‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 43 sur 255 · DEMONSTRATION EVANCI I IQI E. MORRIS · texte numérisé non relu

DEMONSTRATION EVANCI I IQI E. MORRIS

I ls, il s'ensuit qu'aucune objection, tirée

d'une omission du genre de celle que vous

spécifiez, ne saurait être d'aucun punis (outre eux. Car, dans le cas où ils seraient sa révélation i nous ignorons complètement

quelles sont les choses particulières qui devraient ou ne devraient pas enlrer dans cette révélation, quel degré de clarté on devrait attendre dans la manifestation de ces choses; quelles difficultés devraient s'y trouver; les éclaircissements qu'ell- devrait fournir, et jusqu'à quel point le M*ns de celle révélation serait clair loul d'abord ou le deviendrait par des développements successifs, à l'aide de moyens subséquents. Nous avons une raison loule particulière de penser ainsi, nous qui crevons, l'un comme l'aulre, que le monde a été fait et est gouverné par Dieu, dont est émané ce que nous croyons respectivement être ses révélations. En effet, dans ce inonde que nous voyons autour de nous, il y a tout autant de difficultés que dans le système révélé que nous croyons sans le voir, quoique cependant, lorsque nous sommes une fois familiarisés avec elles, nous n'y faisons pins d'attention la plupart du temps (51). Or, nous espérons que dans ce inonde l'expérience doit éclaircir plus d'un genre de difficultés; espoir en partie réalisé, mais seulement en partie. Un grand nombre de graves difficullés paraissent s'attacher aux déclarations du Sape, par rapport à la meilleure règle de conduite dans celte portion de notre existence; ces difficultés, quoique insolubles et impossibles à faire disparaître,semblent entièrement contrebalancées par les raisons qui se trouvent du côté opposé. En effet, les hommes sont laissés dans une bien plus grande incertitude, relativement à leur règle de conduite (52), que ne le sont les brutes, et ne doivent arriver que par degrés à ce discernement (53) qui paraît exister dès le principe chez les animaux sans raison. Or, s'il en est ainsi dans les connaissances naturelles, il en peut èlre de même à l'égard de nos connaissances spirituelles. Les moyens par lesquels celui qui est la source de loule connaissance nous conduit aUx unes et aux autres ont beaucoup de trails de ressemblance. Ouc l'envoi ou le nonenvoi d'une âme raisonnable dans un état de probalion dépende en bien des cas, et peulêlre même la plupart du temps, uniquement de la concupiscence; que l'usage et la jouissance de ses plus nobles facultés soil souvent enlevé à l'homme par la morsure d'un animal même sauvage et enragé, ce sont des faits qui, a priori, seraient tout à fait incroyables. On pourrait ici rassembler tant de choses de ce genre, qu'on esprit incrédule se sentirait porté à croire que le monde est gouverné d'après les principes les plus arbitraires d'un despotisme aveugle, quand on vient à faire disparaître de devant ses yeux los autres choses qui prouvent le contraire'. D'où il résulte évidemment que c'est tout à J.nl à lort qu'on reprocherait à une révélalion de ne pas s inquiéter si nous sommes sûrement ou non envoyés dans un élat futur,

puisque, d'après loul ce que nous roj

C'est un pur effet du Ij . v n rJ si nous sommes même app les à l'existence, quand surloul,

dans cet état d'existence, I expérience ne

nous fournil que d'obscures insinuations sur h manière dont nous de*ons .iLiir dans un grand nombre de cas d'immense importance pour nous; et qu'après lout l'homme | cul être privé, par aussi peu de chose qu'un animal sans raison, du seul et unique guide qui lui est donné au milieu de tant de difficultés, guide qui souvent ne lui parait être dam une utilité, surtout s'il se permet de M moquer de choses qui peuvent être importantes.

Ainsi donc, les moyens par lesquels le Seigneur du monde nous conduit a la connaissance des choses ordinaires, où les intérêts de ce monde, qui ne sont, en comparaison des intérêts spirituels, d'aucune importance, se trouvent en jeu, ne paraissent pas du tout devoir nous autoriser à rechercher des lumières plus abondantes là où les intérêts infiniment plus graves et plus précieu\ du monde à venir, intérêts qui sont beaucoup plus de nature à nous réveiller et à nous r udre attentifs à la plus faible lumière, se trouvent mis en jeu. Il est certain, en particulier, que ceux qui font peu de cas de I expérience des autres se jettent dans des difficultés et des malheurs que l'attention qu'ils y pourraient faire dans la suite ne parviendra jamais à faire entièrement disparaître. Il n'est pas invraisemblable, peut-être , que, ce monde n'étant qu'un lieu d'épreuve et de probatiun, ces difficultés aient été semées à dessein sur la route de toute vraie connaissance louchant la conduite à tenir, tant par rapport au monde présent qu'au monde futur, alin que les gens soigneux et attentifs fussent récompensés. D'où il faut conclure que , quand même l'omission du dogme d'un étal futur dans les lois de Moïse serait une difficullé impossible à résoudre, elle n'en serait pas pour cela un argument contre la révélalion de son système : donc, tant qu'on discutera la question de savoir si les lois de Moïse sont révélées ou non, une difficulté de ce genre ne saurait être un argument décisif en celle matière. Car il y a des difficultés loul aussi grandes dans la partie de l'univers qui est l'objet des connaissances naturelles : difficultés que l'expérience ne fait point disp iraitre. Nous, qui ne sommes que des creatulurcs finies, il ne nous i invient pas d'élre les juges de ce que l'Etre infini devait faire : c'est pourquoi nous ne pouvons conclure, d'après ce que nous voyons de son gouvernement, qu'un système émané de lui doive nécessairement avoir soin de nous instruire convenablement de ce qui concerne notre passage à un état futur d'exislencc, puisque, à s'en tenir aux apparences extérieures, il abandonne notre entrée dans l'existence présente, je devrais dire simplement dans l'existence, à un pur effet de la concupiscence et de la passion, dans tant de circonstances. Je conviendrai cependant que, quoique nous n'ayons pas de solides raisons d'affirmer qu'une révélation doive nécessairement ré-

ESSAI POUR LA CONVERSION DE L'INDE PHILOSOPHIQUE

pandre telle ou telle mesure de lumière sur telles ou telles difficultés , nous pouvons cependant raisonnablementespérer que comme l'expérience, qui est le guide aux connaissances naturelles, éclaircit certaines difficultés, non toutes, par rapport à noire vie présente, de même une révélation , qui est le guide aux connaissances surnaturelles, éclaircisse aussi certaines difficultés relatives à notre vie future. Ainsi, quand nous trouvons une révélation qui ne dit rien de ce qui nous intéresse tous si fort, c'est-à-dire si notre vie doit s'étendre ou non au delà de la tombe, nous sommes tout naturellement portés à rechercher les raisons de celte omission.

1\ad. Ainsi vous m'accordez, si je vous entends bien, sans aucune restriction, ce que je vous ai objecté, et vous avouez que la mention d'une vie fulure est entièrement omise? Laur. Je suis certainement pleinement convaincu de l'opinion contraire; mais je veux pour le moment passer cela sous silence, et avouer que voire objection est vraie comme fait, bien qu'elle ne soit d'aucun poids.

Rad. Je suis curieux de savoir comment, après avoir dit d'abord qu'il fallait rendre compte de celte omission, vous cherchez à lui donner si peu de poids.

Laur. Ne peut-on pas, Radhakant, apprivoiser et faire servir aux usages de l'homme plusieurs espèces de créatures vivantes; ne le peut-on pas?

Rad. Cette question me surprend. Assurément on le peut, s'il me convient de répondre en fidèle Brahmachari.

Laur. Et quand nous nous appliquons à instruire des enfants, nous les traitons comme s'ils avaient certaines facultés que n'ont pas d'autres créatures vivantes : par exemple, nous ne traitons pas un enfant comme nous traiterions un éléphant, mais comme ayant tels et tels avantages sur un éléphant. Rad. C'est vrai.

Laur. Et si nous avions à instruire un homme, nous ne devrions pas le traiter comme un enfant, mais supposer qu'il connaît déjà certaines choses que connaît tout homme qui n'est pas un idiot; n'est-ce pas? Rad. Assurément.

Laur. Mais si n us avions à instruire un homme que nous sussions être un Grihaslha, nous ne nous mettrions pas en peine de lui enseigner des choses qu'il connaîtrait déjà. Rad. Pour le sûr.

Laur. Ainsi donc, lorsqu'il s'agit d'enseigner les connaissances naturelles, nous considérons les familles ou capacités, l'avancement et la science de la personne à instruire : de sorte que nous ne nous donnons pas la peine de lui enseigner des choses que nous n'avons aucune raison au monde de penser qu'il ne sait pas.

R\n. Tout cela est de la dernière évidence. Lai n. Eh bien donc, avons-nous aucune raison au monde de penser que les Juifs ne fussent pas instruits de l'existence d'un état futur après la mort, à l'époque où Moïse les instruisait? Voyons ce qui en est. Ils vivaient

dans un pays (54) où tout l'univers sait que l'on connaissait l'existence d'un étal futur; si bien qu'il y a des gens qui ont dit que ce dogme y avait élé inventé (55) : ce qui serait évidemment une absurdité aux yeux de tous ceux qui croient à l'existence de l'ancienne tradition dont nous parlons; ou bien, comme le font les chrétiens (56), que ce fut Joseph , Israélite d'une réputation bien au-dessous de celle de Moïse comme maître et docteur, qui leur enseigna ces grandes vérités. Quant à ce que les Juifs étaient un peuple grossier et attaché aux choses visibles, il n'y a rien là qu'on ne puisse dire, avec autant de vérité, d'un peuple qui a la révélation d'une vie future pour lui servir de guide. L'attachement aux choses de ce monde, qu'ont fait paraître beaucoup d'entre eux, est tout à fait inexplicable d'après tous les principes de la raison. Supposé donc que le dogme traditionnel d'un état futur fût si bien connu à cette époque du monde, que les Egyptiens mêmes en étaient instruits, il n'y avait aucun motif de prescrire de nouveau ce qui était déjà cru; tandis qu'à toutes les époques, el dans tous les lieux du monde où la croyance de ce dogme avait généralement disparu, il était tout naturel de s'attendre à ce qu'il y fût de nouveau publié. Mais enseigner ce dogme à des gens qui le connaissaient, n'aurait-ce pas été instruire un Grihaslha comme on instruit un éléphant?

Rad. Vous avez dit que vous pensez que la loi de Moïse contient l'enseignement de ce dogme : expliquez-moi donc comment il se fait qu'elle l'enseigne, puisque vous venez de me donner à penser que cet enseignement est superflu?

Laur. Elle ne l'enseigne pas d'une manière formelle et systématique, mais elle me paraît le supposer partout comme certain; de même que vous voulez que je suppose beaucoup de choses comme certaines, et que je m'ahslienne de démontrer systématiquement des choses que j'établirais systématiquement devant un enfant.

Rad. Eh bien! voulez-vous me citer quelques-uns des passages de la loi de Moïse, dans lesquels celle doctrine est supposée comme connue?

Laur. Si l'homme, comme le dit Moïse, a été créé à l'image de Dieu; si, de plus, ce fait est la raison pour laquelle aucun animal sans raison ni aucun autre homme ne doit le tuer impunément, la plus petite qualité possible qui puisse constituer une ressemblance entre la créature et son Dieu doit nécessairement consister en ce qu'il ait une existence éternelle en per>pective (57). Car, pour toute autre ressemblance avec Dieu, nous pouvons la concevoir susceptible d'êlre altérée; celle-ci au contraire doil durer toujours, autant que nous pouvons le conjecturer, même dans l'enfet (58). Moïse dit, eu parlant d'Enoch, qu'il est monté au ciel : ce qui montre que non-seulement l'âme est immortelle, mais que le corps aussi peut le devenir. 11 esl dil aussi, de ceux qui sont morts, qu'ils dorment avec leurs pères : ce qui sup-,

DEMONSTRATION EVAHGELIQUE. MOlUtlS.

tu

nota qu'ils peuvent se réveiller et reprendre 1,1 forme dam laquelle ils avalent fie crées,

et. de plus. sjoe leers père» n'ont pas cesse d'exister. Au lien de voire Sradiha, il leur est ordonné d* confesser leurs péchés (59) et les péchés de leurs pères, ce qui serait inutile si leurs père* avaient cessé d'exister. Il est dit d'Abraham qu'il était comme un lai de blé au moment de sa mort : or, à moins île prendre les paroles de la sainte Kcrilure pour de simples comparaisons comme les nôtres, ce qu'il serait de la dernière impiété de supposer, puisque nous les regardons comme la parole même de Dieu, il devait être ramassé dans quelque grenier comme un tas de blé. Dieu est aussi appelé le Dieu il' Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob : ce qui serait un titre vide de sens, s'ils ne viraient pas dam un autre monde. Il est dit pareillement que Moïse devait élre réuni ou ajouté à se* pères, ce qui ne signifierait rira s'ils n'existaient pas pour qu'il put leur étie réuni (6<>). d'autant plus que leurs os étaient bien loin du lieu où il mourut. Or, ce n'est pas là une doctrine isolée, qui ne découle de la loi que comme goutte à goutte : elle abonde an coniraire partout dans notre Saiihila des Psaumes, ainsi que dans le livre de Job, qui est pour le moins aussi ancien, sinon plus ancien que celui de Moïse, selon toute probabilité, et dans les prophètes, où la même doctrine est partout supposée. En outre, celle même doctrine est encore universellement enseignée dans certains livres qui tiennent le milieu entre le temps des prophètes et celui des apôlres (fil) ; dans les paraphrases (62) faîtes en chaldéen sur les anciens livres hébreux; et dans tous les livres juifs de date plus récente, à l'exception de ceux d'une secte incrédule parmi eux. Ainsi il n'y a rien sur quoi l'on puisse fonder le moindre doute que celte doctrine ail jamais cessé d'être crue. Donc, si vous n'avez pas d'autres objections à élever contre la loi de Moïse, nous pouvons, ce me semble, continuer à exposer les raisons qu'on peut alléguer pour prouver qu'il enseigne un système plus vrai que les Védas. En effet, celle circonstance, qu'il écrivait dans un temps où il n'était pas nécessaire de revêtir d'une sanction légale la croyance de ce dogme, est un fait qui, pris collectivement avec tous les autres, paraît être une preuve irréfragable de l'antiquité des livres de Moïse.

IUd. Mais vous m'avez fait espérer que, comme l'expérience éclaircit plus d'un genre de difficultés par rapport à notre conduite comme citoyens de ce monde, il en doit être de même de la révélation par rapport à notre conduite comme citoyens d'un inonde futur. Or, vous m'avez montre que les patriarches croyaient à un étal futur ; cependant, comme ce n'est pus une chose facile cl évidente par elle-même que la question de savoir comment les hommes sont venus en ce monde, et pourquoi ils y ont été envoyés, pouvez-vous ma faire voir dans les lois de Moïse quelque chose qui paraisse résoudre celte difficulté?

Lâuh. Je crois le pouvoir, cl en le faisant

nous en viendrons à démontrer le point que je rient de mentionner, savoir, les raisons

qui promeut que la loi de Moïse enseigne un lystème qui esl plu* vrai que celui des Védas. La croyance que le monde a été renouvelé et détruit à diverses époqaefl est une doctrine que, vraisemblable ou invraisemblable, nous ne pouvons démontrer avec aucune certitude. Or, il est probable, comme nous en sommes convenus, qu'une ré dation doit éclaircir des difficultés cl princip lcment des difficultés de pratique : 1 • monde est le monde de Dieu, et nous sommes ses créatures ; et quoique nous convenions , comme vous, qu'une révélation renferme beaucoup de choses inexplicables et mystérieuses, il est naturel d'espérer avant tout qu'elle explique des choses d'un haut intérêt pour le bien-être de l'homme, comme créature de Dieu ; et, une fois trouvés, ces enseignements sont une preuve, et peut-être une preuve du plus Inut degré d'évident e en faveur de cette révélation. Or, notre système ne contient absolument rien qui ait rapport a ces créations précédentes, à ces cycles et à ces périodes pendant lesqu -Iles le créateur aurait été endormi ou éveillé; il ne nous dit rien non plus de Munis ni d'aucun des autres êtres inférieurs (6.3), qui auraient pris part à l'œuvre de la création ; il n'a rien non plus qui ressemble à une confusion du créateur et des choses créées (fii . ni ne parle en aucune manière comme s'il y avait quelque matière qui lui fût coexistante de toute éternité; toutes choses que, si je suis bipn informé, les Védas mentionnentou insinuent. Or, dans le récit tracé par Moïse, il y a quelque chose de particulièrement pratique: il n'est rien dit pour flatter la curiosité; il n'est pas même question de coi reateurs ; il n'y a pas de confusion entre le créateur et la créature; il n'y est dii effectivement presque rien autre chose que ce qui est nécessaire pour la pratique, et la pratique concernant cette partie de notre existence que l'expérience nous fait connaître. Quoiqu'il soit de toute vérité que d'autres esprits soient employés comme servit' urs ou minisires dans le gouvernement du monde, il n '. -i d<)nnc cependant aucun détail spec. tique sur leur création, et l'on ne peut s'empéch r de voir dans celle omission la preuve évidente d'une prévision divine. Car, le ministère de ces esprits ne pouvant avoir d'efficacité que par la présence permanente de Dieu qui leur conserve l'existence, le silence au sujet de leur existence à une époque si reculée n'a servi qu'à fixer plus iodirisiblement sur le créateur l'attention des hommes. Quand on compare ce silence avec la diffusion prolixe de tous les autres anciens livres qui se donnent pour des révélations sur ces malien et que l'on considère que ces êtres dont il v esl tan; parlé ont forme dans la suite la base du polythéisme, le silence parait être par lui-même une preuve non équivoque que les livres île Moïse viennent de celui qui savait d'avance ce qui est dans l'homme, et présenter ainsi un exemple du caraclère pr<

ESSAI POUR LA CONVERSION

que de cette révélation. De plus, il nes'y trouve rien que l'on puisse raisonnablement regarder comme une pure imagination de Moïse, pour éclaircir les difficultés spéculatives des esprits curieux. Sa manière de parler des choses est partout simple (G5), n'ayant de majesté que pour les esprits sérieux et qui considèrentce quiesl dit, et combien, en supposant que c'est la vérité même, il doit être important pour l'homme. Toutes ces choses sont de leur nature des présomptions du plus haut degré, que c'est une révélation vraie, et que par conséquent celles qui le contredisent ne le sont pas. On peut encore prouver en outre que vos plus grands hommes ont dévié, en plusieurs points particuliers, des doctrines des Védas, et que les institutions de Manu ne sont pas observées en beaucoup de choses. La théorie des castes dans ce dernier (66) est différente de ce qu'enseignent les Védas; le Ka'.ika Purana (67) reconnaît le culte sanguinaire de Kali, ce qui est tout à fait contre la défense portée par Manu contre de tels sacrifices; de laborieuses pénitences ont été changées en de faciles répétitions de versets ou de chapitres des livres sacrés. Vishnu est souvent déclaré Pradhana, contrairement (68) à l'ancienne doctrine ; l'injonction de manger de la viande et de bo re du vin (69) encertaines occasions est méprisée; la nourriture qu'il est prescrit dans le code dedonner (70) aux brahmanes à une Sraddha n'est donnée qu'aux parents du défunt ; ce sont là tout autant de choses importantes dans lesquelles vous vous êtes grandement écartés de l'ancienne pratique; tandis qu'on voit que les Juifs ont été jaloux de leur loi jusqu'à la fin, de sorte qu'il laut, ou que vous reconnaissiez l'infériorité de votre propre co le, en vous en écartant comme vous faites , ou que vous expliquiez pourquoi des lois d'un ordre intérieur ont plus d'autorité et font une plus forte impression sur ce peuple que les nôtres sur vous. Considérez encore si une nation qui adhère pendant plus de 1500 ans au même code de lois, et qui, en cas de déviation, a recours à ce code, et non à un autre, pour y apporter remède, ne fournit pas la preuve de l'intervention d'une Providence divine toute spéciale, pour conserver ce qu'on lui attribue d'avoir donné, ce qui est peut-être de sa nature une preuve imposante de la majesté de ce code, sans rappeler ici qu'il est pareillement tenu pour divin parles chrétiens, et qu'il n'est méprisé comme contraire à l'esprit du christianisme (71) que par des hérétiques ou des gens ignorants qui ne comprennent pas le sens ebrétien de quelques-unes des parties particulières qui le composent. La durée permanente de la loi de Moïse est une preuve qu'elle vient de Dieu, preuve du même genre que celle que fournit la durée permanente de quelques autres systèmes en faveur de leur divine origine. Par exemple, la durée permanente des lois du monde extérieur est une preuve qu'elles viennent de Dieu, quoiqu'il y ait beaucoup de choses aussi dans le inonde extérieur qu'il serait déplacé, dans lo

présent Kalpa, d'appliquer aux mêmes fins pour lesquelles elles furent autrefois employées, soit pour remédier aux désordres, soit pour contribuer en quelque autre manière à rendre la vie plus profitable pour le service de Dieu et le bien de nos semblables. Ainsi pareillement, la durée permanente de la loi morale gravée dans le cœur de l'homme est une preuve qu'elle est la volonté même de Dieu , quoique dans l'influence qu'elle exerce dans les codes des différents peuples, à diverses époques du monde, les formes positives dont elle se revêt changent suivant les circonstances. De plus, il y a un grand nombre de choses particulières que les livres de Moïse éclaircissent, et les vôtres non, telles que la manière dont les hommes se sont dispersés après le déluge; la manière dont les traditions, plus ou moins claires, d'une division du premier Purusha en mâle et femelle, se sont transmises comme de main main à plusieurs peuples ; la manière dont l'homme, sorti des mains de son créateur plein de droiture et de sainteté, est venu à déchoir; tous faits dont les autres livres ne possèdent que des traditions obscures et défigurées, quoiqu'elles portent toutes plus ou moins immédiatement sur des points de pratique. D'ailleurs, il est plusieurs de vos rites et de vos cérémonies que les livres de Moïse viennent expliquer , telles que la croyance à la sainteté du nom!>re sept, les paroles (72) employées dans la cérémonie du mariage, lorsque l'on verse l'eau sur la tête de la nouvelle mariée; l'idée que les enfants (73, contractent unesouillure criminelle dans le sein de leur mère; l'idée que l'homme est formé de particules terres res (74); la notion (('une cité céleste de laquelle partaient quatre puissants fleuves, coulant en quatre (75) directions différentes; la croyance que le monde a été créé (76) par plus d'un être; la notion qu'une certaine plante communiquait l'immortalité, ou que les hommes ont été sauvés de quelque destruction générale, et une foule d'autres faits semblables que l'élude des livres de Moïse pourrait vous expliquer. Maisjedoisajoulcrici, avecun peu plus de détails, un fait dans le juel le récit de Moïse parait fournir une clef pour l'intelligence d'une sorte de tradition existante nonseulement parmi vous, mais encore chez plusieurs autres peuples du monde. L<' voici : plusieurs nations s'accordent avec vous à parler d'immenses périodes pendant lesquelles le monde a duré; c'est là l'idée favorite de ceux (77) qui n'admettent pas l'enseignement de nos Ecritures. Or, ces immenses périodes ne s'accordent pas les unes avec les autres, et ne forment pas conséquemmenl un consentement universel contre le récit de Moïse. Mais quelques-uns ont pensé que ces immenses périodes cachent en elles-mêmes un rapprochement très-marqué delà période mosaïque : car chaque peuple a, selon son bon plaisir, multiplié le nombre vrai par un autre, qui servait à dérober ce vrai nombre aux yeux du vulgaire. Pour l'ordinaire (78) le nombre choisi pour celle fin était un nom-

hl-.MONsïlUTION KVANGELIQtE. MORRIS.

bre qui se rattachait à la position d'un astre fort observé par ce peuple. Or, supposé que a x représentent une de ces immenses périodes, et que le facteur x représente le multiplicateur choisi par chaque peuple ; en divisant par ce nombre, vous trouverez, chez chacun de ces peuples, que le produit a x se réduit à une quantité a, qui se rapproche assez exactement de la période assignée par Moïse pour la durée du monde.

Rad. Je dois convenir que toutes ces observations sont de quelque poids, surtout quand je considère combien il est curieux de voir qu'elles s'appliquent toutes à un seul et même livre.

Lalr. Voilà, Radhakant, une remarque excellente, qui revient à ce que j'ai dit plus haut, savoir, que les choses qui ont rapport à nos plus chers intérêts, à nos intérêts éternels, reposent sur le mémo genre de preuves que celles qui ont rapporta nos intérêts présents. De même que dans noire vie présente nous voyons que ce n'est pas une preuve unique, mais beaucoup de petits faits réunis qui forment l'évidence d'après laquelle nous agissons, et que la force de celte évidence repose dans leur réunion collective, ainsi en est-il à l'égard de notre vie future : nous agissons d'après une évidence qui est le résultat d'un grand nombre de points particuliers; et, quoique nous puissions élever des objections peut-être contre chacun de ces points, pris séparément, nous ne pouvons ne pas en sentir le poids lorsqu'on les prend collectivement; et refuser de céder à celle influence, ce serait renoncer à tous les droits que nous pouvons avoir à passer pour des hommes prudents. 11 faut observer que les rois de ce monde souvent punissent des hommes, même de la peine capitale, sur des preuves qui n'ont pas plus de force que celles-là, surtout lorsque plusieurs points de conviction coïncident dans le même individu.: c'est à la voix, à la couleur, à l'air du visage, à l'inspection des membres, des yeux et des actions (79) qu'ils forment leurs jugements. Ainsi, puisque l'on fait reposer notre bien-être présent sur une semblable évidence, il en peut être de même aussi de notre bien-être futur et éternel. Il est dit que « la justice détruite détruira» (celui qui la détruit); mais, faute de faire attention à ces choses, on peut détruire la justice aussi bien dans les choses éternelles que dans l'ordre temporel. Vous avez donc à examiner si vous rendez justice aux livres de Moïse, dans le cas où vous ne pèseriez pas bien la force de celle évidence à leur égard. Car le seul ami solide qui accompagne l'homme (80) au-delà même du Irépas est la justice. Si de graves inlérêts reposent sur des preuves incertaines de leur nature, nous devons agir sur ces preuves comme si elles étaient certaines. Si une averse pouvait causer un mal infini à un Vaisya dans quoique genre de commerce, co serait folie de s;i part

de ne tenir aucun compte des cris du paon, ou du soin que prend la fourmi de rassembler tous ses ceuls, quoique (iolama (81) donne à entendre qu'un homme peut imiter le l ri du paon, et que quelque autre cause peut porter les fourmis à rassembler leurs œufs. A plus forte raison donc devons-nous tenir compte de raisons même incertaines, quand il s'agit de nos intérêts éternels. L'Evangile est, pour certaines choses, plus clair que la loi de Moïse ; cependant, si vous ne croyez pas Moïse, vous ne croirez pas non plus l'Evangile. Voilà pourquoi j'insiste tant sur l'obligation de croire à la loi de Moïse, cl c'est la raison qui me fait désirer de vous résumer ici ce que j'ai essayé de vous enseigner.

Rad. Cela m'aidera beaucoup, peut-être, à tirer la conclusion : car il est impossible, en matière de religion, de pénétrer tout d'un coup, par le secours de l'ouïe seule, lout un grand système.

Lai h La révélation dont je vous ai parlé prétend avoir pour auteur le Dieu qui est le Seigneur et le maître souverain de toute la terre, et qui jugera le monde sur la règle de sa révélation ; c'est pourquoi la prudence vous fait un devoir de ne pas la repousser avant d'en avoir consciencieusement examiné les preuves et les avoir mûrement pesées à l'aide de la réflexion et de la prière. De plus, il a été signalé plusieurs points da différence, dans le but spécial de démontrer que la révélation donnée à Moïse est beaucoup plus pratique qu'aucune autre des révélations supposées. Et, comme il existe plusieurs preuves de sa longue durée dans le monde, dont quelques-unes ont été reproduites, le livre lui-même déclare aussi que beaucoup de ses rites sont antérieurs (82) au temps de Moïse; ce qui est, par conséquent, la preuve d'une plus longue durée encore par rapport à ces rites particuliers. Nous avons aussi examiné l'objection tirée de la prétendue omission de l'existence d'un él I futur, et prouvé qu'elle n'est d'aucun poids. Or, toutes ces choses, prises collectivement, forment en faveur des livres de Moï>e une preuve beaucoup plus forte que celles sur lesquelles il nous est souvent donné d'agir par rapport aux misérables intérêts de la vie présente. On doit donc attendre de nous, à bien plus forte raison, que nous serons attentifs à nos plus chers intérêts, à nos intérêts éternels, et que nous serons prèls à tenir compte des moindre raisons, lorsqu'il s'agit d'un intérêt si important, qu'il n'entraine rien moins qu'un bonheur ou un malheur éternel pour ceux qui en sont les objets. Perineitez-moi donc de vous supplier de bien examiner cette question : car après vous avoir mis toutes ces preuves devant les yeux, vous seriez dans un état pire pour toute l'éternité, si vous n'en teniez point compte.

NOTES DU DIALOGUE PREMIER, (i) C'est l'opinion du professeur Wilson, dans sa crois, celle qui est généralement reçue. On peut extraire le passage suivant de cet ouvrage, qui n'est

préface du V'jj/mii rurana, p. lxvii , cl c'esl, je

ESSAI POUR LA CONVERSION DE L'INDE PHILOSOPHIQUE

pas à la portée de tout le monde : < La pairie primitive des Hindous, dans l'Hindoustan, était, à n'en pas douter, les extrémités orientales du Pendjab. La terre sainte de Manu et des Puranas est située entre le fleuve Drishadwati et le fleuve Saraswati, le Caggar et le Sursooty de nos cartes barbares (a). C'est dans le voisinage de ces lieux que plusieurs des aventures des premiers princes et des sages les plus fameux sont arrivées, et les Asramas,ou domiciles religieux de ces derniers, sont placés sur les bords du Saraswati. Sui- ; vaut quelques autorités, c'était la demeure'de Vyasa, le compilateur (supposé) desVédas et des Puranas; et, suivant d'autres, comme il était arrivé que les Védas étaient tombés en désuétude et dans l'oubli, ce fut par Saraswata, fils de Saraswati, que les brahmanes furent de nouveau instruits de ce qu'ils contenaient. »

Le nom de Saraswati est aussi celui de la déesse de l'éloquence; ce qui est probablement une manière mytique de représenter l'opinion que l'on soutient ici , relativement à l'origine de la science. Je pourrais ajouter encore ce qui m'a été également signalé par le professeur Wilson, que le vêtement dont il est fait mention dans Manu 11, 41, est évidemment un vêtement très- chaud, et indique en conséquence un peuple du nord. L'habillement décrit par Ar'rien, p. 559, édil. Blancard, et par Philostrate, Vita Apollon. Tyan. H, 20, parait aussi être un habillement chaud, pas autant cependant que le premier. Voyez aussi Bahr, in Herod., m, 106. Il est possible cependant que les changements qu'on y remarque viennent des idées supersti lieuses des bouddhistes à l'égard des vêlements formés des dépouilles des animaux. On trouvera dans l'Erdkunde de Ritter, m, p. 1094, d'autres témoignages en faveur de notre opinion (savoir, que le nord de l'Inde a été le berceau primitif de la science brahminique).

Si* l'on en croit la tradition, Pythagore avait élé disciple des brahmines (Voyez Clem. Alex. Strom. i, §]70; Apul. Florid. n ( p. 150, Bip.) cité par Brucker; Philostr., Vita Apoll. Tyan., i, 2; vi, 11; vin, 7, § 4); ce qui montrerait que l'on supposait au moins qu'ils étaient fort anciennement connus. Eusèbe, Prépar. évang., p. 511, signale la présence d'un Indien à Athènes du temps de Socrate. Cléarque de Soli, qui fut disciple d'Àristote, in Diogen. 'Laert. Proœm. vi, dil que les gymnosophistes descendaient des mages, ce qui irait a établir des liens d'union entre les Perses et les Indiens; tandis que la prétendue défense de quitter l'Inde, et l'absence de toute espèce de traces tendant à démontrer que la science des Indiens soil venue de la Perse ou de l'Egypte, ont porté Windischman, p. 614, à penser qu'il en élait probablement tout autrement, et que c'étaient au contraire les Perses qui avaient puisé aux sources indiennes. S'il mêlait donné de pouvoir traiter la question de l'antiquité de la langue et d«s livres du Zend, j'en retirerais, à n'en pas douter, beaucoup de lumières relativement à la priorité ou à la postériorité du système indien par rapport à celui des Perses. Voyez l'^riana Antiqua de Wilson, p. 122. Pour le moment, je me contenterai de suivre l'opinion de Windischman, et; je ne ferai plus qu'ajouter ici qu'il se peut très-bien faire qu'un système se soit développé dans l'Inde, et soit ensuite revenu sur ses pas dans la Perse, quoiqu'il eût pour fondement originaire ou primitif, comme on le; prétend plus bas, une tradition tirée du voisinage de Babel.

(2) Ainsi pense Borhàn-Eddin, p. 19, éd. Caspar., et ce sentiment est d'accord avec la doctrine des Fervers, ou génies inférieurs altachés à la personne de chaque homme. Voyez Creuzer, Symbol, i, 2, § 5, p. 201, et comparez Alex. Polyhist., apud Epseb. Prœpar. evang. îv, 17 extr. On peut faire contraster avec cette opinion le passage suivant de saint Cyrille,

(a) Le professeur Wilsonafourni plusieurs autres exemples de ces sortes de barbarismes, notes 1 et 7 , p. 170, eic.

de Adorât, in spir. etverit., passage vraiment frappant en ce qu'il dévoile clairement la vérité contenue sous cette croyance païenne. Il dit, en parlant de Saut,

p. 191 : Tôt? TtapoTpvvovai xkc xaTa).U7r£tv Et^Oédii» «7roxa).ÙTrTS£ ©EÔff, x«2 Si' wv rj'xioTK %pr) , s'<r6' Ôte t« eoousvx, tvîij^oûvTwv, x«t« tÔ Etxôç, âyiwv kyyekwï) sic àvQpitiU'JOv voûv «7TEO Kt.ù /xàîoiîv o': (fù.oTttMazsb) "(tpripévoi xaTaTaxïjo'ovTat ^tav xat «.■KU.px'i'* uaTttp rni tïj;ertptciv iTtr)pTr)[j.évriç opynç te x«t oix»? \>itop.îvo\i(rz zr]y> irpoyvuai-j.

Il faut prendre ce passage dans le sens qu'on a cr en vue en le citant ici, à savoir, de présenter aux: yeux du lecteur, comme un fait démontré, que l'esprit humain était accessible aux anges, et qu'il n'est pas hors de toute vraisemblance qu'ils ont pu être employés comme intermédiaires pour instruire et corriger les païens mêmes. Cependant on sentira plus fortement dans la suite la portée de ce passage (not. 25).

(5) Vishnu-sérnia est l'auteur de l'Hitopadésa ; le vers auquel il est ici fait allusion est le 149e, où le mot traduit dans le texte par,< union élroite avec le& sens, > n'a point en anglais de terme correspondant. Sinnverschlungenheit en serait peut-être une bonne traduciion.

(4) Windisch., p. 1759 : « Celte simple perception est la seule source des connaissances ou de la science. Le scholiasle des Sutras, c'est-à-dire des règles sentencieuses, y en ajoute d'autres encore, ce sont la conséquence, la comparaison, la conjecture, la privation et la tradition orale. De toutes ces causes, il n'en est aucune qui puisse fournir un fondement assez solide aux devoirs moraux, si ce n'est la tradition orale, toutes les autres ayant pour ba->e la perception ( et ici ce mot désigne plus particulièrement l'action de recevoir la règle par les sens), qui n'est point elle-même de sa nature propre à servir de base et d'appui. » Le Mimansa est un système de philosophie interprétative, et le Karmamimansa est ce même syslème, en ce qui concerne les obligations morales et religieuses.

(5) i Suivant les déclarations des Védas, ce que sont le soleil et la lumière pour le monde visible, c'est-à-dire le plus grand de tous les biens, la vérité l'est pour le monde spirituel et invisible; et comme nos yeux corporels ont une perception distincte et précise des objets que le soleil éclaire, ainsi nos âmes acquièrent des connaissances positives par le moyen de la contemplation, à l'aile de la lumière de la 'vérité qui découle de l'Etre des êtres. C'est cette lumière par laquelle seule nos esprits peuvent être conduits au sentier du bonheur. > Windisch., p. 815, où se trouve un long passage dans lequel cette doctrine est exposée dans toute son étendue et sous toutes ses faces. Quoique le passagede Platon dont il est question soit des plus connus, on peut cependant le rapporter ici pour faire voir la ressemblance qui existe entre lui et celui que nous venons de citer :

Otp.v Si y' oepset, '<jv o yhioç y.uzotkv.y.mt, GK'fûz ô&wci, x«î Toff aùrofç hp.av.aiM h-fyi; tvovo-a yaivsTat. Tt pjv ; OÛtw TOtvvv xkc to t»k ■^■u'/ijç «Se von. Oxav plv où xaT«À«fi7T£( ukrfieià te xai tô ov, et? toûto ccKipiU7rtTa.it èvônui xs xat iyjdt uvt'j, ym voûv £/eev 'i-atvcTat. Orav 5o et? rô T(û CFKÔTO) xExpafiîvov, to yiyjop.tvôv te xaî àjro).).ûf/evov., 5o;«ÇEt te v.ui àixQuwTTSi, âvw y.a.1 xarw rà> 5o!;a? usr u.§6ù J.ov, xaj e'otxsv oeu voûv oùx ê jjwzi. "Eoixa yùfj. Toûto toïvuv to tïjv èùrifitiK» nxpéyov xoiç yiyvaxr-

XOfJSVOt? X(KÊ Tl>> 7'.yVW0-X0VTt T/jV fi-JWS.fUl îr.TtOOlS'lV, T/JV

toû àyaOoû iSiav <pàOt eivai, atTiav 5' imufnpriç ouo-av Y.où ùXrfîziu.; r>>? ytyyvwo~xof*Ev»3? pkv Stavooû, oOtc) Se y.aXûii àufozip'.tv ovt</>i» yvr«o~£M? te xat à^»]0sia?, v.'ko ym y.uùi'jv izi riyjûf.Evo? «ûto àpOûç ftynvti- De llepub. xvi, 18. t Quand ils ( les yeux) regardent des objets éclairés par le soleil, ils les voient distinctement, et montrent la faculté de voir dont ils sont

Ces fleuves sont, à ce qu'il parait, trausposés dans les cartel ordinaires.

doués. Sans doute. Comprends que la même chose M passe a l'égard de l'âme . Quand elle lixe si s regardi sur ee qui an éclairé pw la vérité M i-ir l'être, elle comprend et conuall; elle montre qu'elle est douée il inielligcnce. Mais lorsqu'elle tourne son regard sur ri' « 1 1 1 • est môle d'obscurité, sur ce qui Mil et périt, sa vue se trouble et s'obscurcit, elle n'a

S dus que des opinions et passe sans cesse de l'une i l'antre : on dirait qu'elle est sans intelligence. Oui. Tiens donc pour certain que ce qui répand sur les objets de la connaissance la lumière de la vérité, te qui donne à l'àme qui connaît la faculté de connaître, e'esl l'idée du bien. Considère celte idée comme le principe de la science et delà vérité, en tant qu'elles toinlient sous la connaissance ; et quelque belle- que soient la science et la vérité, lu ne te tromperas paa en pensant que l'idée du bien en est distincte el les surpasse en beauté. »

Eusèiie dit, p. 471, que Platon passait pour avoir été disciple des brahuiines (x, 4), et, à la p. 511, il rapporte, sur le témoignage d'Aristoxenus Husicus, qu'un Indien avait enseigné à Sncrate que, i vans connaître les choses divines, il était impossible <!e connaître les choses humaines, > doctrine également enseignée par Platon, comme il le remarque en cet endroit (xi, 3). Apul., de llab. docir., vol. u, p. 159, dii : « Ad Indos et Magos intendisset animnin, uisi eum bella tune veluissent Asiaiica. > Il résulte de toutes ces sortes de traditions, que Platon passait pour être instruit de la philosophie indienne. Un séjour de plusieurs années en Egypte (Tenneiuann, Platonische philos. I, p. 37 ) lui avait amplement fourni l'occasion d'acquérir la connaissance de ce genre de doctrine, tandis que le récit d'Aristoxène, que nous venons de rapporter, semblerait indiquer, comme une chose probable, qu'il avait pu avoir des relations avec les Indiens, et cela même à Athènes, lors même qu'il ne serait pas probable que les Egyptiens lussent en rapport avec les Indiens, soit pour des affaires commerciales, soit pour tout autre objet. Mais, sans faire autre chose ici que mentionner un point si controversé, le lecteur nous saura gré de terminer celte note par un passage vraiment instructif de Lactance, de Ver. sap. iv, 2: < Philosophi quon'iam peragratis et exploraiis omnibus iiusquam titillant sapieniiam comprehenderunt, et alicubi esse illain necesse est : appaiel illic potissimum esse çroaerenda'm, ubi sluliitiœ titulus apparet; cujus velaniento Deus, ne arcanum summi sui ac divini opeiïs in propalulo esset, thesauruin sapientiae ac veritatis abscondii. Unde equidemsoleo mirari quod cuni Pythagoras et postea Plalo, amore indagandx veritatis accensi, ad Jfigyptios et Magos- elPersas usque penetrassent , ut eorurn rilus el sacra cognoscerent (suspieahanlur enim sapieniiam in religione versari), al Judicos tantum non accesseriut, pênes quos tune so- Ios esset, et quo facilius ire potuissent. Sed aversos esse arhitror divina Providentia, nec scire possent verilateni, quia nondum fas erat alienigenis hominibus religionem t)ei veri justiliamque cognoscere. » Cité par Slaudenmaier, Enctjctop. i, p. 260.

(G) Ne voyant pas le soleil pendant un temps. Le grec porte ici «z/91 xatpoû, et le syriaque, que notre version paraît généralement suivre, dit aussi « jusqu'au temps favorable; i sur quoi Origène ( Pluloc. xxvu, p. 10t>, Spencer ) demande, quel temps? Veutil dire que. le temps où il serait corrigé par ses péchés, et ainsi par la pénitence, serait le temps où il mériterait, dans les deux sens, de voir le soleil dans l'àme et dans le corps; dans le corps, en ce que la puissance divine éclaterait et te manifesterait dans le recouvrement du sens de la vue, et dans l'àme, en ce qu'il dût, en croyant, profiler '.es avantages delà religion de Dieu?

(7.) Ce passage est un des plus célèbres du Timée de Platon , § 5 : 'iî Xôiwv, loluv, eXWej kei irmÛiç «••te, viouv ai "e'àÀijv «ùx iTTtv. 'Xy.oùvm: *>ûv, ■

DEMONSTRATION EVANCEI.loiT.. MORRIS.

TOVT0 Hy*K', fivtu. Nioe «OTÉ, lune», ràf 'sJ'V^àç r.m-

Ion! Bolon! vous autres Crée*, vous se ei ' 'jours enfants; il n'y a pas d • di parmi veee. — Et pourquoi cela 7 répondit Solon. — Vous êtes losa jeunes d'intelligence ; vous ne possèdes aucune vn-ille

tradition, ni aucune science vénérable par son antiquité. >

I). nn'ine Diogène Laêrc, init., dit : i trnfimc tftn i rw* mm face fcpteiww iffyu< « 0" il y en a qui font venir ries barbares l'œuvre ée la philosophie ; > sur quoi Ménage a raison de faire la remarque que voiti . « lia Juslmus martyr, TatiaoM, Clément Alexandrinus, Theophilua, Eusebihe, \iImnasius, Tbeodoretns el alii. > Voyez Potier, ad Ctem. Alex. Sirom. v § 80, p. 6W; Pbiloetr., Vu. Apot. l'yan., u, 20: Porphyr., apuil EiimI>. Prap. evang., p. 742, qui du que les Egyptiei - Chaldéens, h-s Assyriens, les Lydiens et le3 Hébreux avaient trouvé le chemin qui conduit aux dieux, et que Les Grecs s en étaient écartés.

(8) Orig. conir. f.Xs., p. 244, Spencer : ♦éec rrap y«TTr;7'»jv£v, o"ti RWOjMCrt, 'sir i.wrr. -iiç /ofinfn tvtrw faiMÛrf Mal tcûv 8tK extj/wv Tziu.fi«T»#v, afiSp' '/--. r.-jvwzx XsXeuTcW x«i et y.., u-j/'hCu-j «jç T«7r£tvoJ? v.'jx ypcûoscf XvfWf, iieecMUf ué'Atm y 7'y'jç Yt'j.i-zéf.'j-jç. *7/7i 8>j ol ù~'j toc Ito?-, z'yrv

3m hnrépMOt* to0 ravr-.- ftntrQtu, xai iirtî aoxiwpamt Ttinx ùnoov'ùaL/.Ta lyauaw, <oç Tph: -r,-J TzpOTépcv WiKÀvptm»' Ôtoi S olj7'~ j TiOi'j'iTt'jari to So'^fjtot, i\iyr,-j wtnéwtai rrapcrVUeyé* ni aftàpa ppa./ix> y'ai'j'lai xc*rà tteoio^ov tcT? è-t zût — '.o ajznç in « Nous allons montrer qu'il y a eu des hommes (des philosophes) célèbres pour leurs belles connaissance* et pour la subtilité de leurs spéculations dialectiques, qui ont eu des opinions fort éloignées de ia vraisemblance, de sorte que s'il y en a eu quelques-unes qui méritent de passer pour absurdes et pour des coules de vieilles, ce sont les leurs beaucoup plutôt que les nôtres. Les stoïciens disent, qu'après un certain nombre d'années, l'univers s'embrase et se renouvelle ensuite, reprenant une face pareille en loul à la précédente; et ceux qui en ont parlé avec le plus de retenue disent que d'une révolution à Taure il se fait un petit changement, un changement trèsléger, î

Chrysippe, ap. Lactant. vu, 23, conclut évidemment des prémisses posées, quand il dit : ToJtoj o-;

OJT&l, S^O'JTOÇ. Srjicv Y.3.L OJ'ÎÉv OOUVZTOVXJl 17U7

70 Tc).:viT>7Tat, -â.y.iv TTîpioàoiv rt.Crj t'i.r.uvi'-t ,

. .t è<rutv xocTiTTriTîS&oti ff£r,ua. — « Celii el.HH, il est évident, et il n'y a là rien d'impossible, qu aprés notre mort, lorsqu'il s'est écoulé un certain laps de temps, nous sommes revenus à la vie el avons repris la forme ou ligure que nous avons présentement. > Voyez Potier, in Ctem. Alex, v, p. 649 , M. Anton., 7.

(9) Buller, Analogie, part, n, c. 6. Il n'est pas hors de raison de penser que le même principe sage et bon, quel qu'il soit, qui a porté l'Auteur de la nature à faire différentes espèces etdillennts ordres il tures, l'a aussi porté à placer des ère. unies de la même espèce dans des positions iiÉTrJrsntsa . et que le même principe qui l'a porte à l.i.re ,l.s erénMres de capacités morales diflerenies, l'a aus-i p placer dans des situations religieuses ditlénn créatures dosées des mêmes i apneJtén mm aies ; iiie.plus, il i pa placer les mêmes créatures dans des positions différentes aux diflerenies époques île leur existence. Ei la raison ou expaieaiioa qu'on sa peet donner se léduii 1res - probablement i dire m à <xpliquer pourquoi la constitution el l'ordre de > existant esl-il tel que des créatures douées de qualités ou de capai Lié m raie-, se trouvent, pendant une portion considérable du temps de leur en comme agents vivants, entièrement étrang ie.»a louie

ESSAI POUR LA CONVERSION DE L'INDE PHILOSOPHIQUE

moralité et à toute religion (a), quoiqu'elles ne croissent en âge que pour pratiquer la moraleet la religion , et que c'est pour le faire de plus en plus qu'elles avancent graduellement dans la vie, depuis l'enfance jusqu'à 1 âge mûr. Quelle est en particulier la raison de ces choses, quelle explication en peut-on donner? c'est ce sur quoi nous nous trouvons plongés dans d'épaisses ténèbres ; tout ce que nous savons c'ait que nous ne connaissons que bien peu de choses, même en ce qui nous louche personnellement. Il si- peut faire que notre étal présent ne soit que la conséquence ou la suite d'un état antérieur, que nous ignorons complètement, comme il se rapporte à quelque chose de futur, dont nous ne connaissons guère que ce qui est absolument nécessaire pour la pratique. Tout système ou constitution implique, dans sa notion, l'idée de variété; or, un système aussi compliqué que celui de ce inonde doit nécessairement impliquer l'idée de grande et très-grande variété.

(10) La théorie de la prée\istence n'implique pas nécessairement la théorie delà transmigration, Origène, par exemple, a professé la première, sans professer la seconde. Voyez Schubert; Gesch der seele, p. 659, comp. avec Orig. contr. Gels., p. 203. La dernière de ces théories sera traitée au long dans la suite.

(11) t Auf traditionem der urwelt bernfèn sich die Wedaschriften ganz hiiufig. » Ainsi, dans le Yajur- Vcda, xl, 10, 13 : « C'est ce que nous ont enseigné les sa^es qui nous l'ont transmis.. > Ce texte m'a été obligeamment signalé par le docteur Mill et paraît cire une foi nulle.

(1*1) S. Aug. covt. lùntst. vu, (in. : i Sed cur non poiius de Clnislo, diseipulis ejus qui eliain coiporaliter ci adhuîseruul credimus, qui non solum per Spirituni sanction ab ipso imperlilum se ire poluertiut, si quid laierel in rébus humanis, sed lam rccenli et prœsenti meninria, ciiaiu solo hmnano sensu, genus Chrisii iccuituuiii carneni et lotam originem collcgernni.. > On peut, à ce passage, en ajouter encore un autre également important, du même Père, de Vous, eiang. il 51, sur ce qu'il y a de mystérieux dans la mémoire, iiième dans les cas ordinaires. « Quia eiiiiu nnllius in poicsMlc Ml, quamvis oplinie .'idelili'iqiie res coguilas, <|uo quisque online lecordalur ( quid enim prius posteriusve honiini veniat in mentem, non est, ut volumus, sed ut dalur ), salis probabile e^l quod unusquisqiie cvangelistariim eo se online credidit debuisse narrare, quo voluisset Deua ea ipja quœ narrabat ejus reeordaiioni suggerere, iu eis duntaxai rébus quaruni ordo, sive ille, sive illc sil, nilnl minuit aiicloritali verilalique evangclicic »D'<ni il faut conclure que des passages, coinme celui d'Ain os, vu, 14, cl de saint Malih.,xvi, 17, ne constituent pas réellement (l'objeetion solide, puisque tous les moyens ordinaires d inslrm iion et de connaissance étaient à la portée de ceux dont il esl parle in dans la première partie de leur existence. Les parelfs suivantes de Clément d'Alexandrie sont propres à jt 1er de la lumière sur le dernier passage :

Xu.il il MCI TÔlJ £-tOO&)L/.ÉvC)V TOV KlipfOV 0OJT0V fj'l. f/c'v

ntA/ot, < ïtg AuGiî) ihVffivM,! e")."yov, ô).tyot Si ï&v iyiyvwT/ov rafl ©cou, v.uftù.TZa b IIÉrpo?, i.vxv.i iji/K opiTiv, Otl </j-''.i G'/fji ym tUfUt oùx v.t~iv.'/./\>-Ii t.,v i/lr/Juav, à)./' r, ô lt«Tr,p «JTOV ô èv rûç ovpxvoîç, Snïrov tov TVAKrriKov ai 8t# rr',ç tre^pco; aùroO t//- mitfittVVi . ù'iXù.

ni ~i.i Suvccutcd; ta» nuTor/.-n; yvapiÇem tô* féôv toO navroxpoETOpoC O'J fiôvov TOtwv roi; èxiTi/y/ùvovtTV» -/-lût- ','j-r,,; ivrtohtÇ r) fi{ ct).rirJ;ir/ç ZTr,Ttç, ù'.Ù.y. xotl ',<■) -;-y/yJ/:iu r) llTOTTujfityj oiv.eic , f*ïj0£ TO\>~oi; 'Jip'i'/.i oiotcrOftl TW dtupim r) y.ctrà tov MttVcTsa 'in-cpi.v. Si- /p;: (n ifti/7')ivT-:ç ivTOTrf&l , KKWfTft o».

v w ^6£i» rri MwuoY»;, K«j a' ûjtoi tov '\<rp*r)\ z%r: -r'„j Ù.-/-/Ù' v imatiatç, OVTW? ym.'i. y,'j.îï; tizï; TA* «ïrfitiuç uKppapvyxif imifMntt» IwvnWSpav.

(a) Consultez, comme explication de ceci, les sermons

« Assurément, parmi ceux qui invoquaient le Seigneur lui-même, un grand nombre disaient : Fils de David, ayez pitié de moi! mais combien peu connaissaient le Eils de Dieu, comme Pierre, que son maître proclama heureux, puisque ce n'était ni la clmir ni le sang qui luiavaint révélé le mystère,mais te Père qui esl dans les deux! Il nous apprenait par ces mots que le véritable gnoslique connaît le Fils du Tout-Puissant, non point par les yeux de celte chair qui a été formée dans la sein maternel, mais par la vertu du Père lui-même. La possession de la vérité n'est pas une œuvre laborieuse uniquement pour les inexpérimentés el les inhabiles. L'histoire de Moïse fournit la preuve que ceux-là même dont elle est la science particulière ne jouissent pas de la contemplation dans toute son, étendue. Jadis, les Hébreux ont vu la gloire de Moïse ; les saints d Israël ont vu les visions angéliques : il faut attendre que nous puissions, comme eux, contempler face à face les splendeurs de la vérité. » Slrom. vi, § L"2.

Un de ces moyens ordinaires dut être, sous la loi judaïque, les traditions transmises de main en main par les scribes et les pharisiens, qui étaient assis dans la chaire de Moïse. Ainsi S. Crég. Moral, xiv, 56 : i Scribœ ilaque et legis doclores, quierudire populos ail vilain consueveranl, quid aliiidquam venturi Redemptorisconsiliarii fueruni'Qiii tamenduniincarnaluni Dominuin conspicerent,consiliissuis mulios ab ejus lide diviseront, quamvis prius ad credendum Incarnationis ejus mysterium per prophelaruni verba nmllos docuisse viderentur. > Eusébe parle aussi dans le même sens, lorsqu'il s'exprime ainsi, Prép. évang., XI, 5 : Kaè tov ïoyi.Y.ôv Se Tjoô-rov ta; 'Efyatwv ^.Offoy'a?, où x«Ù«tt-/3 'E).).r)<-i ^i).ov, Siaozmt GOftcrp.cctùiv ym'i >oyttjp.oîs -rpô- «7-KT»)VT-TcX,v«o-f«voi- S-tv (Î'iovto /x-Ttsvae, ■/.v.zoù.r]-\/ti 5s «'jtïj- «).y)0-î«f * vjv Otto 0-iou ycorôff ràç ~tiv/ji.ç zaravyotcfÔivT-- ol -rza.p cÙtoï- 0-ôto^oi, eupov T£ y.'A ètprjizia'Jn^a-'J , t'y i\-i àxovwvTe? TO'J- tk o'y.v.0.

ptara, ym'i tivkj aroyà" Y.ai a)lnyopiy.àç tewpic/.ç uttà

Y.ÔÙJO-JÇ £'J£Tr£l«-, YMÏ T/y" X«:« T»)V OtXctKV •JI'tÔTTKV "0-

fpuSo-jç ùnayyùiuç, :'Ç i'ri vniri«.ç aÙToî- Tcapiàiiïoouv nt.ir.iai' lui ■itfj ym twv -rjielireuv ftaStjfiit'TMM ±ivTspuTui Ttv£- Àffc.v aÙTOÏ?" o'jtw Si ç>f).ov toù- 'ESïjynTà- twv vrjpj c/Oro'- Cpufwv ôvofiiÇïiv' oî t« Si ixlvtypi&rtôv €-r£crziK-rfi;v«, et Y.ai p.r) toiç izv.m, toï- yoùv rrpôç roxitwv ùy.oy]-j èTr,Tï)8-tof.-, 5r.' épunveic/ç r.a.1 awfrivsiaç i\ia-atvov. — « Pour ce qui regarde la logique de la philosophie, les Hébreux ne la lirent point consister, comme les Grecs, dans des raisonnements captieux, dans des sophismes inventés pour déguiser le mensonge, mais dans la recherche active de la vérité; et ceux d'entre eux qui possédaient la science divine, éclairés par une lumière céleste, découvrirent toujours celte vérité, et la lirent briller dans tout son éclat. Dirigeant vers elle ceux qu'ils voulaient instruire des croyances nationales, ils leur apprenaient, des la plus tendre enfance, des sentences sacrées, des histoires aussi utiles qu'intéressantes, des chants mesurés et alternatifs, des questions sous forme d'énigme ou de problème, des allégories revêtues de tous les ornements et de toutes les grâces de la langue hébraïque. 11 y avait aussi parmi eux des hommes qui enseignaient les éléments des. sciences ; on les appelait deutérotes, ou instituteurs, parce qu'ils étaient chargés d'interpréter les saintes Ecritures. Ceux-ci expliquaient les emblèmes et en soulevaient le voile, sinon pour tous, au moins pour ceux qui pouvaient les comprendre. > Ce passage est propre à éclaircir ce qui sera dit dans la note 20.

(13) Ainsi les mots v«€>«, Y.iwpù, etc., sont dérivés de l'hébreu Su "fl33, etc. Voyez, à ce sujet, Gésénius. Cleni. Alex. Slrom. i, § 71 ; J. Pollnx, IV, 74, etc., parlent d'autres instruments encore pris

de M. Newman, vol. iv, p. 'i'iti.

des peuple! asiatiques. Julien aussi, ap. Cyril. p. 17X, Spanh., convient que le* Greci ont tiré priiiiiiivt'iiiini leur musique de* étranger*, tout en leur attribuant l'invention de ce qu'il appelle bannonie.

D"~rv~, ~*:*e :r et J'iOJKD, qui ont été emprunté*

des Grecs, à KM l'iioque plia récente, sont des i KCtflples i|in ne prouvenl i i«:n quant à l'origiM de la musique; mail la bonne foi uous faisait un devoir de ne pas le* passer sou* silence.

li Arislole, Soph. l'.lench. vers. fin. T£v yàp

t0plTZOpiEV'.>v «7TOVTWV Ta ufv r.'jf îTE'-'.iv / t.'Jl.-i-.j.

itpinpw jrtjroviîfuva xccrà uipot iiriwouxn ûiro rfi» irapocAnëovTMV uffripov' ta S i; \j-vpyj,; tvpunâutw fuxpèn z'i irpûrcv nriootrw A8p6âwni iuum , /pn . trittuttipoN fitwot no/Xû rvs wmpm ht rovrtiv aJ-

£n<J'f(Uf' u.iytTTOv y/'- UTOf ipX^ ttzvtÔî, «ûcTrtp /ÉyETat, Stô xai /'//:— mt'/tov ' oc.i yàp xpârurrov ta Suvcutu, totoOt'j imcporarov ov tffl fitjédti, /«).e— ûtoctôv farcv ofSnvae, raÙTr/j 5' sûpqtuvi); p'âov tô mtooTtOcvai /ai (T'jvaJHetv ro Xonrov iartv* wwp /y? 7TEpi toùc AnopouAt AÔyov? aup-'ïtrtv.i, ct/iVj-j o = xai 7r£'-i T«{ vA/aç tt^tz;

tc/wî. — Hoc est : « Illud intelligendum est, eorum ornai am, quae inveniuntur, aliqua esse, quacjam ante ab aliis aliqua ex parte comprehensa, subliliu^ postea, et quasi partit ulatim elaborata, opéra tandem eoruiii qui illa postea accipiunt, longius progrediuntur, inagnunique intrementuin capiunt. Alia nutem a prima origine inventa, non ita multum a principio progrediuntur, sed lameii inulto plus uiilitatis babent illa initia, quant reliqua omnis, quae ex iis proficiscitur, acccssio. Est enim (ut dici solel) principium maxima pars lolius; ideoque di/licillimuin. Quanlo enim vi et facnltate majore est, tanto minore est magnitudine, eaque de causa diflicillime perspicitur: eo aulem invente no» est difficile conferre et adjicere reliqua. Porro autem illud quod dixi. cum in aliis fere omnibus ariibus, tum in artc oraloria usuvenisse maxime conspicitur. > El dans sa Métaphijs. il , 1 : où powj 8i yy.pi'j i/j-f Sixaiov toOtoïç, w âv ti? zotvojffaiio rc/tç Soçatç, àX).à xai toi; èKnzokuiorip'oç êmoyrtvx(ii-

VOIÇ ' tv\ 7«fl OVTOt O-./Vs6à).0VTÔ Tt * 7ÏTJ '/ÙO É*£tV TZpOriT-

v.-t.G'j.i ripMv, ■/.. t. X. — « Il est donc juste d'avoir de la reconn .issance non-seulement pour ceux dont on partage les opinions, mais pour ceux-là même qui ont traité les questions d'une manière un peu superficielle; car eux aussi ont contribue pour leur part. Ce sont eux qui ont préparé parleurs travaux l'état actuel de la science. » Ce qu'Aristote dit ici de l'importance même d'un petit commencement, se trouve répété, presque dans les mêmes termes, par saint Cyril. Coutr. Ju/.,p. 154: E; Si Sri rûvSpofuc raie M',j- (rsejj ilih ivi'/yox) rà ezeivcov, evOozifiovfft Si /tav on to '.; yopoif TÛv'EofigtMV ffUfxyc00vTai.7rûâ ovx atV9àv£Tat roli r)u.-TifJOtç lepayavois trvyxaTayi><uvTOÙf iavTov; 'AÀV Sri Tofçàv/ 7t«t«v t^v yyjvyvûptptocTE Èari xaî nrûvna

TKBfbKHMf, Xai oOSsVt TO CVU7TKV «Trâoît, TauT») TOJ^O^t

zazûvE(rOKt osiv aura ' xy.t toj irû;oùf£ÔXXoVTavnc tvtxa

Tr;C OtTiK-" £/f'ï/V Y.C/.ToJ)u\)fJ.V.Ïia')Vl 7TC£7r£lV, OTt Tat?

^ïj'^otf «ravTf-iv TSTifMjvrat; H otSaTxÉT'j 7rà).tv, Tt uâXiôv ÈffTt T&iv TTpayuyt.TO)v, oV c<v ÊnotTO dtxaibK to Éjraiv-Ï7Ù«i Octv • af.« Ta 7râatv àoÉay.ovra xxi otf av tÔ e-j irnroiâvOcu )i«v iyj'v t£ ôpQùç ïiri^/rMcaixo ~iç, r> tk ô/î.y'jiç, ri y.u.1 ôïoiç oAii-.it ' à/V o'.ftKt -v. t'/.o'iv. Gwtffri 5i WÛTO to£ç Siii M'.jîriw^ 0£(77rio-ixa(rtv. l.tT« t(v« ôjj rp'i-o-j, Si mj ïiv Sri7rou /aT«5-/uuàÇ£o-0a( x.''>*'v "•'■'"«i 5'à tout'.jv « Jtwv Tat;- iayà.7a.i; ôt'/.'.o/a(; £vt>3Ttv ùav/j'^ç ; El Si ot; trpoiiyopiuxi fi£v o IM(o»tàj, ùpiax:t oè -ào~a, ùnocoètiv ùu'ji toù zaf ir:ou-jiî<7fjy.i npilttt» aJra, t/airjv av ',?' / ( noAAoî; iripmç oOz àyEvv ).a^o0(7t Tr,v ùo;av, £r(Ç&'J/£ÙT6t£V av lùcÔTMC, Ta tTa tiî BVTij) fOOVttv «p>7- /jlI'jo;. QfiÛTOÎ tiv£; tmï nyvMJ t-'j'iZTvi xal iniOTr,uô>v ytvâvavi toîç àvà tovSc rôv (Siov ' î pt4v yao v^avrizr.v, oî Si Tr,v ya.ly.o-jpyir.tiv, inpoi Si o-x-JTOToafx/.v, larpizrjv Si Trpô; toutoi,", £T£/3a T£ rr)£tara tmv àvayzacov £j'f ovqrtv TroXioïç npoacntvonOi;. 'Apa ouv £i tzOtk rraTtv ÂpÎTXtc, zat àvayxaiwf iTrtT/jSs ,£Tai, za; lie SiOpo xpa- Tsî, toû x«-aO«ufx«Ç{ffO«t Setv toù,- eupflxo'ra; ÛTroffTi-

- < '.,/ n yè«orro -0.

•/./ -/.toi,- to>; hreûvouc àtrf yjv.tzvu te t»- / iravnm - ■ . .- y ,t«c t«

rvpâfxaT«. doc est : • Sin aulem illorum script runique Motl COOMOtiant, ei.que nomme minime coumiendaulur quod ( uni legibvs Hebra;orum eMV v.-niiini, qui. lui animadverlit majore* nostro* repre-

bendendo snoa etUm una reprebendere. At quoniam omnibus quotqool terrasn ineobut nota mut obenr vauturque m ripta Hoato, sec ema lise pitnai di&sentiimi, eam « * I » rem, illa probro et contuaieua digna eue conlendit. Sed numquid ean ob eaasaa in pretio illa potin* baberi decuit, quod omnium suflragiis Ornenlur? Aui sane rursu* doceat qu:e. res justiore bu le dignae tint. Au qua> placent omnibus, et <|uas nemo non r.cie atqueordine laclas esse sential; an qua; paucis probantur, aul omiiino nulli ? Opmor, qux omnibus. Ai ejusmodi sunt puLCopli quae per Mosen proinulgata sunl. Qui porro fit, ut quibus rébus admiraiioni esse maxime deboerunt, ex ii- ip>is nesciens summam illis criminationem impugat rQood si propterea quod Moses illa promulgavit, et omnibus placent, laudem eorum repudiandam putal, mulii» sane aliis baud obscuri nominis idem jure inerilo objiciet quicunique volueril bujus sententiai suffragari. Nonnulli primi artium et scieutianim inventores fuerunt inter bomines. Alii enim lextoriam, alii x-raliam, sectoriam alii, ac praeterea medicinam, aliaque ad vila; usum necessaria plerique excogilarunt. Num igitur, si haec omnibus placent, et necessario eiercenlur.et ailhuc virent, inventores mérita lande privabimus? At nequaquam il jure Cet. Nam quod eorum artis inventa in honore apud oinnes sunl, plus eis quoque laudis et comnieudationis affeit. »

(15) Voici en quels termes saint Augustin fait ressortir l'analogie qui existe entre 1 Ecriture et une harpe, de Civil. Oei, xvi, 2 : 1 Non sane omnia qux gesla narrantur, aliquid etiam significare putanda sunt; sed propter illa quas aliquid significant, etiam ea quae niliii sigmGcant adlexuntur. Solo enim vomere terra proscinditur ; sed ut hoc fieri possit, etiam caetera aratri membra sunt necessaria ; et soli nervi in citliaris atque hujusmodi va^is musicisaptanlur ad canlum; sed ut aptari poesînt, insunt et caetera in compagibus organorum, quaî non percutiunlur a canentibus, sed ea quae percussa résonant, bis connectuntur. lia in prophetica hisloria dicanlur et aliqua quae nitail signincant, sed quibus :udbx>rt-aiit qui significant el (|uodammodo religenlur. > De .nènie, saint Eplirem. Adv. tenu. xxi. fin., et xxii, inir , où il s'exprime ainsi qu'il suit : < Gloire au Seigneur de toutes choses, qui a imaginé, qui a même pn are pour lui-même deux harpes, celle des prophètes et celle desapôlres : car d'un de ses doigts il a lire deux sons différents des deux Testaments, et comme la harpe change de son, quoique ce soit bien la mt me harpe el qu'elle soit pincée par le même artiste, ainsi, mon fils, les harpes de la vérité changent de voix et de son, quoique la vérité ne soit qu'une. De même encore, un même tuyau est propre à produire des sons divers; pour l'oreille de l'homme mûr, il rend des sons graves et mûrs; pour l'oreille des entants, il envoie des sons simples ; pour l'oreille du sage, des sons plus délicats et plus parfaits. Ces: ainsi que ces trompettes de la vérité produisent des sons parfaiis pour l'homme parfait, et que pour celui qui est encore dans l'enfance, elles lui formulent des promesses de lait et de miel. > Vouez aussi saint Grég., Moral. 1, 11.

(lli) Plato, de Le,/, ni, I : Ae. ♦Éoe Sri vor.T-.iuiv

li''av T&)V T.Ol'f'o-j TXJTr,v Ti,V TM Zi/TaxA'JtTUM 7T0TI y£vO"

k\. TÔ TToiov Tt izipi a-JTr,,- SiavonOîvT:,- ; SS, 'il; 0'. toti Ktptfvyinmç re* sfiocàv aytSov ôpeiot nvtî c'v UN vout)», I» l»0\l 3u.izià Tiiirupa toC tW

Kv6pûlT6>v SiaffEdMaaiva vtvouç. K A. AijÀov. A©. K TOJ,' TOIOVTOUC y£ àvayxr) ttov tmv a/)-ov àrr:iiov Tty-jûv xa.i tmv tv toi"; «<TT£ai rrpof ù.'fJ.ri\ov; /xu^avû»

ESSAI POUR LA CONVERSION DE L'INDE PHILOSOPHIQUE

e'V te 7t).£ov??i/f yoà yù.ovîiMxç, xat ôïroo- aW.axocxoopy/iutara 7rf ôî à^Lftou; e7rtnooû(Tiv. KA. Et'xô? -yoûv. A®. 6<ûjaêv SiJ rà? Èv Tôt? 7rs§iot? ttoXiiç v.cd -np' ? Ooàimp xaTotxoùora? âoânv èv tw tote ypôvw StafÔEipECTÔat ; KA. ©wf/sv. A0. Oùxovv o'pyavà te rràvra à7rôX).ua()at, xat Et' Tl ts/vïj? «v e^ouevov ottou'Wo)? ziprjuiiiov r] no\ni- XT)? « xai aofiu; TtvÔ? ÉTÉpaf , TZKVTU. êfifsiv ÈV TW TOTE %p6v(o foaopLtv; KA. nû? yàp «v, w «p'ffTE, sT y£ Ef/.Evs TaSE oÛtw tûv 7râvTK y^povov w? vOv SiaxEzio-uvîTat, xat»

V/l/ «V£U/3t(7XETO 7TOTE Xai ClTtOÛv î Ô'rt f*£V ^«p f*V piV.Y.lÇ

fivpia. I'tïj StE^àvQavsv apa tov, tote ' yjài''- V à»' où yiyovcV rj Si? TOo-aÙTa s'tyj, Ta f/sv Aat5à)>e.> xaTaijpv.vij ;éyovs, Ta <5é 'Opfiî, Ta Se' ItaXapiSEt, Ta 5e 7T£^t p.<JU7tx»jv Rlapcua xat 0).ijp7r6>, 7r£pt IvpavSè 'Ap-yiovt, Ta S' aXXa aXkoiç TràfjiTtoXka, <û? E7ro? tlrcelv, yfièç x«i Trprj>r,v yiyovoru.

— < L Athénien. Représentons-nous donc quelqu'une de ces catastrophes générales, par exemple , celle qui a été autrefois causée par le déluge. Clinias. Quelle idée faut-il que nous nous en fassions ? UAtk. Ceux qui échappèrent alors à la désolation universelle devaient être des habitants des montagnes, faibles étincelles du genre humain conservées sur quelques sommets. Clin. La chose est évidente. L Ath. De pareils hommes étaient nécessairement dans une ignorance entière des arts, de toutes les inventions que l'ambition ou l'avarice imaginent dans les villes, et de tous ces expédients dont les hommes policés s'avisent pour s'entrenuire. Clin. Cela devait être. VAth. Posons pour certain que toutes les villes situées en rase campagne et sur les bords de la mer furent entièrement détruites en ce temps-'à. Clin. Oui. L'Atli. Ne dirons-nous pas aussi que tous les instruments de toute espèce, que toutes les découvertes faites jusqu'alors dans les arts utiles, dans la politique et dans toute autre science, que tout cela fut perdu sans qu'il en restât le moindre vestige? Clin, Sans doute; et comment aurait-on inventé depuis rien de nouveau en aucun genre, si les connaissauces humaines eussent subsisté dans le même état où elles sont aujourd'hui? Ceux qui survécurent au déluge ne se doutèrent pas que des milliers d'années se fussent écoulées jusqu'à eux ; et il n'y a pas plus de mille ou de deux mille ans qu'ont été faites les découvertes attribuées à Dédale, à Orphée, à Palamède, l'invention de la flûte qu'on doit à Marsyas et à Olympus, celle de la lyre, qui appartient à Amphion, et tant d'autres qui sont d'hier, si je puis m'exprimer ainsi. 1 Ce qui fait dire à Aristote, Mélaph. xi, 8 : ItapaSiSoTat 3s napù twv àp^aicov -xat irap.7raXai«y s'v p.v$ou a%r]p.a.Ti xu-zciàùîip.p.ivu Tôt? vatepov, oTt @eoî te EÔTiV oùtoi x«î 1Ziplï~/J.l TO 0-tov TïjV ÔXjjv yuVtv' Ta 5é Aotrà pivÔiy.ûç »)S>3 ■Kpoanv.zv.i izphç Tïiv izziQà twv ttoW.wv xcà rroo? rrfj Et? toùç vopou? xat tô Gvp-yépov yprjatv * à'jQpMTtoziSû; te yà.p toutou? xat twv ocXXgov Çûwv ôpoîou? TtfftXîyovo-t, xat ToÛTOt? £T£pa àxo^ouSaxat 7rapa7:)iV37ta Tof? dpop.ivoiç ' wv Et Tt? £<upio-a? aÙTO Xaêoi povov tô

TTp&JTOV, OTl 6soj? MOVTO T«? TtpinUÇ OÙffiaC Ef.VKt, 0EI&)?

av iipnaQui voutffEisv, xat xaTa to etxôff 7ro).Xâx<? extprifMVJjf sic to 5'jvaTÔv Exào'TK? xat xkyvciz xat yùotro^ia; xat 7ra).tv yQîipopévow, v.ui ■zu.vruç Ta? ooÇa? Èxstvwv. otov /Etyava TzcpiGiaûvOut piypi toû vOv" >') iièv o\>v irc/.zpios oo:a y.cà Y) napù twv izpùruv Ètti too-oûtov ifiSt fuvipi fxôvpv. r Une tradition venue de l'antiquité la plus reculée, et transmi-e à la postérité sous le voile de la fable, nous apprend que les astres sont des dieux, et que la divinité embrasse toute la nature; tout le reste n'est qu'un récit fabuleux imaginé pour persuader le vulgaire, et pour servir les lois et les intérêts communs. Ainsi on donne aux dieux la forme humaine, on les représente sous la figure de certains

(n) Voyez Ad. Pictet, De l'affinité des langues celtiques avec le sanscrit, p. 6 : « L'authenticité de cet alphabet (appelé Coelbren y licirz) n'a pas été établir, m nifriie discutée, sous le point de vue historique ; mais su perfection, qui égale peut-être celle du Dévanagari est une forte présomption en sa faveur. » On pourrait observer.id qu'Apollonius a trouvé en Espagne des caractères qui lui

animaux; et mille inventions du même genre qui ?e rapportent à ces fables. Si l'on sépare du récit le principe lui-même, et qu'on ne considère que celte idée, que toutes les essences premières sont des dieux, alors on verra que c'est là une tradition vraiment divine. Une explication qui n'est pas sans vraisemblance, c'est que les arts divers et la philosophie furent découverts plusieurs fois et plusieurs fois perdus, comme cela est très-possible, et que ces croyances sont, pour ainsi dire, des débris de la sagesse antique conservés jusqu'à notre temps. Telles sont les réserves sous lesquelles nous acceptons les opinions de nos pères et la tradition des premiers âges. » Clém. -d'Alex., Strom.w, § 27, dit, en parlant d'Aristote , qu'il a pris dans Platon Ta nlda-rot xat xuptû- TaTa T&Jv SoypârMV, la plupart et les principaux de ses dogmes ; et ce n'est là qu'un des faits nombreux qui tendent à établir la vérité de cette assertion, assertion qui frappera nécessairement tout esprit soigneux et attentif qui lira ces deux philosophes comme des écrivains d'un grand poids, malgré la grande divergence d'opinions qui existe entre eux. L'imagination a son champ, que Platon en ait dépassé ou non les limites, et l'imagination toujours précède l'induction, qui n'est qu'un simple organe ou instrument de la preuve. On pourrait dire que Platon symbolise en quelque sorte l'imagination, tandis qu'Arislote, au contraire, symbolise l'induction, quoi qu'en disent ceux qui ne l'ont pas lu.

(17) Le fait des lettres alphabétiques nous pourra fournir un exemple du progrès de 1 invention dont il a été parlé dans la note précédente. Il semblerait, tout bien considéré, que l'original de l'alphabet hébraïque avait quelque chose d'hiéroglyphique; car les noms des lettres ont une signification qui se. rapproche plus ou moins de la forme la plus ancienne de ces lettres telles qu'elles sont parvenues à notre connaissance. Ainsi l'ancienne mém parait avoir été primitivement employée pour désigner Veau, qui est le sens du mot mém. L'ancienne nun ressemblait à un poisson, et le tau, dans le phénicien et l'hébreu, tel qu'on le trouve dans le tableau placé à la fin de la grammaire arabe d'Ewald, était une croix ; le mot semble indiquer un signe ou marque de celle forme-là. Il en est de même des autres lettres. Celle remarque a été déjà présentée anciennement ( Voyez Euseb. Prœp. evang., x, 15; S. Cyril, conlr. Jul. p. 231) comme une preuve que l'alphabet grec dérive de sources étrangères. Or, comme toute la tradition en attribue l'introduction aux Phéniciens, nous voyons clairement que les lettres alphabétiques de (probablement) toute lEurope sont venues d'une source phénicienne. Car pour ce qui est de la question de savoir si l'ancien alphabet celtique ne forme point une exception à cette règle, nous ne croyons pas être en état de la décider présentement (a). Je pourrais également signaler l'usage, depuis un lemps considérable (b), de l'alphabet grec chez les Coptes. Et si l'ancien alphabet enchorial n'a pas été lire, comme le prétend Gésénius (Gescli. des H. Spranche und Sthrijl, p. 139) de l'alphabet phénicien, mais que" ce soit, au contraire» comme le soutient Ideler (Hermapion, p. 80, note 5; lab. ix) l'alphabet phénicien qui en ail élé tiré, il n'y aura toujours qu'une seule et même source pour tous les alphabets dont nous avons faii mention. Sans entrer dans toules les observations de Mêler sur ce sujet, je vais ajouter ici les paroles d Eupolème (ap. S. Cyril, loco cit.) : eùttoXe/xo? èv t<û ne pi twv e'v t» lou'iùty. [iuniXitei) yvjfftv Evapyoj?, Mwc'« 3rj 7tûwtov ytvéoQtxt. aofiv, xat ypaftaaTtx/,v toi? 'lovâaioi? 7r«caSo0vat

étaient inconnus, et qui, au ingénient rl'Olearius (Ad Pliilostr. v, 5) devaient être .phéniciens; mais alors Apollonius, qui était de t'.ilieie, ne les aurait-il pas connus? Pouvaient-ils être celtiques?

(b) Probablement depuis l'Introduction du christianisme. Koyez A. Peyron, Gram. Imguœ copt., p. 2.

DEMONSTRATION EVANGELIQI i . MOUMS.

t,,v ~'j TijvtzàJl T«Xa •*•" VWBfUff/jiwWi "t'C/ivi/t/.,- è( nuf,' ecùrûv (MmtxnicaaïjM t; ràv îniOTâfnn «rt

',»T«»" 'fovîaiotf ' irapaOOÛVtU 0£ TC/if 'I/.//,vca> 7raÎ7t,

j 3f,/(,vciTt ITtU? yJT'Â; 7I70V0T0S /'/( aJrà oé 3t-

3Ô(flCVTQC xà r.pù-.u. <i7'ji/tix. Hoc est : < Lupolt mus,

m libre de Judseorutn regibus, de H ■ -• rerba faciens, :ni i uni Fu use primum -apieutrin, grammaticamque Ira intisse, qux apud illot bodieque forban esl in usii. Pliœnices veio ah iis arleui accopisse, maxliiiecumcsseulfiuiliuiiJudx'is.HosillaïuGiucoruui lillil

tradhli6fe,oura Cadmus riimirum. apud iUosversatus, ipta prima éléments docuisset.i II mesembla permis, dans nue matière aussi obscure, de pentei qu'i \ a daim

la tiadiiion (l'luton, l'Iiœdr. § 134; l'Iidcb. § 25, Lump. Kennicou, uittert. il, p- 148) qui en altnbu.nl I invention à Tiieuili ou la Divinité, quelque chose qui indiqua une origine divine, et qui présente peut-être obscurément Moïse comme ayant été l'instrument et le canal (loin Dieu s'est servi pour transmettre cette invention aux hommes* En elfei, si en considérant la transition des hiéroglyphes aux lettres, telle que Mêler la représente labl. IX, celte transition nous parait lacile, il n'eu est pas moins incontestable que celui qui l'a le premier suggérée ne devait pas être un homme ordinaire (oÙ£ ô tu/ù'jv ùviifi ). II nous est impossible à nous qui avons été élevés dans l'usage habituel d un alphabet, de nous former, je pourrais dire peut-être, l'idée même la plus éloignée el la plus incomplète de la profondeur d'esprit nécessaire pour suggérer celte transition.

Mais revenons à noire sujet : mon but principal dans le texte est de montrer par des exemples qu'on peut faire remonter à une seule et même source un grand nombre de variétés apparentes; et malgré tout le plaisir que j'éprouverais si je voyais que les recherches el les éludes futures tendissent à prouver que celte source, est une souice sémitique, ce n'est pas là toutefois la chose que je me suis proposé de démontrer pour établir ma thèse. Je vais donc passer a une autre classe d'alphabets. On trouve les observation-, qui vont suivre à la page 219 du vie vol. du Journal de la Société asiatique du Bengale : < Il est digne de remarque que dans l'alphabet que l'on peut justement appeler l'alphabet d'Andhra, à raison du pays où il est en usage, on aperçoit une transition graduelle du |lus simple Devanagari à récriture compliquée ou fleurie de la péninsule méridionale. En le comparant avec le Hala-Canara, ou ancien alphabet carnalique, les lettres ri, t, y, r, /, kk, lli, dh, bh, que l'on peut regarder en quelque sorte comme des lettres caractéristiques, parce qu'elles ont subi une plus grande variation que les autres dans l'écriture moderne des différentes provinces, sont presque identiques. Il y a aussi, à la partie intérieure de beaucoup de lettres, un commencement de bride ou crochet qui se montre ensuite plus développé dans l'occident et le sud. L'alphabet Telînga ou Teluga esl encore plus éloigné d'un pas ; mais il dérive directement du Hala- Canara, el conserve dans toute leur intégrité plusieurs des lettres de l'alphabet d'Andhra, particulièrement le dh el le th. » M. Prinsep présente ensuite un tableau dans lequel loul œil accoutumé au Devanagari n'aura pas de peine à reconnaître qu'il esl la base de ces formations subséquentes. Il esl peut-être plus important qu'on ne croirait tout d'abord que nous le soupçonnons, de signaler ces transitions, par la raison qu'il esl dil (par Poil., Etym. Fortchungen, p. XIl) queCrimm a démontré qu'elles sont corrélatives à certains changements élymolog.ques. Je pourrais observer encore, en passant, qu'il semblerait qu'il se serait opéré quelque mystérieux changement dans le cours des siècles, par rapport au degré île diversité el de variété qu'oui subi les écritures. Le lecteur trouvera sur ce sujel une discussion lorl curieuse de M. ne

(i/) Les signes numériques employés par les différents peuples peuvent fournir un édalrciasMienl, un eiemple »cuii i.ible. à quelques égards, à celui qui se liom e d un

Maistre, du l'ajir, i, !•'«, dont je ne citerai que la phrase suivante. « La correspondance mystérieuse entra lea langues et 1< de l'écriture est lehOi

une langue balbutie, IVcri ure balboùera de inciue ; qm-, si 1 1 langue est vague, anbamuAi ei d'une syntaxe difficile, l'écriture manquera démente, et proportionnellement, d'élégance el de claué. » Cette remarqua me parait de la plus haute unpet>

I une, et, a mou a\is, elle esl au lond de loul CC que je dis ici. A» aucuns : le piofe-seur Wilson, dans son Ariuna aniiquu, p, 212, etc., ■< Soutenu, dans un.- discussion, qu. l'on pouvail déduire l alphabet d< -

liaies OU médailles trouvée! M <es lo-ux. A la page

2G0, il signale la correspondance qui existe et ire quelques-unes de < e monnaies et cell s d< s II bieux, puis il ajoute, |». 2tfi : < t>uoi qu il en soi), c'esl pour noui on lut démontré, que nous avons daua les

■ le Ménandre el de -es successeur* un des plus

anciens s ec un lis d un alphabet bien défini de la l.iiniiie sémitique ; » <-t il renvoie à ' Mon.

l'hœn., p. 71. El comme iet alphabei se trouva dans

un tableau mis en regaul de I alphabet Devanagari, ou y voit une autre branche lie- parlant îles

sources sémitiques, indépendamment du grec donl nous avons déjà parlé.

11 sera bon, avant de clore celle noie, de faire deux remarques.

1" Ceux qui ne sont pas habitués à voir différents alphabets doivent savoir que les différences, en apparence les plus grandes possibles, ne prouvent r définitive, contre l'existence d'une - igiuelle

commune, si l'on considère que les alphabets oui elé originairement répandus et propagés au moyen d'inscriptions sur la pierre ou sur la mono lie. Comme ce sont là des matières dures el dilficih - a travailler, il a lailu nécessairement que les artiste- recourussent à des expédients qui onl dû \aiier suivant leurpro,re habileté ou le degré de durelé de la matière su. laquelle ils travaillaient, circonstance qui aurait subi sdde, indépendamment des a ut i es considérations relatives au climat, à l'état moral, etc. , pour amener des variations piesqueà l'infini.

2° Je demanderai si, comme Philoslrale (u, ~1~) <i Suidas (V. CviivoeifurTat) nous portent a penser qu'il existait des rapports eniie Babylone et l'Inde au troisième siècle, il ne serait pas digne de 1 attention d'un philologue d'examiner les signes employé» comme ^voyelles dans les anciennes inscriptions in ieunes, ahn de constater s'il n'a pas pu se I.mv que les divers points-voyelles séinitiquis lui. aie i iti empruntés; une ctude ou investigation de ce ge rail également propre à jeter quelque luiuii r sut la question de la liaison existante eniie la métaphysique cabalistique cl la métaphysique indu-

Concluons. Peut-être qu'après de nain s réflexions il ne paraîtra point hors de raison de penser qu'il y a quelque chose de bien admirable et de bien mystérieux dans bis signes au moyen desquels le langage est, pour ainsi dire, doue el re\elu d un corps et d'une forme permanente. Celui qui ne voit i sérieux dans ces signes («), considérés connue un système disposé et réglé par l.i Providem pour l'usage de l'homme , ne saurait non plus rt< n voir de sérieux dans l'élude d'aucune de < L'absence de c ite espèce de respect, ou pluiùt d'enthousiasme, a peut-être donne lieu à une loinc de spéculations trop précipitées, dont il serait oïlin le de débarrasser la question. Sur ce sujet tomme su: plusieurs autres de i eux qui sont aujouid Lui a Tordre du jour parmi les savants, je ne puis n'empêcher d'avouer que M me servirais volontiers dos paroles de notre graud poéils .«lue crainte aveugle qui Conduit la raison voyante, trouve un terrain plus soir texte, four: iWnt de llumbuldi dans le Jmrnul de U Saenre, année 1850, p. SO0.

ESSAI POUR LA CONVERSION DE L'INDE PHILOSOPHIQUE

lide que ia raison aveugle qui bronche et chancelle sans crainte. > Troil. et Cres.

(18) On a ici en vue l'alphabet arménien. Il est dit que cet al|>habei lut inventé par Mesrop et Isaac, pour pourvoir aux besoins du langage, les caractères syriaques, uunt ils avaient jusqu'alors fait usage, étant devenus insuffisants. Mais il est dit aussi qu'ils composèrent cet alphabet à l'aide des alphabets déjà existants ( Neuman, Artnen. littéral., p. 32). Ideler a déclaré quelque part qu'une des lettres dont il se compose a été empruntée du copte; et Petermann ( 6>. artnen.) que l'ordre dans lequel elles sont rangées a été tiré de Dionysius Thrax. Quoi qu'il en soit, ce serait une absurdité manifeste que de vouloir placer un idiome esclavonique dans une attitude sémitique, si je puis parler ainsi.

(10) Comparez la note 16, et surtout le passage d'Arïstoie qui s'y trouve cité.

(20) J'ai dit dans le texte que le peuple qui a gardé le plus fidèlement la tradition orale possédait également une tradition écrite qui lui avait été donnée plus récemment. Le but que je me propose dans celte note est de démontrer, avec le plus de concision possible : premièrement, l'existence d'une tradition orale chez les Juifs; et, secondement, qu'il y avait chez ce peuple des collèges ou écoles de prophètes, qui étaient formés à l 'élude de cette tradition, et juridiquement chargés de renseigner. La preuve que j'en vais fournir ne sera pas, je le crains, à l'abri de toute chicane, cela n'est pas possible, et on ne devra point considérer les raisons que j'alléguerai comme les seules qui puissent être produites à l'appui, mais comme un simple échantillon propre à suggérer aux lecteurs intelligents et réfléchis des saintes Ecritures le moyen dont on peut se servir pour grossir de plus en plus la masse d'évidence déjà acquise.

Premièrement, on conviendra, je le pense, qu'il y a dans la loi de Moïse une sorte de cérémonial, pour me servir de l'expression usitée en cette matière. Les règles et les ordonnances relatives aux sacrifices et aux oblalions s'y trouvent en grand nombre et dans le plus petit détail, et l'accomplissement en est prescrit sous des peines fort rigoureuses en quelques circonstances. Le procédé généralement suivi par les commentateurs modernes et par quelquesuus des anciens est, à ce qu'il semble, de prétendre que les prophètes ont graduellement abrogé ce cérémonial, et, en particulier, que toutes les sanctions pénales dans l'ordre temporel nom été spiritualités que dans le cours des siècles. On ne me taxera pas, je l'espère, d'opiniâtreté et d'esprit systématique, si je déclare que ma conviction toujours croissante est qu'un pareil mode d'interprétation est insoutenable ; car ne parait-il pas directement contredire le passage suivant de Jérémie, vu, 21 -23? «Voici ce quedit le Seigneur des armées, le Dieu d'Israél : Ajoutez vos holaucaustes à vos victimes, et mangez de la chair de vos sacrifices; car je n'ai pas ordonné à vos pères, au jour où je les ai tirés de l'Egypte, de m'offrir des holocaustes et des victimes ; mais voici le commandement que je leur ai fait : Ecoutez ma parole, et je serai voire Dieu, et vous serez mon peuple ; et marchez dans toutes les voies que je vous prescrirai, afin que vous soyez comblés de biens. » On voit par là que la loi cérémonielle n'élait pas l'objet réel que le législateur avait en vue, même dans le principe; la loi morale avait été donnée d'a- 'inrd dans le Décalogue, la loi cérémonielle ne fut ajoutée qu'après coup à la loi morale, et ce fut à cause des transgressions commises par le peuple. l'oy. S. Iren., w, 17, § 3 ; S. Cyril., de Adorât., i). 58, et S. Ephrein, et S. Jérôme en cet endroit. Mais y eut-il, dès le principe, des interprètes de cette loi î Jérémie continue en disant, v. 25 : i Depuis le jour où vos pères sont sortis de l'Egypte jusqu'aujour-

(a) Aretas, in Apocal. p. 297, edit. Oxon., dit avec raison

d'hui , je leur ai envoyé tous les prophètes, mes serviteurs, de jour en jour; je me suis hâté de les leur envoyer. » Voilà donc une suite non interrompue de prophètes ; c'est un fait hautement et solennellement attesté. On voit que ce n'est pas d'hier, mais bien dès les temps les plus anciens, que la loi cérémonielle est placée beaucoup au-dessous de l'obéissance, qui lui est infiniment préférée. Voyez I Samuel, xv. Pour ce qui est du système des récompenses et des châtiments temporels, n'est-ce pas Salomon, le plus heureux et le plus opulent de tous les rois, qui enseigne que tout arrive de la même manière à tout le monde ; que le juste et le méchant, le bon, le pur et l impur sont traités de même.... sous le soleil.' Eccles. ix, 2, 3. N'est-ce pas David qui avoue qu'il n'est qu'un étranger el qu'un voyageur, comme l'avaient été tous ses pères? Moïse na-t-il pas été exclu de la terre promise dans l'ordre temporel? Asaph n'est-il pas dans la perplexité, en voyant les impies jouir d'une si grande prospérité? Dites tout ce que vous voudrez aux gens de bien et aux saints qui ont des vues assez élevées pour souffrir tout avec patience, en pensant à la récompense qui leur est destinée, toujours est- il que la prospérité desjnéchants paraît tout à fait inexplicable, tant qu'on s'en tient au système des promesses temporelles. C'est dans la loi qu'il nous est annoncé qu il ne cessera oas d'y avoir des pauvres sur la terre; et c'est la loi qui nous exhorte en tant d'endroits et de tant de manières à être charitables envers les pauvres, et qui nous commande de donner des biens temporels à des gens qui, dans ce système, ne le méritent pas. Car si la pauvreté, qui est un mal temporel, était une marque de péché, n'aurions-nous pas raison de demander pourquoi Dieu a pris tant de soin, dans tout le Pentateuque, de faire sentir et de persuader aux riches que les pauvres étaient des objets d'affection, de tendresse et de compassion?

Tout cela doit nous porter nécessairement à penser, apriori, qu'il y a eu dès le principe un système quelconque d'interprétation , lors même que le passage que nous venons de citer (Jer. vu , 25) ne l'attesterait pas manifestement. Et Malachie qui, à la fin de sa prophétie, ordonne aux hommes de recourir à la loi de Moise, nous dit aussi que les lèvres du prêtre doivent être les dépositaires de la science, afin, sans doute, que les enseignements obscui s delà lui ne fussent pas cachés et couverts d'un voile impénétrable pour les générations qui devaient se succéder dans la suite des temps. Voyez JPs. lxxviu; Mat. h, 7, iv, 3, et le passage d'Eusèbe cité dans la note 12. Prouvons maintenant a posteriori.

Secondement, qu'il y avait des écoles de prophètes; que les prophètes y étaient exercés à l'étude de celle tradition, et qu'ils étaient juridiquement chargés de l'enseigner. Pour établir ma preuve , je pourrais faire remarquer d'abord que le Nouveau Testament reconnaît la division de l'Ecriture en la Loi, les Psaumes et les Prophètes , qui est une division introduite par les Juifs; et que, d'après celle division, les livres historiques sont appelés les Anciens prophètes. Conformément à cela, nous lisons dans les livres des Paralipomènes (/ Pwralip. xxix, 29; Il Paralip. xm, 22; xx, 34;xxiv, 27) que les prophètes ou voyants étaient employés à composer ces livres, ce qui semblerait indiquer qu'ils étaient chargés de recueillir les faits qui avaient un sens typique ou figuratif, et de les grouper ensemble sous ce point de vue, sans faire la moindre attention à l'ordre chronologique (a). En effel, ces livres portent pour litre D'UTTflD, au livre second des Paralip. xm, 22, et xxiv, 27, mot dont la racine in.lique toujours quelque chose de mystérieusement caché et difficile à découvrir; et c'est dans ce sens que les Juifs avaient coutume anciennement d'employer le mol lui-même. Si donc les livres historiques sont avec raison regar»

ses

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