‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 5 sur 255 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Du (ait de la révélation.

5. Une révélation, qui devait se transmettre de siècle en siècle, devait nécessairement porter avec elle tous les caractères de l'évidence et de la certitude physique, et être présentée , entourée de preuves incontestables , à ceux à qui elle était faite ; dans la suite, à la certitude physique devait succéder la morale, et êlre ainsi continuée jusqu'à la consommation des siècles par le moyen d'une chaîne non interrompue de témoignages très-dignes de foi sous tous les rapports. En effet, Jésus-Christ, qui vient porter au monde la lumière de sa doctrine, la confirma par un

(I) En effet, pour convaincre les J.tiTs de la mission divine qu'il a reçue de son Père, Jéstis-Christ en appelle à ses œuvres miraculeuses, comme à un ti moighage incontestable. < E|o ameiu habeo testimonium inajus Joanne. Opéra enim, qiME de lil milii Pater, Ht perficiam ea, ipsa opéra, qoaeegofacio, testimonise» perhibent de me, quia Pater misil me {Joan. v, 50). > Les Juifs sonl inexcusables de n'avoir pas cru

doctrine que Jésus-Christ enseignait; et ci lie croyance reposait sur lu parole et l'autorité de Jésus-Christ Jui-meaie : c'était l'acle de foi chrétienne.

G. Quand Noire-Seigneur fut monté au ciel, il a dû exister dans la suite des siècles un moyen pour s'assurer d'une manière infaillible de la révélation divine. Or, la révélation élanl un fail , l'uuiquc moyen pour connaître les faits , quand ils ne se passent pas en notre présence , c'est le témoigna.' des hommes. La raison humaine n'a autre chose à faite qu'à examiner les qualités des témoins, qui attestent un fait, s'ils sont ou ne sonl pas dignes de foi dans leurs témoignages , s'ils uni quelque intérêt à mentir ; s'ils peuvent avoir été lrom| es eux-mêmes; s'ils attestent des choses qui rej lignent intrinsèquement, et qui sonl impossibles, etc. Ces précautions prises . tous les raisonnements du monde ne servent ni à prouver, i:i à nier un l'ait. On s'écarte entièrement de la voie droite, lorsque, à la réalité des faits on

aux paroles du Sauveur, parce qu'ils ont été témoins des miracles qu il a opères, pour confirmer la vérité de sa doctrine : « Si non venlsseo), cl loculus fuissent ei~, p cestum non habefent : nom autem eicu-

salionem non lialienl de pecoato sno... Si opéra 001 im in eis, quat aenao alius foeit, peccataai nos bail iciii : mine auieui et vidèrent, ei oderunt et me, el i'alrem ueum (Joan. xv, ii, i*).»

ECONOMIE DE LA FOI CHRETIENNE

oppose la subtilité de nos vaines spéculations. Ou' pourra jamais me prouver, ou me nier, en suivant celte méthode, qu'il a exislc sous le titre d'empereur, de roi, un Auguste, un Néron, un Charlemagne, etc.? En employant cette même méthode de raisonnements, qui pourra jamais démontrer que Jésus-Christ est né dans la Judée ; qu'il est mort et qu'il est ressuscité; qu'il a fait des miracles, qu'il a dit telle ou telle chose? Tout ce que le Sauveur a opéré et enseigné, étant tout simplement un fait, ne peut donc être connu que par le moyen des témoins, qui ont vu eux-mêmes de leurs propres yeux les actions, et entendu de leurs propres oreilles les enseignements du Sauveur, et en ont transmis à leurs descendants le témoignage de vive voix et par écrit.

7. En effet, Notre-Seigneur Jésus-Christ, voulant que sa doctrine enseignée de vive voix et par l'exemple, et confirmée par des miracles, fût propagée dans le monde entier, et perpétuellement conscrvéedans son Eglise, se choisit pour cela quelques disciples, non comme philosophes et discoureurs, mais comme témoins, auxquels il accorda le pouvoir d'appuyer leurs témoignages par le langage si efficace des miracles. « Je suis venu auprès de vous, dit l'apôtre saint Paul aux habitants de Corinthe , non pour vous instruire par des raisonnements subtils et des discussions philosophiques, mais pour vous prêcher Jésus-Christ cruciûé, et vous rendre témoignage de ses œuvres et de ses paroles, vous donnant pour garant de la véracité de mes discours le pouvoir surhumain d'opérer des prodiges. » Et ego cum venissem ad vos, fratres , veni non in sublimitate sermonis, aut sapienliœ, annuntians vobis teslimonium Christi. Non enim judicuvi me scire aliquid inter vos , nisi Jesum Chrislum, et hune crucifixum... et sermo meus, et prœdicalio meanon in persuasibilibus humanœ sapientiœ verbis, sed in ostensione spiritus, et virtutis : ut fides vestra non sit in sapientia hominum, sed in virtutc Dei {1 Cor. n, 1 sqq.). Jésus- Christ donne souvent à ses apôtres le nom de témoins (1). Les apôtres eux-mêmes, envoyés par notre divin Sauveur pour annoncer son Evangile à toutes les nations , ne se dirent que les témoins de tout ce qui avait été fait et enseigné par leur divin Maître ; et ils appelèrent leur prédication un témoignage.

(i) < Vos aulem testes estis horum {Luc. xxrv,48). Eritis mihi testes in Jérusalem, et in omni Judœa, et Samaria , et usque in ullimum lerrœ (Act. i, 8). Trahent enim vos in conciliis, et in synagogis vapulabitis, et ante prœsides, et reges stabilis propler me in lestimonium illis {Marc xm, 9). Cum autera ve-

neril Paraclitus ille lestimonium perlnbebit de

me, et vos testimonium perhibebitis, quia ab initio mecum estis {Joan. xv, 26, 27). »

(2) < Quod luit ab initio, quod audivimus,quodvidimus oculis nostris, quod perspeximus, et manus nostrœ contrectaverunt de Verbo vilx, et vita manitest;<ta est, et vidimus , et lestaiiiur, et annuutiamus vobis vilain alternant , quœ erat apud l'alrem , et apparuit nobis : quod vidimus et audivimus, annuutiamus vobis, utelvossocietatem habealisnobiscuni, et societas nostra sit cum Paire, cl cum Filio ejus

« Ce que nous avons entendu de nos propres oreilles , ce que nous avons vu de nos propres yeux , ce que nous avons touché de nos mains, dit l'apôtre saint Jean, tout cela, nous e manisfestons , nous l'attestons au monde entier , aGn que tous s'unissent avec nous dans une même foi , et que par le moyen de cette foi, ils participent aux grâces de Dieu le Père, et de son Fils Jésus-Christ (2). » Les apôtres eux-mêmes , et cette foule innombrable de leurs disciples immédiats et médiats, qui dans la suite des siècles répandirent leur sang, donnèrent leur vie pour Jésus-Christ, sont appelés martyrs, c'est-à-dire témoins de la religion qu'ils professaient; puisqu'ils sont morts en rendant témoignage à la vérité des faits qui prouvent invinciblement la religion chrétienne. Et c'est là la différence essentielle et très-remarquable, qui existe entre nos martyrs et ceux que des religions fausses se vantent de faire passer pour tels. Ces derniers ont donné leur vie pour quelques dogmes de spéculation qu'ils soutenaient, et auxquels ils étaient très-attachés ; mais leur mort, que prouve-t-elle ? Elle prouve que'ces malheureux étaient trèsconvaincus de la vérité de ces dogmes : mais un dogme de spéculation ne se prouve pas très-bien par la persuasion d'autrui ; et il reste toujours à savoir pour quelles raisons cette persuasion s'est formée. Au contraire, les martyrs chrétiens, en donnant leur vie pour attester la vérité de la doctrine de Jésus-Christ qu'ils croyaient d'une foi inébranlable, attestaient en même temps une série de faits incontestables et miraculeux , qui prouvaient évidemment la révélation divine. Ils étaient donc eux, et eux seuls, de véritables martyrs.

8. Ensuite , pour propager successivement et pi.'ur conserver sa doctrine, notre divin Sauveur établit dans son Eglise l'épiscopat et le conféra à tout le corps de ses apôtres , avec ordre d'enseigner à toutes les nations les mêmes choses qu'il leur avait enseignées , leur promettant son assistance, afin qu'ils ne pussent jamais errer dans cet enseignement : Euntes docete omnes gentes... doenntes eos servare omnia quœcumque mandavi vobis : et ecce ego vobiscum sut» omnibus diebus usque ad consummalionem sœculi {Matth. xxviu, 19, 20). Cet ordre et celte promesse regardaient non-seulement les apô-

Jesu Christo.... Et hœc est annunliatio, quarn audivimus ab eo, et annuntiamus vobis, etc. (/ Joan. v, 2 sqq.). Virilité magna reddebani Aposloli testimonium resuriectionU J.'su Christi Domini nostri {Act. iv, 33). Signilieavit (Deus).... servo suo Joanni, qui testimonium perhibuil Verbo Dei, et lestimonium Jesu Christi quaïcumque vidit {Apocal., I, 2). Hune Jesum resuscilavit Deus, cujus nos omnes lestes sumus, t dit saint Pierre aux Juifs {Act. n 32). « Et nos testes sumus omnium, quœ fecit (Jesiis) in regione Judœorum, et Jérusalem, quem occideruni suspendentes in ligno. Huuc Deus suscitavit tertia die et dédit euin manifeslum lieri, non omni populo, sed leslibus prœordinaiis a Deo : nobis qui manducaviinus , et bibimus cum illo, postquaiu resurrexit a inorluis. * Ce sont les paroles de saini Pierre {Act. x, 3l> sqq.).

hl.MONSTliATION EYANGELIQUE. BOLGEM.

Ires , mais tout le corps des évoques qui devaient leur succéder dans le ministère apostolique : un commandement, une promette

qui l'étend à toutes les nations et à tous les temps ne pouvaient être restreints à la vie des apôtres qui moururent tous d.ins le premier siècle de L'Eglise. Cet! pourquoi les apôtres, aussitôt après l'Ascension du Sauveur, se choisirent à la place de Judas qui avait prévariqué, un collaborateur dans le ministère qui leur avait été confié par Jésus- Christ, c'est-à-dire un autre témoin, comme ils étaient eux-mêmes ; et ils le choisirent parmi ceux qui avaient vu avec eux les œuvres , et avaient entendu les enseignements

du divin Maître : Viri fratres oportet ex

his viris, qui nobiscutn sunt congregati in omni tempore, quointravit et exirit internas Dominus Jésus , incipiens a baptismo Joannis usque in dieni, qua assumptus est a nobis, testemresurrectionis ejus nobiscum fieriunum ex islis (Act. i, 21, 22). Ensuite les apôtres ordonnèrent successivement plusieurs évêques, leur communiquant le pouvoir et le dépôtdes doctrines qu'ils avaient eux-mêmes reçues de Jésus-Christ, et ils commandèrent à ces nouveaux évéques d'en ordonner d'autres bien instruits des doctrines du Sauveur, et capables d'en instruire à leur tour les autres qu'ils devaient laisser pour leurs successeurs (1).

9. Voilà incontestablement l'ordre de la succession de l'épiscopat, qui nous est présenté par les divines Ecritures et par les monuments les plus irrécusables de l'histoire ecclésiastique. Ainsi se forma une chaîne de témoins continuée depuis Jésus- Christ jusqu'à nous, et qui se continuera depuis nous jusqu'à la fin des siècles. Celle chaîne nous présente ses anneaux tellement liés entre eux, que l'un rentre toujours dans l'autre. Du temps des apôtres nous vovons déjà à l'orient, à l'occident, du midi au septentrion , surgir une multitude d'évêqu^s formés et instruits par les apôtres, placés pour gouverner et instruire de nombreuses sociétés de chrétiens. Pendant que les disciples immédiats des apôtres vivaient encore , on voit aussi paraître d'autres évéques en grand nombre, et se répandre dans le monde entier pour exercer le même ministère des apôtres cl prêcher la même doctrine. Ceux-ci s'éloignaient déjà des temps apostoliques, et ils n'étaient plus témoins oculaires des œuvres de Jésus-Christ, et ils n'avaient pas reçu sa doctrine immédiatement de lui-même ; mais ils attestaient néanmoins des faits, qu'ils avaient appris de la bouche des témoins oculaires , qui tenaient les choses de la bouche du Sauveur lui-même. Et pour donner à ces témoignages de deuxième et troisième degré, s'il m'est permis de me servir de ces expres-

(i) t Qua- au lisli a nie per mulios lestes, hoc comroenda ndelibus hominibus qui idonei erunl et alios docere (11 Ttm., u, 2). llujus rci gratia reliqni te Crelœ, ut ea quai désuni corrigas, et constituas per civiutes presbyleros, sicul et ego disposui libi (Tit., I, 5), i El le saint apôtre continue à instruire sou disciple des qualités que doit avoir un évéque ;

sions, une autorité irréfragable, Dieu opérait des prodiges publics et étonnante, par l'organe de cet témoins ; >t c'etl ainsi que fut propagée d'une manière surprenante la

doctrine de Je-us-Christ durant le cour* de plus de trois siècles : cesl pourquoi nous avons le droit de nous écrier avec le psal-

mitte : J t \ittnonm tua credi'oiliu farta .-itnt nimis [Psalm. xcn, '.'> . Et quoique dau-

siècles lubaéqnentt lea miracles n'aient i

été aussi nombreux, toutefois île n'ont jamais entièrement cessé dans aucun tempe, al ils ne manquent pas même de no- jours, pour

exciter et ranimer notre attention et notre foi. La même chose se répétant sans cesse de génération en génération, la chaîne des témoins arrive jusqu'à nous ; et nous qui naissons chrétiens, en remontant en arrière nous trouvons cette chaîne qui n'a jamais été interrompue , et nous arrivons jusqu'aux apôtres, témoins oculaires des miracles de Jcsus- Chrisi, qui avaient reçu la doctrine du Sauveur de sa propre bouche.

10. Il est très-imporlantde remarquer que Jésus-Christ n'a choisi pour témoins de ses œuvres et de sa doctrine, que les apôtres et tous ceux qui devaient leur succéder dans le caracière et le ministère apostolique, c'està-dire les seuls évéques. Que ceux <] u i veulent ranger parmi ces témoins les simples prêtres, fassent attention que Jésus-Christ, en donnant mission et en promettant son assistance pour instruire et baptiser toutes les nations , s'adressa aux seuls apôtres ; circonstance soigneusement observée dans le texte sacré, et relevée avec tant de force que l'on désigne même le lieu séparé dans lequel Jésus-Christ ordonna aux apôtres de se rendre à cet effet : Undecim autem dùeiputi abierunt in Galilœam in montent, ubi constituerai illis Jésus Et accedens Jésus lo-

cutus est eis dicens : Data est milti omnis poteslas in cœlo et in terra. Eûmes injo docete

omnes gentes , baptizantes eos : Et ecce

ego vobiscum sum omnibus diebus usque ad consummalionem sœculi [Matlli. xxvni, 16 sqq.). L'évangélisle Baint Marc relève aussi la circonstance des apôtics seuls présents à la mission reçue de Jésus-Christ : NoviuÙM rerumbentibus iilts undecim apparuit Jésus.... Et dixit eis : E unies in mundum unnnsum, pr<vdicate Evangelium omni creaturœ (Marc. xvi, 14, 15). La tradition de tous les siècles nous montre avec évidence que les évéques seuls ont été considérés par l'Eglise comme témoins authentiques de la doctrine de Jésus-Christ : saint Irenée, Tertullien et tous les Pères les plus anciens de lT.glise nous renvoient toujours aux évéques . successeurs des apôtres , pour discerner la véritable parole de Dieu des doctrines fausses et corrompues des hérétiques -2 . Dans les con-

« Oporiel enim episcopum sine crunioe esse.... amplecteniem eum,qui secondant docuinam est, Mile— Bermonem, ut potens ait exhorlari in doclrina sasta,

et eos, qui c mtradicont, arguere [lbid., 7, Di. > Ce

qu'il ta il aussi a l'égard de Timolbée dans ses lettres.

i Tradiiionein itaque aposlolorUB in loto

mundo inanifeslalnm in omni EcclesiJ ad-M respicere.

ECONOMIE DE LA FOI CHRETIENNE

ciles généraux de l'Eglise on ne regardait Gomme votes authentiques et décisifs que les votes des évéques ,dout le nombre seul faisait connaître ces mêmes conciles. On trouve généralement adopté dans tous les monuments ecclésiastiques , que dire trois cent dix-huit évéques, six cents évéques, etc., c'était la même chose que si l'on eût dit le concilede Nicée, leconcilede Chnlcédoine,c\c. Comment donc , contrairement au texle exprès de l'Evangile, au sentiment évident des Pères , à la tradition constante de l'Eglise, nos adversaires modernes ont-ils la prétention de faire intervenir dans celte affaire les simples prêtres , le clergé secondaire , et peut-être même le peuple? C'est pervertir évidemment l'ordre établi par Jésus-Christ ; c'est vouloir conférer aux brebis le rang et l'office de pasteurs ; c'est vouloir que les disciples deviennent les maîtres. Les jansénistes ont grand besoin de cette confusion de rôles pour défendre leur cause. Mais le besoin est-il par hasard une bonne raison , un argument suffisant pour prouver une proposition? Ne serait-il pas plus raisonnable d'abandonner un édifice , qui ne peut tenir debout, que supporté par des appuis si fragiles?

li. Ensuite, afin que le dépôt de sa doctrine se conservât toujours entier et sans altération , Jésus-Christ voulut que le corps des évéques et de tous ses prosélytes eût un

omnibus, qui vera velint videre : et habemus annumerare eos, qui ab aposlolis instituti sint episcopi in Ecclesiis et suecessores eorum usquead nos, qui nihil laie cognoverunt, neque docuerunt quale ab bis (hœreticis) deliratur. Etenim si recondita myslerîa seissent apostoli, quœ seorsum et latenter ab reliquis perfectos docebant bis vel maxime traderent ea, quibuseliam ipsas ecclesiascommitlebanl. Valde enim perfectos et irrépréhensibles in omnibus eos volebant esse , quos ei suecessores relinquebaiH , suum ipsorum locum magislerii tradenies (S. Iren. cont. haïr. lib. in cap. m n. 1, edit. Maur.). > On cite ici comme témoins de la tradition reçue des apôtres et de la doctrine qu'ils ont enseignée, les évéques seuls, auxquels avaient été conliés le gouvernement des Eglises et l'enseignement apostolique. Ce que confirme le même saint Père dans plusieurs autres passages. « Quid autem si neque apostoli quidem scripturas reliquissent nobis, nonne oportebat ordinetn sequi traditionis, quam tradiderunt iis quibus commiltenant ecelesias9 » (Ibid., cap. tv, n. 1.) Voilà de. nouveau les évéques et les évoques seuls. Et ailleurs le saint docteur linit par tirer cette conclusion, i Quapropter eis, qui in ecclesia sunt, presbyleris obaudire oporlet, bis qui successioneni hâtent ab aposlolis, sicul ostendimus, quicum episcopatus successione charisma veritatis certum, secundum placilinn Patris, acccperunl : reliquos veio, qui absislunla pnncipali successione. et quoeumque loco Golligunt, suspeclos habere; vel quasi hajreticos, et malae senienti.e ; vel quasi scindenles et elaios, si l>i placenles, aut rursus ut bypocritas, quaeslus gralia, et van;e glorire hoc opérâmes. Omnes autem lai dcciderunl a veriiale (Ibid., tib.iv, cap. xxvi, n. 2). » Tertullien aussi, pour convaincre les liéréliques de la fausseté de leur doctrine, les somme de produire la succession de leurs évéques , qui remonte jusqu'aux apôtres et prouve que leur doctrine a été reç.ie des évéques eux-mêmes par le moyen des évéques. ; Edant ergo origines ecclesiarum sunrum (hseretici), evolvanl ordincm episcoporum suorum,

chef véritablement revêtu d'un pouvoir qui lui fût propre, dans la personne de saint Pierre, auquel il conféra individuellement l'épiscopat dans toute sa plénitude, son universalité et sa souveraineté , lui ordonnant de paître les agneaux, les brebis et tout le troupeau (Joan. xxi, 16, 17), lui imposant l'obligation de confirmer ses frères dans la foi, et lui promettant aussi l'indéfectibilité de cette foi {Luc. xxn, 32). Le ministère de saint Pierre passe ensuite tout enlier à ceux qui lui succèdent dans le titre d'évêque de la sainte Eglise de Home, comme l'enseignent la foi et la tradition tout entière. Ainsi on a toujours dans le pontife romain le centre de l'unité dans la doclrine, dans la puissance de gouvernement, et dans la discipline, le maître de la vérité et le point fixe dans lequel toutes les Eglises et lous les chrétiens du monde doivent se concentrer pour n'être pas emportés comme de faibles enfants par lout vent de doctrine , et conduits dans les sentiers de l'erreur par la fourberie et la malice des hommes (1).

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