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Parmi les adversaires du docteur Strauss, les uns se sont contentés de démontrer les impossibilité! ci les contradiction du système mylliiquc; d'autres, voulant pousser leur formidable antagoniste jusque dans ses derniers retranchements , ont essayé de répondre a toutes les diih'cultés particulières que le théologien de Tuhinguc s'est fait un plaisir d'accumuler contre l'histoire évangélique. La patience est le caractère du génie allemand, et celle tâche immense qu'aucun théologien français n'a osé entreprendre jusqu'ici, plusieurs écrivains distingués d'au delà du Rhin l'ont embrassée avec un empressement digne des plus grands éloges. En parlant des savants qui n'ont pas reculé devant ce prodigieux travail, nous devons surtout citer Kuhn, Eschenmayer, Néander et Sepp. Sans doute ceux qui ont pris à tâche de réfuter sur ce terrain les extravagances du système mythique ne sont pas tous partis du même principe, et n'ont pas dû arriver aux mêmes conclusions positives. Pour ne parler que des quatre théologiens que nous venons de nommer, il s'en faut beaucoup qu'ils appartiennent tous au même ordre d'idées. Eschenmayer et Néander sont protestants, Kuhn et Sepp sont catholiques, mais Kuhn fait partie de l'école de Tubingue, et Sepp de l'école de Munich. D'un aulre côlé ils ont abordé l'étude de la vie de Jésus , après des études bien différentes et des tendances d'esprit singulièrement variées.
Elève deSchelling, philosophe avant tout, Eschenmayer qui, en sa qualité de laïque , n'a pas été obligé par les exigences de sa position d'approfondir les questions théologiques , Eschenmayer n'a écrit son livre de VJschariotisme que pour faire éclater le soulèvement de sa conscience indignée par les blasphèmes des mythologues. Aussi , quand il vient à aborder toutes les circonstances particulières de la vie de Jésus-Ch;ist , il passe avec rapidité et avec une sorte de pétulance sur les objections de ses adversaires. 11 va sans dire que son point de vue protestant lui enlève beaucoup de ses forces et ne pcrmetlrail pas d'accepter ses solutions sans une extrême réserve.
L'irrésolution des idées luthériennes qu'on remarque dans Eschenmayer se montre encore d'une manière hien plus éclatante dans la lie de Jésus du docteur Néander. Néander, on le sail, est un des penseurs les plus célèbres de l'Eglise protestante : c'est assurément un théologien d'une grande pénétration cl d'une science étendue ; mais indépendamment des contradictions que le protestantisme a jetées dans son esprit, il a, plus que personne p ut-être , les défauts qu'on peut reprocher aux philosophes de son
78* lue qu'il - l fôr-
im s quand l'intelligence nette et précisé dès choses vient à lui échapper, qu'il prend facilement pour de la profondeur i reries transcendâmes, que le bon
de la phrase DOUS rend insupportables. >jiis
doute l'apologiste de l'Evangile trouvera dans le livre de Néander des documents d'une véritahle importance; ma 1ère
oh ensemble, l'ouvrage est Irès-imparfait et n'aurait jamais ehez nous le succès qu'il a eu dans la pairie de l'auteur.
Le docteur Kuhn, professeur à l'université catholique de Tubingue, a i ouime Néander la plupartdes imperfections de l'esprit allemand). L est un théologien distingué el qui a fait de patientes études de dogmatique et d'exé Mais il manque presque constamment de méthode el de clarté, comme on a pu le comprendre par les longs fra que
nous avons exlrails de sa Vie de Jésus tut point de vue de la science. H n'esl pis inutile de faire observer que nous n'avons mis sous les yeux de nos lecteurs que les parties les plus intéressâmes el les plus intelligibles de son introduction. Si nous avions reproduit ses réflexions sur la déduction de l'idée du Christ, on aurait vu dans quelles spéculations vide el chimériques une multitude d'esprits délite consument en Allemagne leur activité et leurs lorces. Du reste , les longues citations que nous allons encore faire de la Vie de Si$ûi a i p int de vue de la science \ ermellront de porter un jugement plus étendu sur les qualités et les défauts du professeur de Tubingue.
L'ouvrage le plus important qu'on ait composé contre le docteur Strauss est incontestablement la Vie de Jésus par le docteur Sepp. Cet immense travail est un de ceux qui peuvent le mieux donner une idée de l'héroïque patience et de la prodigieuse ardeur de la théologie germanique. Beaucoup plus savant que Strauss, le docteur Sepp est nonseulement un érudit de premier ordre, mais un orateur éminent. Il s'est conquis un" glorieuse réputation dans les luîtes parlementaires de l'assemblée de Francfort. Malgré ses talents , le docteur .^epp n'esl parv un qu'à composer on livre qui laisse encore beaucoup à désirer. Il manque en effet de sobriété el de méthode. Il s épanouit sur les questions avec une abondance de considéralions et une profusion de science qui la igueraient Irès-vite tous les esprits fiançai-. Du reste, nous ne prétendons pals, paf quelques citations, f lire connaître Suffisamment à nos lecteurs un des ouvrages les pins savants qu'on .iil composés dans les temps présents
Pour mieux f.iire comprendre les modifications que la controverse chrétienne a subi - en Allemagne depuis le commencement du siècle, avant d'exposer les opinions d s auteurs les plus modi nie- de la vie de Jésus sur la question de la tentation, nous citerons Il - réflexions' que le comte Frédéric de Slola laites sur ce sujet, dans une vie «le - lui remonte au commencement du siè-
(1) Kuhn, La lie dr JéSUt nu )<uint de vue delà science, Introduction.
cle. Comme il nous était impossible d'analyfier dans toute leur étendue les ouvrages jont nous parlons ici , nous avons été obligé de nous réduire à ne présenter qu'un point isolé, mais important de l'histoire évangélique, afin de mettre nos lecteurs à même de juger de l'importance relative que présentent les différentes monographies de l'Hommc-I)ieu qu'on a composées pour répondre aux sophismes des mythologues.