DEMONSTRATION EV ANGELIQUE. LOMBROSO ET CONSONI
peté au milieu du second. Tandis que les nations éclairées parla lumière de l 'Evangile marchaient vers le progrès, le juif ne faisait que reculer; il f u \ a i t le soleil récbauiïant du progrès, entraîné par la nature de ses institutions, repoussé par le mépris, s'il cherchait à se «;lis-<er au milieu de la civilisatipn, afin d'y puiser les moyens de perfectionner ses croyances morales et religieuses.
Quant à la seconde de ces causes, elle n'est pas moins puissante que la première. C'est à elle qu'il faut attribuer en grande partie le pervertissement de tendances que l'on a vues se développer dans l'israélitc depuis plusieurs siècles. Elle a brisé l'harmonie qui doit exister entre les circonstances, le climat, dans lesquels se trouve une nation et la législation qui la régit. Lorsqu'un peuple, habitué à la vie agricole se jette dans les spéculations commerciales , il se place dans la nécessité de changer ses mœurs et sa morale, surtout si les nations avec lesquelles il est en rapport ont des idées invétérées flétrissant le négoce comme une profession qui engendre l'avidité. Le juif n'était pas né pour cette basse passion, mais on l'inoculai! presque par la violence dans son cœur; on le forçait non-seulement à cultiver le commerce , son unique ressource, mais bien encore à s'adonner au plus vil des trafics, celui des chiffons. 11 est vrai de dire qu'il a su les métamorphoser en or par la création des lettres de change, produit de celle sale marchandise; mais il n'en est pas moins vrai que cette profession est la plus dégradante, lors même qu'elle enrichit; il n'en est pas moins vrai qu'elle abrutit, qu'elle développe une insatiable rapacité; témoin les chilTonniers de tous les pays, à quelque religion qu'ils appartiennent.
Condamné à gagner son existence au moyen du commerce, comme je le prouverai plusloin.au moyen du commerce, dis-je, qui inspire le désir immodéré du gain et familiarise avec la fraude, l'israélite altéra son caractère primitif si sociable, si fraternel, si doux dans l'homme fidèle aux préceptes de Moïse. Voilà l'origine d'une erreur dont les conséquences furent si fatales et qui mit sur le compte des juifs ce qui ne devait être imputé qu'aux commerçants, ou plutôt aux fripiers. L'avidité des Israélites qui, au bout du compte, n'est ni si grande, ni si exclusive qu'on veut bien le dire, ne provient pas de la nature de leurs lois, mais bien de ce penchant qu'a développé en eux la profession à laquelle on reproche tant d'excès, mais qu'ils ont embrassée sous l'empire de la nécessité, et non de leurs propres passions. Heureusement , on n'a qu'à jeter les yeux sur l'histoire pour se convaincre de la verilé de mes assenions : cl quand même elle n'en fournirait pas les preuves, qui y abondent au contraire pour les israelites, il suffirait d'étudier les mœurs et la morale des peuples adonnés au commerce, depuis les m. ioniens et les Carthaginois. On pourrait en outre observer le juif lettré, proprié-
taire ou arlisle, et le comparer aux négo* riants, ses coreligionnaires d'abord, puis à BeOS 1m a .1res nations.
Nous devons cependant à la justice de dire que si les israelites partagent l'avidité qui dislingue le* p. u les commerçants des peuples agriculteurs et guerriers, ils s'élèvent au-dessus de tous par la pureté le leurs mosnn domestiques , par l'attachement qui lie chez eux l'individu à l'indivi lu, la famille à la famille. Combien de leçons fournirait leur intérieur au philosophe qui pourrait l'étudier! Là, le père aime ses enfants, les enfants respectent le père; frères, sœurs, proches, tous s'entendent, s'accordent, s'aiment ; point de disputes, point de rixes, point d'affronts sanglants. Les femmes israelites peuvent servir de modèles aux filles, aux épouses, aux mères ; aux mères surtout,car presque jamais elles ne confient a uu seiu mercenaire le soin de nourrir leurs enfants. Il est inouï que des femmes Israélites se soient livrées aux vices, aux plaisirs, aux festins, tandis que leurs enfants étaient eu proie au besoin, au froid, aux larmes, à la misère. Elles guident avec dévouement les premiers pas de ces intéressantes créatures dans la vie. Jamais elles ne les confient aux mains vénales, corrompues et immorales de la domesticité, qui distille sur leurs âmes innocentes les germes du vice. Ce sont les parents eux-mêmes qui fout l'éducation morale de leurs enfants. De là vient que les juifs encombrent si rarement les prisons et ensanglantent plus rarement encore les échafauds. Le dévouement des mères israelites est une des causes vainement cherchées par les savants de la multiplication prodigieuse des juifs, même au milieu de la misère, des massacres et des persécutions. L'israélite est chaste, et par conséquent fécond ; mais la femme contribue beaucoup plus que lui à l'accroissement de sa race, par les soins affectueux dont elle entoure l'enfance , afin de la préserver des mille accidents qui la déciment partout ailleurs. Celui qui ferait un relevé des cas de mort des enfants juifs et de ceux des autres nations, jusqu'à l'âge de l'adolescence, serait peut-être étonné du résultat de son travail statistique. Il en tirerait probablement une autre conséquence, à savoir, que la ténacité d'affections de famille, capables de produire de tels effets, est un obstacle plus insurmontable pour la régénétion évangélique des israelites , que leurs idées religieuses, dont les éloigne l'étude des doctrines chrétiennes, vers lesquelles elle les lait pencher.
Vous me conseillez, cher professeur, de consulter des personnes qui mentent ma coufiance. et vous me parlez des amis que je compte dans le clergé : bêlas ! presque tous ceux qui m'étaient le plus chers et avec lesquels j'étais plus intimement lié ne vivent plus. Mes fréquents entretiens avec eux roulaient, ainsi qu'avec vous, sur des sujets religieux. Cepeudanl la l'rovideuce m'en a conservé encore quelques-uns , et
DES MOYENS DE CONVERTIR LES ISRAELITES
ceux-ci, dont la modestie me fait taire les tioms, pourraient vous dire combien de fois nous avons eu de semblables conversations. Mais ce résultat a été le même , les déductions les mêmes, et la conclusion, que la barrière existant entre le juif et sa régénération spirituelle, demeure toujours presqu'impossible à franchir. La religion , la morale, la philosophie, les liens du sang, les affections et les intérêts de famille, la nature de la profession, que la nécessité impose à la généralité des Israélites, ont accumulé autour d'eux de si grands et de si nombreux obstacles, qu'ils ne peuvent les surmonter sans un effort généreux et une héroïque résolution de tout sacrifier dans ce monde pour mériter le salut éternel.
Vous êtes doué, mon excellent ami, de trop de sagacité, vous avez trop d'expérience pour ne pas apercevoir les causes morales et politiques qui, de même que les spirituelles, militent contre le pauvre israélite. Permettez-moi donc qu'avant de développer les motifs religieux qui l'éloignent de l'Eglise, je vous trace un court résumé de l'histoire de cette nation héroïque et malheureuse. Il vous prouvera qu'elle est digne de participer à la lumière répandue par le christianisme sur l'univers , il fera ressortir les obstacles que les habitudes opposent à la régénération évangélique des juifs, et le devoir qui pèse sur le philosophe de suggérer les moyens de les surmonter.
Je vous prie de me continuer votre amitié, que j'apprécie si hautement, et j'attends votre réponse pour pouvoir ensuite aborder la discussion des axiomes et des arguments érudils que contient votre lettre.
J'ai l'honneur de me dire votre ami dévoué ,
Lomdroso.
Milan, ce 2 février 1844.