‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 92 sur 167 · S97 DÉFENSE DE · texte numérisé non relu

S97 DÉFENSE DE

prend que lui-même élail présenta celle procession. Noire auteur continue ensuite son récit: Audiens et vidons idem papa tantam pietatem omnium qui aderant, distulit illam volunlatem; sed a proposito conceplo nunquam récessif, nec fletibus, nec clamoribus , nec etium rogaminious, sed conticuit ad tempus fere octo diebus , ut non molcstaretur , et sic per istam sufferentiam omnes credebanl ipsum ab illo pœnituisse proposito. S(d infra octo dies convocnvit ad se istum quem prœdiximus cardinalem dominum Bcnediclum , et fccit se doceri et scribi totam renuntiationem, qualiter et quomodo fttcere deberct. Maintenant quelle différence entre cette narration et le récit de Sismondi ! Ici , pas un mot de l'influence du cardinal Gaétan sur l'esprit de Célestin, ni des artifices criminels dont on prétend qu'il se servit pour amener le pontife à céder à ses désirs. Et pourtant, c'est la narration d'un homme à qui il est manifeste que Bonifacc ne plaisait point.

Mais il y a dans la relation de Sismondi, une ou deux circonstances qui laissent entrevoir trop clairement son peu de sincérité et sa mauvaise foi. Il nous dildonc que le cardinal Benoît offrit ses services à Charles, roi de Naples, à condition qu'il lui forait avoir la papauté. Or comment accorder cette assertion avec ce que le même Sismondi avance dans un autre endroit? d'abord, que Benoît et Charles étaient ennemis déelarésen ce tempslà (1); et en second lieu, que Charles et le roi de Hongrie avaient acquis la plus grande influence sur l'esprit de Célestin (u2j. Estil croyable que Benoît, dépeint par Sismondi même comme l'homme le plus superbe, que rien n'eût fait plier dans son arrogance, eût voulu descendre jusqu'à implorer la faveur de son ennemi ? et, n'est-il pas moins croyable encore que celui qui était alors si plein de prudence (ou comme disent ses ennemis, si astucieux), ait eu la pensée de recourir à cet ennemi pour qu'il l'aidât à arracher de son siège, afin d'y trouver place, un homme dont il gouvernait l'esprit et de l'amitié duquel il était sûr? Mais cette contradiction devient encore plus choquante, quand on sait que l'époque où Boni fa ce offrit ses services à Charles , est placée par Jean Villani, le seul auteur qui fasse mention de ce fait, après son avènement au pontificat; et alors il convenait de faire une offre de ce genre : c'était un acte de générosité et de bienveillance envers un ancien adversaire. Mais une pareille idée ne pouvait plaire à Sismondi ; aussi il ne se fait point scrupule, en admettant l'entrevue rapportée par Villani, de la placer par une supposition arbitraire pendant la vie de Célestin : cela convenait mieux à son dessein systématique d'obscurcir la réputation de Boniface. Ces infidélités, indignes d'un historien, suffisent pour enlever tout crédit à ce qu'il a écrit au sujet de ce pape. Et ici, je peux produire

(1) Il appelle ce roi l'ennemi puissant de Benoit, p. 78.

(2) o Ils acquirent In plus grande inQuence sur l'esprit •j'j nouveau |> mil e, » p. "(i.

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