LETTRE QUATRIEME
Monsieur,
Les exemples que j'ai cités dans ma dernière lettre des inexactitudes commises par vous suffiront, j'ose m'en flatter, pour vous mettre en garde, vous et vos lecteurs, contre une trop grande facilité à croire sans défiance des contes si souvent répétés. Je n'ai plus que quelques réflexions à vous adresser, qui d'ailleurs seront très-courtes.
Dans le cours de votre ouvrage, vous posez en fait qu'il existe un système arrêté d'imposture suivi par le sacerdoce dont je suis membre ; qu'il y a parmi nous un désir de tenir le peuple dans la sujétion, et que nous faisons des efforts constants pour y réussir, en inventant des miracles ou des dogmes, des cérémonies ou des commandements, selon que notre but ou les circonstances le demandent. S'il en était ainsi, nous mériterions bien que la société et le genre humain nous hannissent de la face de la terre. Un examen plus approfondi de ce point important serait pour moi d'un haut intérêt. Car si chacun a le droit de se croire initié à tous les mystères de sa caste, je crois avoir toute raison de penser que je dois être passé maître dans la mienne; en effet j'ai reçu presque toute mon éducation au cœur même et dans l'arsenal qui renferme tous les éléments de sa puissance; j'ai été jugé capable de préparer les autres à ce ministère ténébreux, et de leur enseigner tous les moyens qu'ils doivent mettre en pratique; j'ai été honoré, quoique indigne, de diverses charges qui supposent de 'la confiance dans mon zèle el ma li.lclité. Je puis donc me croire dépositaire de tout le
secret de notre puissance et de toutes les heureuses ressources que vous nous attribuez* pourconserver et pour étendre notre domination spirituelle. Je ne saurais par conséquent ne pas trouver étrange que vous en Bachii / beaucoup plus sur nos principes et nos pi dés qu'il ne m'en a jamais été appris, et que je n'ai été chargé d'en apprendreaux autres, qui se destinent à la même profession. La manière et la seule manière enseignée par nos vertueux et savants maitres, à moi et à ceux qui étudièrent avec moi, pour gagner et serrer notre influence sur les h est de
les surpasser en bonnes œuvres, el de nous efforcer de retracer dans la pratique les doctrines que nous leur inculquons, en remplissant toule noire vie les obi dont nous nous sommes chargés, et en ne devenant jamais lâches dans les devoirs de notre ministère.
Quant aux miracles, il est vrai qu'on nous enseigne qu'il faut y croire :el si en cela nous ressemblons aux païens. > ous auriez pu faire noire parallèle d'une manière plus complète encore, car nous \ croyons | récisénteht pour la même raison qu'ils assignent :
i -ivtwv, ouoiv kqti ça.vtiou tJ-jU'' ôr.trrcv
Nous croyons comme eux en la toute-puissance de Dieu, et nous ne voyons pas de motif de supposer que son bras s,, -oit raccourci.J'ignore si votre admiration pourMiddleton vajusqu'àvons faire admettre les principes de sa recherche libre [ftee enquiry ); s'il en eel
(i) Piiui., Pyth. ï, 7t.