COQ
Ecoutez l'EijUse. Le prédicateur y soutient l'autorité de l'Eglise et la nécessité d'un guide dans les controverses de foi : toutefois il ne laisse pas que de souiller ses pages par les mensonges que les protestants déclament d'habitude contre l'Eglise catholique. Pour prouver tout l'intérêt que le peuple prend à ces matières , il suffit de dire qu'avant le mois de novembre, on avait déjà publié dix éditions de ce discours. 11 ne se passe point de jours sans que les journaux anulais ne parlent du nouveau système, pour le louer ou le blâmer, selon le parti auquel chacun adhère ; et on peut dire qu'il commence à dominer dans l'Eglise anglicane. Il paraît rtiêmc que l'université de Dublin l'a adopté dans son enseignement public, sous la direction de MM. Todd et Elvington.
Depuis que l'article déjà cité a été imprimé, beaucoup d'autres ouvrages ont été mis au jour; on parlera de qiu'lques-uns dans la suite; mais il n'en est pas qui ait excité jinc attention aussi vive et aussi générale que celui dont nous nous proposons maintenant de rendre compte.
M. Froude fut un des plus ardents promoteurs du système Idéologique de l'université d'Oxford, où il fit ses éludes. 11 naquit à Darlingion, dans le comté de Devon, en 1803, et il est mort en 1835. En 1832, il vint en Italie, puis passade là aux Indes occidentales, dans l'espérance de trouver du soulagement sous un climat plus chaud. Dans le recueil de lettres qu'on vient de publier, il y en a en effet un grand nombre qui sont écrites de ces pays lointains. Après sa mort , ses amis ont réuni ce qu'ils ont pu de ses écrits et les ont fait paraître en deux volumes. Nous ne parlerons pas du second, parce qu'il renferme ses sermons, qui, bien qu'écrits avec simplicité et force, ne méritent pourtant pas l'attention dont sont dignes les choses du premier volume. Ce premier volume se compose du journal particulier qu'il écrivait jour pour jour, et où il marquait tout ce qui avait rapport à lui ; du recueil de ses nouvelles pensées et méditations ; et en outre, d'un grand nombre de lettres confidentielles adressées à ses amis.
Mais avant de rapporter quelques passages extraits tle ces fragments remarquables, il est nécessaire d'exposer certaines observations sur la préface de plus de 20 pages qui les précède. Elle est divisée en deux partie-: dans la première, les éditeurs défendent leur propre cause; dans la seconde, ils défendent celle de l'auteur dont ils publient les œuvres : ils lâchent d'obvier ainsi à diverses censures qu'ils prévoyaient leur devoir cire failes sous ce double rapport. Au premier clx-f d'accusation auquel ils s'attendaient, à savoir, qu'on l ur reprocherait presque comme un sacrilège de publier les confidences d'un ami défunt, ils répondirent que, l'ayant parfaitement connu pendant sa vie, ils ne pouvaient douter qu'il n'eûi toujours désiré servir, autant qu'il lui était possible , la cause qu'il aval! tant à cœur; et bien que, dans son journal particulier, il y eût defl cho-
ses qui n'étaient pas destinées à élre exposées aux yeux du public, cependant i.I avait été prêt à se sacrifier lui-même en faveur do ces opinions, dont il désirait la propagation avec ardeur.
Pour ce qui a rapport à l'écrivain luimême, ils avaient prévu ce qui est arrivé: tous les prolestants l'ont accusé d'avoir eu un penchant affectueux pour les doctrines et les pratiques catholiques ou papistes, comme ils disent. Or, pour repousser ce reproche, les éditeurs allèguent quelques rares passages dans lesquels il blâme la croyance ou la conduite des catholiques en certains points. Nous ne parlerons pas ici de ces fragments : il suffit de remarquer que nous les avons réfutés dans un journal anglais, en faisant voir que plusieurs reposent sur de très-fausscs dt nnées et ont été en grande partie corriges par l'auteur même à mesure qu'il élait mieux informé; quelques autres ne sont que des paroles jetées sans réflexion dans la chaleur cl le feu de son style. Tous d'ailleurs se trouvent dans la partie de ses écrits dont la composition précéda les études théologiques plus approfondies auxquelles il se livra plus tard.
C'est pourquoi le but principal de cet article sera de montrer que ce jeune homme, doué d'un esprit ardent, habile et plein d'intrépidilé, fut toujours poussé vers la vraie foi, en découvrant chaque jour quelque nouveau motif d'amour pour elle, de haine pour le protestantisme. Mais ensuite, frappé de la mort au plus beau de ses découvertes , il n'eut pas le temps de cueillir le fruit que l'on pouvait présager de prémices si brillantes. En lisant son journal , nous n'avons pu nous empêcher de remarquer le désir qu'il a\ait de s'exercer dans les pratiques les plus rigoureuses de la vie ascétique. Pour dompter en même temps le corps et l'esprit, il s'imposa des jeûnes excessifs pendant lesquels il s'abstenait de prendre de la nourriture jusqu'au soir; et même alors le repas qu'il faisait était d'une frugalité extrême {par). 38, 49, 50). Et non content de cela, il prenait le plus souvent son repos couché sur la dure (p. 30, 4-0). Mais loin de puiser du courage dans ces exercices de rigueur excessive , il remarque au contraire qu'ils ne faisaient naître en lui qu'un esprit de langueur, de l'ennui et l'abattement de ses forces mentales. Ceci démontre clairement toute la nécessité de ce guide que la religion catholique peut seule fournir, et par les règles pleines de sagesse qu'elle propose à tous, et par la direction particulière que les ministres de Dieu savent imprimer à chacun au tribunal de la pénitence. Et en effet, il s'aperçut à la fin que ces actes de mortification ne peuvent procurer que peu de fruit ou de mérite dès qu'ils sont le résultat du goût et du choix de chacun, dès qu'ils sont séparés de l'ohéissance et de la subordination dues à l'autorité de l'Eglise. Dans une, lettre de l'année 1827, voici effectivement ce qu'il écrivait à M. Kèble , à qui il avait fait connaître l'état dans lequel il se trouvait : Je suis charmé du coi.-
GH 110NBT1M1
seil 'tue nous me i "<<■ ; ver à l'unité catholique , à laquelle nous rs-
< :/ j m, lis l'esprit si ubatlu , que le courage pérous Bituèrcmcnt que lendenl ceux qui se
me manquait nîéme pour me lia' i à cet pêîtr tonl joints à lui.
tes mortifications que, de mon propre ntoutw Eroude était ua des coopéraient? d< s Traimenl,je m'étais imposées, li ailleurs, je le sens, tés pour les temps présents (t)j mail il sesn— souj hur apport nef d'humilité . elles fournis- bte qu'il a'étail pas satisfait au point d'appui sent un aluni ut à l'orgueil. (Jaunit nous nous- sur lequel on fait r l< - principe i de les imposons de nous-mêmes, elles me parait— celle colleclion. Il \ii ér idem ment que s'ils sent toutes différentes de ce qu'elles sont quand avaient solidement raison ué, ses amii ,.w- V Eglise nous les impose, [a jeûne mime n'est raient dû s 'avancer au delà du terme où let pas exempt de mai pour In- esprits faibles : retenait la crainte. Et , à notre avis , il était car, quoique nous agissions dons le secret, prêt à tirer ju qu'aux dernières déductions noms ne punit, ii.< éviter la pensée que nous logiques. Mais il faut maintenant procéder [.lisons ce que m- font pus les autres [p. 212). avec ordre, en i (.posant les principales choix besoin d'une règle pour se conduire ses qui sont ion. ns l'ouvrage que dans le vrai chemin de la perfection se re- nous examinons.
marque aussi dans l'absence totale de ces Le dégoût pour le protestantisme, en lani pratiques que les saints joignirent toujours qu'il est appelé réforme, apparaît d'abord aux rigueurs delà mortification; telles sont faiblement dans notre auteur; mais ce dégoût l'exercice de la méditation , l'examen quoli- devient plfis visible à mesure qu'il appi dien de la conscience, les œuvres de miséri- du terme de son existence. En 18.'J:J, voici corde dans un degré plus sublime, et tant les sentiments qu'il nourrissait dans son d'autres. De là vient que la dévotion qu'il cœur : J'ai étudié à loisir l'histoire de l manifeste ne contient rien de tendre ni de forme au temps de la reine Elisabeth. Vraiconsolant ; on n'y voit pas d'élans d'amour ment cela dégoûte. Que penser ex-ooue de moi vers Dieu, ni de confiance dans sa miséri- quand je vous dirai que je me proposais de corde : c'est plutôt une terreur mystérieuse faire une apologie des premiers puritains '.' et profonde, de l'anxiété et du doute. Je le crois certainement, ils méritent grande .Mais toutes ces erreurs qui provenaient de pitié. Les épiscopaux n'invoquèrent point en la religion à laquelle il avait le malheur leur faveur le jus divinum ; et au fond, la d'appartenir, ne font naître en nous que des reine Elisabeth se considérait comme l'origine sentiments de compassion quand nous lisons du pouvoir ecclésiastique : et son parti la rôle journal où il se montre ingénument à gardait aussi c mine telle J). 32.'i . découvert, et quand nous voyons qu'il ne Etant à l'Ile de la Barbade, dans les Ind méritait pas d'être traité avec légèreté et dé- occidentales , où il était allé [tour motif de rision comme il l'est dans les commentaires santé, il s'appliqua à l'élude des anciens que certaines feuilles anglaises ont fait sur conlroversistcs et réformateurs, et celle lui, et qu'il n'était pas digne de ces censures élude ne lui (il point concevoir plus de resamères auxquelles son journal a très-injus- pect pour eux. En 1834, il écrivait : « Quant tentent donné lieu. Nous croyons certaine- à Jewell (2), il appelle la messe votre maudite ment que sa manière ardente de s'exprimer et vile cérémonie; il se moque de la su plutôt que de sentir, le fait souvent parler sion apostolique en principe et en fait, et des autres avec âprelé et rigueur ; c'est pour prétend que la seule succession digne d'être cela qu'on éprouve une impression défavo- reçue est la succession de doctrine. 11 DM rable à son caractère ; mais nous avons toute clairement que le sacrement de la cène du raison de penser que ce caractère fui délicat Seigneur soit un moyen de grâce si l'on y et aimable. D'ailleurs son naturel laisse voit antre chose qu'un gage; car il l'appelle entrevoir tant de belles qualités, tant de de- une fantaisie de M. Harding (3). 11 du que les fiance de soi , mêlée à une grande force d'à- seules clefs du royaume des cieux sonlTÛMfrtfme ; tant d'indépendance de caractère unie clion et la correction : et qu • le seul moyen à la déférence pour les sentiments des autres, de s'en senir pour ouvrir le royaume, c'est qu'il estimait toujours plus savants et plus de loucher la conscience des hommes : il prévertueux que lui; tant de vivacité d'esprit tend que lier et retenir, c'est simplement jointe à tant de sérieux par rapport aux \e- prêcher que Dieu punira la méchanceté ; que rites religieuses ; enfin un désir de devenir délier et remettre , c'est simplement prêcher plus parfait et meilleur, si ardent et si sin- que Dieu pardonnera à qui se repent et a la cère, que notre cœur se sent porté à glisser foi : il justifie Calvin en disant que le sacrelégèremenl sur les défauts de ce jeune liom- ment de la cène du Seigneur serait inutile, si. me et à s'arrêter avec plaisir sur ses plus sans ce secours, nous nous rappelions belles qualités. la mort du Christ; il jette le ridicule sur la Aussi, à mesure qu'il avançait en âge, son consécration des éléments . et explique indiesprit s'éclairait davantage sur les de- rectement que la manière de recevoir vérifauls et l.'S erreurs du système de religion laidement le corps et le sang est de les dans lequel il avait été élevé, elil commen- voir dans notre mémoire. J'ai exactement çait à reconnaître franchement la nécessite note les preuves de tout ceci, et je vous en— d'y faire des corrections. 11 est clair qu'en
reVi il nréeedi ses rnmnnimons et il est ft) Voyez sur ecc! lartieb de l.i nmie nié | tus haut
ceci il preceua ses compagnons ,ei il esi i du uanj* de la m devint évè.,uo
réellement a croire que sa mort prématurée ,i . .. i ,.,,n.
a élé Punique cause qui l'a empêché d'arri- liquo <uii réfuta Jewatt.
3i3 COMPTE-RENDU BBS OEUVRES POSTHUMES DE FROUDE.
ci;
terrais ces extraits s'il n'était pas trop incommode de les transcrire » {p. 339). Ceci se passait en janvier. Au mois d'octobre son dégoût pour la réforme et pour ses auteurs s'était visiblement accru ; car il disait en parlant d'eux : « Quant aux réformateurs , je m'en forme toujours une plus mauvaise idée. Jewel était un de ces gens que vous appelleriez aujourd'hui un dissident mal élevé. La Défense qu'il écrivit sur son Apologie m'a dégoûté plus peut-être que tous les ouvrages que j'ai lus. Je vois que l'évêque Hickcs et le docteur Brelt sont de mon avis ; et je crois que Laud (1) n'est pas non plus éloigné de celte opinion. La préface aux trente-neuf articles eut certainement pour but de nous détacher des réformateurs » (p. 379 380). Ce qui suit fut écrit deux mois après: « Quand votre lettre arrivera, je m'attends à une leçon sévère pour mes sentiments calltolicoromains. A vrai dire, je hais la réforme et les réformateurs toujours de plu=s en plus ; et je me suis presque mis dans la tête que l'esprit rationaliste qu'ils ontsuscitéest le s^«devpoffarn de l'Apocalypse. J'ai aussi mon opinion particulière sûr la bête et la femme, opinion qui ne cadre pas avec la vôtre : mais je ne veux point vous ennuyer pour le moment. J'ai été longtemps sans rien écrire ; seulement j'ai lu avec inconstance et paresse; mais en vérité ce n'est point par négligence : parce que je trouve que moins je sais, mieux je suis , et ainsi , par principe , je m'abstiens de faire bien des choses que je me sens tenté d'exécuter » (p. 389J.
L'extrait suivant dévoile son opinion à l'égard de ces hommes en l'honneur desquels son université a récemment proposé d'élever une église : « De plus , pourquoi louez-vous llidby ?» (Probablement dans les Traités poulies temps présents, où il reçoit l'épithèle de circonspect par rapport à la doctrine de l'eucharistie.) « Lui connaissez-vous assez de qualités pour conlre-balancer en lui le compagnon de Cranmer, Pierre martyr, et Bucer?... N. 15. que la Revue d'Edimbourg a bien démasqué Luther, Mélanchlhon et compagnie! quel génie propice lui a inspiré en notre faveur ce travail dégoûtant?... Quant à moi , je suis résolu de m'absleuir , le plus qtl'il me sera possible, même de toute phrase qui pourrait m'associera cette classe d'hommes. Je n'appellerai jamais la sainte eucharistie lu cène du Seigneur, ni les prêtres de Dieu, ministres de In parole, ni r autel la table du Seigneur , etc. Ces phrases sont innocentes en elles-mêmes , mais on les a avilies ; et c'est un faiv que vous semblcz avoir oublié en beaucoup d'occasion-. J:: ne ferai jamais de reproches aux catholiques romains, considères comme formant une Eglise, si ce n'est pour nous avoir excommuniés » [p. .'393) .
Peur avoir une idée du progrès que fil son esprit dans l'exacte appréciation des carac-
(I) Ai de Cantorbérj an temps <le Charles t ;
il fui décapité i>;»' les puritains ;'i cause de son ferme lllicill à l'an; !
tères de ceux qu'on a appelés pères de la réforme , il faut remonter à une époque antérieure à celle où il écrivait les passages qu'on vient de lire, pour voir avec quel langage circonspect et mesuré il croyait devoir parler d'eux. Ce qui suit est extrait d'une lettre en date du 29 janvier 1832. J'ai été fort désœuvré tous ces jours ; cependant de temps en temps je prenais en main Strype , et mon admiration pour les réformateurs ne s'est point accrue. Comme on ne doit pas parler avec légèreté d'un martyr, je ne permets pas non plus à mes opinions de franchir les limites du scepticisme. Mais, en vérité, je me sens sceptique quand il faut décider si Latimer n'était pas quelque chose de semblable à Bulteel ; si le catholicisme de leurs formulaires n'était pas une concession fuite aux sentiments de la nation, alors que le puritanisme n'était pas encore devenu populaire, et que cette, nation pouvait à peine souffrir les altérations qui s'opéraient sans cesse ;cl enfin si la marche des choses sous la minorité d'Edouard VI ne pourrait pas être, considérée comme le résultat des brigues d'une faction. Je me rendrai justice en disant que ces doutes me font peine et que j'espère les dissiper en partie en étudiant davantage. Jusqu'ici j'ai été porté à penser mieux de Bonuer et de Gardiner (1), que je ne t'avais fait autrefois. A coup sût t'ifi'-i de la réforme est pour moi terra incognita , et je crois qu'elle n'a été exposée par aucun de ceux à qui j'en ai entendu parler {p. 251,252).
Nous avons vu combien les lectures qui suivirent furent loin de dissiper ces doutes irrévérencieux, sur le compte de ces hommes, et combien son langage prend plus de hardiesse quand il parle de ces martyrs.
A côté de ce dégoût toujours croissant, ou plutôt de celle haine pour la reforme cl ses auteurs, nous observerons un rapprochement visible vers les vérités el les pratiques catholiques. Il n'est pas difficile de trouver dans les fragments déjà cités une foule d'expressions qui prouvent cette tendance. A rôle des sentiments qu'il manifeste sur les réformateurs nous pouvons mettre ce jugement, qu'il porte sur un de leurs adversaires les plus ardents : Le personnage qui me plaît davantage parmi tous ceux que mes lectures m'ont fait connaître, c'est le cardinall'olas. On le prendrait pour un héros d'un monde idéal; c'est un mélange de sentiments chevaleresques et catholiques, parai à ce qu'on alli nd de chaque peuple avant de lire son histoire (p. 25V).
L'extrait suivant fera voir combien il était disposé, en 1834-, à juger favorablement des pratiques catholiques . même quand on ne peut les trouver clairement dans les écrits des premiers siècles, et à exiger des antres des preuves pour les détruire au lieu de nous demander des arguments pour en démontrer l'évidence : « Vous serez scandalisé de mon aveu si je vous dis que, chaque jour, je de-
(I) Prélats catholiques sous la reine M. me, qui forent en ImllP aux plus noires calomnirsdos écrivains pretestauts.
DEMONSTKATIU.il ÊVANCÉMQI E.
v\\ u> moins Bdèle entent de la réforme. il me parait évident que dans toutes lei matière» qui nom semblent indifférentes, ou même douteuses ns devrions conformer nos pratiques à celles de l'Eglise qui a conservé sans interruption ses pratiques traditionnelles. Nous ne pouvons trouver aucune pratique de l'Eglise de Eome, indifférente en apparence, qui ne soit un développement de I '.: <-; apostolique. El qu on ne venue pas dire qu'il est impossible d en trouver des preuves dans les ouvrages des sii premiers siècles : il faut en trouver une réfutation pouf avoir droit de les rejeter »
Il n'est pas moins intéressant d examiner le progrès de ses opinions sur des sujets particuliers. Et d'abord, relativement à l'eucharistie, nous voyons bientôt qu'il désire outrepasser la phraséologie timide de la Becte, et reconnaître dans le sacerdoce ce pouvoir que l'Eglise catholique admet seule. En 1833 il s'exprimait ainsi qu'il suit : « 16
septembre; .Monsieur m'a l'ait savoir
vos résolutions à l'égard de noire associalion :je les crois excellentes; seulement je voudrais savoir pourquoi vous évitez de dire que le pouvoir de consacrer le corps et le sang de Jésus-Christ a été transmis aux successeurs nés apôtres : cela me semble beaucoup plus simple et moins sujet a la dispute que de dire, la continuation et l'application convenable du sacrement» {p. 256)<
Dans un autre endroit, pour défendre celle façon de parler du très-saint sacrement, il cite les paroles de l'évéque Bull, qui écrivait: « Personne n'ignore que les anciens Pères enseignaient généralement que le pain et le vin dans l'eucharistie, par la consécration et dans la consécration, deviennent et sont faits (are mode) le corps et le sang de .lesus- Chrisl. « En 1835, il condamne ce qu il appelle la doctrine protestante sur l'eucharistie, avec d'énergiques expressions. Voici ses paroles : « Je suis de plus en plus indigne contre la doctrine protestante sur l'eucharistie ; je pense que le principe sur lequel elle repose est plein d'orgueil, d'irrévérence, et aussi insensé que celui de toule autre hérésie, J compris même le socinianisine » (pag. 31)1)" Il y a plus: écrivant à l'auteur de Y Année chrétienne (1) , il lui reproche de nier que le Christ soit dans les mains du prêtre aussi bien que dans son cœur : « Quant a 1 .1 chre tienne, dans V hymne pour le 5 novembre...., Ù est présent dans son cour et non pas "dans ses mains, etc., comment reconnaître la vérité dans ces mois : et non pas dans ses mains/ et encore (dans l'hymne), pour la communion, vous paraissez entaché de protestantisme » (p. +03).
Ces passages font voir iusqu a quel point l'auteur était disposé à devancer ses amis pour se rapprocher des doctrines catholiques ei de nos expressions. Car quand ou a une luis accorde que, par les paroles de la coutil Recueil d'hymnes sacrées pour toutes les fêles du , i, |,i | roU'slatil . composées |iat M Kéble.
sec ration, le pain et le >in sont faite corps et sang de JrMi- Christ , el qu'ainsi, non-seulement le corps est présent quand m le r»
çoil. mais qu on peut dire ai lueliemenl qu'il
dans l< s mains de celui qui tient les sacrées espèces, il ù v a pas loin de là, assurément, a revêtir ces doctrines d'expressions et de termes propres à dénoter un assentiment parfait à la doctrine catholique sur l'eucharistie.
a «es passages nous eu ajouterons deux.autre> dans lesquels il est parlé de la liturgie
ou de la ii. esse. Le premier se lit a l.i p>. 366, où il dit que les liturgies portent ne
COUp mortel OM protestantisme, M l'aimer (1 a
raison quand il assigne leur antiquité it leur indépendance d'origine.
L'autre passage nous traduit encore plus clairement sa pensée par rapport à la messe
et à certaines façons dédaigneuses avec lesquelles ses amis la traitaient. Parlant d'un certain personnage résidant à la Barbade .
il dil : Pendant longtemps il m* regarda comme un vrai sophiste; mais P... l'amena êsmê les sentiments qu'exprime Palmer dans le chapitre sur les liturgies primitives, et je crois véritablement (pie maintenant d consentirait volontiers et voir éi la place de notre rit de communion (communion-service) une bonne traduction de la liturgie de suint Pierre, hoi/i que je vous avertis de substituer, dans i notes sur..., à ces fausses expressions de livre de messe [màss— book] [p. 387] (S).
L'élat du célibat et en même temps la vie monastique semblent avoir excite atissj s. n admiration. Dernièrement, écrit-il, U m'est venu dans l'idée que l'état actuel des choses m Angleterre ouvrira une voie au rétablissement du système monastique. J'ai dessein d'espacer cette opinion sous le titre de Projet pour ranimer la religion dans les grandes v iiles. .1 sûrement le jilus facile de tous h s moyens possibles de pourvoir efficacement aux besoins spirituels d'une caste population serait d'avoir des collèges de prêtres célibataires , qui pussent naturellement prendre éi leur gré des caies ou des bénéfices... Je dois faire un tour à travers le pays pour chercher les petites brebis égarées loin du véritable bercail ; il y > n a beaucoup de tous cotes, j'en suis sûr. (et
odieux protestantisme s'est tant occupé d'elles p. 322 ! Hélas ! plût au ciel que ces sentiments eussent été exprimes par la DOUCSM d'un catholique : alors ils auraient ele conséquents et auraient eu plu- d'effet ! Si ^u\ anglican pense que l'Angleterre est ass, / mure pour recevoir l'institution monastique et croit que c'est le moyen le plus I IhYace de ranimer la religion, combien ne nous scra- I-il pas plus permis d'avoir la même pensée . à nous die/ qui ce genre de vie n'est pas un
(!) Auteur du nom et ouvrage iuUlulé : Hor« /.'" [il h | arail que M. Fraude avait uue a lu pratique que lueoiique pour le Bréviaire: c'est eu qui résulte d'une lettre dans laquelle il exige de ses amis qu'ils lui envoient à la Barhade te parti s ifanti>nau et tTmsrr du Bréviaire (p 58 N ss ous curieux de savoir corn* me.il peuvenl réciter Pofflce ceui iiui rejouent les prières ■ux saints, srécialemenl aux saints ntodej