‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 22 sur 255 · Mais, s'écrie notre arehi c'est · texte numérisé non relu

Mais, s'écrie notre arehi c'est

chccberà montrer au monde, comme Chain, vrrenda pairis sui. Eh ! qu'il nie digrâco , à quel monde? Aucun homme i . savant et dépourvu de préjuge, ne se scandali.se dé voir dans quelques Pères quelque faiblesse, cl même cjuelque erreur de nusonneineiit ou d'inler, rotation. On sait qu'ei rer e-i le triste apanage de noire miséi humanité ; ei M. Guadagnini nous en l urnit liès-souveni une preuve palpable. Il n'y a que le monde des jansénistes, qui i des cris jusqu'. m çiëux, et qui dise que l'on Cherché, c nie t'.b im, à montre: rendu bùtri» sut. quand on découvre quelque erreur dans les (ouvres de sainl Augustin.

liO. Mais je proteste devant le inonde entier de l'avoir fait arec répugnance et à conlre-csrur,el dans mon livre sur t'Elut de* <nfants. el dans c et ouvrage. Toutefois j'y ai été contraint p.ir la nécessité de défendre la saine doctrine contre l'obstination inflexible des ennemis de celle même doctrine. Tout le momie ne sait que trop, que les jansénistes (lèvent jusqu'aux nues, el hors des jus' limites, l'autorité du saisi duciur, pour an luire ensuite l'abus le plus criant, cl en couvrir, comme d'un bouclier im; trahie, l'impiété dos maxim-s hérétiques, dont ils Infestent le christianisme , «t r leurs livrer scandaleux el ; ci vers L'Eglise catholique notre sainte ',! re, pleure amèrement sur L'aveuglement de ses tils ,. cgi non sur la persécution qu'elle soulln I > 1 1 li plusieurs lois lu >oix par la bouche du pou-

ECONOMIE DE LA FOI CHRETIENNE

tife de Rome, et par l'organe de l'enseignement public et universel du corps des pasteurs contre les nouveautés profanes de Baïus, de Jansénius, de Quesnel ; et jamais elle n'a pu obtenir obéissance et docilité de leurs défenseurs et île leurs adhérents. Sous le ridicule prétexte, mille fois évidemment invaincu de fausseté, que la doctrine de saint Augustin est attaquée par les bulles récentes des pontifes de Rome, et surtout par la bulle Unigenitm , ces fils rebelles, par leurs discours et par leurs livres, font une guerre implacable à ces bulles, et enseignent à de pauvres chrétiens à ne pas écouter ia voix de l'Eglise, pour suivre les sentiments et le libre examen des luthériens , sous l'apparence de s'en tenir à la doctrine de saint Augustin. C'est là, nous le disons en toute liberté , préférer l'autorité de ce saint docleur à l'autorité de la sainte Epouse de Jésus-Christ. L'Eglise qui a approuvé sur certains points la doctrine de ce Père, n'est-elle pas aussi la même Eglise qui a condamné les doctrines et les livres de Jansénius et de Quesnel? Pourquoi donc écoutera-t-on sa voix quand elle approuve , et ne l'écoutera-t-on pas quand elle condamne ? Pourquoi donc avoir la témérité de dire et d'imprimer publiquement avec M. Pierre Tambuiïni, que le livre de Jansénius ne contient que lu pure doctrine d'Augustin, et que la doctrine de ce livre est catholique et très-catholique (Lettre I' d'un théol og . de Plaisance). Pourquoi traduit-on et imprime-t-on tant de livres remplis des maximes jansénistes, au moyen desquels le démon étend son empire ci peuple l'enfer d'âmes chrétiennes ? C'est une maxime publiquement enseignée par les partisans de Jansénius, et mise par eux continuellement en pratique, que quand ou trouve une doctrine clairement appuyée sur saint Augustin, Ufl peut l'i-mora scr et l'enseigner absolument, sans avoir égard à aucune bulle des souverains pontifes : Ubi tjufi incetierit doci'inam in Augustino clore fundatam, illan absolute polest tentre, et docere, non r< ■ s pici end o ad iillam ponlificiam bullam 11). Voilà comment les jansénistes préfèrent l'autorité de saint Augustin à l'autorité de l'Eglise ; puisque les paroles non respiaendo ad ullam pontificiam bullam comprennent aussi les bulles dogmatiques confirmées par l'enseignement public et universel du corps des pasteurs ; et voilà pourquoi ces novateurs insistent tant sur l'autorité de ce saint Père, et qu'ils en font, pour ainsi dire, une idole qu'ils adorent aveuglément. Qui pourrait redire les dégâts épouvantables que ces renards ont ainsi causés à la vigne du Seigneur? Qui pourrait voir sans répandre des larmes l'ivraie qu'ils ont jetée et fait croilre dans le champ du bon père de famille ? Qu'on jette un coup d'oeil rapide .sur les nouveautés pernicieuses en matière de dogmes et de discipline, qui affligent l'Eglise dans ces temps si calamiteux, et l'on ne lardera pas à comprendre combien doit être mauvais un arbre qui porte deà fruits il vénéneux. Il avait été

(1) Proposition condamnée par Alexandre VIII, 7

cent fois prédil que le fléau des erreurs du jour tendait non-seulement à corrompre la religion, et à avilir le sacerdoce, mais encore à affaiblir le pouvoir civil, et à renverser les empires. Hélas ! que la prédicliouJ.. Mais détournons vite nos regards d'un tableau si triste, et conjurons la divine Providence d'avoir compassion de son peuple ; prions le Seigneur de nous châtier en tendre père, puisque nous sommes coupables, mais de ne pas nous frapper avec la verge de sa fureur et de son indignation.

1kl. Quoiqu'il soit très-pénible pour moi et pour tout théologien respectueusement soumis à l'Eglise, de parler comme nous avons fait, et de montrer au monde (nous employons les expressions de M Guadagnini, quoique peu justes et peu mesurées) verenda patris nostri; toutefois nous sommes réduits à celte dure nécessité, afin de prévenir les maux immenses que les complots et la cabale de nos adversaires ne cessent de produire. Un chrétien doit avoir plus à cœur la pureté de la doctrine de l'Eglise, et l'efficacité de sa parole, que l'exagération de l'autorité de saint Augaslin. El que les lecteurs me disent, si la nécessité dont je parle n'est pas réelle cl pressante. Dans mon livre de l'Etat des enfants, précisément pour donner une idée juste de l'autorité du saint docteur et lui assigner l;s bornes convenables, je jugeai à propos de soumettre à M. Guadagnini trois cas dont il a été question ci-dessus (n. 133) el de l'inviter à me dire s'il admettait ces trois preuves el explications données par ce Père sur quelques texîes sacrés. Or, que répond-il dans son livre contre mes Faits dogmatiques? Il répond que dans tous la trois j'ai évidemment tort de reprendre saint Augustin. Et pas autre chose? Pas autre chose au moins qui ait rapport à la question. Il ajoute bien que je réduis au fond l'autorité du saint docteur à rien ; que je mets le comble à ta témérité; que je me montre injurieux envers l'Eglise, pe i respectueux pour le saint Père, etc. Mais ce sont là dis compliments, et non des preuves de mon tort évident. 11 fallait dire quelque chose pour faire voir que ces interprétations et ces preuves de saint Augustin sont justes, pressantes, bien adaptées au sujet; il fallait faire voir que je n'ai pas bien saisi le vrai sens du saint docleur, etc. Mais M. l'archiprétie ne dit pas un mot de cela. Oh! qu'il est heureux ce bon M. Guadagnini, de remporter des victoires à si bon compte 1 Puisqu'il ne répond pas directement un seul mot snr les trois cas par im> | -reposés, j'ai donc le droit de croire qu'il ne trouve rien pour justifier ces preuves el ces interprétations. Il voit donc, et il est intimement persuade que pour ce qui regarde la règle, qui consiste à distinguer les dogmes des preuves el des explications, j'ai eu pleinement raison de l'appliquer même à saint Augustin, el encore dans les inaltérés traitées contre les pdagieus. Maigre cela il persévère a vie 'ace obstination étonnante à s'agiter «I ifM lo lis les sens, comme un serpent blesse,

ic? ibre )<>90

155 DEMONSTRATION EVANGELIQUE. BOLGEK!

pour ne pas admettre relu- distinction ; il me dénonce aux tribunaux de l'Eglise, cl déclare que je suis un partisan dea pélagiens et des semi -pélagiens. Je suis donc forcé de revenir sur relie règle el sur son application, et de prouver l'une et l'autre par de nouveaux documents avec la réserve toutefois d'être bref sur une matière où je pourrais beaucoup m'clendre. Si cela ne suffit point pour fermer la bouche à mon adversaire, il pourra du moins suffire pour instruire les étudiants, afin qu'ils ne se laissent pas séduire par ses doctrines dangereuses el perfides; et si mon procédé semble à M. Guadagnini une imitation de Cham qui montre verenda putris sut, ses lecteurs discrets et prudents n hésiteront pas un instant à faire retomber sur mon antagoniste la faule d'un tel péc hé.

142. Il faut néanmoins rendre justice à AI. notre archiprétre, et avouer que, s'il n'a pas répondu aux trois cas que je lui ai proposés dans VEtal des enfants, il a lenlé au moins d'y répondre ainsi à la dérobée. 11 s'exprime donc de la sorte dans le passage précité (n. 133) : « Le premier de ces trois

t3fi

« cas ne regarde en rien les matières de la «grâce: les autres deux ne les regardent « qu'indirectement : car le premier concerne « la primauté de saint Pierre ; el les autres « deux, l'interprétation de quelques textes « sacrés. » Quant au premier cas nous sommes d'accord; il n'appartient pas à la matière de la grâce. Mon but étail de faire voir en général qu'il fauldislinguerdanssaint Augustin les dogmes proposés des explications et des preuves, el cela dans une matière quelconque; et c'esl pour cela cjue j'ai cité un cas qui ne regarde point les madères de la grâce, l'our montrer ensuite que la règle a lieu, même dans ces matières, j'ai cité les deux autres cas. Alais ceux-ci, dit AI. Guadagnini, ne regardent un semblable sujet qu'indirectement ; et par là il a voulu dire que les deux cas que je propose n'atteignent pas le but que je m'étais proposé. Mais pourquoi, je le demande, n'apparliennent-ils qu'indirectement à ces. matières ? Parce que, répond AI. Glladagnini, ils concernent l'interprétation de certains passages de l'Ecriture. Voyez, lecteurs, quelle justesse de raisonnement! L'interprétation de ces textes sacrés n'est- elle pas failedirectemenl parsainl Augustin pour prouver deux dogmes contre les pélagiens, c'est-à-dire la nécessité de la foi pour les bonnes œuvres, et celle du baplême pour le salut éternel des enfants ? Donc elles appartiennent d'une manière très-direcle aux matières traitées contre les pélagiens, dans lesquelles la doctrine de ce Père est approuvée par l'Eglise. Ces interprétations, il est vrai, des passages de l'Ecriture ne sont pas des dogmes, mais des preuves; mais c'est là précisément co que je voulais montrer, c'est-àdire que l'on doit distinguer, même dans saint Augustin, et même dans les matières traitées contre les pélagiens, les dogmes des preuves; que l'approbation de l'Eglise tombe sur ceux-oi et non sur celles-là; que ceux-ci, nous sommes obliges de les admettre et de

les professer, el que celles-là, nnus pouvons ne pas les approuver et les rejeter. Je

suis très-obligé a M. Guadagnini Je ce que, en voulant me réfuter, il continue admirablement la règle que j'ai proposée. H est vrai qu>' quelquefois il restreint l'approbation de l'Eglise aux seules matières de la grâce; cl quelquefois il l'étend a toutes les matières traitées par le saint docteur contre les pélagiens el lessemi-pélagiens: le plus souvenl il en parle aveede telles expressions qu'il semble vouloir la rendre universelle. Mais ces petites contradictions ne doivent pas nous arrêter. Dans les livresdes défenseurs de Jansénius et de (Juesnel, elles se rencontrent si souvent, qu'il faudrait suspendre sa marche à chaque pas pour les relever el les réfuter. Ce serait une fatigue qui causerait bien de l'ennui et qui serait inutile. Enfin nous devons avoir coin passion de relui qui ne sait ni ne peut se tirer d'embarras d'une aulre manière.

1 »3. Je ne dois pas non plus passer sous silence une petite supercherie de M. notre archiprétre, me concernant. Dans les propositions vi et vu, parmi celles qu'il a dénoncées aux tribunaux de l'Eglise, il -'exprimeainsi : «Censure. Ces propositions, en ta ni qu'elles ex- « cluent de l'approbation de l'Eglise les preu- « tes, les explications el l'indication des dog- « mes, qui noussonldounés par saint Augustin « dans ses oeuvres contre les pélagiens, rendent « ridicule une approbation si magnifique, si « solennelle, elc. » Ces mois l'indication des dogmes, je ne m'en suis jamais servi, pas même une seule fois; et je ne pouvais m'en servir sans tomber dans une grave erreur et sans me contredire, puisque j'ai prolesté de la manière la plus claire et la plus franche, que les dogmes indiques cl soulenus par saint Augustin sont approuvés par la sainte Eglise. Alalgré cela, parmi les preuves et les explications, expressions qui m'appartiennent, AI. Guadagnini ajoute encore sourdement et avec adresse l'indication des dogmes, et il l'inscrit en lettres italiques, pour faire croire que ces paroles sont empruntées à mon ouvrage. En somme, AI. l'archiprêtre de Ci vitale di Valcamonica a caché son bien dans ma maison, et il s'est présente devant les tribunaux pour m'y dénoncer comme voleur. 11 a joué aussi le même tour peu courtois à AI. Collini, comme nous verrons dans la suite.

ikk. Encore une petite observation , une troisième chose digne de censure remarquée par AI. Guadagnini dans mes deux propositions précitées, c'est que « celles-ci excluent « des dogmes qu'il faut croire toutes les dé- « finitions postérieures des conciles œcumé- « niques de Lyon, de Florence el de Trente, « louchant le péché originel el ses suites, et « sont par conséquent au moins suspectes « d'hérésies. » Sans doule il veul parler ici de l'opinion qui condamne les enfants morts sans baplême à souffrir dans l'enfer la peine du feu. On sait que AI. Guadagnini nous a débité cette opinion comme un dogme défini par les conciles œcuméniques donl je viens de parler. Dans mou livre de l'Etat des enfants , j'ai démontre que la décision de ces

ECONOMIE DE LA FOI CHRETIENlNE.

conciles ne tombe pas sur ce point. M. Guadagnini n'a rien pu répondre à mes raisons, et il continue néanmoins avec la plus grande opiniâtreté à vouloir nous donner son opinion comme un dogme de foi. Dans mon livre déjà cité j'ai fait voir que tous les philosophes incrédules se servent de cette opinion comme d'un prétexte pour insulter au christianisme et blasphémer la justice de Dieu. Or, je ne puis comprendre pourquoi certaines personnes s'obstinent à soutenir celte opinion, contre le sentiment presque général des théologiens clairement exprimé depuis les cinq derniers siècles, et qui ont à leur tête les savants docteurs saint Thomas et saint Bonaventure.

Elles prétendent suivre en cela l'autorité de saint Augustin. Mais l'autorité de ce saint docteur, dans une matière qui certainement n'est pas de foi, leur tiendrait donc plus à cœur que les intérêts de notre sainte religion.

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