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dam totre doctrine , llrahma , Vishnu et Siva no sonl que différents modes pir h •>quels il se manifeste, et que vous réduise/ ainsi l'idée que vous vous faite! de sou essence à quelque chose de clair et d'intelligible pour l'homme mortel et borné, vous vous ôtez par là le droit d'expliquer ses actes nobles el sublimes, en vous rejetant sur sa nature mystérieuse. Si doue vous cherchez à vous excuser de parler d'une partie de lui-même comme s'étant incarnée , sous le prétexte que sa nature est mystérieuse, vous faites alors ce qu'il ne vous reste point de droit de faire; car il ne peut y avoir de parties ni de passions dans un esprit ; or vous avez posé en principe qu'il a des parties et des passions, et réduit ainsi sa nature à n'avoir rien de mystérieux. Le chrétien, au contraire, en croyant que trois personnes sonl mystérieusement unies de toute éternité dans une seule nature, est à même d'expliquer d'une manière logique el sans inconséquence le mystère de l'Incarnation. Car il peut, conséqueramenl à sa croyance, dire qu'une des personnes de la Trinité s'est revêtue de notre nature et est restée indivisiblement unie à Dieu, conservant sa nature en tant que Dieu , ainsi que sa personnalité distincte , en même lemps qu'elle unissait en elle-mêaie l'humanité à la Divinité. Oui, le chrétien, qui prend pour point de dépari sa foi humble au mystère de la nature divine de l'Etre suprême, a le droit de parler ainsi. Il ne divise point la substance de Dieu en disant qu'une partie de lui s'est incarnée, au lieu de dire qu'une des personnes delà Trinité s'est revêtue de notre nature ; il ne confond pas non plus les personnes en les appelant simplement trois manifestations différentes d'une seule et même personne. 11 lui répugnerait également (42) de dire qu'il y a trois dieux , et qu'il n'y a pas de distinction de personnes dans la Divinité. En croyant à une Trinité de personnes, il échappe au blasphème de proclamer la divisibilité de Dieu; et en croyant une unité de nature, à la folie de vouloir comprendre l'essence de l'infini.
Quand il dil qu'une des personnes de l'adorableTrinilé s'est revêtue de notre nature, il ne prétend pas dire par là que son immuah!e et divine nature soit sujette à nos passions, ni rien diminuer de ses éternelles perfections; mais seulement que par sa divine nature il divinise noire chair, puisqu'il n'a pas détruit son corps 4.'1), comme il est dit dans vos histoires que l'a fait Crishna, mais qu'il l'a au contraire emporté avec lui dans le ciel, d'où il s'intéresse et travaille en diverses manières au bonheur des chrétiens. Il n'a pas non plus souvent souffert en l'incarnant à diverses reprises (V4), comme il est dit que votre Dieu l'a fait. Pourquoi, en effet, lui qui esl le vrai Dieu, et par conséquent loul-puissant, réitérerait-il son infinie condescendance ? Du bien comment pourrait-il rester une seule et même personne, s'il s'unissait de celle haute cl mystérieuse manière avec plusieurs
DEMONSTRATION BVAMGEUQUE. MOltltlS. iM
hommes et non avec nn seul? Il esl plus ai-é de « ioire qu'il a di\ mise notre nature (15), en se l'unissant, que de croire qu'il esl l'âme du
monde , el de croire qu'il j a de loute éternité
trou personnes disUnclei dans la Divinité, que de croire qu'il a sépare, délaché toutes les créatures de sa propre essence (46), et lui a donné un développement qui Ile n'avait pas. Croire qu'il a maintenant dans le ciel un uorps humain auquel il réunira un jour les corps des saints, au moven de cette action toute-puissante par laquelle il lui est donné de s'assujellir toutes choses , est une chose plus aisée que de croire que le corps que nous avons présentement, ainsi que toute la matière que renferme l'univers, n'a rien de réel (kl). Ainsi, d'après nous, ce serait un blasphème qae de dire qu'il a détruit ce corps qui était un corps réel, dont il a daigné par condescendance se revêtir, dans lequel il nous a parlé, en nous révélant la loi nouvelle, lorsqu'il était sur la terre, et avec lequel aussi il jugera tous les hommes au dernier jour. Car c'est par la connaissance que nous avons de l'éternité de son corps, que notre chair peut reposer en paix, dans la confiance que nous le verrons au dernier jour, comme le verront également ceux qui l'ont percé.
Je ne m'étendrai pas davantage sur ces grands mystères ; vous avez, je pense, assez de preuves sous les yeux pour vous déterminer à examiner sérieusement tout le système chrétien ; vous voyez de quelle extrême importance peut être une bonne el saine croyance; et je suis sûr que si, après une longue et suffisante épreuve, vous veniez à recevoir le baptême, vous pourriez vous approcher avec moins de crainte de ces augustes et redoutables mystères. Je n'en ai parlé si longuement que parce que cela me paraissait nécessaire pour vous détourner dépenser que vos anciens livres vous enseignaient les vérités chrétiennes , tandis qu'ils ne fout que vous enseigner des choses qui n'ont qu'une sorte de grossière ressemblance avec elles.
Ces grandes doctrines , dont je vous ai parlé, sonl d'autant plus merveilleuses qu'il en reste des traces dans tout l'univers , et, qu'étant une fois connues, elles munirent sur quelle vérité ces imitations diaboliques sont fondé 's. Ce qui les rend plus particulièrement remarquables, c'est qu'elles éclaircissenl les anciennes écritures des Juifs , auxquelles elles donnent seules le sens complet et logique que nous pouvons humblement nous attendre à trouver dans une révélation. Quoiqu'elles fussent indubitablement connues des plus saints personnages parmi les Juifs (48) , toujours est-il que ce n'est que lors de la venue du Christ qu'elles ontété Dleinement manifestées, qu'elles ont commencé à se répandre au loin de toutes parts, et à être crues par les humbles et les ignorants aussi bien que par quelques-uns des sages; et elles continueront d'être crues jusuu'à la fin dn monde.
435 ESSAI POUR LA CONVERSION
Me voici enfin arrivé au bout de ce dont je voulais m'entretenir avec vous ; je n'ai plus qu'une chose à vous dire , la voici : c'est que quand ces doctines ont été révélées, elles ont dévoilé tout ce qui était caché dans les livres des prophètes- Car tout le système chrétien est renfermé dans les prophéties ; et on y trouve en même temps les destinées dé divers peuples qui, peut-être, ne sont que la figure des destinées d'autres peuples encore. Quoique l'argument tiré des prophéties, en faveur du christianisme, soit d'une immense étendue, et qu'il ait été si souvent traité que je puis vous citer des livres si vous le désirez , il est une chose cependant sur laquelle je ne puis me défendre de m'arrêter encore un instant. Les prophéties nous annoncent qu'il y aura un temps où ces doctrines seront répandues sur toute la terre, comme les eaux qui couvrent la mer. Elles annoncent aussi que le peuple qui était le plus avantageusement situé pour les recevoir serait rejeté. Or, ceci me paraît nous révéler une loi générale et non simplement un fait particulier, savoir, que les peuples qui, par la possession des systèmes les plus purs, sembleraient avoir dû, selon toute probabilité, en. brasser les premiers le christianisme, sont de fait les plus lents à le faire. Les apparences de la vérité ne font qu'enfler les hommes d'orgueil. Les Chaldéens, les Perses, les Indiens et les Chinois avaient approché le plus près de la vérité, et c'est pour cela qu'ils en sont restés les plus éloignés. Il m'est d'avis que les Chinois
furent plus sages que vous et qu'ils professèrent anciennement un système meilleur que n'était le vôtre, même dans son plus beau temps. Je ne dis pas cela pour vous décourager, mais pour vous instruire. C'est votre pays qui a corrompu tous les peuples avec les doctrines (4-9) de Bouddha, doctrines qui ont été, et qui sont, pourrais-je dire, peut-être encore, d'une manière ou d'une autre, le fondement des plus pernicieuses hérésies qui aient été jamais suscitées par le malin esprit contre le royaume de Dieu et de son Christ.
Quelle gloire, quel glorieux triomphe, si les sages de l'Inde, en embrassant la folie humiliante de la croix, trouvaient qu'elle est devenue vraiment sage; s'ils pouvaient frayer la voie pour la conversion de la Chine, et envoyer non des missionnaires bouddhistes pour pervertir les nations de la terre , mais des brahmes, maintenant affranchis de l'obligation de rester dans l'Inde par leur conversion au christianisme , pour détruire au nom de la sainte et indivisible Trinité la funeste hérésie de Bouddha, qui est répandue si au loin 1 Que de prières ne devons-nous pas adresser au ciel pour que l'Inde, au lieu de n'envoyer à l'Eglise qu'un encens matériel, augmente, comme autrefois, par les prières de ses entants, l'encens des prières des saints; et que, renonçant à l'idolâtrie do l'homme, qui est le meilleur des ouvrages de Dieu, elle « adore celui qui est Dieu et homme, et qui attire tout à lui (50).»