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/ ; |, N:i . \, S. il dit : "Evttl [r.hn) av-j-taift^ «7To roâ
ESSAI POUR LA CONVERSION DR L'INDE PHILOSOPHIQUE
(TM/xarftf Soxei. Hoc ett : « Nonnulla (moralia) autem et a oorpore vidcnlurproficisci. » El Platon, quoique suivant un système différent, s'exprime ai^si (Piiœd-, 8 20) : Kai yào TroÀî>ou? xkI <tt«<7E'Ç xat \xv.ya.ç , oOSiv a)lo7rcpî/£[ ij tÔ a-Mpia, xa( a! toutou sTrt6uu,iat. « Car qui est-ce "qui suscite les mésiiilelligencs, les disputes, les sélilions, les guerres parmi les hommes , si ce n'est le corps et ses insatiables passions. > Pour empêcher qu'on ne se méprenne sur la vraie nature et sur le véritable sens de <e fait, nous ajouterons le passage suivant de saint Augustin, contr. lui. Pel. iv, § 10 : i Qui dit it impium justum esse in iledictus eril populo et odibilis in genlibus (Prov. xxiv, 24). Eliam virtutibus veris gentils prjedices abund.ire; quanlo, inquain , sjlius hœc ipsa in iis dona Dei es-e fâtereris, 6ub cujus occuliojudicio nec injuslo, alii faluii alii tardis-imi ingeuii et ad intelligendum quodammodo plnmbei, alii obliviosi, alii acuti memoresve nascuntnr, alii uiroque munere prœditi.et acute intelligentes et tenaeissimaî memoriœ thesauro cognila recondentes; alii nalura lenes, alii levissimis causis ira facil'itna ardentes, alii ad vindicte cupidilatem inter utrosque médiocres; alii spadones, alii in concubitu ila frigidi, ni vis omnino moveantur; alii libidinosissimi , ut vix omnino teneaniur ; alii inter utrosque et moveri faciles et teneri; alii limidissimi, alii audaeissimi, alii neulrum; alii hilares, alii tristes» alii ad nihil borum pn.clives; nec eorum quœ commemoravl aliquld inslilnlo ac proposilo, sed nalufa; unde medici audent ista tribnere temperationibns corporum. Quod elsi probari vel nulla existerte, vel omni finit» quœslione polui set; nuinquid sibi quisque corpus condidit, et hoc ejus tribuendum est voluntali , quod mala ista naluralia migis minusve perpetilur? Nam prorsus ea non petpeli , cuin hic vivitur, nullomodo, nulla ralione, quisquam potest. Nec tamen, sive a maxims, sive mimmis urgeatur, fas est ut dicat ei, qui se finxit , quamvis omnipotenti, juslo et bono, quare sic me fecisti? Et de jugo gravi quod est supra tilios primi Adam, nemo libérât nisi secundus Adam. Quanto ergo lolerabilius illas quas dicis in impiis esse virlutes divino muneri potius , quam eorum tribueres tdntummodo voluhtati , licet ipsi hoc nesciunt .ionec, si ex itlo sunt pnedeslinaiorum numéro, accipiant Spiriium qui «x Deo est , ut sciant quœ a Deo douata sunt iis. » Saint Augustin admet ici comme un fait que la constitution naturelle est une cause de tentation à certains péchés particuliers; et il en conclut que les païens qui ont surmonté ces tentations, ne l'ont fait que par l'aide de la grâce (a) cachée de Dieu, étant incapables sans ce seconrsile les surmonter avec leurs propres forces.
(31) Saint lMaire, in sancl. Auqusl., ibid. u , 27 : i Meinoreseï conscii illa ipsa corpora noslra omnium viiiorum esse maieriam, per quam polluii et sonlidi nihil in liobis inumlum, nihil innocens obtincmus , gaiideamus nobis es^e hoslein, in cujus coiiceriatium: quodain conceriationis iiostrœ (nnslri?) bello dimicemus. > (omp. Saint Archel. Casch. Contr. Manei. xviu. « Oaudel anima enrpore, et diligit et colil illud; niliiloiniiius eliam corpus gaudet, ab anima se vivilicaïuin. Quod si mauVni opus dicat esse quis corpus; cum sit et conuptibile ac vetuslum atque detefrimum, non p itesl ferre spirilus virlulem, i.ec anima; conunotioneni et ejus splendi lissitnam creattiram. i
(32) Ari-tote, Elh. Nie. i, § 5 : luvapt9uoufy.;vr)v 5s iîi'.v w; «tpJTWTÉcav [lezù. toO D.a^iaxov t«v àya9âiv. Hue est : « Quod si cum aliquo vel minium liono conjungatur (copia rerum) crit ilimirum optabilior magisque suineitda. >
(33) lbid. il, ver$. fin. : 'Ev nvvn 3è p;â>tTT« <j»v)kxxiov to «8ù xai -rriv ïï8ovr)v" où yàp àSsxoto-Tot xotvojxtv
(n) lo mot qrâce est quelquefois employé dans un sens restreint, polir siguilier le don de la glufre et de la gr i' e, qui reii'l les clii'élinn* lélés et les uiri eu eut de foire i(p* huiiuc* U'iivres; quelquefois aussi il »e freud dans un sens plut général pour désigner l'assistance que Dieu
«ùtïW. Hoc est : In omni aillent negolio quhiquid jucundum est, ipsamque adeo vnluplatem , Miiumo studio viiare opqrtel. Ejus eniinnun incorrupti judices siinms. i
(34.) Platon» de Lrgg., I, i4 : Tl à' 6Vav ski/iicû- (liv tjvk (p:§sçôv Tzrjitïv pfrà §iy.yiç, 5é' o\)y. «vkio-^uvtioJ Çuuë?XXovT«ç «ùtÔv Y.alnjjon'/ij^èi.Ço\ruç vixftv 5£t7roteîtf Stauaj^ôuev v aùroû t«î? v-,Sovi<fç; ■» t>) jJ-èv SiaiTjj ta iv
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T'.O yétlOlZO 7TÛOJ «66TÏÎV ; gPvypiwV 8c OÇ.K Ts).£&)f s'fftat f/lî 7T0À OÛÇ tôbVIXtç 7.0Ù £7Tt(3\Jf«C<{? ffpoTpSTTOVÔ- IÇ àv«t(T-
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£tr9 ÔtXTt? 6E0? îâwXSV «v9p&)ft•0lÇ■, W(TTê OTZOGV ■Xll'jt OU
èOëkoi ref Tzivè'v «Otoû, to«70ùt&) ftSXXov aùzôv voutÇsiv* SvcTTU^n ycvÉTGàt v.ai «po€«a0>t Ta Tzupovra: voX xafiA- Xovrot aùrS 7ràvT«? j«» t. \. i Quand il s'agit d inspirer à quelqu'un la crainte de ce qu'il doit craindre, n'estce pas en le mettant aux prises avec l'impudence, et en l'exerçant contre elle, qu'il f.iul lui apprendre à se combattre lui-même et à triompher des plaisirs ? N'est-ce pas en luttant sans ce&se contre ses penchants habituels, et en les réprimant, qu'il faut qu'il acquière la perfection de la force, tandis que sans l'expérience et lusagede ce genre de combat, on ne sera pas même vertueux à demi.'1 Sera-t-il j mais paifaitement tempérant, celui qui n'a point été aux prises avec une foule de sentiments voluptueux et de désirs qui le portent à ne rougir de rien, et à commettre toutes sortes d'injustices, qui n'a p: s a; pris à les vaincre par la réflexion, et à pratiquer une méthode suivie dans ses amusements comme dans ses occupations sérieuses, et qui, au contraire, n'a jamais éprouvé les atteintes des passions?... Quelque dieu a-t-il donné aux hommes un breuvage propre à inspirer la crainte, en sorte que plus on en boit, plus on se croie malheureux, plus on sente augmenter sa Iraveur sur le présent et sur l'avenir? >
Et i'h ni, § 14 : 'E7T£ tris tkiviSo; ô^oû/zçvot -coùx-nç Eupwxov y.u.Tu.f\>yriv «ùtoff ùç aûroùf fji'.voxtç ctvat x«t toÙ; Ssoùf • Taûr ouv aÙTOÎf 7ràvT« yckiuv «),)-r;><uv Ivînoui o ^pôëoj o TOTf 7r«pwv, o té c'x vôuuv t'7jv £"f/.7Tpoff9ev yeyo-
V&>J , OV SûV^£Ù0VT£f TOÏf TTpQlftiV WO/iOtf ËxittTlQVTO , VJV
«t'3û TTO/iàxt; èv xotî «vw Xôyotf etnou.ev, h yod 8ouïeùetv ê<f<x'j.zv Sfïv Toùf p.elXovT«f àyaOouj £'c£o-0ai, r,ç ô Bïilà; iltvQepoç xai âfofio; . i Appuyés sur celle frêle espérance, ils (les Athéniens) comprirent que leur unique refuge était dans eux-mêmes et dans les dieux. Tout conspirait donc à resserrer l'union entre les citoyens, et la crainte du danger présent, et la crainte des lois gravée dès auparavant d»ns leur âme, qui était le fruit de leur fidélité à les observer, et dont nous avons souvent parlé plus haut sous le nom de pudeur; ce sentiment qui, disions-nous, fait les âmes vertueuses et rend libies et intrépides ceux qui réprouvent, t
Et dans le Protagoras , § 35 : Kc.i vùtov Uç ■nup tfioû tÔv p.o Suvàf«vov a SoOç xat 8ix»jf (xni^tiv xieïjnv ùç -.ôaov zHç Tzàitoç. i De plus, lu leur imposeras, de ma part, celle loi : de mettre à mort quiconque ne pourra participer à la pudeur et à la justice, comme étant un fléau de la société. >
On voit par ces passages toute l'importance que Platon attachait à la honte comme chose utile et d'un puissant secours dans l'éducation.
(35) Aristole , Rhet. Il, G : "liaTw 5>j aùrx àvq Xôff» Ttf i ■tapax'n nepi Ta sic à3oÇt'av yaivopeva yip stv tûv xkxûv, >j 7rapôvT&>v , ^ yeyovÔTwv, « ueXXovtwv. « Sit aulem pudor dolor quidam et confusio in iis qux ad
donne aux païens et aux autres hommes qui sont encore hnrs de l'Eglise. Dans ce dernier seus elle peut êire comparée a la chaleur du soleil, en tant que considérée en dehors de cet astre: et dans le premier, a la chaleur tilale qui lui est inhérente et renfermée eu lui.
off nsionem existimationis videntiir pertinere, malis, :nii prasentibOB, :ini prssteritis, lui futuris. > El silleurs : Tav< 'AB1 waL/ntouhwt ■'■'>",/ xùr^vvovnu. i El soi uni qui bempi r affeclurl sont, in:«f;i~. pa let. i (56) Aristole, Mélaphyi. n, 4 : o>' mol Hvùtin /•/< si SioXôyoi fxôvov é poynvecv rov irifitcwû roO roôc aùroùr, éuâv oJ wArywcijffBV Btovc y/^ irwovvTff "«r ùp/v; /■/• h OlÛV •/'. l'ti'.Z'j; , -.'/■ii, ytvtrâun» TOÎ
ta ôvôfuera yvwptfia XtyovTic BVTOÏf' //i rà rrt^l
)099Opi( rfiv altiliiV xinlp r,j's; lipfouilOC*' il pM
V*/5 /.'",''' û8°*ûs Siyyâvouiriv, ovOfo airia roû wxTae /«■ rj kuSpoai ' i' Si roC uvat, irfif bv euh y oim Sféfuvoi roopq;; « Hésiode et ions I s théologiens nom cherché qaece « i ni pouvait les convaincre euxmêmes, et n'ont pas songé à nous. Des principes,
ils font îles dieux, cl les dieux ont proilini toutes choses; puis ils ajoutent que les êires qui n'ont pu {roûié l1' nectar et l'ambroisie sont destiné-, à périr. Ces ex: I rations avaient -ans doute un sens pour eus ; quant à nous, nous ne comprenons même pas cominriit ils ont pu trouver là des cause-. Car, si c'est tu v e du plaisir que les êtres louchent à l'ambroisie ri au nectar, le nectar et l'ambroisie ne sont nullement causes de l'existence; si, au contrai e, c'est en vue de l'existence, comment ces êtres seraientils éternels, puisqu'ils auraient besoin de nourriture? i
(5 ) La principale raison que nous fournit lTcriture de représenter les anges comme usant de nourriture est la phrase D't^x On?, qui se trouve dans le psaume lxwiu, 25, et qui a été interprétée an— dénuement (voyez la Sagesse, xvi, 20, et les Septante) dans le s», .s de. pain des anges; un Midrash (ou ancien commentaire mystique) l'explique de la nonrriiure dont u-ent les anges. Au livre de Tobie, vu. 19, Ipsparoles de l'ange parai-sent indiquerqu'il avait une autre viande à manger, mais qui évidemment devait être d'une nature spiiituelle. O.i peut citer ici quelques passages de- Pères à l'appui de ce que non- disons. Saint Justin, martyr, Dial. cum Trypli., p. 279, dit en parlant des anges envoyés à Abraham : "A77B- ).ot -û> ovTi flffCtv y.où èv toî; ovpctvoî;, oÛAOV ioriv Qttïv, TPEoôftEVOl, xav ari ôuoiav 7povr,v VfSp o' avôou7roi /cj-
[*sè«, TpéyovTat. Hoc est : « Angeli rêvera fuere ; ai-
que in ceci s, ut nobis salis patet, illi , quamvis non
eodem alimento quo nos homine» iitimur, aluntur. i
Saint Atbanase, in l'sal. lxxvii, 24 : o) fiôvov tû
flCCVVOt TV. O'ÛltBTB ET0S0EV, à)Xy. xaî \oyiY.fi Ttvi y.ui oypysÀ'.i Svvàu.£t St.Tpeisv cwtwv ■zùç -L-jy'/î, oivmp «u£)ec otKTcé^et val to-'jç bvvÉXou; ' xat tovto pèv e'cti xaj èx toû ijuvrîeo-fxoC ('Ssîv.T'.") Ziir.ip èv iizuyw/i) eir:H rà, Kat ROTOv oùpBVoO bSuxev aOrotç. Ktti ôi oj5;v rçrrov -/at e'x tov AirocrroXov tj.yOtiv 7rsf,i ecùrûv etV.ïixoTOî tùf irvtv/ucrtxôv E«wyov Bpûpa' toùto r]É r,v ô vCv S.pro; àyyiXuv ôvo/xzÇopivoj. Iloc est : i Non solum manna corpora itutriebat, sed et rationabile quadam etcœlesti virtute alebat enrum animas, sicut rêvera eliam alit angelos. Atque illud potest ex conjunctione aniinadverli, qua; quasi in quadam addilione jacet cum dicilur, £"/ panent rœfi rfedit cis. Nihilnminus autem possumus id ex apostolo ediscere, qui de illis dicit quoil spintualein cibum comederenl. Iliud autem erat quod hic punis angetorum vocatur. i
La question de savoir si les anges prennent de la nourriture rentre tout à l'ail dans la question de savoir ce que c'esl qu'un corps spirituel, et si les auges ont un corps de ce genre comme l'ont pensé Ttrtullien, de Corp. Chris i, m, 1 1 ; S. Cyril., de Adoritt., p. 214; et autres. Questions qui peuvent ('•lie même s.dulanes à ceux qui n'en prennent pas occasion de déprécier la nature, des anges, mais bien de traiter avec respect et une pieuse crainte celle même des corps. C'est ce que les paroles suivantes de saint Cyrille sont particulièrement propres a nous bien graver dans l'esprit. Il dit, p. -'>', d : jr/yt7&>v lyerviv RvO/Mtirof, tô (tivim Aiyotv oupeevoûaaJ
DEMONSTRATIOM EVANGELIQUE. MORRIS.
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Il dit encore de même, p. r.'ît, après :i\nir de
nouveau Cité les paroles du p-aume < i-dessus indiqué : T[Â-fi-vt wp m mt »v xat («rw t'.'jt eTTi -
i xai Bproc o rptKun àjjùois /■*> mtùpuam Iotpos A<
Du môme SSJOt Auj., *^rm. rfe Temp. 194, 2; )%, 3; Greg. Nai., »prr». T.7 ; Ongene, rf<> Ora/. p. M, Fell.; ureg. Nyss., de llom. opi[. p. 95; ce dernier l'ail remarquer (|ue ce n'est pas d'une nourriture grossière, iii.n- de toute parole sortie de la boucln- de Dieu, que vil l'homme. Ceux-là ne professent pas une opinion différente qui regardent la sagesse et la science comme ia nourriture des anges, puisque en JéMis Chri-i sotll cachés tous les Irésors de la sagesse el de la science, et que c'est par lui, soit par la parole ou par la sagesse, par la science ou par un pain, ou par la manne, que Dieu le Père soutient tout ce qui e-t dans le ciel, sur la terre el sous la terre.
(38) Voyez ci-dessu» Dial. i, n. 76; et Dial. n, n. 22. iml.
(59) S. Aug., Contr. Jul. Pel. m, 59 : < Si boniias operalionis ejus subtrahatur lormandis promovendisque seminibus, el viviOcandis qmbu-que viventibus, non solum gignenda non aguuiur, sed ad nihiluiu pemtuseiiim genila rediguuiiir. i
(40) Buller, Diss. i, discute l'emploi du mot «irm< appliqué aux piaules, et préien I que, strictement piila, ii, il ne peut le >r être applique a diflerentes époques de leur etistence. Clément d'Alex., Stromates, n, § 101, paraît penser quelles ont un principe vil. il auquel il donne le nom iVAme ; el il n'e-i pas cl iiieimuent den outré qu il n'y a pas en elles quelque chose d'analogue à une âme, qui ne pu— éd.- que les facultés dont jouit lame des animaux dans le ventre de leur mère. Je ne veux pas ici exprimer une opinion, car je n'en ai pas sur ce point ; je veux uniquement noter ce que dit Clément d'Alex, comme s accordant avec la division indienne des clicmobiles el eu immobiles; ces dernières sont subdivisées en deux classes, celles qui ont vie et celles qui n'en oui pas.
(41) L'analogie entre le développement de l'homme et celui des plantes est souvent marquée dans ture; nouez Job, xiv; I Corintb. xv, etc.; ce qui lait que les Pères en oui aussi souvent parlé.
i 12] Quiconque voudra se former une idée d'un esprit fini, trouvera, j i pense. qu'il entreprend là une tâche bien difficile. Il me semble beaucoup plus concevoir les esprits pr seuls partout que finis, i Non pas que je pense, dirai-je avec l'évoque Butler. /. itre iv, p. »S9, qu'il y ail dans le mode d'existence des esprits quelque chose qui correspond plus di menl à la manière d'être du corps, mai- qunl i (e que c'est, el quel esl leur mode d'existence . je ne saurais m'en limier une idée, i S. Basile, tf mm, -1, reniai que qu'on peut dire d'un ange qu'il e-l numériquement un, mais non pas ea nature, puisque, comme il en esi de l'homme, il n'est pas parfaitement simple, o'JTiav yàp ui'i àyioTixov ti.v toC ).ou ■JTTOTxaa-iv ewoovusv. qiiippc ettàtiùm cum sanclimonia Injposlasim angeli inlelligimus. Voici une conndération qui esl peut-être d'une grande importance
dans la question qui nous occupe ; ( esl que tous les
êtres qui ne sont ce qu'il- sont que pai parii ipation à ce qui appartient à un autre cire, doivent Décessairetnenl cire snjetS ■ quelques limitations, comme, par exemple, par rapport a l'espace pour quelques-
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uns, puisque l'idée de participai ion suppose nécessairement qu'on n'a qu'une partie seulement de ce qui est en la possession d'un autre. Cela ne résout pas cependant pleinement la difficulté , tant il est difficile de déterminer ce que c'est que l'espace, et plus encore « quelles sont les relations de l'Etre absolu avec l'espace, i comme Butler le remarque aussitôt après. Et lors même que les esprits, anges ou hommes, seraient limités par l'espace, il se peut faire que leurs facultés de voir, d'entendre, et les autres (ou celles qui leur sont analogues), soient d'une portée incomparablement plus étendue que les nôtres, comme l'enseigne saint Grégoire, Moral, n, 3, et ne soient pas arrêtées et bornées par des choses qui sont un obstacle infranchissable pour nos âmes, lesquelles n'agissent que par l'intermédiaire d'un corps grossier et matériel. Votjez note 44, plus bas. Un esprit réfléchi verra que ce sont là des questions sur lesquelles il est de la plus haute importance d'avoir les opinions les plus probables, lors même <ine la démonstration en serait impossible. Car la probabilité est le guide de la vie, et comme li plupart des spéculations métaphysiques, elle devient une règle pratique de nos actions.
(43) L'Ecriture dit expressément que Dieu a établi la terre pour toujours, mD' Dbiyb, Ps. lxxviii, 69, et qu'elle a été formée d'une manière si ferme et si solide, qu'elle ne peut être ébranlée, Ps. xcvi, 10. Elle dit également, en parlant des deux, qu'il (Dieu)
les a faits pour subsister à tout jamais, Dviyb lyS, Ps. cxlvih, 6. Conformément à ce langage des livres saints, les Pères enseignent généralement que la terre ne doit point être anéantie, mais qu'elle doit être renouvelée après avoir subi sa dissolution (Il Pet. m, 10). Voici comment s'exprime Teiiullien, de Cor. vi : < Dei œinulus universam condilionem, certis usibus homini mancipatam, cum bomine corrupit. Unde eam et apostolus invilam ait vanitati succedisse. » Voici maintenant la note du docteur Pusey sur ce passage : Comp. Âdv. Ilerm. cil. Saint lrénée, V, xxxit.l, et xxxvi, 1 ; saint Hilane, in Psal. clxviii, §2; saint Atnltroise, Prol. in Expos. Ev. sec. Luc.;Hexaem. i, 7 , § 22, y compris l'âme humaine: episl. 34 , ad iloront.; Origène, H omit, iv in Ezcc/i.,§2; saint Grégoire de Naz., Oral, i iniul. iv, 15; saint Chrysost., in loc.; Tlieodorel, in loc. et Gai. M, 15; Procluset Epiph., llœres., lxiv, 51; OEcumenius, ad II Petr. îv ; Gaudentius, sertit. 3, inil. Bibliolh. Pair. V, p. 948; saint Jérôme, in Isu.xxw. fin. 51,6 seqq.; ftlaxiinus Taur., Bibliolh. Pair. VI, p. 48; Ambrosiaster, ad locum ; Auct. de Proni. dimid. teinp., apud Prosp. c. 20 ; «t enlin Sedulius, Collectanea, ad loc, Bibliolh. Pair. VI, p. 518, pensent que l'Apôtre parle ici du rétablissement de la nature créée. Celle délivrance de la créature dont ils parlent, conformément à l'Ecriture, s'opérera par sa destruction même. Assurément, il (Dieu) détruira le inonde. Il y aura de nouveaux cieux, et alors il n'yaura plusdenuit. Ambr.de l'Aia c. 21, fin. § 80.— Far où (Psal. eu, 26) l'on voit que si les cieux périssent, ils ne seront pas pour cela entièrement détruits, mais changés en mieux. Jérôme, ni Isa., n, 6. Comp. saint Aug. de Civ. Dei , xx, 16 ; Chrysost. ad locum; Méthodius, de Les. § 52; saint Cyril., 1er. xv, 2; saint Athan., Euseb., Prosp., Cas- Biod., in Psal. ci, 26; Proclus, /. c, cl § 32; OEcuroen. /. c, Gaudentius,/. c; Greg. TA., Mural. xvn,9; »" Job. xxv, 24; Auclor de Pr ont. dimid. lemp., I. c; HegychiuB aussi, l.v inLevit.,c. 18, entend par créature la nature créée, ainsi une le fait saint Ephrein, ni •' <', i, lin. n, p.250,E. D'un autre côté, saint Augustin entend par la la nature humaine, dans ceux qui croient actuellement ou qui croiront dans la suite, Quœsl. 83, qu. 67; Propos, de Epiu.adRom.; Prop.WÎ m Prise. et Urig., c.8, in Ps.cxxv,§2; en quoi il est mi.vi parGrex. M., Moral. îv, 54; m Job, m, 18, et «.elase I, 7 r. "> conti . Pelag. apud Labbe,ConcilA.i,p. 1248. Origène de môme, ad hçum, parait également
supposer que le passage en question a rapport à la sympathie qui existe entre l'âme et le corps; mais toutefois (en quoi il est suivi par Sedulius, loco cit.) sans en excepter les anges et même les archanges, en ce qn ils combattent pour nous, Dan. x ; saint Hilaire, de Triait, xn. 5, et saint Cyril. Alex., Thés. xiv, 1, loin, v, p. 170, edil. Par., emploient ce texte contre les ariens, puisque le Fils, s'il a été créé, doit être nécessairement assujetti à tout ce qui y est exprimé; ils devaient donc admeitre que toutes les créatures, celles même de l'ordre le plus élevé, y étaient comprises. Les saints ange», d'après Théodoret (ad locum), et probablement d'après saint Greg. N >z., loco cit., sont compris dans la phrase l ule la création, i Peut-être que, comme la majorité des interprètes s accordent sur l'application qui est faite du texie, on pourra regarder le passage cité dans la note suivante, comme lui donnant une prépondérance bien marquée.
(44) Butler, Analogy, p. 115 : c Toute chose a son contraire, suivant l'expression d'un ancien auteur. Notre nature correspond à notre condition extérieure: sans celte correspondance ce serait quelque chose d'impossible que la vie et le bonheur de l'homme; vie et bonheur qui sont , par conséquent, le résultat simultané de notre nature et de notre condition : car il ne faut pas entendre ici par vie humaine l'action de vivre dans le sens naturel du mot, mais toute l'idée complexe qu'on attache d'ordinaire à ces deux mo's. En sorte que, sans déterminer quels seront l'occupation et le bonheur, ainsi que la vie particulière des justes dans 1 amre vie, il duil y avoir certaines capacités déterminées, certains caractères et certaines qualités nécessaires, sans lesquels on ne peut qu'en être absolument incapable ; de même qu'il doit aussi pareillement y en avoir sans lesquels les boulines seraient incapable de leur état de vie actuel. > Il dit encore dans le même sens, p. 40, i, 1 : t La mort peut nous placer dans un élal de vie plus élevé et plus vaste que ne le fait notre naissance. » Ces deux choses, l'état de vie et les capacités, sont corrélatives ei se supposent mutuellement.
(45) Saint Augustin, Conf. îx, 28 : < Quierentibus utrum non forinidaret tam longe a sua civitate corpus relinquere. Nihil, inquit, longe est a Deo; neque timendum est ne ille non agnoscal in tine sacculi, unde me resuscilet. t
(46) Aristole, Anal., Post. i, 8, p. 76, b, 25 : Où* SOTW v~o')i<Ttç où<$' aîrr)y.a. o àvà'yxrç eivai 5t' aura Jtat SoxEtv àvà-yx»?- où yùp npôç tov s'î-ro Xdyov 15 à7roSsiÇtf, uhkv. npôç tov Èv tyj i'vxy, inti où§£ o"vMoyi.o-fxoç' àe'
*fùp É'o-ftV cVOTrjvat TXpiç TOV sÇû) ),6'/OV, CÙ.1V. ITpOÇ TOI»
£o-u Àoyov où* «st. Hoc est : i Differunt auteni pluriîuum suppositio et poslulalum, ab iis principes quai ipsa perse tan tam tideui habent, ulsituecesse ouines iis assenliie. Neque enim demonslraiio, ut nec ipsa ratiocinalio, ad id perlinel quod verbo aul aflinnatur aul negalur, sed ab interiore sensu viin habet , eumque semper respicit. » De même, saint Hilaire, de Trinit. x, p. 197 : « Secunduni humanœ nature consueludinem nullus est sermo non obnoxius contradiction!. »
(47) Arist., Soph. Elench.,cnp. i,6:'Uà7r«T») yivsTat p.«"/).ov f/ST1 ù/l'.>v ay.onojui-jotç ri xa9' «ÙtoÙî* à yùp fx£T K/),r,)v o"xéi|itî St« Xoywv, r> Se xk9 aÙTOv où/ ïjttov 5c* kùtoû toù irperçi/MtToç; Hoc est : i Primuni quod per hujusniodi caplionem in erron m potins induciniur dum aliquid cum altero tractauius, quam cum animo eaindeiu ipsain rem apud nos exagitamus. Alqui verbis absolvitur omnis sermo, qui cum altero confertur; quod vero apud nos tacite cogitatione traclaiiius, non tam a.l verba quam ad rem ipsarn perlinet. »
(48) Orig. in Levit., ix, 7 : Cum lasciviunl oculi vel per illicitas conciipiscenlias vel per speetacula diabolica, quid aliud nisi igncni sil)icoiigreganl?Cum aures non averlunlur ab aiidilu vano, ac derogationibus proxiinoruiu; cum maniis a cxde nequaqunro,
DEMONSTIIAIION EVâNGELIQUE. MOIlRIS.
nec * rapinis ac deprœdationibu» conlinentur; rmn )if i es vil'» ••- «uni :nl effuiidcmlum aanaininota ; rumque corpus ion Domino aed f< 1 1 ni< aiiuni tradiiiiiig, i|uiil aluni niai lotuaa corpus IhHImi in gelieiiiiatn J Ai ha-c < nui (liruniur, MHMR^Iul li • !>•- m tur. Onnrr ' (|ina Iule- decsi. Alio piin si lilti hoilie «Im'i r- lur quia juibx MBOMli vull le crastmn vivuin •'un fro, il bis audit » ai easet uniits diei spaiium lit»»-: um, quanta lacères? Qunmodo el per quoi discurreres? quain lugens et quain sordnlus ■ Inrraresî Nonne eflumb res onnu'iu pecuniam luaiu in eos quoriini intercession*' evadere posse te crederes? Nonne (iiiini.i ijtice BOasid g redemplionem lacères animalu;e l Qiiod ai eii.nii aliqui* le retardare aul impedire leniaret, nonne dicerea : Pereanl ouinia pro ^aluie ima, nec quidquam remaneat touln ut ego vivam? Hoc qnare ftjjrreoT quia inde non dubitares : hinc iluliili-. El i li h Ueiie Domiiius diril : im •» teniens Filiut hominis inveniel fidem super 1er mm? El quil ego decerti- indobiinlisnuo pi-nculi»? Taniuiiiiiiiiilii si causa dkenda lit apud judicein tericnuin , qusn aliqaem nnlui'i ex teflbdf haliere videalur , nonne omnibus vigilis eicubaïur, aitvocalo patrono inuuera pra?parantni-, eliamsi ancus periculumsil, nul etiaiu BOliut noix inclus vel damni ratio/ Nos qnare non «rediront quoi omnes adttubimus anle tribunal Dei , ut repoilet unutquitque propria corporis prout gessit $ive bona $'ue mala? >
(49) L'impassibilité de l'âme e9t enseignée dans les Védas. < Nous ne reconnaissons pas la doctrine qui suppose que l'assassin tue, on que l'assassiné est tué, cet (être spirituel) ne lue ni n'est lue. i Passage cité par le professeur Wilson, Visch. Pur., p. 135, noie. El ailleurs, p. 252 : < Notre union avec l'esprit suprême est, à ce que l'on dit, la grande fin de tout ; mais cela est taux : car une substance ne peut devenir une autre substance. » Sur quoi on fait observer dans la note que « cela ne doit s'entendre ainsi qu'en tant qu'il a'appli |ue aux doctrines qui dislinguenl entre (esprit vital (Jivalina) et 1 e i i il suprême (Paramalma), la doctrine de Yo?a. (Xi dit ici qu'il est absurde de parler d'union a ellecluer entre l'âme de l'homme et l'âme suprême, car si elles sont essentiellement distinctes, elles ne peuvent se combiner ensemble; si elles sont déjà une seule et même chose, il est absurde d>i dire qu'elles accompliront leur union. La grande lin de la vie ou de la vérité e9t, non d'effectuer la réui.ion de deux choses ou de deux parties d'une même chose, mais de savoir que tout est unité. » De même encore , p. 650. < Les propriétés de peine, d'ignorance et d'impureté sont
celles de. la nature (Pracriti), et non de 1 âme
Quand une âme est associée a Pracrili, elle est viciée par l'cgoïsme elle resie, et prend les qualités d une na ure plus gros>ière, bien qu'elle eu demeure essentiellement distincte, et soii incorruptible. » Buriiiinf, préface du Bhag. Puran. xlvi, note, dit : i La deslruciiou dite Alyaniika, c'est-à-dire delinilive, est rideniilicalion de l'âme individuelle avec le suprême Br.thma, identification a laquelle le yogi parvient par la science, i
(50) Vithn. Pur. 633, note. Ces saints mortels,
3 m ont -O'gneusemenl honoré Vishnu, cl qui se sont islingués par leur piété, habitent, au temps de la dissolution, dans le Maharloka, avec les Piliis, les Minu», les sept Risbis, les divers ordres des esprits célestes el les dieux. Lorsque la chaleur des flammes qui détruiront le monde atieindra le Maharloka, ces saints personnages se rendront M Janaloka dansleurs format subtiles , deslinrs à élre de nouveau réunis à îles corps doués des mêmes capai-iics que ceux qu'ils avaient eus d'abord, quand le monde sera renouvelé au commencement du kalpa suivant. Le kalpi don durer tout le temps de la vie de lli aluna ; à l 'expiration desa vie, tout sera détruit ; niait ccuviui auront alors alleiui une résidence dans le Bralunaloka , en ^'identifiant en esprit avec le supiéme esprit, se-
ront enfin absorbés dan* le Brahma à qui seul appartient foitaancti
(Si) I'- paatagl la saint l'a'il auquel il est fait ici allusion dans fa telle ■ I i BÇU Bfl CCI tenues, / Theit. v, 2" : \ .v. ',: S H -,; -t.; tifàtm i/'/iuaut vf*«; c>OTi)tïf' x«i '. «au «
'fJ/.'< '■"■ T'J a*&W «^iJtTrT'-Jf Jv Tp ■nv.L'. ji'j t.O k j^iov miM \r,7fj"j XfiTTOj Ti,f,i,'jiir,. i Que le Dieu île paix tous sauclille lui-même en toute matière, atin que tout ce qui est en vous, l'esprit, I àme et le. coq.-, t| conservent intégres et sans tache, pour I avènement o> Notre-St igneuf J^us-Cbrist, » Samt llilaire a rai-nn dédire (de Trinit. iv, p. 33j que i in • rébus non fréquent. us dicta, sed laninni dicta snlficiunt ; t en sorte que quand même la division de la nature defliomnie ici donnée n exisleraitpa> ailleurs, ce texte ne cesserait pas pour ce'a d'avoir de l'importance. Mais, coinuie anjourd lnii la doctrine qui s'y trouve exprimée n'entre guère dans la théologie de certaines gens; comme elle e-t de la demiéra importance dans la théologi*- pratique; comme, d'ailleurs, on la rencontra en divers endroit! l'e l'Ecriture, j'en vais parler ici un peu plus au long, au risque de répéter des choses déjà indiquées dans le texte.
1* On peut remarquer sur le passage lui-même, que saint Paul donne a entendre que les chrétiens auxquels il s'adresse sont déjà en possession de certaines choses qu'on p»ut appeler facultés nu dons, et que l'on peut perdre a différents degré»; autrement il ne prierait pas pour qu'elles se cousi-rvenl dans leur intégrité el sans tache, il prie le Dieu de | au, comme s'il voulait demander qu'il n'y eût point jamais de schismes dans les trois choses spécifiées, el emploie ce verbe au singulier, quoique précédé de trois subsianlils , de la même manière que dans l'Ancien Testament, l'unité el la paix éternelle de la irès-sainie Trinité sont indiquées par l'union d'un nom pluriel avec un verbe singulier, comme r bat N--2, etc.
2° L'esprit dont il est ici parlé est ce don surnaturel par lequel A lam était ce qu'il était dans le paradis. Il e>i appelé quelquefois le don de la gloire et de la grâce, quelquefois simplement gloire, quelquefois le souffle de vie (rTCWJ). Ces! là le sens le plus rigoureux et le plus restreint dans lequel il soit employé, bien qu'en d'autres endroits le u ot esprii soit employé dans un sens plus large, comme ByBOnyne peut-être d'rime; il est possible cepmd.nii qu'un examen plu> sévère de celle sorte de p;iconduise à une conclusion to te diflëfeiite. Ainsi , quand saint Paul, Il Cor., vu, i, parle de saleté ou souillure de la chair el de l'esprit (i xat frveduocTof), cela peut signilier le> soui lures ou l'impureté résultant du corps ou d'un esprit «ouille el impur.
5° Il y a plusieurs textes qui présentent rette même division de l'homme en trois parties, soit que ces trois parties s'y trouvent spécifiées, soit que la distinction ne porte que sur l'âme et l'esprit. Au sujet de celte distinction, Origène dit (in Jonn. vi, s, 7), qu'elle apparaît dans une foule innombrable de pissages. J'en vais citer ici trois ou quatre, sans si ceux de la première classe de ceux de la seconde. i Que mon àme n'entre pas en participation de leurs secrets, que ma qloire ne se trouve janii» réunie dans leurs assemblées. » "n; "îtp ~s. m, \lix, 6.... « Ma gloire se rejouii, ma chair aussi reposera dans I espérance, car vous ne laisseic; pas mon àme en enfer. > /'s. x\i, 9, 10 ; ce , -i employé
conne les apollinaiisies par saint Cyrille, de lucarn. MX, apud tti.j . M m. Coll. nova. \n. < Que l'ennemi . me mon .une, qu'il loule aux pieds ma vie sur la terre, et qu il réduise ma gloire à rien, i /'>. mi. 5. Ailleurs encore. El Marie dit : Mon àmt glorifie e Seigneur, et mon etpni s'esl réjoui < n Dieu n.on Sauveur, i Saint Luc , n. 40. « Reveillez-VOUS, nia
ESSAI POUR LA CONVERSION DE L'INDE PHILOSOPHIQUE
gloire, réveillez-vous, ma harpe et mon luth ; je me réveillerai de grand matin; » où la gloire est distinguée de la personne de celui qui parle. Ps. lvii , 9. « Mon cœur est fixé, je chanterai et je glorifierai ; oui ma qloire, etc. » Sx miD, cviu, 1 (a). Baruch , m, 1, cité par saint Allian. contr. Serap., i, 7 : « Mon âme dans l'angoisse, et mon esprit dans le trouble poussent des cris vers vous. > Et dans le cantique des trois jeunes hébreux : « 0 vous , esprits et âmes des justes, i Enfin, Ep. aux Uébr iv, 12 : i La parole du Seigneur... pénètre jusque dans les replis de Vâme et de l'esprit, jusqu'aux jointures et aux moelles.» 4° La division île l'homme en esprit, âme et corps, n'est évidemment pas une division logique : car une division logique ne confond que des parties qui ne rentrent point l'une dans l'autre; et, à proprement parler, re n'est pas l'homme , mais le chrétien , qui est ainsi divisé (d'une manière non logique) :
'Huîîç '/àp où p.Ktnv cîÙtov <pap.€v iiti toù 7Tvev)^aTlxoO, pr) ■KpoaxiG:i.y.iva.i to AvQpunro;' ypurzov yùp r] c'v9pw- 7TO? ô irvsuf/KTtxôç, TOÛ àv9po>7TOV Y)TOt èv i^Zf' ») Ëv awpLun ri iv avvv.u'fozépoiç y/pu.Y.T:r)pi£,oy.i'jov , oùj^i Se xai èv roi toutojv Ôsioripw 7rveù[/.aTi, oO xkt« usto^cv iVivpv.TovGav y^pnu.c/.zi'Çsi ô Tmiipr/Tixô?. Ong., til Joan. il, § 15. Hocesl : « Nos enimdicimiisnonabs re noinen lionnuis (a Paulo) prxlermissum, cum spiritualem diceret, <o quoil praeslantius quiddam spirilualis sit quant honio : nempe homiue, vel in anima, vel in coipore, vel in utrisque formam accipiente : non ila vero in spiritu, his longe diviniore : secundiim cujus parlici^alionem prœvalenlem est spiritualis. »
5' Le chrétien n'est autre chose que cet homme naturel, après qu'il a recouvré ce don surnaturel qu'Adam possédait. C'est ce qu'enseigne saint Cyrille, contr. Anlliropom. 2 : 'Ettsi où f/o'vov ),oytxôv iy^priv
Ûw.l, àtlù. Y.'A ïlviVf/.'S.TQÇ «floU fmO^OV, IVU. ).«£t7TjOOTË-
povç iyri zov; ya.fiuv.Tr)fJu; ?hç Ûeictç fvrrtoç èv «ùt&j , ivîfùcQGfj a\)T'J> itvor,v (Toijç. Toûto Se iaii tô ot YtoO xri \vjm\ Hxistl yopriyovjjsvov IIvîûp.« , Y.'A OMUopy.ovv cùto iiç ttà'jÇ to ùvonà-w, tout s'ort tô Ôstov" ôzt yà.p où* iiç ivyjilv àvôpwTrw to ÈjOupuffv-jôîV aÙTM yiyovE jrvrjota, oJtô firtv e'tç voûv , ûf o,'ovzui Ttvsç , êarrj ÈvTîOQsv iSitv. Nomtov fxiv ô Èfxyuaïio-a? 0s6î voEtrs't, tô Si ïij.yjnrJlk-J i% aùroù 7t«vtwî 7rou vosïrae /ai tStov aÙToO, r/tot Tr;? oùaiaç aÙTOû* v.za. ttwj kv tô èy. ©coû 7rvsûaa psraCsQ./jTat et? yùffiv i|/u^r;ç ; x. t. )i. Hoc est : i Cum v< ro id non (animal ralionale) tantum ralione pnedilum esse oporterel , sed etiam sanelî Spirilus particeps, ut illusiriores in se haberet divinyc i attira? ( haracteres , insufflavit ipsi spiii luiii vii;e. Hic. aulem est spirilus quiper Filium rationali creaturae est suppeditalus; qui quidem ipsam transformai in formant etninenlissimaui, hoc est, divinam. Quoi enim s|>iritus homini insuillattis non cesser it ipsi in animant, neque etiani in menlem, est quidam exislimant, hinc videre licet. Primum quidem, qui insufllavit Dens intelligilur : quod vero ex ipso insufflaium est, propi ium nmnino censenduni est ejus, niiiiiruui esseuliae ejus. Alqui qiinnam pacto spiiitus ex Deo emissus mutalus est in n attira m anima?? etc. » Presque hninédialementaprèsen parlant de ce que. Jésus-Chrisl dit aux apôtres, en souillant sur eux : Recevez le Saint-Esprit, il s'exprime en ces ternies : AvavîoiTiç yo>.p ta? ùpYot.iet£ iy.tivn; Sojpîâ? xc.i toO 5o- 6êvtoç rialv Èpi<pi/o"/iftaTOf to O'.k Xpiazw yéyovi-j àvajj.opf>v-j ïifiâç tlç tov TzpCnnv etytffffu^y , val ivaxoftiÇou t/,v àvdpÛTrovi <pù(7iv à; iv ca:a.pyjri toiç àyioiç «77C<tto- >otÇ tl; tov vyr.fiev y.r/.'t iv tt^wtïj z«i«îzEUfj oo&s'vra •nuit «ytcMxuôv ib). Hoc est : « Instauratio enim v> lens illius doni et itisulllalionis nobis dat;e, irisullla-
(d) Voyez pour plus ample informé sur le mot gloire, ]ps disse lalioou de M. Mswman sur la justlucatioo. L'Ancien Testament, et plus particulièrement les Psaumes, avant pour olijci ultérieur les chrétiens , les prophètes n'avaient p»8 besoin de l'avoir eu\- mêmes en vue dans ces expre sions, <"rsi nous qu'ils avaient en vue. Vovez cepemlaui » la suite, 5 ■>•
tio per Chrislum fuit, transformans nos in primai» illam sam iilicationem, evehensque humanam natnrani Veluli in primitiis sanctis apostolis, in eam quœ olim et in prima ereatione data l'uerat sancliliiaiionem. > Ce don surnaturel peut être appelé notre esprit, de la même manière qu'il est dit que les esprits des prophètes leur sont soumis, comme s'ils étaient en leur possession propre; ainsi que le r< marque Origène, in Joan. vi, 7, Ae5cuf>ïjfxévK aÙToïç Ù7rô ©eov, oîovit èxsivov bvofj.â'ÇsaQa.1 zT/iastra. De même qu'on peut abuser de l'un de ces dons surnaturels, on peut également abuser de l'autre, dont il est ici question. C'est lui qui sanctifie l'âme et le corps, qui donne à l'âme la prépondérance sur le corps, et qui la rend capable de converser avec l'autre monde par la prière et la méditation. Son efficacité est dépeinte par le même admirable auteur, en ces termes, dans son commentaire de ce verset du Lévit. h, 2 : i Anima quœcumqnc peccaverit cornm Domino, non volunlate. Recie an main dicit quam peecaredescribit ; non enim spiritum voo<set quem diceret peccaturuni. Sed ne homiitem quidem hune diceret, in quo nequaquam imago Dei pec< alo interveniente constaret Non ergo est spirilus ille qui peccat : Fruclus enim spiritus est, ut describit aposlolus, charilas, gaudium, pax, palientia, et cneirra bis similia, qua; etiam fruçtus vita;appellaniur. Dei.ique et alibi dicit : Qui seminut in came, de carne metet corruptionem; et qui séminal inspiritu, de spnitu melet vitam œternam. Quoniam ergo abus est qui séminal et alius est in quo seminalur, sentinatur Matera vel in carne cum pei catur, ut metatur corruptio, vel in spiritu cum secundttm Detim vivitur, ut metatur vita alterna ; con>tat animam esse qit33 vel in car :e vel in spiritu seminat, et illam esse quas vel in peccatum ruere possit vel converti a peccato. Nam corpus sequela ejus est ad quodeunque delegerit, et spirilus dux ejus est ad virtutem, si euni sequi velit. > Mais quoique ce don soit plus particulièrement un don chtélien, tellement que jusqu'à ce qu'il lût descendu sur la terre, on pouvait dire que lEsprit n'avait pas encore été donné (Joan. vu, 3!)) ; il se peut l'aire cependant que les patriarches l'aient possédé au moins en partie, et que les païens eux-mêmes en aient eu quelque légère participation, avec cette différence toutefois, qu ils n'y arrivaient qu'au prix de longs t avaux, tandis qu'ii est communiqué sur-lechamp et tout à la fois au chrétien dans le baptême. Je ne discuterai pas ici jusqu'à quel point tous les rites des Juifs étaient des annonces ou anticipations, quoique faibles et peu sensibles, des rites chrétiens, non-seulement à l'extérieur, mais même à l'intérieur ; je ihe contenterai de dire qu'il parait probable que les p aiiarcbcs i!u moins furent mis en participation dans une certaine mesure, des fleuves de g' âce dont leur langage annonçait de loin l'existence. Il ne sera pas sans intérêt, pour ce qui regarde les païens, d'ajouter ici deux ou trois passages tirésdes Pères. Saint Justin, martyr, Contr. Trypli., s'exprime ainsi qu'il suit : fn*l yup hXztcoii , aÙTO toioOto-j eIvoh to toû vov ôfxfxoi , y.u.i npôç toûto >jfuv SeSôoQcti, ùç Sûvairôat y.aOopiv aÙT8 ey.sîvo to ov sîkiy.pvutt o:ùtiù Ix-ivu , i zr~>v voïjt'jv krràv- -otv (tiTiv axxiov, où y pô)uu ïyjiv , où aynuu , où jucye- Ôo- , oJoê oùSèv on iiy(loù.p.hç filénei , àX).« ti ov tout' c.i/TO (fr,u.i, ov Ë7ri/.siva nàrry); oxxjiaç, o'Jrt (Outov o"tï ù'/OptVTOv, ài/à fxovov za)ov y.a':. àyv/JÔv , i&u<yvt)Ç Ttxïç tu Tzefi/y.vixt.; ipvya.îç tyyivofiîvov Sf.à tô o-uyyevÈ? yai speazu. toù (oËO"6'/t. Tiç ouv lîfftv, e")eys, axiyyéveicf. •xphz TÔv 06ov èo-tiv ; H y.'/i. ri ^/\)yj) Oîïa y.u'i. «ÔorvaTo? irrn, ym «ùtoù sxE'vou toû fîu.'TViy.Qv voû pèpoç; wf 8s ixsîvoç opà. tov fclsov, 0JT6J y/i i\p.lv Ë'^txTÔv tû r]p.erépw vû> <TiA-
(b) Voyez, pour plus ample informé, le traité de l'évêqiio Pull sur l'état de Plionune avam la chute , particullôre.ineni |i 'JO-94. Cet écrivain a envisagé d'une manière assez iiiiéress.inie l'Importance (l'une dootrine dont Mœbler, dans sa Symbolique, fait le Sianripwikl pour combattra les hérésies qui se répandent de tous votés.
DEMONSTRATION EVANGËLJQUE. MOIUUS.
XaSftv T-j 6fî6V| /'/( tc ij-i .'jt-j r,->o txnatumi»', tri , olv, iipriv. Hoc est : « Dicil étendu Plato, intuli ego, ipsiim mentis oculum lalemesse,etadhoc oobif daium, ui liocipsosiiK -ero ipsuru illud quod liiEnsoonspioere
queamusrquod omnium eorumqua: in lelligeiiiia(elsensu) percipiuniur, causa Ml, nequc colorem obtinens, iieqiieforrnaiu,neque magniludiiiem, neque qiii«)c|uam
311111I oculusoernil. Sed idipsum quodsit, quiddam esse ico longe supra omnemeseenliam, Ineloqnibile, ineffabile,soluinquepulohrum elbnnum, illico hcnena lisant' misiusitum, propter cognationera, Btqoeenni qnovideri en pi l amorem. Qua: vero, dixil ille, nobis est cum peo cognalio! Muni ci ipsa anima divins et immortalis est, et illius imperantis mentis particulaT Atque ut illa Deum videt, sic, el nobis permissom est mente nostra Divinilatem complecii, et exinde jam aonc bealii esse? Uiiinino, inquaui. i
Talion aussi, écrivain qui ne mérite pas, il est vrai, autant de confiance, lions offre beaucoup de lémoi-
? nages en ce genre, dont voici un petit extrait, p. 50 : AniÀivev «,ixâ; to « ^TcÇf,ûo,'Civ , SoûAot ytyiwtun ni iXgûOîcoi , otà tw àfiabrUci ÎTrpâOq/xfv ' oùStv tpavkov •ùnô toù Beoii 7r£7rotijT«t , rà» nmnapuat ifult KvewiÇtcf*ev" o'. 5è àvaSetÇavTSf Swktgc ttk/iv 7ra&aiT»io"aa0ai.
A'JO 77V£VlfiKT'.JV S UfOpà; tVflffV QfUCÇ, ÙW TO fXCV Vv't.iï-
xui i^yri, to ôi. pftÇav (iê'v Tijr ^«X^f ' ô»0^ Se gtxùv xat îptoi'.JiTtf' iy.d-npa. Se 7rafô: toiç -npôitoiç ôlrâpysv, tua to un rt uni 0/txoi . to Si àv<ÛT£pot tjjî' uXqf. Hoc est : i Perdidit nos libéra voluntas, et qui liberi erainus, in servitutem redacli el propter peccaluni venditi suuius. Nihil inali facluui est a Deo, nos ipsi produxiniiis iuiprobilatem ; eam vero qui produxerunt denuo eliain repudiare possunt. Duo spiriluum gênera nos agnosciinus, quorum alterum anima vocalur, alleruin vero prasiantius est anima, imago scilicet et similitudo Dei : utrumque autem priscis hominibus datum erat, ut partim materia confiaient, partim eam superarent. >
De même encore Clément Alex., Stromates, v, § 89, p. 698 : 'EvtïGOev o! ùwfi tov nuôxyo&av Osioc (xoipa tov voûv sic ènQpûit'ivç qxsra fixai , Y.<Aà.r.ip ifXâtuv /.ai \\pKTTOzHr); ôfzoAoyoGo-tv' ùlX r,ueïç pièv ~y 7i£- 7rt(7T£U)tÔTt7r/)oo,£7ri7:v£to"6«i to «y tov Dvsvfucyafuv, 01 0£
RUf) £ TOV U/SCTUVK VOÛV f/£V £V l}v/»j Oiiuç jJLoiùUÇ «"00-
potav \ir.Upyowa., •fyvyjnv Si iv atUpLuti xaTOtxiÇo-jo-tv, àva^avOov yào §iù lcor)A évof tùv Sûoszx 770oyr,T&iv gîprnai' — Kat s'otoci justk T«0-a, èxyîô) ùno toû DvsûfiaToV pou èfù Ttûauv aûpy.u, r.ui o; vioi Oaûv xai «î 6uy«Téû£f û/^îiv TrpoyjjTeOo-ouo-tv ' — àXÀ' où^ tôf p-écoç Qcoù ev ÉxaTTU >jfii)V to Dvcù^K' 07TGJJ Se >j otavoari
aVT>3, Xaî 0 Ti 7T0Té ÈffTt TO âyiOV IlvsOfta £V TOÎf TTSpt
■npo'jirrriiu; xàv toîj 7r£pt tyvyjnç eKiSïiyôriai'zu.t. jjutv" «W.à t« f«v ta» •/VcoffEtos' p«9>j y.p-JTz-ii-j — àrtori»? «7«6>ï — xaO' 'H/3ax).£tT0v, «7r£o-Tt>j y«p ôiayuyyavsi. fi»j ■ytyvùitTy.eabui. t Voilà pourquoi Pylhagore déclare que l'ùileiiigence a/rive à l'homme par une influence divine. Platon et Aristole s'accordent là-dessus avec Pylliagore. Pour nous , chrétiens , nous disons que le souille de l'Esprit saint est envoyé à celui qui possède la loi. Suivant les platoniciens, l'intelligence est une émanation de l'influence divine ; l'âme est sa demeure comme le corps est la demeure de l'àme. En ellet, Joël, l'un des douze prophètes, dit formellement : — Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront. — Qu'on ne s'imagine pas néanmoins que l'Esprit soit eu chacun de nous comme une parcelle de la Divinité. Cumulent a lieu celte répartition ? qu'est-ce que l'Esprit saint? Nous l'expliquerons quand nous vieillirons à traiter de la prophétie et de l'àme. Terminons par ce mol d'Heraclite : — L'incrédulité n'est bonne qu'à dérober aux regards la profondeur dos mystères ; l'ignorance i en effet, se retranche derrière l'incrédulité. >
l'iaton a reconnu aussi (voye* Tennem. Platon. Philos, iv, p. jl) que l'homme n'est pas méchant volontairement cl de son propre consentement, bicu
que mi nUOTajiei M IfOM soient des actes volonlain -. \in-i, il paraîtrait qu'il y aurait uue douL lontc, et par conséquent une double personnalité dans I nomme, dilhcullé que la doctrine qui nous occupe en ce moment \ient expliquer. Car puisque c'est
lame qui pèche (toyex Ongeiie, cité plus haut), la chair qui y est attachée lui duiine de la prop< au p> (lie tandis que l'esprit qui lui est uni lui donne de la propension à la vertu el a la sainteté. Ainsi cette apparence d'une double volonté vient de te que rime est, ponr ainsi dire, intimement péuétiée et influencée par deux pouvoirs opposés. Les païens, qui ont déclaré sentir ces deux pouvoirs opposé- apr on
eux-mêmes, attestent par la même qu'ils possédaient
le (Ion divin dans une certaine mesure, mais indubitablement dans une petite mesure. Comment peut-on dire qu'il y a une lot dans nos membre*, sans celle liaison si a Imirable el si étroite entre l'àme et le Corps, en vertu do laquelle celle loi qui appartient proprement à l'esprit est dite habiter en eux? « Spiritus spirilali niuuero adjutus adversus carnis concipiscentiam conenpiscit, > du saint Augustin contr. Jul. l'el. v, § 5b. Les païens donc, quoiqu'ils n'eussent pas reçu la promesse, avaient cependant sur eux des signes et dos marques de la grâce, tels qu'ils montraient clairement qu ils étaient issus d'un père déchu, el non d'un père qui n'aurait pas eu de dont il pùl déchoir. L'homme naturel avait besoin du don surnaturel pour pouvoir satisfaire ses propres désirs; la la'ble d'un âge d'or n'était qu'un tissu de faits extérieurs, fruits de l'imaginaliou, el appropriés à la condition intérieure dont ces désirs si vifs et si ardents attestaient la perle.
De même que l'esprit de l'homme est présent dans toutes les parties du corps, qu'il voit, entend el sent de loutes manières en lui el par lui, de sorte qu'il n'y a pas d'intervalle sensible entre l'acle du corps et celui de l'esprit; de même que toutes les tentations, ou du moins la plus grande partie des tentations de l'esprit sont ressenties par le corps el exécutées par lui, si elles viennent à être mises en action, de sorte que l'on puisse dire que l'esprit qui y succombe est charnel, non pas qu'il devienne matériel dans le sons littéral du mol, mais en ce sens qu'il esl sous la grossière et ignoble influence de la matière ; ainsi, d'autre part, l'esprit du chrétien est présent dans tous les actes de 1 àme, et par l'àme dans plusieurs des actions du corps également; c'est par l'esprit que l'on se trouve porté à faire le bien, dans un sens chrétien ; par l'espril que l'àme sent comme il laul, c'est-à-dire qu'elle éprouve de la crainte et de l'amour; par l'esprit qu'elle voit comme il faut, c'est-à-dire qu'elle a la foi ; par l'esprit qu'elle entend les communications intérieures de l'esprit de Dieu, qu'elle goule sa tendresse el les biens du siècle à venir, el qu'elle i le doux et suave parlum d'un encens teleaie. C sel par lui que le corps el l'àme dovieuneiil spirituels, qu'il» participent d'une nature spirituelle el celcsie, qu'ils se trouvent mystérieusement unis et connue fondus ensemble dans une union et une paix mystérieuses.
G" Mais de même que le corps peut devenir spirituel (car il y a un corps spirituel), de même aussi il peut perdre le don de l'esprit par les péchés que l'une commet en lui el avec lui. De moine que la parole de Dieu a le pouvoir de diviser l'aine cl l'esprit, Dieu peut aussi, par ses anges, le^ -
comme avec le tranchant d'un glaive dans celui dont
l'àme pèche, et lui awngaer son partage avec les infidèles. C'csl là la vraie mort de l 'homme : comme la séparation de l'àme el du corps est la mort naturelle, ainsi la séparation linale do I esprit d'avec 1 àino et le corps est la mort étei nel o. On peut citer a l'appui et comme explication de cette doctrine le passage suivant de saint lieiice. v , (> : « Qoum spinlUS tw nwuus anima: uuilur plasmati, propter eftusionein spiritos, spiiim.ilis et perfectiuj boom lacius est; et
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hic est qui secundum imaginem et similitudinem foetus est Dei. Si autem defuerit anima» spiritus, animalis est vere qui est talis, et carnalis derelictus imperfectus erit; imaginent quidem habens in plasmate, similitudinem vero non assumens per spiritum. Sicut an loin hic imperfectus est; sic iterum si quis lollat iinagineni, et spernal plasma, jaiu non hominem intelligere potest, sed aut parlent aliquam hominis, quemadniodiim prsedicimus, vel aliud aliquid prœter homiiiem. Neque enim plasmalio carnis ipsa secundum se homo perfectus est, sed corpus hominis et pars hominis. Neque enim et anima ipsa secundum se homo, sed anima hominis et pars hominis. Neque spiritus homo ; spiritus enim , et non homo vocaiur. Commixtio autem et unilio horum omnium perfection hominem eflicit. Et propter hoc aposloliis seipsum exponpns explanavil perfeclum et Sfiritualein salulis hominem , in prima epistola ad Tltessalouiceiises dicens sic : Deus autem pacis sanclilicet vos perfeclos , et integer vester spiritus, et anima, et corpus sine querela in adventum Domini Jesu Chri^ti servetur. Et quam utique causant habebal his tribus, id est, animai et corpori, et spirilui, intégrant! et |ierfectam perseverationem precari in adventum Domini, nisi redinlegralionem et adunitiouem triuin et unam eteamdemipsorum sciebal salutem? Propier quod et perfecios ait eos qui tria sine querela exhibent Domino. Perfecti igilur, qui et spiritum in se perseveranlem habuerinl Dei, et animas et corpora sine querela servaverinl : Dei, id est, illani quai ad Deum esi, fidem servantes, et eam quœ ad proxnimm est, justitiam custodienles. > Et ailleurs, n, 55 : ïlàv-zz; ol ds Çonjv èy/pafê'rct; àva<TT>j(70VT«t iSiu zyo-jiz; o-Ûuktsc v.u'i iSiu; ixjyùç '/.'A ïStu ttvsÛuktr èv ol; z'jopéo~Too~«.-j :û Qtù. Ol Sz tri; y.o/.ô.o-zo>; uttoi KlteHtxHTOVTca zi; fh't avTriv y.uj. càroi iSlc/.ç gjjOvTïff t/uZ«î S!«t i5f« ffwft«T«j èv ci; ùt:zo-tvo~u-j ùr.b Th; toO 0£oO yùpno;. Hoc est : « Omnes quicumque sunt des< ripti in vilain, résurgent, sua corpora el suas habenles animas, et suos spiritus, in quibus placuerunt Deo. Qui autem pœna sunt digni, abibuiit in eam, et ipsi suas habenles animas, el sua corpora, in quibus abslilcrunt a Dei bonilate. >
Comparez v, 7, saint Ephr., serm. in Vs. cxl, o, in fin. Comparez en même temps saint Basile, de Spir. sanclo, xvi g 40 : o;. \vr.no-miz; xb IIvjOimcto «.'/an tô TrosuoÎKTwv ii:ixiQos\>pur.Twj kCtûw] ol urj i—zpyuaota-.-joi T';) ooOsvTi, ù'jic/.tpz'mo-'j-jT'/t'i zù.riyucrvj, zi; irépoxi; y.zruxi'liu.zvn; rn; /ùpm;, vj, y.urù tvju twv z\iv.yyz'/.i<r-Sfj, v.ul dr/OTOij.rJJi,o~riJtui r.u-j-z).o~>;, ta," SlYQTOiùtti ■joovy.ziti; y.uxu. -ce* zi; to 7r«VTs).éf àrco toû Uveûuxto; ù).).ot pioi-
Civ. OjTZ yùp G'jiy.u OUUpSÏTOU Ûi TO y.i'j 7T«pa'5iooO"9«t
zij y.o/.t/.an, To 5s ù'i>i.zoO«.i. MuOtxov yup toOto yz, y.ui où xa~a Stxcciov Koit/jv o/.ou i,y.v.o-t,/.oto; , zi. riu.iaîLa.ç eivut
T/JV V.bltAGVl. O'jXZ fV/JO i'l/Ô TiaJZ-Ul, Ô).*J Ol' OAOV TO
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7'ji G (>>U.V.-. L TO YMY.OV. 'A/.Ak Ot/OTOU.lOt , StGKSO ZytfJ , Y) Ù7TO TOÙ HvêVfACtTO; ê'"» TO 0M1VSK£> T/JJ -Irjy^h; «A/OT/iico-
(7i,-. Nw» fiè'j yùp ti -/.'A un ùvocs.ixpUTUi roi; ù.vulioi;, o'/.t' ovv —cpzi.-jui Zoy.zî nu; toi; <at.u.\ iu<fpuymy.i'joi;
T/.V IV. TÔ; iTtiavpOfnÇ COiZrtptUM uùzôrj KVKWEVOV' TOTî
Si il 01 om t/,ç (SîSfl).wff«ff>i; Avtoù iin "/ùtn $vyis v.r.o-zfirflnGZ-u.i.. Aià toûto ojz i'crTtv iv :w t or, ô i oyoloyovu.no; ovoi £v :m Oav«T'<) o f/v/jy.ovîJwv Oîov, oixgTt tô; .orfiiiu; toO IIvsVfx«~o; o-\»jr.v.oo-'jnn;. Hoc est : « Qiii conlrislaveiinl Spirituin sanclum praviiate sludioruni suorum, aut (jui non lecerinl lucruni ex soriedata, ah iis auleretur iil quod acceperunl, benefie o in alios tianslalo : aul, secundum ali(|iiein ex eyaiigelibUt, eiiam penitus discindenlur : ili>scctio Bjquideiu inlelligenda est iu hoc, quod pror.-us a spirii;: sanclo alieiiabuntur. Neque enim corpus tlividilur, ut ima pais iradalur >ii|)plicio, altéra absolvainr. Nain id qdidein fabolosuin, neque juslo dignuin jndice, cum luliimpeccavcrii.dimidium addici pœn.-c.
Nec anima in duas partes secalur, cum tota per tolum habuerii peccandi affcium, gimulque cum corpore malum oppretHr. Sed dissectio, ut dixi, perpétua est anima: a spirilu alienatio. Nunc enim, lametsi non admiscelur indignis, aitanien aliquo pacio videtur adesse semel baptizatis, expectans ut salutem per conversionem consequantur : lum vero in lotuin ab anima, qua; graliam ipsius profana verit, resecabitur. Eoque non est in inferno qui conlitealur: neque in morte qui memor sit Dei, cum jam non adsit sancli Spiritus adjulorium. »
7° Enfin, on peut faire remarquer que la distinction ou division de l'homme en esprit, àme et corps, est propre à servir de base ou tessera à un système de pieuses méditations. Car nous voyonsque dans l'Ecriture il est parlé du corps comme étant en quelque sorte mystérieusement lie au Sainl-Espril : il est appelé le temple du Saint-Esprit. On pourrait également citer des textes qui nous révèlent la liaison de l'âme avec le Fils, comme aussi celle de l'Esprit avec le Père ; voyez, par exemple, Rom. vin, 15, etc. Quelque faible et peu marquée que doive èlre toute ressemblance entre la créature et le Créateur, toujouis esl-il que dans l'homme l'esprit tend à rendre les trois parties dont il se compose égales entre elles et, pour la suite, co-éternelles, s'il est permis d'appliquer ces mots redoutables à quelque chose de ce qui concerne les créatures : car il tend à rendre l'âme el le corps spirituels. On voit dans les écrits des Pères que toutes les fois qu'il est fait mention de trois dans l'Ecriture, ils sonl portés à rechercher soigneusement s'il n'y a pas là quelque chose de caché, ou plutôt de révélé avec beaucoup de réserve, concernant la Trinité. C'est dans ce sens qu'il faut peut-être prendre le passage suivant de saint Ephrem qui, dans plus d'un endroit, parle en celle manière de cette division de l'homme. Au vol. ni, p. 34, il s'exprime en ces termes : « Si l'esprit soullïe, il est entièrement scellé avec le Père; si l'âme souffre, elle est entièrement mêlée au Fils; si, de même, le corps confesse et est brûlé, il est tout à fait en participalionavec l'Esprit saint. » Voyez aussi vol. n, p. 530. Ce passage e:>t de nalure à fournir à tout esprit versé dans la science des Ecritures, ample matière à de longues méditations.
(52) Le corps de l'homme doit parvenir à une rcsurreciion plus glorieuse, en vertu de l'incarnation du Christ qui s'est revêtu d'un corps humain. Voyez saint Aihan. de lncam., § 21 ; contr. Arian. m, 54; S. Aug. de Civit. Dei, xxn, 50, etc.
(55) Voyez plus haut, col. 3 17, par ou il paraît que les Juifs aussi professaient la doctrine d'une seconde mort. Voyez Jarchi, sur la Genèse, xlvi, 30.
(54) PI ilon, Corgias, § IG8 . 'O 6«v«to» Tvy^avst wv, 6>; zy.oi OOXSÎ, oùoèv «/Àoïj ôuotv npc<yfjiû.zoiv ôi<xf\\/o-i;, ■^u yn; tï y.A aoty.u.To; un a/.Xij'/otv. i La mort n'est rien, a mon avis, que la séparation de deux choses, l'âme et le corps. »
(55) La seconde mort, occasionnée par le péché, est mentionnée par saint Basile, voyez ci-dessus, note M ; par Aretas in Apocal., p. 2t>7 ; par saint Cyrille, de Adorât, in S. el V. p. 115; par saint Ang. contr. ■Int. l'el. VI, 48 ; de Trinit., îv, 5. « Sicut anima Deo deserenie, sic corpus anima de»erenle inoritur. »
(56) Wiudischmann l'a remarqua quelque part. L'identité du Paramâtma (voyez noie 51) avecVishuu, appelé Achyuia, ou le non- tondu1, doit élre évidemment regardée comme équivalente à une [neuve de ce qui est exprimé dans le texte.
(57) C'étail la doctrine de Basilide el d'autres hérétiques. Voyez Mœhler, comme ci dessus col. 278, où il montre eu quoi cela peut s'appliquer aux castes, etc.
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DEMONSrilAIIO.N I. VAJSU I loi I . MORRIS.
DIW.OCUE IV.
1A HKRSONNAI.ITI'. DIMIM II UI I IKIMMI. ET DKS CIIOSI S Q1 I S'V I* A mCB>lf.
Obedire roluaUU lul<<-t M\eriet\a in cc'kilalcui :fdiere vuluiiuiein propi iimii'si iniiuti, cmn bcluin Mt vulunUlis.
llinn. de Triu. ix.ii. l"B- Laur. Je sentis, Itadhakant,, en vous quittant l'autre jour, que je n'étais pas descendu au fond du système Védanta. Car, dans votre manière d'expliquer les choses, l'influence de yoga nid ri pénètre toutes les choses créées, à quelque monde qu'elles appartiennent.
Quoique ce que j'ai dit vous ail fait sentir sans doute, a la réflexion, combien il doit être terrible, si nous sommes réellement doués d'une existence individuelle qui ne doive jamais finir, il me parait cependant douteux que je vous aie suffisamment instruit par rapport aux objections qui s'élèvent contre votre théorie des illusions. En conséquence, puisque vous avez dit que vous voyez quelques objections s'attacher à la surface de la doctrine chrétienne de nos relations avec la matière, objections que nous avons discutées et résolues, faites-moi part maintenant des objections, qui, selon vos vues, ne s'attachent point seulement à la surface, mais sont d'un caractère plus profond.
Rad. Nos maîtres enseignent que Dieu comprend en lui-même toutes les natures, comme la mer fait ses flots, et que le système des existences séparées n'est qu'une puredéceplion,que lediscernemenlapour objet de dissiper. Lorsque l'homme pieux et dévot a une fois acquis ce discernement , il voit que toi et moi nous ne sommes que Tliat, et que Siva est toutes choses. Or, Siva étant esprit, et toutes choses devant à la fin être absorbées eu lui, il s'ensuit nécessairement que le corps doit cesser d'exister, puisqu'il lie peut jamais être idenliûé et ne faire qu'un avec un esprit. Il suit pareillement de la doctrine que Siva est toutes choses, que la distinction entre le bien et le mal n'est qu'une déception, quelque nécessaire qu'elle puisse être pour nous guider dans cette vie.
Laur. Vous voulez, à tout hasard , faire concorder celle dernière partie de votre théorie avec la première : car si les hommes ne forment véritablement qu'un avec l'Esprit suprême, ils ne peuvent tendre à atteindre ce qu'ils sont déjà, ce n'est donc pas à l'union avec cet Esprit suprême, mais à la connaissance de celle union (déjà existante) que doivent tendre vos dévots; et puisque ce n'est pas parles corps mais par les âmes que se font les actions, il en résulte qu'elles sont toutes faites par l'Etre suprême. Or, comme vous ne pouvez lui attribuer la méchanceté, celles de toutes les actions faites par lui qui paraissent mauvaises ne sauraient l'être réellement, d'après vous ; toutes ces actions ne sont, à vos yeux, que les effets médiats ou immédiats de sa volonté, et nesauraient rti-e mauvaises qu'en apparence et non en réalité, n'y ayant pjs de lieu si isolé, d'ahiinc ni de soli-
tuile si profonde que son Esprit ne pêne, ni de (nature qui ne toit un de ses par lesquels il communique le I j ■ * - • i . Or, quoi qu'il tu ptritte « ire rie c dans sr détails, il s'élève contre lui une nbjc( lion qui me revient si looreat a l'esprit contre votre manière d'envisager les i bot c'est que ce n'est la qu'un système imaginaire et non un système pratique. Non-, « donnez un corps à des formes de (lu inconnues, » cl vous basez là -de s su s vos i sonneinenls comme si vous vo>ie/ beaucoup plus clairement qu'il ne vous le permet dans lé système du gouvernement de Dieu. Il est évident, en effet, (|ue vo're système implique nécessairement ce que vous venez de déclarer ici d'une manière si précise, l'anéantissement de toute distinction du bien et du mal. Mais le monde dans lequel nous sommes placés est tellement compose, que celle distinction y vient continuellement et opiniâtrement frapper nos regards ; il y a toutes raisons de croire que les hommes, même les plusabandonnés, enconservenl Ift sentiment, au point de leur faire désirer d'être débarrassés de la coulpe d'un ade coupable, tout en voulant conserver les avantages qu'il leur a procurés.
Si donc il en est ainsi, et si de plus, lors même qu'il est presque effacé, lesentimentdc cette distinction se ranime et reprend toute sa vigueur au moment de la mort, c'est assurément un système non pratique que celui qui traite les hommes, même en théorie, comme si cette distinction n'était pas réelle, quoiqu'elle subsiste invinciblement pendant tout le cours de cette portion de leur existence que |*i ^périence nous fait connaître. En d'autres termes, nous ne pouvons réussir à nous dépouiller de l'idée que le bien et le mal sont ou ont été fails essentiellement distincts , sous celle portion du gouvernement de Dieu, dans laquelle nous, ses créatures, nous nous trouvons placés ;or, cependant, voire théorie des illusions, à la prendre à la leltre H dans ses conséquences naturelles, ne fait de cette distinction qu'une dislinclion non réelle, et je ne vois pas comment vous pourriez éviter d'en venir directement à conclure que les vices des hommes sont les aclions de l'Etre suprême.
Rad. Aiais nous ne professons pas une telle indifférence dans les aclions ; nous ne croyons pas non plus que le destin ou la fatalité qui dirige les actions humaines soit autre chose que le résulial d'actions faites dans une existence antérieure, aclions qui , de celle manière, enlrainenl avec elles la nécessité de pécher.
I. \i h. Je dois insister de nouveau sur ce que j'ai déjà allègue précédemment, je veux dire sur le danger de suivre notre il âgé— lion dans des choses qui vont pour nous d'un si haut intérêt. Cette ard nie et trompeuse facuPe nous porte à nous figurer quelles sont les règles (1) par lesquelles Dieu gouverne le monde; et c'est aiusi que vous éies tombes, je le crains, dans ce que nous devons regarder co- irue des blasphè-
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mes contre le Très-Haut. Ne croyez pas cependant que je prétende que tous les maux qui résultent ordinairemenlen pratique d'une fausse croyance, soient réellement arrivés dans le cas qui vous concerne. Les hautes idées d'abnégation professées par vos ancêtres, et pratiquées plus ou moins durant tant de siècles, ont pu exercer une grande influence, non pas seulement par voie d'exemple, mais même d'une minière toute providentielle, contre la tendance naturelle d'une fausse croyance.
tenons-en toutefois à la discussion de votre doctrine. Il me semble que vous avez une opinion spéculative et une opinion pratique. L'opinion spéculative peut se formuler ainsi : Siva étant toutes les créatures produit toutes les actions ; certaines actions paraissent contredire cette idée; donc la première proposition étant vraie, la seconde n'est qu'apparente; ces actions ne contredisent réellement pas le principe, et la contradiction apparente sera dissipée par Vijuana (le discernement). Voici maintenant ce que j'appelle l'idée plus pratique: les actions des hommes sont le résultat de la fatalité, mais celte fatalité n'est elle-même que le résultat d'actions faites dans une existence antérieure. Le premier système est, je le suppose, le langage adopté pour les discussions qui regardent la nature de Dieu ; le second est le langage adopté quand on traite de la règle des actions. Mais si nous voulons examiner à fond ces deux systèmes, nous verrons qu'ils sont incompatibles l'un avec l'autre. Car le dernier montre clairement que les hommes peuvent se livrer à tous les égarements de leur imagination , qui séduira leur raison en leur persuadant qu'après tout ils ne renoncent pas à toute •idée de responsabilité morale. Pesant donc les sentiments de l'opinion spéculative dans la balance de l'opinion pratique, nous voyons que l'opinion pratique atteste indirectement une vérité qui est le renversement de l'opinion spéculative : car l'idée de responsabilité implique l'idée de personna lit é distincte, et oonti edil par conséquent l'idée que Siva produit toutes les actions.
Retournons maintenant le procédé , et voyons ce qu'il résultera de l'examen de l'opinion pratique par l'opinion théorique. Toutes les actions, dites-vous, sont le fruit de la volonté de Siva; mais sous cette dénomination se trouvent comprises les actions faite» dans une existence antérieure. Or, si les actions de cette existence antérieure sont elles-mêmes le fruit de la volonté de Siva, il s'ensuit que les actions d'une existence passée, d'où dépendent celles de la vie présente, ne sont que le fruit de la volonté de Siva : d'où l'on peut conclure que la difficulté que j ai soulevée contre votre opinion spéculative, savoir, qu'elle attribue à Dieu des actions inau v lises, nYst pas détruite, mais seulement éludée et transportée dans une autre existence par la théorie pratique, ainsi que j'' I appelle. Vous professez, tbnor qiiemeut du moins l'indifférence des actions bonnes
ou mauvaises. Or, ce que je soutiens, c'est que le tout-puissant dispensateur de toutes choses nous a placés dans un monde où nous sommes traités tout comme si la distinction entre le bien et le mal était une distinction réelle; et que la loi chrétienne, venant, comme elle fait, du même Dieu, est plus probable que la vôtre, parce qu'elle nous confirme dans l'idée que cette distinction est une distinction permanente et éternelle.
Il serait bon peut-être de prendre ensuite comme vraie votre opinion pratique, afin de montrer plus en détail comment elle détruit l'idée que Siva est toutes choses. Si donc la condition de notre vie présente dépend d'actions faites par nous, et non par aucun autre être, dans une existence antérieure, il nous faut nécessairement admettre l'opération de volontés indépendantes , agissant les unes dans un sens et les autres dans un autre. Si donc les unes agissaient conformément à la volonté de Siva, et que les autres n'agissent pas conformément mais contrairement à cette volonté, la volonté de Siva, dans cette hypothèse, ne produirait plus tous les actes, mais seulement quelques-uns. Car il est aussi impossible de concevoir la même volonté opérant dans deux directions différentes, qu'il l'est de concevoir une particule indivisible de matière à la fois et en même temps en repos et en mouvement. Il vous faut donc admettre virtuellement , suivant votre opinion pratique, qu'il y a des principes indépendants et originels d'action, doués d'une personnalité distincte de la personnalité de Siva, ce sont ceux qui opèrent dans un sens opposé à sa volonté. S'il est évident, en outre, que l'unanimité de volonté n'implique pas nécessairement l'identité de personne, il s'ensuit aussi qu'on peut concevoir les bons comme des personnes distinctes de Siva.
Donc l'opinion pratique, en tant qu'elle admet des actions indépendantes , bien que dans une existence antérieure, est en contradiction avec l'opinion spéculative.
De, plus, ne résulterait-il pas de votre manière de voir que la vie présente n'est point du tout un temps ou un état d'épreuve (2), ce qui ser.iit une absurdité? Car, si l'Etre suprême récompense les hommes suivant leurs actions, c'est ou suivant leurs actions faites dans celte vie, ou suivant celles qui ont été faites dans une vie antérieure. Si leur bonheur ou leur malheur éternel dépend du bon usage qu'ils feront des occasions qui leur sont offertes en celte vie de pratiquer toutes sortes d'acles de vertu, alors c'est de celte vie présente que tout dépend; et, par conséquent, la doctrine de la préexistence n'est pas nécessaire. Mais si c'est en considération des actions d'une existence passée qu'il les récompense, alors leur existence présente cesse d'être un temps d'épreuve, et il s'ensuit que votre dieu expose de gaieté de cœur des créatures aux souillures de l'incorporation, puisque tout ce qu'elles pourront faire en celle vie ne saurait tien changer à leur sort, irrévocablement fixé.
DEMONSTRATION l-\
En vain dira-t-<>n q'X' tous ont contracté des souillures dam une existence patte qu'ils sont ici adoiii .1 un étal de péniteaee et de pargalioo; <'n ^01 te? que leur dcsliuation dernière peut être complètement changée par la négligence qu'ils auront mite à profiter des occasions qui leur sont maintenant offertes. Car. de cette manière, c'eat faire de notre existence présente, conformément à la doctrine chrétienne, celle d'où dépend en définitive notre destination dernière, et reconnaître, par conséquent, qu'il n'est pas nécessaire d'admettre de préexistence.
Je dois faire observer aussi qu'en raisonnant d'après ce que nous connaissons des gens de bien, il y a beaucoup d'apparence qu'eux aus>i sont des êtres sujets au changement (3), et que leurs volontés se trouvent quelquefois opposées à ce qu'ils veulent en d'autres temps. Or, si Dieu est immuable, s'il aime la justice et hait l'iniquité, ces créatures, qui sont changeantes et qui aiment tantôt l'une et lantôt l'autre, possèdent aussi des volontés distinctes de la sienne, et par conséquent une personnalité différente de la sienne. Mais toute l'économie du système que vous vous faites est bâtie sur la supposition que les sujets qui le composent sont des créatures sujettes au changement , et ainsi distinctes d'un èlre immuable. Nous ne connaissons du reste qu'un seul Etre immuable : tous les autres sont de leur nature sujets au changement, comme le moutre évidemment !a chute de quelques-uns d'entre eux : d'où il s'ensuit, conséquemment, que ce sont des élres individuellement distincts de cet unique Etre immuable. Comme donc ils ont chacun une volonté qui leur est propre, volonté qui peut agir dans le même sens que la volonté suprême, ou dans un sens qui lui est opposé (k) , cette faculté d'exercer leur volonté fait aisément et clairement voir qu'on peut s'approcher à différents degrés de la volonté suprême, comme on peut également s'en écarter à différents degrés. D'ailleurs, comme il est de fait que c'est par des actes que la volonté révèle son existence, si l'on pouvait supposer que deux êtres eussent une volonté parfaitement identique, dans le sens logique le plu* rigoureux du mol parfailement, nous devrions évidemment supposer leurs actes parfaitement identiques. Mais le supposer, ce serait supposer qu'ils ont cessé d'avoir une existence individuelle. J'avoue qu'il m'est tout à fait impossible de concevoir une identité si logiquement parfaite entre les volontés et les actes de deux éires créés quelconques (5). Car si leurs actes étaient parfaitement identiques, ils devraient avoir des sphères d'action parfaitement identiques; sans quoi la volonté de l'un se trouverait nécessairement empêchée, et ne pourrait conséquemment pas coïncider parfaitement avec celle de l'autre. Si donc vous supposez une volonté parfaitement d'accord avec la volonté suprême, vous devei supposer aussi des actes qui coïncident parfaitement avec ceux de la volonté suprême. Si vous supposez que ce n'est que par erreur
kNGEUQUE. MORRIS M
que nous nous imaginons être distincts de l'Etre lopréme, nous evez supposer que notre volonté est identique à la sienne, et par conséquent infinie. Mais vous supposez autli que les créatures sont sujettes au chat ment, comme le prouve le lait même de leur position dans différents états de probation. Or, supposer qu'une créature sujette au changement peut ne faire plus qu'un avec le Dieu immuable, c'est supposer qu'il peut y avoir une époque où la marche ascend inté vers un Etre absolument parfait, qui n'a jamais eu d'imperfection , arrive à son terme. Si donc celte mai elle ascendante arrive à son terme, il faut également supposer que les imperfections passées sont effacées de l'existence; autrement, un Etre qui n'a jamais eu d'imperfections serait égalé par un être qui en a eu.
Vous direz, je le sais, que vous ci qu'après un ahorâtri de ISrahma les bons perdront toute existence individuelle , et seront absorbés dans l'Etre immuable et toujours existant. A voir l'assurance avec laquelle on avance celte proposition, il semblerait qu'on ne pourrait y faire sur-lechamp de réponse capable de la renverser par voie de raisonnement logique , quelque haut que puisse crier la conscience de l'homme contre la pensée qu'il en vienne, en ce sens, à ne faire plus qu'un avec Dieu, qui est par-dessus toutes choses digne d'être à jamais béni! Mais la vérité est, à mou avis, qu'une pareille doctrine n'a jamais pu être ainsi nûmenl proposée à l'acceptation d'aucun élre pensant, et que vous-mêmes vous ne la proposez pas ainsi; car ce n'est qu'une p irtic de la doctrine que vous professez. Vous croyez, en effet, que tous les esprits sont sortis de Bralima, et n'étaient dans le principe que des portions de lui; qu'à la création il s'est développé (6), c'est-à-dire qu'il a sép né de lui-même, alors et dans la suite, des portions de son essence : en sorte que, quand nous venons à examiner votre doctrine comme chrétiens, uous éprouvons tout d'abord une sorte de soupçon que roui laites Dieu matériel, en supposant que les hommes auront toute leur essence absorbée enliu dans son essence. Un examen plus approfondi nous fait craindre que votre Dieu ne soit après tout qu'une sorte de matière su!>tile; car la croyance que les esprits ont é fi originairement sépares de lui , et n'en sont que des portions ou émanations, donne à entendre qu'il est divisible et, par conséquent, composé. En vous représentant que vos do trines conduisent à un pareil blasphème, je ne fais pas descendre les Indiens à un rang plus bas que les antres peuples non encore chrétiens. Car je crois qu'un et amen réfléchi de toutes les erreurs et de toute* les hérésies qui se sont produites nous convainquerait qu'en dernière analyse elles se réduisent à cela (7). Vous i errez, je pense, que les systèmes qui supposent une préexistence et des époques dans lesquelles les hommes auraient vécu avant le temps présent, sont toujours accompagnes d'une négation virtuelle
4!7 ESSAI POUR LA CONVERSION
du libre arbitre, et d'une manière de représenter Dieu qui se réduit enfin à l'identifier avec la matière.
Rad. Cependant, la doctrine de la préexistence est assurément une doctrine très-ancienne et fort répandue : deux choses qui devraient lui donner quelques titres à votre estime.
Liur. Je pense, en effet, qu'il y a une ou deux grandes vérités dont elle peut être une représentation confuse; mais je n'ose me hasarder à dogmatiser en cette matière. Toutefois,autant que je le puis savoir, toute erreur a nécessairement quelque vérité pour lui servir comme de base (8) : ce qui me fait supposer, conséquemraent, qu'il y a quelque vérité déguisée par le malin esprit, père de celte erreur. Cependant , lorsque des choses très-mystérieuses sont réduites à des formes telles qu'elles ont perdu tout ce qu'elles avaient de mystérieux, l'erreur cesse de porter des marques bien frappantes qu'elle soit venue de la vérité. Or, on nous dit que Dieu, avant la formation de l'univers, choisit ceux qu'il voulait sauver du monde : ce qui est un très-grand mystère, qu'on ne doit jamais traiter comme s'il n'était que l'acte d'une créature temporelle, semblable à vous. C'est peut-être là une vérité dont vous avez conservé des traces dans votre doctrine de la métempsycose. Vous ne vous êtes pas contentés de la traiter comme un mystère appartenant à un Etre pour lequel l'avenir est comme le passé, et auquel on ne peut attribuer ni priorité ni postériorité; mais vous en avez fabriqué un système, dans le but de vous autoriser à imaginer que vous pouviez la concilier avec une vérité qu'il est absolument impossible de nier, que les hommes sont des agents libres.
On peut encore envisager sous un autre jour cette doctrine des transmigrations et des époques; c'est-à-dire comme conservant la tradition de la chute de l'homme d'un état plus haut et meilleur. Car les livres de Moïse, dans lesquels je ne vois aucune trace de cette doctrine des transmigrations, nous enseignent que Dieu fit l'homme juste et droit; qu'ensuite sa femme, dont le corps avait été mystérieusement formé du sien, l'entraîna au péché; qu'en conséquence de ce péché ils perdirent cet état de bonheur, et que tous ceux aussi qui naissent de lui sont naturellement dans un état de peine, en punition de son péché. Il m'est d'avis que si vous considérez avec quel empressement les hommes saisissent tous les moyens qui peuvent leur servir pour rejeter sur d'autres êtres, ou bien sur la nécessité ou la fatalité, la responsabilité (9) des actions mauvaises, vous avouerez infailliblement que cette histoire, qui est la vérité même, est tout à fait propre à expliquer l'existence de votre tradition décolorée.
Rad. Dois-je penser que les péchés de nos premiers parents limitent le libre arbitre de l'homme au point de l'empêcher de choisir ce qui est bon?
Laur. Il faut nécessairement que le pouvoir de choisir ce qui est bon réside en nous; autrement nous ne serions pas réellement des êtres libres. Sur quoi repose ce pouvoir, c'est là une autre question que nous pourrons discuter plus tard. Il est cependant une chose qu'on doit, je pense, pleinement admettre et considérer avec beaucoup d'attention : c'est que des créatures , douées du pouvoir de faire le bien, choisissent souvent, malgré ce pouvoir, ce qui est mal. Quand nous nous rappelons le souvenir de nos infidélités, il nous semble en quelque sorte que nous n'avons pas pu nous les permettre délibérément; il nous est si. pénible de nous avouer que notre conduite passée est bien la nôtre , qu'en y réfléchissant froidement et avec calme nous ne saurions nullement nous expliquer notre inconstance ; et nous nous sentons presque portés à penser que le pouvoir de faire le bien, quel qu'il soit, nous a été nécessairement retranché pour un temps. Nous ne pouvons nous persuader que nous faisons le mal librement et de notre propre choix; et c'est dans cette disposition d'esprit que nous sommes prêts à adopter toute théorie qui nous déchargera de la responsabilité de l'acte mauvais. Nous voyons dans le monde des hommes qui se disent volontiers entraînés et égarés par les faux raisonnements des autres, et vous en pouvez conclure que tous les hommes sont, à certains degrés, quoiqu'à des degrés bien différents, naturellement sujets au même défaut (10). Il est en effet évident que nous sommes doués du pouvoir de réfléchir sur nos propres actions ; et cette faculté, quand elle désapprouve ou condamne une faute commise, nous pouvons bien la comprimer par le sentiment de peine que nous en éprouvons, et l'empêcher de nous accuser comme elle le devrait faire; c'est-à-dire que le témoin qui attesterait que l'action mauvaise est notre propre fait peut bien être écarté et mis de côté. Ainsi la grande difficulté que nous avons à nous avouer ce fait vraiment pénible et affligeant, que nous faisons le mal volontairement et de notre propre choix, peut être regardée comme une objection soulevée en partie , quoique non exclusivement, par notre propre esprit contre le dogme de la liberté de l'homme; peut-être même y a-t-il encore d'autres difficultés beaucoup plus grandes dans l'admission de cette croyance, quand nous voulons nous expliquer à nous-mêmes quel est le contrôle exercé sur les mauvaises actions sous la divine Providence, et comment elles forment une partie de tout ce système de choses que nous croyons exister sous son gouvernement. On serait tenté de croire que c'est l'idée que Dieu gouverne le monde qui a fait tellement oublier aux hommes que le gouvernement du monde est l'affaire de celui qui en est le Seigneur et le Maître, qu'ils se sont eux-mêmes forgé les règles par lesquelles il le gouverne Voilà comment ils en sont venus à l'inq quor dans la somme totale de toutes les a*, uns
lionnes ou mauvaise*, de telle manière que. ce système, s'il renaît à s'établir, effacerai!
nécessairement toute notion (le libre arbilre,
aussi bien que loate idée des infinies perfections de Dieu; idée qui, quoique impliu ée par lui dans l'esprit de l'homme, ne levait pas cependant se conserver si nécessairement dans son souvenir (11), qu'il ne put jamais en perdre la connaissance.
Mais si la théorie du lihfc arbitre présente des difficultés qu'il n'est pcul-ôlre pas possible de dissiper entièrement , la théorie de la nécessité en présente de bien plus grandes, dans sa forme même la pins modifiée. Car, en premier lieu , le monde dans lequel nous vivons est sous la providence de Dieu en toute manière. En effet, parla même qu'on reconnaît souvent que des choses en apparence très-ordinaires ont cependant une importance immense pour nos intérêts, il s'ensuit, sans contredit, que si nous admettons réellement une providence , il faut nécessairement admettre une pro\idencc spéciale et particulière , puisque nous ne sommes nullement juges de ce qui est ou n'est pas un événement ou une action commune et ordinaire. Or, parmi les choses particulières sous le gouvernement de Dieu , nous voyons la vertu récompensée , le vice et la négligence punis , et cela même jusque dans leurs plus petits détails ; mais, entre les différentes manières par lesquelles cela s'accomplit, nous voyons le ministère d'autres hommes y exercer le rôle principal, comme le prouve l'existence des cours de justice. Si donc, d'après voire théorie, des créatures susceptibles de perfectionnement sont condamnées à faire pénitence en cette vie pour les imperfections d'une vie antérieure ; et si ces imperfections sont effacées par les peines qu'elles souffrent en celle-ci, il en résulte que ce qu'elles souffrent ici-bas est une sorte de purgatoire pour les purifier. Or, si ce n'est pas la divine Providence qui les soumet à cette purification , il vous faut , de toute nécessité, renoncer complètement à votre théorie ; si c'est , au contraire , la divine Providence qui les soumet à cette purification , il faut nécessairement que les châtiments qui l'opèrent viennent aussi d'elle. Mais souvent les châtiments infligés en celle vie aux. hommes vertueux parlent de la main des méchants, par l'oppression, par 'in violent renversement de la justice et de l'équité dans une province (Eccl., v, 8) ; c'est là cependant que la divine Providence commence, et qu'elle a , pour ainsi dire , son point de départ; et c'est ainsi qu'elle inflige des châtiments à des êtres naturellement susceptibles d'amendement; châtiments qui ne leur sont point infligés pour cette fin , mais bien à cause même de leurs vertus. S'il en est vraiment ainsi, il vous faut admettre que, dans vos idées, la punition n'est pas injuste, et que ceux qui en sont les ministres ou les instruments n'agissent pas injustement ; ce qui revient à dire que c'est Dieu qui les pouss. \ faire même le mal (12). Nous . au couti .re, en croyant que l'etal des hommes ici 1 as est un étal d'épreuve, et que leur con-
DEMON STf. A 'MON EVANGEi.iyu:. MORRIS.
dition finale dépend de leur conduite en cette vie, et ne cherchant pas | nous expliquer comment il se fait qu il dirige les actions des mèV hauts , sans i our ci 1 i les pous*. t | faire le mal , nous regardons plutôt toutes cel obscurités comme des preuves qo* les ho i mes sont de- agents libres , doués d'une existence individuelle, il placea dans ce monde, afin que tout re qui s'v passe et tout ce qui leur arrive puisse servir à leur talnf ou à leur perle, suivant i;u ils tarent ou non profiler des occasions favorables qui leur sont offertes.
Had. Il y a dans ce que vous m'avez dit plusieurs choses que je comprends, d'.iulres sur lesquelles il est besoin que je réfléi hisse une autre fois. Je comprends très-bien, par exemple , que vous voulez dire que si tout ce qui nous est fait en ce monde , soit pat les gens de bien, soit par les méchants, n'arrive que dans l'hypothèse que nous sommes libres, nous ne pouvons supposer que Siva renferme en lui-même tous les esprits bons et mauvais; mais nous devons admettre, comme vous le diles. l'existence d'autres êtres individuels que Siva dans le monde. Je ne puis comprendre toutefois ce que vous entendez, quand vous diles que la théorie de la préexistence esl fausse, quoiqu'e'le rende témoignage à la vraie doctrine , qui est . selon vous , qu'en conséquence de la chule d'un homme , tous les autres ont élé condamnés. Car vous proclamez l'individu il le de l'homme , qui est tombé, puisque sa volonté était opposée à celle de Dieu; tandis que, d'un autre côté, vous niez l'individualité d'un homme avec un aulre homme, en disant que tous sont punis en conséquence de la faute d'un seul. Or c'est là, ce me semble, la doctrine du dualisme. En effet, si les hommes sont tous justement punis pour la faute de ce seul homme , il laut nécessairement qu'ils ne fassent qu'un avec lui ; et comme , d'après vos idées, les hommes sont propres par l'action de la matière, vou< me paraissez établir un principe matériel opposé à un principe spirituel : deux principes dont 1 un a une volonté agiss ml dans une direction, et l'autre une volonté agissant dans uue autre direction.
Luit. Voilà , ce me semble , ltadha! anl . une difficulté qu'on peut pleinement iés<>udre en considérant certaines choses qui se passent autour de nous, et qui tendent à prouver que c'est dépasser la mesure de nos forces que de vouloir connaître comment il peut se faire que le mal, de quelque nature qu'il soit , puisse justement se transmettre du pèft à son fils. Car il esi une
infinité de cas où I innocent (13) souffre pour le coupable , lors même qu'il n'existe pas entre eux une dépendance aussi intime que celle qui se trouve entre le père et son fils. La perle des biens, la ruine de la réputation et beaucoup d'antres choses mettent les entants dans une position qui parait , et est souvent en effet,
beauCOQp moins av. ml igeuae pour leur progrès d ins la vertu et pour la connaissance de la religion. Il esl . en particulier, tout à fait impossible de nier qu'il v a beaucoup de
ESSAI POUR LA CONVERSION
maladie» qui se transmettent du père au fils, el souvent même jusqu'à la troisième et quatrième génération ; maladies qu'on peut, en certains cas , presque infailliblement attribuer à la mauvaise conduite des parents. Il y a aussi des exemples de nouvelles maladies envoyées en punition de certains crimes héréditaires , lors même que ces crimes ne se sont point renouvelés. Ce n'est pis là un fait qui ne vienne d'êlie observé que tout récemment , il y a longtemps qu'il a attiré l'attention des médecins (14). Ainsi les péchés étant commis par l'âme , au moyen du co/ps,qui lui sevt commed'instrumcnt.il peut arriver que, pour certains vires inhérents dans l'âme d'un homme, certains châtiments soient infligés au corps (15) de tou6 ceux qui naîtront de lui ; ils souffriront pour ses péchés. C'est là un fait dans le cours ordinaire du gouvernement de Dieu , qui s'accorde parfaitement avec ce qu'enseigne notre révélation, touchant la transmission des effets du péché d'un père sur les âmes de ses enfants , et dissipe entièrement toute objection tirée de la prétendue injustice d'une punition ainsi infligée à l'innocent pour le coupable. Rappelez-vous ce que nous avons dit précédemment de l'influence exercée par la constitution ou complexiou du corps sur la formation du caraclre, et vous verrez aussi que les suites du péché, ainsi transmises du père aux enfants , dans les circonstances même où tout se passe dans le cercle de noire expérience, el qui appartiennent à un état de choses ordinaire el non miraculeux , doivent être regardées comme quelque chose de plus que de simples peines : car ce sont «les tentations directes à une coupable insouciance de l'esprit dans un grand nombre de cas; des tentations que les hommes portent partout avec eux, etauxquellcs ils ne peuvent se soustraire , comme on le peut faire pour d'autres tentations. Or la considération de ce fait, que certaines tentatives de commettre le mal sont transmises à des enfants innocents, à cause des péchés de leurs pères, vous portera , je pense , à reconnaître que, malgré toutes les difficultés spéculatives que vous pouvez élever contre la doctrine chrétienne, comme impliquant une négation formelle de l'individualité séparée du père et du fils, et tendant ainsi au dualisme, le sentiment directement opposé est suffisamment démontré par les observations que je vous présente en ce moment. Car si un enfant, témoin de la folie et des malheurs de la conduite de son père, prend de là occasion de s'exercer à surmonter les tentations au crime, du genre do celles donl j'ai parlé, il est évident qu'il exerce alors sa volonté dans une direction tout opposée à celle que suit son père, en supposant que le père continue à commettre le péché jusqu'à la fin (16), et persévère ainsi indéfinimenl dans le mal.
Or le cas en question n'est pas un cas purement hypothétique ; on le voit , au contraire, arriver constamment. Dans les I'uranas (17), la terre est représentée recommandant aux enfants de penser à l'orgueil de
leur père; exhortation complètement inutile s'ils n'avaient pas une tendance .à (aire le mal , el s'il ne leur restait pas le pouvoir do choisir ce qui est bon el juste. Voilà donc un exemple qui nous montre la volonté du père allant dans une direction , et la volonté du fils allant dans une autre direction tout opposée. Dans ce cas, le principe matériel que vous m'accusez d'établir contre le seul et unique principe spirituel , se trouve avoir une volonté et une volonté agissant dans deux directions opposées , quelquefois d'accord el quelquefois en opposition avec le principe spirituel. Je vous laisse maintenant à juger si l'on peut, à proprement parler, attribuer une volonté à la matière comme telle ; pour moi , il me paraît y avoir là contradiction dans les termes. Mais s'il y a quelque principe d'unilé entre le père et l'enfant, ce principe est ou matériel et divisible , ou bien immatériel et indivisible. Dans le premier cas , ce principe , comme nous l'avons vu , n'empêche pas à l'homme d'avoir une volonté distincte de celle de son père. Dans le second , il y a pareillement contradiction dans les termes à dire que l'âme, qui est un tout indivisible en li i-méme , puisse vouloir et agir en conséquence de cette volonté, avec une portion d'elle-même dans une direction, el avec une autre portion d'elle-même dans une autre direction. C'est là pourtant la seule alternative qui vous soil laissée , à moins de nier que l'âme soit un tout indivisible en luimême, et d'en faire ainsi, dans le fait, la créature de la fatalité (18). Car si elle n'est pas en soi un tout, il faut alors qu'elle fasse partie de quelque autre chose , de Siva , par exemple, comme vous le dites ; dans ce cas , vous tomberez nécessairement dans l'absurdi'e signalée plus haut; car vous ferez alors que l'Etre suprême aura dans un homme une volonté agissant dans une direction (19), el dans un aulre homme , une volonté agissant dans une direction opposée ; ce qui équivaut , comme je le disais , à le rendre divisible. Car s'il est une chose capable de nous donner l'idée d'un être distinct , c'est une volonté distincte qui se manifeste par une opération distincte (20). Donc, si l'Etre suprême peul devenir un tout composé d'un certain nombre de volontés et d'opérations distinctes (21), il s'ensuit qu'il est divisible. Quant à ce qui est de savoir si la tentation de faire le mal passe du père commun de tous les hommes à l'âme ou au corps de ses enfants, c'est une autre question qu'il n'importe nullement de disculer pour le sujet qui nous occupe présentement, puisque nous voyons que des faits qui oui eu lieu sous nos yeux prouvent abondamment les deux choses que je voulais établir, savoir, que la doctrine révélée de la transmission du péché ne saurait être attaquée comme empreinte d'injustice; parce que, quoique nous ayons assez de preuves pour confirmer notre idée naturelle de la justice de Dieu (22), il y a cependant des choses qui arrivent sous nos yeux dan» le cours ordinaire du gouvernement de Dieu, lesquelles sont
DEMONSTRATION EVANGEUQKF. MORRIS.
autant de prouves qUe nous ne sommes nullement ju'.'ns de ce qui est juste nu injuste en cette minière; cl aussi que l'existence de rolonléf distinctes, attestée par la conduite différente des pères cl des enfants, en différents cas, est une preuve que ce sont des individus distincts les uns des autres et de Dieu. far, que les penchants (23) particuliers pour certains crimes résident dans l'âme ou dans le corps , ils doivent toujours , tant qu'ils existent, pousser à faire ce que la raison et la conscience défendent; et lorsque nous voyons ces penchants dans un homme subjuguer la raison, et subsister dans un autre, quoique assujettis à la raison , nous ne pouvons nous empêcher de remarquer entre ces deux hommes une différence essentielle, qui dénote évidemment une individualité distincte, un moi et un toi, comme vos écrivains s'expriment , qui ne peuvent être ni devenir Thaï (2i), parce que notre nature tout entière nous porte à attribuer à l'Etre suprême l'immutabilité et toutes les autres perfections. Souffrez que je vous rappelle combien il sera terrible, au dernier jour, d'avoir rejeté le système chrétien, lorsqu'on était à même de le. connaître; et combien il serait plus conforme à la sagesse dont uous usons dans nos affaires temporelles , de prendre le parti le plus sûr, quand il s'agit d'un intérêt aussi effrayant- Car ce n'est pas une absorption dans l'Eternel que les chrétiens attendent, mais un jour où le Seigneur Dieu tout-puissant, qai était, qui est, et qui doit venir, fera comparaître devant lui tous les êtres qu'il a doués, en les créant, d'une existence individuelle et éternelle , non pour les absorber en lui-même, mais pour les récompenser chacun selon ses œuvres. Ce qu'il y aura alors de plus important, ce seront les actions de l'homme ; la foi en Vishnu (25) ne paraîtra plus alors la seule chose réelle, mais les bonnes œuvres en proportion de vos connaissances; ceux qui auront fait le bien iront dans la vie éternelle , et ceux qui auront fait le mal dans le feu éternel. Réfléchissez donc bien en vous-mêmes, afin de ne pas traiter comme une chose indifférente l'action d'admettre ou de rejeter la vérité du christianisme. Car si je vous ai produit assez de raisons pour vous faire au moins douter si , en définitive, le christianisme n'est point la vérité, vous êtes alors tenu de continuer vos recherches et d'examiner si de nouvelles taisons ne vendront point fortifier ces doutes. Si cette vie, en effet, est pour nous un temps d'épreuve, le seul temps d'épreuve qui nous soit donné, comme le croient tous les chrétiens, il s'ensuit que si vous rejetez la lunnère qui lu.t mainten.nl à vos yeux , \ous n'aon z plus d'antre occasion de pourvoir à votre salut , entre le temps que vous avez à passer en celle vie , et le joui du jugement, le jonr de Iribolalion, de colère el d'angoisse , où D.eu se lè>cia pour secouer terriblement la terre, cl où les éléments seront mis en disgolu'ion par l'action d'une violente rhileur. Si loulceia est vrai, quelle conduite devez-vous tenir, cl combien ne
derez-vous pas être attentif à toutes les lumières qui vous sont offertes sur <(tt< niatière.
IUd. J'avais entendu dire que le système chrétien était un système de miséricorde; mais, au point de rue sous lequel vous le présentez ici, c'est un système de terreur
Laos.. Supposai donc qu'il nous eût été donné d'agir sans la moindre connaissance de ce grand, de ce terrible cl implacable jugement, de l'éternité du feu de l'enfer el de l'éternelle séparation des bons et des méchants, pendant une certaine partie de notre vie ; et qu'alors un Etre sage et bon vint nous déclarer tout ce qui nous allend si nous n'obéissons pas à notre conscience et ne menons pas une vie vertueuse, le seul fait d'un pareil avertissement ne serait-il pas , de sa nature, un acte de la plus grande et de la plus tendre charité?
rWu. Oui , assurément : cependant il paraît encore manquer quelque chose; on attend quelque genre de pardon ; et c'était sous ce point de vue que je pensais que l'Evangile était un système de miséricorde
Lacr. Sans nul doute, vous avez ici raison : l'Evangile est un système de miséricorde et de pardon. Mais alors considérons ce que c'est que le pardon. S'il consista , en un certain sens , à effacer les suites du péché commis , on doil supposer qu'il en efface les suites les plus funestes. Or nul d'entre ceux qui mettent tous leurs «oins à obéir à Dieu ne saurait avoir le moindie doute que la plus funeste des conséquences du pècbè commis ne soit l'inaptitude à lui obéir. Les hommes seraient des anges , s'ils pouvaient faire sa volonté sur la terre comme elle se fait dans le ciel. Votre doctrine de la métempsycose n'est qu'une grande et obscure expression d'une vérité claire et facile à saisir, qui est que l'homme, en commettant des actions criminelles, se place dans une sorte de nécessité de pécher encore, à moins qu'il n'y ait de sa part un vigoureux exercice du principe moral. Car si nous substituons ici notre courte vie à la longue durée d'un manwantara, un homme qui pèche souvent dans le satyayuga de l'enfance , en vient d ms la suite de sa vie à un rajoyuga de perversité et de désobéissance; puis arri\e ensuite le lamoyuga d'un esprit qui a perdu toute espèce de discernement ; et le bien el le mal se confondent dans son esprit. C'est là véritablement le plus déplorable de tous les effets du péché, qu'il rende les boulâtes incapables d'obéir ; et le pardon des péchés qui ne fait pas cesser celle incapacité ne saurait être un véritable pard n. Si las pochés ou'il a commis rendaient un homme aveugle ou boiteux, on ne pourrai; pas dire que ces pèches lui auraient été parfaitement pardonnes , Uni qu'il ne pourrait ni voir ni marcher. Donc le pardon des péchés et la grâce de marcher droit pour l'avenir sont lieux choses aussi inséparables l'une de l'autre que le sont la parle concave el la partie couveae d'un cercle. 11 m'est absolument impossible de les séparer, même parla
ESSAI POUR LA CONVERSION DE L'INDE PHILOSOPHIQUE
pensée , quoique j'aie souvent essayé de le faire. L'Evangile esl un système de pardon , parce qu'il donne à la fois la grâce et la force d'obéir; il offre divers moyens pour arriver à cette fln; il se présente comme un système sous lequel Dieu s'est choisi un peuple particulier, zélé pour la pratique des bonnes œuvres. S'il arrive que les hommes, en menant une vie négligente et insouciante , rendent ces moyens tout à fait inefficaces , cela ne prouve pas plus qu'ils ne communiquent pas la vie spirituelle et la force, que l'ivrognerie des hommes vicieux ne prouve qu'ils n'ont pas reçu la vie et la force que nous tenons de la 'nature. Si dix lépreux étaient guéris , et qu'il n'y en eût qu'un seul qui prît soin de conserver la santé qu'il aurait recouvrée , cela ne prouverait pas que les autres n'auraient pas été guéris.
Rad. Mais si l'objet du christianisme était de faire mener aux hommes une vie meilleure, et de leur communiquer la force nécessaire
Eour le faire, il a évidemment manqué son ut de la manière la plus frappante, à en juger d'après ce. que je vois des chrétiens. Après tout, vous avouerez qu'une religion qui ne fait pas mener aux hommes une vie austère, ne mérite pas que nous renoncions pour elle à celle que nous professons.
Laur. L'argument le plus fort possible en faveur d'une religion est , à mon avis , l'influence qu'elle exerce sur la conduite de ceux qui la professent. Nos livres insistent sur ce point de la manière la plus formelle, comme étant le meilleur moyen de montrer que Dieu est avec nous. Il esl cependant encore d'autres raisons par lesquelles on peut le prouver d'une manière satisfaisante ; et quoique je ne voudrais pas qu'on crût, un seul instant, que je méprise votre objection (on ne saurait l'élever trop haut), je pense cependant que l'examen des deux points suivants servira beaucoup à la faire tomber :
1° Il est entièrement défendu aux chrétiens de contester et de crier dans le monde, ainsi que de montrer de l'audace ; je n'hésite pas à dire que c'est un christianisme faux que celui qui se permet ces choses. 11 nous est commandé de la manière la plus slricte de prier, de donner l'aumône et de jeûner eu secret , et la société chrétienne est ostensiblement récompensée, à proportion qu'elle possède dans son sein un plus grand nombre d'hommes qui vivent de la sorte. Or, puisque le royaume de Jésus-Christ continue d'exister sur la terre avec les évêques, comme princes en tous lieux, j'en conclus que ces devoirs sout encore observés; et je suis d'avis que quand viendra le dernier jour, ce jour où il nous sera demandé compte de nos actions, nous reconnaîtrons que tout ce qui a été fait de démonstrations extérieures et bruyantes n'a contribué en rien à l'établissement de son royaume, en comparaison de l'effet produit par ces pratiques secrètes et sans ostentation. Ainsi , le côté du christianisme, qui est exposé à vos regards, est justement celui qui est le plus en contradiction avec son caractère distinclif, comme système pratique ;
DÉMONST. ÉVANGÉL1QUK. XVIII.
tandis que le côté par lequel l'Eglise chrétienne est puissante auprès de Dieu et l'emporte, ce sont uniquement les larmes et les supplications que vous ne voyez pas.
2° Or , cette considération , que c'est de ce que les hommes paraissent aux yeux de Dieu, et non de ce qu'ils paraissent aux yeux des hommes, que dépend la bonté d'une religion, nous conduit à une autre. En effet, l'œil de Dieu, qui voit tout, peut apercevoir une audacieuse et rebelle présomption, là où les hommes croient voir régner la piété et l'abnégation de soi-même; d'où il suit que les hommes peuvent se rendre coupables d'une offense du caractère le plus odieux en sa présence, en refusant de croire aux révélations qu'il a faites de lui-même; ou, en d'autres termes, le rejet d'une saine croyance peut être , pour certains esprits , tout aussi bien un acte de révolte contre le Très-Haut, que le pourrait être pour d'autres hommes un acte de sensualité. Il y a des gens qui, à raison de leur tempérament et de leur constitution, n'ont que peu ou point de tendance à transgresser les règles communes de moralité, et dont l'épreuve consiste dans leur conduite à l'égard des difficultés spéculatives.
Ainsi, il s'en faut de beaucoup qu'il soit évident que vous puissiez, en sûreté de conscience,' rejeter le christianisme, par la raison qui! se montre si peu dans la conduite de la plupart de ceux qui le professent. Car si, d'un côté, ceux qui le professent le plus véritablement sont ceux qui le professent le moins ostensiblement; et si, d'un aatre côté, le perfectionnement moral du genre humain est loin d'être tout ce qu'il a pour objet, puisque la croyance de ses dogmes est en elle-même, et de sa nature, de la plus haute importance, il s'ensuit qu'on doit le traiter non-seulement comme la révélation de ce qu'est la volonté de Dieu à l'égard de ses créatures, mais encore comme la manifestation de certaines vérités relatives à sa propre nature, que, pour des fins dignes de sa sagesse, il nous a fait un devoir de croire et t de professer religieusement. 11 est aussi fort à remarquer que la connaissance est beaucoup plus finale que ne l'est l'obéissance ; l'obéissance paraît toujours, et dans tous les cas, conduire à la connaissance; l'obéissance s'entend, non de la tête et du cœur seulement, mais celle de tout l'homme obéissant de tout son esprit aussi bien que de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces; celte obéissance paraît, dans tous les cas, conduire à la connaissance, comme une servante qui lui est nécessaire; tandis que la connaissance durant un état de probation ne parait en aucun cas conduire nécessairement à l'obéissance. Cela étant, c'est une question que de savoir si ceux qui professent de vraies doctrines de bouche seulement, les professent ou les croient réellement, à moins de mener ou de lâcher de mener une vie juste et sainte. Il n'y a qu'uue évade obéissance qui puisse rendre les hommes doux et charitables envers leurs sem-
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biables, et respectueux envers Dieu. Car, «ans un désir sincère «l'obéir, ils ne peinent comwiilre M doctrine; il» regardent comme des ch()»es absurdes ou exagérées, dei distinctions (:i<>) qui sont de la plus hante impori. m e posa Me : il si t.ïM en effet dur et fâebeui qu'avec un désir iin< ère d'obéir, qui M manifeste par un usa<re diligent et actif de tous les moyens mis en leur pouvoir, ils ne pots eut atteindre à la vérité. J'en suis si fortement persuadé, que je serais porté à croire qu'il y a toujours quelque travers ou égarement réel de l'esprit, dont l'action peulélre est restreinte aux actes purement intellectuels, toutes les fois que l'on est indifférent à l'égard de la croyance que l'on professe. De fausses notions de Dieu sont toujours un obstacle à une bonne vie (27), et par là même que nous sommes des créattires imparfaites, il en résulte qu'il n'y a rien <le plus vain et de plus frivole que de vouloir décider précisément laquelle des deux a le pas de devant, de la mauvaise habitude morale, ci de la fausse croyance. Car, des créatures imparfaites, avançant toujours graduellement en fait de corruption comme en fait de perfectionnement, et ne s'arrêtant jamais fixement au même point, il s'ensuit que les bonnes ou mauvaises habitudes, les justes oa fausses idées de Dieu, continuent ù se donner naissance l'une à l'autre.
Je dis cela dans le but de vous montrer que , quoique je ne pense pas que le perfectionnement moral soit la fin de la loi évangélique, elle est cependant une de celles qui s'y trouvent essentiellement liées. Car si la fin de cetle loi est, comme on doit dire bien plus justement qu'el e l'est, que certaines des créatures de Dieu fussent les sanctuaires de ce mystère de foi qu'il leur a autrefois communiqué; et s'il y a toute raison de penser que la nature des choses s'oppose en quelque sorte à Ce que ce mystère puisse être conservé ailleurs que dans une conscience pure, on voit clairement alors que le christianisme, pour remplir cette fin, exige de nous une conscience pure, pure à la fois de toutes les souillures mentales de l'orgueil et de la propre satisfaction, et de toutes les souillures sensuelles, d'une nature plus grossière.
Nous sommes en outre dans d'épaisses ténèbres relativement à ce que sera, dans un état futur d'existence, la pratique ou l'usage de plusieurs habitudes morales , telles que la patience et la tempérance. Nous sommes obligés d'apprendre, dans notre enfance, beaucoup de choses dont nous ne voyons pas l'otilitéî et peut-être pourrait-on affirmer que, jusqu'à la fiiidenolrc existence présente, nous sommes soumis à divers genres d'épreuves , sans qu'il nous soit même possible de dire exactement jusqu'à quel point elles peuvent contribuer à notre avancement dans la sainteté. Ainsi donc, parmi les rho-es qu'un Etre Infiniment sage cl bon nous ordonne de croire ici-bas, il y en a beaucoup peut-être qui sont, bien que nous ignorions comment, les conditions Us plus absolument
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nécessaires de nos progrès futurs dam la sainteté, dans une sphère plus vaste d'existence. Il se pful (aire qu'il Bit voulu éprouver notre docilité et notre soumission envers um - te inpérieure, par rapport à toute
l,i durée de notre existence, de la même manière que nous savons qu'il l'a fait par rapport aux différentes époques de cette même existence ; car le mépris même qu'on fait dans la jeunesse des décisions et des opinions même non démontrées de ceux qui ont de Pexpérience, est souvent suivi des plus grands malheurs dans le reste de la vie (28). Toutefois, nous, qui sommes chrétiens, nous apercevons, quoique nous ne puissions l'exprimer, l'effet pratique d'une croyance stricte et sévère sur le coeur : elle l'humilie et l'élève tout à la fois, en lui faisant rechercher avec avidité la pureté, et fuir avec empressement la mondanité.
Il ne faut pas omettre non plus que no» livres nous représentent comme placés au milieu d'autres êtres, comme environnés d'une nuée de témoins invisibles; en sorte que, je puis le dire , nous ne savons rien de l'influence des doctrines de l'Eglise, en tant que doctrines, sur les principautés et les puissances des demeures célestes. Peut-être que le dépôt de ces mystères confié à notre garde doit contribuer à manifester ce qui se passe dans notre cœur (29) , non-seulement au petit nombre des créatures de Dieu avec lesquelles les sens nous mettent en rapport, mais encore à plusieurs ordres d'êtres invisibles ; de sorte que, par exemple, les créatures de Dieu puissent savoir que nous sommes disposés de telle ou telle manière (30).
La simple possibilité qu'un symbole de croyances strictement orthodovs soit absolument nécessaire pour notre I onheur futur nous fait donc une obligation morale des plus fortes de ne pas rejeter tout à coup les raisons alléguées en faveur delà religion chrétienne, d'autant plus que nous ne sommes que des créatures si fragiles et si excessivement ignorantes, et que nou* s irons si peu d'où peut dépendre notre vraie félicité. Vous devez donc tenir voire esprit ouvert à tous les degrés de certitude qui pourront s'offrir à vous, et vous bien garder surtout de penser que le christianisme n'exerce aucune Influence sur l'esprit de ceux qui le professent, parce que celte influence ne se montre pas aux yeux. Car le royaume de Dieu ne vient pas d'une manière ostensible à aucune époque de sa durée, et même celte dernière et épouvantable partie de son existence, je veux d.re la confession ou manifestation universelle (Rom. xiv, 11, 12; Ps. i., 21 ) de tous les | éebés de tous les hommes, de leurs cœurs aussi bien que de leurs membres extérieurs, les surprendra comme un voleur pendant la nuil.
Rau. Tout ce que vous m'avez dit me fait désirer ardemment de connaître un peu plus en détail quels sont ces mystères dont vous me parles. Pour nous, il nous semble que les chrétiens adorent trois dieux.
Lai h Je crains beaucoup, Radhakaot,
ESSAI POUR LA CONVERSION
voyant que j'ai maintenant à vous répondre à celle question; les autres questions que vous m';ivez adressées concernaient la nature et les destinées de l'homme; mais celle-ci doit me conduire à parler de celui qui était, qui est et qui doit venir. Or, on ne peut sans danger jeter ces saintes perles devant la discrétion non sanctifiée de païens comme vous. J'ai la confiance cependant que c'est dans nn véritable esprit de sincérité et de zèle que vous m'interrogez, afin de, ne pas encourir un crime inexpiable (31), en les divulguant devant quelqu'un qui ne serait pas animé d'un vrai zèle ou n'agirait pas avec sincérité. Je vous prie de ne pas croire que le dogme de la Trinité soit une chose simple et facile, que vous puissiez sans peine réduire en système. Il est, il est vrai , facile à un homme ordinaire de le croire; il est digne d'éloges en le faisant, quoiqu'il ne comprenne pas (32) ce qui peut être compris d'un si grand mystère. Je dis cela, afin que, si vous embrassez le système chrélien , vous ne vous croyiez pas être dès lors capable de discuter les hautes doctrines qui y sont contenues ; car, quoiqu'il soit bien vrai qu'un homme qui est baptisé et devenu chrétien possède une lumière intérieure qui lui est communiquée pour l'intelligence de ces grandes vérités, il n'en est pas moins certain que, même alors, ces vérités sont encore pleines de difficultés, et demandent une longue élude des saints hommes de l'antiquité, et une vie bien sainte, avant qu'on puisse en avoir une intelligence aussi complète que doivent l'avoir ceux qui les examinent comme théologiens, et non simplement comme hommes de pratique. Sentant donc que je ne suis que peu avancé sous tous ces rapports, j'essayerai de vous en exposer seulement ce qu'elles ont de contraire a vos propres doctrines.
Quand on vient à considérer votre doctrine de la création, on croit avoir des raisons de penser que vous niez l'indivisibilité de Dieu, en représentant toutes les créatures comme produites de sa propre essence, comme produites non par lui, mais de lui. Or, voici comment nous croyons que la chose s'est passée : Dieu n'est qu'une seule essence; mais il y a en lui (rois personnes. Quoique ces trois personnes aient toutes pris part à l'œuvre de la création (88), ce fut cependant par le Verbe, ou seconde personne de celle Trinité, que les mondes furent créés. Quand Dieu fit les mondes par son Verbe , il ne le sépara, point de son essence , mais il resta un avec/ lui, comme il est et sera toujours un avec lui. Quant aux créatures, il leur donna une individualité distincte; mais le Verbe étant Dieu ne pouvait avoir une indUidualité distincte du Père, quoiqu'il ail une personnalité distincte. Car Dieu n'est point divisible, comme vos livres paraissent le faire. En elle! . vous représentez ltrahma, Vishnu et Siva (34) comme autant de noms qu'il a reçus, suivant que ses attributs se sont manifestés, ce qui est une sorte d'hérésie (:>5) contre le christianisme. Ailleurs cependant ils ont été représentés comme étant en
guerre l'un avec l'autre, en sorte qu'ils perdent par ce blasphème tous les attributs de la Divinité. Nous ne disons pas non plus que la nature divine a passé en trois avaslhas (hypostases 36) ; car ce serait faire devenir la nature divine, comme telle, quelque chose qu'elle n'était pas, et, par conséquent, détruire son éternité et son immutabilité. En effet, « si ce n'est pas de toute éternité que le Verbe est avec le Père, il s'ensuit que la Trinité n'est pas éternelle, mais qu'après avoir été d'abord une monade, elle est devenue ensuite, par voie d'addition, une triade (37). Donc, tout en faisant profession de croire que le Verbe de Dieu est sorti (38) pour créer les mondes , nous nous rappelons combien le langage est peu propre à exprimer ces puissantes vérités , et nous ne décidons pas comment il l'a fait, bien que nous sachions qu'il ne s'est aucunement séparé du Père, mais qu'il est en toutes choses « égal au Père quant à sa divinité. »
Or , de même que nous croyons que le dogme de la création ne peut être exactement et légitimement professé ( partout où le dogme de la Trinité est révélé ) que par la foi de ce dernier dogme , ainsi il est pareillement impossible que celui qui n'a que de fausses notions sur l'action créatrice de Dieu, croie, d'une foi juste et saine, sa présence en tous lieux. Vous croyez que Dieu est toutes choses , et par là vous confondez le Créateur avec les créatures, en voulant expliquer sa présence en tous lieux. Nous, au contraire, nous croyons qu'il comprend, environne et pénètre toutes choses, les soutenant par le Verbe de sa puissance, sans être lui-même ni environné, ni renfermé dans l'espace, mais dépassant tout espace (39). C'est donc un mystère; tandis que votre croyance qu'il est toutes choses, et que toutes choses sont lui, est très-difficile à obtenir, et une fois obtenue, n'est plus du tout un mystère. Sa présence, selon vous, est corporelle; selon nous, elle est spirituelle. Du moment que vous le représentez comme séparant des parties de son essence pour créer le monde, il est tout naturel d'en venir (W)) à croire qu'il est ce qu'il a ainsi créé. Mais si celte erreur s'élend aux idées que vous avez de toute sa conduite ordinaire euvers les hommes dans le cours de la nature, à plus forte raison doit- elle aussi vous rendre inconséquents dans ces opérations extraordinaires et miraculeuses que vous représentez sous le nom d'incarnations (avataras).
11 est vrai, en effet, que tous les peuples dont le nom est venu à ma connaissance , ont eu quelques légers vestiges des dogmes de la Trinité (kl) el de l'Incarnation ; cependant, quand on vient à examiner ces vestiges, on voit qu'ils ne méritent guère le nom de mystères. Tout ce qu'on peut tirer de ces vestiges, en l'ait de doctrine, se réduit dans les deux cas à proclamer la divisibilité de Dieu. Car, d'après vous, une partie de l'Etre suprême se serait incarnée, ou même différentes parties de l'Etre suprême se seraient incarnées toutes à la fois, puisque,