‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 103 sur 255 · IN GR*:CUM TRANSTULEIUT, NON SATIS CERTIVI · texte numérisé non relu

IN GR*:CUM TRANSTULEIUT, NON SATIS CERTIVI

est. {De Vir. iUustr., c. 3.) Mais cet écrivain n'est peut-être pas assez ancien et assez digne de foi? En ce qui touche la dernière qualité, il serait difficile d'en produire un meilleur. Mais quelle étrange minière de procéder 1 Demander un témoin là où une foule parle, interroger un seul homme sur un poinl'dont tous rendent témoignage! En effet tous les écrivains, depuis Papias jusqu à saint Jérôme, qui se sont servis de notre texte de saint Matthieu , qui l'ont employé comme l'ouvrage de cet apôtre et ont en même temps soutenu que l'écrit original avait été composé en hébreu, ont nécessairement eu sur le rapport des deux écrits l'opinion que saint Jérôme nous rapporte par hasard expressément, ou il faut bien dire qu'ils ont tait trêve complète avec la pensée et le bon sens.

Suivant Eusèbe, ou plutôt d'après une ancienne tradition, saint Pantene , chef de 1 ccole des catéchistes à Alexandrie, dans le second siècle, fil un voyage apostolique dans

mai cependant il nous est indirectement d'une grande importance. lieu deux témoignages d< Papi m et de t;i" ' P»ot »e , < ment anaeui el dignes de foi, ne perme tent

plus (le douter qu • I l tint Matthieu

eût cent un Rvangtte hébreu. Le d<

surtout lait tomber comp élément cette o lion tant de fois soutenu", que pet loi ne 0 vait vu le (e\le hébreu de saint Matthieu. Or, s'il est vrai que saint Matthieu ail cent nnBvàngile hébreu, et que PlsVaagile o mua primitivement sousson nom lui aj<p irtie la source de notre texte i/rec, pn |, ir tous !'-s témoignages de Pantiquilé ehré- .,• ■ t xle lui-même, se trouvent avérés d'une manière -\ positive, qu'il esta peine possible d'élever un doute sur son authenticité du côté des preuves externes.

trouva saint

les Indes (l'Arabie méridionale), et y chez les chrétiens l'Evangile hébreu d Matthieu, que l'apôtre saint Barthélémy leur avait apporté pendant le séjour qu il avait fait chez eux autrefois. Beaucoup Je Juifs habitaient l'Arabie, et il est probable que les confesseurs de la nouvelle foi, qui se trouvaient en ce pays, appartenaient .a a nation iuive et se servaient de l'évangile hébreu de saint' Matthieu. Euéèbe ajoute que, d après la tradition, cet Evangile avait été conserré ,'enuis le temps de saint Barthélémy jusqu a celui de saint Pantène : *Hi ml s*Ç«Wtei*iç tov

*\ft7eï^

en .ce généralement reconnu indépendant de

relui de Papias, de preuve immédiate de I au-

leuticitéde nôtre U*te de saint Matthieu •

Nous devons aussi placer Hé?ésippe au rang des témoins les plus anciens que l'on puisse invoquer en faveur de l'authenticité d'un écrit apo-tolique. Saint Jérôme.dans sa li, te des écrivains ecclésiastiques , le pla avantsaint Justin martyr; suivant Eusèbe.

il Vivait z-k'i rôç icpittriç t"v àîTOT-o/ '»v •. './ -, et 1 < une liobaras l'appelle ùp^aïoi ht p yyi i trtolaâç. Comme Hegésippe dans ses i U.J.-.OL rapporte quelques passages !k <rt roû *«•' ESpaîoufeù y t\ii\> xal tov ïvputxoO wû tSi fizrr.c 'ESoatîos î«aéxTov, Kusèbe en conclut a\ rai'son qu'il était juif chrétien. Cet Evangile des Hébreux es! le texte hébreu de saint Matthieu au temps d Hegésippe, c'est-à-dire dans la forme sous laquelle les juifs chrétiens et les nazaréens les plus rapproché* de l'Eglise orthodoxe le possédaient a celle époque. C'est de cet Evangile hébreu de sa ut Mat heu, dit-on, que sont tirées les citations el les allusions dont nous allons parler.

Hegésippe raconte dans Eusèbe (H. E. ni , 20) que l'empereur Domitieu ûl venir les petits-lils de saint Jude, le cousin germain de Jésus, pour leur demander quand le royaume du Christ a- ait commencé et quel etai c- ton aume : 'EyÇtîro fàp rtv napovvia' t v Xptoraû wr y.%i 'ilpiSn?. H y a ici une allusion manifeste à saint Matthieu, H, 3. Or de ce qu'Hégésippe fait, au rapport d'Eusèhe, quelques citations de l'Evangile des Hébreux, il ne s'ensuit aucunement que l'allusion présente soil empruntée à ce texte. Bien plus, Eusèbe n'indique que quelques cas exceptionnels dans lesquels Hegésippe suit l'Evangile des Hébreux. Eusèbe a l'habitude , au contraire, quand il rapporte un passage d'un ancien. d'ajouter expressément qu'il est emprunte a l'Evangile de- Hébreux ou à un autre cent semblable. Osl ce qu il fait pour l'api is (\ . p. (i). Et il n'aurait pas omis ici sa remarque habituelle, s'il av ait eu sous les yeux une citation ou une allusion tirée de l'Evangile des Heureux. Il est donc bien plus vraisemblable qu'Hégésippe avait eu à sadisposition notre texte de saint Matthieu, el cela d autant plus que les deux premiers chapitres de notre Evangile m m i la eut. à c \ rail Sans celui des Hébreux. Pins le cotex

LE DOCTEUR STRAUSS ET SUS ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE

ccxxxn de la Bibliothèque de Photius , Etienne Gobants rapporte qu'Hégésippe rejette le passage de saint Paul : L'œil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, etc., ce que Dieu prépare à ceux qui l'aiment (I Cor. h, 9), comme contraire aux saintes Ecritures et aux paroles du Seigneur : Max/piot o! ifOa.lp.oi vp&v oî pX'.irwceç xkî t« wt« ùpwv ~k àxoûovra.

{Matlh. xiu, 16). D'après les raisons que nous venons de donner, nous ne regardons pas cette citation et l'allusion dont nous avons parlé plus haut comme extraites de l'Evangile des Hébreux, dont Hégésippc rapporte quelque chose, mais comme tirées de notre texte grecdesainl Matthieu, avec lequel elles s'accordent mot pour mot. Il en est sans doute d'Hégésippe comme de Papias, qui se servait de notre Evangile de saint Matthieu et connaissait en même temps le texte hébreu et en tenait compte : qu'Hégésippe étant juif chrétien ait connu le texte hébreu de saint Matthieu, cela est positif et n'a pas besoin de preuve; mais il n'est pas moins certain qu'il a fait usage de notre texte grec. 11 savait le grec, faisait de grands voyages, était en relation avec les Eglises corinthienne et romaine, et faisait partie de ces juifs chrétiens qui se tenaient toujours en communication avec les Eglises orthodoxes. Le texte grec ne pouvait rester inconnu à un tel homme, et le cachet hébreu de son origine et de sa tendance devait le lui rendre agréable.

Si l'on tient compte de l'antiquité et de la position d'Hégésippe, on ne pourra méconnaître la haute importance de son témoignage en faveur de notre Evangile grec de saint Matthieu. Un juif chrétien, qui connaît de la manière la plus précise l'Evangile hébreu de saint Matthieu, se sert de l'Evangile grec comme d'un livre saint qui reproduit fidèlement les paroles du Seigneur que saint Matthieu a recueillies. Nous n'en dirons pas plus long sur les témoignages les plus anciens et qui viennent directement à l'appui de l'Evangile de saint Matthieu.

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