ARTICLE III
De l'autorité en particulier de saint Augustin.
181. Mes propositions relatives à l'autorité de suint Augustin, qui ont élé jugées par
M. l'archipretre dignes de censure, et dénoncées aux tribunaux de l'Eglise comme des erreurs graves, sont au nombre de cinq! Ce serait un ennui, un véritable supplice pour moi et pour mes lecteurs, de suivre pak à pas mon adversaire ; je me contenterai de faire un petit nombre d'observations, qui aideront à juger de tout le reste. Ma troisième proposition dénoncée est la suivante : « U « s'est introduit peu à peu, à l'aide de cer- « tains théologiens, un préjugé, d'après le- « quel l'autorité de saint Augustin est reg arec dée avec un œil de prédilection, et préférée « depuis longtemps à l'autorité de tout autre « l'ère et docteur de l'Eglise, même de ceux « qui fleurirent du temps des apôtres. » Ici je ne- fais qu'avancer un fait : M. Guadagnini accorde-t-il ou bien nie-t-il ce fait? ni L'un', ni l'autre. Après avoir fait entendre que par ces certains théologiens je désigne les prétendus jansénistes, et par conséquent, d'après moi, les hérétiques , il ajoute : «Censure. « Cette proposition par laquelle on déclare « que c'est un préjugé des hérétiques de pré- « férer dans les matières indiquées (c'est-à- « dire dans les matières de la grâce), l'auto- « ritédesaint Augustin approuvée par l'Eglise « à celle de tout autre Père qui ne nous a « pas élé proposée par l'Eglise elle-même, « est três-injurieuse à cette même Eglise « qu'elle accuse tacitement de préjugé dans « une cause aussi grave. L'auteur en cela « marche sur les traces des pélagiens et des « semi-pélagiens, qui opposaient à saint Au- « guslin les anciens Pères. »
132. Réponse. Cet homme a une antipathie déclarée pour la distinction entre les dogmes soutenus par saint Augustin contre les pélagienselles semi-pélagiens, elles preuves et les explicalionsde ces mêmes dogmes. L'auloritô de sainl Augustin est approuvée par l'Eglise pour les dogmes qu'elle défend, non pour les preuves el les explications qu'il eh donne. Voilà ce que je cherche à prouver, el ce que je crois avoir prouvé dans mon livre sur l'état des enfants. Mais c'est là une pilule Irop amère pour le palais de M. Guadagnini, et que son estomac ne peut absolument recevoir ; c'est pourquoi il parle sans cesse de manière à supposer et à faire croire à ses lecteurs que l'Eglise a approuvé généralement et indistinctement la doctrine de saint Augustin sur les malières de la grâce : c'est là un petit défaut, qui s'appelle en bonne logique pétition de principe. Pour tenir ensuite les jansénistes couverts sous le manteau de sa tendre charité, il recourt au stratagème ordinaire, qui consiste à in'accuserde marcher sur les traces des pélagiens et des semi-pélagiens. C'est là un éponvantail d'enlant. Ces hérétiques s'opposaient à la doctrine du sainl docteur : nous parlons des preuves et des explications.
133. Ma cinquième proposition dénoncée esl ainsi conçue : « Et parce qu'il Importe « infiniment aux intérêts de la vérité de ré- « duirc à la précision et à l'exactitude con- « venablcs les idées touchant l'autorité do « saint Augustin, je proposerai à M- Guada-
« gui ni trois cas, dans lesquels je serais très- • curieux de savoir s'il vent ic conformer au « lentitnenlde saint Augustin. » Le premier
ors truis cas que je propose dans mon livre de VEtat dis enfants e*\ un anachronisme, qoi
se trouve dans l'explication donnée par le saint docteur à ces paroles de l'Evangile :
Tu i s Peints, et super hanc petram wdifieabo Ecclesiam meam, etc. Le second cas esi une explication donnée par le même saint l'ère à ces paroles de saint Paul :Omne enim, t/uod non est ex fide, peccatum est ; non conforme au sens littéral de ce texte; celte erreur est reprochée au saint docteur par le pélagien Julien, .et reconnue par le même, saint docteur. Le troisième cas est I explication que saint Augustin donne souvent à ces paroles de l'Evangile : Qui endiderit, et baptizatut fuerit, snlvus erit; explication qui réduit ces paroles à celle signification : Q.ti bnptizatus fuerit, et baptizatut fuerit, sulvus ertt. Je demande à M. Guadagnini s'i/ a le courage d'admettre celte explication, qui réduit les paroles de Jésus-Christ à un sens identique? Voici ce qu'il me répond dans sa dénonciation. « Le premier de ces cas ne regarde en « aucune manière les matières de la grâce; f les autres deux ne les regardent qu'indi- «reclement; car le premier concerne la « primauté de saint Pierre, et les deux autres 4. l'interprétation de deux passages de l'E- « criture. Dans tous les trois, l'auteur a tort de reprendre le saint docteur. »
134. De grâce, que M. l'archiprélre me prêle pour quelques inslants ses lunettes, la loupe ou le microscope dont il se sert, afin que je puisse découvrir ce tort évident, que je déclare ne pas voir, et que personne ne voit, j'en suis persuadé, à l'exception de Al. (îuadagnini. Qu'il réponde d'une manière précise, oui ou non : Est-il vrai que saint Augustin dit que saint Pierre était chef et primat de l'Eglise, quand Jésus-Christ lui adressa ces paroles : Tu es Petrus, etc.? Est-il vrai qu'alors saint Pierre n'était pas chef et primat de l'Eglise, mais qu'il fut ainsi qualifié un peu après par le Sauveur? Si ces deux points sont vrais, comme ils le sont très-certainement, l'anachronisme que j'ai observé dans saint Augustin est donc hors de doute. Je n'ai donc pas eu tort de
reprendre mais tout doucement. Celle
•expression de reprendre est ici mal sonnante, el je suis prêt à récuser les gentillesses que me prèle M. Guadagnini. Je n'ai donc pas eu lort de faire remarquer cet anachronisme dans les paroles de saint Augustin, pour développer et prouver la règle dont je parlais, qui consiste à distinguer les dogmes proposés par les Pères de l'Eglise, des preuves et des explications qui servent à éclairrir et à confirmer ces dogmes.
135. El puisque nous avons commencé à faire de semblables propositions à M. Guadagnini, je le prie de me souffrir encore un pt ii avec patience, el de me dire avec sincérité son sentiment sur deux autres choses qui se présentent à ma mémoire. Ce malade, il ont parle révangélisle saintJean [Chap.V),
DEMONStRATION I VANGI LIQI l bOLGENl
comptait (rente-huit ans de maladie quand il fui uuéri par Jésos-Cbrist. Qu'on se ligure M. noire arcbîprétre laisanl -i l'autel l'explication de l'Evangile a ses paroissiens, el supposons que quelqu'un se permette de lui demander pourquoi le nombre trente- huit est plus propre a la maladie qu'a l.i santé? lnvenio m annis ejut numerutM qurtudam lantjuoris. J ' rii/tnta et oHo MM0J habebtU >n infirmitate (S. Aur/ustinus, tract. x\u in Joannem.n. fc.). M. l'archiprélre commencera par répondre gravement, pour instruise ses paroissiens sur ce mystère: Hic uumerut (jVOtnodo mugis ad languorem périment, quant ad tanitatem, paulo diligentius exponendum est. Intentos vos volo : aderit liominns, et congrue loquar, et su fficienter audiatii Ibtd.). Il dira ensuite : A trente-huit il manque deux pour aller à quarante: quarante est un nombre parfait, testaulur sœpissime divinœ Scripturœ : le nombre deux, dans les saintes Ecritures, quand il signifie quelque chose de bon, nous présente les deux préceptes de la charilé envers Dieu et < nvers le prochain, dans l'observation desquels consiste toute la perfection de la loi : donc qui a (rente-huit, el non quarante, n'a rien, parce que toul lui manque : .S't eryo quadrigennrius numerus habet perfectionem legii, ti I x itou imptelur, nisi in gemino prœcepio charitatis : quid miraris quia languebat qui guailraginta duo minus habehal? [S. Aug., tract, xvn inJoan., n. G.) Nous pouvons nous figurer l'élonneiii. ni où seraient les auditeurs en entendant une pareille explication, non pas tant à cause de l'obscurité de l'énigme, qu'à cause de la candeur de .M. l'archiprélre, qui l'aurait adoptée pour la faire servir à l'instruclion de son peuple.
136. Avant d'aller plus loin, il faut prévenir, s'il est possible, les clameurs des soidisant faux disciples de saint Augustin , qui accusent sans peine d'irrévérence et d'impiété quiconque veut limiter l'autorité du saint docteur dans de jusles bornes. Ce qui nous aidera à atteindre ce but, et à confirmer ce qui a élé dit dans le chapitre précédent, el ce que l'on dit dans le présent chapitre, ce sera d'exposer ici la doctrine de .Melchior Canus. Voici la ihèse que ce théologien établit dans le troisième chapitre du septième livre des Lieux Iheologiques : L'ntus, nul duorum sanctorum auctoritas. cliam in liis, quœ ad sacras titteras, el doctrimm (Uei pertinent , probabtle quidem argumentum subministrare potetl, firmum rero non potot. lia despicere, a pro nilulo kabere, impudentis ait, susiiperc. et Itabere pro certo, ertt omnino impruitentis. El voici la raison néremptoire qu'il donne pour appuyer sa proposition : Algue hanc convtiisionem demonstrat ratio illa manifesta, cui nulle prorsus via occurii potesl , gtmd cuin sanctorum quisque, his duntaxat exceptis, qui Idiros canomeos ediderutU, spiritu fuerit Itumano locutus, et atiquando tel m eo errarerit, </u d ad fitlcin si relate postea demonttl ntitin est
aperle cousin <.» kujusmodi auctoriUUt exploratam fidem fieri non }>osse. 11 passe en-
ECONOMIE DE LA FOI CHRETIENNE
suite à celte objection, savoir : que le pape saint Gélase a approuvé les ouvrages de plusieurs saints Pères. A quoi il répond : Quid enim ? An hoc agere Gelasius voluit, in veterum Ubris non esse quidquam erroris ? Atqui laterem , ut uiunt, laterit quisquis islhuc conetur ; flanc siquidem felicitatem Deus in solis divinis voluminibus inesse voluit, quemadmodum Augustinus verissime ac gravissime tradidit. Cœteroqui nemo, quantumvis eruditus , et sanctus, non interdum hallucinatur, non alicubi cœcutit, non quandoque labitur ; et il prouve cela par divers exemples. Saint Augustin est aussi compris dans celle règle; et je ne trouve aucun écrivain catholique qui l'en exemple, et le juge plus privilégié que tous les autres Pèr< s et docteurs de l'Eglise. Les jansénistes insistent sur l'approbation qu'ils prétendent avoir été donnée aulhenliquemenl aux livres qui contiennent les matières traitées contre les pétagiens elles semi-pélagiens; mais Canus leur apprendra, quid sibi Ecclesia velit cum sanctorum Patrum libros approbai ; et précisément dans celte occasion il leur dira, que non magvopere conandum est eorum hic stultitiam refellere, qui Ubris canonicis Hieronymi, aut Augustini opuscula œquurint. Mais à l'époque de Melchior Canus n'avaient pas encore paru les jansénistes, dont il faut s'efforcer stullitiam refellere, et auxquels il faut répéter jusqu'à satiété, pour essayer de la leur faire comprendre une bonne fois la distinction nécessaire entre les dogmes défendus par saint Augustin contre les pélagiens et les semi-pélagiens, et les explications et les preuves de ces mêmes dogmes, sur lesquelles ne tombe pas certainement l'approbation de l'Eglise. M. Guadagnini ne cesse de in'objecter cette approbation, el de m'accuser de manquer de respect pour saint Augustin, et de mépriser les décisions de l'K-. glise, parce que dans mon livre sur l'Etat des enfants j'ai cilé certaines preuves et explications de ce Père, qui certainement ne seront pas admises par tous, même louchant les matières Irailées contre les pélagiens. En attendant, M. l'archiprêlre n'a pu rien répondre de vraiment solide à mes raisons. Je veux faire encore une citation, qui sera la
dernière, quoique je pusse en faire bien d'autres sur le même sujet.
137. Jésus-Christditque,sinous ne mangeons sa chair, et si nous ne buvons son sang, nous n'aurons point la vie en nous : Nisi manducaveritis carnem Filii hominis, et biberitis ejus sanguinem, non habebitis vitam in vobis (Joan. vi, 54-). Le sens littéral de ce passage est très-clair, et l'Eglise entière a entendu , entend et entendra toujours ces paroles du corps et du sang réel de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Saint Augustin prend plusieurs fois ce texte dans un sens allégorique pour prouver la damnation éternelle des enfants morls sans baptême. J'en cite plusieurs passages dans la note ci-après (1). Quelquesuns infèrent des paroles du saint docteur, qu'il a pensé que la participation à l'Eucharistie était nécessaire même aux enfants pour avoir la vie éternelle. Certainement les bénédictins, dans leur remarque sur le même Père, relative au mot Eucharistie, disent : Isla sententia : nisi manducaverilis carnem
meam,etc, omnes tenet etium infantes
Jùtcharislia parliciputio necessaria parvulis ad vilam consequendam. Mais il n'est pas nécessaire d'attribuer cette erreur à saint Augustin. Les enfants participent, allégoriquement parlant, au corps el au sang de Jésus- Chrisl, quand ils deviennent, par le baptême, membres de son corps, qui est l'Eglise : ainsi donc la nécessité de l'Eucharistie pour les enfants n'est autre chose que la nécessité du baptême. Cette interprétation est de sainl Fulgence (2). Je demande maintenant à M. Guadagnini si la preuve de la damnation des enfants non baptisés, que saint Augustin tire des paroles de Jésus-Christ, est une preuve efficace pour convaincre les pélagiens? Je sais que d'autres Pères de l'Eglise se sont servis de la même preuve dans le même but ; je ne blâme pas, je ne rejette pas une semblable preuve fondée sur une interprétation allégorique : je demande seulemenl, et j'insiste pour savoir si M. Guadagnini la regarde comme une preuve trèsforte, efficace et décisive ? Tous les théologiens s'accordent à dire que les interprétations et les sens allégoriques des textes sacrés ne peuvent prouver les dogmes d'une
(1) I ii unmum audiamus , inquam , non quiriem hoc de sacramento lavacri dicentem, setl de sacranienlo mensaj suse, quo nemo rite, nisi baplizalus accédât. « Msi manducaveritis carnem ineani, et biberitis sanguinem meum, non habebitis vitam in vobis. i Quid ultra quierimus? quid ail hoc responderi potesi.nisi perlinacia pugnaces nervos advenus conslatitiam perspicuae veritalis intendal? An vero quisquam etiam hoc dicere audebit, quod ad parvulos haec sententia non perlineat possiulque sine participalione corporis hujus el sanguinis m se habere vitam? (S. Auaust. lib. i de peccalor. merit. et rémission, cap. xx, ii. 26, 27.)... Ecce beats mémorial Innocenlius papa sine baptismo Chrisli , et sine parlicipaiione corporis et sanguinis Chrisli, vitam non babere parvulos ilicil [Idem. lib. h contra duas epist. Pelayian. cap. iv, n. 7)... De miseris parvulis ah origitiali uialo, quod tralntur ex Adam, per Chrisli graliam liberaudis, unam cum eis christianam tenet,
veramque sententiam, qui omne prœteritum vitinm, primi seilicel hominis, qui lihero arbilrio est in prolundum demersus, Christum dixit sui lavacro purgasse baptismalis : qui denique parvulos definivit, nisi manducaverint carnem Filii hominis, vitam prorsus habere non posse (Idem, lib. i conlra Jitlianum Pelagian. cap. iv, n. 15). »
(2) Saint Fulgence interrogé par le diacre Ferrand sur ce que l'on devait penser du salut éternel d'un jeune Ethiopien qui, baptise au moment de la mort, mourut sans recevoir l'Eucharistie, répond : « Tune ununiquemque lidclium corporis sanguinisque Dominici participe») lieri, quando in baptismale membrum corporis Chrisli ellicilur; nec alienari ab co panis calicisque consortio, eliamsi anlcquam paneiu illum comedat et calicem bibat, de hoc s&'culo in unitatc corporis Chrisli consiimtus abscedat Œpist. ad Ferrandum xu, n. 2G; Parisiis,apud Guillelmum Detprez, 1084).
181 DEMONSTRATION i \ \m., i i,,i i iioi.u.m.
manière concluante ni contre l<"- lien ti nues, ni auprès de- catholiques, si le
sons allègoHqtle no reçoit pas tort àolhèninite de quelque écrivain canonique ou du scnliin 'iil nouerai (Jo l'Eglise. Ôr. il est certain (]uo l'interprétation allégorique donnée Iiàr sajil] Augustin n'a pas celte authenticité. i\ cependant il s'agit ici d'un véritable Jn^uc, la damnation dos enfants morts sans l.aplénio ; il s'agit le prouver ce dogme Contre les hérétique- pélagions , qui le niaient: il s'agit d'une prouve tirée, non dos raisons liuniiinos et naturelles, mais d'uu texte du saint Evangile ; il s'agit enlin d'une doctrine que l'Eglise approuve dans saint Augustin , <l qu'oïl»' regarde comme la sienne propie .le soutiens qu'ici la distinction à faire entre les dogmes et les explications cl les preuves pour confirmer ces dogmes, est évidente ; je dis qu'il est évident que l'Kglise, en approuvant et en reconnaissant comme siens les dogmes proposés et défendus par le saint dm tour contre les pélagiens, n'a toutefois ni approuvé ni reconnu comme siennes les explications et les prouves données par le même Père : je dis enfin que, dans quelquesunes de ces explications et <ie ces prouves, je ne reconnais pas dans Saint Augustin un témoin de la tradition, mais un interprète et iiu simple dissertateur. Que répond à tout Ci ci M. l'archiprélre? il pourra bien , à son aise, déverser sur moi toute l'amertume de sa bile ; il pourra me complimenter avec toutes les douceurs de la charité la plus tendre, en tn'appclaut un partisan des erreurs des pélagiens et des semi-pélagiens : il pourra bien, avec toute l'activité du zèle qui le dévore, nie dénoncer aux tribunaux di l'Eglise ; mais donner une réponse claire, précise et satisfaisante, non, il ne lo pourra jamais, tant qu'il voudra continuer à conf ndre les dogmes avec les explications et les prouves. 138. Que l'on relise, de grâce, ma proposition rapportée plus haut ( n. 1 33 J ; et voyons le jugement qu'on porte M. Guadagnini.
« Oitique. La proposition est par elle-même « injurieuse à l'Kglise et peu respeclu' use « pour le saint Père; car chercher, quoique « vainement, dans saint Augustin dos erreurs, « c'est chercher à décrier sa doctrine , et « s'opposer par conséquent dircclemenlà l'Eu glise,, qui déclare lu suivre ; c'est chercher m a montrer au monde comme ChfHU, veremla « pairis sut. » Il ajoute ensuite .que mes idées en substance réduisent à néant l'autorité du saint docteur. Mais je réplique, que tons les théologiens disent t que les l'ères, pris isolement, ont erré en qu lque chose qui plus, qui moins, cl ils le disent en particulier de sainl Augustin ; ils seront donc tous coupables de décrier la doctrine des Pores, et de s'opposer ilireclemont a l'Eglise? ICI pour parler en particulier de et dernier , si sainl Jérôme vivait de nos jours , que dirail-il de M. Guadagnini, qui semble vouloir faire passer pour des oracles infaillibles toutes les paroles de saint Augusl n? M. notre .i i liiprelre n'a-l-il p; s lu une certaine lellre de sainl Jérôme, qui est iuiprimue parmi
Celtei de sainl Au.'iis in V Bpilt. LXXll, in edit. Mini., ni. xn l)an- cette lettre le célèbre docteur dit qui n a pas voulu réuoilunc auln le sali ' Augustin, .- e i iderer atiqua tu reprenendenlis epislola nprr' (1ère : pi << " ■ ■ un . i - quœd'im in illa ha jnit.iiunn [Ibiil.. cap i, n 1 \ ajouti suite, en parlant d'une manière partit ulièrc de l'explication de certain;! textes saci • s f 1 1 1 ■ ■ bar -uni Augustin: Miraris, si in tuis librit, et maxtme in Srripturnm exposition*, qu obsrut is.-imir sntti . quœdont n rectilinea dit-
crepnre videaulnr Quos [continente
m p - i vellem discutere, non dicant a
me //ni nihil suw . sed a reterum Oracorum donrein interprilutioitibus dix repaie [Ibid., cap. m, n. '.'>). Da s une autre lettre, saint Jérôme parle ainsi en général des œuvre sainl Augustin : l-'n^ituu non intelligeremys quiit diceres : [r< ,uenter enitn in Iuhiju fit m • prolractus caret intelligentia , et du i sentit ur , nb imperitis minus reprehenditii, [Epiât, inter Augustinianat , i.xxii, m edit. Maur., ul. xiv . Je pourrais placer sous les jeux de mon adversaire bien d'autres choses pour redresser ses i lées, et corriger bien des expressions imprudentes cl exagérées ; mais la prudence du médecin consiste a ne pas donner une dose trop forte dans certaines médecines, de peur de mettre lés mauvaises humeurs dans une trop grande incandescence.