TOME III
Arnauld. Col. 149 et suiv. De la nécessité de la foi en Jésus-Christ pour être sauvé. — L'auteur de ce traité fait tous ses efforts pour y prouver que les infidèles, purement négatifs, comme le prétendent les jansénistes , n'ont pu et ne peuvent être sauvés. J'ai cru devoir à ce sujet entrer dans quelques détails pour faire connaître la véritabl h doctrine de l'Eglise catholique. Voir n* 8, Résumé, etc.
Pour répondre aux arguments d'Arnaull, dont le résumé se trouve dans le cliap. xvi de la première partie, il faut se rappeler: 1* que les moyens naturels et les antres secours généraux que Dieu met à la disposition de tout homme, dans quelque position qu'il se trouve, ne sont que des préliminaires auxquels'la miséricorde divine ne manque pas d'attacher des grâces spéciales, et même celle d'une foi suffisante, en faveur de ceux qui font tout ce qu'il est en leur pouvoir de faire dans l'ordre moral; 2° que la révélation des dispositions providentielles sur le salut du genre humain n'a pas été le partage exclusif du peuple juif, mais a pu être connue de tous les peuples d'une manière suffisante , au moyen de traditions plus ou moins altérées, que l'on retrouve encore substantiellement chez les idolâtres modernes, quoique enveloppées dans une foule de fables, voir Déni, év. VII, 707; X, 168; XIII, Î08C; XIV, 489.
On peut très-bien expliquer dans le sens des considérations précédentes les passages des Pères et des scolasliques rapportés par Arnauld dans sa seconde partie. Tli unassin offre sur ce sujet, dans son traité de la grâce, un recueil bien précieux de citations.
Mon Résumé sur le salut des païens détruit les raisons qu'allègue Arnauld dans sa troisième partie. Voir n° 8.
Pour répondre aux arguments développés dans la qualriê ii.' partie, il l.iul se rappeler ce qui est dit plut huut des moyens généraux
et des tradition*, lesquelles étaient d'autant plus pures qu'elles étaient plus rappro b de leurs soun es , et se reporter â ce que nous
avons dit relativement ;i la nécessité du bap-
réme, il" 12. Quant a ce qui concerne les
philosophes paYenS, nous contenons très-volontiers que saint Paul les a eus en vue dans son Bpilre aux Romains; nous ai mous que beaucoup d'entre eut, à en juger par les idées chrétiennes, ont réuni de grands vices i de belles vertus , et que l'orgueil et le respect humain ont dû formée en eux des obstacles à la gracei mais c'est particulièrement a la multitude des simples que nous appliquons les principes | osés n"8, Résumé; etc.
L'addition (col. 443) renferme des concessions assez raisonnables ; mais les explications puéril s cl par comparaison , que l'on donne d'un texte de saint Jean Chryso-tome, n'en diminuent nullement la force probante. Voir ce texte décisif, i. III, col. 4i9.
Choiseul. Col. 588, lig. 59et suiv. Il ne s'expli iue pas suffisamment sur le salut de ceux qui ont précédé on suivi l'incarnation du Verbe , et qui ont vécu selon la loi de Dieu. Serail-ce pour ne point froisser les jansénistes, qu'il a été accuse d'avoir favorisés? Nous renvoyons le lecteur à la doctrine exposée n° 8, Résumé, etc.
Pascal. Col. 752, lig. 15 : La conversion des païens était réservée à la grâce du Messie. Le< Juifs, ou n'y ont point travaillé, ou l'ont
fat snns succès — Sans doute, on ne
peut nier que la grâce du Messie n'ait été l'unique cause de la conversion ou de la justilicalion des païens; mais il faut co ivenir qu'il y avait ou qu'il y a encore d'autres causes occasionnelles de la justification que celles assignées par notre philosophe : outre les Juifs et leurs prophètes, outre les sages, n'y avait-il pas. comme aujourd'hui encore, des moyens généraux , des traditions de la révélation, auxquels la miséricorde divine a attaché dans tous les temps des secours spéciaux, qui ont pu justifier les infidèles el les élever à l'ordre surnaturel?
Col. 753, 1. dernière. Depuis deur mille ans , le Dieu des Juifs était demeuré inconnu parmi l'infinie multitude des nations pm nnés. — On peut juger, d'après Ce que nous venons de dire, que l'affirmation csl Irop absolue.
Col. 761, 1. 35 : // y a assez de clarté po r éclairer les élus.... - Pascal semble admettre le dogme désespérant de 1'. lèclion el de la réprobation antécédentes. r*oi> n 8.
Col. 762 , 1. 22 : L'abandon de Dieu parait dans les païens. — Cet abandon n'est qu'apparent, attendu que aucun païen n'a jamais été destitué des secours suffisants pour le salut. Voir iv 8.
L. 21 et suiv. : Tout tourne en bien pour les clus.... et tout tourne en mal aux réprouves. — Il faul suppléer : parce qu'ils l'auront bien voulu; les uns en coopérant, les autres en i es s ,iut aux premi ces grices.
Col. 763, I. t>l : O/i n entend rien aux ouvra/es de Dieu, si on ne pi end pour pi incipe qiitl aveugle les uns et éclaire les autres. —
Pour entendre ce principe dans le sens catholique, il faut se rappeler que Dieu n'av.eagle personne directement, mais qu'il envoie moins de grâces el de moins fortes à ceux qui ont ré-islé aux premières, ce qui contribue à l'endurcissement. C'est ainsi qu'on doit le concevoir dans Pharaon, et plusieurs autres dont il est question dans l'Ecriture*
Col. 775, \. 31 : Il y a maintenant lesjésui* tes et ceux qu'il* appellent jansénistes gui contestent. Mais les miracles étant du côté des jansénistes.... Col. 776, 1. 40 : Dans la contestation présente, les uns disent : Cette maison n'est pas de Dieu, car on n'y croit pas que les cinq propositions sont dans Jansénius. Les autres : Cet te. maison est de Dieu, car il s'y fait de grands miracles. Lequel est le plus clair?— Le solitaire de Port-Royal, pour déguiser le schisme, l'hérésie de ses sectaires, ne met en cause que les jésuites , qui s'attachèrent avec ardeur à dévoiler toutes les supercheries des jansénistes. Les miracles qu'il attribue à sa sainte maison ne sont rien moins que tels, et c'est probablement parce qu'il en sentait le côlé faible, qu'il s'est abstenu de tracer les vrais caractères, soit des miracles réels, soit des miracles apparents. Toutefois, on peut rétorquer contre lui ce qu'il dit, ligne 11 de la même colonne : Mais le schisme est plus marqué d'erreur que le miracle n'est marqué de vérité. Donc U miracle d'un schisma tique ne peut induire à l'erreur. Cependant les faux miracles des jansénistes ont retenu dans l'erreur bon nombre de fanatiques.
Col. 780, 1. 9 : Quand on dit que Jésus- Christ n'est pas mort pour tous.... — Principe janséniste, que l'auteur entoure d'obscurités. Voir n°» 8 et 9.
Col. 781, 1.33 : C'est l'Eglise qui mérite avec Jésus-Christ... la conversion.... — Jésus-Christ seul a mérité ex condigno et surabondamment la grâce de la justification pour tous les hommes ; les membres de l'Eglise méritent par leurs prières el leurs autres bonnes œuvres ex congruo, c'est-à:dire par les dispositions de la miséricorde divine, la conversion des infidèles el des hérétiques. Ainsi, Jésus-Christ seul a mérité la grâce en stricte justice, mais Dieu en fait des applications plus nombreuses et plus efficaces en vue des mérites de l'Eglise. Pourquoi confondre la cause efficiente avec une cause occasionnelle, surtout qui n'est telle qu'hypolhéliquemenl? Voir n° d.
L. i3 : Toutes les vertus , le martyre , les austérités et toutes les bonnes œuvres sont inutiles hors de V Eglise... Hors de l'âme, et non pas toujours hors du corps de l'Eglise, les bonnes œuvres ne servent pas directement au salut , mais elles y disposent de loin par les grâces dont Dieu les récompense, et par conséquent ne sont point inutiles. Voir n* 9.
Col. 801, lift 23 : S'il ne fallait rien faire que pour le certain, on ne devrait rien faire pour la religion , car elle n'est pas certaine. — Si l'auteur a voulu dire que toutes les preuves sur lesquelles repose la reli-
gion ne peuvent amener l'esprit à une certitude entraînante, semblable à celle que produisent les mathématiques (ce qui est vrai, puisque autrement la foi ne serait pas libre , il s'est mal exprimé: s'il exclut de la certitude tout ce qui n'est fondé que sur le témoignage, il anéantit, autant qu'il est en lui, la certitude historique, et par conséquent la religion chrétienne, dont elle est la fondement.
Nicole. Col. 1039, 1. 29 : Enfin sa volonté devint impuissante pour y résister, par l'attache inflexible dont elle se lia aux créatures. — La volonté, quoique affaiblie par le péché originel, n'est point devenue impuissante, et l'homme, quoique porté au mal par la concupiscence, n'a pas été dépouillé de son libre arbitre. Voir n° 7.
Col. 1221, 1. kk : Sans ce don de Dieu (la grâce) rien ne mérite le nom de bien.... — L'homme peut, sans la grâce, produire des actes moralement lions , quoique non dans l'ordre du salut. Sans l'amour de Dieu (1. 56), il ne pèche pas nécessairement, bien qu'il ne puisse rien faire de méritoire sans l'habitude de la charité. Voir n° 9.
. .Col. 1222, I. 63 : La charité étant la grâce, il s'ensuit qu'on ne saurait faire aucune bonne action sans la grâce. — Si l'on restreint les effets de la grâce à la production de la charité parfaite, il sera vrai de dire qu'on ne peut faire aucune action méritoire sans la grâce; mais qu'on entende la grâce (secours gratuit surnaturel) comme on voudra, il est faux que sans elle on ne puisse faire aucune bonne action, puisqu'il suffit pour qu'une action soit moralement bonne que l'objet en soit au moins indifférent et que la fin n'en soit pas mauvaise. Voir n° 9. .
Col. 1223, l. 25 : Il est de foi que nous ne pouvons, rien faire de bon sans la grâce de Jésus-Christ : cette grâce est nécessaire pour toute bonne œuvre... — Au contraire, celte proposition est hérétique, et la contradictoire est de foi. Voir n*9.
Col. 1224, 1. 7 : Ils se seraient précipités dans la mort éternelle. — 11 est faux que tous ceux «i ui n'ont pas été chrétiens se soient précipités dans lu mort éternelle. Voir l'exposition de la doctrine catholique sur les moyens de salut des païens, n°8, Résumé, etc.
Col. 1227 et suiv. — L'auieur y expose le dogme désespérant de l'élection et de la réprobation antécédentes, et, chose étrange! il le donne comme propre à inspirer de la confiance. Voir n° S.
Col. 1229, I. 58 : Ainsi on peut craindre avec raison que de tout • cette foule de chrétiens.... il n y ail quelquefois aucun adulte de sauvé. — Voilà du rigorisme janséniste ! Voir n° 8, liésumé, etc.
Col. 1232, I. 6 el suiv. Du petit nombre des élus... Il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. — Pour bien entendre ce passage de saint Mathieu (xx, 16), qui n'est qu'une conclusion de ce qui précède, comme le prouve la conjonction y«r,, car, il faut considérer attentivement les antécédents et les conséquents. Jé>us-Chrisl venait de faire des promesses magnifiques à ses apôtres et à coux qui,
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comme eux , foraient de grands sacrifices
pour le suivre. A celle occasion , il leur annonce qu'il ne suffit pas pour y avoir droit d'être du nombre soit des premiers appelés , soit des premiers qui ont coopéré à la grâce de leur vocation au Christianisme ou au royaume des cieux ; puisque beaucoup qui étaient les premiers seront les derniers , et que beaucoup des derniers seront les premiers, proposition qu'il explique au moyen de la parabole des ouviiers , dont les derniers appelés ont été récompensés les premiers , et qu'il répèle pour conclure. Il ajoute : car beaucoup ont été appelés, et peu sont élus, c'est-à-dire beaucoup ont entendu annoncer le royaume des cieux et oui été prévenus de la grâce de leur vocation, mais peu jusqu'à présent ont mérité la grâce de l'élection dans l'arche de l'Eglise; attendu que le nombre actuel de ceux qui me suivent est beaucoup moindre que celui de ceux qui ont entendu ma prédication, el qui onl élé témoins de mes miracles.
Ce qui suit confirme encore ce sens. Le Sauveur, en se dirigeant ensuite vers Jérusalem, avertil secrètement ses disciples qu'il va être raillé, persécuté et mis à mort par les princes des prêtres et les scribes, c'est-àdire par ceux qui étaient par la connaissance qu'ils avaient des Ecritures et de ce que Jésus avait fait et enseigné, les premiers appelés à reconnaître le Messie et à entrer dans le porl du salut, et qui par leur endurcissement à la grâce, s'étaient privés jusqu'alors de la faveur de l'élection au nombre des croyants.
La même sentence se trouve encore rappprlée dans un autre endroit du même évangéliste (xxn, IV), et ne peut y avoir que le même sens , si l'on considère aussi les antécédents el les conséquents. Les princes des prêtres et les pharisiens venaient d'entendre dire à Jésus-Christ , à la suite de l'explication d'un texte du psaume cxvu , que le royaume des cieux leur serait enlevé, pour être donné à une nation qui saurait en recueillir les fruits : voilà des grâces de vocation. Au lieu de croire en lui, ils cherchent à s'emparer de sa personne, mais ils n'osent le faire parce que le peuple le regardait comme un prophète. Voilà l'endurcissement pour lequel ces grâces leur sont enlevées pour être données à d'autres , qui appelés après eux, viendront s'asseoir au banquet de l'Eglise. La parabole des noces du fils du roi est donnée en confirmation de celle doctrine, et elle est terminée par ladite sentence, qui, ici encore, ne semble pas avoir d'autre objet que de signaler l'abus des grâces de la vocation à la foi , en punition duquel on est privé des fruits du royaume des cieux, c'est-à-dire des avantages attaches à l'annonce de la rédemption, ou à la prédication de l'Evangile. Le texte sacré ajoute que les pharisiens se retirèrent pour former le dessein de surprendre Jésus dans ses paroles, ce qui confirme qu'ils étaient loin de profitei de la prédication de l'Evangile, et que c\ lait en vain qu'-ils avaient été appelés à entrer
dans l'Eglise. Quant à celui qui fut mis dehors pour n'avoir point revêiu la robe nuptiale, H prouve tout simplement que parmi ceux mêmes qui entrent dans l'Eglise, il s'en trouve encore qui n'ont pas les dispositions nécessaires, et qni seront impitoyablement retranchés, au jour oà le Père de la grande famille séparera la paille du bon grain.
L. IS : Que le chemin qui mène à la vie est étroit, el qu'il y en a peu qui le troutenl! (Matlh. Mi , \k.) — Il ne s'agit ici que du chemin, ou des moyens à employer pour arriver au salut : personne ne peut m le trouver ni le suivre sans un secours spécial de la grâce , quoique quelques-uns puissent l'entrevoir à l'aide îles secours généraux qui sont mis, par la divine miséricorde, à la disposition de tous les hommes. La coopération à la grâce est nécessaire pour la poursuite de ce chemin; d'un aulre côlé, la prédication des faux prophètes peut , chez les simples, y opposer de grands obstacles. Voilà pourquoi Jésus-Christ avertit ses auditeurs de se mettre en garde coulre ces faux piophèles, aussitôt après les avoir prévenus que. le chemin qui conduit à la vie est étroit. Le Sauveur lui-même a confirmé celte interprétation avant de proposer à ses disciples la première des paraboles dont nous avons parlé ci-dessus. Qui donc pourra être sauté? lui demandaient ses disciples. Cela têt humainement impossible, leur répondit-il, mois avec le secours de Dieu, toutes choses seront possibles ( Matlh. xi\, 25, 20). Nicole cite encore deux autres textes , l'un de la première Epltre aux Corinthiens (ix, 2i), où il ne peut être question que de la difficulté qu'il y a à persévérer el des efforts qu'il faut faire pour cela , ce qui ne prouve rien en faveur de sa thèse ; l'autre de l'Epilre aux Hébreux (m, 1G), où l'Apôtre exhorte les fidèles à ne point s'endurcir à la grâce pour persévérer, en leur rappelant que ceux des Israélites qui moururent dans le désert, périrent en punition de leur incrédulité. Je ne vois pas ce que cela fait à la question que traite notre janséniste
Col. 1233,1. 1 :// (Dieu) laisse périr tous les idolâtres, tous les maltométans, lous les hérétiques, sans jiréjwiice de sa miséricorde ; il peut donc bien.... en faire de même à l'égard de tous les catltoliqws.... — Nous retrouvons encore ici la doctrine desespérante des jansénistes. Voir l'exposition des vrais principes, n° 8.
Col. 1235, 1. 2 : Car on ne tomberait pas si l'on se préparait comme il faut à la réception de l' iiuchai isne.... — Si d'un côté les jansénistes exigent comme préparation aux sacrements des disposions que les sacrements seuls peuvent donner, d'un autre ils accordent trop à leur elfic a'eilé; car ces remèdes fortifient la volonté dans le bien, sans la rendre impeccable. Voir n°' 11 et 13.
Col. 12*0. I. 8 et suiv. : De la rareté de la grâce du baptême conservée. — L'auteur est trop sévère pour les enfants, qui ne peuvent >\i ne doivent prévoir les conséquences fu- •îesles do leur négligence dans le service de
Dieu, et surtout dans la production des actes de charité.
Col. 1247. — L'auteur exige, pour la communion, des dispositions que la plupart des chrétiens ne sauraient y apporter.
Col. 1251 et suiv. — L'auteur exagère étonnamment les difficultés de la conversion et de la véritable pénitence. Col. 1259 et suiv. De la contrition. Voir le n° 13. TOME IV.
Locke. Col. 255 et suiv Ce qu'on est
obligé de croire sous l'Evangile , c'est que Jésus-Christ est le Messie. — Ce que l'on est obligé de croire avant tout sous l'Evangile, c'est que Jésus-Christ est tout à la fois Fils de Dieu et fils de l'homme. La première de ces qualités lui est donnée dans les évangélistes par ceux qui font une profession énergique de leur foi , comme par exemple par saint Pierre, et Jésus se l'attribue lui-même sur l'adjuration que lui en fait le grand prêtre. Quant au titre de fils de l'homme, qui dans plusieursendroits est évidemment synonyme deceluide Fils de Dieu, Jésus-Christ le prend très-souventdans l'Evangile. Nous pourrions citer cent passades en confirmation de notre assertion; tout le monde peut les trouver facilement. Il est donc clair que Locke ne peut être excusé de socinianisme. Les chapitres suivants (col. 257 et suiv.) contiennent des erreurs du même genre qu'il est facile de réfuter pour peu qu'on lise les Actes ou les Epîtres des apôtres.
Col. 359 et suiv, Comment ceux qui n'ont jamais oui parler du Messie pourront trouver grâce auprès de Dieu. — L'auteur ne peut résoudre d'une manière satisfaisante la difficulté qu'il se propose, en faisant une abstraction complète des secours de la grâce et des traditions de la révélation primitive. Voir n"s 7 et 8, et Démonst. évang., VU, 707; X, 168; XIII, 1080; XIV, 489.
Col. 378 et suiv. chap. xv. — L'auteur, dans ce chapitre, veut montrer que la religion doit être à la portée des plus simples. Il a très-bien prouvé précédemment la nécessité de l'autorité divine en matière de religion, surtout en faveur des simples; mais l'application qu'il fait de son principe n'est pas aussi heureuse. Quand il serait vrai , comme il le prétend faussement, que toute la foi qu'il faut avoir pour être justifié devant Dieu, se réduit à croire que Jésus rie Nazareth est le Messie, (col. 379, 1. 2j, il faudrait toujours, au moins pour les simples, une autorité visible, permanente et infaillible qui le proposât à la croyance commune; or, l'Eglise catholique offre seule celte indispensable ressource. Voir n09 1, 3, 5.
Col. 386. Première objection. — Quoi qu'en disent le traducteur et Locke lui-même, il est incontestable que depuis rétablissement de l'Eglise il a toujours été nécessaire à la niasse des chrétiens de croire avant tout à son autorité pour l'enseignement des doctrines révélées. Voir n0i 1, 3, 5.
Col. 400, I. 19 : C'est pourquoi je vous somme $ncore un coup de me dire quels sont
précisément les articles qu'il faut croire pour
devenir chrétien — Ces articles sont au
nombre de douze , contenus au symbole des apôtres : ils ont toujours été et dû être proposés à la croyance de ceux qui voulaient donner leur nom au christianisme.
Col. 418, I. 58 : Quant au christianisme que je reconnais, moi, pour règle de ma conduite et de ma foi, il est tout renfermé dans l'Ecriture sainte. — C'est là le véritable langage du protestantisme. Voir n° 4 et 5, sur la tradition.
Col. 423, 1. 54.... Lorsque les hommes s'ingèrent d'établir d'autres articles fondamentaux de la religion chrétienne, que ceux qu'on trouve dans les prédications de Jésus-Christ et de ses apôtres, où s' arrêteront-ils? — L'objection est insoluble dans toute communion qui ne reconnaît pas et ne possède pas une autorité infaillible vivante; mais elle n'offre aucune difficulté dans le système catholique. Voir n* 5.
Col. 424. — Pour apprécier à leur juste valeur les raisonnements rapportés dans la Seconde objection , il ne faut pas perdre de vue que le simple chrétien qui croit les articles consignés au symbole des apôtres , et admet généralement tout ce que l'Eglisa propose de croire, croit par là même implicitement toutes les vérités révélées, lesquelles le corps des premiers pasteurs peut seul formuler et proposer à la croyance explicite des pasteurs et des autres chrétiens éclairés. Voir n° 5.
Col. 427. Troisième objection. — A l'aide des principes qui précèdent, il est facile de saisir le peu de portée des objections et des réponses.
Col. 470 et suiv. Quatrième objection. — L'auteur cherched'abord assez indirectement à se mettre à l'abri du reproche de socinianisme; mais dans la colonne 476 et dans les suivantes il use de subtilités sociniennes pour établir, non-seulement q ue Fils de Dieu n'est que synonyme de Messie , mais même que tous ceux qui , au rapport des évangélisles , ont appelé Jésus Fils de Dieu n'ont nullement confessé sa divinité, ce qui est aussi contraire au bon sens qu'à la doctrine fondamentale du christianisme. Voir Dém.
évang. VII, 227; VIII, 171; IX, 55; XIII, 678.
Col. 493 et suiv. Cinquième et sixième objections. — L'auteur a raison de n'y reconnaître ni orthodoxie proprement dite , ni système véritable de religion en dehors du privilège de l'infaillibilité; mais il n'était point logique de passer de cette considération à l'indifférentisme et à l'arbitraire individuel. Voir n09 1 , 3, 4, 5.
Col. 496 et suiv. Septième objection. — Le faible de tous les raisonnements qui s'y trouvent est une démonstration d<? la nécessité d'une autorité infaillible, soit pour la détermination des articles de foi , soit pour la fixation du véritable sens des saintes Ecritures. Voir n°9 4 et 5.
HiuiNET. Col. 617 : Lavrnir religion est celle qui se tire de la nature des choses. — On ne conçoit pas coin ingrat une religion pourrait
Util
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se tirer de la nature de- ohoaea, ni de quelles Chdies <ni la ii er.nl. Lfl vraie ici gion doit
posséder un colle par lequel mi honore le
vrai Dieu ; niais quelle pourra être U de ce culle ? e^t-ee Dieu, esl-ce l'homme; qui la dictera? Comment celoi-ei oserait-il exercer cl proposer des p r.i 1 1 <i n - s qu'il De peut savoir in aucune façon devoir être agréable! à Dieu? Ce que je dis du culte doit s'appliquer également au dogme et à la moral*. Il est il .me nécessaire que la vraie religion soit révélée substantiellement par Dieu lui-même, et qu'une autorité visilde, vivante, permanente et infaillible ni soit la gardienne et la régulatrice. Voir nos 1 et 5.
Col. 6V0, cli. vu : Le monde païen avait besoin d'une révélation. — L'auteur dépeint énèrgtquement l'état déplorable du paganisme, mais il affirme d'une manière trop absolue (col. (iV2, I. 9) qu't'/ ne restait a x hommes ni ispérance ni possibilité même de. parvenir au véritable bonheur. Il l'ail complètement abstraction des traditions de la révélation primitive, qui offraient aux inlidèles de bonne foi une grande ressource dans l'ordre du salut. On pratiquait les sacrifices et d'autres cérémonies comme ayant été prescrits aux. anciens par les dieux eux-mêmes. Aussi, les meilleurs usages religieux, au rapport des oracles mêmes, étaient ils ceux qui venaient des ancêtres, comme nous l'apprend ce passage de Cicéron : Cum considèrent Athenienses Apollintm Pytliium quas potissimiim religiones tenerent , oraculum etïitum est eas quœ essent in more tnajorum. De leg. lib. n. Voir sur ce sujet, n°8 el Dém. évang. Vil, 707; X, 168; X11I, 1080; XIV,
Col. 664., I. k'* : Pour moi, je pense que ce (la corruption et la mortalité universelles qui furent les effets du péché d'Adam: fut un eff't naturel. A mon avis, cet aliment conlei ait des sucs venimeux qui dérunqèrent toute l'économ e animale, qui initient les passions, qui affaiblirent l'entendement, et qui parièrent e ifin partout les principes du vice et de la mort. — Tout le contexte prouve , au contraire, que les effets tant physiques que moraux de la chute du premier homme sont de l'ordre surnaturel, el par conséquent une véritable punition divine el toute spéciale. C'est aussi ce que confirme évidemment ce texte de sainl Paul, Boni, v, 12 : l'er unum hominem peccatum in^ravit in mundum, et per peccatum mors : et ita in oni'ies liurnincs mors pertriinsitl , in quo omîtes precacerunt. Le concile île Trente est formel sur celte matière : Siquis non conjilelurprimum hominem Adam, cum mandatum Dei in Paradiso fuisset transgressum, stathn sanctitatem etju-iitiam, in /un constilutus [titrât, amistsse, incurriss que per ujfensam prœvui irai iunis hu jusmodi iram et inilu/nationem Uei , atque ideo morlem, quam unteit illi coin : in il us faerat Deus, et cum morte coj tivitatem suit ejus poteslate qui mortis dei idehabuitimperiiim, hoc est di dioli, totu nqu Adam, per iltampT* aricationit offens un, vmdum corpus et ,i,),:mam in détenus <vw«nutatum fuisse, anathem^t -s" (Sess. V, can. 1).
Le eâMfl I la même dort: me . !■>
pliq lée à la | osléi ilé t'A lam,
J.i m i Y. Gql. K)S, I. 15 : il e>/ i nu qu'on leur enseigne n ne recevoir les samte$ I turt que sur -l'autorité de l'Eglise.... - I doctrine eui OMffnr ne a la maxime de saint AuiMiatin rapparié* ai-densui d • plus, elle seule rend le clirNliani-me adc-ible' ;iux masses. \ uir w 1,'», | : ■ jte ion. aine, quoi qu'en dise l'auteur, ne propote comme de foi que les doctrines révélées, lesquelles1 sont consigner-* ihins l'I-.c- iiure ei dans une tradition universelle et apo>t'>ti<| ; clic ne ^éne nullement la liberté individuelle de penser, relativement au degré de Ma» fiiiiee que méritent les . qu'elfe
abandonne toutes à la discrétion de ia critique.
Col. 93V, I. kS : Par ce vutqiire à qui l'on fuit avaler, sans exa nm. toutes les léqenues des papistes. — Encore une I «s , le> papiste» ne lorcenl p rsoone à les avaler.
Col. 9i7, I. 13 : Miis qui sont rapportées dont les sainte- Ecritures. Ajoutez : Et par la tradilioi. Il y a plus. ours vérités el plusieurs pratiques que les protestants cu\mémes admettent, et dont il n'est nullement question dans les Ecritures. Pesr n* k.
Col. 953, 1. 23. L'Eglise de Rome l'a- athlit (la satisfaction' par la doctrine des mérites. Voir n" 9.
Col.95i, lig. 26: Les évéques sontobliqés de vivre en communion l'un avec l'autre... Toutes ces églises ensemble sont ce qu'on appelle l'Eglise catholique. — 1° Les catholiques, qui reconnaissent l'évéquedc Home comme centre d'unité , regardent comme nécessaire que lous les évêques vivent en communion avec lui. Qui ne .-eut l'impossibilité qu'il y a à vivre en communion les uns avec les aulre>, dans une Eglise où l'on ne reconnaît pas de primauté spirituelle comme centre d'uni e? 2° C'est à loi t qu • l'Eglise anglicane, qui s'est séparée de l'Eglise universelle pour former une secte particulière, usurpe le titre à'Eglise catholique. Voir n° 6.
L. 33 : De iévêque universel. — Le Inducteur relève en peu de mots les erreurs contenues en cel arlicle. loir n" 6.
Col. 955, 1. 63 : De l'infaillibilité es glise.— V oir la noie du traducteur et les nJ* 1,5.
Col. 958, 1. il : // est à remarquer que les hérésies o-tt commencé par des récoltes c litre la hiérarchie. — Celle remarque est applicable à l'anglicanisme lui-même, dont le fondateur a commencé par secouer le joug du pontife romain.
Col. 993 et suiv. Du Jugement particulier et de l'autorité en matière de foi.— Lire attentivement les notes du traducteur, et voir nus 3, 4, 5.
LUBNITI.— -Sq-tème de théologie. Ce traite, quoique d'un luthérien, examine au point de vue catholique, ne présente aucune proposition hétérodoxe proprement dite. Nous y relèverons néanmoins quelques èxprossions qui, prises isolément, peuvent b • l'orthodoxie.
REVISION DES DEMONSTRATIONS EVANGEtIQUES. 1030
Dieu prévoyant et per- naire du baptême, en cas de nécessité, est
Col. 1032, I. 27 :
mettant le mal qui entrerait dans quelques parlies de la création, devait en tirer un bien beaucoup pltts grand qu'Une l'aurait été sans ce mémo mal, en sorte que cette série serait en somme plus parfaite que toutes les autres. — L'auteur raisonne ici selon les idées de son optimis-me. Ce système, quia été aussi enseigné par Mallebranchc, quoique d une manière un peu différente, n'a jamais été censuré, bien qu'il semble peu favorable à la puissance et à la sagesse infinies de Dieu.
Co!. 1038, I. 45 : îl faut admettre avant tout que In nature de l'homme a été si corrompue par sa chute, que, sans le secours de la grâce, divine, non-seulement il ne peut accomplir, mais il ne peut même commencer aucune œuvre bonne, aucun acte agréable à Dieu. — Nous accordons que sans Sa grâce on ne puisse absolument rien faite dans l'ordre •du salut; mais nous soutenons qu'on peut produire de bonnes actions. Voir n°3 7, 8.
Col. 1041, 1. 4 : ... Mais qui pour être suffisante (la vraie pénitence) doit avoir pour motif un sincère amour de Dieu. — C'est un peu sévère. Voir n° 13.
Col. 10W>, I. 5 : ... Cette charité d'après la bonté de Dieu est répandue dans l'âme par un seul acte de dilection , quoique d'ailleurs les habitudes ne s'acquièrent que par des actes réitérés.—Ce n'est point par un acte de charité que l'on acquiert l'habitude de cette vertu, qui, comme la foi et l'espérance, est infuse : les habitudes qui s'acquièrent par la répétition des actes sont les vertus morales, et non les vertus théologales. Voir nos 11, 12,
L. 20 : Toutes les bonnes œuvres sont renfermées virtuellement dans cette même pureté d'intention et dans une sincère affection pour Dieu, et c'est la seule disposition nécessaire que le Christ déclare préférable à toute autre. —Ce raisonnement subtil tendrait à anéantir la pratique de la charité, et à ne faire admettre des bonnes œuvres que in actu primo, ou seulement dans l'intention. Voir n° 9.
Col. 1050, I. 58 : On ne doit pas mettre au nombre de ces préc pies (de ceuv intimés par Jésus-Christ), ainsi que l'ont cru quelquesuns, le support des injures, l'amour des ennemis et autres semblables, car depuis longtemps la loi morale ordonne d'aimer ses ennemis.— Nous serions curieux d'apprendre dans quel code de morale antérieur à Jésus- Christ il était ordonné d'aimer ses ennemis: nous ne < onnaissons sur cet objet que ce précepte du Sauveur : Ego autem diro vobis : Diligile inimicos vestros (Mat th. v, 4V ) ; ou : Sed vobis dico, qui auditis : fliligitc inimicos vestros [Luc. VI, 27), répété plus bas : Verumtamen diligite inimicos vestros (v. 33).
Col. 1072, I. 53 : Dans l'ordre le rite est ... : La grâce est le pouvoir spirituel de remettre ou de retenir les péchés. — Ajoutez : Et d'administrer les autres sacrements.
Col. 1073, I. 29 : ... Tantôt tout fidèle (est ministre), comme dans le sacrement du baptême et du mariage. Le ministre extraordi-
lout (idèle, el même toute personne qui a l'usage de la raison : ce n'est. point dans le metnesens qu'il est justededire que toutfidèle peut être ministre du sacrement de mariage : les paities contractantes seules en sont le minisire ordinaire, selon quelques théologiens . catholiques; mais, selon beaucoup d'autres le ministre est le propre prêtre dont la présence est d'ailleurs nécessaire pour la validité du contrat.
L. 51 : On demande dans le ministre l'intention défaire ce que fait V Eglie ; car s'il est constant qu'il n'a fuit l'action que par moquerie et en se jouant, il paraît qujl n'y aura pas eu de baptême. — Le baptême donné à saint Genel, sur la scène, en dérision des pratiques chrétiennes, fut cependant valide : le martyrologe romain rapporte encore d'autres exemples de ce genre.
Col. 1108, 1. 56 : Amour des ennemis prescrit par le droit naturel.— On ne peut s'éle^ ver aux considérations que propose l'auteur qu'au moyen do la révélation ; on ne peut en être touché qu'en vertu d'un préceute divin positif; la volonté ne peut s'y rendre conforme sans un secours spécial de la grâce; d'où il suit qu'il n'y a rien de nature! dans l'amour des ennemis, soit du côté de l'intelligence, soit du côté de la volonté, soit du côté de l'action.
Col. 1112, 1. 37 : ... On conçoit par là comment il existe un amour von intéressé, c'està-dire qui fasse abstraction de la crainte, de l'espérance et de toute considération d'utilité. — La déiiniiion que Leib itz donne de l'amour, et dont il lire cette conséquence, ne peut avoir d'application dans l'homme, comme le démontrent et le sens intime et l'expérience. Aussi, Innocent XII a-l-il condamné en 1699 celle docirine, contenue dans la première des vingt-trois propositions extraites de VExplication des maximes des saints, par Fénelon. Le philosophe allemand semble se contredire dans la Continuation du même sujet, en s'élevant contre les quiéltstes; mais il ne paraît pas qu'il se soit entendu avec luimême sur cet objet.
Col. 1121, 1. Ï2 : Ce que je trouve de plus répréhensible dans Puffendorf et Thomasins , c'est qu'ils ensei/nent que l'immortalité de l'âme, les peines et les récompenses ou delà de cette vie ne nous sont connues que par la révélation. i:ylhagore et les platoniciens ont eu sur ce point des sentiments plus sages. Col. 1122, 1.5:// aurait donc été permis aux hommes d'être athées niant lu révélation, car ... — Notre philosophe n'aurait pas rencontré tant de difficulté dans le sentiment qu'il combat, s'ileùt fait attention que jamais l'homme ne fut sans révélation sur les vérilés fondamentales de la religion, el que la révélation qui en fut faite se conserva substantiellement au moyen des tradi'ions. Voir Déni. év. VII, 707 ;X, 168; XIII, 1080 ; XIV, 4-89.
Col. 1130, I. Il et suiv. Lcibnitz raisonne ici dans la double hypothèse et de son harmonie préétablie et de son optimisme.
KKVISION DES DEMONSTRATIONS EVANGELIQUBS TOME V.
Ci.ahrk. Col. 95V et soir. — Ma tâche n'eel point «le dévoiler les sopbiimei de Tailleur sur les attributs de Dieu.
Col. 1055, I. M5 : La même chose eut arrivée à Çégarddu dogme de la transsubstantiation... Le dogme de la transsubstanti ition et celai de la Trinité ont toujours été entendus comme ils le sont dans I Kglîse catholique : seulement, les hérésies qui se sont élevées ont déterminé les Pèrei des conciles à les exprimer en des termes qui fussent plus en harmonie avec les définitions de la philosophie qui régnait dans les écoles. Voir u" 14.
Col. 1059, I. 40... N'est fondée que sur le jargon des scolastiques qui. pour soutenir la transsubstantiation à quelque prix que ce soit ... Voir au n° IV, la réfutation des arguments déduits de la physique et opposés à la croyance catholique sur l'Eucharistie.
Col. 1076, I. 13 : ... Qu'elles sont obligées à la pratique de certains devoirs, indépendamment (rancune volonté positive ou d'aucun commandement île Dieu, comme aussi antécé-
demment à toute espérance et à toute
crainte — Il est impossible d'établir par
la raison cette prétendue obligation, qui du reste est en opposition avec l'économie de la Providence, laquelle n'a jamais laissé le genre humain sans la connaissance de ses devoirs et de sa fin, nr»n plus que sans celle de la sanction apposée à l'accomplissement des préceptes imposés. L'auteur ne tient dans tout ce traité nul compte des révélalions primitives; et d'ailleurs, il bâtit un édifice sur des fondements ruineux , en cherchant à établir les devoirs immuables de la religion naturelle, qui, aux yeux des esprits attentifs, n'a jamais pu tirer son origine que de sources révélées. VoirDêm. év. VU, 707; X, 168; XIII, 1080; XIV, 489.
Col. 1128, lig. 40 : ... Que le tout n'est pas plus grand que sa partie, ou qu'un corps peut être présent en un million de lieux à la fois. — L'auteur socinien trouve ces deux propositions également absurdes. Voirt pour la défense de la seconde, n" 14.
Col. 1191, 1. 22 : Car si Dieu était tenu de le faire, il aurait dû se révéler à tous les peuples de la terre et dans tous les siècles... — Dieu n'a pas manqué de révélera nos premiers parents, "«oit avant, soit après leur chute, ce qu'ils avaient à faire pour parvenir à leur lin, il l'a fait encore en différents temps à d'autres hommes, lesquels en ont transmis à leurs semblables la connaissance, qui s'est propagée chez tous les peuples et perpétuée dans tous les siècles, quoique altérée par la malice des hommes, partout où elle, ne fut pas conservée par un miracle providentiel. Voir les passages des Démons t. ci-dessus indiqués.
Col. 1200, I. 2.) : ... Qu'elle possède tous les attributs divins... d la reserre pourtant... de l'existence par soi-même. — Le Verbe, ou seconde personne de la Trinité divine, quoi qu'eu dise notre socinien, a, ninsi que le Père et le Saint-Esprit, l'existence par soi-
même, comme participant à une même nalui e divin .
Col. 1200, I. 13:... Il importe peu au jn ■ Oient de la raison qu'on dise que le monde a été créé pur Uini luim'me i mmédiatumnl,
ou qu'il a été fait par Dieu médiate mi et
par le ministère d'un second principe. — Comme si le \ erhe, que l'auteur appelle uu second principe, n'était pas Dieu lui-même, qui a créé immédiatement le monde 1