eu lieu moins parmi les naturels, que parmi les familles de caste mélangée, c'est-à-dire, parmi les descendants d'Européens ou les femmes mariées à des Européens. Voici le tableau de sa mission, donné par un de ses disciples : combien il est plus modesle que les panégyriques des auteurs que j'ai cités ! « Schwartz, disait-il, tenait avec Kohloff et Jœnike pour les enfants de caste mélangée une école éloignée d'un mille et demi de Tanjor, et chaque soir il allait à l'église de cette ville pour faire l'office à soixante ou soixante-dix soldats, et ensuite à leurs femmes et à leurs enfants, en portugais » {Martyn,p. 326).
Ce serait assez de ce que j'ai rapporté jusqu'ici pour démentir les prétendus progrès du protestantisme dans les Indes orientales ; mais il y a un autre genre de documents officiels non moins propre à démontrer que ces progrès se réduisent, après tout, aux espérances d'usage pour l'avenir. Je veux parler des rapports delà Société destinée à l'a propagation de l'Evangile dans les pays étrangers; je me bornerai à ceux de 1827 et de 1828, comme étant les plus récents.
Je pourrais en général affirmer que , du commencement à Lf fin, on ne p-arle jamais de conversions ; mais je transcrirai quelques passages du premier, pour confirmer d'une manière plus précise ce que j'avançais il y a un instant. Les actions des missionnaires dr cette société sont en harmonie avec les espérances qu'on avait conçues dans le dernier rapport. L'évéqne visita tliinsurah, et resta pleinement s-atis fait delà cHligencede M. Marton et de l'aspect encourageant des choses. « On a reçu des nouvelles encourageantes des efforts et des espérances de M. Christian à Baghulpor (2). » Maïs voyons à quoi se réduit tout ceci , en citant un autre passage, qui fait
(I) Il suffit pour eela de lire sen rapport sur ces particularité», p. iil et smv.
(1) Martyn, ubi supra, p. 327. Buehanan, f>. 79.
(2) Report of. S. P. G. Lond., 1827, pp. «1, 52.
DEM<>\ rRATION
voir le pende Bruit qu'ont rapporté toutes les missions anglicanes dans l'Inde, même à\ l'épiscopat de Héber. C'est < a que renferme l'extrait suivant d'une lettre du professeur Craven. Qw jusqu'ici, par rapport aux conversions, nous n'ayons rien l'ait qui pui satisfaire un tilt illimité qui ne voit eue l'objet et M tant nul compte des obstacles, c'est Ce qui ne saurait causer d'ctoii nciiient à la §0-
eiétéquefui l'honneur de servir. Mais tout ce
?hi tst possible avec lu bénédiction divine, on e tente (is allempled) maintenant, et c'est un des missionnaires de le société qui le tente ,c est
M. Christian [p. M ,
Lo rapport de l'année suivante, 1K2S, g prime d'une manière non moins décisive.
Parlant de la perle qu'eut à souffrir la mission indienne par la mort du même Christian, il dit que le peuple montagnard qu'il avait commencé à prêcher, présentait nue circonstance favorable qu'on ne trouve pas dans le reste de l'Inde: c'est V absence des distinction* de caste, préjugé qu'ont jusqu'ici trouvé insurmontable tous les efforts des plus zélés et (1rs plus ardents d'entre les missionnaires (1). Ces passages suffisent pour démontrer combien il y a peu à se glorifier : je pourrais en ajouter d'autres de la même force si l'abondance des matières qui me restent à traiter me le permettait.
■1 Voyons maintenant ce qu'ont fait les anabaptistes dans le même territoire.
C'est la secte qui travaille plus que toutes les autres à la traduction de la Bible en tant de dialectes indiens, dans sa grande fabrique de versions à Sérampore. Us se sont vantés en Europe de conversions innombrables ; mais voyons le fait. Parmi les adversaires de M. l'abbé Dubois, dans la controverse ci-dessus rapportée, se trouva M. Henri Townley, missionnaire anabaptiste dans le Bengale, et précisément membre de la Société de Sérampore. 11 nous fera donc sans doute connaître les triomphes de sa religion, et peut-être de quelque autre socle , beaucoup mieux que ne l'a fait M. Hough pour l'église anglicane. « Mon objet, écrit-il, n'est pas tant de calculer le nombre des convertis sut la sincérité desqueU on peuteompter, que de démontrer par mon observation, que l'œuvre de la conversion est actuellement commencée dansl'Inde. » (Vous vous rappellerez, messieurs, qu'il écrit plus de vingtans après la fondation des missions.) J'ai nommé trois familles au moins, de la vraie conversion desquelles je puis parler avec quelque confiance. Le beau résultat! après tant d'années on peut donc dire que l'on commence ; la preu\e consiste en trois conversions, qui même ne paraissent pas bien assuré"S. Mais le passage suivant est encore plus décisif. Quand je quittai le Bengale en J.S2.5, il ij uvait un Indien, sur lequel les missionnaires de Calcul ta avaient des espéram il aeail V' ritabli ment de droites intentions en cherchant àétre admis dans l'Eglise chrétienne. Ces espérances mit été confirmées par la suite, et il a été baptisé.
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l ndres a obtenu la première conte*
On peut ij uler que la Société de l'Eylisi anglicane cueii U %em premier fruit a Burdevan, aprêt gut la foi <t la patience det missionnaires eurent cées pendant uni période d'égale durée [British ( rit, .1 m. 18» .
Voici dont . en raccourci , L'histoire dei trois religions qui s'occupent de missions: — Toutes, dans l'espai e de -■ pt asiaées , oal produit chacune une conversion. C'est donc
avec raison qu'un journal, même protestant, se déchaîne avec indignation contre messieurs. .1/ // iqh et Tliou-nley ,
dit-il, avouent qu'on a fait eeultmemt dix ou
douze conversions, Mais Ut-C4 le lanqaqe de
M. Tovmley dans lee sermons qu'il va réciter avec tant de jouissance dans toutes les villes du royaume ? Est-ce le langage de M. J'arsons qui a fait des harangues à toutes les aliées des missions f Certainement, aucun de leurs auiliteurs n'a entendu la chose en ce si us t H/id.)*
Ce témoignage très-convaincant e~t amplement confirmé par des preuves tirées d'autre sources. En l.Si*-'i, .M. Waredi C mil . écrivit au fameux brame Ram-Mohun-1 bien connu des admirateurs de la littérature indienne. Parmi les questions sur les missions qui formaient le sujet delà lettre, i n trouvait la suivante : Quel est le véritable sucés des grands efforts qui ont été faits pour convertir les naturels de l'Inde au thristiemiême? La réponse de ce savant, en date du 1 février 182V, fut publiée à Calcutta même dans un ouvrage du révérend M. Adauis, ecclésiastique prolestant. L'extrait suivant renferme la solution de l'information indiquée. C'est un point bien délicat que de répondre à cette question, attendu que les missionnaires anabaptistes de Sérampore ont résolu de dt tir formellement quiconque osera exprimer le moindre doute sur le succès de leurs travaux ; et même, en diverses occasions, ils ont donné à entendre au public que leurs prosélytes étaient non seulement nombreux, tuais encore de bonne conduite. Mais les jeunes • - ^ires anabaptistes de Calcutta, quoiqu'ils ne le cèdent à aucune autre classe de missionnaires datis l'Inde, nien talents, ni en connaissances, ni en zèle pour la cause du christianisme, ont la sine, rite de confesser publiquement que le total de leurs prosélytes, après six ans d'un pénible travail, n'excède pas le nombre de quatre. Les missionnaires indépendants de cette ville , qui ont encore p'us de moyens que les anabaptistes, avouait uvic candeur que leurs efforts comme m seionnairee, n'ont produit, pendant l'espace de sept années , qu'un seul prosé~ lyte (1).
(1) Report of. S. P. G. for. 1828. Lond., 1829, p. 49. (I) Nouveau Journil tsisl , t il, p.58.
MO
STERILITE DES MISSIONS, PROTESTANTES
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Si tel est le succès qu'ont obtenu les missions de cette secte dans les Indes anglaises, il ne sera certainement pas plus brillant dans les royaumes indépendants. Nous en avons une preuve dans la mission des anabaptistes américains à l'empire Birman, qui comprend les royaumes d'Ava et de Ségu. Cette mission fut ouverte par deux personnes: par M. Judson, homme de talent et de savoir, et par sa femme. Ils reçurent ensuite l'aide de M. Hough et autres, avec des presses, des caractères birmans et tout l'appareil nécessaire d'une mission prolestante. C'est dans son histoire, écrite par madame Judson, que je prendrai les résultats suivants. Dans les six premières années on ne put parvenir à opérer une conversion. Après cet espace, elle écrivit que « maintenant ils avaient à communiquer une joyeuse nouvelle : un Birman avait embrassé la religion chrétienne, et donné de bonnes preuves qu'il était un vrai disciple du cher Rédempteur. » Après son baptême, cet homme , qui était dans la misère, en amena un autre qui fut baptisé avec un compagnon de la même classe. Une quatrième conversion compléta le résultat obtenu dans l'espace de dix années, après lesquelles la mission fut suspendue ou supprimée (1).
Je résumerai l'histoire des missions anabaptistes en Orient, par les paroles d'un autre journal protestant et toujours favorable aux missions. Nous l'avouerons, nous doutons fort que la méthode suivie par les missionnaires anabaptistes soit la véritable voie qui conduise à l'objet désiré. Si nous devons en juger parle résultat, la conclusion nécessaire sera qu'ils ne la suivent pas (2).
3. Après avoir démontré le succès totalement nul des trois sectes principales considérées l'une après l'autre, dans leurs tentatives pour propager la religion prolestante dans l'Asie orientale, je donnerai quelques preuves applicables à toutes ensemble. En 1822, M. Whitc publia à Edimbourg un ouvrage intitulé : Considérations sur l'état de l'Inde britannique ; l'auteur est bien informé: or, à la page 42 on lit ce qui suit : Les conversions extraordinaires annoncées par le Quarlerly Review ( c'est précisément le journal que j'ai cité comme partisan des missions) peuvent avoir eu lieu, mais elles ne sont pas connues en Orient. Les individus qui ont embrassé (a religion chrétienne , sont pour la plupart considérés comme des personnes chassées de leurs castes pour leurs délits, et attirées à une nouvelle religion par une morale moins sévère.
Dans la même année, un ouvrage périodique, la Revue mensuelle, parle ainsi qu'il suit du fruit recueilli par les missionnaires dans l'Inde : C'est un fait qui causera peu de plaisir à ceux qui espèrent avec confiance la conversion de V Hindous tan ; mais on ne doit pas le dissimuler, jusqu'à ce jour le christianisme a fait peu ou point de véritables progrès parmi ce peuple. Voici tantôt trente ans passés que les mis-
I) t»uarlerly Review-, décemh., 1825, p. 53 i)1Uht., p. -2X
sionnaires ont mis la main a l'œuvre, etonpeut affirmer en assurance qu'il n'y a pas eu plus de 300 conversions durant ce long intervalle ; et encore est-il douteux qu'entre les nouveaux convertis on puisse compter un seul brame ou rajaput (1).
Enfin le Journal asiatique de Londres, fév. 1825, à la page 58, déclare que dans l'état actuel des Indiens, les difficultés qui s'opposent au progrès du christianisme sont tout à fait insurmontables. Il n'y a pas la moindre raison de croire que les douces et simples vérités du christianisme les feront rtnoncer à leurs erreurs.
Je puis donc conclure avec certitude que, dans ces contrées, les missions des différentes sectes protestantes ont été tout à fait paralysées ; telle a été aussi leur destinée dans les autres parties du monde.
En effet, si nous passons de l'Inde aux terres voisines de l'Australie et précisément à New-South-Wales, nous trouvons le même résultat. L'histoire de celle mission est courte; je l'exposerai dans les mêmes termes que le rapport officiel. L'archidiacre (Scott) s'est engagé, avec la sanction du gouvernement , à découvrir les moyens de civiliser et d'instruire le reste des naturels de l'Australie : jusqu'ici toutefois la tentative n'a pas réussi (2). Mais passons à l'Amérique.
h. L'Histoire de la propagation du christianisme , de Brown, consacre son quatrième chapitre aux tentatives faites pour la conversion des sauvages de l'Amérique septentrionale. Pour ne pas encourir le reproche d'un jugement précipité, je donnerai le résultat de ses rechi relies dans les termes d'un auteur anglais et protestant.
Celte histoire est le récit d'une série de mauvais succès qu'on avait d'autant mains lieu d'attendre, que les circonstances semblaient indiquer parmi ces peuples une disposition particulière pour l'Evangile. Généralement ils croient ù l'unité et à la spiritualité de l'Etre suprême; ils ne sont point idolâtres ; leur religion est pure de tout rit obscène et sanquinaire. Il semblerait que, pour ce peuple, le christianisme devrait être un présent agréable : et en effet, les missionnaires ont été presque toujours bien accueillis et écoutés avec attention et respect : tellement que les premières apparences promettaient l'établissement permanent de la religion. Toutes ces espérances, sans en excepter une, ont été trompeuses (3).
Mais il est juste que j'expose des notions plus détaillées. A peine la Société destinée à la propagation du christianisme dans les pays étrangers ful-elle organisée, qu'elle dépêcha un missionnaire a South -Caroline pour convertir les Yammossées; on convient que celte mission fut entièrement infructueuse. Vers la même époque, l'archevêque Tcnnison présenta à la société, par ordre de la reine Anne, un mémoire du comte de Bel- •amont, gouverneur de New-York, afin d'ob-
n Mon th. Review, 1822, p. 223.
2) Report of l\ C. K. Suc. I.o,i(l., 1828, p. 34.
3) Mont b. Review. 1817, p. 1(3
DEMONSTRATION BVANCÉI IQ1 I
• uir quelque missionnaire <| u i pût instruire lei cinq nations indieonei qui i upaienl le voisinage Le motif qu'on allé— guail [mur taire ressortir l»- besoin qu'on en a \ .i i i , était que ces Indiens te trouvaient aetuell menl entre les maint de quelques missionnaires français, et notamment «les pères jésuites. i;u nu'», on envoya le missionnaire Rloore : si mission eut une issue également infructueuse, et les prolestants se consolent toujours de ce mauvais sut i es i d l'attribuant '< l'influencé de» prélret fronçait, qui empêchèrent le» Indien» de recevoir le missionnaire. Quelquet-un» de ce» prêtre» ( ') ce qu'il» disent), pour servir leur» desst contre le» Anglais, t'étaient incorporé» aux tribu* indienne», et avaient même pris des noms iroquois, de manière qu'ilsjouissaienl de l'entière confiante ilu peuple, moore t'embarqua pour retourner en Angleterre, mais il périt avec le vaisseau qui le portail (1).
En 1709, quatre chefs de tribu arrivèrent en Angleterre pour ratifier le traité de paix conclu par eux avec le gouverneur de Nevs- York; ils demandèrent avec instance que leur peuple fût instruit dans le christianisme et que l'on envoyât des prédicateurs pour résider parmi eux. M. Andrews, à qui leur langue était déjà familière, fut envoyé et bien accueilli. Les Indiens ayant montré de la répugnance à lire la langue anglaise, les prières et quelques parties des saintes Ecritures furent traduites en langue mohawkiane, par M. Freeman, pasteur hollandais à Schenectady. On crut alors apercevoir un commencement d'amélioration : plusieurs furent baptisés , quelques-uns apprirent à lire et à écrire. Mais on vit encore celte fois le résultat d'habitude. Les Indiens, quelque temps après, retombèrent dans leurs habitudes d'ignorance sauvage, et se moquèrent de toutes les tentatives qu'on fit pour les convertir. En conséquence la Société suspendit cette mission dispendieuse, le 25 mars 1719 (2).
Quelques années après, la mission fut de nouveau ouverte parM.Miln; il sembla pour lors qu'elle allait produire enfin quelque apparence de fruit : retraçons-en donc l'histoire. Les six nations, que l'on connaîtra mieux peut-être sous le nom que leur donnent les Français , dlndiens-iroquois, occupaient a l'époque de ces missions, l'état de New-York, comme je l'ai dit plus haut. Les six tribus qui formaient cette confédération s'appelaient les Mohawks, les Oncidas, les Onondagas, les Tuscaroras,les Cayugas, et les Senekahs. Dans la guerre entre les Américains et les Anglais, I les six nations prirent le parti des Anglais, : excepté les Oncidas et les Tuscaroras, et, en 1770, ils furent complètement défaits par les troupes républicaines. La conséquence fut que l'alliance se rompit et que les Mohawks, toujours fidèles à la nation anglaise, et particulièrement attachés à la famille Johnson,
(M Girisiian Rememb , vol. m, Lond., 13-2;), p. 30-2.
(i) 1*. 3(-»2. Peur l'ordinaire on attribue celle déception aux artifice! d>'s missionnaires catholiques, qui tout. I comme ou Le verra dans la mite, oui su fonder des églises jtables parmi ces sauvages.
émigrèri al en ittu, avec sir J. John-un, du t inioire de la nouvelle république. Sa jesir Georgei III, roulant récompenser leur loyauté, acheta des Indiens mississaguais, -m le Heure Grande, <>n Pusc, dans le i n.uii supérieur, nne belle portion de pays, et \ plaça • i i émigi
luis entré dans ces détails, aûn d'expliquer (011111.0111, après avoir commet l'histoire de ces missions Indiennes dans le territoire de New-York, qui fait maintenant partie des Etats-Unis, il ne doit pas paraître étrange que je la Continue dans le Canada, l.n effet, les .Moii.iv.k-. a peu près 1 unique partie de ces tribus qui reste maintenant sous la domination anglaise, ont concentré sur eus seuls le soin de la S:j. iélé
qui d'abord ouvrit la mission dont nous parlions tout a l'heure en laveur de tout les six nations : cependant quelques-uns de ceux qui restaient des Tuscaroras et autl tribus se sont joints a u\.
Lorsque, dans la gu< n.de l'indépendance leur église fut In rée aui Dammes, ilrent les vases sacrés d'argent qui avaient été donnes par la reine d'Angleterre, Anne; et les missionnaires continuèrent à se sut céder à ilohawk-village , chef-lieu du territoire dont nous avons parle. Voyons donc maintenant l'état de celle église fondée depuis plus de cent ans.
En 1825, le révérend M. Leeming écrit qu'il lient encore la curt de» Indien* mohaïc- /,/ eus sur le fleuve Grande, <( qu'il a beaucoup de plaisir èi rapporter qu'ils sont trè>-uttentifs pendant le temps île l'office sacré. Il a vingt-cinq communiant», et baptise au moins cinquante enfants chaque an \ -, maître
d'école Hess est une bonne pertonne et se ren l très-utile ; rarement il a moin» d* ringt-cinq écoliers (1). Dans la même année, le révérend .M. Stewart, promu ensuite a l'évécbé prolestant de Québec, confirme ce rapport en qualité de visiteur des missions pour la Société. A mon arrivée sur le peuve Grande, écrit-il, dan» le territoire des six nations, je trouvai un nouveau village peuplé d'Anglais , à deux milles de l'église des Mohawt*. Le dimanche, 5 juin, je baptisai douxt enfant», et j'administrai la cène à vingt-quatre communiants ( Jbid.. /*. 23 Mais de plus, il nous apprend que loin d'être en progrès, le christianisme est plutôt dans un état de décadence parmi ces sauvages. lt< village de la tribu Tuscarora (celle qui. comme je l'ai dit. s'était en partie réfugiée crée h s Mohtmi je baptisai ring adulte» et huit enfants. Le bt soin d'un missionnaire et d'un maître d'école s'g fait profondément sentir; car je vais >:■ peine que. par la privation de ces fonctionnaires, la tribu suif une marche rétrograde dans la connaissance tt V exercice desprincichré tiens. Après les Mohawks, ces Indiens étaient anciennement le» plus a nets de toutes ces tribus au cultt public, èi l'usage de notre liturgie, et èi l'instruction de» enfant». Mais ' maintenant, la lumière d< V Evangile vu s'a f-
(!) Report OÏS. P. fi ' en.l . IS2ti, p. 131.
faiblissant parmi eux : elle n'est cependant pas entièrement éteinte, et j'espère qu'avec le secours nécessaire on pourra bientôt la rallumer de manière à la faire briller devant les nations voisines (Report of S. P. G., p. 124).
En l'année 1827 , nous avons une relation semblable du missionnaire Hough, en date du 27 septembre, et écrite au village des Mohawks, où il avait été nommé curé peu auparavant. Après une résidence de quelques mois dans ce lieu, nous dit-il, jai pris connaissance du caractère de la plus grande partie des Indiens qui professent le christianisme. J'espère que beaucoup seront solidement chrétiens ; mais je m'afflige d'avoir à dire qu'il y en a beaucoup trop d'indignes du nom qu'ils portent, étant adonnés à l'ivrognerie au dernier degré; c'est leur péché le plus commun : c'est pour cela que plusieurs sont réduits à l'état le plus misérable... Si l'on eut essayé de civiliser ces Indiens, bien des années auparavant, sur une échelle plus convenable (qu'on se rappelle qu'il y a plus de cent ans que les missions existent chez ces sauvages), c'està-dire, si on leur eût enseigné les arts de. la vie civile dès leur jeunesse, je crois qu'ils formeraient maintenant un corps respectable, et seraient des membres utiles à la société (Idem, Lond., 1828, p. 174). Le même missionnaire en vient à dire ensuite que plus de la moitié de ces Indiens (et en tout ils ne montent pas à deux mille) sont encore plongés dans le paganisme. Et en effet, les missionnaires ont si peu réussi à le déraciner, qu'en 1800, les Mohawks et leurs confédérés, lesOneidas et lesSenekahs, reprirent l'usage qu'ils avaient abandonné pendant trente ans, de sacrifier des chiens blancs à leur divinité.
A l'égard des tribus qui n'émigrèrenl point, je n'ai trouvé que peu de renseignements. La société des missions, de New-York, envoya, il n'y a pas longtemps, un missionnaire au fleuve Génersée, entre les Senkahs et les Tuscaroras : il paraîtrait que ces sauvages se donnaient comme chrétiens, car on nous dit qu'il fut accueilli de tout cœur. Mais l'auteur américain dont je tire ce document, et qui est aussi un ecclésiastique protestant, ajoute qu'on est loin de pouvoir trouver en ce pays quelque trace du christianisme qui y fut prêché autrefois; au contraire, il y a déjà cent ans qu'on ne fait plus usage d'aucun rite pour le mariage; ils vivent ensemble comme les bêtes du désert : de sorte que, dans un village tuscarorais, il n'y a pas même un enfant légitime, pas un couple uni par le mariage (1).
Et pour donner le témoignage plus récent d'un observateur pénétrant, membre zélé de l'Eglise anglicane, un des derniers voyageurs dans l'Amérique-Unic , le capitaine Hall, nous raconte qu'en 1827, il alla pour visiter la première église fondée, ou, pour mieux dire, qu'on ait essayé de fonder, chez les Indiens dans le Canada. Elle consiste en deux cent quinze individus de la tribu des Mississaguais, incivilisés et réduits en colo-
STÉR1LITÉ DES MISSIONS PROTESTANTES. 151
nie par un certain Jones, missionnaire, dont la mère était une Mississaguaise. Mais ici, comme en tant d'autres exemples, il parait qu'on doit attribuer tout l'heureux succès à l'influence de l'individu mentionné ci-dessus, comme le même auteur nous l'avoue. Bien des fois, dit-il, j'eus occasion de parler avec des personnes qui ont fort pratiqué les Indiens; et j'eus le déplaisir de voir qu'on nourrissait peu d'espérance à leur égard sur la possibilité d'améliorer pour toujours la condition de ces misérables. Quand je leur rapportais ce que j'avais vu en ce petit pays, elles me répondaient qu'on ne pouvait nier que le frein de l'éducation, surtout dans les mains de personnes désintéressées et remplies de zèle qui se consacreraient à leur enseigner les arts hivils, pourraient en apparence les amener à un état sensible de civilisation ; mais que, tôt ou tard, on l'a toujours éprouvé, ils retombent dans leur premier état, dès que la main qui les a guidés se retire (1) : paroles qui montrent assez l'absence de tout bon succès jusqu'à ce jour. Et pourtant, combien les protestants ne se sont-ils pas vantés des travaux apostoliques des Brehiard, des Hekelwelder et de cent autres missionnaires chez les Indiens de l'Amérique septentrionale!
Outre les sociélés dont j'ai parlé au commencement et qui ont l'intention de propager le protestantisme dans tout l'univers, il en est d'autres plus particulièrement destinées à la conversion des esclaves, dans les colonies anglaises : nous allons voir maintenant le succès qu'elles ont obtenu. Il existe, par exemple, en Angleterre, depuis nombre d'années, une Société pour la conversion et l'instruction religieuse des esclaves maures. En 1825, à celte société s'en agrégea une autre, formée le 15 septembre 1823, à la Barbade, sous le nom de Association destinée à communiquer l'instruction religieuse aux esclaves (2).
En 1691, le célèbre physicien Robert Boyle légua des biens pour être employés à quelque œuvre de charité : la chancellerie décréta qu'ils seraient consacrés à la conversion des naturels de la Virginie. En 1794, après la séparation des Etats-Unis, ces fonds furent destinés à la conversion des esclaves dans les Indes occidentales. Quel en a été le fruit? En 1823, trente ans après la seconde incorporation et cent trente après sa première fondation, la société qui a jouissance de ces biens publia son rapport. Elle y déclare que son objet est de faire connaître les espérances plutôt que le résultat de ses travaux (3).
Nous avons vu que les protestants font dater la prétendue amélioration de leur religion dans les Indes de la fondation de l'évêcbé anglican de Calcutta; ils veulent aussi qu'un semblable changement ait eu lieu dans les îles américaines, après l'ércc-
(1) The American universal grography Iiv Jed. Morse. D. D. Bosion (en Amériqpe),18l2, t. i, p. 7>ii7.
(1) Travels in Norlh .
1828, l>y c;i|.t. «asil. Hall
America in Ihc years 1827 and
Kdimb., 1829, v. I, p. 2C0 (2) Christian Rememb., \il vol.
(5) Anii-slaverj Reporter, n. i\
\ll vol., Lond., 1825, p. 729.
DÉMONSTRATION l \ i I IQI E.
lion des slégi éniscopanx protestants de la Jain rïque ri de lia larbade. Cs fail eut lit en 1S2V, le 35 juillet : rc lui celle apnée-là que les révérends MM < hristophe Lipscombe i'i Guillaume li.ii i Coleridge furent constitués,à I. imbelh, cvéques de cei nouveaux diocèses, le 29 jan\ 1er 1826 ; celui-ci pan lut à ta destination, l'autre arriva le il février dans la rade de la Jamaïque.
Axant celte époque, il est vrai, il y avait déjà dans ces lies des paroisses bien dol< et fournies de cure- ; 1rs différent) s sociétés des missions, ainsi <jue le gouvernement, y employaient beaucoup d'argent et y envoyaient toujours des ouvriers : notamment l'Ile de la Barbadc jouissait, depuis plus d'un
siècle, d'un collège fondé el dole par un II
du général Codnnglon, avec une renie annuelle de plus de douze mille écus pour l'édncalion du clergé, des hommes de loi et di s
médecins. Mais, nonobstant IOUS ces moyens, quand on fonda les évéchés dont nous parlons, l'espérance que conçurent alors les partisans de ces liassions , leur permit de révéler la vérité à l'égard du passé, et d'avouer que maintenant l'œuvre de la conversion allait réellement commencer. Ainsi s'exprimait, par exemple, M. Campbell, dans (in sermon qu'il lit pour la consécration des sujets nommés, t'instruclion des ( esclaves ) miiures dans le christianisme, quoique jusqu'ici retardée par des obstacles particuliers, pourra maintenant s'effectuer avec une facilité singulière, avec le secours d'une hiérarchie complète et suffisante La plus grande partie des difficultés qu'on rencontre dans les autres parti/s du monde, n'existe pas dans les Indes occidentales. Les Maures africains ne sont pas adonnés à des pratiques d'une haute antiquité, ni aveuglés par des préjugés qui s'opposent aux progrès de la vérité :ils ne sont pas partisans d'un faux prophète, etc. L'esprit du Maure est, relativement parlant , comme une page blanche sur laquelle on peut graver le christianisme. Le travail de celui qui enseignera consistera èi civiliser non moins qu'à convertir, elc. (1).
Un journal ecclésiastique protestant, rendant compte de ce sermon, s'exprime de la même manière. «Ce n'est pas blâmer le clergé actuel des Indes occidentales que de dire que nous fondons profondément nos espérances sur les mesures que l'on commence à prendre maintenant pour le bien spirituel des colonies (2).»
Aprèscctaveu non équivoque, que, par le passé, le clergé anglican n'avait fait que peu de chose on même rien, l'auteur se met à décrire le succès des sectaires protestants dans ces pays : il parle ainsi qu'il suit : Lunique secours qu'on ait fourni jusqu'ici au chrgé des colonies a été volontairement donné par les dissidents ; et tout ce qu'on a tenté de ce côté-là , a, el c'est peu dire encore, manqué complètement. Ils n'ont manifesté
(I) A sermon preachediu Lamheih chapel, on Blinda? KJlulj [8*4, bj A. M. Campbell, l oud. , 18*4, |>. ko. (i) Cliristuu tUmembr., vi vol., I. ad., is-H, p. 592.
aucun* tympathit pc Bstssfsssls iU se
sont présentés comme COadjuteurs, (( Ui ont
port tttt i unité qui (ii(j( irli i I .
prit d'opposition et une religion établie par les loi* ; 1 1 cette i an \ u u r
par l'absence d'éducation civile, a i icité on dégoût nablt pour leur
coopérai*', u . i I i,n examine Uurt rapporté, cette prétention i une grand* importance se fait jour à chaque pae. Si U travail qu'ils ont entreprit xitpas, il leut vient toujours
dons l'esprit que les individus employés peuvent avoir mal fait, et hur conclusion qu'ils ont été ]i h cetti manière,
nous trouvons que, n'a] ant rien effectué dans les Indes occidentales, ils rejettent la tlérilit<: de le i r h i pr pin taires
Christ. Rememb.., p. 5
On s'accorde dont à dire que, jusqu'en 182'», on n'avait nullement fail avancer l'œuvre de la conversion des esclaves, après qu'on s était
Vanté pendant tant d'années de prodiges M ce genre. El depuis relie époque, que s'eeiil opéré de plus? Voyons :
J'ai examiné le rapport publié en 182G par la fraction delà Société pour la promotion connaissances chrétiennes, résidant a la 15 irbade, et je trouve que les travaux des missionnaires s'étaient bornes aux enfants . et qu'on ne parle aucunement de conversions d'adultes [Idem., vol. VIII, p. 43j. Mail 6t nutons le rapport formel de la Société pour la conversion des esclaves, publié la même année. Nous avons appris par M. Campbell que les Maures sont sans préjugés et qu'ils ne présentent aucun obstacle au christianisme, de sorte qu'il promettait une victoire prompte et facile. Voyez maintenant comment le rapport mentionné ci-dessus tient, après I expérience, un langage entièrement opp ■ Ce rapport suffira pour convaincre l'esprit du plus incrédule que ce n'est pas faligue perdue d'inculquer les vérités de la religion èi nos Maures; car, quoique les vieillards, en grande partie, soient plongés trop avant dans le vice ( cor quence nécessaire de l'ignorance de la religit et trop souillés par les préjugés 1 1 ■ ir l'optnâlrelé pour se laisser amener à écouter sérieusement des doctrines qui cosnsnemdesU ce changement de vie indispensable à la prof U du christianisme; cependant, même parmi les adultes, on a opéré quelque bien, i t mm m son abondante s'offre parmi la jeunesse , etc. [Id„ tom. IX. tond. 1827. p. 117).
Cerapport suffit pour le dioi èse de la Barbade : on découvre clairement le même résultat pour celui de la Jamaïque. I. i»> |< \ 1828, la partie de la Société pour la conversion des esclaves résidant en cette lia liai une assemblée, et approuva le rapport présente
par son administration, r.'<st d,> , ,. rapport que j'extrais Le résultai des travaux des missions par eux entreprises. On pourrait demander . après avoir tant fait pour rendre cette institution efficace, et après diux années d'épreuve, guets effets a produits noir* S parmi la population maure? Noue, pour répondre. nous demanderons si la connaissance de Dieu est uneb- nédictiou.'.... Si c'en ut une,
STÉRILITÉ DES MISSIONS PROTESTANTES
c'est un privilège d'être un moyen choisi pour faire part aux autres de semblables bénédictions : or, c'est de ce privilège qu'a joui notre société; elle s'est appliquée à cette œuvre , elle a tenté d'enrichir les âmes des Maures, ceux surtout de la génération naissante , de ces vérités qui brillent comme un rayon de soleil dans le sacré volume. Et comme te prix d'une seule âme est plus grand que celui de tout l'univers, il faut nécessairement convenir que quand on a mis 3,000 Je nos semblables en état de pouvoir atteindre ces moyens et de pouvoir jouir de semblables privilèges, c'est un résultat vraiment glorieux, c'est une bénédiction dont l'étendue sera manifestée seulement alors que les trônes seront élevés pour le jugement, et que les morts, grands et petits, se tiendront devant Dieu (1). A eoup sûr, c'est un expédient plein de prudence et d'adresse que de renvoyer au jour du jugement dernier les bons associés qui voudraient savoir le bien qu'on a opéré avec leur argent; mais poursuivons. L'administration est donc assurée qu'un grand bien s'opère et que votre société est une vraie bénédiction , etc. Mais on nous demande encore, Quels faits pouvez-vous apporter en preuve du bien qu'on a effectué ou qu'on est sur le point d'effectuer? L'administration répond que l'on apprend aux jeunes gens à connaître le prix de leurs âmes, et qu'ils commencent à sentir la nature et le mal du péché ;que les parents veillent à l'intérêt spirituel de leursenfanls, etc. (2). Aprèsavoir ainsi enumeré différents avantages (entre lesquels toutefois on n'insinue pas même la conversion d'un seul esclave) produits, dit-on, par cette société, le rapport se rejette sur les espérances d'usage pour l'avenir. Que Von considère ces choses avec justice , que l'on pense que Dieu a dit : Ma parole ne reviendra pas à moi sans fruit, etc. , et puis nous demanderons si l'on peut supposer que la parole de Dieu, répandue en plus de cinquante endroits, retournera sans effet et qu'elle n'accomplira pas les desseins de sa miséricorde ? Peut-on supposer qu'elle tombera infructueuse sur tout cœur? à Dieu ne plaise! Ce pourrait être l'opinion de ceux qui ne croient pus aux promesses divines; mais celui qui croit à la rè relation sera certain que l'Écriture doit s'accomplir (3).
Pourrait-on jamais concevoir un rapport où , malgré toutes les ruses d'un charlatanisme si décidé, on découvre plus clairement la malheureuse issue de l'entreprise dont on parle? Mais j'ai présenté encore le rapport qui concerne la partie la plus florissante de ce diocèse : le renseignement suivant, extrait du rapport d'une société des missions en 1829, rendra certain de ce qui est : « On ne le peut nier : il y reste encore [dans les deux diocèiet ci-dessus mentionnés) beaucoup d'obstacles A vaincre ; les préjugés et la crainte des
( I ) RepoH of tlio S. Thomas In the East brandi-association "i Lhe incuruoraled society for the conversion :md religions instruction and éducation ol'Nearo slaves. l*'or lhe year 1827. Lond. 1*28, p. 14,
(2) Rnd., pag. I».
31 lbid., pag. 17.
propriétaires, les dissensions politiques, Vabsenee d'un nombre suffisant d'ouvriers et de moyens pour leur entretien (1), suscitent des difficultés sérieuses dans la prédication effective de l'Evangile. A la Jamaïque, les écoles pour les esclaves sont jusqu'ici bornées aux villes principales, excepté dans la paroisse S. Thomas (c'est précisément celle dont parlait le rapport qu'on vient de citer); et même l'instruction orale a été empêchée, en beaucoup d'occasions , parce que les propriétaires ont refusé d'admettre les catéchistes sur leurs terres. Mais le terrain gagné auparavant n'est pas perdu (1). » Ce passage fait conclure d'abord que toutes les autres parties du diocèse sont dans un état pire que cette paroisse, dans laquelle on n'a rien opéré, comme je l'ai démontré avec le rapport même ; en second lieu, l'unique avantage jusqu'en 1829 était de n'avoir point perdu ce qu'on avait anciennement gagné.
Si nous descendons à l'Amérique méridionale , le rapport des missions en 1828 avoue qu'elles ont eu peu de succès et qu'elles n'ont fait rien autre chose que de distribuer un petit nombre d'exemplaires de la Bible (2).
k. De même les missions dites de la Méditerranée , qui comprennent la côte de Barbarie , l'Egypte , la Syrie et la Grèce, ont éprouvé le sort accoutumé. M. Jowet , un des plus zélés missionnaires, a publié au long le récit de ses travaux et de ceux de divers missionnaires de plusieurs sociétés , de 1815 à 1824. Cet ouvrage forme deux gros volumes, y compris les journaux de MM. Greaves et Connor (3) Après avoir tout parcouru plusieurs fois, je puis affirmer que non seulement on n'y voit pas un exemple de conversion, mais encore qu'on n'y trouve aucun cas de personnes qui aient donné à ces missionnaires l'espérance fondée d'un semblable changement pendant tout cet intervalle.
5. On peut en dire autant à l'égard des missions chez les Kalmoucksdu Volga. En 1705, par une faveur spéciale de l'impératrice Catherine , les frères moraves fondèrent une colonie à Sarepta, sur le fleuve. Pour l'usage de cette colonie ils construisirent des maisons, des moulins, plantèrent des jardins, des vignes et des vergers, élevèrent différentes manufactures, et fondèrent une ville sur le pied de tous leurs établissements. En 1821, celte mission fut visitée par M. Hcnderson, envoyé parla Société biblique en Russie pour fonder des associations semblables dans cet empire. Le résultat qu'il nous présente, après 56 ans, est que leurs travaux n'ont produit aucun Iruit, et que, excepté un petit nombre de filles qui ont donné des preuves encourageantes de l'opération de l'esprit de Dieu dans leurs rimes , ils n'ont pas fait une seule conversion (4).
(1) Report ofP. C. K. soc. Lond. 18211, p. 43.
(2) u vofioiw/, feuille de Bruxelles, 10 décembre 1820. (3; Intitulés; Christian researches in l|ie Mcditorra*
ncan from 1815-1820. Troisième cil. Lond., is.'i. Christian researches in Syria and lhe Ilolv Land in 1823, 1824 Sec. éd Loud., IK2ii.
(4) Biblical researches and iravels in Russla» Lond. 18-2U, p. 411 etsuiv.
DÉMONSTRATION t.\ \.v;i.i.l<il l
Et ponr ne plai revenir am missions de cette iei ic. j'en dirai Ici quelques roots.
Ces frères ion) rraimenl des ^ < ■ i » *> de l'houuélelé la plus intègre à l'égard desautn d'une grande affabilité entre eut. Ils sonl industrie ix, bien ri glés el sobres ; el quand ils renoncent à leurs erreurs el reviennent à la véritable religion, ils en pénètrent facilement toute la beauté et en désirent la perfection. Ils vivent en forme de communauté, s'aidant réciproquement , prenant soin des orphelins et des veuves et se soumettant aux ordres de leurs anciens. Ils passent facilement d'une terre à l'autre, el c'est en cela que consistent
leurs missions ; car en fixant leur <l eure
ei\iles contrées non chrétiennes, ils cherchent plutôt à en attirer les habitants à leur religion par leurs manières agréables et leur industrie civile, qu'à les convertir par les raisonnements et les discours. C'est, ainsi que parfois les peuples voisins, voulant participer a ces avantages, se joignent à eux, et, grossissant ainsi la communauté, sont mis au nombre des prosélytes moraves.
On voit que ces gens ne doivent pas précisément être appelés missionnaires, mais plutôt fondateurs de colonies. Bien que je n'aie recueilli sur ces émigrations qu'un très-petit nombre de renseignements, je puis cependant produire plusieurs exemples qui feront voir que leurs missions ont entièrement disparu, quoiqu'elles fussent une fois bien établies. En 1735 on en fonda dans la Saxe; en 1737, dans la Guinée; en 1738, dans la Géorgie ; en 1739, à Alger, pour les esclaves; en 17W, dans l'île deCcylan; en 1744, en Perse; et en 1752, en Egypte. Maintenant il n'en reste plus la moindre trace. Et d'ailleurs, si nous considérons les autres missions, et même les plus célèbres, dans le Groenland, dans le Labrador, ou au cap de Bonne-Espérance, on verra que le nombre dont ils se font gloire n'excède pas l'augmentation naturelle que les premiers fondateurs ont dû produire à peu près avec leurs familles, depuis l'époque de leur émigration ; et il n'y aura plus lieu de supposer qu'il y a eu un nombre même léger de conversions.
Mais pour revenir heureusement au point d'où celte digression m'a écarté , je crois à propos de produire ici une observation de Klaproth sur la mission de Sarepla , dont il a été parlé; il dit que non seulement cette mission, mais toutes les missions semblables, dans la Russie, ne sont que des spéculations d'intérêt, cl finissent par devenir non des écoles de chrétiens, mais bien des manufactures de toiles (1).
Je ne dois pas omettre non plus la conjecture que font quelques-uns , et entre autres les missionnaires de Sarepla eux-mêmes, sur l'état de métamorphose auquel a été soumise une autre de leurs colonies dans les pa\ s dont je parle. En effet, le chevalier Gamba, consul de France à Tiflis,nous raconte que, près de Sulak.dans le Caucase, on trouve deux villa—
(I) Voyage au moût Caucase et en Géorgie. Taris, 1823, (. I,p. 261.
ges dont h ^ habitante, actif.*, sobres il in I mit iii - habitude» et une religion tout à fait ili/l ' > nations '/m h - • ritou—
rent. 11$ postaient généralement pour des <l<teendants d'un* momies: de
sorti- i/>u /. . Mm (M s :i ipta , •
trente »"> après , envoyèrent \ro\ lus
pourentret m communication avec eua M que a- bruit fût put fondé, toit qu'il tuf fi des ili'ii ou trois générations icouUm depuis l'arrivée de cette colonie pour effacer toute Iran- df leur langue, (!>■ leur origm de leur religion /. tes dépu I i tut
convaincus qu'il n'y avait pu* '/<• ressemblance entre < ux et ces peuplades 1 .
.Non seulement les missions de ces mora- \'-. mais encore toutes les autres, daM la région du Caucase, ont été s.ms effet .En 1808, les missionnain Brunlon et l'.i-
terson en fondèrent une à Karass, protéf par une di\ ision de soldai- cosaques, dans la vue de convertir les Tartares ; mus m. Hesvderson avoue que leur entreprise ni été suivie d'aucun résultat //. hW cl suit.). 11 faut en dire autant de l;i partie de cette i sioo ouverte par M. Blylbe chez les logash, tribu située au fond des vallées au de! i de Vladikavkaa, et qui professe des opine singulières et très-intéressantes. L'empereur Alexandre, quelques années après, supprima cette mission ; ce fut à cette occasion qu'il défendit aussi aux moraves de chercher à faire des prosélytes parmi les Kalmoucks païen-.
6. Après avoir ainsi parcouru les dil missions pour démontrer combien elle- ont été trompées dans leur attente, je citerai des aveux plus généraux des protestants mena -. fauteurs et membres de ces associations, qui, en général, en avouent l'issue totalement nulle dans toutes les parties du monde.
Le premier sera l'illustre M. Bickerseth, secrétaire de la Société des missions de l'Eglise (anglicane). En mai 1823. il vint à York chercher de nouveaux associes, et c'est du discours qu'il y prononça que j'extrais le passage suivant : Pendant lesp ■ dix
premières années, la Société n'eut jamais connaissance d'un seul individu qui soit ]> de l'idolâtrie <it< christianisme York Herald, 31 ma y 1823).
Le second témoignage sera celui des actes mêmes de la Société. Après vingt ans de Ira vaux, le Registre de- missions parle ainsi : In heureux succès, présente! \ isible, n'est en lainetnent pas la marque que nos travaux soient agréables devant Dieu. Nous n'avons encore, dit le Journal de la Société de l'Eglise, après le même intervalle, nous n'avons encore uuciuk bonne preuve à produire. On a obtenu jusqu'ici peu d< succès dans la conversion actuelle des païens [Ch. v Soc. , comme ci-dessus, p. 250 M - le passage suivant est encore plus pathétique. Parlant d'un certain jeune homme qui paraissait convaincu de l.i \crile du christia-
(tl Voyage dans la Russie méridionale el pariiou nient dans les provinces silui ea au delà du Caucise. Pi UOB, i. il, p. 570.
STÉRILITÉ DES MISSIONS PROTESTANTES
IGâ
nisme, sans avoir cependant l'idée de l'embrasser , un missionnaire éerit : Quelqu'un sourira peut-être en voyant ce transport pour si peu de chose; mais le malheureux qui erre après avoir perdu le chemin pendant l'obscurité de la nuit, s'élance aussitôt qu'il aperçoit une lumière éloignée, quelque faible qu'elle soit, et hâte ses pas vers elle. Aussi, au milieu des ténèbres qui nous environnent, nous courons en avant dans la voie que ces exemples d'un succès partiel nous signalent comme étant la véritable; et si ce n'est nous, nos enfants du moins, ou les enfants de nos enfants, pourront peut-être voir un résultat brillant de nos efforts (Ch. miss., p. 550). Je le demande, un ennemi juré des missions pouvait-il leurfaire un plus mauvais compliment ou une plus triste prophétie!
Enfin je terminerai ces témoignages en rapportant le sentiment d'un des journaux que j'ai cités : Nous fermerions cette histoire de la propagation du christianisme [il parle de l'ouvrage de Brown qui a été mentionné) avec quelque mortification et quelque découragement, si nos espérances sur la diffusion de noire religion dépendaient du succès des entreprises qu'on nous décrit dans ces volumes {Mo.n.th. Review, 1817, p. 252): c'est-à-dire des sociétés pour les missions.
'Jiel est, messieurs, le résultat de nos recherches. Ces associations peuvent s'écrier avec vérité :
Quse regio in terris noslri non plena laboris ?
mais de travail seulement; vous les avez entendues convenir, d'elles-mêmes, qu'à les considérer soit en particulier, soit dans leur ensemble, elles n'ont produit aucun fruit, je ne dis pas comparable à leurs revenus énormes et à la multitude des missionnaires qu'elles ont à gage, mais capable d'exciter seulement un peu d'attention.