‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 118 sur 255 · TÉMOIGNAGE DE SULPICE SÉVÈRE · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGE DE SULPICE SÉVÈRE

posées sur une espèco de lit. Evode avait d'abord séparé une partie des reliques et les avait mises dans une petite châsse d'argent, dans son monastère, pour les porter en une église de son diocèse, qu'il avait retirée des donalisles. Mais la veille qu'il devait faire celle translation, le peuple d'Uzale l'ayant su, s'y opposa et obligea Pévêque de promettre avec serment qu'il mettrait cette partie des reliques dans l'église de la ville avec le

reste Evode accomplit sa promesse,

et porta avec grande solennité à l'église celte partie des reliques qu'il avait réservées dans son monastère. Dieu augmenta la joie de cette solennité, en rendant la vue à un aveugle qui vint en chemin toucher la châsse du saint. Depuis que les reliques de saint Etienne furent mises dans l'église d'Uzale, il s'y fit un très-grand nombre de miracles ; et on y vit venir de tous côtés une affiuence considérable de peuple. Saint Evode, croyant qu'il était de son devoir de publier de tous côtés et de conserver à la postérité les merveilles que Dieu opérait dans son Eglise, ordonna à une personne de les écrire. Celle personne lui obéit, et ne pouvant pas néanmoins mettre tous les miracles qui se faisaient, il choisit seulement ceux qui étaient les plus connus, dont il fit un livre, où il proteste qu'il n'a travaillé qu'à rapporter les faits, avec toute la vérité et la simplicité possibles , ayant même mis quelquefois les propres termes dont les malades s'étaient servis. Car les personnes sages et religieuses aiment toujours mieux, dit-il, la vérité, quelque barbares que soient les termes dont on l'exprime, que le mensonge orné des expressions les plus éloquentes et les plus polies. Il dit lui-même qu'il était de l'Eglise d'Uzale, et qu'il était présent lorsque les reliques de saint Etienne furent apportées dans la ville. Il paraît aussi qu'il demeurait dans un monastère avec saint Evode. Il adresse la parole quelquefois à saint Evode, quelquefois à ses pères et à ses frères, qui étaient peut-être les ecclésiastiques et les moines d'Uzale. Il faisait ce recueil pour être lu publiquement le jour de la fêle de saint Etienne. On le lut en effet ; et après qu'on avait lu un miracle, on faisait monier au jubé la personne dont on venait de rapporter la guérison, lorsqu'elle se trouvait présente, afin qu'elle en rendît elle-même un témoignage authentique : il n'y eut point de cœur si dur et si insensible, qui ne répandît alors des larmes et qui ne se sentît touché par des mouvements de respect et de piété. On interrompit la lecture des miracles par des cris de joie ; et celte joie se redoublait encore, lorsqu'on voyait paraîire ceux en qui les miracles s'étaient opérés. Ainsi le cœur touché en même temps par ce qu'il entendait el ce qu'il vo)ait, se trouvait pénétré des flammes du divin amour: chacun copia aussi l'écrit. » (Tillemonl, Mémoires pour l'histoire ecclés., t. II, lrc part., saint Etienne , art. 7.)

(1) Cf. Bûchez et Roux, Histoire parlementaire ht la Révolution française, liv. i9r,

Sulpice Sévère, disciple de saint Martin, a écrit sa vie. On y trouve la pureté et l'élégance du siècle d'Auguste, réunies à la fidélité de l'histoire et a l'édification des vertus chrétiennes. (Feller.)

La Providence qui destinait au glorieux pays de Erance une grande mission dans le développement de la civilisation chrétienne, envoya dans les Gaules un homme qui, par la grandeur el l'éclat de ses vertus, par sa tolérance, son inépuisable charité, la prodigieuse activité de sa vie, la multitude de ses miracles, rappelle toutes les merveilles des temps apostoliques. Au moment où la guerrière tribu des Franks allait passer le Rhin pour fonder cet empire qui devait prendre une si grande part aux plus belles destinées de l'humanité (1), saint Martin, poussé par l'Esprit divin, vint du fond de l'Europe orientale pour achever la destruction du paganisme druidique, et pour enraciner profondément dans les populations gallo-romaines le véritable esprit de l'Evangile. Il ne faut pas s'étonner si le ciel consentit à honorer des faveurs les plus extraordinaires l'homme chargé d'exécuter ces grands desseins. Le secours divin, promis par l'Evangileaux propagateurs delà foi, n'a jamais, depuis les apôtres, brillé d'une manière plus merveilleuse que dans la vie de Pévêque de Tours. Nous savons par le témoignage d'un des fidèles compagnons de sa vie qu'il comprenait admirablement qu'en lui accordant le pouvoir des apôtres, le Christ se servait delui, comme d'un instrument, pour l'agrandissement du règne de Dieu, et pour la rédemption d'un grand nombre d'âmes (2). La France chrétienne, dans son admiration el dans sa reconnaissance, a toujours vénéré l'illuslre évê- 3uc presque autant que les apôtres et les isciples mêmes du Sauveur.

Avant de parler des miracles de saint Martin, il est nécessaire de dire quelques mots d'un écrivain qui en a transmis la mémoire à la postérité :

Sulpice Sévère naquit vers le milieu du ivc siècle, d'une famile distinguée. Ses succès dans le barreau lui acquirent une grande réputation ;sa position dans lemondedevinl encore plusconsidérablequand ileutépouséune femme d'une famille consulaire. Mais Dieu se sert de l'adversité pour appeler à une vie plus parfaite les âmes sur lesquelles il a de grands desseins. Devenu veuf, Sulpice Sévère renonça à toutes les distractions du monde. Il se retira dans la solitude, et employa à la consolation et au soulagement des pauvres tous les revenus de son patrimoine. Comme saint Martin était alors la lumière des Gaules et qu'il attirait autour de lui par l'éclat de ses vertus un grand nombre de cœurs d'élite, Sulpice Sévère se fit son disciple avec toute l'humilité d'un enfant, sans paraître se souvenir jamais de ses talents distingués qui

(2) Cf. Sulpice Sévère, Dialogues.

DEMONSTTtATION EVANCELIQUE. 1/ABBE CHASSAY.

lui ont mérité tatn d'éloges de l'antiquité (I). C'est à ces relalions intimes avec le grand évêque de Tours que nous devons celle vie de saint Martin, dont loul le monde connaît le snCCèf et l'immense popularité. Les miracles dont celte vie est remplie sont pour la plupart à l'abri de la critique la plus malveillante. Il déclare, dès le début de son livre, qu'il n'a pris la plume que pour être utile au salut de ses frères et non pour obtenir la vaine réputation d'un écrivain élégant, qu'il n'a rien écrit dont il ne fût bien assuré, et qu'il aurait mille fois préféré de se taire, que de trahir par une sacrilège imposture la sainte cause de la vérité. Au commencement d'un de ces dialogues qu'il composa après la Vie de saint Martin (2), il proleste solennellement, prenant Jésus-Cbrist pour témoin de la vérité de ses paroles, que tout ce qu'il a dit ou dira de son maître n'est que ce qu'il a ouï ou vu lui-même, ou appris de personnes sûres (3), et le plus souvent ce qu'il a appris de la bouche du saint luimême.

Nous allons choisir dans la vie de saint Martin quelques-uns des traits les plus remarquables, que nos adversaires ne pourront pas transformer en mythe ou bien expliquer par des causes naturelles. L'évêque de Tours, après avoir renversé un temple, voulait abattre un pin sacré qui était pour les idolâtres l'objet d'un culte superstitieux, et sacrilège. Les païens y consentirent, à la condition qu'ils attacheraient le sainl à cet arbre vénéré du côté où il s'inclinait et où il devait nécessairement tomber. Si Dieu, lui dirent-ils, si Dieu est avec toi, as-tu donc quelque chose à craindre? Si tu viens à périr, les dieux immortels seront vengés. Plein de confiance dans la parole de celui qui avait promis des dons si merveilleux aux prédicateurs de son Evangile , Martin accepta le défi sans balaucer. Attirés par la réputation du thaumaturge , une foule de païens accoururent sur le théâtre de l'événement. Déjà les morceaux de l'arbre volent en éclats sous les coups répétés de la hache. Les branches s'agitent en frémissant, et le pin tremble jusque dans ses profondes racines. Les moines qui avaient accompagné l'évêque commencent à pâlir; mais lui, impassible et serein, au moment où le dernier coup renversait sur lui l'arbre immense, il fait le signe de celle croix qui avait converti le monde, et aussitôt, emporté comme par un tourbillon, l'arbre se relève et va tomber du côté opposé. Les païens, pleins d'admiration, déclarèrentqu'ils croyaient au Seigneur Jésus-Christ et sollicitèrent surle-champ l'imposition des mains afin de devenir catéchumènes.

Jésus-Christ avait promis aux apôtres qu'il envoyait dans le monde, qu'ils rendraient comme lui la sanlc aux infirmes , et

(I) Saint Augustin l'appelle : < Vir doclrina et sapienlia pollens. > Gennadius : < Vir génère cl lilleris nobilis. > Malins : < Vir sumuiiis. >

ÇZ) Cl. Sulpicc Sévère. Dialogue ni, n. 5.

que son nom suffirait pour guérir les souffrances du rorps comme les souffrances de l'âme. Comme les disciples du >auv eur, l'illustre êvêque de Tours, en même temps qu'il chassait des esprits Lei ténèbre* de l'erreur, rendait aux malades les forces et la sanle, afin de prouver en même lemps la puissance et la bonté de celui dont il annonçait la parole. Dieu, à qui appartient la puissance de la vie et de la mort, permit même plus d'une fois qu'à sa voix les portes du tombeau s'entr'ouvrissent , et que les morts ressu>riles vinssent rendre témoignage au Christ victorieux du trépas, que l'Apôtre appelle admirablement le premier-né d'entre les morts. C'est ainsi que les peuples étaient amenés à l'Evangile, non pas par la puissance de la sagesse humaine, mais par une éclatante manifestation du pouvoir absolu de Dieu sur toute la création.

§ 4. MIRACLE DE TYPASA.

Gibbon lui-même, qui ne vent voir partout que des choses naturelles, a été obligé, par la force des preuves historiques, d'admettre ce fait et do le rapporter dans son histoire. (Alzog.)

L'Eglise d'Afrique gémissait sous la persécution des Vandales. Ces sectateurs de l'hérésie arienne poursuivaient, par le fer et par le feu, tous ceux qui reconnaissaient la divinité de Jésus-Christ. Hunéric avait juré d'arracher dans ces malheureuses contrées jusqu'aux dernières racines de la foi catholique. Partout les défenseurs du symbole de Nicée montraient le plus courageux héroïsme iV'. Parmi les cités qui se signalèrent alors par leur admirable résistance à la tyrannie, on remarqua surtout Typasa, ville de la Mauritanie césarienne. Le roi des Vandales, usant d'une ruse ordinaire aux persécuteurs de l'Eglise, qui travaillent toujours à s'assurer des pasteurs pour mieux réduire le troupeau, fit élever sur le siège de Typasa un homme complètement dévoue à ses intérêts.

Dès qu'on apprit à* Typasa l'ordination de cet indigne évêque, la consternation fut générale. Une partie des catholiques, préférant l'exil à la honte de l'apostasie, s'embarqua pour l'Espagne. En quittant cette terre d'Afrique qui les avait vus naître, et en la saluant d'un regard plein d'amour , les exilés recommandèrent à Dieu ceux de leurs frères qui restaient sous le glaive des bourreaux, et qui allaient bientôt verser leur sang pour la vérité et pour la justice. Leur prière fut entendue. L'évêque affecta d'abord la douceur et la modération ; il pirla aux catholiques comme Siemazko, ce prêtre bourreau, aux dignes compagnes de Makrena : mais le favori d'Hunéric ne fut pas plus heureux que le persécuteur des Ha^iliennes. Sans être effrayés des menaces qui suivirent bientôt

Cf. Tillemont, Mémoires pour tenir à l'hittoirt iccla., XVI.

LE DOCTEUR STKAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE

les séductions , les catholiques s'assemblèrent dans une maison pour y célébrer publiquement les saints mystères.

Le roi des Vandales, informé de la résistance courageuse des habitants de ïypasa, envoie sur-le-champ un comte muni des ordres les plus impitoyables. Cet ofGcier convoque dans une ville, qu'on qualifiait de rebelle, les habitants de la province, et il fait saisir sur la place publique ceux qui passaient pour les plus opposés aux volontés du roi. Il leur ordonne aussitôt de renier la divinité de Jésus-Christ; mais comme ces courageux confesseurs s'obstinent dans leur sainte résistance, l'envoyé d'Hunéricleur fait couper la langue jusqu'à la racine, afln qu'ils ne puissentjamais dorénavant rendre témoignage à une foi détestée par son maître. Mais quelle n'est pas la confusion des ariens, quand ils entendent les martyrs, ouvrant leurs lèvres encore sanglantes, annoncerd'une voix fenme et assurée Jésus-Christ, Verbe éternel du Père et Rédempteur du monde 1

Laisspns parler les témoins de ce grand événement :

« Hâtons-nous , dit un historien , évéque célèbre en Afrique au ve siècle; hâtons-nous de décrire, pour la gloire de Dieu , ce qui s'est passé à Typasa, ville de la grande Mauritanie. Quand on y eut appris qu'on avait pour évéque Cyrille, auparavant secrétaire et arien, capable de pervertir les âmes, toute la ville songea à se mettre en mer, et il n'y resta que peu d'habitants, à qui il ne fut pas possible de s'embarquer. L'évêque arien les pressa d'abord par les caresses, et puis par les menaces , de s'attacher à l'arianisme. Mais le Seigneur les fortifia de telle sorte qu'ils se moquèrent de ses discours, et s'assemblèrent dans une maison pour y célébrer publiquement les saints mystères. L'évêque, en étant instruit, envoya secrètement à Cartilage un comte, avec ordre qu'après avoir assemblé toute la province à ïypasa, au milieu de la place publique, on coupât la main

(1) i In Typasensi vero quod geslum est, Mauritanie majoris civitate, ad laudem Dei insinuare feslinemus. Diun suai civitali arianum episcopum , ex notario Cyrilam,adperdendasanimasoidinatuinvidissent, omfiis simul civilasevectionenavali de proximo ad Hispaniam confugit, relictis paueissimis qui adilum navigaudi non invencrant. Quos arianoruin episcopus primo blandimentis , posiea minis compellere cœpit ut eos faceret arianos. Sed fortes in Domino non soium suadenlis insaniam irriserunt, verum etiam publiée inys:eria divina in domo una congregati celebrare cœperunl. Quod ille cognoscens , relalionem occulte Cartbaginem adversus eos devexit. Qua) cum vegi innotuisset , comitem quemdam cum iracundia dirigens, prxcepit ut in medio foro, congregala illuc omni provincia , linguas eis et manus dexteras radicilus abscidisset. Quod cum factum f'uisset, Spiritu sanclo prœstante , ita locuti sunt et luquuntur, quomodo anlca loquebantur. Sed si quis incrédule esse voluerit , pergal mine Constanlinopoliin, et ibi reperiet iinuni de iliis subdiaconum Reparalum , sermoncs politos sine alla offensione loquentem, ob quam causant venerabilis nimium in palatio Zenonis imperatoris habelur; et pr;ccipue regina mira eiim i -everentia veneratur. » ( Victor de Vile , Des persécutions des Vandales, lib. v.)

DÉMONST. KVANUKMQUK. XVIII.

droite, et la langue jusqu'à la racine, à ceux qui ne voudraient point renoncer à la foi catholique. Après cette exécution , l'Espril-Saint agissant en eux , ils parlèrent et parlent comme ils faisaient auparavant : et si quelqu'un en doute, qu'il aille à Constantinople, où il trouvera un d'entre eux , nommé Réparât, sous-diacre,qui parle sans la moindre difficulté. Il est pour celte raison dans la plus grande vénération à la cour de Zenon, et l'impératrice surtout est remplie pour lui d'un respect particulier (1). »

« La grande Libye, dit Enée de Gaza, gémit dans la servitude la plus dure. La tyrannie traited'infidéiité l'humanité et l'amour de la vérité. Le tyran fait un crime à ses sujets de leur piété ; il ordonne que les prêtres renoncent au beau dogme (de la divinité de Jésus-Christ). O crime ! il fait couper la langue à des hommes chers à Dieu, dès qu'ils lui résistent. Il renouvelle en cela l'exemple de ce Thésée de la fable, qui, ayant abusé d'une vierge, pour n'être ni puni, ni accusé, lui coupa la langue. Mais la vierge fit connaître l'auteur de ce double crime par la figure de Thésée qu'elle forma sur sa robe : la nature ne lui fournissant plus le pouvoir de parler, elle y suppléa par son adresse. Les hommes dont je parle n'ont pas besoin de recourir à un moyen semblable. Ils implorent le secours de l'Auteur de la nature, qui veut bien la renouveler en eux le troisième jour, non en leur formant une autre langue, mais en leur accordant le privilégede parler sans langue, et d'une manière mieux articulée qu'ils ne faisaient auparavant. J'ai moi-même vu de mes yeux ces hommes : je lésai entendus parler; et n'en croyant pas mes oreilles, j'ai voulu en juger par mes yeux. Leur ayant fait ouvrir la bouche, j'ai vu que leur langue avait été entièrement arrachée jusqu'à la racine ; et, dans ma surprise, j'ai trouve inconcevable , non qu'ils pussent parler, mais qu'ils n'eussent pas péri dans cette cruelle opération (2). »

(2) « Magnam Libyam dura premit lyrannide (Hunericus); acquoniam humanitatemsive benignitalem, et sanam atque ver a m de rébus senlenliam liaud adroit- Ut, sane tyrannus criminis in locum ducit eorum qui ipsius imperio subduut pietatem ; jubetque illiiii tara prseclarum ac Jjomun dogma sacerdotes abnegare , iisque qui non obtempérant , prob seelus ! coram Deo linguam exscindil, Thesei illius de quo scriptum est in tabulis, excmplum imita tus; qui cum vim virgini fecisset, et accusationem scelens declinare studtret, linguam exsecuit. Al virgo peplo fecinus intexit, et exponit arte, cum natara ut eloqueretur non daret. llli vero de quibus nobis oratio, nec peplo opus babent, sed ipsius nalurse con litorem implorant, qui recenliorcm eis naiuram die tertia posiea largitur, non dalo quidem aliénas linKilae, sed facultatifs sine lingua articulalius quam unquam antea , quod

vellent eloquendi munere lpse ego hos vidi, et

loquenles audivi, et vocem ideo articulatum esse posse admiratus sum; iiislriinienlumque voeis inqaîrebam; et auribus non rredens , oculis judicandi munus remisi, atque ore aperto, linguam tolam radieitus avulsam vidi , et stupefactus mirabar non sane quo facto vocem connrmarcnt, sed quomodo conservât! essenl. » (Enée de Gaza.)

(Vingt-sept.)

DEMONBTttATION l.\ aNGELIQLK. L'AHbK CHASSAI.

Ecoutons le témoignage, de Procope dans son Histoire des guerres des Vandales, liv. rr, chap. 8 :

« Hunéric exerça des injustice* al des. \ i<>lences horribles contre les chrétiens pour les contraindre a se déclarer de la secte d'Arius, et il condamna au feu el à d'autres supplice! cruels ceux qui refusèrent de lui obéir. Il arracha la langue à quelques-uns que j'ai tus depuis à Coustanlinople avec le parlait usage do la parole. 11 y en eut seulement deux qui le perdirent pour avoir péché avec des femmes débauchées. »

« Le cruel Hunéric, roi des Vandales, dil le comte Marcellin, persécuta nos catholiques dans toute l'Afrique. 11 dispersa et exila plus de trois cent trente-quatre saints évoques, el ayant fait fermer leurs église-, il fil souffrir divers tourments à une multitude de fidèles qui furent autant de martyrs. 11 fil couper la langue à un jeune catholique muet de naissance, et il ne laissait pas d'être imbu delà vraie foi. Ce jeune homme se milà parler d'abord après, etses premières paroles furent des actions de grâces qu'il rendit à Dieu. Enfin j'ai vu moi-même à Gonstanlinople plusieurs de ces fidèles , hommes fort pieux, à qui l'on avait coupé la langue et la main , et qui néanmoins parlaient parfaitement (1). »

« Hunéric , roi des Vandales , dit Victor, évêque de Tunis, alluma daus toute l'Afrique le feu de la persécution. 11 envoya daus de cruels exils plus de quatre mille catholiques, prêtres des divers ordres du clergé, moines ou laïques. 11 en fit autant de confesseurs ou de martyrs; il coupa la langue à un certain nombre de ces confesseurs, et que ces confesseurs aient ensuite parlé parfaitement jusqu'à la mort, c'est ce qu'atteste la ville impériale, où leurs corps sont enterrés. Enfin, après avoir fait mille maux aux catholiques, et porté jusqu'aux derniers excès son impiété, Hunéric, dans la huitième année de son règne, mourut misérablement, et comme Arius , le père de la secte ; car ses entrailles pourrirent et sortirent de son corps (2). »

L'empereur Juslinien , dans une des lois qui composent le Code qui porte son nom, s'exprime ainsi :

(1) t Totam per Africain crudelis Huaerici régis in nostros catholicos perseculio importât» est ; excitatis difl'ugatisque plusquam 354 orthodoxoruiu sanctis, ecclesiisque eoruin clausis, plebs lidelium sub variis acla suppliciis, beatum consummavil agonein. Nerope tune idem Honorions unius calholici vilain a nalivilate sine ullo sermone ducentis, liuguam piieeepit abscindi, ideuique mutiis, quod sine liiini.ino auditu Chrislo credens lidem didicerat, inox précisa lingua , loculus est , gloriamque Deo in primo vocis su;e exordio reddidit. Déni pie in hoc lidelium contubernio aliqnanlos ego religiosissimos, praaetsis linguis, namirasque iruncafis, apu l Byzan- 1 1 mit intégra voce eataspexi loipienies. » (Marcellin, Clironiquc, dans la Bibliothèque des Pères, édil. de 1589, pat* 1U57. )

fi) < Huneric.us , Yaudalorum rex , perseculinii

per lolam Africain nimis in>i-tens cathol

jam non soluin sacerdot< s, etcuucii ontinis c en. sed et monachos aupie httOOfi cifOtter OJMXoOf nuilia exiliis durioribus relegat , el coni. nartyres

facit, confessoribusque linguas abscindit. Quos con-

« Les Vandales étaient en même tenips les ennemis des corps el des âmes ; car ils forçaient à recevoir un uouveau baptême et à tomber dans l'apostasie eeux qui ne pouvaient supporter la violence et la multitude des supplices. Pour les corps , ils les r.-lenaient cruellement dans une servitude barbare, quoiqu'ils fussent nés libres. Leqf impiété allait jusqu'à profauer les temples de Diea, ces lieux si saints, el il y en avait plusieurs dont ils faisaient des étables. Nous avons vu nous-mêmes de ces homme» véuérables qui, ayant eu la langue coupeejusqu'à la racine, faisaient le récit louchant de leurs maux. D'autres, après avoir souffert divers genres de supplices , ont été dispersés dans différentes provinces, et y ont terminé leur course (3). »

Nous n'insistons pas davantage sur les preuves éclatantes de ce miracle , on les trouvera développées dans l'intéressant ouvrage de Rulié, curé de Caliors, intitulé : La religion prouvée par un seul fait. *

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