‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 74 sur 167 · AU TRÈS-HONORABLE COMTE JEAN DE SHREWSBURY · texte numérisé non relu

AU TRÈS-HONORABLE COMTE JEAN DE SHREWSBURY

WATERFORD ET WEXFORD.

MïLORD ,

Une fois résolu de publier les discours suivants, je n'eus pas un instant à délibérer pour savoir à qui je devais les dédier. Honorés déjà, lorsqu'ils furent prononcés, de l'attention de votre seigneurie; ayant pour but d'enseigner des doctrines auxquelles vous avez prêté, par votre plume, un secours si puissant, et dont votre vie est une confirmation pratique, ils ne pouvaient trouver nulic part plus facilement indulgence, qu'auprès de votre seigneurie.

De plus , ils sont pour l'auteur un moyen d'acquitter une dette de reconnaissance et d'estime ; et il n'en connaît point de plus pressante que celle qu'il a contractée envers votre seigneurie pour les bontés et les encouragements qu'elle n'a cessé de lui prodiguer.

Je l'avouerai même : outre le désir profond d'être utile à la cause de la religion en publiant ces sermons, j'éprouvai encore celui

d'exprimer ces sentiments à votre seigneurie, et je ne pense pas qu'un pareil souhait puisse altérer les motifs plus saints qui doivent seuls animer les ministres de Dieu , quand ils répandent sa parole : car le bien qu'ils peuvent faire reçoit nécessairement un notable accroissement par les encouragements pratiques de ceux que la Providence a placés dans un rang élevé. Et, par conséquent, reconnaître ces encouragements devant le public, des encouragements donnes, comme ceux dont il s'agit ici, de la manière la plus bienveillante, ce n'esl rien autre chose que manifester un ardent désir de donner à nos efforts toute l'efficacité possible.

J'ai l'honneur d'être, avec 1 estime elle respect les plus profonds, Mylord,

De votre seigneurie, Le tres-humble et très-obéissant serviteur,

N. WlSEMA*.

Collège anglais, Rome, 1" février 1831.

®xïf<x<t W.

Il peut être très-utile que le lecteur soit informé de ce qui a fourni l'occasion de prononcer les discours que nous lui présentons

(i) La lettre qui précède et cette préface devi

i vu lèM du scrmoB sui le royaume du Christ, a la

ici, et des motifs qui nous ont ensuite engagé à les publier.

Le grand nombre de catholiques anglais respectables et dislingues, qui chaque année se rendent avec leurs familles à la métropole de leur religion, inspira à Sa Sainteté le Léon XII l'idée de leur procurer I -

SERMON SUR LA CONVERSION DE SAINT PAUL

d'entendre la parole de Dieu dans leur propre langue. En conséquence, pendant l'hiver de 1827, il désigna pour cet effet la belle église de Gesù e Maria dans le Corso , et chargea l'auteur d'y prêcher une suite de sermons tous les dimanches soir, depuis l'Avent jusqu'à Pâques. Pie VIII , dont l'Eglise a récemment déploré la perte, après un pontificat de courte durée , mais fécond en événements , approuva les dispositions prises par son habile , aimable et vertueux prédécesseur, et les sermons furent continués sous ses auspices comme sous le précédent pontificat. L'auteur cependant ne fut pas seul chargé de cette importante fonction : pendant les deux premières années, il eut l'honneur de seconder l'éloquence facile et touchante du très-révérend D. Baines ; depuis cette époque , ses travaux ont été partagés par son estimable ami , le révérend D. Errington.

Le nombreux auditoire , composé généralement de personnes qui, quoique bien élevées , n'étaient point instruites de notre foi et de nos pratiques, engageait souvent le prédicateur à exposer , à prouver ou à expliquer les doctrines de l'Eglise catholique.

Les deux sermons suivants furent prêches dans ce but, et plusieurs des amis de l'auteur, par un effet de leur bienveillance, lui

firent entendre qu'il pouvait être avantageux à la cause de la vérité, de donner une plus grande publicité aux matières qu'ils contenaient. Quelques autres de ses discours obtinrent, peut-être de l'amitié, un jugement aussi favorable, mais il aima mieux publier ceux-ci. L'importance évidente des sujets, à la portée de tout le monde, et la simplicité du raisonnement, semblaient, avec la grâce de Dieu, lui promettre des fruits plus abondants et plus généraux. Les sentiments qu'ils renferment sont ceux de son cœur et de son âme. Pénétré du plus profond respect pour la religion qu'il fait son bonheur de professer, et d'une vive admiration pour sa beauté, il désire ardemment que tous puissent avoir part à ses bénédictions; mais plus spécialement ceux vers qui , malgré leur eloignement, sa bouche s'ouvre d'elle-même et son cœur se dilate ( II Cor., VI, 11 ).

Ce sera toujours un sujet de consolation pour lui de penser qu'au milieu des nombreuses distractions de la charge qui lui est confiée , et des jouissances si douces qu'il goûte dans l'étude des lettres , il lui a été ainsi donné, du fond de sa retraite, de se joindre à ses confrères dont le zèle se déploie sur le sol anglais , et d'onir sa faible voix à la leur pour défendre une cause si glorieuse et si sainte.

SERMON

SUR LA CONVERSION DE SAINT PAUL

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