‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 7 sur 255 · Saint Cvpricn adii une très-grande ve · texte numérisé non relu

Saint Cvpricn adii une très-grande ve

raisonnements des pélagiens : « Eco infirmit.Me n meam lii- vertus roanio, ei bac i uni II iln— m plan advenus sagiltas ratiocinationuni luarum muraïus assista, i [Sermon* ccxcrv, cap. va, n. l.aias serin. \iv. De Ml'Wl aposloli.) L'autorité de noire mère la sainte Eglise est une règle infai lible pour s'assurer de la vérité; quiconque vouera attaquer ce rempart inexpugnable sera éi rasé et mis en pièce-. < Hoc habel raetortlas matt is Eeclesis, boc luudatos verilatis olilinet canon : contra lioe roluir, contra hune inexpugnabMem murum quisquis arietat; ip>e aonfringilur (Ibid. cap. xvni . n. il). > Les pélagiens ci. uent induits en htcw par leurs rayonnements qui paraissaient très-solides : mais ils quittaient la bonne voie, et ils devaient, dans une question sem»

rite, quand il a écrit que tontes les hérésies et tous les schismes naissent de cette cause unique, parce qu'on n'obéit pas à l'autorité des nrêtres de Dieu ; qu'on ne pense pas qu ils nous parlent et nous commandent au nom de Dieu lui-même, et que, si tous déféraient a leur autorité comme ils devraient le faire

ECONOMIE DE LA FOI CHRETIENNE

à chaque évêque, quand il enseigne la doctrine et règle la discipline conformément aux autres évêques, soit qu'elles s'appliquent au corps entier des pasteurs, nous trouverons en effet que toutes les hérésies sont le fruit de l'orgueil de l'homme, qui a voulu élever ses propres pensées au-dessus de l'autorité. Les premiers hérétiques qui parurent dans l'Eslise et qui étaient contemporains des apôtres, marchèrent précisément dans cette même voie, et tombèrent par cela même dans l'abîme des absurdités et des erreurs les plus monstrueuses. Tous s'accordaient à reconnaître les miracles opérés par Jésus-Christ, par lesquels il prouvait au momie entier qu'il était l'envové de Dieu et le messie promis dans l'antique loi : cela devait suffire pour les porter à ajouter une foi entière à ses paroles. Mais ils ne pouvaient comprendre comment une seule personne pouvait être tout ensemble vrai Dieu et vrai homme; et il leur paraissait absurde que Dieu se fût revêtu d'un corps mortel. Les uns donc niaient la divinité de Jésus-Christ, les autres son humanité; ils prétendaient que sa chair était seulement apparente. Tous ces hérétiques opposaient donc leurs propres raisonnements a l'autorité de Jésus-Christ parlant, et aux témoignages que les évêques de ce temps-la rendaient unanimement de la parole de Dieu, et c'est pour cela qu'ils erraient grossièrement.

15. Saint Cyprien et tous les évêques rebaptisants tombèrent dans l'erreur précisément en marchant dans la même voie. Ils connaissaient la pratique de l'Eglise d'admettre, sans un nouveau baptême, dans le catholicisme, ceux qui avaient été baptisés par les hérétiques; ils avouaient et reconnaissaient que cette pratique avait été constamment et universellement observée pendant les deux premiers siècles de l'Eglise. Au lieu de se fixer sur le roc inébranlable de l'autorité, ils commencèrent à discourir à ce sujet, et suivant le tilde leurs raisonnements, ils abandonnèrent entièrement le droit chemin et finirent par s'égarer. Nul ne peut donner blable, se laisser conduire par l'autorité de l'Eglise : i Fralres nostri permoli sunt profundilale qmestionis ; sed régi debuerunt gubernaculo auctoritalis (Ibid., cap. il, >i. 2). i

(I) i Neque enini aliuiide luereses obortre suni, iui nala sunt scbismala, quain inde quod sacenloli Dri non ublciiipr.raliir, Dec uiius iu Kcclcsia ad leinpus sacenlos , et ad Leiopua judex vice Cbrisli cogitaitn ; cui si secuudaiu magisleria divina obtemperarci fraiernitas un i versa... Neino dîssidio imita lis Chrisli Krcle -iam scinderet ; iiemo sibi placens, ac liimiMis. si'osiiiii loris liarcsini novam condcrel. » (Epitt. i.v ad CoruttimL l.dii. Balmiu) Ce qu il ré-

à d'autres ce qu'il n'a pas, disaient-ils ; or, les hérétiques n'ont pas l'Esprit saint, donc les hérétiques ne peuvent donner l'Esprit saint; et par conséquent le baptême conléré par eux est invalide et de nul effet. Qu'on examine les lettres de saint Cyprien, de Firmilien de Césarée et les sentiments des évêques rassemblés au troisième concile de Carthage (Apud Labbe, tom. 1 Concil, colon. 786, sqq. Lutetiœ Parisiorum, 1672) : leurs raisonnements d'abord vous frappent et paraissent convaincants, on ne peut le nier : il suffit d'observer qu'ils convainquirent saint Cyprien et tant d'autres avec lui , et parurent très-forts à saint Augustin lui-même, qui les appelle faux en vérité, mais qui dit néanmoins qu'ils n'ont jamais été détails (2). Pour le moment je ne dis pas qu'il eût élé très-facile de démontrer indirectement et directement l'inconséquence de ces raisonnements ; nous le ferons voir dans le chapitre suivant, et nous trouverons de puissattls motifs d'humilier notre orgueil , à l'exemple des grands hommes et à la vue de l'étonnante faiblesse de l'esprit humain. Pour le but que nous nous proposons, cositentons-nous de cette simple séi'lexion : que dans les matières appartenant à la religion de Jésus-Christ, la voie des raisonnements contre l'autorité de ce corps, que le divin Maître nous a laissé pour être témoin de ce qu'il a dit et l'ait, est une voie extrêmement perfide et qui conduit toujours à l'erreur. Parce que, comme l'observe sain! Anr toise, Dieu s'est plu à sauver son peuple, non par le moyen des dis; utes et des rai' ornements philosophiques, mais par le îi.oven de la simplicité de la foi : Sed non in dialcclica complacuit Deo salvum fuerepopulumsiium : regnum enim Dei in simpliciiaLe fidei est non. in conlenlione sermonis (3). Ces dernières paroles sont empruntées à saint Paul (ICo~ rinth. iv, 20).

16. De celle même source empoisonnée do la philosophie raisonneuse ont découlé les mille erreurs qui ont jeté les soi-disant philosophes modernes dans l'irréligion cl dans une affreuse incrédulité. Dans 1 urs livres multipliés à l'infini par un eiïct de la colère de Dieu contre son peuple, on ne Irouve que. des difficultés de raisonnement proposées contre les dogmes de notre foi. Otnnem enim vim venenorum suorum ind'udcctica disputatione consiituunt, quœ philosophorum sententia défini /wr, dit saint Ambroisc dans l'endroit précité. Je me contenterai de citer un seul de ces livres d'aulant plus dangereux pète ailleurs : « Inde enim schismata, et bareses oborltt sunt, et oriuntur, dum episcopus, qui nnus est, et Ëcclesix prœest, snperba quorùmdam prsesumpiione conlemniuir, el bon») dignatione Dei bonoralus inilignus lioini";biis jinlicatur (Kphi. iaix ad flottât. Pupumum). »

(2) « Noluil vir gravissimus (Cyprianus) ralioivee suas, elsi non veras, quod cuni lalebai, sel lanici non vicias, vera; guidera, sed tamen nondum assert» consuetudini cédera [Lxb. II, de Baplismo conl. Do* nali&tas, cap. vin, ». 15). >

(5) Lib. 1 de Fide ad r.ratiantmi Augusl., cap. v, n. 42. ( Noie du tradusêeur.)

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et funeste par la doctrine qu'il contient , qu'il est moins volumineux, je veux dire Y Examen critique de» apologi$te$ de la religion chrétienne tie Nicolas Fréret (1), dans lequel sont proposée! mille objections t ■ ré»*» di' la physique, de la chronologie, de la métaphysique, accompagnées de raisonnements captieux pour combattre les vérités enseignées lant dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament, et pour en conclure que celles-ci ne peuvent avoir été révélées de Dieu. El entre iulres objections présentées par Nicolas Fréret, ce philosophe a le courage de dire que la morale de l'Evangile est très-sublime, mais qu'elle a un défaut essentiel, celui de ne pouvoir être pratiquée par les hommes. Il convient bien que les saints Pères et les interprètes distinguent entre les \rais préceptes et ceux qui ne sont que des conseils; mais il ajoute que cette distinction ne se trouve pas dans l'Evangile, et que la morale y est exprimée tout entière en termes également forts et qui contiennent des préceptes. Ainsi donc ce philosophe oppose à l'autorité des Pères , des interprètes et de l'Eglise, son sentiment particulier pour l'intelligence de l'Evangile, et il conclut qu'une loi qui confond l'essentiel avec l'arbitraire n'est pas digne, d'un législateur sensé. Nous sommes donc contraints d'avouer que l'Evangile sera l'ouvrage de quelque fou, et que nous sommes bien plus fous nous tous qui croyons à l'Evangile comme à la parole de Dieu. Il était réservé à Fréret et aux philosophes ses collègues de donner des leçons de bon sens à Jésus-Christ.

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