VIE ET PONTIFICAT DE GREGOIRE VII
teur qui entreprendrait de refaire tout ce qui frapperait ses regards, pour le ramener au type des institutions modernes, et d'y opérer les changements que demanderait une pareille réforme? Enlevez le superbe et colossal baldaauin de la basilique de Saint- Pierre, avec "ses anges et ses croix, éteignez pour toujours les lumières qui y brûlent depuis des siècles, comblez la vénérable confession où reposent les ossements des apôtres, renversez l'autel de marbre, puis alors jetez d'un mur à l'autre un rideau qu'on ne fermera que pendant quelques instants, placez une table ordinaire à l'extrémité de l'édifice, élevez l'orgue sous le dôme, et remplissez avec des bancs et des stalles tout l'espace intermédiaire, reléguez dans une salle de concert les chants magnifiques de Palestrina, fermez la chapelle sixtine, faites-en un musée qu'on ne verra qu'avec permission, abolissez tout l'office, et faites que les jours destinés à solenuiser l'anniversaire des souffrances et de la mort de Jésus-Christ n'aient plus rien qui les distingue de ceux qui les précèdent et de ceux qui les suivent : qu'y aura gagné la religion ? Reconnaîtrait-on parla qu'un amour plus pur pour ce divin Sauveur est descendu parmi les hommes?
Croyez-vous qu'il en serait plus véritablement honoré? Pourriez-vous un moment désirer de voir s'opérer de tels changements ?
S'il est ici quelqu'un qui, dans son cœur, réponde oui, je le conjure, je le supplie de ne point assister aux offices de la semaine où nous allons entrer. Il n'en jouirait certainement pas; il y souffrirait certainement, et de plus il se trouverait distrait par ces offices, dans la manière plus spirituelle et toute particulière par laquelle il prétend célébrer la mémoire de la passion de son Sauveur; il ferait pis encore: car, par sa conduite, il inspirerait nécessairement ses propres sentiments à ceux qui l'entoureraient. Mais quiconque s'y rendra avec un esprit dûment préparé, avec un cœur exempt de préjugés et une âme ouverle aux impressions religieuses , n'en reviendra pas, assurément, désappointé.
Je finis par ces réflexions, et je prends congé de vous, bien convaincu que je n'ai fait qu'effleurer le sujet que j'ai entrepris de traiter, et que je n'en ai que faiblement fait ressortir les beautés. Pour remplir dignement cette lâche, il faudrait un traité plutôt que quelques courts essais. Je serai salisf.tit c( — pendant, si j'ai accompli l'humble promesse que j'ai donnée en commençant, de vous présenter des considérations générales, propres à préparer l'esprit à apprécier les beaulés de ces simples, mais magnifiques cérémonies, et à goûter les sentiments dont elles sont la source.
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