‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 104 sur 255 · ÉVANGILE DE SAINT MARC · texte numérisé non relu

ÉVANGILE DE SAINT MARC

Si l'on peut encore douter que le témoignage le plus ancien, rapporté ci- dessus en laveur de l'Evangile de saint Matthieu, soit attribué avec raison au prêtre Jean, disciple du Seigneur, ce doute devient impossible à l'égard du témoignage sur l'Evangile de saint Marc qu'Eusèbe nous a conservé dans le même endroit. Eusèbe nous cite ces paroles de Papias: « Ce prêtre (Jean) dit aussi : Marc, l'interprète de Pierre, écrivit exactement ce que le Christ avait dit et fait, autant qu'il en avait conservé la mémoire, mais il no mil pas cela dans l'ordre (où xviu) dans lequel le Christ avait parlé et agi ; car il (Marc) n'avait pas entendu le Seigneur, et il n'était pas un de ses disciples et de ses compagnons ; mais plus tard, comme je (prêtre Jean) le disais, il s'attacha à Pierre qui disposait ses euseignemcnls suivant les circonstances et es besoin, 'le ses auditeurs, mais n'eut ja- (1) Adversut hœretet, m, c. 10, 11, 1G.

mais pour but de présenter un ensemble (historiquement complet) (o-ûvra?t?, Luc i, 1-4) des histoires du Seigneur (rëw xv/hocxsôv /ôyr,)V). En sorte que saint Marc n'a point failli quand il couchait quelque chose sur le papier comme il (Pierre) le racontait de mémoire. Car il (Marc) n'avait qu'un soin à prendre. C'était de ne rien omettre de ce qu'il avait entendu, et de ne rien ajouter ou changer. » On a soupçonné et même soutenu positivement que le prêtre Jean, en rendant ce témoignage sur le récit évangélique de saint Marc, avait sous les yeux un écrit tout différent de celui que nous possédons à présent sous ce nom. Nous sonderons bientôt les fondements de cette assertion; examinons d'abord ses inconséquences historiques. On accordera que Papias a dû connaître l'Evangile dont il rapporte l'origine d'après le prêtre Jean, qu'il s'en est servi, et que cet Evangile est le même que celui du prêtre Jean. Si nous avions maintenant des citations de Papias tirées de son Evangile de saint Marc, nous arriverions immédiatement au fonddc la queslion.On ne peut douter qu'Eusèbe, qui fait parler Papias et avec lui le prêtre Jean sur l'Evangile de saint Marc, n'ait possédé notre texte et n'ait appliqué à ce texte ce que Papias et Jean disent de cet Evangile. Mais Eusèbe étant séparé de Papias par une distance de deux siècles, doiton admettre sans plus ample informé que son texte de saint Marc, et par conséquent aussi le nôtre, fût le même que celui de Papias? S'il est vraisemblable que ce dernier, dans ses cinq livres teylm y.vpi<xy.s>v sinyn-Teus, cite çà et là des passages de l'Evangile de saint Marc, qu'Eusèbe pouvait comparer et compara certainement à son texte de saint Marc , il est par là même démontré, Eusèbe ne faisant pas mention de la plus légère différence, que l'identité est remarquable. Pour ma part, je regarde cela comme très-vraisemblable ; mais comme j'ai d'autres preuves sous la main, je neveux pas y attacher ici une grande importance. Saint Irénée cite le commencement et la fin de l'Evangile de saint Marc et nomme expressément l'auteur (1). Saint Irénée avait donc notre Evangile de saint Marc. Saint Irénée connaît et cite l'ouvrage do Papias dont il parle comme il suit : [wàvvoii p.st àxova-nç, rioAux^Mrou Ssèzctïpoç, àp%uîo; i.vnp (Euseb. H. E. m , 39, ab init.) On doit voir d'après cela quelle autorité Papias a dû avoir sur Irénée. Ces deux hommes se fussent-ils servis de deux Evangiles différents sous le même nom? Eussentils donné des bases différentes à la foi chrétienne, comme les gnostiques des premiers temps s'appuyaient, pour justifier leurs spéculations dissidentes, sur des Ecritures que l'Eglise orthodoxe ne reconnaissait pas?

Saint Polycarpe, Papias et saint Irénée appartenaient à la même école, à la même tendance. Saint Irénée était disciple et Papias, contemporain et ami de saint Polycarpe. Il a dû être en relation avec Papias; c Eusèbe dit de lni expressément que sou opi-

DKMONSTIIATION EVANGfcXIQUE. L'ABBE CHASSA Y.

nion sur le règne de mille ans reposa sur l'aulorité de Papias : nW» wd toî,- pi-:' mùrin (Papias) nltiatoi; intt tôii iwAymmgrtwt* t.;

ouot«f «Ùtm 3»;r,f (du kiliasme), -af.uiri'J; yjyove, rrjv ùpya.iirr)-a ràvopôl irpo&eAqpivMfi ûontfi ovv

Ei/iuvat.i, x. t. >. Avec ces données il est impossible de nier que sainl Irénée, Papias et le prêtre Jean n'aient eu le mêmeEvangilede saint Marc, etpar conséquent impossibled'admeltrequele prêtre jean ait pat léd'unlexlede sainl Marc autre que le noire. On a élevé des doutes à cet égard, parce que notre Kvangi le de saint Marc parait évidemment être tiré de saint Mallhieu et de saint Luc, et ne pas venir d'une source qui lui soit propre (les récils de Pierre). On a aussi allégué que le mot où T«?it, que Papias ou plutôt le prélre Jean applique à l'écril de sainl Marc, ne peut s'appliquer en aucune manière à noire texte, dans lequel les récits évangéliques suivent encore un certain ordre.

On pourrait demander d'abord si c'est avec raison qu'on accepte exclusivement et dans tonte son étendue l'allégation du prêtre Jean, et si l'on ne devrait pas plutôt diminuer la confiance qu'on lui accorde en ce qui louche le rapport de saint Marc à saint Pierre, dont il parle, rapport qui, restreint un peu, n'aurait plus rien de contradictoire avec le rapport de ce même Evangile, aux ouvrages de saint Mathieu et de saint Luc. Le temps et les hommes donl il est ici question étaient bien loin d'être placés au point de vue de la critique hislorique littéraire, et ce point de vue avail été tellement mis en arrière par la question bien plus importante des relations personnelles et des rapports des écrivains évangéliques entre eux, que nous ne devons pas nous étonner qu'on ait alors passé sous silence un grand nombre de points qui, plus lard el à notre époque, sont devenus l'objet principal des recherches. Bien plus, n'est-ce pas un résultat unanime de la critique nouvelle, que le rapport du second Evangile au premier el au troisième ne peut en aucune manière s'expliquer seulement par l'emploi de ces textes, el que pour le comprendre il faut nécessairement avoir recours à une autre source, celle de la tradition orale ? Qui nous empêche de reconnaître cette source dans la prédication de sainl Pierre, et par suile dans ce que saint Marc en avait conservé dans sa mémoire? De Welle, qui croit devoir suspecter cette source de l'Evangile de saint Marc, indiquée par le prélre Jean, va encore plus loin, et combat l'influence directe des écrits de saint Matthieu el de sainl Luc, sur sainl Marc , parce que, dit-il, la manière dont ce dernier procède est trop indépendante pour qu'il les ail eus devant les yeux en composant son Evangile. 11 soutient donc qu'il s'en est servi 1 ■ mémoire. El ici on se demande si quelque chose peut se lier plus facilement el plus naturellement à cette assertion que la tradition du prélre Jean , surtout quand le rapport de sainl Marc el de saint Pierre n'est pas soumis au moindre doute el qu'il est plus que constaté que les Evangiles écrits

apparaissent comme des images généralement conservées de la prédication apostolique donl ils proviennent quant au temps, a Il substance el à la forme ? Certainement si l'on admet l'idée de Strauss qui, s'appuyanl sur Griesbach el sur le résultat anatomique de la comparaison synoptique des Irois Evangiles, s'imagine que sainl Marc s'est servi de ses prédécesseurs, et a compilé son récit évangélique de U même manière que nous divisons les trois Evangiles dans leur synopse pour faciliter un coup d'ail général sur le tout, le rapport du prélre Jean sur notre texte de sainl Marc ne sera pas alors si facile à soutenir. Mais où est celui qui pourra croire que sainl Marc a fait une compilation tellement mé< anique, pour ainsi dire, et donl on n'a pis d'exemple? Que l'on enlre seulement un instant dans celle idée de la compilation de noire Evangile, que l'on pense à l'opération que, d'après elle, saint Marc aurait dû entreprendre, et l'on trouvera l'une absurde, mais l'autre impossible. Si l'on ne faisait par là que prêter à l'érangélifle une conduite sans esprit, nous ne devrions pas compter sur l'assentiment à notre protestation ; car depuis longtemps on n'a pas épargné tous les évangélisles sur ce point, et cela bien injustement. Mais il s'agit ici de toute aulre chose. Je soutiens que notre Evangile n'a pu être composé de la manière dont on le prétend avec une légèreté qui n'est pas nouvelle; on présuppose ici plusqu'un manque de goût et d'esprit. A ce point de vue nous comprenons une pure compilation de sai nt Mallhieu el de >ai ni Luc, la plus grossière et la plus insipide, mais nous ne pouvons nous expliquer la formation de notre Evangile. Ce que sainl Marc a de particulier indique de prime abord une aulre source. Cet élémeni qui lui est propre ne consiste pas seulement dans l'excédant qui reste quand on a relire ce qu'il a de commun avec saint Mallhieu cl saint Luc. Il se compose aussi de loul reuchainemenl de ce qui lui esl particulier, de l'ordre dans lequel il esl classé, et de la mauière donl il est traité, qui n'ont rien de commun avec sainl Mallhieu el saint Luc, comme aussi le (il de toute son histoire qui ne s'explique ni par saint Matthieu ui par sainl Luc- H ne peut non plus s'expliquer par tous les deux réunis ; car il n'a pas suivi laulôl l'un, lanlôl l'autre dans les différentes parties de son histoire, comme eût dû le faire un compilateur sans idées personnelles cl ne pouvant puiser qu'aces deux sources ; mais au contraire la marche qu'il a adoptée pour l'arrangement de ce qui lui esl particulier, lui apparlienl en propre, et c'est en la prenant pour base qu'il consulte tantôt saint Matthieu, lanlôl sainl Luc, lanlôl les deux ensemble. Que l'on examine seulement le plan détaille et précis donné par de Welle, el que l'on se demande ensuite si la voie de reconstruction qui y esl suivie peut être celle de la construction originelle, si le démembrement an atomique peut avoir été le principe el la loi de formation de la composition »i\aule et primitive, el si nu ré-

LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE

cit, comme celui do saint Marc, peut provenir en entier de saint Matthieu et de saint Luc, lorsque l'enchaînement de ce qui lui est particulier dans ce récit n'est indiqué ni dans chacun des deux autres, ni dans leur combinaison, ni dans l'histoire elle-même. Il faudrait penser que saint Marc a coupé par petits morceaux les textes de saint Matthieu et de saint Luc, qu'il les a mêlés dans une urne, et que de ce mélange il a tiré son évangile, ou plutôt qu'il a pris un parchemin blanc, qu'il a collé dessus les petits morceaux de saint Matthieu et de saint Luc, et qu'il a rédigé son récit d'après ce brouillon ; car on ne lui refuse pas la vivacité et l'animation qui ne peuvent appartenir qu'à un ouvrage rédigé d'un seul jet et dans une évidente unité de vues. Prenons ici quelques exemples, car nous ne pouvons parcourir la svnopse tout entière.

La synopse explicative remarque, en comparant sainl Matthieu, vm, 1-4, et saint Luc, v, 12-16, à saint Marc, i, hO-kb, que saint Marc passe saint Luc, v, 1-11, parce que cet article ne s'accorde pas avec le précédent, r, 16-20, et il va chercher dans saint Matthieu, vin, 1-4, le premier chapitre après le sermon sur la montagne, qui d'ailleurs ne s'éloigne pas beaucoup de saint Luc, v, 12-16. Il les suit d'abord lous les deux, et au verset 45 il suit saint Luc seul. Nous, au contraire, nous dirions : Sainl Marc prend dès le commencement une allure qui lui est propre, et il s'adjoint également à tous les deux quand il les rencontre surson chemin, c'est-à-dire quand il trouve dans saint Matthieu et dans saint Luc des morceaux parallèles, et dans d'autres occasions il se rapproche de l'un ou de l'autre, mais toujours suivant la mesmede l'accord ou de 1 1 divergence avec sa tradition propre et indépendante. Le même ouvrage, à propos du chapitre, ni, 20-25, de saint Marc, nous dit : « Marc passe le sermon sur la montagne dans Luc, et veut recourir à Matthieu ; mais au lieu de retourner au chapitre vm, 5, ou vm, 18 de Matthieu, il tombe sur le ch. xn, 24, parce qu'auparavant il s'était servi du ch. xn, 14 de Matthieu. Il se sert de ce passage et de celui du ch. xn, 46, et passe suivant sa coutume les longs discours de Matthieu, xn, 33-^8. » Nous nous dirions : Marc ne nous donne pas les longs discours, parce qu'il ne les trouve pas dans sa tradition ; ces longs discours n'existent pas dans celte tradition, parce que Jésus ne les a pas ainsi prononcés, et Matthieu, que Luc suit tant que les autres sources auxquelles il puise ne lui indiquent pas un autre chemin, a coutume de rassembler les éléments homogènes de discours prononcés en différents temps; méthode d'exposilion à laque le Marc n'a voulu en rien rendre hommage. Marc n'était point un copisle aveugle, ou plutôt ce n'étaient pas ses yeux qui le guidaient dans l'usage qu'il faisait de ses devanciers (en sorte qu'au lieu de recourir à Matlhieu, vin, 5 ou vin, 18, il soit tombé comme un simple copiste surMatlhieu, xn, 2V, par une erreur de vue) ; mais il avait pour guide le (il de .sa

DÉMOJTST. ÉVANaÉLÏQr/E. XVIII.

tradition indépendante de Matlhieu et de Luc, à l'aide duquel il les suit et les abandonne l'un ell'aulre tour à tour.

Celte explication du rapport en question, infiniment plus simple et plus naturelle que l'ancienne idée basée sur les laides synoptiques, n'a pas échappé complètement aux critiques les plus altenlifs: « Marc, dit de Wetle, a peu de c'iose que les autres évangélisles n'aient pas; il partage presque toujours avec eux ce qui leur est commun, et il forme un milieu entre eux; il suit tantôt l'un, tantôt l'autre dans ce qui paraît élre particulier à chacun, et fait en quelque sorte un tissu de leurs textes en les abrégeant ; toutes ces circonstances ne peuvent pris s'expliquer uniquement par l'usage de la source commune de la tradition orale, mais aussi par une certaine influence que Matthieu et Luc exerçaient sur lui lorsqu'il mettait par écrit la tradition évaugélique. Mais comme la manière de procéder eût été trop arbitraire, si en composant son évangile il eût eu leurs textes sous les yeux, on doit penser qu'il s'en est servi de mémoire. C'est ainsi seulement que celte circonstance, que Marc est le point de liaison dans tout ce qui est commun aux trois évangélisles, se trouve naturellement expliquée, car il dul se rencontrer avec les autres dans tous les traits les plus saillants de la tradition orale de l'Evangile. Cette espèce d'entrelacement et d'abréviation du texte s'explique <le même, et en particulier le genre de choix qu'il a l'ait en're les récits de la prédication de Jésu ■■ on Galilée, et qui a tout à fait l'air d'être fait d'après des souvenirs. Il évita naturellement les longs discours et les recueils de sentences qui se gravent plus difficilement dans lu mémoire que les récits, et il suivit tantôt un évangéliste, tantôt l'autre, suivant la diriction que lui imprimait le cours de ses souvenirs. »

Il y a là des traces de la vérité qu'on ne peut méconnaître, et, comme je l'ai remarqué plus haut, rien n'y exclut la relation du prêtre Jean, mais seulement elle y est renfermée dans une expression plus concrète comme souvenir du récit évangélique de Pierre. Mais il faut dire avant tout, pour rectifier les choses, que l'accord frappant et mot pour mot de saint Marc avec saint Matthieu et saint Luc ne peut s'expliquer par un emploi simplement indirect de ces derniers, et qu'il faudrait admettre que ce n'étaient pas les sources de saint Matlhieu et de saint Luc, mais ces évangiles eux-mêmes si souvent reproduits par saint Marc, que cet évangéliste avait lus et gravés dans sa mémoire ; ce qui, au bout du compte, ou revient au même ou se contredit. Car si saint Marc avait lu saint Matthieu et saint Luc avec assez de soin pour être en état de les reproduire de mémoire aussi souvent et aussi lilléralemcnt qu'il l'a fait en effet, cela présuppose qu'ils lui étaient si familiers, que la différence entre l'usage direct et l'usage indirect de mémoire disparaît complètement.

Avec celte connaissance intime, ne devait-il pas lui être plus facile de suivre la marche Vinqt-quatrc.)

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et l'enchaînement do co qui est particulier à tradition générale n'adoptait pâl lia— saint Matthieu ci a saint Luc, que dé ropro- bute évangéll [ue, i <> ■ ment Matthieu et Lue duire «les tournures de phrases Isolées, des l'onUlli adopté corn m ils l'ouï (ait, et lui particules, des transitions qui sont des points ont-ils 'tonné une si haute importance? Nonbien i lus fugitifs et pins arbitraires, et les seulement Marc ne connaît pas ce preamdisconrs de Jésus plus longs que «eux qu'il l>ule historique, nuis il décidre pour ainsi nous donne, no devaient-ils pas s'offrir plus dir.' ne pas vouloir reprendre le ré( il de | lus aisément à sa mémoire que des récits en- li rit, par celte expression : ipr ''-■ *■*', fièrement textuels. Car ces discours, non- Ùov X. I, 1-'». Hue l on com| re .1 cela la présoulomenl par eux-mêmes, mais surtout | ar die.nion do Pierre [AciCl 'I s S| I 21 leur importance, devaient se graver plus et X, 57, 38), quel accord 1 Cet aci '■ r« profondément dans la mémoire, tandis que a\ ec (le xipv/pa) la prédication de 1 ,'e ir.sur des lécits, par leur nature, s'impriment (dus un point qui l'ecarlc de ^a ni Matlhii u el de diflicilemènl mol pour mot dans la mémoire, saint Luc, que cependant il consulte et ne perdent rien à élre raconlés plus li- plus grand soin dans d'autres cas. est un brernent , et qu'au contraire dans les sen- indices Internes les plus forts de la vérité du tences el la doctrine le mot est décisif. rapport du prêtre Jean.

Eu conséquence, si l'on pèse avec plus de Lu second lien, Pierre est cite beaucoup soin celle connaissance intime et complète plus Souvent dans M m que dans Matthieu que saint Marc devait avoir de saint Mat- el Luc. Sans compter les places ou Marc thieu et de sainl Luc, on reconnaîtra que la mention de Pierre, tandis que sut Matthieu supposition d'un usage indirect de mémoire so i Luc négligent de le nommer, il en e^t ne peut écarter l'idée d'arbitraire prétendu d'autres où il est seul à pai 1er de Pierre et qui s'attache à la conduite de Marc dans la de son intervention dans l'histoire de Jésus. présupposition qu'il a fait un usage direct Dans Ifll'nl Mnllh. x\i, 20, les disciples e'é* des textes de ses devanciers. C'est donc avec tonnent à la vue du figuier desséché, el deune nouvelle assurance que nous nous en mandent au m ilre comment cela a pu arrilenons d'une part au document historique de ver si vile; chez Marc, xi, 21, c'e>t Pierre qui Papia% cl de l'autre à l'usage direct de saint se rappelle la malédiction perlée contre le li- Matlhieu et de saint Luc, usage qui ressort guier, el dit à Jésus : Rabbi, vois, le figuier d'une critique irrécusable, et que nous les qu ■ lu as maudit est desséché. Dans saint maintenons dans l'ordre que Papias nous in- Matthieu, xxiv, 3, et dans saint Luc, sxi, 7, dique. D'après lui Marc allia aux récits évan- les disciples demandent quand devait s'«icgéliques qui lui étaient familiers, qu'il tenait complir la prédit lion de Jésus louchant lo de la bouche do Pierre, et qui servent de temple de Jérusalem ; dans saint Marc, xm, fondement à son travail, les rapports écrits 3, c'< si Pierre, Jacques, Je, in cl André, qui, de Matthieu cl de Luc. Mais si, comme nous prenant Jésus à pari, lui font celle qucsti n. sommes autorisés à l'admettre, d'après le Conipai ez encore : Marc, xvi, T. a\ > c Malih., témoignage du prêtre Jean (le ôy.yuv.) la pré- xxviu, 7, Luc, x\iv, 9. Lorsque ces cirrondiva lion de Pierre servait à M ifc de point tances particulières ne se trouvaient ni dans de départ et de règle dans l'emploi qu'il l'ai- la tradition générale, ni dans saint Matthieu sait de M illhieu el de Luc, et qu'elle ne lut et sainl Luc, qui eût pu les communiquera pas pour lui un document postérieur dont il Marc si ce n'est Pierre qu'elles concernaien let réglât l'usage d'après les évangiles écrits, qui devait les connaîre delà mancre lu plus non-seulement le reproche de conduite arbi- précise? De nos jours, à ht von.e, coin e du traire lombe complètement (ec qui n'arrive temps d'fiuaèbe, on a été étonne que Marc, pas dans la supposition de de Welle) , mais le compagnon de Pierre, ne nous eùJ cepeuon aperçoit même les raisons qui ont en- dant pas laissé un ensemble de renseignegagé Marc à faire un usage en apparence ar- nienls suffisamment détailles sur Pierre el bilraire et sans règle des textes de ses de- sur son rôle dans l'histoire évaugélique, On vanciers. présuppose ici, ce que l'on combat ailleurs

Au point de vue auquel nous venons de avec lant d'empressement, que Pierre jouait

nous placer, nous sommes donc bien plus en un rôle éminenl parmi les disciples de Je.sus,

état d 'expliquer d'une manière satisfaisante et du* il s'est trouvé placé sur le premier plan

les phénomènes quenous offre Marc considéré de l'histoire év angélique plussouvenl encore

en lui même et comparé à Matthieu cl à Luc, que celle-ci ne le remarque. Quai qu'il en

qu'on ne peut le faire en adoptant la pré- puisse cire, le prêtre Jca a ne dit pas q s

supposition dont nous avons parlé. D'abord Marc ait note ce que Pierre lui raconlail,

nous savons qu'il faut rapporter à Pierre ce mais bien ce dont l'apôlie faisait pari aux

qui est particulier à Marc. Pour ne citer autres, et que Marc avait entendu dans celle

qu'un seul des traits les plus marqués qui circonstance Maintenant se doit-on pas pen-

apparlicnncnt en propre à 1 o\ angile de saint .scr qu'un prédicateur de l'Evangile, enflai

Marc, nous prendrons son entrée en matière, jaloux de la gloiie du Christ que peu occupé

qui s'offre à nous dès l'abord. Ni Matthieu de sa propre gloire à laquelle il ne travail-

ni Luc no commencent l'histoire é\angeliquo la.il pas, devait parler sans attention, et no

par Jean-Daptislc. Comment donc Marc, qui faire mention de sa pars une cl de sa parti*

8 dû, comme ces derniers, puiser à la source cipalion à l'histoire e\ angélique que dans des

générale de la prédication évangélique, s'est- cas indispensables, comme ceux dont nous

il jeté daus cette innovation? Ou Bien si la avons parlé plus haut, où l'accréditation de

LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE

l'hisloire devait gagner par la remarque que lui-même y avait pris une part active. Marc ne pouvait donc nous faire part de toutes les circonstances où Pierre a pu intervenir dans l'hisioire évangélique , par la raison bien simple qu'il ne les avait pas entendues. T oisièmement, dans le récit de l'entrée publique de Jésus dans la Galilée après la tentation et l'emprisonnement de Jean, on remarque un rapport particulier de Luc à Matthieu et à Marc. Luc suit visiblement la même marche que ceux-ci dans son histoire, et veut parler (iv, Ik) de cette arrivée tle Jésus en Galilée, qui, d'après le récit synoptique en opposition à celui de Jean, est le premier acte de la vie publique de Jésus. Mais il raconte par le l'ail le premier retour en Galilée immédiatement après le baptême (comp. Jean, i. 48), puisqu'il f;iit mention d'un événement arrivéà Nazareth, que, d'après ce que nous pouvons conclure de son propre texte, la tradition générale place à l'époque du premier ntour en Galilée, et qu'il croyait cadrer avec le récit suivant de Matthieu (iv, 13), comme si Jésus était également venu à Nazareth au temps de son apparition publique dans la Galilée, c'est-à-dire au temps de son second retour. Mais Matthieuainsi que Jean, iv, 43-4-5, et Man-, i, H, vcui seulement dire que Jésu9 avait abandonné Nazareth, qu'il avait habité jusque-là , et s'était établi à Capharuaiim, et non pas qu'il fût allé à Naza'ieth, puis l'eût quittée de nouveau pour venir à Capharuaiim. Celte confusion de Luc ne se trouve pas chez Marc, quoiqu'on l'absence d'autres guides que Matthieu et Luc il eût dû nécessairement adopter dans sa relation le sens plus clair et plus détaillé de ce dernier. Il ne l'a pas fait, parce qu'il avait un autre guide, qui était Pierre, et ila mieux compris que Luc le *9etcànt3to riv KaÇa^éO de Maltliieu.

Quatrièmement, Marc a préféré le chapitre îv, 18-20, de Matthieu, qui est très-court, et ne met pas Pierre en évidence d'une manière particulière, au Ch. v, 1-11 de Luc, qui est bien plus long, quoiqu'il suive Luc dans l'ordre de son histoire, cl qu'il trouve là des détails très-circonstanciés sur Pierre, tandis que, 9'il avait travaillé uniquement d'après Matthieu et Luc, sa qualité de disciple de Pierre et son respect pour lui eussent dû lui Taire adopter une voie tout opposée. Nous ne pouvons donc nou9 expliquer sa conduite qu'en admettant que Marc n'avait trouvé, dan9 les récits de Pierre dont il fait la base de son travail, rien qui correspondit avec le chapitre de Luc.

11 en est de même, en cinquième lieu, à l'égard du chap. xvn, 2V 27, de, Matthieu, que Marc a entièrement passé, et qui sans aucun doute ne se trouvait pas dans sa tradition.

Si, d'après ce que nous avons dit, on ne peut tirer de9 rapports de Marc à Matthieu età Luc aucune objection l'ondée contre l'application du témoignage du prêtre Jean à notre texte de Marc ; si, au contraire, celte applicalion

trouve dans ces rapports sa confirmation, on doit alors regarder la véracité de ce témoignage et par suile l'aulhenticité du second évangile comme établies en général d'une manière solide. La difficulté qu'on a voulu trouver dans la remarque du prêtre Jean, à. savoir que Marc avait composé l'histoire du Seigneur où ràlsi, est encore bien plus dénuée de fondement. Tout ici dépend du point de vue auquel le prêtre Jean élait placé pour porter son jugement. Au point de vue du récit de Jean et de l'exposition historique pure et précise, la remarque du prêtre Jean paraît complètement fondée, et Irouve sou entière applicalion dans notre texte de Marc. Notre évangile, à la vérité, suil bien un certain ordre, mais par là même, en supposant que ce ne soit pas précisément l'ordre de l'histoire elle-même, on a pu et dû lui appliquer l'expression où t«ê«. Car tout ordre s'éloignant de l'ordre objectif de l'histoire, devait élre à ce point de vue où xk%iç.. Sans doute Marc suit dans l'histoire le même ordre que Maithieu et Luc; mais qui pourrait prouver que le prêtre Jean a pris ces derniers pour point de comparaison et pour règle, et qu'il n'eût pas dit d'eux la même chose, s'il était venu à parler d'eux sur ce point ? Celte remarque n'est pas non plus générale, mais elle ne porle expressément que sur quelques points (éW) à l'égard desquels , suivant le prêlre Jean, l'ordre de l'histoire n'élait point suivi. Aujourd'hui encore on pense généralement de noire texte de Marc, que tout en général et chaque chose en particulier n'y sont pas racontés dans l'ordre historique. On porle donc aujourd'hui sur le second évangile un jugement tout à fait semblable à celui du prêtre Jean sur son évangile de Marc, et ce jugement est une raison positive de rapporter son témoignage à notre texte, bien loin d'être un indice qui doive le faire appliquer à un autre écrit évangélique. Si nous comprenons bien le prêtre Jean, il a voulu dire : Marc a fait une esquisse de l'histoire du Seigneur, parfois incomplète et manquant de chronologie précise, parce que , n'étant pas témoin oculaire de celle histoire, il travaillait d'après la prédication de Pierre qui subordonnait à un but plus élevé le complément et la précision historique des circonstances de détail. Tel est aussi le jugement que nous pouvons et devons porter, en nous appuyant sur le récit de Jean.

Clément d'Alexandrie nous parle aussi dans Eusèhe de la composition de l'évangile. de Marc (Eus. H. E. vi, lk , comparé avec il, 15). Mais on oppose à ce témoignage qu'il se contredit lui-même et n'est par conséquent d'aucun poids pour l'authenticité de Marc. On s'est ici rendu coupable d'une double précipitation : premièrement, les deux rapports ne se contredisent nullement, et, secondement , dans le cas où la contradiction serait véritable, ce ne serait pas Clément lui-même qui se contredirait, mais bien Eu-

751 DEMONSTRATION EVAttGELIQUE. L'ABBE CHASSAT.

»èbe qui contredirait Clément, ce qui n'otc- IribotiOfl à ceux qui avaient engagé Marc à

rail pas beaucoup de Force an témoignage do entreprendre « e travail, faii <ioni il n'est pan

dernier. Car dam I»' passage (H. E., u, 15) parlé expressément. Autrement qn'auraitHM

ce ne sont pas les propres paroles de Clé- en vue en disant qae Mari i écril et «1 i •» i r i —

ment qui sont rapportées, mai ^ bien Eusébe bné son évangile, mais que Pierre m l'a ni lui-même qui, à l'occasion de l'entrée de Si- aidé ni empêché i L'évangile était déjà écrit mon à Rome, nous parle du sèle des «lire- et distribué; il n'y avait doue plus ni à I ai— tiens de Rome pour le véritable évangile et der m à l'entraver en < ela. N sur il-OH poinl de la prière qu'ils adressèrent à Marc de aussi voulu exprimer par lé une indifférence leur rédiger l'évangile de Pierre. Eusébe ter- complète de Pierre à l'égard de l'écrit de mine le passage (m, IV), par cette remarque : Mare? Cela n'est pas dans le sent de l'écri- Toffccûroc ô K/i-; ■' .,', qui prouve qu'il vient de vain et est d'aillenrs entièrement improbable faire une citation. Elle est du reste dans la dans les rapports cl la liaison intime de ces forme indirecte, et si celle forme a été em- deux personnages. Ln un mol, un doit apployée par Clément lui-même, cela indique pliquer les paroles en question à la cause qu'il a voulu communiquer ces renseigne- déterminante de la rédaction. Pierre ne va umcnls comme des bru i1 s anciens et dont il lait nullement rendre plus difficile la lâclic n'avait pas la connaissance personnelle. Il de rédiger un évangile d'après ses prédican'en est pas de même du premier passage lions, lâche que Marc avait entreprise pour qu'Eusèbe nous rapporte dans la forme di- satisfaite des demandes expresses, mais il recte qu'il met à sa propre narration, el à la élaii aussi éloigné de se résoudre à ineilre fin duquel il se conlenlc de remarquer que lui-même la main à l'œuvre : il laissa Min; Clément rapporte celle histoire dans le agir librement. Le premier passage de Clésixième livre de son Hypotypuse, et que l'a- ment d'Alexandrie nous apprend quelque pias s'accorde avec lui. Si cela n'était pas chose de nouveau, à savoir la conduit de suffisant pour prouver que c'est Eusébe lui- Pierre après que l'évangile fut rédigé el même qui dans ce passage parle d'après Clé- qu'il l'eut examiné : « 11 le recommanda aux ment et qu'il ne le cite nullement mol à mot, églises. »

on pourrait alors demander s'il esl vraiscm- Il est facile d'apprécier de qucl!e importable que, dans le même écril, Clément soit tance ce renspignemcntde Cléroenld'Alexanrcvcnn deux fois sur le même sujet, et drie , complètement indépendant de celui qu'Eusèbe ait totalement négligé de faire re- du prêtre Jean, doit être, pour prouver l'aumarquer ce double témoignage. Mais, quoi ih n licite du second évangile. D'abord, on ne qu'il en soit, les deux passagcsdisenl au fond peut douter que Clémenl n'ait parle de notre la même chose, et la prétendue contradiction texte de Marc; ensuite ses paroles s'accorn'exisle pas. Dans le premier (H. E. u, 15) dent parfaitement avec celles du prêtre Jean; il est dit que Pierre, ayant eu connaissance enfin elles confirment et expliquent le lérooide la rédaction de l'évangile faite par Marc, gnage du prèlre Jean, en nous apprenant l'avait approuvée: Kupûtrat -ngv ypafni «tçevTewÇw positivement que Pierre n'avait pas pris une •nu,- s-///. c-îKif; d'après le second passage (vi, part directe à l'évangile de son disciple, ce 1&), Pierre, ayant appris ce qui avait été fait, qui rend facile à expliquer la conduite de n'avait voulu à dessein ni empêcher, ni fa vo- celui-ci quand il s'es' manifestement attaché riser la chose, et par conséquent avait refusé au premier el au troisième évangile. d'y participer d'une manière directe el posi- langue de saint llc. liVC : UpoTf. e-?i/Mç pire xuAutret, pars trparpKfatF-

6at. Dans les remarques sur ce dernier pas- § *2. sage, Valesius fait mention de celte contra- Nous ne possédons pas en faveur de l'aadiction apparente. Il propose de metlre thenlicité de cet évangile de témoignages icpofxwç à la place du mot npo-pticrueùt qui aussi anciens que pour saint Matthieu et existe dans tous les manuscrits, el il expli- saint Marc. Nous le voyons pour la première que ainsi : Petrum, cum evangelium a Marco fois expressément reconnu vers la fin du seecriptum editumque esse eognovisset, palam cond siècle, à l'époque où la colle» lion des nec vetuisse nec fondasse. Mais cela ne lève évangiles existait déjà el était universellepas la contradiction, car le mot mp&tnu ne ment reconnue. Mais il ressort des témoipeut s'entendre que d'une approbation pu- gnages d'Innée cl de Tertul ion el de Cléblique de l'évangile de Marc, et d'ailleurs ment d'Alexandrie, dont il est principalerien ne justifie la substitution d'un mot à ment fait mention ici, que non-seulement à l'autre. Si l'on examine ce passage de plus cette époque il y avait un évangile recoonu près cl particulièrement la fin : Omp c-l- comme de saint Luc, mais encore que cet yvivm T'iv uiry.-j itporpanai&c uiïte xu>v«i t/ijTî évangile n'était autre que le trxle de saint npoTpifawtQu dans son rapport avec le sens du Luc, que nous possédons, discours dans celle citation, on voit aussitôt Ces témoins sont si anciens et si dignes de disparaître la contradiction apparente. La foi, leur accord est si frappant, que li cause déterminante de la composiiion de cet preuve de l'authenticité laisse à peine quelévangile est exposée dans le passage : Tiwri une chose a désirer de ce côté, c'est-à-dire Mâmov (niayyiXcovJTtwTqy it7%axtv8tT^v owovofMov, du côte des preuves externes, à moins que et II conclusion Smp tirtyvfcmi s'applique très- l'on admette la règle absurde dont nous vraisemblablement à celle cause, et non pas avons déjà parle, el qu'on ne demande un ou Fait de la rédaction achevée cl de la dis- témoin oculaire de l'acte de la rédaction, et

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un lémoin auriculaire de l'assurance de l'auteur, que c'est bien lui qui ;i écrit cet évangile. Cepenilanl , pour compenser en quelque sorte ce qui manque à cet évangile du côté des plus .-inciens témoignages, si on le comparée saint Matthieu et à saint Marc, entrons ici dans le domaine des indices internes.

Il faut d'abord partir de ce point incontestable, que les Actes des apôtres et le troisième évangile émanent du même auteur, et ne forment qu'un seul ouvrage dont les Actes dt s apôtres sont la seconde partie et le troisième évangile la première. L'auteur des Actes des apôtres nous apparaît évidemment dans cet ouvrage comme le compagnon du voyage de Paul ( Act. des ap. xvi, 10-17; xx, 5-15; xxi , 1-17: xxvn, 1-28, principalement dans son voyage à Rome), et celte remarque est complètement confirmée par la manière dont l'esprit du christianisme est compris dans les deux ouvrages, manière qui ne permet pas de méconnaître un disciple de Paul. Ces circonstances se réunissent admirablement dans la personne de Luc, le même homme auquel la tradition de toute l'Eglise attribue unanimement le troisième évangile et les Actes des apôtres. D'après Paul, Il Tim. iv, 11 ; Coloss. iv, 14 ; Philem. 24, Luc était son ami et son collaborateur , et dans ces lettres écrites de Rome il parle de lui comme étant à ses côtés.

« L'évangile de Luc (la critique la plus « malveillante ne le conteste pas) a de puisée sants témoignages de sa rédaction par un « disciple des apôtres, dans quelques pas- « sages des Actes des apôtres, du même au- « leur, dans lesquels celui-ci se présente « comme compagnon de Paul, nommément « dans son voyage à Rome. On a cru pou- « voir s'appuyer sur la fin brusque et visi- « blement interrompue des Actes des apô- « 1res, dans laquelle on ne parle que d'un « séjour de deux ans de Paul à Rome, sans « donner aucun renseignement sur l'issue « de son histoire, pour conclure que Luc « avait écrit les actes pendant qu'il était à « Rome avec Paul dans les années 63 à 65, « et par suite qu'il avait composé son évan- « gile dont il parle au commencement de ses « Actes comme du irpûtov ).oyov, un peu plus « tôt, c'est-à-dire à une époque à laquelle il « pouvait trouver près de Paul et des autres « apôtres les renseignements les plus précis « sur la vie de Jésus. Mais, continue celte « môme critique, du silence des Actes sur la « durée et la fin de la captivité de Paul, cou- « dure à leur rédaction pendant celte même « captivité, c'est un argument ex silentio et « qui aurait besoin d'être renforcé par des « preuves internes pour acquérir quelque « importance; en sorte qu'il est toujours « possible que Luc ail écrit son évangile « beaucoup plus tard, et à une époque où il « n'ait pas eu l'assistance de Paul (qui, du « reste, ne paraît pas avoir ru une eonnais- « sauce immédiate des faits de la vie de Jésus,

« et n'a pu en acquérir qu'une connaissance « incomplète dans les courts instants qu'il a « passés avec les apôtres), et que le secours « des autres apôtres lui ait également man- « que; il était donc soumis à la possibilité « de suivre l'esprit de son temps en admette lant des éléments mythiques avec les élé- « ments historiques. » (Strauss, Vie de Jésus, p. 65 et 5.)

On ne peut sans doute repousser la possibilité pure et simple, car on ne peut alléguer de preuve du contraire assez forte et assez convaincante pour être au-dessus de louteobjeclion. Mais on peut contester la possibilité admise ci-dessus, ou les raisons qu'on a crues suffisantes pour l'admettre, car là où une question historique ne peut être décidée avec une certitude absolue, et toutes les traditions en sont là , c'est la vraisemblance, c'est-à-dire un degré déterminé de certitude historique qui doit décider. Mais ce degré de certitude, pour ne pas dire davantage, est sans aucune comparaison bien plus grand en faveur de l'opinion admise communément, qu'en faveur de la pure possibilité de Strauss. Et cela d'abord , parce qu'elle a. pour elle quelque chose de positif, à savoir une vraisemblance réelle plus ou moins grande, tandis que l'opinion de Strauss n'est qu'une simple présupposilion sans aucun fondement positif; cette vraisemblance devient ensuite d'autant plus forte que les fondements sur lesquels elle repose sont plus solides. Luc, l'auteur des Actes, était l'ami, le compagnon et le collaborateur de Paul ; il fil le voyage de Rome avec cet apôtre, et à une époque postérieure aux deux années de la captivité de Paul, par lesquelles il termine ses Actes, il était encore comme auparavant dans les mêmes rapports d'amitié avec lui (11, Tim. îv, 11). On ne voit nulle part que leurs relations personnelles aient été troublées | lus lard ; les Actes des apôtres que l'on a prétendu avoir été écrits si tard, au moins, dit-on, après la mort de l'apôtre, et dans lesquels Luc élève à Paul un monument de son respect le plus intime, devraient confondre tout soupçon de ce genre, par lequel on voudrait expliquer pourquoi il n'a pas écrit l'histoire de Paul jusqu'à sa mort, comme il aurait pu et dû le faire, écrivant postérieurement. Eu laissant de côté le motif personnel qu'il avait de donner en son entier, s'il était possible, l'histoire de Paul, les Actes nous offrent, à partir du chap. ix, la preuve de la précision et du soin que l'auteur a mis à faire l'histoire complète de l'activité de P.iul pour l'extension du Christianisme. Dans ces circonstances et avec de telles relations, peut-on penser que Luc eût entièrement passé sous silence un événement aussi important que la mort de son ami, de l'apôtre le plus actif pour répandre la foi, événement que ses communications non interrompues avec P.iul n'ont pu lui laisser ignorer, et cela quoiqu'il ;iil écrit postérieurement et qu'il en ait connu les causes elles détails? Historien des apôtres, et en parlicu lier de Paul , il aurait terminé son récil

bl.MU.WIUVrioN M \M.i-\.Uj\ !.. 1 H 4 M II.

d'une manière si ville de sens, tandis que aurons plu» lard l'occasion de montrer en

l'histoire qu'il aurait dû connaître lui offrait détail combien celle inductiou uuuque de

Une terminaison m tranchée et une cou lu- rendement.

sion si tragique? Pierre mourut eu même De Weite n'est pas plus heureux lorsqu'il temps que Panl ; et Jacquet le Mineur, qui induit dei caractères internes «les Actes des jouait, ainsi que les précédent», m des apôtres qu'ils ont été rédigés à une époque principaux rôles, el est distingué de* aulres postérieure à celle que leur terminaison inapôttvs dans les Acle-, donna également son clique si clairement. Ce qui él si le scs iloule», Sang pour la foi avant la destruction de Je- c'est que les Actes exposent les (ails, tantôt rusalem. Les trois principaux apôtres souf- en les plaçant à un point de vue merveilleux frircni ainsi, à peu près à la même époque, étrange (un, 20, »0, el principalement le *. la mort pour le Christianisme : > t l'historien 30), et tantôt d'.iprès des malentendus évidei apôtres, qui n'a pas omis le martyre dents (n, 5, il : comp. x, i0; xix.O; 1 Cor. d'Etienne el de Jacques le Majeur, avec les- xiv, 2). C'est ainsi qu • Luc commet une me quels il n'avait pas de relations personnelles prise historique, v, 30 (comp. Joseph*, An(.t et qu'il n'avait probablement jamais vus , XX, 5. lj; taudis que, placé près de l'apôtre, Luc, dis-je, aurait écrit après cette triple il eût pu avoir des renseignements plus perle, dont les conséquences étaient bien cxacls. Mail par la on arrive m uiifesli im-ul plus grandes pour les affaires de l'Cglise, et à prouver trop : à savoir, que non-seule— il n'en aurait pas dit un seul mol? Je ne ment la réfaction de» Ailes est postérieure pourrai jamais me persuader une pareille à l'époque que leur terminaison semble leur chose. Les circonstances, qui se rattachent assigner, mais encore qu'ils ne sont poinl ici à l'argument ex silentio sont si pressai)- authentiques, opinion qu'on ne soutient pas tes, qu'il faudrait pour le détruire des don- ou que du moins on n'exprime pas avec la nées historiques entièrement positives, ou même force que celle de la rédaction postédes indices internes du contraire; ce qui rieure, quoique cependant au fond elles ren'existe nulle part. posent loules les deux sur les mêmes bases. On a cru à la vérité avoir découvert des La critique se contredit donc ici elle-même, indices de celle nature dans les Actes des ce qui du reste ne doit point étonner avec apôtres ainsi que dans l'évangile de Luc; une exégèse aussi arbitraire. Longtemps mais ils sont en partie pris en l'air, et résul- avant a nouvelle édi ion de I Introduction de tant en partie d'inductions fausses et basées de Welle, j'ai moi-même expliqué le passage sur des interprétations fautives. De Welle v, 36, des Ac:es, de manière à ce qu'il ne est le premier qui ait fait celte découverte ; soit pas aussi facile qu'il le parait d'élever Strauss el Credner l'onl suivi. Par rapport à de nouveaux doutes sur sa concordance avec l'évangile de Luc, de Welle s'appuie d'abord Josèphe. J'ai aussi en mé ne temps justifie le sur les nombreux documents cvangéliques récil des Acles, xn, 20 (comp. Josèpbe, Ant., donl parle saint Luc, l, 1 , qui ne pouvaient xi\, 8, 2) , en établissant le point de v ue des exister déjà avant la destructioa de Jérusa- historiens du Nouveau Testament. De Welle lem. Mais si l'on réfléchit à la profonde sen- a supprimé de lui-même, et avec raison, salion que produisait l'histoire de Jésus, si dans sa nouvelle édition, ce qu'il disait à l'on pense qu'elle était le seul fondement propos de ce récil, el le considérant comme objectif de la nouvelle religion qui s'empa- n'envisageant le fait que du côlé merveilrait pu tous lieux et si rapidement de lous leux, d'api è> un plan arrêté d'avance; cl celés cœurs, el que l'extension du Christia- pendant il laisse subsister ce qu'il dit de nisme dépendait de la publication de celle l'histoire, \ ni. 2'i, etc., histoire qui pourlant, même hislo re, on ne pourra comprendre, au quant a son nio le <l'e\ j OSÎlioo, est essentielcontraire, la non existence de ces documents, lement semblable à la précédente, ainsi qu à La nécessité résultant de la nature des » ho- beaucoup d aulres récils des Actes, el qui est ses était si pressante, que les apôtres, les aussi facile à expliquer que ceux-ci. Quanl dise p'es du Seigneur et leurs col aboraleurs au malentendu que l'on prétend exister entre devinrent écrivains, quoique le Seigneur ne Luc et Paul, à l'égard des mots : rlw#n<f leur eût pas indiqué cette conduite par un \vj.i'u, et donl ou veut faire retomber la tau e seul mol. (Comparer § 1-2. ) l'apias lui-mé- sur le premier, il n'a rien de réel el est itnme, si nous comprenons bien ses paroles si puté arbitrairement aux Actes des a poires. coi nues, nous apprend d'une manière non On a aussi voulu trouver dans la reu.aréquivoque comment la rédaction du premier que: A-J-nj Iïti» t-.r.u-.;, T1II, 96, une preuve de évangile bébreu, qnl certainement remontée la rédaction postérieure des Acte*. Ko supune époque Irès-reculee, a donné naissance posant que le rapport û'fpnptf à rà{« ou à à plusieurs Ira uctiens grecques ainsi qu'à ôôo; ne soit pas douteux, et que toute concludes travaux sur l'histoire de Jésus. En se- sion basée sur lui ne soit pas pr vés par lj cond lieu, d'après de Welle, l'évangile de mémo de solidité, que l'cnsuil-tll Rien de Luc présupposa la destruction de Jérusalem. plus que cette propos (ion : les Actes ont dû Les préd. étions de Jésus sont sans doute si être écrits après la deslructl n de <iaza, peu précises, que leur accomplissement, dans les de temps avant la destructi n <lc Jérusalem, événement- qui ont suivi, saute aux yeux de (j ose plie, dt Btll. Jwl. Il, 1S. I.] Mais, coin iim chacun. Mais il ne s ensuit pas de la que les je l'ai dit. le rapport de l'adjectil ([■*.;; à la événements eux-mêmes aient dû influer sur ville est douteux, el il peut aussi bien s'apla description qu'en fait l'évangile. Nous pliquer au chemin qui mène à celte ville. Ef

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un

en tous cas, puisqu'il faut choisir cnlrc 1rs deux, n'est-il pas bien plus sage de se décider en faveur du dernier? Car c'est sur le chemin de Gaza que se passe le fait raconté, et non dans la ville : une remarque sur le chemin paraît donc ici bien plus naturelle qu'une remarque sur la ville elle-même

On ne peut donc trouver nulle pari, malgré les recherches les plus multipliées, des indices internes d'une rédaction postérieure des Actes, et il faut s'en lenir à l'induction, «-uissi simple que naturelle, que l'on lire habituellement de la terminaison de ce livre, pour arriver à connaître l'époque de sa réfaction, et par conséquent aussi celle du troisième évangile.

Maintenant, si la rédaction de cet évangile a eu lieu du vivantde Paul, il aura réellement pour lui la garantie qui consiste dans les rapports continuels de son auleur avec cet apôtre. Paul, il est vrai, n'était pas un témoin immédiat de la vie et des actions de Jésus ; mais une connaissance dé la vie de Jésus transmise par des témoins oculaires, quelque peu de cas qu'on en puisse faire d'ailleurs, ne doit en aucune manière, chez un homme Ici que Paul, être soupçonnée de renfermer des éléments mythiques. Il ne resle dune plus, comme dernier et bien misérable faux-fuyant . qu'à présupposer que Paul, à cause du peu de temns qu'il a passé avec les autres apôtres, n'a dû être instruit des actions et de la vie de Jésus que d'une manière très-incomplète. Combien de temps fallait-il donc pour acquérir la connaissance la plus complète de ces choses? L'histoire de Jésus pouvait être racontée en un jour à l'apôtre. C'en est donc assez pour nous de savoir que l'apôtre alla à Jérusalem après sa conversion, pour connaître Pierre, et qu'il resla quinze jours près de lui (Gai. I, 18) ; et par là nous pouvons comprendre où et comment il put acquérir une connaissance complète cl précise de l'histoire de Jésus, lit cependant ce ne fut pas là la dernière fois qu'il se liouva avec Pierre et les autres apôtres 1 Mais peul-èlre Paul prenait-il trop peu d'inteiél aux faits de la vie de Jésus, pour profiler de toutes les occasions <i u i se patentaient de les connaître. Celte opinion est forcée d'en venir là; mais c'est justement là que M futilité paraît dans tout son jour. Paul, le prédicateur de l'Evangile, eût pu dire indiffère ni à l'égard de l'histoire évnngélique ! Oui pourrait comprendre sa mission,son zèle, -L» succès de ses travaux, dans la piésupposilion que l'histoire de Jésus lui était plus ou moins inconnue? Nous savons qu<( l'apôtre ne manquait pas d'ennemis de sa vocation et de sa doctrine; que ceux-ci ■tenaient tout en ouvre pour le rabaisser dans l'esprit des nouveaux convertis; qu'ils rejetaient son évangile, c'est-à-dire sa manière d'interpréter et d'appl quer l'histoire cvaimélique. Comment se fait-il donc qu'aucun d'eux n'ait pris pour sujet de ses railleries sa connaissance imparlaitc de l'histoire de Jésus (défaut impardonnable chez l'apôtre comme chez tout pied.ica.leur de llivaii-

gile), et qu'ils n'aient pas cherché à motiver ainsi les injures et les calomnies qu'ils lui prodiguaient? Au point de vue d'une telle opinion , non-seulement Paul , l'apôtre du Christ, l'apôtre le plus zélé prédicateur du nom de Jésus , reste pour nous une énigme; mais nous ne pouvons nous expliquer davantage Saul, le disciiilc de Gamaliel, le témoin de l'exécution d'Etienne, l'ennemi acharné des Eglises naissantes de Jérusalem et de Damas. Aurait il ignoré qui il persécutait? L'histoire séductrice dont les sectateurs du Nazaréen s'entretenaient, et qui excitait sa fureur, lui eût-elle été inconnue? Oucllc chose faisait plus de sensation alors à Jérusalem que l'histoire de Jésus? et qui pouvait avoir une force d'investigation plus grande qu'un jeune pharisien du caractère de Paul? El puis, qui a changé Saul pour en faire Paul, si ce n'est l'événement extraordinaire près de Damas? Cela lui fit croire que Jésus crucifié n'était pas resté dans le tombeau, que Dieu l'avait ressuscité, qu'il vivait et était réellement le Messie promis : le reste, il le savait déjà. Ce qui restait à faire à Ananias, pour lui apprendre l'histoire de Jésus, n'était pas le plus nécessaire, quoique vraisemblablement il ait commencé par là. Aussi le voit-on, immédiatement après sa conversion, entrer à Damas, porter la nouvelle doctrine en Arabie, et venir pour la première fois à Jérusalem trois ans après.

On devrait d'autant moins perdre son temps à discuter ce point, que l'évangile de Luc nous dit lui-même expressément que les sources auxquelles il a puisé ne sont ;iutres que les rapports des témoins oculaires et des serviteurs du Verbe, et que Paul n'a plus besoin de paraître là que pour contrôler le choix et l'emploi des documents. Celui qui appréciera à leur juste valeur, d'un côté les rapports internes qui existent entre le troisième évangile et les récils de l'apôtre, et de l'autre le témoignage unanime de l'antiquité chrétienne en faveur de l'influence de la prédication de Paul sur cet évangile , celui-là , dis-jc, ne soutiendra pas que l'apôtre n*a eu aucune part à sa composition. Si la critique négative, prenant en considération ces circonstances, ne fait pas difficulté d'admettre que l'auteur est un disciple de Paul, l'accréditation historique de cet évangile est par là même solidement établie, et les deux premiers évangiles eux-mêmes acquièrent aussi la plus ancienne et la plus forte garantie de leur authenticité. Pour nous, nom croyons que les rapports des écrivains ecclésiastiques qui nous désignent unanimement Luc comme l'auteur du troisième évangile, réunis à la concordance des indications des Actes et des Kpitres de Paul, sont de nature à donner plus qu'un résultat négatif, cl à établir comme bis toriqueme ni cen ai n que Luc est l'auteur du troisième évangile et des Actes des apôtres.

Pour ce qui est de la couleur fxntlinisie du troisième évangile, elle est visible dans presque tout ce qui le dislingue des deux premiers évangiles; et l'usage que Mai non a fait de tel évangile, à l'exclusion des autres

: DEMONSTRATION EV ANGELIQUE '•' -»i;:;U CIiassay. :fJ>

est mie preuve externe Irès-signifiealive de quillerle combat en s'avouant vaincu; eldeson existence. « In a dit, à ia véi ité, i r«»p ex- puis < [te épo uc :<• doute ne fui plus reproclusivement, que Eue. seul rapporte dea een- iiun nulle part, excepté peut-être dam l'intences de Jéaua qui favorisent l'univeraalis- Iroductioa du docteur de Welle. Il hllaitdii ne (ir, 26; ix,52; x, 80; xvn, 16-18; ix, euurage pour renouveler le combat; car, daof 3-3 -. comp. Mallh. x, 5) ci la doctrine de la lutte précédente, un s'était aervi de tant Paul Bur la justification (xvu, 10; xv, 11; d'armes, et d'une lactique si habile, que c'éw m, 14); ce enrianl on ne p< ui diaconveoir lail une queatiou de sav< ir i il en realail eavque I'i-sj ni de Paul n'ait principalement in- core pour une nouvelle attaque. Il ne s'agisflué sur son choix. Il exiale encore entre s itpasirul ment de s'élever contre la eoo- Euc et l'apôtre une .mire concordance bien viction bialorique de ion- lea aavaula il» ••>!<>remarquable dans la doctrine sur la cène giens du temps , il fallait encore venir (1 Cor. xi, 23; Luc, XXil, 19 : cooipar. aussi profaner avec impu leuce le sanc uaire du 1 Cor. xv, 5 avec Luc, x\iv, 34). L'opinion sentiment religieux. En i fiel, ai le quatrième des écrivains ecclésiastique», au aujet de ce évangile n'était pas l'ouvrage de l'apôtre, rapport sensible qui se trouve dans l'apôtre cet et n île, dont He.dcr disait : L> main saint Paul et saint Luc, n'a rien assarémi ni d'un ange l'a écrit, u'éj iil plu- que l'oeuvre de ce ion circonspect et réservé de la criii- d'un imposteur. Les discours et les a lions que négative d'aujourd'hui, mais elle s'en- du Christ, dont cet évangi e seul noua pai , prime clair, nient ei dogmatiquement. Malgré n'étaient plua qu'un ■ ecueil de fables. L doo cela, leurs rapports sont dignes de notre ai- leur Strauss a eu ce triste courage tention, surtout ceux d'Irénée et de Terlul- « Nous avons déjà >u notre critique regarlien,qui sont les plus anciens. Quand le pre- der en pitié les arguments li lloriques el les luier [Adv. hœr. m, 1) remarque que Luc laisser derrière lui comme des bastions en avait mis par écrit l'évangile annoncé orale- ruines, indignes d'une attaque série se, pour nient par l'aul, il est certainement inexact, se lancer dans le vaste champ des preui s comme on le voit par Luc, i, 1-i. Il s'accorde internes. Il suit ici la même marche el coumieux avec le rapport de Luc, dans un autre sacre dix lignes à l'attaque des preuves e\passage où il lui emprunte presque ses pro- ternes. Lue bataille si vile gagnée ne poupres paroles (Adv. hœr. ni, 14) : Que <ib cis vail manquer d'être bientôt regardée comme (scil. aposloîisj didicerai , tradidit nobis , une bataille perdue.

c'est-à-dire, d'après la manière dont j'en- « Nous avons appris à connaître les exigen-

lends Irénée, suivant l'esprit de Paul et de ces auxquelles il soumet une preuve externe

son évangile. Terlulliea [Adv. Marc, îv, 2) pour lui reconnaître l'évidence. C'est de ce

paraît confirmer expressément celte remar- point de vue qu'il part pour avancer ce qui

que, quand il nous désigne Paul comme illu- suit contre l'authenticité de notre évangile

minalor Lucoe. [part., pag. 63 :

« Nous n'avons pas en faveur de l'évangile « de Matthieu clde celuide Jean, de lémoigna- L'argumentalion de Kuhn sur ce point ca- « ges tels que celui d'un homme ayant connu pital étant d'une faiblesse déplorable, nous « ces apôtres, et qui viendrait nous apprendre avons cru devoir remplacer ses paragraphes « qu'ils ont écrit des Evangiles, ceux-là mè- 14, 13 et 1G, par une citation du docteur Tho- « mes que nous avons entre les mains et qui luck, qui pourra donner une idée des immenses « portent leurs noms. Polycarpe,qui doit avoir ressources que ce savant exégèle a déployées «connu Jean, ne nous dit rien de l'évangile danssescontroversesconlrelesmythologues : «dans les fragments qui nous restent de ses « Si l'on excepte, dit Tholuck, la polémique «ouvraue.s : Irénée, son" disciple, n'invoque de la petite secte des aloges vers l'an 200, « pas le témoignage de son maître en faveur polémique qui ne prenait sa source que dans «de Laulhenticilé de cel évangile. Les Pèrea les préjugés dogmatiques, on ne voit dans le « qui ont recueilli avec le plus grand soin tous cours des siècles, en dedans comme en de- « les anciens témoignages en faveur des Evanhors de l'Eglise chrétienne, aucun doule s'é- « giles, n'ont rien trouvé non plus en faveur lever contre le fait de la rédaction de cel « de l'évangile de Jean dans les écrits de Patévangile par l'apôtre dont il porte le nom. « pias lui-même, qui nous est cependant desi- En 1792 seulement, Evason, déiste anglais, « gné comme auditeur de Jean. » vint attaquer son authenticité par des rai- C'est là tout ce que notre critique oppa.-e à sons dogmatiques bien plus faibles encore celle masse de témoignages historiques que que celles des aloges. Le doule s'éveilla aussi Bretschneider a combattus avec une adresse en Allemagne à celle même époque de nega- digne d'une meilleure cause. Mais, ce qu'il y a lion, mais Bretschneider, dans ses ProbaLilia ici de plus remarquable, c'est que dans sa préqui parurent en 1820, est le premier qui cipilatiouà fuir le terrain de l'histoire, Strauss puisse réclamer la gloire d'avoir engage la nes'esl pas aperçu qu'il se trouvait placé dans lulie avec des armes un peu vigoureuses. Ce- une de ces rares circonstance* où il pouvait pendant lerésullaldecelledernière attaque fut obtenir, sur l'authenticité de l'auteur, des led'enraciner plus profondément, dans la cens- moignagea externes tels qu'il les avait luicience de tous les théologiens allemands la même demandés. Il est vrai que parumdeside* conviction de l'authenticité de l'évangile de rata effugiuut. Nous n'avons pas l'intention Jean (1), lorsqu'on vil le docteur Bretschneider de prod .ire encore ici toute la suite des tell) Voyez sur cette grave polémique Le Chrut ci (Evangile, l'Allemajuie, i, le docteur de Welle.

L LVAtiGILE DE SAINT VEA.N.

moignages en faveur de l'authenticité du quatrième évangile : Nous voulons seulement présenter les principaux documents, et ne nous arrêter un peu plus longtemps que sur les anciens témoignages. Cela est d'autant plus nécessaire que les deux ouvrages les plus célèbres qui aient été opposés aux Prubnbilia de Brelschneider, celui de Crome, et celui de Hemscn, en suivant trop fidèlement l'ordre de l'ouvrage qu'ils réfutaient, n'ont pas traité leur sujet avec assez de soin, dans un ordre parfait, ni avec ;issez de concision.

« Vers l'an 324, époque à laquelle le savant évêque de Césarée écrivait son Histoire ecclésiastique, il n'y avait aucune église sous la chrélienté qui n'eût reconnu l'authenticité de l'évangile de Jean. Ce profond érudil.qui avait à ses ordres les bibliothèque* chréliennes les plus riches (celle de Pamphile, à Césarée. et celle de l'évoque Alexandre, à Jérusalem), et qui avait lu presque tous les monuments de l'antiquité chrétienne, n'avait pas connaissance que quelque part, dans le sein de l'Eglise orthodoxe, la moindre contestation se fût jamais élevée au sujet de l'authenticité de cet évangile. 11 dit (chap. 24, p. 111) que cet évangile « était connu de toutes les églises qui sont sous le ciel. » S'il s'était élevé une contestation à ce sujet, il n'est pas permis de douter qu'il ne l'eûl mentionnée, lorsqu'on le Voit exposer les difficultés contre les antilogies avec une impartialité qui prouve que la voie de la recherche critique n'était pas la seule par laquelle il fût parvenu ci la certitude de la foi.

« La plupart de ces écrits de l'antiquiléchrélienne que le savant évêiue de Césarée avait sous les yeux ne sont point, il est vrai, parvenus jusqu'à nous, et il nous. serait impossible de le suivre pas à pas dans ses recherches. Il nous reste cependant encore assez de fragments des écrits perdus, ou au moins assez de renseignements qui les concernent, pour que nous puissions asseoir un jugement indépendant. Lorsque nous examinons les témoignages sur l'auteur du quatrième évangile, il serait injuste de perdre de vue que nous ne pouvons demander des assurances positives de son authenticité, quand aucun doute n'avait encore rendu la question contestable. Par conséquent la preuve ne peut être tirée que de citations de l'Evangile. Ces citations remplacent complètement des assurances déterminées, puisqu'on ne tirait jamais une preuve dogmatique d'un passage de quelque écrit sans regarder son auteur comme un homme apostolique. Il ne faut pas non plus s'attendre à trouver à côté de ces citations l'indication du livre et du chapitre; la manière dont l'Ancien Testament est cité dans le Nouveau (Voyez Ihbr. i, 7,8, 10, G, 2 .nous montre qu'on présupposait une connaissance complète de ces écrits sacrés, et qu'on se contentait d'indiquer en général d'où étaient empruntées les citations (Il Tim. III, 15), ou même qu'on les encadrait dans le discours sans aucune espèce d'indication. ]rénée, évéque de Lyon, dès l'an 177, avait passé sa jeunesse dans l'Asie Mineure, au

milieu de l'ancien cercle d'action de l'apôtre, et avait connu un grand nombre de disciples des apôtres , au témoignage desquels il a coutume d'en référer. Il avait même vu Polycarpe , qu'il se rappelait avoir entendu avec la plus grande émotion, dans sa première jeunesse, raconter l'histoire des apôtres. Or, le témoignage de cet évêque nous apprend que Jean est mort dans l'âge le plus avancé, sous le règne de Trajan qui monta sur le trône en 98 et régna jusqu'en 117. On convient unanimement que durant la vie de l'apôtre il eût été impossible de répandre dans les églises chrétiennes un évangile qui lui fût faussement attribué; et il faut bien admettre qu'une semblable imposture ne pouvait devenir possible qu'un temps c msidérable après sa mort. L'âge avancé auquel parvint l'évangéliste, les voyages d'inspection qu'il fit d'après Eusèbe (liv. m, ch. 23), et la grande extension du christianisme dans l'Asie Mineure, ne nous permettent pas de douter qu'il n'y eût dans ce pays bien d. s chrétiens qui avaient eu l'occasion de connaître l'homme qui était le soutien de la foi dans ces contrées : son enseignement devait les avoir mis plus ou moins en état de prononcer sur l'authenticité d'une histoire de la vie de Jésus, attribuée à leur maître. Or, cinquante ans après la mort de l'apôtre, nous trouvons cet évangile reconnu comme son ouvrage, non-seulement dans son cercle d'action primitif, non-seulement chez les chrétiens orthodoxes, mais chez les hérétiques et même chez les païens. Parmi les chrétiens orthodoxes, nous citerons Justin, grand voyageur, qui avait été en Palestine, en Italie, en Asie Mineure, qui avait séjourné à Ephèse, et dont les ouvrages, écrits de 140 à 160, contiennent bien des passages de l'évangile de Jean, encadrés dans le discours. Parmi les hérétiques, nous mentionnerons Valentin qui vint d'Egypte à Homo vers l'an 110, et son disciple lléracléon qui écrivit un commentaire sur l'évangile de Jean. On voit d'après cela que, dès cette époque, cet évangile devait être connu en Egypte aussi bien qu'en Italie. Montan, qui parut en Phrygie vers l'an 140, nous prouve qu'il était aussi reconnu en Asie Mineure. Il est aussi incontestable que le philosophe païen Cclse.qui avait voyagé en Palestine, en Asie Mineure et en Syrie, et qui a écrit, vers l'an 140, son ouvrage de controverse contre les chrétiens, a connu notre évangile. Tout ce que nous venons d'avancer se démontre positivement. Mais aussi on peut conclure négativement qu'il ne peut avoir existé aucun doute sur son authenticité; car les Pères de l'Eglise auraient agi ici comme ailleurs, où nous les voyons toujours, lorsque des hérétiquess'appuienl surdes écrits apocryphes, opposer à ceux-ci le peu de valeur de leur point d'appui. Or, les gnostiques s'appuient principalement sur le préambule de l'évangile de Jean, cl les montanites sur la promesse du Saint-Esprit; et cependant aucun de leurs adversaires orthodoxes n'attaque la base de leurs assertions.

m DEMONSTRATION EVANGELfQUE. L'ABBE CHASSAI 1 S

Ces circonstances suffisent pont rendre dan la lenle présopposftfod que les pre- Invralsemblable au pins haut degré l'admis- mleri lecteurs île l'évangile sauraient de qui sion d'une fausse attribution, ie l'évangife à il renaît. O-, il était impossible que ces tél'apAire du Seigneur, sans <• pendant qu < Mes moins pussent eompter i soient encore de nature à démontrer son ira- leur*, s'ils n'étalent pas en position d'être ré- Boesihilité totale ; mais en remontant à des pu tés compétents pour rendre un pare If tétemps encore (tins rapprochés de lean, nous mofgnage, s'ils n'étaient pis des membres découvrons qu'on peut donner, touchant l'au* célèbres de l'Eglise d'Ephése. \ussi l'opifbenticitéde l'Kvaii'jile, la garantie même nion générale regarde-t-elle ces témoins que la critique sceptique de Strauss a deman- commodes prêtres (TEphèse, ou au moins dée. Car nous pouvons nommer des amis de comme des amis de l'apolrequi avaient ; onl- Jean qui témoignent de la rédaction de no- être été aussi disciples do Seigneur | !xa9/-,-«i Ire évangile par l'apôtre, aussi bien que de rotJ K«pwv), et qui ne s'appuyaient pas sur lacrédibililé de son contenu ; et nous sommes des raisons subjectives, mais bien sur des raià même de démontrer que ces deux amis et BOBS objectives, pour confirmer la crédibilité disciples de Jean dont le docteur Strauss nous de ses récits. Papias nous apprend qu'après a défié de produire les témoignages, Tiennent la mort de Jean.il y avait dans l'Asie .Viprécisémenl déposer en faveur de la rédaction neure des disciples du Seigneur, tels fftt'Adu quatrième évangile par Jean. ristion et le prêtre Jean. Dn fragment

« Il est( ertainemenl bien rare, dans la criti- latin du second siècle, reproduit par Mura-

que littéraire, de trouver joint à un ouvrage lori, nous apprend que les compagnons du

le témoignage des amis de l'auteur en faveur vieil apôtre, disciples du Seigneur comme lui,

de l'authenticité et delà crédibilité de ses l'avaient engagé à écrire l'évangile, et le doc-

écrils. L'évangile de Jean nous offre une de teur Credner, dans son Introduction (pas

ces rares exceptions dans les versets 24- et 237), est porté à croire que ce témoignage

25 du ch. 21. On est frappé dans ces deux fient d'eux. Voici donc une preuve d'anthen*

versets de l'emploi alternatif du singulier licite presque complètement dans la forme

et du pluriel o*3r un et oenae, circonstance qui, demandée par le scepticisme historique deno-

cnvisagêe au point de vue purement exégé- tre critique.

li*l no. laisse tout à l'a" il incertain si c'est une «Mais outre cela, Papias qui avait entendu

ou plusieurs personnes qui rendent le té- Jean lui-même, cl Polycarpe qui avai: vécu

moignage. Car il est aussi lacile d'admettre avec lui et les autres prêtre*, et qui avait été

que le pluriel a été employé la premièi e fois sacré évéquo de Smvrne par Jean lui même,

rheloi 'iquemenl , que de penser que celui ces hommes des premiers temps, dont le cri-

qui a parle dans le 2V v. collectivement au tique lions a sommés de produire les lémoi-

nom des autres, vient ensuite dans le iiS par- gnages, \ iennenl aussi rcm|ilir le* conditions

1er en son propre nom. Un pourra;', même, qu'il a posée-;. Nous ne pouvons pas, il est

toujoursà ce point de vue.alcr jusqu'à soup- vrai, produire des citations de notre evan-

çonner quo le verset 25' est d'une autre gile, tirées des écrits de ces deux hommes ;

main cl a été ajusté plus tard au v. 2ï. Main* mais quels sonl donc les monuments écrits

tenant, comme en jelanl un coup d'œil sur qui nous sont restés d'eux ? la lettre aux

les circonstances et tes rapports particuliers, Phiiippîens, de Polycarpe, dont 3t> chapitres

il est plus naturel de penser qu'un lémoi- très-courts ont été seuls conservés, et quel*

gnage de ce genre émane de plusieurs hom- ques fragments en petit nombre de l'api »9.

mes qued'un seul, noua nous rangeons à l'opi- Néanmoins ce fragment si court de l'Lpftre

nion générale qui regarde le pluriel commo de Polycarpe nous olfre une allusion positive

désignant une pluralité de témoins. Mais à un passage de la première Kpiire de Jean

queis sonl donc ces témoins qui viennent (I Jean , iv, 3) : tléç y*p tç ôt» pi i -.r.t

nous dire que le disciple dont il a été ques- Xfterà h» w . -■//-•"•>'

lion précédemment est celui-là même qui a ri MtrSuivnri -

écrit cet évangile; et, en second lieu, que Xsw tari, Kosèbe ( 1. III, c. 39) nous assure

cet évangile contient la vérité et qu'ils lo aussi que l'ouvrage de Papias contient des

savent? Il est vrai- qu'ils ne sont pas nom- citations de la première Epttre de Jean

mes et que celle circonstance parait au pre- et de la première Kpiire «le Pierre. Or

mier coup d'eril ôler un grand poids à leur il est reconnu que celle première Kpire an

témoignage. Mais en y regardant de pus peut appartenir à un autre auteur que celui

près, on voii au contraire qu'elle ne peut de l'évangile, etque l'authenticité de cet deux

tssc lui donner plus d'autorité. Car osl-il p, s- ou» rages doit subsister oa tomber en même

sible d'admettre que si un Copiste sans mis- temps. Ce point une lois admis ( i t KioIm li-

sion, ou si un faussaire des temps postérieurs neulor lui-même se déclare p ■>ur celle I

avait voulu donner à la crédibilité do l'ev in- nion', on ne peut reconnaître l'origine BfJ -

gile une confirmation apocryphe, il lui venu tolique de la première Kpltre de Jean, sans

ajouter cette eonfirmalion sans y attacher reconnaître lussi cille de l'évangile ) el le

son nom, cl l'eûi privé parla de tout Bon quatrième évangile se trouve confirmé star

poids? N'est-ce pas au contraire, en général, le témoignage dr deux hommes </m oui en des

le signe d'an écrit apocryphe, lorsque la rWati - i e/'oj

personnaliié de l'écrivain s'\ produit d'une • Après avoir satisfait aux exigences exa*>

manière choquante ? Ce témoignage ainsi bitanus de la nouvelle critique, il semble sa>

rendu ue pouvait avoir d'imporunce que. pcrllu de produire d'autres lemoig nagea. Gai

LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE

pendant nous on citerons encore un. Parmi les hommes qui ont connu l'Apôtre, il en est trois dont il nous resle 'les monuments écrits: ces monuments sont une épître de Barnabe, une épîlre de Clément Romain, et plusieurs épîtrcs d'Ignace , évoque d'Anlioche. Que nous ne trouvions aucune citation de notre évangile dans les écrits d'ailleurs si courts de ces hommes, cela ne doit étonner personne, au moins pour ce qui regarde 1 s deux premiers, puisqu'ils vivaient en dehors de l'Asie Mineure, et qui' l'évangile ayant été écrit lard, pouvait n'être pas encore parvenu jusqu'à eux. Ignace était plus à portée de connaître l'œuvre de Jean : aussi, nous trouvons chez lui, à côté île quelques passages douteux, une allusion incontestable à un pissage de notre évangile. Dans celle de ses épures qui précisément porte le cachet le plus visible de l'originalité, dans l'Epîlre aux llomains (c. 7). on trouve l'allusion suivante à Jean (6, 32, 33, 48, 51-58) : o0x «<W rPo<?)

• ''opâf où5s -hîivjuïç toO (3 mu TBiirov. Aprov Q où ÔsX'.j, v.proi oùpy.vfîv, mpxov Çarië?, aç zar:i aàpi \v erov Xpe-ToO toO YM toû (-'toù, -/.. -. X. K«t ttoji-a 8eo0 8iX'.) tci odiia. aùroû, ô è-mv àyurô v.fOap-o; y.y.L

«évv« ? Ç»jy). Il est possible que ces expressions ne soient pas des allusions à l'évangile écrit, mais des souvenirs de la prédication apostolique : leur impoi tance n'en reste pas moins la même pour noire discussion, puisqu'elles prouvent, en lo t cas, que les phrases et les idées de ce genre, dont beaucoup de critiques veulent maintenant chercher la source dans le gnoslicisme alexandrin, étaient propres à L'enseignement de Jean (1). »

THÉMOTGNAGE DES HÉRÉTIQUES ET DES ENNEMIS DU CHRISTIANISME EN FAVEUR DE L AUTHENTICITÉ DE NOS ÉVANGILES.

11 est très-bon de joindre, aux plus anciens témoignages positifs en faveur de nos Evangiles, le témoignage des hérétiques el des ennemis du Christianisme, car s'il le cède aux premiers du côté de l'antiquité, ce désavantage est bien compensé par la force que lui donne l'opposition des intérêts dogmatiques et religieux des hommes dont il émane.

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