‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 114 sur 255 · I. \l:|:i ( HASSAY · texte numérisé non relu

I. \l:|:i ( HASSAY

surdes et les plus contradictoire!. Lorsque, dans les parole* don) ils se lont ien is, on ne voit pas la nécenilé d'aroir recourt à cette dernière explication, il estévident qu'il faut

passer de la lettre à l'esprit. Il n'y a là, au reste, rien d'arbitraire ; cela dépend beaucoup du caractère et de l'ensemble du récit et de la forme que l'on sait familière à I historien. Tel est le principe qui doit nous conduire, si nous voulons éviter d'échouereomme : trauss, faute de boussole.

1* Que l'on rapproche de notre manière de voir ces paroles de saint Matthieu : Jésus fut conduit par l'esprit dans le désert pour y êlre tenté par le diable (iv, 1), on soulèvera, ainsi, de nombreuses questions. « A quoi, al-on demandé , doit servir cette tentation? Klle ne peut avoir lieu en vertu d'une substitution du Christ à l'humanité , et comme moyen, pour elle, de délivrance ; son sens ne peut pas être davantage que Dieu a voulu commencer par éprouver Jésus spécialement. Ou bien faul-il reconnaître, au contraire, qu'il était naturel que Jésus, comme nous, fût éprouvéen tout, d'aprésl'épitre quatrième aux Hébreux, verset 15; de sorte que la musure de toutes les épreuves s'appliquât à sa vie, et que même une tentation du démon en personne le distinguât de nous autres, qui ne sommes pas livrés à ce genre de tentations? » Mais il est impossible de soutenir une telle absence, ou plutôt une telle contradiction de but : que Dieu n'ait pas dû éprouver Jésus, et que, cependant, Jésus ail dû être éprouvé, etc.; car il ne faut pas séparer celle question de la tentation l'examen complet de tous les buis qu'elle peut avoir, et il importe de prouver qu'elle ne peut en avoir qu'un , celui qui est dans la question même , à laquelle cet examen s'applique. Il est donc nécessaire de se placer sur ce terrain spécial, au iieu de soulever la poussière de discussions sans portée, dont les nuages ne peuvent que troubler la vue. Or, un critique sérieux doit, avant tout, découvrir le but de l'écrivain qu'il étudie, et, parla, .s'efforcer de déterminer la naiurcdes faits qui sont placés dans la sphère des idées de l'auteur. Cela est d'autant plus indispensable qu'il est notoire que les écrivains juifs et ceux du Nouveau Testament s'écartent beaucoup en général quanl au point de départ, de notre manière de voir. Liions de la manière suivante, avec un léger changement, les paroles de saint Matthieu : ' Avq^Oq ci; -tiv î'pnu',v ûirèToû ttveûukto-, îvx muMerOaj vtto toû ota'.o).ov : il fut empurlé dans le désert par l'Esprit, afin qu'il lui lente par le diab e. Or, cite substitution nu parlait à l'infinitif est d'autant plus permise (J), que le lour de la phrase , dans ce qu'il a de choquant en apparente, prend un caractère plus tranché, et que le subjonctifs plus de force <jue linlini.if, <|ui est dans le telle. Voilà donc littéralement le bui de l'histoire de la lenl lion. Jésus fui conduit dans le désert, pour

être tenté, ou afin qu'il fût (enté; mais que l'on retroofe iei celespril religions, d'après lequel l ti écrlvaini juifs et chrétiens ont euvisage Ions les événements, cela est incontestable, (l'est ce qu'on roi! souvent dam saint Matthieu. Les faits humains n'y perdent pas, pour cela , leur caractère ; chaque circonstance impoitaute n'est pas représentée comme ordonnée p ,r Dieu ; mais l'histoire du inonde est le développement d'un plan divin. Au-de-sus de c • mon le du libre arbitre , et des accidents de la volonté humaine, il y a une règle supérieure, toute puissante, célesle, qui ramené tout à un but lixeet déterminé. Il faul considérer ainsi la tentation de Jésus comme une nécessité morale, contenue dans l'économie des desseins de Dieu sur le monde. Si l'on demande à un historien qui envisage ainsi les événements à quoi cela sert , il a le même droit d'êlre surpris d'une telle question qu'aurait celui qui l'interroge, si on lui demandait compte de l'existence du monde et de la sienne. Comme nous ne sommes pas identifiés avec l'exposition des faits, au point de vue divin, autant que les évangélisles , il nous est plus facile de passer de la surprise au calme du raisonnement, et de répondre à celle question, savoir quel est l'espril de l'histoire de la tentation et quelle place elle occupe parmi les faits de l'Evangile.

Pourquoi elle se présente immédiatement après le baptême, c'est là un point spécial dont il faul d'abord s'occuper. Nous poserons ainsi la question : Y a-t-il rien dans la tentation de Jésus qui puisse nous faire soupçonner qu'elle ait eu lieu à uneautre époque et dans d'autres circonstances?

Après son baptême par sainl Jean-Baptiste, Jésus étail préla entreprendre sa grande œuvre, à opérer le salut des hommes, triompher du péché el dm piince de ce monde. Du moment que sou premier acte élailde repousser le mal, il pouvait cnlreprendre d'affranchir les hommes du péché et du prince de ce inonde. Car, bien que la tentation de Satan se soit étendue jusqu'à la lin de la vie du Christ [S. Luc, IV, 13 ; Jmii, xii, 31 j xvi, 11), cependant une victoire décisive, lout d'abord , était la condition indispensable d'une œuvre extraordinaire et de l'appui du ciel, qui se manifestait ainsi dès l'origine (Jean, I, 52j. Quand les disciples, pleins de joie d'avoir chasse les démons au nom de Jésus, retournent auprès de lui, il leur fait celte réponse : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair (S. Luc, \. 18). Ce ne sonl pas les paroles de celui qui a livre a l'esprit du mal une lutte ordinaire, mais qui, bien plutôt a déjà remporte une victoire dé- CÎsive, el qui a porte un coup mortel à l'ennemi. Jésus, au commencement île sa mission, subissait cette tentation qui en était comme I initiative. Immédiatement après son baptême ; il consommait loui par sa mort (S. J an, SI?, 30). La est 1 1 raison de la lentaiion de Jésus, et son lien avec sa vie pu-

(ll II n'y a rien d'arbitraire à remplacer KUfagHnu être tenté par Biynafti OU'il fùl tenté; l'infinitif jnslilie le partait. (Note du irad.)

LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE

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