‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 4 sur 255 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

Qu'est-ce que la foi chrétienne?

1. Tout le monde entend par foi l'assentiment accordé par l'esprit de l'homme à quelque proposition. 11 faut distinguer la matière ou l'objet auquel cet assentiment est donné, et la raison, ou le motif qui le fait donner. Dans la foi , le motif doit toujours être l'aulorilé de celui qui propose l'objet : ce qui fait différer la foi de la science et de l'opinion. La science ou métaphysique ou physique est un assentiment donné pour des raisons évidentes , qui démontrent la vérité de l'objet. Si les raisons ne sont pas évidentes , on dit seulement qu'on a une opinion plus ou moins probable de l'objet. Le témoignage lui-même de nos sens nous fait arriver a la connaissance plus ou moins certaine des choses ; et cetle connaissance appartient aussi elle-même à la science ou à l'opinion, selon les degrés de l'évidence et de la certitude physique.

2. On entend par foi chrétienne l'assentiment qui a pour motif la révélation divine. Un acte de foi doit nécessairement se traduire de la sorte : Je crois telle et telle chose, parce que Dieu l'a révélée. Supprimez ce parce que, cl il n'est plus possible de faire un acte de foi chrétienne. D'où l'on voit que toutes les vérités révélées de Dieu sont l'objet de

DÉMONST. ÉVANGÉL1QUE. XVIII.

celle foi, et qu'ensuite le motif unique, c'est la révélation ou la parole de Dieu. C'est pourquoi saint Paul conclut que la foi dépend de l'ouïe, qui sert à nous faire connaître, ordinairement parlant, la parole de Dieu : Et go fides ex auditu, auditus autem per verbum Christi (Rom. x, 17). On voit encore que la foi honore Dieu, en reconnaissant sa sagesse , qui ne peut se tromper , et sa véracité, qui ne peut mentir.

3. Les choses révélées de Dieu, qui constituent l'objet de la foi chrétienne, peuvent se diviser en faits et en doctrines : tous les livres de la sainte Ecriture et les traditions ne contiennent pas autre chose. Or, les doctrines elles-mêmesdans la foi chrétienne sont regardées comme des faits ; puisque on ne les croit qu'autant qu'elles sont révélées de Dieu, et non comme pouvant élre connues et tenues pour certaines , par le témoignage de nos sens ou par les raisonnements de notre espril. La révélation a pour but de nous donner la connaissance historique de Dieu, de ses attributs, de ses œuvres , et de nous instruire de nos devoirs , et non de nous en donner une démonstration intrinsèque et uno discussion raisonnée. C'est une doctrine révélée de Dieu , que je dois aimer mon prochain. Si je crois celte vérité à cause de la persuasion que fait naitre en moi la force du raisonnement, je ne ferai pas un acte de foi. Pour faire cet acte, je dois croire celle doctrine à cause do l'autorité de Dieu qui l'a

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révélée) sans avoir besoin de diieoier t\ d'examiner le fond de cciic m m doctrine, j > « 1 1 1 s ce i6ii . la foi e->i appelée par saint Paul, un assentiment donné aux choses qui ne sont point comprises : Est autem ftdcs.... argumentutn non apparentium (Hebr. m. H, en tant que l'intelligence i Irinsèqne <le la venlé des choses n'es! pas le rnolif qui nous faii croire . ni l'obscurité intrinsèque da m i mêmes choses, un motif qui doive nous empêcher de les croire. Donc dans la lu la doctrine révélée est considérée historiquement, cl regardée, pour ainsi dire, comme un fait. La majeure partie du peuple n'est pas capable de s'assurer par des raisons intrinsèques, si telle doctrine est vraie : elle n'a pour cela d'aulre moyen que le témoignage d'aulrui. Or, la révélation est un témoignage que Dieu lui-même rend à la vériic des doctrines révélées.

k. La révélation divine est aussi elle-même un fait. Si Dieu a dit ou fait telle ou telle autre chose, qu'est-ce que cela, si ce n'est un véritable fait? 11 faut commencer par être entièrement certain de ce fait, avant de pouvoir faire un acte de foi. Comment pourrai-je croire fermement , p >r exemple, que Jésus- Christ de mort qu'il était est redevenu vivant, si je ne suis parfaitement assuré de la révélation divine sur ce point? Or , les faits ne sont pas susceptibles d autre certitude que de la certitude morale , pour ceux qui ne sont pas témoins de ces mêmes faits : quant à ceux qui s'y trouvent présents, ils peuvent en éire physiquement sûrs par le témoignage des sens. Tout cela sert à faire comprendre

que, dans la foi chrétienne , le point unique par tous. Cet assentiment est de s'assurer par une véritable certitude donné , on croyait ensuite fe

DEMONSTRATION EVANGELIQUE. HOLCFM «

grand nombre de miracles éclatants, publics, qu'il lii dam une grande eilé, et . a présence d n peuple très-nombreux. Il dit souwnt qu'il était le I ils de Dieu venu au inonde, pour enseigner aux hommes les rériléa né

nés et importante! à leur salut éternel : et il confirmait ses paroles par dis n c'est-à-dire par un langage intelligible aux nommes les plus borne i l les plus d'entre le peuple, et qui porliit d.:.

de tous la force d'une conviction intime 1). « Mailre , lui dirent un jour les envoyés des princes des prêtres et d -s scribe* , nous - i vons que vous ne laites acception de sonne, et que vous enseignez la voie de Dieu en toute vérité. Va ister, tcimut , quia recte dicis et duces, non accipis persunam ,

iam Du tn veritate doce» (Luc. xx, 21 . C'étaient les miracles qui avaient enlieremen convaincu le pharisien Nicodème que la doctrine enseignée par Jésus-Chnsi était divine : Rnbbi, scimus quia a Deo renisli nw> gister : nemo enitn potest hœc signa [■ quœhi facis, nisi fwrit Dtus cum eo Joan. m, 2). lit en effet, plusieurs embrassaient la doctrine de Jésus-Christ el devenaient ses disciples en voyant les miracles qu'il opérait. Multi erediderunt in nomme ejus tidentes siqna ejus, quœ fnciebat (Joan. il, 23). Les miracles les convainquaient de la mission divine du Sauveur : Scmusquia a Deo tenisti, magister. Etat Deuscum eo. Ce n'était pas un acte de foi chrétienne, mais un assentiment naturel né de la certitude physique des miracles, que l'on voyait, et d'un raisonnement évident et très-coin aincant, qui était Lit

préalablement rmement à la

physique ou morale , du fait de la révélation divine; une fois cela fait, toute question est tranchée , toute dispute finie , el alors commence l'obligation de croire les objets de notre foi, sans autre examen et discussion. Or, voyons maintenant comment nous pouvons nous assurer de la révélation divine.

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