‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 120 sur 255 · KS · texte numérisé non relu

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tôt qui <e sont \us dans l'impossibilité de le commencer. » (Soiom., Ilist. ecclés., liv. v, cfaap. -- Le témoignage de Sozomèns] est confirmé

par relui de l'iifiu. Il est d'autant plus remarquable, que ce savant homme n'a pu copier le passage que nous venons de citer puisqu'il écrivait avant So/omène. Il est aussi très-essentiel de remarquer qu'il passa trente années de sa vie dans la Palestine et qu'il avait par conséquent pu recueillir par lui-même les traditions locales Mir I événement de Jérusalem. (Cf. Kulin, llist. eccléi., ch. 37.)

Nous pourrions compléter les renseignements fournis par Hulin en citant en notre faveur et Socrate et Théodoret (1). N'awnisnous pas le droit après une si grande multitude de faits d'opposer à nos adversaires les judicieuses réflexions de l'évéque de Glocesler ?

« Arrêtons-nous maintenant pour considérer d'un seul coup d'œil ce que nous avons mis eu détail sous les yeux du lecteur. Pour peu qu'on réfléchisse et qu'on examine de bonne foi tout ce qui nous est rapporté sur ce grand événement, je me flatte qu'on apercevra, 1° l'unanimité la plus exacte entre les deux parties qui y étaient principalement intéressées, les chrétiens el les païens; 2° une liaison étroite entre le phénomène, tel qu'il est avoué par les païens, et les conséquences qui devaient s'ensuivre, détaillées par les chrétiens ; 3° l'accord le plus parfait entre les auteurs chrétiens de la première et de la seconde classe, qui, en s'éclaircissanl mutuellement les uns les autres, nous font voir que leurs contradictions apparentes sont la preuve la plus forte que leurs témoignage* n'ont point été concertés, mais qu'ils n'ont parlé ou que d'après des témoins irréprochables, ou d'après des actes authentiques; en un mol, tout ce qui doit résulter d'un fait rapporté par une multitude d'auteurs, relativement au temps, aux circonstances, à leur génie, leur caractère, leurs qualités personnelles, tout se présente dans le spectacle que nous venons d'exposer; plus on l'examine, plus les nuages qui couvraient la vérité se dissipent, ne laissant entrevoir qu'un tout lié et enchaîné dans les différentes parties qui le composent, el capable par conséquent de forcer le plus fier incrédule à y reconnaître le doigt de la Providence.

Par exemple, Ammien Marcellia parle ouvertement de l'éruption de feu. rien de plus conforme à la qualité d'un bon historien : s'il rapporte le fait principal, il ne dit rien des conséquences qui oui dû en résulter, précaution louable dans un COUrtisau. Julien parle et se disculpe, il devait le faire; mais avec une obscurité affectée, c'est 1 1 conduite qu'il devait tenir. Libanius n'en dit rien, le silence était le meilleur parti ; mais il tâche

ter el les précédents. (Cf. W.irburlon , Diaerl. sur le projet de Julien, î. eli.q». S. Plus loin il répond invinciblement :mv objections de Busnage sur ce point, n. eli.iji. 10.)

LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE

de tout embrouiller, c'est le caractère d'une malice qui se sent écrasée. Saint Ambroisc parle du fait, mais avec la même concision qu'il devait le faire dans une lettre. Saint Chrysostome va plus loin, parce qu'il parle à une foule de peuple, mais il ne détaille pas toutes les circonstances, parce que ce peuple en était instruit. Saint Grégoire de Nazianze parle en historien, prouve ce qu'il avance, parle à lout l'Empire romain, avec cette hardiesse qu'inspire la vérité, et qui ne craint point un démenti. Rufin, Socrate, Sozomène, et Théodoret rassemblent ensuite toutes les circonstances du fait, et ces circonstances dispersées dans leurs ouvrages font voir, lorsqu'on vient à les confronter, qu'elles doivent avoir été des suites les unes des autres. Saint Grégoire de Nazianze, par exemple, parle des croix lumineuses imprimées tant sur les habits que sur la peau, ce qui vérifie la chute de la foudre rapportée par Socrate et par les Juifs ; Théodoret rapporte une circonstance incroyable touchant les lerres qui se transportaient d'elles-mêmes dans les fondements, mais il est expliqué par Rotin. Socrate, Sozomène et Cassiodore. Saint Grégoire et Socrate semblent contredire ce qui est avancé par Théodoret sur la propriété des croix lumineuses, mais nous avons prouvé qu'ils avaient raison tous les trois; Rufin et Socrate ajoutent qu'on ne pouvait les effacer; ce qui constate encore leur nature, par celles d'un fait semblable arrivé à Naples. El de toutes ces propriétés différentes qu'ils rapportent, véritables en elles-mêmes et constatées par des faits, je conclus qu'ils ne se sont pas copiés les uns les autres : d'où il résulte que l'événement est aussi attesté et aussi avéré qu'il puisse l'être (1). »

Mais nous n'aurions pas satisfait à toutes les exigences du rationalisme, si nous n'avions résolu les principales difficultés qu'on peut faire contre le miracle de Jérusalem.

La première de ces objections c'est le silence à peu près général des païens sur l'événement de Jérusalem. Mais si l'on examine cette difficulté sous son véritable jour, ons'apercevra facilement que celte manière d'agir des historiens attachés au paganisme fortifie notre thèse au lieu del'aflaiblir. On peut en effet faire deux suppositions : on peut supposer que Sextus Rufus, Eutrope, Aurélius Victor, Éunape, Zozime, contemporains des Pères et des littérateurs chrétiens dont nous avons

(1) Warburlon, Dissert, sur le projet de Julien, i, chap. 8. — Mous n'avons pas parlé des lénuiignages de la troisième classe c'est- à-dire de ceux d'Orose, de fhilostorge, de Théophanc, de Nicéphore, de Zoniire et de Cédrénus, soit parce que ces écrivains sont trop peu exacts, soit parce qu'ils n'étaient pas assez rapprochés des événements.

2) Cf. Valesius, In Ammianum.

(3) Ct. Valesius, Prasfatio in Ammianum.

(4j Nous avons cité prccédeinmenl tout le texte de Julien.

(5) Le sénat de Rome lui lit élever une statue avec cette inscription : « Rome la reine des villes au roi de l'éloquence. » Cf. encore la lettre de Julien à Proérès dans l'édition des lettres de Julien données

cité les témoignages, ignoraient complètement la tentative faite par l'empereur Julien, ou qu'ils avaient un tel mépris pour leurs adversaires, qu'ils n'ont pas même jugé à propos de répondre aux arguments qu'ils tiraient en faveur du Christianisme de la malheureuse tentative de l'empereur. Or il est clair, dès qu'on vient à examiner les faits, que l'une ou l'autre de ces suppositions est également absurde.

On ne peut dire en effet que les écrivains païens contemporains n'ont pas connu la tentative de Julien pour rebâtir le temple de Jérusalem. Les écrits d'Ammien Marcellin n'élaient-ils pas dans toutes les mains? Cet écrivain célèbre ne faisait— il pas à Rome même des lectures publiques de son ouvrage (2}? Une lettre de Libanius lui-même ne nous apprend-elle pas quel cas on faisait d'Ammien Marcellin, quels étaient ses nombreux rapports avec les savants de son temps (3)? Julien lui-même n'essayait pas de dissimuler les obstacles qu'il avait rencontrés dans l'exécution de son dessein : J'ai voulu, dit-il, rebâtir ce temple en l'honneur du Dieu qu'on y adorait (k). Peut-on supposer après de tels fails que les écrivains païens ignorassent les événements de Jérusalem? Leur silence s'explique donc naturellement par l'impression pénible qu'il leur causait et par l'envie qu'ils avaient d'en ensevelir la mémoire dans un silence éternel.

On ne peut pas supposer davantage que leur réserve s'explique par le mépris des écrivains chrétiens. On sait quelle a été l'admiration des hommes les plus hostiles au Christianisme et de Julien lui-même pour l'orateur Proëres (5). On sailquellescaressesetquelles flatteries l'empereur employa pour s'attacher saint Basile, saint Grégoire de Nazianze et son frère Césaire (6). Où donc est le prétendu mépris des chrétiens qu'on nous oppose ? Est-ce ainsi qu'on traite des ennemis qu'on dédaigne? Libanius lui-même, cet ardentadmirateur de Julien, cet infatigable adversaire des chrétiens, ne reconnaissait-il pas son égal en éloquence dans saint Basile (7) ? Ne désignait-il pas saint Chrysostome à son lit de mort comme le seul orateur digne de lui succéder (8)? Le silence des païens, loin donc de prouver contre nous, ne sert qu'à montrer l'impuissance où ils étaient d'expliquer d'une manière satisfaisante le fait que leur opposaient les chrétiens.

par le P. Pétau.

(6) Warburlon raconte que Julien envoya à saint Rasile l'ouvrage de Diodore de Tarse composé pour la défense du Christianisme avec ces simples paroles: J'ai lu, j'ai compris, j'ai condamné. 'Avéyvwv, éyvwv, xaTsyvwv. Le grand évèque de Césarée lui répondit :

« Vous avez lu, mais vous n'avez pas compris : si vous aviez compris, vous n'auriez pas condamné : 'Avsyvtoç, «).V oùx e'yvwç ' et yàp eyvwj, ov£ «v ya.tiyvuç.

(7) Cf. Libanius, Lettre h Basile dans les œuvres de saint Rasile.

(8) Cf. Sozomène, Histoire ecclésiastique, livre vui, chap, 2; et Libanius, Lettre à Jean Chrysostome dans sainl Isidore de Péluse, lettre 42e.

DEMONSTRATION I .) a.m.I.I.KjLE. L'AUBE CHASSAT.

Le silence de saint Cyrille de J<run'est pas plus difficile a e\j/liquer. Kn effet, il es! bien vrai que personne mieux que cet illuslie docteur n'était a même de connaître )<s détails de révcneiiienl ; mais, < omme le fail Irès-liiiMi remarquer Bailly (t), saint Cyrille écrivit ses Caléchètes en l'an .'1V7 et sa Lrllre à Cunshintiits en l'an .'551, c'csl-à-dire avant le miracle de Jérusalem. Nous n'a\ous de lui aucun écrit qu'il ail public depuis cet événement.

Il reste à nos adversaires une seule ressource, c'est de supposer que le miracle de Jérusalem est un pur effet du hasard. Suis doute, diront-ils, il est impossible d'affaiblir l'autorité d'une telle multitude de téoa lignages; mais qu'y a-t-il dans tout cela qu'on ne puisse expliquer par des phénomènes naturels survenus bien à propos pour dera ger les projets de Julien? Il faut toujours tenir un milieu entre le scepticisme historique et cette crédulité naïve, trop commune aux écrivains chrétiens, qui voient dans les choses les plus simples la perpétuelle intervention du gouvernement divin.

Les critiques les plus distingués et quelquefois les moins crédules, après avoir examiné avec la plus grande attention toutes les circonstances du miracle, se sont bien gardés de porter un jugement si superficiel et si précipité. Le célèbre Grotius le retardait comme une des preuves les plus incontestables de l'accomplissement des prophéties de Jésus-Christ (-1). Tbomasius, si difficile à recevoir les faits hasardés, si scrupul ■ \ d'écarter tout ce qui lui paraît mal fori lé, n'élève pas le moindre doute sur celte question (3). Mosheim parle avec le plus grand dédain de ceux qui ne veulent pas reconnaître dans cet éténement un fait surnaturel (V'. Bayle qui conteste tout (5), n'a su contester aucun des détails de l'histoire que nous avons racontée (6). « M. Liltlelon, dit Soigneux de Correvon, déiste anglais, et très-beau génie, fut converti par la force victorieuse du pa«- Nage d'Ammien Marcellin, et le célèbre M. Moyle,qui n'était rien moins que crédule, ne peut s'empêcher d'avouer que , quoiqu'il ajoute peu de foi aux miracles rapporlés depuis la mort des apôtres, cependant il n'ose les rejeter tous à cause de celui qui arriva du temps de Julien et qui est si extraordinaire dans ses circonstances et si pleim-

(I) Cf. Bailly, De religione, n, de restquratione lemp'i hierosolumUani.

[4] CT. Seignèùx le Correon, fioles sur Addison, section vin, § 5.

( i) Cf. Ttioi ni -ius, De caufelii circa historianx ccclétiasticam, seclio iv, psp, 15.

(4) CI. Mosheim, Institltlioriet khloriœ chrittianœ, seci. iv, |i irs prima.

if>) Cf. Dans les An.na(a de philosophie chrétienne, lié, notre article Intitulé : Pitrre ttayle.

( ) Cf. Bayle, Dicl\onnaire historique et critique, article ilypius.

(7i Cf. Seigneux de Correvon, Yotei sur Ad section \ui, t] 9; et Moyle, Hible rationnée, t. \l.ll, part, ii, 1

(8) Cf. Bailly, De religione, n. De lempli hùrotottf-

MO

ment alle-te qu'il '"' SJ'1 HS de quel front ou pourrait le rejeter (7j. *

.Mais pour qu'on ne nous accuse pas de nous appuyer sur il s autorités, et non sur llep raisonnements, abordons de plus pr. s

l'objection proposée par nos adversair

Nous avouons rolontiers que les (rembleinenls de terre cl le, éruptions de flammes

arrivent quelquefois par des causes purent naturelle-, m, is nous prétendons que le

dont il s'agit, consi.lé. é ilnn- (utiles ses tances, ne pourra jamais l'expliquer de elle façon, car il ( st contraire au cours ha lue! et à l.i marebe bien connue des caui purement physiques. Lu effei, les cli passèrent dans un moment solennel OU li Providence était appelé»! par le défi le Ju.t p ù prononc r entre deux opinions qui se partageaient l'empire d i moud •. Julien se proposait évidemment de montrer la i , des prophéties de l'Ancien et du >■ tament; il avait rassemld.

dispersés par un arrêt divin, afin e i aiir avec eux un lemple condamné à une destruction étemelle. En un mot, les pui-sauc s du monde conspiraient évidemment contre le Seigneur et contre son Christ. Dieu lui-mém ■ était donc en cause, l'avenir du Christianisme allait se décider dan- un seul jour.

Tout à coup , dans ce moment même choisi pour provoquer l'Ctcrnel, des globes de feu s'éliiicen. dq terre ; les éruptions de la flamme recommencent toutes les fois que l'on veut recommencer l'entreprise; la place du temple devient inaccessible a ix travailleur., que l'clé lient furieux, ru ous •' avec olisiiu lion ; les ouvriers sont consumés par la colère divine; la croix du Cl, rist app irait dans les airs. Oui ne reconn /lirait pas ici 1 1 main d'un Dieu venge, ir? qui pourrait atlrihucr au hasard un tel concours de c.ircouslam Di"U pouvait-il plus clairement, plus solennellement manifester sa volonté ?

Les Juifs et les païens le comprirent si bien qu'ils abandonnèrent leur projet sacrilège. Julien, Julien lui-même, qui comprenait tout le parti que les chrétiens ne manqueraient pas de tirer du mauvais suc de son projet, n'essaya pas de miuvi tentatives. Pouvait-il confesser plus e, .,,,<meut sa défaite ci ne ail-ce pas déjà laii • cet ai au qu'on dit qu'il répéta plus lard : «Tu as vaincu, Galiiéen 8i l »

mitant restauratione. — L'opinion du théologien français est confirmée par e"lle do savant docteur I1 linger. i Si l'on consi I re, dit-il, dans - * • i ênsi mole ces phénomènes et leurs effets, si l'on ■fesarve que les jets de flammes qui n'avaient jamais apparu-eupa» ravanl en Palestine et qu'on n'y revit p.is dans la suite, se renouvelèrent jii-qu à ce <|iie l»\s travailleurs eussent aban lonn oc ivre comment et : <\ a iciu le ihéâtre de l'évén ment était renferme* dans la petit espace de collines qui i ni n i enl le temple ; que PVnttotre n'i Are pas un antre exemple d'avis grande entreprise échouant de cette manière, aient en éeniein ci s convaincu oju il y a la un mirai le el des plus remarquables. » Do> linger, Origines du christianisait t, n. «lia, . ô. — Qe paragraphe ur I H iule du i pie a paru pour la première fins dans U>s Annales.

LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE

{Le travail que nous donnonsau public aurait présenté un plus grand intérêt, si nous avions pu analyser encore les réfutations du docteur Strauss publiées en Allemagne par le docteur Hug, Hoffmann, le docteur Steudel, le docteur Julius Muller, Wilke, Kern , le docteur Ullmann, Osiander, Schweizer, Tafel, Beck, Mack, etc. ; mais ce volume est déjà très-considérable, et le désir que nous avons d'y faire entrer quelques renseignements sur la bibliographie des apologistes (1), renseignements que nous croyons très-utiles, nous engage à terminer ici notre étude sur le docteur Strauss, après avoir ajouté quelques considérations sur les développements de son système.)

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