VIE DE SAINTE VÉRONIQUE GIULIAM
Voici comment j'en fus instruite. Je me trouvai comme environnée de toutes sortes de peines, et, au même instant, je vis toutes ces peines transformées en joyaux et en pierres précieuses, qui toutes étaient taillées en forme de croix ; il me fut en même temps révélé que Dieu ne voulait de moi que des souffrances; et alors la vision disparut. Lorsque je fus revenue à moi-même, je ressentis une violente peine dans mon cœur, qui ne m'a plus quittée depuis; et le désir que j'avais de souffrir était si vif, que j'aurais volontiers affronté tous les tourments imaginables. A partir de ce moment, j'ai toujours eu à la bouche ces paroles : Les croix et les souffrances sont des pierreries et des joies. » Il résulte de ce récit, qu'en cette occasion, Jésus imprima dans son cœur cette image visible de la croix , qui , après sa mort, a été vue de plusieurs personnes , lorsqu'on ût l'ouverture de son corps précisément pour s'en assurer.
Véronique fut appelée à remplir successivement toutes les charges de la communauté, et partout elle donna de même des exemples admirables de vertu et montra le même amour de l'obéissance et des souffrances ; aussi plusieurs signes de la faveur divine prouvèrent-ils à ses sœurs combien ses actions étaient agréables au Dieu tout-puissant. Ainsi , pendant qu'elle était économe , le fromage, les œufs et le poisson se multiplièrent miraculeusement, ainsi que l'atteste la sœur converse qui en avait le soin ; et toute la communauté plaçait une si ferme confiance en ses prières, que, toutes les fois qu'il manquait quelques provisions , on s'adressait à elle, et en un instant il était pourvu à tous les besoins, tant pour la quantité que pour la qualité. Elle fut nommée maîtresse des novices dans sa trente-quatrième année, et demeura dans cet emploi vingt-deux ans, au bout desquels elle fut élue abbesse, en 1716; et même alors, tant avait élé extraordinaire l'efficacité de ses prières et son zèle à s'en bien acquitter , que ses sœurs la forcèrent, contrairement à l'usage ordinaire, de le conserver pendant les onze ans qu'elle fut abbesse. Plus d'une fois, pour les délivrer de leurs maladies ou autres incommodités, elle obtint de Dieu de souffrir à leur place ; quelques-unes même d'entre elles furent soulagées par elle dans leurs inquiétudes et troubles d'esprit, qu'elle avait connus par une lumière surnaturelle. Un jour, elle apprit par révélation le jugement sévère que Dieu exercera contre les supérieurs et directeurs de communautés religieusesparla fautedesquels il s'introduit quelque relâchement de ferveur parmi ceux confiés à leurs soins. Le 9 de novembre, elle tomba dangereusement malade, et durant l'agonie qui s'en suivit elle fut transportée en esprit devant le trône du divin juge. Elle vit Jésus-Christ avec un visage sévère, assis sur un trône majestueux, environné d'anges; la sainte Vierge était d un côté et ses saints patrons de l'autre. Quand son bon ange la présenta au redoutable jugement, elle s'attendit à être condamnée à
l'enfer, tant étaient sévères, dit-elle, les reproches du souverain juge, et tant elle se trouvait dépourvue de bonnes œuvres; mais Marie et ses saints patrons adressèrent pour elle de si ferventes prières , qu'enfin le visage de Jésus-Christ devint calme, et qu'après lui avoir donné quelques avis salutaires , il la renvoya avec un tendre embrassement. Pour l'instruction de tous les lecteurs nous reproduirons ici, en citant ses propres paroles, sa vision du jugement de Dieu, qu'elle écrivit en 1717 : La Divinité est comme le miroir de l'âme; elle y voit ce qu'elle est, comment elle est tombée, et pourquoi elle eut tombée si bas. Dans le miroir de la Divinité elle se voit couverte d'abominations et hideuse à elle-même; oh ! que ne lui est-il donné de se cacher sous terre et de fuir de la vue de Dieu, qui ne respire que vengeance l Tout ce qu'elle aperçoit en ellemême lui fait désirer de fuir; mais, par un juste jugement de Dieu elle reste immobile, sans pouvoir dire un mot... La crainte et la terreur que mon âme éprouva en ce redoutable jugement , il n'est point de termes ni de comparaisons dont je puisse me servir pour l'exprimer suffisamment. L'esprit de l'homme ne saurait la dé' peindre, parce que quand même nous pourrions pénétrer tout ce qu'il y a de plus effrayant et de plus épouvantable , ?ious ne pourrions jamais cependant concevoir ce que ce jugement a de terrible. Chacun le saura par sa propre expérience. Le malin qui suivit son agonie, elle appela ses novices, et, après avoir obtenu de son confesseur la permission de leur parler de leurs défauts et de leur négligence à se corriger, qui lui avaient été révélés pendant sa vision du jugement, elle leur parla avec tant de feu qu'elles fondirent en larmes; puis en terminant elle leur dit : Ne prenez pas exemple sur moi qui ai été le scandale de toute la communauté par ma mauvaise conduite, car dans l'observance des règles aussi bien que dans l'obéissance, l'amour et la charité, j'ai toujours été orgueilleuse et dépourvue d'humilité. Les religieuses l'interrompirent par leurs larmes et leurs sanglots, faisant retomber la faute sur elles-mêmes et se reprochant de n'avoir pas suivi ses instructions : puis elle ajouta : Ayez soin des petites choses, car devant Dieu les choses sont bien différentes de ce que nous les supposons.
Passons maintenant au sublime noviciat et à la préparation de grâce , qui en firent pendant les trenle-einq dernières années de sa vie une copie exacte de notre Sauveur crucifié. En 1693 , elle vit dans une vision un calice ou coupe mystérieuse qu'elle sut être le symbole de la passion de Jésus, dont elle devait être une copie fidèle. Cette vision se répéta sous diverses formes les années suivantes. Tantôt le calice apparaissait sur une nuée lumineuse, environné de gloire, tantôt sans aucun ornement; quelquefois la liqueur qui y était contenue bouillonnait et s'échappait abondamment par-dessus les bords ; d'autres fois elle en découlait goutte à goutte. L'esprit en elle était prêt à boire co calice jusqu'à la lie, mais la chair frissonnait et reculait en arrière, comme il arriva à No-
DÉMONSTRATION ÉVANGÊLIQUI
tre-Seigneûr dans le jardin ; mais elle la sonmit |iar de rudes mortifications : J< /"' dois pat, dit-elle, faire paraUrt trop de confiance, car je $aii qu'elle neetpas encore morte. Pour l'esprit, je l'ai toujours troux é plein de Me et désireux de boire ce calice, et résolu de goûter à cette coupe amère pour accomplir lu volonté de Dieu. Quelquefois je sentais en moi ces désirs et ji m'écriats : Quand viendra l'heure, 6 mon Dieu, où il me si ra permis '/<• boire à votre coupe! J'attends votre volonté, mais vous seul connaissez la soifi/ui me dévore ; j'ai soif, j'ai soif, non de consolations, mais d'amertumes et de soufj'rances. Je sentais que je ne pouvais attendre plus longtemps. Une nuit, tandis que j'étais en prière, toute hors de moi-même, il me sembla que Notre-Seiqneur mapparuissait et que, tenant la coupe à sa main, il me disait : Elle est pour toi; et je te la présente afin que tu puisses y goûter autant (/uej'g ai goûté par amour pour toi, mais le moment n'est pas encore arrivé : prépare-toi, car tu y goûteras aussi. Puis il disparut, laissant le souvenir de ce calice, si profondément gravé dans mon cœur, qu'il y est toujours resté depuis.
Ce fut alors aussi que lui furent révélées les douleurs et les peines d'esprit et de corps auxquelles elle devait être assujettie. Le jour de la fête de l'Assomption, la sainte Vierge lui apparut, et recevant un calice des mains de son fils, elle le présenta à Véronique; et les saintes vierges, Catherine de Sienne et Rose de Lima, l'exhortèrent à l'accepter. Le jour de saint Augustin, elle vit notre Sauveur assis sur un trône de gloire, environné d'une troupe d'esprits bienheureux, et le saint docteur, s 'approchant d'elle, un calice à la main, lui dit : C'est ici un don précieux , puisqu'il vous est présenté par le Tout-Puissant luimême. A ce moment la liqueur se mit à bouillonner et à se répandre de tous côtés par dessus les bords, et elle était recueillie par les anges, dans des vases d'or, et présentée ensuite à Notre-Seigneur. Véronique ayant demandé ce que signifiait cette vision, il lui fut répondu que la liqueur désignait les souffrances qu'elle devait endurer pour l'amour de Dieu, et les vases d'or dans lesquels on la recueillait, le prix de ses souffrances : Me trouvant, dit-elle, réduite à untel élatdesouffranccqueje ne pouvais plus y tenir, je me rendis û l'église, et, me prosternant devant le saint sacrement, je m'offris de nouveau à Dieu tout entière ; et au même instant, j'eus un ravissement dans lequel Notre-Seigneur se présenta lui-même à moi. Comment la chose est -elle arrivée? il me serait impossible de le décrire ; seulement il me dit : Prends courage, ne crains rien ; je suis ton soutien, tourne vers moi tes regards. En disant ces mots, il me fit voir sa très-sainte humanité dans l'état où elle se trouvait, lorsqu'elle était attachée à la colonne, et quille endurait le supplice de la flagellation. Pendant qu'il était ainsi baigné dans son sang et couvert de plaies, mon Sauveur me présenta le calice en me disant : \'uis, ma bien-aimée . regarde ces plaies qui sont autant de bouches qui t'invitent à boive celte coupe amère : je te la
donne <t II '/ne tu y goûtes. Je me
forti/m lin côté de la chair cosmne du ■ > l'esprit ; il m'en resta une paix intéri Compagnie d'un ardent dt omplir la
inimité de Dieu et de lui plaire en toutes cho
L'anxiètéel la frayeur que lui Inspirait l'apparition continuelle de ce calice aérant les yeux de son esprit, la jetèrent dan* une Bèrre violente qui fut suivie d'une faiblesse de corps
telle que ses supérieurs la forcèrent de se soumettre aux prescriptions et au traitement des médecins : ce qui ne servit qu'à accroître - douleurs. Les démons aussi contribu pour leur part à remplir la coupe d< souffrances. |'ne nuit, ils la tinrent dcui heures entières dans un bain glacé; aile M resta privée de sentiment et de mouvement; et les infirmières, s*en étant aperçues essayèrent au moyen de feu et de fomentations de réchauffer son corps , ce qui ne fit qu'ajouter à ses souffrances. Quelquefois ils l'environnaient de fantômes qui lui apparaissaient sous la forme de jeunes libertins, pour 1 i ntraîner au péché, et de spectres horribles pour l'épouvanter; ils la liaient de chaînes, la frappaient de verges, comme s'ils eus-ent voulu l'entraîner en enfer, en criant d'un ton de triomphe : Tu es à nous, tu es à nous. Mais elle les invitait courageusement à la tourmenter encore davantage : Ajoutez tourments aux tourments ; gloire, gloire à la croix, gloire aux souffrances!
Mais la peine la plus sensible pour elle fut la privation de la lumière divine. Toutes ces souffrances, dit-elle, n'étaient rien en comparaison de celle que j'éprouvai en moi-i lorsque je me trouvai délaissée, abandonnée dans les plus noires ténèbres, à une si longue distance de Dieu, que je ne pouvais ni soupirer ni gémir vers Dieu... 0 intolérable agonie de l'âme, de se voir dépourvue de tout soutien et de se trouver entièrement séparée, à une immente distance de son souverain bien ! elle gémit , mais elle n'est pas entendue ; elle appelle son époux, et il ne vient pas; elle le cherche, et il fuit encore plus loin d'elle; elle le prie, et il ne l'écoute pas... Mon âme était en proie à une douleur si grande, que l'agonie de la mort ne saurait, il me semble, être plus amère. Je n'avais d'autre consolation que de voir la coupe s'approcher de plus en plus près... Dieu soit loué ! Pour son amour, tout cela est bien peu de chose. Salut. 6 croix I salut, 6 souffrances ! Je suis prête à suivre en tout le bon plaisir de mon Dieu, et èi faire son adorable volonté.
Dieu récompensa l'empressement qu'elle fit paraître pour boire le calice des souffla nces, en lui faisant partager les tourments de sa passion. Le i d'avril 109». autant qu'on peut l'assurer, il lui apparut et lui présenta sa couronne d'épines. Pour obéir a ^>n confesseur, elle décrit en ces termes la vision qu'elle eut alors : « Le '» d'avril . tandis que jetais en prière, pendant la nuit, je fus ravie en extase, et j'eus alors une \ision intellectuelle, où Noire-Seigneur m'apparat, la tête chargée d'une grosse couronne d'é-
VIE DE SAINTE VERONIQUE GlULIANI.
pines. Aussitôt je m'écriai : Mon époux, donnez-moi une partie de ces épines, c'est moi qui les mérite et non vous, mon souverain bien. Je l'entendis nie répondre : Je suis venu te couronner, ma bien-aimée; puis il ôta la couronne de sa tête et la posa sur la mienne. La douleur que je ressentis à cet instant était si excessive, que jamais, autant qu'il m'est possible de m'en faire une idée, je n'ai souffert rien de semblable. Il est vrai qu'à ce moment même, il me fut révélé que ce couronnement était un signe manifeste que j'étais destinée à devenir l'épouse du Seigneur, et que, pour cette raison , il voulait que je partageasse toutes ses douleurs, de sorte que je pusse être appelée l'épouse d'un Dieu crucifié; je devais donc aussi être crucifiée avec mon divin époux. Chaque épine dont je sentais la pointe dans ma tête, était pour moi une nouvelle invitation. Le même jour je reçus la promesse que ce couronnement se renouvellerait ; mais il me semblait qu'une pareille souffrance était une grande joie pour moi ; je sentais que je ne pourrais plus vivre si je n'avais plus rien à souffrir.»
Se trouvant incapable de remplir ses devoirs habituels, et pressée en même temps du désir de cacher à ses compagnes ces faveurs divines, elleadressa à Dieu cetteprière: « Mon Dieu, je vous en supplie, si c'est votre volonlé, donnez-moi la force de m'acquitter du travail et des autres devoirs qui me sont prescrits ; et faites que ces grâces , dont vous me favorisez, ne soient jamais mises au jour, qu'elles restent, au contraire, toujours dans le secret. » Nous prions le lecteur d'observer avec quelle exactitude toutes les prières de Véronique et les effets produits dans son âme s'accordent avec les règles d'après lesquelles Benoît XIV nous apprend à juger de la réalité ou de la fausseté de ces sortes de faveurs surnaturelles , qu'elle recevait d'en haut. C'est toujours pendant la prière qu'elles lui sont communiquées ; elles excitent en elle un plus ardent désir d'endurer des souffrances plus grandes encore pour l'amour de Dieu ; elles la portent surtout à l'humilité et au désir ertiprcssé de les cacher aux yeux du monde. Voyons maintenant de quelle manière une autre des règles tracées par ce grand pontife s'accorde avec les visions et les autres grâces accordées à Véronique , je veux dire, comment elles l'embrasaient du feu de la charité et de zèle pour la gloire de Dieu et pour la conversion des pécheurs. « Cette peine (celle que lui causa la couronne d'épines) m'inspira une telle compassion pour les pécheurs, qu'offrant au Père éternel toutes les souffrances de Jésus, et tous ses mérites avec ceux de la sainte Vierge , pour la conversion des pécheurs, je demandai avec plus de ferveur que j-imais des souffrances, disant à Dieu que je désirais être médiatrice entre lui et les pécheurs, et le priant de m'envoyer plus de tourments. A ce moment je sentis de nouveau la couronne d'épines, appliquée non-seulement autour de ma tête , comme d'habitude, mais sur toute ma tète; et, pendant plusieurs heures, je res-
tai pleine de joie au milieu de mille tourments. Ce ne fut que quelques jours plus tard que ce renouvellement eut lieu ; et il me fut en même temps révélé que c'était un avertissement que je devais passer ce carême dans de continuelles souffrances. Dieu soit loué ! Pour son amour tout cela est bien peu de chose 1 »
Ce couronnement se renouvela plusieurs fois dans le cours de sa vie. Ses directeurs en ayant été informés, chargèrent sœurFlorida Céoli d'observer s'il en restait quelques marques visibles sur sa tête. Elle fit , sur la foi du serment, la déposition suivante : « Je la visitai , et vis qu'elle avait au front comme une sorte de cercle d'une couleur tendant sur le rouge. Quelquefois j'y ai remarqué de petites éle.vures, à peu près de la grosseur d'une tête d'épingle, ayant la forme de petits boutons ; d'autres fois elle avait le front parsemé tout autour de marques de couleur de pourpre, en forme de pointes d'épines , qui descendaient vers les yeux ; et, en particulier, je vis une de ces marques, semblables à des pointes d'épines, qui descendait vers l'œil droit, et passait même au-dessous, et le remplissait de larmes ; je vis aussi que ces larmes étaient de sang, à l'inspection du voile dont elle se servait pour les essuyer , ainsi que je l'ai souvent déclaré à ses confesseurs , qui m'avaient enjoint de la veiller. »
Non content cependant de ces observations faites par ses compagnes, et voulant s'assurer pleinement si ces effets procédaient d'une cause naturelle ou d'une cause surnaturelle, l'évêque de la ville la fit mettre entre les mains des médecins et des chirurgiens ; mais après avoir épuisé toutes les ressources de leur art et employé des remèdes si cruels et si violents qu'aucune de ses sœurs n'osait assister aux opérations qu'on lui faisait subir, et qu'elle se trouvait obligée de tenir ellemême les instruments rougis au feu qui y servaient, ils renoncèrent à leur entreprise ; et ainsi l'évêque et les directeurs de la sainte acquirent la certitude que celui-là seul qui avait imprimé ces marques d'amour sur sa servante, pouvait les guérir, et qu'il avait voulu par là la rendre de plus en plus conforme à lui-même.
Les saintes Ecritures usent du mot noces ou épousailles pour exprimer une union plus intime, formée entre Dieu et l'âme par l'amour le plus parfait. Le Saint-Esprit, au livre des Cantiques, décrit la correspondance d'une âme avec la grâce sous la figure de deux époux ; et, dans le Nouveau Testament, Notre-Seigneur parle des vierges qu'il admet à ses noces célestes. Cette union spirituelle avec certaines âmes pieuses, Dieu s'est plu à la leur manifester par des signes plus sensibles, accompagnés de formalités semblables à celles qui s'observent dans les mariages ordinaires. Nous en voyons quelque chose dans la vie de l'extatique sainte Catherine de Sienne. Il plut à Dieu d'élever Véronique à cette sublime dignité, ainsi qu'il le lui avait révélé dans le couronnement d'épines dont nous avons déjà parlé. Mais il l'y prépara
DÉMONSTRATION ÉtANGÉLIQI i .
par plusieurs visions dont nous la laisse*
i-ons parler elle-même.
/ n malin, lorsque j'étais à la mêSH, fi RM
trouvai tout à coup rmvit m < ciate; pendant ce ravissement, je ressentis certaines touches dans mon mut qui exciteront en moi un urdent désir de m' unir entUremenl à Dieu, Tout à coup il me tembla que Dieu m'était i usaas ds mes seus, ri que, par von- de communication, il me faisait connaître, ah inlra, qu'il ronlmt m'avait pour épouse, ('<u< i la: ion /il sauter mon cœur de joie, et je le sentis tout embrasé au dedans de moi. Celte ijn'irr si consolante fut accompagnée d'un détail complet de tout ce que j'avais à faire pour m'y préparer convenablement; et, dans cet intervoile, une lumière céleste né apprit que toute celte préparation devait consister uni//ucment dans des souffrances. Elle proteste qu'après cotte vision, les simples mots : Mon divin Jésus, époux de mon âme, remplissaient son âme d'une joie indescriptible, et qu'elle continua de les répeler comme un rosaire, le même nombre de fois que la salutation angélique y est répétée. Elle ajoute qu'en l'invitant à ses noces , Jésus lui apparut souvent sous la figure d'un très-bel enfant ; et, le jour de la fête de la Circoncision, 1674, il lui déclara que sa préparation devrait consister eu toutes sortes de souffrances. Durant le mois de mars, elle fut affligée d'une grande désolation et d'une grande sécheresse spirituelle ; mais le 27 du même mois, Notre-Seigneur la consola en lui montrant avec quelles délices il considérait un beau joyau fixé dans la plaie de son sacré côté, et en lui disant qu'il était formé de toutes les souffrances qu'elle avait endurées pour son amour. Elle s'offrit de nouveau pour être crucifiée avec lui, et il lui parut s'abaisser et embrasser son âme en lui donnant un baiser d'amour. Quand nous revenons à nous-mêmes après ces communications, conclut-elle, nous comprenons de la manière la plus sensible tout le prix des souffrances, et le trésor caché parmi les mépris, les disgrâces et les humiliations. Telles sont les leçons que l'on apprend à cette école du divin amour. Deux jours auparavant, le jour de la fête de l'Annonciation, il plut à la sainte Vierge de la préparer pour la cérémonie de ses noces. Ce fut par une vision intellectuelle, ainsi qu'elle s'en exprime par ses écrits, clans laquelle elle aperçut la grande Reine des anges sur un trône orné de magnificence, accompagnée de sainte Catherine de Sienne et de sainte Rose de Lima. A la prière qu'elles lui firent de bien vouloir consentir au mariage de sa servante avec son divin Fils, la sainte Vierge répondit avec tendresse qu'elles seraient exaucées. Véronique vil dans leurs mains un superbe anneau qui, comme on Le \ui assura, lui était destiné. Et alors, ajouto- I— elle, me tournant vers ces saintes, il me fembla que Notre-Dame me disait que je devais les imiter dans les plus héroïques vertus, tpé- Tialement dans l'Iiumililé, la charité et la connaissance de moi-même Vendant qu'elle me parlait ainsi, il me sembla qu'elle nu communiquait ces vertus, ab inlra, ainsi que le ,/< i -
tu -or qui y est caché 1 partir de re
jour jusqu'au moment présent, foi étt <n>/uel-
i/nr surir hors de moi-même, et fax toujours lime présence dt lin <i.
Durant le c areme, elle pratiqua les plus cruelles mortification! et les plus ni'l. terilcs ; le samedi saint, qui celle ailh
tombait le 10 avril, Notre-Seigneur lui app; rut, et, lui montrant L'anneau nuptial . il
l'ini ila à s'unir à lui comme épouse le lendemain. Pour preuve de la réalité der. * visions surnaturelles, que le lecteur en ofaaen I effets. In, dit-elle, ihne fut de noumtau > que, pour en tenir là, il fallait que mon âme subit un renouvellement complet. Il me si que Noire-Seigneur me donnait une nouvelle règle qui m'imposait l'obligation de ?
uns plus grande austérité, dans un plufond silence ; de travail/ ir avec plus de ferveur et d'amour, de faire toutes choses arec pureté d'intention; de refuser, eu son honneur, de satisfaire toute espèce d'inclination naturelle, mais d'embrasser absolument le contraire ; de fuir les louanges des hommes et d'aimer 1rs mépris et les mortifications; d'être en toutes choses une amante de la croix, et de la tenir dans mes mains comme un puissant bouch défense; d'élre crucifiée en toutes choses, et de travailler à atteindre tout ce qui est de la plus haute perfection. Dans la nuit, elle oui trois visions : dans la première, il lui sembla \oir Jésus entrer dans son cœur et en rejeter tout ce que la sainte, dans son humilité, appelle les choses de la terre, souillées par l'amourpropre, et d'oit s'exhale une odeur infecte, te-lles que le respect humain et toutes les imperfections qui pouvaient mettre obstacle à mon avancement. Dans les deux visions suivantes, il lui sembla qu'il ornail son âme d'une riche parure, qu'il lui dit être ses propres mérites divins, qu'il lui donnait comme en douaire. Lorsque le moment de la communion fut arrive, elle se sentit plus que j rasais enflammée du céleste amour; en approchant de l'autel, elle entendit losanges chant r ,mc la plus douce mélodie : Yeni, sponsa Christ i, Venez, épouse do Jesus-Chrisl; puis, ravie, toute hors d'elle-même , elle aperçut deux trônes magnifiques : celui de droite était d'argent, orné des plus brillantes pierreries; dessus était assis notre divin Sauveur, dont les plaies jetaient un éclat pins vif que le soleil ; l'autre était d'albâtre, de la plus parfaite blancheur, tout éclatant de pierreries, et dessus elait assise la sainte Vierge, couverte d'un manteau blanc d'une richesse sans égale, qui pria son Fils de hâter son mariage. La cour céleste se composait d'une multitude innombrable, et au milieu d'elle étaient les saintes \ ierges Catherine et Rose ; la première desquelles enseigna à Véronique ce qu'elle avait à faire dans celle si auguste solennité. Elles la conduisirent d'un pas lent aux trônes, au pied desquels elles la revêtirent, par— dessus son habit religieux , de di- \ erses robes qui se surpassaient l'une 1 autre on magnificence. A son approche du trône de Jésus-Christ, dont elle ne sait, dit-elle, comment décrire les riches vêtements, elle
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aperçut dans chacune de ses plaies une superbe pierre précieuse; mais de la plaie de son sacré côté, qui était ouverte, partaient de toutes parts des rayons plus brillants que ceux du soleil ; elle crut y apercevoir l'anneau nuptial. Quand il leva sa main pour la bénir, il entonna les mots, Vcni sponsa Christi, Venez, épouse de Jésus-Christ ; et la sainte Vierge, avec toute la cour céleste, prenant à la suite, continuèrent en disant : Accipe coronam, quam tibi Dominus prœparatit in œternum, Recevez la couronne que le Seigneur vous a préparée pour l'éternité. Sainte Catherine lui ôta alors son riche attirail, ne lui laissant que son habit religieux, pour montrer, dit la sainte, tout le prix qu'il a aux yeux de Dieu, ayant été jugé digne de paraître dans cette glorieuse assemblée.
Après être restée quelques instants dans ce costume, Notre-Seigneur fit signe à sa sainte Mère de la revêtir de la robe nuptiale. C'était un raagniGque manteau couvert de pierreries, et qui paraissait de diverses couleurs. La sainte Vierge le donna à sainte Catherine, qui en revêtit Véronique, et la plaça entre les deux trônes. Alors, se sentant plus que jamais embrasée d'amour, elle vit Notre- Seigneur tirer l'anneau de son côté et le donner à sa Mère. Cet anneau, dit-elle, brillait d'un vif éclat ; il me paraissait fait en or ; il était enrichi de ciselures, et sur la pierre était gravé le nom du doux Jésus... De temps en temps je jetais des regards d'amour vers mon Sauveur, et il me semblait que je m'adressais â lui pour le presser d'en venir aux noces tant désirées. La reine du ciel lui ordonna de tendre la main à sainte Catherine ; Jésus la prit, et à cet instant, dit-elle, je me sentis unie à lui plus étroitement que jamais. Conjointement avec Marie, sa très-sainte Mère, il me mit l'anneau au doigt et le bénit ensuite. En ce moment le ciel retentit de nouveau des chants du chœur des anges ; après quoi son divin époux lui donna ses nouvelles règles de perfection, qui étaient, dit-elle, de rester entièrement morte à sa propre volonté, et de vivre comme si dans l'univers il n'y avait que lui et son âme; d'augmenter ses jeûnes, de pratiquer de plus rigoureuses mortifications, et d'être crucifiée eo toutes choses. 11 lui dit en même temps qu'il serait tout à elle.
Ainsi finit cette cérémonie mystique de ses noces spirituelles, qu'elle a vue tout entière , nous dit-elle , des yeux de l'âme et non des yeux du corps.. Elle ajoute que, presque à chaque communion, se renouvelait ce même mariage , que l'anneau restait à son doigt, et que, les jours de communion, il semblait le serrer plus fortement qu'à l'ordinaire. Il fut aussi aperçu plusieurs fois par les religieuses , et sœur Marie Spaciani atteste, qu'une fois , pendant son noviciat, elle le vit distinctement de ses propres yeux. «C'était, pour me servir de ses propres expressions , comme un cercle tout autour du doigt annulaire , à l'endroit même où se porte ordinairement l'anneau ; en dessus on apercevait, en saillie, comme une pierre pré-
cieuse de la grosseur d'un pois, de couleur vermeille... Quand je m'adressais à elle, en ces occasions , elle ne me répondait jamais à point ; mais ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que quand je venais à regarder sa main quelques heures après , sa marque était effacée, et la pierre précieuse avait également disparu; et alors elle me répondait exactement à toutes les questions que je lui adressais. » Dans les procès , il est parlé de deux autres anneaux , comme lui ayant été donnés au jour de ses noces et aux jours de leur renouvellement : Vanneau d'amour et l'anneau de la croix. Elle en reçut également un autre lors de leur renouvellement , le jour de Pâques 1697, qui était enrichi, à ce qu'elle raconte, de trois pierres , sur une desquelles étaient gravés deux cœurs, unis de manière à n'en paraître qu'un seul ; sur la seconde était empreinte la figure de la croix ; et sur la troisième, les instruments de la passion. La première, lui dit Jésus, indiquait l'union de son cœur avec le sien ; la seconde , sa dot d'union avec son âme ; et la troisième , le souvenir qu'elle devait conserver de ses souffrances.
Les jours suivants de la semaine de Pâques , Jésus l'introduisit dans son trésor de grâces, s'il est permis de parler ainsi, et l'en fit la maîtresse et la distributrice , lui manifestant le désir qu'elle distribuât ellemême les mérites infinis de sa très-sainte vie et de sa douloureuse passion ; mais elle les laissa toutes à sa libre disposition , qui est infiniment sage , se contentant de lui demander certaines grâces spéciales pour tous les directeurs des âmes , pour son propre confesseur et pour sa communauté. Dans les communions qui suivirent, elle entendit Jésus , au moment où il entrait dans son âme, lui adresser les paroles les plus tendres et les plus affectueuses ; et, après être entrée à ce sujet dans quelques détails , elle ajoute : Si je devais entreprendre de décrire tous les effets produits dans le cœur durant la sainte communion, je n'en finirais jamais; qu'il suffise de dire qu'il est la chambre et le palais de l'amour même. Mais le cœur brûle plus que jamais quand il voit qu'il est le temple de la très-sainte Trinité ; et lorsque Jésus entre < dans mon âme, j'entends vraiment les mots : Ave, templum totius Trinitatis ; salut, temple de toute la Trinité. Mon cœur semble se dilater , s'ouvrir et brûler de telle sorte, que parfois j'ai cru y entendre une mélodie cl une musique céleste qui me ravissait hors de moi-même. Mon cœur n'est jamais plus content que quand il goûte les souffrances dans ce qu'elles ont de plus amer.
Un des commandements faits à Véronique après ses noces , était d'augmenter ses jeûnes : un an environ après cet événement, clic reçut un ordre direct de Dieu déjeuner pendant trois ans entiers au pain et à l'eau ; mais le Tout-Puissant voulant en même temps mettre à l'épreuve son obéissance envers ses supérieurs , fit qu'ils lui en refusèrent tous la permission , sans laquollo cependant elle ne pouvait mettre à exécution
DÉMONSTRATION ÉVANGÉUQ1 E.
U commandement que Dieu lui en avait impose. Quoiqu'il continuai de lui répéter cet
ordre , et iiiéine a lui reprocher de ne pas
l'accomplir , quoique son estomac rejetât
lout autre aliment que le pain , tel supérieurs néanmoins refusèrent obstinément d'accéder à sa demande. Tétai* remplie de joie, dit-elle i parce que de celte manière je
sou/frais beaucoup ; nuits je sentais que la chair
n'en pouvait porter davantage. Enfin , après avoir enduré les plus rudes souffrances, à r.iuse du refus invincible de ses supérieurs, de la faiblesse de son corps et de ses peines intérieures, en se voyant ainsi empêchée d'accomplir la volonté de Dieu, depuis le mois de mars jusqu'à celui de septembre , il plut à Dieu de la soutenir au moyen d'un lait qui lui était miraculeusement fourni , de la même manière que le racontent les Ilollan- : (listes des saintes vierges Lidwige ou Ledwina, en Hollande, et de Gertrude en Belgique.
La plus rude épreuve à laquelle elle fut exposée , fut la désolation et la tristesse d'esprit, jointes à la cruelle malice et aux furieux assauts du démon contre sa pureté , durant l'année 1096 , celle qui suivit ses noces mystiques. Nous lisons ce qui suit , à la date du mois de juillet : Les démons, revêtus de mes propres traits, faisaient devant mes yeux des actions immodestes , et me disaient que j'étais déjà damnée ; que j'avais commis plusieurs péchés que je ne connaîtrais qu'à l'heure de la mort , pour laquelle ils les réservaient , afin que je mourusse dans le désespoir. A tout cela, il faut encore ajouter une obscurité et une agonie mortelles , accompagnées d'une telle aridité, que je ne pouvais lien faire. Il me semblait qu'il n'y avait plus pour moi de Dieu ni de saints; je faisais de mon mieux pour m encourager , mais c'était apure perte. Je disais à ces monstres infernaux : Arrière , retirez-vous d'ici , j'appartiens tout entière à Jésus ; je n'ai rien à démêler avec vous: vive la pure volonté de mon Dieu à tout jamais. A la date du 17 octobre, nous lisons les lignes suivantes : Parmi mes autres tribulations , il faut encore compter celle-ci. Tandis que j'étais en prière, je fus accablée de tant et de si mauvaises pensées de choses deshonnétes et dépêchés griefs , et elles me jetèrent dans des angoisses telles, que tantôt elles couvraient mon corps de sueur, et tantôt me glaçaient et me causaient un tourment intérieur qui remplissait wion âme de confusion et de trouble. Je ne voulais point me livrer à l'inquiétude ni m'ubandonncr au trouble et à la peine , mais je ne, pouvais m'en empêcher ; je me sentais si oppressée et enfoncée si avant dans ces sales pensées , et mon esprit si complètement obscurci , que je ne pouvais rien faire. Le démon me tentait , et il me semblait entendre une voix effrayante qui répétait sans cesse: Vois, c'est là ce que tu as gagné à prier pour les pécheurs, tous leurs péchés se sont amoncelés sur ta tête; fais le bien maintenant, si tu le peux. En disant ces mots, le démon paraissait plein de joie et d'allégresse. O Dieu! aucl tourment cela me causait ! Autant que je
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le pouvais, je demandais à Dieu le salut dei tj/iir* , < t je disais : Mon souverain bien, l'é- VOUX de mon âm$, je ne tous offense pas volontairement, car je déteste et j'abhorre toute pensée mauvaise; maintenant et à tout jamais je vous déclare que ma volonté ne cent p,. en entretenir; plutôt la mort et mille morts que de jamais i,,,,., „//r à une si ule pensée qui /iitisse tous offenser. Comme j, disais ces mots , quoique avec une grande difficulté, le démon me tourmentait , en me suggérant des pensées plus affreuses encore que jamais , et en me 'lisant que tout espoir était perdu pour moi. Je lui répondis : Menteur que lu es , je ne me laisserai pas prendre à tes mensonges ; je veux aimer Jésus, je veux eet i </ Jésus; je n'ai point d'autre bien que Jésus! Je restai plusieurs heures dans cette lutte pénible, toujours dans lu désolation , la sécheresse et les tentations. Dieu soit béni de tout! Elle fait encore mention des mêmes tentations et des mêmes assauts , tant du côté de la chair que de la part du démon , sous la date du mois de décembre de la même année , et elle répétait avec la glorieuse martyre sainte Cécile : Fiat cor meum et corpus mtum immaculatum , ut non confundur : Oue mon cœur et mon corps se conservent sans tache, afin que je ne sois pas confondue. La veille de Noël . elle se lit une incision en forme de croix sur le cœur, au moyen d'un canif, et, avec le sang qui en découlait, elle écrivit une fervente protestation d'amour et une consécration de sa volonté à son Sauveur enfant. Quatre écrits du même genre , faits dans le cours de celte année et de l'année suivante, 1697, respirent tous les mêmes sentiments de consécration de sa volonté à Jésus, et particulièrement de charité et de zèle ardent pour le salut de son prochain, dont elle avait promis d'être la médiatrice. Dans un de ces écrits, elle dit : Mon intention est en ce moment de confirmer toutes les protestations que j'ai faites avec mon propre sang, et je me constitue de nouveau médiatrice entre vous et les pécheurs. Oui , je suis prête à donner ma vie et mon sang pour la conversion des pécheurs et l'affermissement de la sainte foi. O mon Dieu ! c'est dans les sentiments de votre cœur , c'est par amour pour vous que je fais cette invitation : âmes rachetées par le sang de Jésus , c'est à vous que je parle: 6 pécheurs! ti nés tous au coeur de Jsus , à la fontaine , à la mer sans rivages de son amour, venez tous , hommes et femmes , venez tous , quittez le péché , venez à Jésust Son divin et tendre époux la récompensa de sa constance et de son amour, par la plaie qu'il fit à son cœur, à la fête de sa très-sainte Nativité de celte année 1696. // me sembla voir, dit-elle, à la main du saint Enfant, une baguette d'or au bout de laquelle il y avait comme une flamme de feu, et à l'autre bout un petit morceau de fer resst mblant à une petite lame; il plaça cette baguette contre son propre ccrur, et la pointe de ta lame dans le mien , et il me sembla sentir mon cœur percé de part en part. En un clin d'a'il je ne ris plus rien dans sa main , mais, avec un air plein de grâce et de beauté, il m'invita à l'aimer, et , par