‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 113 sur 255 · DEMONSTRATION RVANGÉLIQiJE. I tBBE CHASSAT · texte numérisé non relu

DEMONSTRATION RVANGÉLIQiJE. I tBBE CHASSAT

1 .1 1 1 1 on avoir dei molil's de la j.l ■! s haute mois : »rrd lésill élaii | rmi

impoli la ii ci', lorsque les l'a ils son) auss clairs les béiei sauvages. • Il n'y a là Heu d'aussi

(|uc dans I i circonstance actuelle, OU lednilc exlraoi dinair i|ijo le cr(jil S< hleierinai lier •

n'est pas possibles à moins qu'on n'admette il ne s'agit que d'un séjour dans li déseri au

le scepticisme en prin ipe. Mais s'il n'y a milieu des bétel iaai Igei ; mais il n'est nul-

rien dans les témoignages qui se présentent lemenl question des Ironpeaui entiers dont

dans saint Jean et dans les trois premiers parle S lileiermacher . ni îles animaUI l'en»

évangélisics, qui nous force a croire qu'ils ces, des tigres et des léopard-, qui n'existent

sont de la même date, puisqu'on pourrait si- que dans 1 imagina lion des ai iinnien-

gnaler la même coïncidence, entre saint Mal- taieurs. Il est question des animaux des

lliieu (m, 11) et saint Mat th. (ni, 17j, et champs et des bois, opposés aux animaux

puisqu'elle se renouvellerait assurément plut domestiques. Ce que le récit érangélique

d'une f is, si cet évangélistc avait raconté vent désigner ici, c est une profonde solitude

toute r histoire de Jésus cl du précurseur de- loin du commerce des nommes. En tout cas,

puis le baptême, il est facile de comprendre il nous est donné à entendre que Jésus ne

que le molif du témoignage dans saint Lue prenait pas la nourriture ordinaire, unis

(.III, 15) et dans saint Jean (i, 10 et •>;)) n'est que l< s anses lui apportaient la sienne

pas le mémo, et que nous ne devons donner oiSyyàat Supt6**ow fcùrû); que le; anges le

la préférence, ni à saint Luc avec S'.rauss, ni servaient; ou bien que la nature , laiss*

avec de Welle à saint Jean. Tous les deux elle-même, se nourrissait de m propre sulis-

ont parlé d'époques différentes dans la vie tance , qu'il jeûnait. Il est impossible i

du Christ, el l'on ne peut les opposer l'un à conclure, avec la légèreté de Sirauss, que

l'autre. saint Marc, dans ce passage, comme dans

d'autres, « iuiile les évangiles apocryphes,

A l'égard du temps que dura le séjour de dont les ficiions arbitraires, dil-il, ne peu- Jésus dans le désert, aussi bien que du but vent aller plus loin qu'en celle occasion, ce el de la conséquence de ce séjour , les trois q"i force à pénétn r dans le sens du récit d.' évangéiistes s'accordent parfaitement entre saint Marc. »

eux. Tous ils indiquent la tentaion comme D'après le récit uniforme de saint Luc et

le fait qui remplit , au moins qui domine les de saint Marc, dVù il résulte que la tentation

quarante jours que Jésus passa dans le dé- aurait duré pendant tout le séjour de Je

sert; ai) contraire, ils varient dans les dé- dans le déseri, et en raison de la preuve cou-

ta'ils de leur relation, comme cela arrive dans tenue dans la relation du premier, que lès

de libres récils sur le même sujet , faits par trois tentations particulières de Salin n'ex-

divers auteurs. Saint Matthieu ditqueJésifs cluent pas la tentation générale, m frpftli-

a été conduit par l'Epril dans le désert, que dans le désert à loul' la vie de Jc-us. on

pour y être tenté, et que, lorsqu'il eut jeûné peut comprendre le récil de saint M llhieu

quarante jours, le tentateur s'approcha de dans le mêm sens , c'esl-a-dire , adme Ire

lui (iv, 1-3); d'après saint Luc, Jésus est que, d'après lui, Jésus n'a quille le désert

conduit en esprit dans le désert, et tenlé par q1"' lorsqu'il a été libre de toute tentation,

le démon pendant quarante jours; après Qu'il y ail été exposé lout le temps qui fut

qu'il a jeûné tout ce temps , il a faim, et le dan9 le déserl, c'est ce qui résnlle assez clai-

démon s'avance vers lui (iv, 1-4). Les deux renient des paroles mêmes du lexie el de l'in-

évangéliste9 racontent de même les trois len- finilif Trtipatriri-ja.i (S. Maltli., iv, 1), qui, sui-

lations que l'on connaît, avec la seule diffé- vaut l'express on juive et le mot grec, s'a -

rence que la seconde, dans saint Matthieu, plique à un but général, indiquant une épo-

est la dernière dans saint Luc, et que la que de probalion.

troisième, dans celui-ci, est la seconde dans Or- il y a ici un dessein de Dieu exprimé,

celui-là. Marc s'exprime très-brièvement : une nécessité morale, peur (Ire tent . Ce te

L'Esprit , dit -Uj le conduisit dans b dés rt; interprétation me parait bien plus vraiseni-

il y Testa quarante jours, pendant lesquels il blahle que l'ex| 1 cation qui s'offre au p:e-

fut tenlé par Satan, et se trouva au milieu mi r regard, d'après laquelle il existerait

des bêles sauvages (i, 12). Ces différences une différence entre sainl Luc cl sainl Marc,

doivent d'autant moins nous surprendre , En tout cas, à supposer que celte différence

qu'on ne peut les attribuer au fait extérieur, fût réelle, on serait force d'accorder qo'< He

si l'on peut dire, mais à l'esprit même de le- s'applique purement à la forme du reri:. et

vénement, dont la tradition a pu se cotiser- qu'on n'en peut tirer aucune COns4

ver moins facilement, et dont l'exposition, contre le caractère historique de la tent.'

dans chacun des trois premiers évangélisles, e" elle-même (1).

se rattache à l'ensemble. Dans ce qui cons- Mai- \oici un argument dé Strauss : « L'é-

tituclc fait en général, les trois evangclisi.es tanglle dé Saint Mire, dit-il, a été ? isible-

sonl d'accord : nous voulons parler des qua- ment compov ;mv saint Matthieu et saint

rante jours passés dans le désert el du j. -une Luc (-2); or, dans le cas pré-en!. on se voit

de Jésus. Car, bien que saint Marc ne f.;s-e fou e. soit de faire puiser s.iini lue dans

pas meatK» du jeûne, il l'indique par ces sainl Marc, ou saint Marc dans la tradition,

(I) Strauss, pages 599-401 , s envisage* cette dif- Strasss, VU iê Iém$, psjs 6i> ; noire introduc-

lén nce d une manière trop superficielle et n'a pu i n lion, page r>J. pLiiélrcr le sens.

LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE

ce qui est contradictoire, puisque saint Marc n'a écrit son évangile que d'après saint Matthieu et saint Luc, sans consulter la tradition, suivant Strauss, et que saint Luc ne pouvait en même temps servir de base à saint Marc et lui devoir la sienne. Dans saint Luc, continue Strauss, se trouve le fait antihistorique, que Jésus fut tenlé quarante jours par le démon, sans qu'il indique nominaiivement aucune des tentations, mais seulement quelques-unes des dernières ; et c'est ce que notre critique explique ainsi : Tanlôt l'histoire de la tentation nous est racontée d'une manière indéterminée comme dans la tradition non écrite, et alors le mot 7reipoc<7- Orivai,pour être tenté, se rapporte aux quarante jours. Marc procède ainsi : tantôt les faits sont désignés, et la faim qu'éprouva Jésus les place après le quarantième jour. C'est ce que nous voyons dans saint Matthieu.

Luc nous offre une relation confuse, où il mêle ce qui est déterminé et ce qui ne l'est pas, d'une manière à peiné supportable, et où, après l'indication vague d'une tentation de quarante jours, il ajoute en outre des faits précis qui sont arrivés plus tard.

Admettons-nous quesairtl Luc ait pris son récit dans saint Matthieu et saint Marc, Strauss réclame en vertu de sa première opinion que nous avons indiquée plus haut, c'est que saint Marc a composé son évangile d'après saint Matthieu et saint Luc; il faut donc, pour ne pas entasser l'arbitraire sur l'arbitraire, reconnaître au moins que saint Marc, ne s'étant ici réglé, d'après Strauss, ni sur saint Matthieu ni sur saint Luc, le premier évangéliste doit immédiatement à la tradition son récit indéterminé; or, si l'on admet une fois qu'un tel récit émane de la tradition comme celui de saint Matthieu , qui est précis, on tombe dans une étrange inconséquence; on suppose que saint Marc, dont on regarde l'exposé, à l'égard de l'histoire de Ja tentation, comme la pure empreinte d'une des deux traditions, celle qui est indéterminée, n'y a pas puisé, puisqu'il aurait puisé à la mêmesoiirce quecelle de saint Matthieu, qui est précise, et comme cela serait impossible ; qu'il aurait consulté des sources qui jetaient le trouble et la confusion dans les deux traditions. El alors quel abréviateur ce serait que saint Marc (1)! Si saint Luc, suivant Strauss, est incohérent, saint Marc l'est aussi, lui qui cependant, sans autre gnide que saint Matthieu et saint Luc, découvre la vraie tradition, ce qui est inconciliable (2).

11 est difficile de regarder le récit de saint Marc comme un simple abrégé de saint Mit— Ihied et de saint Luc. Un abrégé de ces deux évangélistes, qui ne les rendrait pas méconnaissables-et ne les changerait pas complètement , n'est pas possible, parce que, chez eux, les principaux laits sont liés étroitement. Mais, dans un abrégé auquel on fait

(1) On se souvient que, d'après Strauss, /'évangile de saint Ktfft: est l'abrégé des évangiles de saint Matthieu et de saint Luc.

(2) Voici les propres paroles de Strauss : < On ne

subir une transformation de celte nature, il faut avoir un autre point de départ pour justifier le changement du livre qu'on résume ; or, c'est ce qui ne se montre pas pour saint Marc. Et, puisque nous avons reconnu indubitablement, dans la prédication de saint Pierre, une source pour saint Marc, indépendante de saintMatlhieu et de saint Luc, il paraît bien plus convenable de considérer le récil de saint Marc comme ne devant rien au premier et au troisième évangile. Ce point de vue peut beaucoup contribuer à expliquer l'histoire delà tentation. Le récit desaint Marc confirme tout d'abord la conclusion que nous avions lirée de l'examen attentif de c tte histoire, dans son espril môme, c'est qu'elle consiste surtout dans la tentation du démon, nnptxapôç -ovSitxgolov, envisagée généralement; que le démon ait tenlé le Christ, voilà le point essentiel ; quant aux trois tentations particulières, elles ne sont que l'expression spéciale, que l'exemple choisi d'un fait général.

La manière dont les trois premiers évangélistes ont raconté l'histoire de la tentation ne peut autoriser aucun doute su:- sa vérité historique ; mais le fond en dit encore ici plus que la forme. Il y a, suivant Strauss , dans le fait même, quelque chose de si choquant, de si étrange pour la plupart des hommes, qu'ils sont disposés à le révoquer en doute, et à nier ce fait comme l'histoire qui nous en est parvenue. « Sortent, quand on s'en rapporte à notre époque , à ses lumières, qui forment un tel contracte avec le récit des évangélistes, on a pitié de- ceux qui ont pu s'en contenter ; on plaint leur aveuglement et leur manque de science. » Il convient dans une telle question d'être sérieux, prudent, et de se livrer à un solide examen, solide avant tout ; car il y a encore lieu d'espérer qu'on échappera à l'arrêt de proscription fulminé par Strauss, s'il ne s'agit aucunement ici d'adopter ses nouveautés et de mériter ses éloges.

H faut d'abord distinguer entre la lettre et l'esprit de l'histoire évangélique , et ne pas penser comme beaucoup de commentateurs, qui croient que le sens des évangélistes est tout dans la lettre. C'est un système dont nous devons déclarer la fausseté ; car, puisque personne ne soutient qu'il ne peut pas y avoir d'autre sens que le sens littéral, en supposant qu'il soit inadmissible, absurde, et que les événements envisagés de cède manière deviennent historiquement impossibles, il faut adopter en principe cette donnée , qu'il y a un autre sens que le libéral , pour en découvrir un qui soit véritable. Car il serait peu logique d'attribuer d'avance aux évangélistes des idées vraies, c'est-à-dire les mêoies qne les nôtres , sur les circonstances qu'ils nous exposent, que de leur imputer aus-i d'avance les vues les plus ab-

peiil pas dire que. Luc ait écrit d'après Marc ; mais, au contraire, Marc a pnisé ici, dans Luc, toute la partie vague île l'histoire de la tenta ion. » Vie de Jésus, page. 401.

DEMONSTRATION El \m.i LIQUE.

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