‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 94 sur 167 · COI · texte numérisé non relu

COI

aurait été fa il

,,„>, c'fsl à-dire en présence des m de Borne; pais ce pape avant de la sorte obtenu l ; i ussession de la ville, aurail i promesses et démantelé Palestrine. C'est • ces cou!, ins si noires et si défavorables à la

de Boniface, que ce Irait d'hisloir naturellement présenté pi r la plume de Sismondi et des auteurs de la même tre

i ivain a oublié de p ircoi r.r l documents publiés par Pélrini en 1795, documents qui rendi :>t manifeste la i ius« lé de «'lie narration. Mais quand m< liraient laisse subsister quelque doute, ils auraient au moins dû éveiller l'attention d'un historien impartial.quileseûl placés de l'autre côté de la balance afin de donner uq contrepoids aux assertions d. s ennemis de Bouiface. H est un fait notoire pour tous ceux qui s,- connaissent en matière d'histoire eccS siastique : c'est qu'au concile de Vienne, i dant au désir de Philippe le Bel, de Guillaume de Nogaret et des Colonne, le pape Clément V permit qu'on dressât un procès conli Boniface Vil!, dont la cause fut défendue par son neveu, le cardinal Gaétan, et par d'autres. Or une des principale, accus liions i Colonne roulait sur celte prétendue \ iolalion de la foi donnée. La réponse du cardinal G létan est assez claire et, à ce qu'il me s Me,

assez satisfaisante. C'est Pélrini qui la i au jour après l'avoir tirée des mémoi archives secrètes du Vatican. Lu voici les points principaux :

1. Boniface étaut alors à Biell . les d. ux cardinaux s'y transportèrent Ils vinrent en sa présence, en plein consistoire , velus noir, la corde au cou, ils se prosternèrent devant lui et implorèrent leur pardon I oir le (cric dans Pet., p. 150), l'un en s écriant : Peccavi, pater.in cœlum et airain te;jam non sum dignus vocari (Mus tuas, l'autre en ajoutant : Affiixisti nos proptér nottra scelera. Tout ceci ne montre point «1 oil \ eût ni traite ni convention spéciale, il est clair qu ou se rendail à discrétion.

■2. Avant que les Colonne sortissent, la ville était entre les mains du capitaine général du pape. Est-il probable, de nande ici le cardinal Gaélan, que le pape eût voulu se contenter d'avoir seulement son élend ird sur la ville, lorsque la ville même était entre mains? ..

3. aucune ieltre ni bulle de Bonil cena été produite à l'appui de ce que prétendaient les Colonne : on ne peut même en produire. , ,

't 11 n'était pas venu des ambassadeui Borne pour servir ■ à ce prétendu

traité; car les personnages auxquels les Lolonne attribuent ce rôle étaient précisément ceux qu'ils amenèrent avec eux almd intercéder en leur faveur.

ii Beaucoup de témoins qui vivaient encore et parmi lesquels était le prince de Tarentc, pouvaient attester que l'on n avait fait aucune convention, mais que les deux cardinaux implorèrent grâce et miser.. >rde comme coupables de très-grandes l'an'

DÉFENSE DE I50NIFACE V1U.

(î. Le pape leur pardonna et leva l'excommunication portée contre eux.

7. 11 y a toujours eu un démenti formel donné à ce que l'on avait affirmé, savoir, que le pontife avait , par la suite, tenté d'enlever la vie à Etienne Colonne , assertion dont on ne produisit jamais aucune preuve.

Telle est l'histoire de cet événement dont on a tracé tant de récits injustes et calomnieux. La conduite de Boniface qui ordonna la destruction totale de la ville, semblera peut-être par trop sévère ; mais la révolte réitérée des maîtres, qui furent alors secondés par leurs vassaux , le naturel rigide du pontife si souvent provoqué, la coutume du temps, surtout pendant la guerre, et la libéralité du pape qui ne tarda pas à rendre aux habitants leurs terres et leurs fermes qu'ils devaient tenir en fief de lui uniquement, au lieu de les tenir des Colonne, voilà autant de considérations qui fourniront assurément complète excuse.

Je n'ai point parlé des négocialu ns que ce grand pontife eut avec les puissances étrangères, l'empereur, le roi de Sicile, et surtout le roi de France; car il serait impossible de parler convenablement de chacune d'elles dans un travail aussi court que celui-ci. Mais il est un caractère frappant que l'on peut facilement observer dans toutes ces négociations, et qui semble avoir échappé au regard de tous les historiens modernes. Il rapporte pourtant beaucoup d'honneur à Boniface, et fait en môme temps ressortir le mensonge tant de fois répété que c'était un homme litigieux et d'une ambition démesurée : c'est que chacune de ces négociations avait pour but d'obtenir la paix et de mettre un terme aux querelles et à l'effusion du sang. Pour fortes et énergiques que fussent ses convictions , pour rigide que fût sa manière d'agir, il avait toujours en vue de tùvr en sorte que les souverains remissent l'épée dans le fourreau , respectassent les droits de leurs voisins plus faibles, et unissent leurs efforts pour le grand dessein de toute loi chrétienne de ce temps : d'abattre et de détruire la puissance toujours croissante des Sarrasins. Si la maxime des tyrans est, Divide et impera, à coup sûr Boniface ne. fut point un tyran; si le système des ambitieux pour s'agrandir eux-mêmes est de faire en sorte que les autres s'enlre-délruiscnt en de mutuelles contestations, il ne fut ni ambitieux ni jaloux d'obtenir un gouvernement sans bornes. Sitôt qu'il fut monté sur le trône, il s'efforça d'opérer une réconciliation entre l'empereur et les rois d'Angleterre et de France ( ubi sup.) , et plus lard entre ces deux derniers. Hallam avoue que le compromis qu'il donna était plein de justice. Il pacifia les républiques rivales de Cènes et de Venise, depuis longtemps en guerre l'une contre l'autre. Pise vint spontanément mettre entre ses mains les rênes de sa république , en lui offrant un tribut annuel : il envoya un gouverneur avec ordre de s'engager par serment à observer les lois, et à employer les revenus au maintien de la milice consacrée à la dé-

fense de cet état. Vclletri le choisit pour son podestat; Florence, Bologne et Orviello lui firent élever des statues de marbre d'un grand prix. Quand il fit la guerre , Florence, Orvietto et d'autres pays lui envoyèrent des soldats; et on raconte que les femmes mêmes, ne pouvant combattre [Petrini, Mcin.) , recrutaient des soldats pour lui. 11 était aimé des Romains , dont tout le désir était qu'il voulût rester plus longtemps au milieu d'eux. Tous ces fails , dont le temps ne me permet pas de citer des preuves, démontrent que ce fut un homme pacifique et juste, respecté des bons et des gens vertueux de son siècle. Quant à son savoir et à son expérience, personne n'en peut douter. Mais d'ailleurs j'ai fait remarquer que pas un de ses ennemis les plus acharnés n'a osé censurer sa conduite en fait de mœurs; bien plus , ils ont déclaré positivement ne point trouver en lui d'aulre vice que l'orgueil et l'ambition. Et encore, je dirai que, malgré ces accusations de tyrannie et d'ambition, il n'y a pas un seul cas où il ait refusé de pardonner à quiconque implora sa générosité; il s'en faut encore davantage qu'il ait puni de mort un ennemi tombé en son pouvoir.

Je terminerai cette défense, trop imparfaite, par quelques observations sur sa mort, exposée malicieusement et en détail (p. 144) par Sismondi, et dans les termes les pius généraux parles écrivains protestants. Chacun sait que Guillaume de Nogaret , son ennemi implacable, envoyé par le roi de France, s'étant joint à Sciarra Colonne et à d'aulres g: ns du parti , et ayant corrompu la fidélité des habitants d'Anagni , alla avec eux surprendre le pape dans son palais, où ils le tinrent enfermé pendant trois jours, après lesquels ils furent repoussés. On sait encore que Boniface alla se réfugier à Rome, où il mourut trente jours après. Tous s'accordent à dire que quand la ville fut prise, il se conduisit en héros : revêtu des habits pontificaux, il se fit asseoir sur un trône (ou, comme le dit Sismondi, il s'agenouilla devant l'autel); la dignité de sa contenance confondit et épouvanta si profondément l'audace de Sciarra Colonne, qu'il n'osa, quoiqu'on l'ail répété souvent, mais à tort, mettre la main sur lui. Et quand, en se présentant fièrement près de lui, Nogaret le menaça de l'emmener à Lyon, et de l'y faire déposer, dans un concile général, le ponlife calma d'un mot les insolences de son ennemi , en s'écriant avec intrépidité : Eccc cetput, ecce collum; patienter pro liberlatc Ecclcsiœ feram me catliolicum cl legitimum pontificem cl Christi viectrium condemnari et deponi per patafenos: cupio pro Christi fide et Ecclesia mori (Bon. ap. Uni)., p. 215). Le père de Nogaret avait élé puni, en effet, comme fauteur de l'hérésie des Albigeois. En un mot tous sont ici d'accord pour exalter la conduite de Boniface et pour censurer celle de ses ennemis : jusqu'à Dante, qui fait dire à Hugues Capcl:

Veggio in A.nagu.i en'.rar lo flordaliso El nul Vicario sno Cri lo isscr cailo.

l.i.MOV 1. , : \ W..! !

Veggiolo nu' alita voila > it\ doriso

1. ii.i \iw ladroal i uu i an > i (Ij. Sismondi nous raconte , sur l'autorité de Ferreto . que le pape, après son arrivée ;i Rome, tomba dans des accès de frénésie; qu'ayant chassé tous ses domestiques hors ne ».i chambre, il la ferma par dedans, puis, qu'après s'être frappé la tête contre la muraille «le manière à ce que ses cheveux blancs fussent tout souilles de sang, il s'élouffa furieux sons les couvertures de son lit. Fables, mensonges, du premier moi jusqu'au dernier! Qu'un homme d'un esprit aus-,i élevé que l'était assurément Boniface, ait profondément souffert au dedans de lui-même de se voir peu ianl (rois jours cuire les mains de ses férOees ennemis, victime des outrages de CCS scélérats, SUrpris au milieu même de ses Concitoyens tes plus comblés de bienfaits, mais les plus ingrats1, il n'.v a pas à en douter. Et si nous nous rappelons qu'il avait atteint l'âge avance de quatre-vingt-six ans, nous ne nous étonnerons plus qu il ait conçu nue douleur assez accablante pour le mener à la mort. Mais s'il en fut ainsi, un pareil événement (levait, après la conduite héroïque île Boniface , plutôt inspirer de la pitié et de l'indignation, que des transports d'allégresse et du mépris. Il est vrai que d'autres anciens écrivains ont aussi attribué la mort de Boniface au Chagrin qu'il eut à souffrir pendant sa captivité, mais ils ajoutent précisément que celle mort arriva à cause de son grand cœur: Erat ruim, écrit Goidi , corde tnagnanintUs'. Et pourquoi Sismondi nous ca< he-t-il ce beau trait, digne d'un vicaire du Christ? c'est le cardinal Stcfanesius qui le raeon'.e : Après la délivrance du pontife, un de ses ennemis à mnrt fit saisi ; conduit, en sa présence, il lai accorda son pardon à l'instant.

Puis d'ailleurs, loin de mourir en furieux, comme le rapportent Fcrrelo et Sismondi après lui, le procès /'«//., p. 218) cité plus haut nous prouve qu'après s'être mis au lit en présence de huit cardinaux el autres personnages remarquables , il lit sa profession de foi, more alioruin summorum ponlificum. C'est ce que nous assure aussi son contemporain, le cardinal mentionné ci-dessus ; puis il conclut :

Chrislo lune reddilur almus

Spirilus, et divi nescil jam judicis iram,

Sed mitera placidamque pairis, ceu credere fas est.

Mais que dire des cheveux souillés de sang, des blessures trouvées à la tête, el. comme d'autres le racontent, aux mains, qu'il aurait déchirées de ses propres dents? Sismondi nous dit même que l'on trouva son bâton rongé. Or, voyez comment la divine Providence a su convaincre de mensonge de pareilles calomnies I Eu l'année ltiO.'i, sous le pontificat de Paul V, il fut nécessaire de démolir, dans la basilique du Vatican, la (bâti) Pur:,'. W. Si; — jp vois dans lAagnt Butler la leur de lys; je vms le < hrist captif en la personne de son ù-

cairc. jâ le toit une src le fuis victime de l'ouiraga; je

le vois buiro encore le vinaigre cl le De), c( mourir au milieu de. larrons vu mis.

pelle qucBonila.ee avait pendant lavl IbH construire pour sa sépulture. Avant «le le

iporler au nout eau sépulcr* qu destiné dans les souterrains en \ aiii .m , on ouvrit son cercueil en i ré ence de plusieurs prélats et seigneurs; on fit, pic le lotaine (irim il li, dresser acte de cette ouverture ,> H

décrire avec le plus minutieux détail tout ce qui fut observe Or. trois cents an . JOUC

pour jour, après la mort du pontife, le corne

l'ut trouve entier l corruption. I! lut

attentivement examine par des lart

et autre*, et décrit avec exactitude

couvrait encore Ie> veines et les moindres

vaisseaux. La nature, comme chacun sait,

ne guéi il ni ne cicalris l.-.iea

mort; celles do pontife, s'il si t ou-

vertes peu d'instants avant de mourir, devaient rester dès lors imprimées auenda

et pointant on n'en retrouva aucun v [Rub., 380 . La p au A • la télé était parfaitement saine, cl 1rs main blessures, adeo al summum videnlibus tnj rationna. Mais, dira-l-on , on pouv ail au moins avoir lavé les cheveux de manière à faire disparaître la trace du --aiig. l'as davantage, car le pontife, au lieu d'être blanc, était presque entièrement chauve.

H est temps de conclure. Je le ferai en il sant, contrairement à l'opinion de beaucoup d'historiens, que ce pontife parvint à la dignité suprême en honnéle homme, la s ntml en pape, et la rendit à Dieu en bon < hreti n.

COMPTE-REUDC DES OE1 v r.l s POSTUT Ml s m m -

vKKKxi) Biciivitn u. Froc de, mim âjïglicax. Londres, citez Ritciiujt ■2 vol. in-8*.

Dans lecinquième volumedereltcKevue (1), ]>. 101 et suie. , on a donne connaiss de la nouvelle théologie née à Oxford, el qui cherche manifestement à se rapprocher de la vérité catholique. Ce système n'est, au fond, qu'une réapparition des doctrines qui prévalurent dans l'Eglise anglicane spécialement vers la moitié du dix-septième siècle, alors que celle secte se vil cruellement assaillie par le presbytérianisme, et obligée . pour év iter ses coups, de chercher îles armes el des moyens de défense dans les principes du catholicisme. Mais alors ces opinions ne prévalurent pas jusqu'à fixer sur elles l'attention du peuple . ni de quiconque ne s'occupait pas d'études Idéologiques : aujourd'hui elles ont de l'écho dans toute l'Angleterre : les tribunes, les chaires, la pre-s(., les conversations en répandent les principe, de toutes parts, en sorte qu'il n'\ a pas de sujet relatif à la chose publique qui agile Us esprits plus profondément que les de celle secte nouvelle.

L'année dernière, le dix-sepiième jour de juin, le docteur Ko I, . un des chapelains de la reine d'Anglelerre, prêcha intrépidement, en présence de Sa Majesié, à Windsor, un

sermon sur le texte de S. Matthieu . Wlll . 17, qui servait de litre à sou discours :

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