‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 98 sur 167 · LE 11 AVRIL · texte numérisé non relu

LE 11 AVRIL

PAR MONSEIGNEUR L'fcvFQtE DE ZIMYRA, COaDJCTEUH DÉDIMBOURG.

Seule héritière des promesses d'en haut, seule aussi, mes chers frères, l'Eglise catholique a toujours continué à être féconde sur la terre. Il s'est formé à côlé d'elle, il est vrai, quelques sociétés éphémères qui se sont dites aussi l'Eglise , mais qui n'étaient point elle ; aussi ont-elles passé avec le temps, ces Eglises d'un jour, OU bien elles passent. Mlles voudraient faire croire au monde , nous le savons , que c'est à elles que Jésus-Christ a légué la mission sublime d'enseigner tous les

peuple); mais pour devenir apôtre, il n'est qu'un moyen, mes frères, il faut avoir t te appelé à 1 cire. \n- ptùêjuèm stimit $ibi honorent, dit saint Paul, personne ne peut s'attribuer à soi-même l'honneur du sacerdoce : Non vos me etegistis, »ed ego efogi tôt, dit Jesus-Christ lui-même ; ce n'est pas vous qui m'avez choisi . c'est moi qui ai fait choix de vous. Simon ne réussit pas à acheter au poids de l'or le pouvoir de faire descendre sur les fidèles l'EspriUSaint Aussi pourrait- ou dire

EXTRAITS DE LA ItEVUE D'EDIMBOURG.

à ces hommes dont je veux bien reconnaître ici le zèle et la bonne foi : Vainement courezvous la terre et les mers pour faire un prosélyte; inutilement vous dépouillez-vous de vos richesses; votre œuvre sera toujours stérile, car vous n'êtes point ceux à qui il a été dit : Allez, enseignez ; vous n'aurez rien à prétendre à ce ministère : non esl tibi pars neque sors in sermone islo. On pourrait le leur dire, chrétiens, si déjà ils ne venaient nous l'avouer eux-mêmes. Et pour ne parler ici que de cette Angleterre, dont le généreux dévouement est certes bien digne d'une meilleure cause, qu'a-t-elle pu faire jusqu'ici avec tant de missionnaires, tant de millions d'argent et de milliers de Bibles et de traités religieux? Depuis près d'un demi-siècle elle travaille à l'œuvre de ses missions avec un zèle qu'aucune difficulté ne rebute, et chaque année voit s'accroître ses moyens de dépenses. D'après son propre aveu, elle y a consacré, l'année dernière, de concert avec quelques sociétés d'Amérique, plus de vingt-deux millions de francs ; et si l'on ajoutait à cette somme déjà énorme ce que destinent chaque année pour la même œuvre ses diverses colonies et les autres pays protestants de l'Europe, on serait certainement en deçà du vrai en portant le tout à la somme annuelle de quarante millions ! Eh bien 1 que fait-on avec tant de ressources? — ce n'est pas moi qui vais vous le dire , mes chers frères , ce sont trois sociétés protestantes de mon pays qui vont vous rendre compte elles-mêmes du résultat de leurs travaux ; et vous pourrez juger par là de ce qu'on fait ailleurs où les ressources sont plus minimes, et les circonstances moins favorables. Mais pour mieux apprécier l'aveu qu'elles ont à nous faire, citons d'abord ce passage remarquable d'un écrit qui fait autorité en Angleterre, et dont l'auteur, le docteur Buchanan , avait longtemps résidé dans le pays qu'il nous décrit comme offrant au zèle des missionnaires les plus belles espérances : Aucune nation chrétienne, nous dit-il, ne posséda jamais un champ plus vaste pour la propagation de V Evangile, que celui que nous ouvre ici notre influence sur cent millions d'habitants qui peuplent l'indoslan. Aucune autre nation ne posséda jamais, pour étendre la foi chrétienne, les facilités que nous offre ici l'obéissance toute passive des peuples dont nous sommes les maîtres. Ils se soumettent volontiers à notre empire, ils vénèrent nos principes et reconnaissent hautement qu'il y va de leur intérêt de nous rester

soumis (1). Certes , mes frères , voilà ce me semble, un champ bien préparé pour ces ouvriers évangéliques. Ils vont avoir affaire à un peuple qui se soumet volontiers, qui vénère leurs principes , et qui trouve son intérêt dans sa soumission. Voyons maintenant leurs succès.

Il est question de répondre à un savant et vénérable missionnaire français , qui a osé avancer, il y a quelques années, que les missionnaires protestants n'avaient encore fait aucune conversion dans l'Inde (2). Voici la réponse que fait en preuve du contraire un membre de la société des missionnaires baptistes : Lorsque je quittai le Bengale , dans le mois de novembre 1822 , il y avait un Indien qui manifestait un vif désir d'entrer dans l'Eglise chrétienne, désir que les missionnaires d*. Calcutta pouvaient raisonnablement attribuer à des motifs vraiment louables ; leurs espérances , à cet égard, se sont confirmées , et au moment où je parle, il a été baptisé. Ici il y a une similitude remarquable entre les premiers effets obtenus par les missionnaires de la société de Londres et la première victoire qui a couronné les travaux des missionnaires baptistes. Le premier Hindou converti par les missionnaires baptistes embrassa le christianisme sept ans après le début des opérations de la société dans l'Inde ; la société de Londres à Calcutta a opéré sa première conversion au bout du même laps de temps. Il faut ajouter que la société de l'Eglise ( the church society ) recueillit le premier fruit de ses labeurs à Bourdwan, après que la patience et la foi de ses missionnaires eurent été soumises à une épreuve de sept ans (3).

Voilà donc trois sociétés de missionnaires protestants qui, lorsqu'il s'agit de prouver au monde que leur apostolat n'a pas été stérile , sont réduites à nous avouer qu'avec toutes les ressources pécuniaires dont le zèle de leurs compatriotes les a si généreusement dotées, au milieu d'un pays dont les habitants trouvent leur intérêt à demeurer soumis à l'Angleterre, et au bout de sept années de patience et de travaux, elles ont, par une similitude remarquable , réussi chacune à gagner un prosélyte!

(1) Mémoire sur l'utilité d'un établissement ecclésiastique dans l'Inde britannique.

(2) M. l'abbé Dubois, un des directeurs du séminaire des missions étrangères, qui a résidé trente ans dans l'Inde, et dont l'ouvrage sur les mœurs indiennes a paru si important au gouvernement anglais, qu'il en a acheté le manuscrit.

(3) British crit. janv. 1835.

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