ARTICLE III
Que la foi catholique ^appuie sur l'autorité, non sur les raisonnements.
12. De tout ce que nous avons exposé jusqu'ici découle, comme une conséquence nécessaire, celle importante vérité, que la vérité catholique s'appuie sur l'autorité de
ita persuccessiones ab initiodecurrenlem, utprimus ille episcopus aliquem ex apostolis, vel aposlolicis viris, qui tamen cum apostolis perseveraverint, habuerit auctorem et antecessorem. Hoc enim modo ecclesia apostolica census suosdeferunt : sicul Smyrneorum ecclesia habens Polycarpum ab Joannecollocalum referl ; sicut Romanorum Clementem a Petro ordinatum edit : proinde utique et < œteroc exhibent quos ab apostolis in episcopalum constilutos aposlolici seminis traduces babeant. Confingant taie aliquid bœretici (Terlullian. de Prcescript. cap. xxxil, edit. Pamel.). t Que les lecteurs remarquent attentivement que dans ces passages de saint lrénée et de Tertullien, quand on dit église, et qu'il s'agit d'enseignement publiede la doctrine de Jésus-Chrisl, sous le nom li'églhe, on entend toujours l'évèque, comme Tertullien entend Polycarpe par l'Eglise de Stnyrne, Clément par l'Eglise de Rome, etc. Tel est le langage constant de toute l'antiquité, que nos modernes adversa res s'efforcent en vain de changer, entendant par le nom d'église , même quand il est question d'enseimiement. non-seulement l'évèque, mais encore le clergé secondaire et tout le i euple.
(I) Saint lrénée, en parlant de l'Eglise romaine et en la citant comme la gardienne lidèle cl incorruptible de la tradition apostolique , par la doclrine de cette Eglise transmise jusqu'à nous par la succession de ses évéques, réfute et confond lous les hérétiques et toutes les hérésies. Et il donne la raison suivante, qui est très-remarquable, de cel appel à la doclrine et à la tradition de 1 Eglise romaine : < Ad banc enim Ecclesiam propler poliorem principalilatem necesse est oinnem convenire Ecclesiam , hoc est eos, qui sunt uinlique, fidèles in qua seinper ab bis, qui sunt undique, conservai;» est ab aposlolis Iraditio (Lib. ni, cont. hœres. cap. m, n. 2). >
« Ul jain non simus parvuli fluctuantes, et circumferamnr omni vento doctrines in nequitia bomiuum, in astutia ad ciuiiinventionein erroris (Ad Kph., iv, I4).i
DEMONSTRATION I VAHGI L1QI I
PE^lis* il nun sur li raisonnements de notre esprit. Pour taire un acle de foi, il faut élre bien certain de la révélation d rine; or, la
révélation étant un fait, Hic ne peut é ri connue avec certitude que par le moyen de ces témoins que Jésut-Chrisi a cbargi
garder et de transmettre à la postérité le dépot de son enseignement. Ces témoins sont
les évéques seuls considérés en corps et unis au pape, leur chef: donc notre loi repose sur l'autorité et sur le témoignage de ce corps joint à son chef. Je veux pour le moment mettre de côté l'infaillibilité du pape seul, que je fais au reste profession de croire et de soutenir. Je veux me conformer à l'opinion et au langage de ceux qui nient cette infaillibilité, pour ne pas soulever une question qui n'a pas besoin d'être décidée [tour le but que je me propose présentement. Et ceci soit dit une fois pour toutes. Quand le témoignage du corps, dont il est ici question, est prouvé de telle sorte que nous sommes moralement certains de son existence, alors commence pour tout vrai chrétien l'étroit e obligation de croire l'article qui est l'objet de ce témoignage : alors doivent cesser toutes les spéculations et tous les raisonnements en sens contraire. Tout ce qui se présente alors à notre entendement pour nous détourner d'nn consentement prompt et entier à cet article, nous devons à l'instant même employer tous les efforts de notre esprit et de notre cœur pour le rejeter , l'éloigner de nous comme étant une suggestion du démon , quand même la chose nous paraîtrait claire et convaincante. C'est là se faire enfants, comme parle Notre-Seigneur Jésus-Christ : Nisi conversi fueriiis , et efficiamini sicut parvuli , non intrabitis in regnum cwlorum (Matth. xviu, 3). La simplicité et la docilité des enfants ne cherchent pas des raisons et des spéculations pour croire une chose qui leur est proposée : pour eux l'autorité de celui qui la propose suffit. C'est là soumettre notre intelligence et la réduire en servitude, pour rendre hommage à la parole de Jésus-Christ, dont parle saint Paul, s'écriant qu'il avait désarmes spirituelles, puissantes, pour abattre et détruire tous ces remparts, que l'orgueil de l'homme a coutume d'opposer à la force des enseignements divins: Nam arma militiœ nostrœ non carnalia sunt, sed polentia Deo ad destruction?™ munitionum consilia, destruentes et emnam allitndinem extotlentem se adversu* scientiam Dei,
(\ ) i Quid enim contra ista sentiat catboliea Bcctasia quoi! amedicendum pntasti, snperfluo quseritur, cum propler hoc scire sulficiat e:un contra isla scutire. (De lianes, ad Quodvulldeum in fine; edil. Maur.) »
(2) « Ego islam qua;siioiiein prolïindani senlio, et ad ejus fundum rimandum vins meas idmuas non agnosco. Libel nie et liic exclamare quod Paulus; o altitudo niviTiAïuJM ! P.irvuliis non bapti/.alus pavait in damnalioiiem (aposloli enim vcrlu sont : Ex unn in coiidenmalinncm). Non salis invenio dignain causam, quia non inventa, non quia non est. Obi ergo non invenio in prolumlo profuodum, attead re debeo humanam infirnrilateai, non damnare divit tn auctorilalem. i Et le saint docteur oppose colle autorité comme un bouclier impénétrable à tous les
il >i em redi'/'-ntes omnem inteltec-
t m m obtequium Chh II t tu m th. x , k, '< . est là enfin ne pai vouloir être plus
qu'il ne convient de l'être, dont parle le même apôtre: Dieo enim par gratiam, q«v data est mihi, ■ ni tunt inter vos : non
rapt », 'jnnn <>ji iTitt sajjtre , fi s'iji<re ad sobrietatem, et unicuiqut sicut l)eu$ di<itit tnemuram fldei l: . \ , La saj incarnée a choisi, pour instruire les I mes de la doctrine qui regarde leoi éternel, un moyen très-facile et à 1 i p de tous. Elle ne \ cm.I pas qu'ils examinent et qu'ils raisonnent en philosophes : elle veut qu'ils apprennent le» vérités historiquement par l'organe de ces témoins , dont la chaîne non interrompu • atteste la révélation : immédiatement de la bouche même de J Christ.
13. Les paroles et l'exemple de saint Augustin devraient être efficaces auprès des jansénistes, et les convaincre, eux qui «e vantent d'être d'une façon si étrange et particulièrement les disciples de ce saint docteur. Donc, après avoir décrit les hén diverses, qui avaient pris naissance dans l'Kglise jusqu'à son temp;, il ajoute cette règle générale : a que c'était une chose tout à fait superflue d'aller rechercher les raisons pour lesquelles lT'glise catholique professait une doctrine contraire à ces erreurs (1). >> D'un autre côté, les pélagiens ayant objecté au saint docteur qu'ils ne pouvaient comprendre comment le péché d'Adam se pr page dans l<>us ses descendants, et comment les enfants non baptisés encourent la peine de la damnation éternelle, il répond aussitôt en avouant qu'il ne le comprend pas lui-même, et il proteste de ne pouvoir traitera fond une question si difficile. El il ne rejette pas néanmoins pour cela les articles de la propagation du pe( lie originel et de la damnation des enfants non baptisés; mais il y lient fermement appuyé sur l'autorité divine de l'Ecriture et de l'Eglise, et l'on ne doit jamais rejeter celte autorité, par la raison que la faiblesse de l'esprit humain ne peut comprendre les choses proposées à notre croyance. Et les pélagiens, dit-il encore, devraient cependant comprendra une bonne fois la règle principale, ta fondamentale de notre loi, qui consiste à s'en tenir à l'autorité de l'Eglise, qui p trio ,.u nom et de la part de Dieu, et abandonner les vaines spéculations des hommes (î .