ARTICLE IL
La règle appliquée aux saints Pères.
124. Il y a déjà trois ans que j'ai donné la règle susdite dans mon traité sur l'Etat des enfants morts sans baptême, imprimé à Macerala en 1787, composé pour réfuter un livre de M. Jean-Baptiste Guadagflini; et je l'ai donnée en d'autres termes ; mais qui signifient la même chose. J'ai dit (Supra, n. 2(3) que, « pour ce qui regarde l'autorité de chaque Père , on doit distinguer avec soin le point que le saint Père entend soutenir des preuves sur lesquelles il appuie son sentiment. Il arrivera que le point soutenu par le saint Père sera vrai, et sera même un dogme de noire foi : mais ensuite, dans les preuves qu'il apporte pour défendre ce qu'il avance, le saint Père pourra quelquefois errer, en interprétant l'Ecriture dans un sens accommodant , qui ne peut servir de preuve , ou même en l'interprétant dans un sens contraire au sens littéral; ou bien enfin en faisant des raisonnements qui sont peu ou même ne sont point concluants par rapport au sujet. Nous trouverons incessamment dans saint Augustin un exemple et une preuve de tout cela. El je ne dis point qui' toutes les preuves apportées par un saint Père , pour appuyer son sentiment , soient faibles et non concluantes par quelqu'un des
per lot gentes... Ecclesia loto orbe diiïusa parère potuil {Lib. ni de mptism. contra Douai., cap. iv, ». G). »
IUÙMONSTKATION KYANU.I.Ini I. BOLGENI.
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défauts que je viens de signaler; mais je dis que parmi les preuves pressantes ei décisives, on peu! en trouver, et réellement on en trouve qui ne sont pas concluanies. Ici j'ai distingué le point Miulenu par quelque saint l'ère des preuves par lesquelles il le soutient. Jl est évident que , dans les points soutenus comme dogmes de notre foi , le saint l'ère a le caractère et remplit le rôle de témoin de la révélation de ce point contenu dans la parole de Dieu écrite, et dans le sentiment et enseignement commun de l'Eglise. Ensuite, quant aux preuves qu'il apporte pour soutenir ce point , je n'ai pas dit , je ne dis pas , je ne puis dire qu'elles soient toutes faibles et non concluantes : Dieu me garde de penser ou de dire rien de semblable. J'ai avancé que, parmi les preuves pressantes et décisives, il peut s'en trouver, et il s'en trouve réellement qui ne concluent pas. Kl comme les preuves données par les saints Pères sont tirées le plus souvent de l'Ecriture sainte, si le sens de celle-ci est proposé par eux comme le sens généralement adopté par l'Eglise, alors ils ont la qualité et font l'office de témoins, comme nous avons dit plus haut (n. 1G). Mais s'il est présenté comme interprétation particulière , ou si l'Ecriture est entendue dans un sens qui favorise ou dans un sens contraire au sens littéral , alors les Pères, perdant la qualité de témoins , prennent celle de disserlateurs , de philosophes; et je soutiens qu'en celte qualité ils n'ont point l'aulorilé de Pères et docteurs de l'Eglise. Donc la règle concernant l'autorité des Pères , que j'ai donnée dans mon livre sûr l'état des enfants, et d;ms cet ouvrage , est toujours la même règle , et je crois avoir parlé, en l'expliquant, avec toute la prudence, la justesse et la précision désirables. Quant à la distinction entre les dogmes et les preuves , je l'ai prouvée par un passage de Melchior Canus , dans le n. 26 préciié, de l'état des enfants, et éclaircie par un exemple d'un concile général cité par le même Melchior Canus.
125. Néanmoins, celte règle, telle que je l'ai expliquée , a grandement scandalisé l'àme candide du bon M. Guadagnini , et elle a tellement enflammé son zèle, qu'il excite les tribunaux de l'Eglise à réparer et à faire disparaître un si grand scandale. Dans ses Trois observations sur mon livre des Faits dogmatiques, il lui a plu de dénoncer aux tribunaux ecclésiastiques quelques graves erreurs que j'ai enseignées dans mon livre sur l'état des enfants morts sans baptême. Ma seconde erreur dénoncée est la suivante : Le saint
(i) tEgo enim faleorchariiati tuœ.soliseisScripiuraruni libris, qui jain canoniei appellanlur, didici hune limorein, bonoremque déferre , ul nulluni eoi mu auclorem scrihendo aliquid errasse lirniissinie i i l'.l.iin. Ac si aliquid in eis oftendere lilleris, quod videalur conlrarium verilali, mli I aluni quant vel inendosuni esse codicem, vel interprelein non esse asscquulum quod dietnm ni, vel me minime intellexisse non ambigam.Alins anletn iia lego, ut quanta libet MDCtilate, dnclriiiaque pra'polle.un, non ideo vrruni puiem, quia ipsi ila senserunl ; seJ quia milii
ISO
docteur Augustin établit, comme règle générale , qu'un écrivain non canonique ne doit pas avoir pins d'autorité que elle que donnent les raison* qu'il apporte. El roici la censure que mérite ma proposition, au jugement de M. (iuadagnini. « Onsure. Premièrement , si « l'on considère d'une manière générale , et << que l'on prenne dans son acception rigouo reuse l'expression de raisons . qui signifie « raisons humaines et naturelles, celte propo- " sition est fausse, injurieuse à saint Auguste tin, dont elle allègue l'aulorilé ; car, selon « les principes de théologie très-bien éuon- « ces par le saint docteur, on ne doil pas examiner les doctrines des écrivains non ca- «noniques, d'après les raisons humaines»
« mais d'après l'Ecriture et l'enseignement « de l'Eglise ; et elle ouvre la porte a mille « erreurs. »
126. Je voudrais bien savoir pourquoi M. Guadagnini a eu la- fantaisie d'enlendre ce mot raisons rigoureusement par raisons humaines et naturelles? Le contexte tout entier de ma proposition ne suppose pas certainement ce sens si restreint. Quand un homme expose une doctrine, la développe et la prouve, il ne peut pas nécessairement dire tout d'une haleine, mais successivement une chose après l'autre, employant pour cela tantôt plus, tantôt moins de temps et de papier, selon que le demandent l'étendue de la matière et le besoin de la bien développer et de l'épuiser. De là il suit que l'on doit toujours considérer, dans un écrivain quelconque, tout l'ensemble de sa doctrine sur cette matière dont il (raile , et d'après cet ensemble, en relever le sens préeis, et fixer la véritable idée attachée à certaines paroles qui , par l'inévitable imperfection du langage humain , considérées isolément, sont équivoques et peuvent avoir plusieurs sens. Certainement l'ensemble de ma doctrine sur l'autorité des Pères comprend les raisons tirées de l'Ecriture cl de l'enseignement de l'Eglise , comme on peut s'en convaincre même par le seul passage de mon livre des Enfants , cité plus haut (n. 12V). Le texte de saint Augustin , que je rapporte en cet endroit pour prouver ma proposition, et que je mets de nouveau maintenant sous les yeux des lecteurs (1) , distingue expressément les raisons tirées de l'Ecriture sainte des raisons humaines cl naturelles , et admet les unes et les autres pour servir de preuve et de guide dans l'examen des doctrines des écrivains non canoniques. Donc, premièrement, M. Guadagnini iloime un sens faux à mes paroles pour avoir un prétexte de censurer ma doc-
vel per illos auclores canonicos (voilà les preuves tirées de l'Ecriture sai»le), velprobabili ralione (voilà les raisons humaines et naturelles) quod a vero non abhorreai persuadera potuernni. Nec te, mi (rater, sentire aliud existimo : niorsus, inquatn, non te arbiiror sic legi nms liliros vdle taiiipiam prophelarum, vel aposiolorum de quorum scriptis, quod orani errore ctrasnt, ilubilare nefariuin »>t. Absil lior a pis liuiniliiaie, < i ftnei dp lemeiipso < ogiuiione (S. Angust. h.pist. la v xin, al. \i\, cap. i. n. 3). »
ÉCONOMIE DE LA FOI CHRETIENNE
trine. Donc , secondement , il fait dire une fausseté même à saint Augustin, quand il prétend que, selon les principes du saint docleur, les doctrines des écrivains non canoniques ne doivent pas être examinées d'après les raisons humaines. Troisièmement, enfin il corrompt le langage. Le mot raisons, pris même dans son acception rigoureuse, ne signifie pas seulement raisons humaines et naturelles, mais signifie généralement les preuves puisées à une source quelconque, qu'elles soient tirées de la parole de Dieu, des expériences physiques , du témoignage des hommes, du raisonnement naturel formé d'après la combinaison des idées abstraites. Nous conclurons donc avec saint Denys d'Alexandrie (n. 20), que M. f.uadagnini a jeté contre moi trois ou quatre pierres avec tant de maladresse qu'aucune n'a pu m 'atteindre.
127. Gonlinuous à entendre M. l'archiprêtre : « Seconde censure. Ma proposition , « considérée par rapport aux étudiants , est « pernicieuse ; car elle leur inspire la témé- « rite d'examiner, souvent même de condam- « ner d'après les raisonnements faibles dont « sont capables déjeunes étudiants, les doc- « Irines des flambeaux de l'Eglise, ordinaire- « ment appuyées sur les fondements les plus « solides ; tandis que l'on doit, au contraire, « leur inspirer le plus grand respect pour « les Pères, surtout ceux du premier ordre, « et une grande méfiance de leurs propres « jugements. »
Voilà déjà un coup porté, non-seulement contre moi , mais encore contre tous les théologiens qui traitent des lieux théologiques. Il est reconnu que les lieux théologiques s'enseignent aux aspirants, cl que tous les théologiens enseignent , au sujet de l'autoritéde chaque Père, la même doctrine trèsétendue, que j'ai jugée à propos de rappeler à l'esprit de mes lecteurs , dans mon livre de l'Etat des enfants. Ils seront donc tous coupables de propager une doctrine pernicieuse et propre à inspirer aux étudiants la témérité , etc. Je comparaîtrai donc, sur la citation de M. Guadagnini, devant le tribunal de l'Eglise, accompagné d'un grand nombre de théologiens du premier mérite, qui seront mes avocats et me défendront contre un accusateur qui, l'année dernière, a figuré comme coupable devant ce même tribunal, et y a été condamné; car on a prohibé quelques-uns de ses livres remplis d'une doctrine erronée et scandaleuse sur la matière si importante de l'administration du sacrement de pénitence : voilà un coup porté, non par moi, mais par ce même tribunal auquel il me cite.
128. « Troisième censure. Enfin , ma pro- « position, considérée par rapport à saint Au- « gustin proposé pour son maître par l'E- « glise dans les matières de la grâce, est in- « jurieuse non-seulement au saint docteur, « mais encore à l'Eglise elle-même. » Tout à l'heure, nous parlerons de saint Augustin. Pour le présent, je tue contenterai de faire observer que j'ai expressément distingué les dogmes de la grâce soutenus contre les péla-
giens , des explications que saint Augustin fait de ces dogmes et des preuves qu'il eu donne. J'ai dit (Etat des enfants , n. 31) que « quand on parle des dogmes que saint Augustin enseigna et soutint conlre les pélagiens, j'admets et soutiens qu'en cela la doctrine du saint docteur est celle de l'Eglise. Mais ensuite , quand il est question des explications et des preuves de ces dogmes , alors je nie que la doctrine du même docteur soit universellement, en tout et partout, doctrine de l'Eglise. » Cette distinction est trèsimportante : pourquoi M. Guadagnini a-t-il fait semblant de l'ignorer? Prétendrait - il donc que même toutes les explications et toutes les raisons données par saint Augustin dans les matières de la grâce soient autant d'articles de foi? Je ne ferai pas à mon adversaire l'injure de lui attribuer une semblable croyance, comme je ne crois pas non plus que M. Guadagnini regarde saint Augustin comme maître de l'Eglise dans les matières de la grâce. Celte expression, échappée à la plume de M. Guadagnini, prise dans son acception rigoureuse , est une hérésie; puisque le sens naturel veut que le pronom son se rapporte à l'Eglise. Or l'Eglise a été la maîtresse de saint Augustin , et non Augustin le maître de l'Eglise. Mais M. Guadagnini a voulu sans doute dire que l'Eglise propose le saint docteur pour notre maître dans ces matières. Un langage si équivoque et si peu exact sied-il bien dans la bouche de celui qui dénonce aux tribunaux de l'Eglise de graves erreurs qu'il suppose dans les autres?
129. Afin que M. Guadagnini reconnaisse enfin la nécessité de la règle que nous proposons touchant l'autorité des Pères , je lui propose une question à résoudre. Les théologiens savent que quelques Pères de l'Eglise^ même dès les premiers siècles de l'Eglise, adoptèrent l'opinion d'un certain règne de Jésus-Christ dans ce monde, règne qui devait durer mille ans , laquelle fut dans la suite condamnée dans les millénaires, qui ajoutèrent à celle opinion des erreurs détestables. Je demande maintenant à M. Guadagnini comment il fera pour se débarrasser de l'autorité deces Pères, saint Justin, martyr, saint Irénée, Tertullien, etc.? Il dira que le sens dans lequel ces Pères ont pris les paroles de l'Ecriture fut un sens qui leur fui propre et particulier, et non généralement reçu par 1 Eglise; il dira que d'autres Pères en grand nombre ont attaqué cette opinion, et donné un sens tout différent aux paroles de la sainte Ecriture : il dira , enfin , que l'Eglise ayant rejeté et condamné celte opinion, ces Pères ne font pas autorité sur ce point. A merveille. Donc les Pères pris individuellement, ou en petit nombre, errent quelquefois dans l'interprétation de la parole de Dieu écrite : et par conséquent les preuves données par eux, quoiqu'elles ne soient point tirées des raisons humaines et naturelles, mais des passages de la divine Ecriture , doivent être examinées pour donner à ces mêmes preuve» le poids qu'elles méritent. Et c'est justement
hF.MONSTRATION B\ \\«.l Uni I , BOLGENI
ce que dil saint Augustin ilan>, le- lente précité (Note (te la colonne 119). Donc les ! D6 sont paJ I ujours léonins (le la tradition.
mèmcquandils interprètent I Ecriture sainte, uni-, -ont quelquefois des discoureurs el des philosophes, que peul contredira quiconque sait raisonner et <Iim ourir, pourvu qu'il ait pour cela île boums raisons el qu'il le fasse d'une minière respclueuse. Kl en lisant an m: attention le-. Pères eu*:- mêmes, il e*l facile de s'apercevoir de la nécessité de relie distinction et de la bien (i\er. Prenons pour exemple saint Justin, dont il a été déjà mention. Dans le passage où il parle de l'opinion des millénaires, el montre qu'il J'emhrass ' , il parle en même lenip- de la résurreciion de la chair : mais que l'on remarque liien la différence. La résurrection de la chair, il la donne pour une chose ecriainc, indubitable et universellement crue et soulenue pas lous les chrétiens. Voilà clairement la foi publique et universelle tic l'Eglise. Quant aux mille ans du règne de Jésus-Christ dans ce monde, il eu parle comme d'uueopinion parliculière, embrassée à la vérité par plusieurs , mais rejetée et contredite par beaucoup d'autres, qu'il appelle toutefois chrétien* de pure et pieuse doctrine, quoiqu'il regarde celle opinion comme appuyée sur les paroles d'Ezéchiel, d'Isaïe et d'autres (1). Voilà donc un dissertaleur qui parle de son sentiment et de celui des autres, mais ne donne pas le sien , comme étant universellement reçu , el qui par conséquent n'a pas la qualilé, ni le caractère de témoin de la tradition, l.t si M. Guadagnini me répond que les interprétations des passages de l'Ecriture cites par ces Pères étaient certainement fausses, puisqu'elles tendaient à prouver une. erreur condamnée ensuite par l'Eglise; laudis que, quand il s'agit des vérités de notre foi, les interprétations apportées en preuve par les saints Pères doivent toujours être vénérées : je répliquerai en lui faisant une demande. Baïus , Jansénius et Quesnel ont enseigné plusieurs propositions coudamnées ensuile par l'Eglise comme fausses, scandaleuses, conduisant à l'hérésie, el hérétiques; toutefois ceux-ci, et en particulier Quesnel, appuyenl les propositions coudamnées sur divers passages de l'Ecriture sainte et sur les interprétations de ces mêmes passades données par saint Augu-lin, et le plus souvent ces propositions roulent sur la grâce. 11 est connu, par exemple, que delà touie-puissance de Dieu, et de ce qu'il est dit dans l'Ecriture
(t) Proposition de Tryphon : « Age, die mihi : vere hune vos llierosolyumium loann m-t rualum iri falemini, ac populuin veslrum coiigiegaimii iri, el cum Christo beale viriurum expeetaiis una cum patrian lus et nroplictis, iisque, qui ex noslrp : iuerunt?... » Réponse de saint Justin : < Tibi igitur et antea conlessus bfflh, nie, cl mulios alios hœc sentire iia ut ouiiiino pefseeeuun liabeainus sic fuiurum : at niultos rurMis. ensque ex illo elinslianoruin génère, quod pisni et puram Mqiritur sententiass, id non agnoscere tibi -iguilieaii... Sam si eiiaui incidislis in uonnullos, qui ilin-liani c,uiilein vocanlur, h;ec aut -.in minime louent, m.I .n.un Dcuiii Abrabse, et
le, qu'i/ n i/ <i jier sonne qui puitit ré iwier à /-, il i nu I. itker, xm, M >t u/i'.
' • -nel ii.i i ! I | n tsi Un»
ilt ti <l i vitun fouir- U4 lente, une ijiih:- for le, MM ira il, te. à lai/u'tl' un ne i n >f> jiini<iis,fi V*tWt peut réeieler l . • t il prétend
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Augustin a interprété cet leati le de m an de a M. tjua lagnini : qui s'est Iroii ici? est-ce l'r. glise?o«i -ami AnsjsMinfon bien Quesnel 1 un de i ei trois c rtaiaasneal l ei I Ce n'est pas l'Eglise; ce sérail un blasphème de If -1 pi- un phi- sauil \u-
gusiin, puisque, d'après M. Guftdagaini, '/ ms lu iiuitu'i es (/-' la jréee, il est prof)!) '■ pour ton
mettre pur sera el >nc
Que-nel qui aur erre. A la bonne heure , je suis ire--i 'Mileiil de r t aveu : m i comment
feront-nom pour »au ui
prétendent que saint Augustin i inlerpri
les textes de l'Ecriture dans leur réi sens , el que Q tesnei a très-bien compris saint Augustin 1 Que répondrons-nous aux mêmes, s'il-, nous opposent l'évidence prétendue du sens qui résulte de* passages de saint Augustin? Les théologiens en grand nombre répond, ni, que < e sonldes opinions, des explications et des -enliments pr priée saint docteur, auxquels on n es! pas tenu de se conformer: ils citant les senti menti et les explications d'antres pères, qui interprètent les textes sacrés dans un sens différent. Pour le présent, je ne dis pas que l'on doi\" approuver la réponse de ces théologiens , el pour ma part je déclare que je ne l'approuve pas. Je suis inii ncmenl persuadé que Haï Jansénius, Quesnel, el lous leurs a oherenis el défendeurs, n'ont pas compris -ainl Augustin, et qu'ils errent grossiei ement en attribuant au saint docteur un sens qu'il n a certainement pas. J ai fait là-dessus quelques dissertations dans lesquelles je crois avoir démontré la chose jusqu'à l'évidence. Je n'ai pas voulu les faire paraître pour ne pas enflammer davantage le feu des disputes doctrinales avec les jansénistes, carie passée qu'on doit les laisser entièrement de côle . pour forcer les jansénistes a son tenir à l.t seule question de lait, comme je l'ai de»eloppé dans loul le chapitre préeé ieiii. Je n'a prouve donc pas la répon-e dej i cilee des théologiens : mais en ailendanl elle peut servir pour convaincre M. iiuada nini que ce n'esl pas une chose qui soit si nouvelle, si étrange, si digne de censure, que d'appliquer noire règle aux Pères pris individucllc-
Deum l-aac, etjDeum ieeob blaspberaiis sppesere au-
deni, ac indluin esse mnrltinrum resurrei lionein. -• .1 siaiim atque iimnantur animas suas iu ce uni snscipi dicunt; çavsta ne eus etisUmétis onssstianoe. . fc^o aiiteui, e. m qui recle ni oiniiduib stiiliuul clirisli.'in, et cum r -miii li uieni Inuii.iui seinius, el mille annos ii uxbp Jérusalem ,r lifiial.i et ornala et anu pliliraii, qiiemaflriiorliini EzechieJ et Isaias, et càpleri prbpheta pTOhlHtrttt'l (S. tnttinut Martyr in Jialoqo cum Triiplwiic . ». S, cuil. Miiur.). >
(i' Pnqiosii. x el \xi ion lauinees par la bulle Cnrgânitus.
ECONOMIE DE LA FOI CHRETIENNE
ment, et même à saint Augustin, dans les matières de la grâce, quand il ne s'agit pas de dogmes, mais de preuves et d'explications tiréfes non-seulement des raisons humaines et naturelles , mais aussi de la parole de Dieu écrite. Les théologiens, qui font la réponde dont nous parlons, sont nombreux , «l'une grande réputation, et n'ont jamais été condamnés par l'Eglise, bien que quelqu'un d'entre eux ait été dénoncé et longuement accusé au tribunal de cette même Eglise. Le zèle de M. Guadagnini pour l'autorité des Pères serait louable, s'il avait pour compagne la science, comme nous l'enseigne saint Paul.
130. Mais M. l'archipretre craint la témérité des étudiants dans l'usage de notre règle, cl c'est pour cela qu il l'appelle pernicieuse. Cju'il me trouve donc quelque chose parmi les choses humaines, qui ne soit sujet aux abus , par la malice ou l'ignorance des hommes. Ce n'est pss là une bonne raison pour condamner notre règle. C'est à ceuxqui, de vive voix , ou par écrit , instruisent les étudiants , à assigner les justes bornes de la régie, à l'appliquer à propos, à la dévelop- P r avec clarté et précision, afin de prévenir les erreurs et les abus. 11 me semble que la (listim lion que j'ai établie et qui l'ait considérer les Pères comme témoins de la tradition, c'est-à-dire, quand ils proposent les dogmes en hisloriensel attestent le sens généralement reçu par l'Eglise dans l'explication de la ,iarole de Dieu écrite; il me semble , dis-je, que i cite distinction est très-claire; qu'elle n'est sujette à aucune équivoque et qu'elle peut même être faite très-facilement j ar les étudiants. Est-il biendifficilede distinguerquand un homme parle en témoin attestani des faits, et quand il dispute en faisant des raisonnements? Dans le premier cas on trouve le plus souvent une parfaite conformité de doctrine entre les Pères, et c'est le cas où leur autorité doit avoir tout empire suc nous pour régler notre croyance ; dans le second on trouve de la diversité dans leurs sentiments , et c'est le cas où a lieu l'examen de leurs raisons et de leurs preuves, pour adhérer à celles qui nous paraissent pressantes et décisives , et rejeter celles qui sont faibles et non concluantes, comme faisait saint Augustin lui-même (Note de la colonne 119). Cette règle peut être développée en termes différents , mais qui signifient toujours la même chose. Cependant, quels que soient les termes dont on se serve pour l'expliquer, il y aura toujours danger d'errer dans son application et d'en abuser. C'est là un mal inévitable, et je ne pense pas que M. Guadagnini puisse trouver un remède pour le guérir. La règle est absolument nécessaire; et il faudra que M. Guadagnini ail la palience de l'entendre répéter plusieurs fois, pour qu'elle se grave bien dans son esprit.