D'APRÈS FRÉDÉRIC DE STOLBERG
« Jésus, étant plein du Saint-Esprit, revint des bords du Jourdain , et fut poussé par l'Esprit dans le désert. Il y demeura quarante jours, et y fut tenté par le diable , car il ne mangea rien pendant tout ce temps-là; et lorsque ces jours furent passés , il eut faim. Alors le diable lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu , commandez à cette pierre qu'elle devienne pain. Jésus lui répondit : 11 est écrit que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. Et le diable le transporta sur une haute montagne, d'où lui ayant fait voir en un moment tous les royaumes du monde, il lui dit : Je vous donnerai toute cette puissance et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été donnée, et je la donne à qui il me plaît. Si donc vous voulez m'adorer (1) , toutes ces choses
(1) « Il serait sans doule"superflu<de faire observer que lous les biens de la terre ne pouvaient être tous aperçus du haut d'une montagne. Satan conduisit Noire-Seigneur sur une montagne, d'où l'on avait probablement une vue étendue de tous côtés : c'était peut-cire le mont Thabor, qui est très-élevé et Isofé, quoique les traditions du pays nomment une montagne dans le voisinage de Jéricho. Satan montra à celui qui, avant d'être devenu homme, avait créé l'univers et le monde des esprits, la direction dans laquelle se trouvaient les royaumes les plus puissains ; il lui fit peut-èlre aussi apparaître des visions qui devaient l'éblouir par la vue d'une grande magnilicence terrestre et temporelle. Il eût été si content de le séduire ! 11 ne pouvait douter que cet homme ne tût dangereux pour son empire, et il était livré à l'inquiétude et à la curiosité.
« On ne saurait douter de l'existence d un grand mystère dans cette histoire, puisqu'a\ant ce jeûne de quarante jours que son Fils supporta, Dieu avait déjà soumis à un jeûne d'une même durée ses fidèles serviteurs Moïse et Elie.
« Le dUciple que Jésus aimait dit ; Tout CC qui est dans le monde est ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des Jeux, ou orgueil de la vie; ce. qui ne vient pas du Père, mais du monde. Or, le monde passe, et la concupiscence du monde passe avec lui ; mais celui qui fait, la volonté de Dieu demeure éternellement. (/ S. Jean, n, lli, 17). » Et saint Augustin fait observer que Noire-Seigneur a voulu nous apprendre par son exemple à triompher de celle triple tentation. (S. Augustin, de Vera rd. xxxviii.) En effet le diable tenta Jésus de cette triple manière, el précisément dans l'ordre cité par saint Jean. 11 chercha d'abord à le séduire par l'image des satisfactions sensuelles. Le plaisir des yeux entraîne la présomption, et le diable voulait le pousser à ce défaut, en l'engageant à se précipiter des hauteurs du temple. Il espéra enfin éveiller en lui l'orgueil, en lui offrant I empire du monde et sa magnificence.
< Préservons-nous de la présomption ! Adorons le Fds de Dieu, et suivons-le oes yeux dans le deseil.
ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE
seront à vous. Jésus lui répondit • Il est écrit : C'est le Seigneur votre Dieu que vous adorerez, el c'est lui seul que vous servirez. Le diable le transporta encore à Jérusalem , et l'ayant mis sur le haut du temple , il lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous d'ici en ba9, car il est écrit qu'il a ordonné à ses anges d'avoir soin de vous, et de vous garder, et qu'ils vous soutiendront de leuis mains, de peur que vous ne vous heurtiez le pied contre quelque pierre. Jésus lui répondit : Il est écrit : Vous ne tenterez pas le Seigneur votre Dieu. Le diable ayant achevé toutes ces tentations, se relirai de lui pour un temps (S. Luc, iv, 1-13).
« En se laissant tenter par le diable, le Fils de l'homme descendait, ce me semble , au degré le plus bas de Son avilissement : c'est jusque-là que le porta sa miséricorde ! Quelle pensée consolante pour nous , qui avons un si grand besoin de sa miséricorde el de sa protection, quand nous sommes induits en tentation, de ce qu'il se soit aussi laissé tenter ! Le premier Adam fut induit en tentation el succomba; le second Adaui fut tenté, mais il triompha, et conquit pour ses frères la force nécessaire pour la lutte ! Victoire 1 »
Hirscher dans sa Vie de Jésus est encore plus bref, il se borne à reproduire le récit évangélique.
Ne cherchons point à pénétrer ce que la sainte Ecriture couvre d'un voile ; coulenlons-uous de ce que dit saint Paul à ce sujet :
« C'est pourquoi il a failu qu 'il fût en tout semblable à sis li ères, pour être envers Dieu un ponti'c compatissant et fidèle en son ministère, afin d expi< r les péchés du peuple ; car ce sonl îles peines et i!es sounrauecs fnéme, pal- lesquelles il a été leit et éprouvé, qu'il tire h verlu et la force de secourir ceux qui sont aussi teniés (Hébr. n, 17, 18). > Et plus loin, dans la même épilre : « Car le pontife que nous avons n'est pas tel qu'il ne puisse compatir à nos faiblesses ; mais il a éprouvé comme nous toutes sortes de tentations et d'ep:euves, hormis le péchc. Allons donc nous présenter avec confiance devant lé trône dé la grâce, afin d'y nouvel miss-iicoule et d'y recevoir le secours dé sa giâce dans nos besoins [Hébr. iv, 14, 15, 16). >
« Le Fils de Dieu répondit avec douceur aux offres de Satan, ju qu à ce. que celui-ci lui dit de se présenter devant lui et de l'adorer. Il lui répondit alors avec une force divine : « Arrière, Satan ! i Celui-ci épouvanté s'enfuit sans que sa curio ile lui satisfaite à l'egaid de la n'àtiiié (le Jësbs-Cnrist : car avec ce mot : i Arrière! » le Fils de Dieu ne lit tomber sur lui aucun rayon de celle grandeur qui n'eSt propre qu'à lui seid. Nous pouvons aussi chasser comme lui l'ennemi ; nous le pouvons avec la force de Dieu, qui est à la disposition de toute personne exacte à observer rigoureusement le ( -oniniaiidrinent suiva l : i Tu dois adorer le Seigneur ton Dieu, et le servir lui seul. >
« Les services qui furent rendus à Jésus par les anges consi-le, enl vraisemblablement dans les aliments qu'ils lui apporlèienl. Le mot fîiàxoihv, que la Vulgale exprime fort bien par luinisirum, se. tel louve dans la bouche de Marthe, qui servit Notre-Scigueur à table comme son hôte. S. Luc. \, 40.
i Le diable s'éloigna de lui pour quelque temps. Quand cl comment reparut- il?
« — Arrière, présomptueux 1 Adorons dans la poussière le Père, le Fils et le Saint-Esprit. i — (Stolherg.)
M MOSSTUATION EVANGI I