BIS
DEMONSTRATION EVANGELIOUK- LOMHIlOSO ET CONSONI.
descendance, d'en faire ion peuple bienaimé, qu'il lui ait promis un Messie, que Ja- Bob ail répondu de l'accomplissement de celle promesse a ses entants, qoe ceux-ci, s'élanl multiplies prodig ieusemenl, soieni devenus un peuple nombreux, que, réduits à une rude captivité en Egypte, Moïse les en ait iélivrés par des miracles étonnants. I h bien 1 tout cela , les cbrétiens le tiennent aussi pour vrai.
Vous devez croire que Moïse était inspiré de Dieu, ainsi que tous les prophètes qui illustrèrent votre nation; vous devez prêter foi à toutes leurs prédictions, par lesquelles ils vous annoncent un Messie et les moyens de le reconnaître; et vous étiez parlant obligés de reconnaître pour le Messie l'homme qui serait venu dans les temps, les circonstances et avec les caractères fixés par les voyants. Notre foi nous enseigne les mêmes choses. Donc la croyance du moséite et celle du catholique sont les mêmes quant à la certitude de la venue du Rédempteur. La différence rte se rencontre que dans le mode de son apparition. Les Israélites attendaient et attendent encore dans le Messie un conquérant couronné de gloire; nous, nous ne voyons dans sa venue qu'une régénération spirituelle, qu'un perfectionnement apporté à la morale, aux mœurs, aux espérances. Cette idée erronée, conçue par vos coreligionnaires, a été la cause principale de leur obstination à ne pas reconnaître l'accomplissement de cette promesse dan9 la personne du Christ.
11 est inutile que j'insiste sur la certitude que ce Messie devait venir ; vous la reconnaissez basée sur vos traditions elles-mêmes. Mais comme, à l'aide de vos seuls livres, vous ne pouvez, ainsi que vous me le faites remarquer, vous assurer que celle promesse ait été tenue ou non, car ces livres s'arrêtent cinq siècles avant l'époque fixée par Jacob, je m'empresse d'acquiescer à voire demande en vous donnant quelques éclaircissements à ce sujet.
Je commencerai par vous poser une question. Est-il vrai ou non que le premier signe annoncé par Jacob, pour marquer l'époque de l'avènement du Messie, c'est l'absence du commandement ou du sceptre dans la trihu de Juda? {Genèse, ch. xlix, v. 10.) Et n'est- il pas vrai aussi que, suivant l'histoire rédigée par vous-même, cette circonstance s'est vérifiée lorsqu'Hérode devint roi de Judée, vers l'an 4000 du monde, et gouverna les restes de la tribu de Juda, réunis a Jérusalem au retour de la captivité de liahylone? Aggée n'avail-il pas dil (eh. h, ». 7) que ce Messie devail apparaître pendant l'existence du second temple? Et vous-même ne convenezvous pas, à la fin de votre quatrième lettre, que ce monument fut détruit par Titus vers l'an 4070 du monde? Donc, l'avènement du Messie devail avoir lieu après qu'un prime étranger aurait régné sur la tribu de Jud i, et avant la ruine du secoud temple : donc le AL ssie est venu.
Ouvrons maintenant les pages ce Daniel, dont les prédictions renouent , pour ainsi dire, le» lils epars lie toutes les prophéties antérieures. Voici ses paroles : Surhez doue ceci , et gmvex-le dans votre crur : drpuit I <.t h e qui sera donné pnur rehâtir Jérîuë' lem jasqu 'nu < hn-t, chef 'le mon peuple , i7 y auru sept semaines et toixante et deux semaines ; et les plntet et les murailles de la ville seront MftM de nouveau parmi d*s teints fâclfux rt difficile* pendant sept semaine». Et après les soixante et denr semaines, U (hritt ii ta nus à mort, et le peuple qui doit le renom crue seiu plus son peuple; un peuple avec son chef, qui doit venir, détruira la tille et le .sanctuaire ; elle finira par une ruine entière, et la désolation qui lut a été prédite arrivera après la fin de la guerre (ch. ix, v. 25, 2G/. Jusqu'iei , Ici prophéties sur l'époque de l'avènement du Messie, nous verrons bientôt celles sur les événements qui devaient l'accompagner.
En parlant dans votre dernière lettre de ces fameuses 70 semaines, vous sou evei un doute : élaient-ce, dites-rous , des semain s de jours, d'années ou de siècles? Et vous semble/ près de croire qu'elles sont d'années. Vous êtes non-seulement dans la vraisemblable, mais encore dans le vrai. La preuve de celte hypothèse nous est fournie par les Ecritures saintes antérieures à Daniel. D ins le Lévitique (cA. xxv, r. 8). Moïse dit , au sujet du jubilé qui devait être institué aussitôt après la conquête de la terre sainte : Vous compterez aussi sept semaines d'années, c'est-à-dire sept fois sept , qui font en tout quarante-neuf ans. Et ailleurs (cA. xxm, v. 15 et 16), il nous donne un exemple de semaines de jours aussi clairement spécifiés, puisque pour sept semaines il indique le total de cinquante jours. Cela met hors de doote que l'usage existait de compter par semaines d'années. Mais des semaines d • siècles , il n'en est jamais question ni dans la Bible, ni ailleurs.
Avant la mort du Messie, il devait s'écouler 70 semaines de sept années ehaenne, savoir 490 ans. De quelle époque devaient-ils commencer à courir? Daniel nous le dit : Dès que le décret pour la réédification du temple sera rendu , c'est-à-dire à partir de l'époque où Cyrus ou Artaxerxès ordonna ensuite celte réédification, époque qui, suivant la chronologie de Vitré, doit élre fixée à l'an du monde 3550. Ajoutons à ce chiffre les 400 ans en question , et nous atteindrons l'année V;»'»0. Or, comme nous sommes maintenant , d'après le même cbronologiste , en 58ii , il demeure incontestable nue le terme fixé par Daniel se trouve dépasse de dixhuit sièc les , c'est-à-dire de presque autant de temps qu'il s'en était écoule en remontant du Christ à Abraham, qui l'avait annoncé le prouver. Hésumons-uous : l'époque fixée par Oaniel e>l passée, le second temple n'existe plus , 1 1 tribu de Juda n'a plus de sceptre < l n'existe plus : donc, si un homme se disait aujourd'hui le Messie, on te pourrail plus lui prêter foi ; parce qu'il ne pour-
DES MOYENS DE CONVERTIR LES ISRAELITES
rait point réaliser les condilions voulues par les prophéties.
Si Aggée et Daniel et Jacob, qui avaient fixé l'époque de la venue du Rédempteur au quarantième siècle-, pendant l'existence du second temple, et avant que Juda eût perdu son sceptre, sont pour vous des autorités , il sera t folie de l'attendre encore presque au soixantième siècle de la création, lorsque du temple de Jérusalem il ne subsiste plus le moindre vestige. Tous les efforts qu'on a faits pour en rebâtir un troisième sont demeurés sans résultat, et toutes les puissances de la terre ne sauraient rendre l'existence au second détruit de fond en comble. On ne pourrait pas non plus faire rétrograder le monde de dix-huit siècles ; et la chose fût-elle possible , on le voudrait d'autant moins qu'il ne s'agirait que de ranimer par ce moyen un espoir presque évanoui dans tous les cœurs et perdu à jamais.
Supposons maintenant que les semaines de Daniel fussent de siècles , oui , de siècles , et que les générations à venir de vOs coreligionnaires se résignassent à prendre patience , à attendre qu'elles se fussent écoulées, à attendre jusqu'à l'an du monde 52550 la venue du Messie, comment pourraient-ils alors en rechercher et en découvrir la généalogie? Le Rédempteur doit naître de la tribu de .luda et de la famille de David : où trouver cette tribu et celle famille au milieu de l'éparpillement de toutes les familles , de toules les tribus d'Israël sur toute la surface du globe? Où chercher cette tribu, comment découvrir cette famille?
De ce qui a été dit jusqu'ici , il est donc prouvé jusqu'à l'évidence que les moséiles se meltenl en opposition avec toute probabilité historique , en plaçant encore quelque espoir dans la venue du Messie. Mais nous n'avons pas acquis la certitude que ce Messie fût Jésus-Christ, qui en avait tous les caractères, étant né justement quand, comment et où les prophéties l'avaient annoncé.
Remarquons d'abord que cet avènement ne devait point se réaliser à l'improviste , mais qu'il devait être annoncé comme imminent par un précurseur : ce sont vos prophètes qui vous le disent. C'est un Isaïe,un des plus savants et des plus saints : Une voix crie duns le désert , dit-il : Préparez la voix du S'igneur ; rendez droits dans la soli~ lude les sentiers de notre Dieu (ch. xl , v. 3). C'est un Malachie, le dernier d'entre eux, qui s'écrie : Je vais vous envoyer mon ange, qui préparera ma voie devant ma face ; et aussitôt le Dominateur que vous cherchez et l'Ange de l'alliance si désiré de vous viendra daixs son temple. Le voici qui vient, dit le Seigneur des armées (ch. m , v. 1 ).
Eh bien l Jésus-Christ l'a eu ce précurseur dans la personne de saint Jean-Raptiste, qui, ainsi que le prouve l'évangile de saint Luc (ch. i , v. h à 8) , vint précisément du désert au Jourdain , afin d'annoncer par ses prédications la prochaine apparition du Rédempteur désiré.
Le même Isaïe vous prédit ailleurs (ch. vu,
v. \k) que ce Messie devait naître d'une vierge , et vous annonce cela comme un événement extraordinaire, comme un prodige inouï, et par lequel il entendait prouver la véracité de sa mission à un prince pervers et incrédule : C'est pourquoi , dit-il , le Seigneur vous donnera lui-même un prodige. Une vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera appelé Emmancel. El celte prédiction aussi s'est complètement vérifiée dans la naissance de Jésus-Christ , ainsi que l'atteste saint Mathieu (ch. i, v. 18d23).
Jésus-Christ n'est-il pas né à Relhléhem I [S. Luc, ch. h, v. h à 7.) Et Michée n'avaitil point dit huit siècles auparavant (ch. v, v. 2) : Et vous, Bethléhem Ephrata, vous êtes petite entre les vill s de Juda; mais c'est de vous que sortira celui qui doit régner dans Israël, dont lu génération est dès le commencement, dès l'éternité. 11 y a plus : dans cet événement, la Providence divine éclate plus que partout ailleurs; car Marie demeurant à Nazareth et non à Bethléhem, il paraîtrait que Jésus-Christ aurait dû naître dans la ville qu'elle habitait. Mais le Seigneur avait préparé la vérification de cette prophétie par un fait qui y semblait complètement étranger, mais qui s'y liait cependant trèsétroilement.
Tout le monde était en paix sous le règne d'Auguste : ce monarque voulant avoir un dénombrement exact de ses sujets , ordonna qu'on le fit sans délai. Marie et Joseph , son mari, durent donc, d'après cette ordonnance, se rendre à Bethléhem, qui élail la ville de David , afin de s'y faire enregistrer comme membres de cette famille. Ce fut alors que la Vierge, n'ayant trouvé place dans aucune hôtellerie, à cause de la grande af.îuence des étrangers, enfanta dans une étable et mit son nouveau-né dans une crèche. Celte naissance répondait bien à l'humilité que le nouveau culte devait substituer à l'orgueil du paganisme.
Les trois premières clauses requises par les prophéties se sont donc vérifiées en Jesus-Christ. 11 eut un précurseur ; il naquit à Bethléhem et naquit d'une vierge. En vérité, c'est un attentat contre la Providence que de vouloir s'aveugler pour ne pas reconnaître que la main de Dieu lui-même dirigeait celle de ses prophètes. Ils semblent écrire une histoire, lorsqu'ils parlent de la naissance du Messie et des circonstances qui devaient précéder et accompagner cet événement extraordinaire , et attendu avec impatience depuis si longtemps.
La Providence divine se manifeste ici d'une manière encore plus remarquable. Le royaume d'Israël se trouve divise en deux parties , la majorité absolue, c'est-à-dire les dix douzièmes de la nation constituant le royaume de Samarie, tombé sans ressource sous le joug du vainqueur, est conduite à Ninive, perd sa nationalité, se fond avec les autres peuples , et les pages de l'histoire se ferment pour elle à jamais. Les deux autres tribus, au contraire, celle de Juda, celle de Benjamin, et une partie de celle de Lévi, qui
DEMONSTRATION BTANGgUQtJC. LOMBHOSO F.T CONSONI.
! 01 inaicnl le royaume de Juda, se relevaient en petit nombre, il est vrai, malgré la captivité de Babylooe. Après soixante et dis ans d'esclavage , elles revoient leur patrie, rebâtissent la ville et le temple dans lequel devait se montrer le Messie. Ce dogme prend
maintenant un caractère historique et positif, \u le décret publié déjà pour la réédiflcation du temple, monument qui ne semble renaître que pour vérifier les promesses des prophètes. C'est encore Aggée qui parle dans le but de ranimer l'énergie du peuple , assoupie dès le commencement des travaux. Voici ce que dit le Seigneur des armées : Encore un peu de temps, et j'ébranlerai le ciel et la terre, la mer et tout l'univers; j'ébranlerai tous les peuples , et i.e désiré de toutks les nations viendra, et je remplirai de gloire ce[le maison , dit le Seigneur des armées (ch. H, v. 7, 8). Tout le reste de ce chapitre , le dernier du livre d'Aggée , parle exclusivement de circonstances relatives à ce grand événement.
Mais il faut que nous revenions à la prophétie de Daniel , dont la première partie prouvait que le Messie devait disparaître du
(1) Ceci a besoin d'être expliqué. Répétons la pro-
{ihélie de Daniel et répélons-la en entier, traduite ittéralement du texte hébreu : « Soixante-dix semaines oni été arrêtées sur ton peuple et sur ta ville sainte pour anéantir la rébellion, pour mettre lin aux péchés, pour expier 1 iniquité, pour amener la justice éternelle, pour sceller les visions et les prophéties, et pour oindre le saint des saints. Et sache ceci et grave-le dans ta mémoire : Du moment où sera publié l'ordre de retourner à Jérusalem pour la rebâtir, jusqu'à l'Oint chef, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines : on reviendra, on rebâtira la place et le fossé, et cela dans des temps de détresse. Et après ces soiiante-deux semaines, le Messie sera mis a mort; et quand il ne sera plus, et la ville et le sanctuaire seront détruits par un peuple avec son chef, qui doit venir, et (la ville) sera ruinée par l'invasion, et jusqu'à la fin ae la guerre a été arrêtée ou décrétée la désolation. Et une semaine confirmera 1 alliance à plusieurs, et la moitié de la semaine lera cesser le sacrifice et l'oblation, et sur l'aile (du temple seront) les abominations de la désolation et jusqu'à l'entière destruction et jusqu'au retranchement se répandront sur le lieu dévasté. »
Résumons : il «levait se passer 70 semaines ou 490 ans à partir de la date du décret qui ordonnerait la reconstruction de Jérusalem, jusqu'à l'anéantissement de la rébellion, divisées en sept semaines, soixante-deux semaines et une semaine. Après les sept semaines Jérusalem devait être rebâtie, après les soixante-deux semaines le Messie devait être mis à mort, et après la dernière semaine l'alliance devait être cou firme* à plusieurs. Mais à la moitié de celle dernière semaine le sacrifice et l'oblation devaient cesser.
Voyons maintenant ce qui est arrivé. Arlaxerxès à la Longue-Main signa, en la vingtième année de son règne, un décret par lequel il permettait au prophète Néhemias de rebâtir Jérusalem. Or Arlaxerxès étant monté sur le trône en l'an 280 de Home, c'està-dire 474 ans avant Jésus Christ, son décret devait être daté de I an 300 de Home (454 ans ava il Jésus- Christ). Jésus-Chr.si naquit l'an 754 de Rome, c'està-dire 454 ans après le décret d Ataxerxè», et il fui mis à mort l'an 78" de Home, c'est-à-dire 487 ans après le décret d Aitaxerxe>, ou en d'autres termes,
inonde vers l'an W40. Voyons s'il ne non* serait pas possible , au mojen de la seconde, de préciser mieux cette date et les cireonst a n ces qui devaient la suivre, pour examiner ensuite si la mort de Jesus-Christ s'accorde avec elles. ^ oici le verset 27 du chap. ix de Daniel : // confirmera son alliance avec plusieurs dans une semaine, et à la moitié de la semaine, les hosties et les sacrifices seront ubolis , l'abomination de la désolation sera dans le temple, et la désolation durera jusqu'à la consommation et jusqu'à la fin. D'apr complément de la prophétie , il parait que I» Messie devait être mis à mort à la moitié de la dernière il) des soixante-dix semaines en question, lesquelles se terminent, ainsi que nous l'avons déjà \ u , à l'an du monde bO«0. Et comme, dans le cas acluel, une semaine se compose de sept ans, la moitié de la semaine répond à trois ans et demi , qui , déduit de VOV), donnent justement l'an kQ'.iG et demi du monde.
Or, moins quelque faible inexactitude inséparable de toutes les époques de l'histoire ancienne, à cause surtout de l'irrégularité des
à la moitié de la soixante-diiième semaine de Daniel. Après la mort de Jé>us-Chrisi, les apôtres prêchèrent l'Evangile aux gentils, et continuèrent ainsi l'alliance à plusieurs. Au moment de la mort de Jésus-Christ, la désolation s appesantit en effet sur le temple de Jérusalem, car le voile «lu tancta sanciorum se déchire, et les ténèbres couvrent la lace de la terre en plein midi ('). Quelques années après, le temple et la ville sont détruits, les Juifs en sont chassés sous Adrien, n'y remettent plus les pieds, de sorte que la désolation demeure en permanence sur la terre jadis bénie de Dieu.
On pourrait objecter que Daniel a placé la mort du Messie après les soixante-deux semaines, et que les sacrifices n'ont cessé qu'à l'époque de la destruction du temple et de la ville par Xiiu-.
C'est pour répondre à celle objection que nous nous sommes permisd'ajoulerquelqueslignesà lalétireéloquentedeM. Consoni. Danieldii : DBW LPV IWi'l — Bfl D'^un (Et après les soixante-deux semaines) ; mais nriN ne veut point dire immédiatement après, il signifie seulement après, or l'époque resterait indéterminée si le dernier verset ne venait l'éclaircir. El la moitié de ta semaine fera cesser le sacrifice et l'oblation, ajoute le prophète, et pourtant les sacrifices n'ont réellement cessé que 37 ans plus tard. Mais, eu bonne foi, après le sacrifice immense du Messie, après que l'alliance avait été confirmée aux gentils, après que les enfants d'Israél avaient méconnu le Rédempteur envoyé de Dieu pour eflacer le péché
originel (car le texte porte vr~~ nWj pour anéantir la rébellion, c'est-à-dire la rébellion à cause de laquelle la rédemption est devenue nécessaire), les sacrifices pouvaient-ils avoir une valeur qoeltouque en présence de Dieu? Ces sacrifices qui n'étaient que la figure de celui qui venait d'être consomme sur le Gnlgoiha, que devenaient-ils après cet événement extraordinaire, sinon une preuve de plus de 1 aveuglement des Israélites ' Le sacrifice n existait plus pour Dieu, qm> qu'il existât encore pour l'homme ; mais la propfeétie de Daniel avait été dictée par le Saint-Lsprii et no* par le^ mortels. Donc la morl de Jésus-Christ coïncide exactement avec l'époque fixée par Daniel.
(Note du traducteur.)
(') Vou. rtdeg. 13 oiyœp., Tuall. Hist., et Hossuei , Discours sur l'hisl. univ., I" part., ep. \'.
©ES MOYENS Ï)E CONVERTIR LES ISRAELITES
calendriers alors si imparfaits, vous trouverez que l'an de la mort de Jésus-Christ répond exactement à celui fixé par Daniel.
Et plus tard, le 7 septembre hOlï de la création, le temple fut détruit par Titus, et le peuple et les prêtres lurent dispersés, comme vous en convenez dans votre résumé historique. Une autre preuve que cette époque était celle à laquelle le .Messie devait venir, nous la trouvons dans une circonstance aussi mentionnée par vous. Je veux parler de la décadence du culte de Moïse et de toutes les religions existant alors. On y voit la main de la Providence disposant toute la terre à recevoir la loi nouvelle et deslinée par Dieu à succéder à celle de Moïse. La mission de celle-ci était déjà accomplie du moment de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. N'oublions pas non plus que le talmud lui-même déclare que tous les temps de la venue du Messie sont passés.
Quand même donc aujourd'hui comme à l'avenir il se présenterait un homme extraordinaire , ayant les caractères prédits pour le Messie, et dont les prodiges pussent accréditer la mission, les Israélites devraient refuser de le reconnaître pour leur Rédempteur; car l'époque de la venue de celui-ci, cachet essentiel de la vérité, preuve absolument nécessaire, ne pouvant plus se réaliser, deviendrait un obslacle insurmontable à sou adoption, même pour vos théologiens et pour vos coreligionnaires intelligents. Vos rabbins et vos docteurs n'ignorent point la mauvaise foi de certains glossatcurs et de quelques cabalisles qui, profitant de la ressemblance de la configuration de quelques caractères hébraïques et de la facilité de changer le sens d'un mot par la seule ponctuation, se sont efforcés d'altérer la signification de certains passages de manière à les rendre moins obscurs, mais plus favorables à leur opinion. Néanmoins ils vont souvent jusqu'à lancer l'anathème contre ceux, fût-ce même quelques-uns d'entre eux, qui oseraient calculer les temps de la venue du Messie, en expliquant, s'il le fallait, avec une sincérité consciencieuse, quelques versets de la Bible, qui s'opposeraient trop ouvertement à leur opposition obstinée.
D'ailleurs les philosophes et les écrivains du paganisme eux-mêmes nous fournissent les preuves les plus irréfragables en faveur de la religion catholique, non-seulement en parlant de la vie miraculeuse et de la sagesse surhumaine de Jésus-Christ, mais bien encore en rapportant les circonstances qui témoignent de l'identité du Messie des Juifs avec le Rédempteur du monde adoré par les chrétiens. En peignant un juste par excellence, Platon dit qu'il doit s'attendre à être attaché à une croix. Le philosophe Chalcidius parle de l'étoile qui annonça la naissance de l'Hommc-Dieu, et Phlégon do l'éclipsé qui couvrit de ténèbres la face de l'univers pour l'horrible déicide. D'autres auteurs font mention de l'étoile qui guida de l'Orient à Nazareth les rois mages, et de l'avertissement surnaturel qu'ils reçurent de
DfcMONST. ÉVANGÉLIQUE. XVIII.
ne pas passer par Jérusalem en retournant dans leur pays. Macrobe décrit le massacre des enfants, prédit par Jérémie et ordonné par le roi impie de la Judée. Et enfin Mahomet lui-même est forcé de reconnaître que Jésus-Christ est le Messie, le Verbe, l'Esprit rie Dieu. Oui, c'est bien le Messie que ce Jésus-Christ annoncé comme tel dès sa naissance , et ensuite par le précurseur; ce Jésus-Christ dont l'apparition dans le monde est signalée par des prodiges, et que des rois recherchent pour l'adorer; ce Jésus- Christ qui, connu de tout le monde pour le fils obscur d'un charpentier de Nazareth, confond, à l'âge de douze ans, par sa science surhumaine, les docteurs et les grands de la nation juive, alors la plus savante de la terre dans les matières religieuses ; ce Jésus- Christ qui lit et révèle les sentiments les plus cachés du cœur humain, qui connaît l'avenir le plus éloigné et le passé le plus reculé, qui confond et épouvante ses ennemis envieux et jaloux de sa puissance, en commandant aux éléments, aux maladies, à la mort et à tout le règne de la naturel Peut-on nier que Jésus-Christ eût les caractères du Messie? Interrogé s'il était le Fils de Dieu, il répond affirmativement, et prouve si irréfragablement sa mission par la sainteté de sa vie, que ses bourreaux eux-mêmes sont enfin obligés de le reconnaître pour le Messie. N'at-il point prédit sa passion dans tous ses détails, comme Isaïe l'a décrite au ch. lui, et David dans les psaumes xxv, xxvi et xxxiv? N'a-t-il point reproché d'avance à ses disciples leur faiblesse, en leur annon* çant que, malgré leurs protestations de fidélité et de dévouement, ils seraient scandalisés par sa passion; que l'un d'entre eux le trahirait et le vendrait en se perdant, et que tous l'abandonneraient? C'est lui qui prophétisa la destruction totale de Jérusalem et du temple, arrivée après sa mort; c'est lui qui dit qu'après sa mort il aurait attiré à lui toutes choses.
Josèphe Flavius, un des meilleurs historiens de son époque , et plusieurs autres auteurs juifs, ses contemporains, parlent des miracles opérés par Dieu au moment de la mort de Jésus-Christ, afin de prouver que c'était bien là son divin Fils, ce Messie attendu depuis tant de siècles pour la régénération du genre humain. Tout ce que Isaïe avait prédit dans le chap. lui, tout s'est vérifié à celle heure suprême. Les sépulcres s'ouvrirent, les morts ressuscitèrent, le tremblement de terre fendit le sommet des montagnes, les ténèbres couvrirent la lerr« contre toutes les lois de la nature, le voile du sanctuaire fut déchiré par une puissance surhumaine; Disma, le bon larron, attaché à une croix près de Jésus-Christ, se convertit instantanément et reconnut celui-ci pour le Fils de Dieu; ses bourreaux, consternés et confus, se frappent la poitrine avec repentir, et s'aperçoivent de l'énormité qu'ils venaient de commettre. Mais ceci fera le sujet d'une autre lettre destinée à vous prouver la divinité de Jésus-Christ. Pour le moment, il me (Dix-sept.)
DEMONSTRATION EVANGELIQUE. I.OMIHUWi El CONSONL
suffit do vous nvoir démontré qu'on ne peut révoquer en doute ««on Identité avec le Messie que l' s Juifs attendaient et attendent encure, Irompéi i > .1 r les fausses espérant 1
qu'ils avaient conçues sur son avènement.
Ma première proposition est donc ainsi prouvée, ;i *-.i v i r , que les prophéties qql ont rapport au Messie se sont vérifiées dans leurs moindres détail-, et il en résulte par conséquent la véracité de la seconde, laquelle affirme que l'Israélite, en embrassant le catholicisme, loin de renoncer aux dogmes de l'Ancien Testament, trouve dans le Nouveau la réalisation de sa loi et l'accomplissement dps promesses de Dieu. Quoique l'évidence milite en faveur et à l'avantage de la foi des chrétiens, cependant, afin de vous confirmer de plus en plus dans les croyances religieuses, vous et tous ceux qui voudraient vous imiler, je vous tracerai brièvement, ainsi que je viens de vous le dire, les preuves irrécusables de la divinité de Jésus-Christ. Ce point suffirait à lui seul à décider les plus obstinés et tous ceux qui douteraient encore à avouer la vérité de la religion catholique, vérité qui doit éclairer les consciences les plus aveuglées. Je vous accorde cependant que cette lumière a besoin d'un précurseur pour pénétrer chez les Israélites, et ce précurseur doit être la meilleure opinion qu'on aura désormais de la nation juive, afin de la prédisposer par ce moyen indispensable et puissant à sa régénération évangéiique.
En vérité, on ne peut jeter les yeux sur l'histoire de ce peuple malheureux sans éprouver un sentiment de douleur en pensant à sa cruelle destinée, Il a é!é le but de la calomnie, la victime du plus profond mépris depuis les temps de Tacite, comme les chrétiens le furent plus tard à l'époque de Tertullien, justement parce qu'ils liraient leur origine des Hé reux. Cette communauté d'origine et de malheurs aurait dû inspirer à ces deux peuples des sentiments mutuels bien différents de ceux qu'ils nourrissent. L'amour de la vérité m'amène à dévoiler une circonstance intéressante, à savoir, qu'un des plus puissants motifs de ce mépris dont on écrasait les enfants d'Israël, provenait en grande parlie de ce qu'ils avaient adopté et con>ervaient avec une persévérance héroïque le dogme de l'unité de Dieu, dogme
(1) Il paraît que ces sibylles étaient des vierges Inspirées qui prophétisaient les événements extraordinaires ci cachés. Q lelques-unes <iéclaniaienl leurs prédictions en s accompagnant de la lyre, d'autres le- chantaient (tans une sorle de f ireur, d aulrt s iraçaienl sur le parchemin les destinées des temps à m nu quelles seinb'aient concevoir en montant, sur le tré, ied fatidique, comme si, en les élevant audessus du sol, il lus eut mises en rapport avec la Divinité dont elles piétendait rit participer. Quoi qu'il entoit, ces créatures extraordinaires, qui dédaignaient le contact cies mortels, étaient en grande vénération cln z les gei.iils et même cher, les premiers chrétien*. On dit qu'elles existaient dé- l'an ~27i*3 du momie. Quelques h slori 'lis adm lient de ni sibylles ; l'line parle de trois statues élevée* à Home en leur honneur. Eli.111 • compte quatre sibylles et Yarron dix.
Quoique kur origine ouisse parailrc fabuleuse, il
que n'alléra en aucune façon celui de la Trinité, ce dont vous vous convaincrez aisément lorsque vous serez initié au tnvs ère de l'incarnation du Verbe divin qui, quoique
supérieure l'intelligence humaine, ainsi que bien d'autres vé.-.iés dogmatiques, a'esl nullement contraire a la raison. Je d is cependant rendre aux Juifs ce témoignage, que nous leur devons beaucoup de reconnaissance pour ce qu'ils ont conservé intact pendant quinze siècles le dogme de l'unité et le Dcalôgue qui, loin d'avoir été altérés p;n Ji'>u<- Christ, reçurent de lui dans leur application des perfectionnements. Indispensables et exigés parles nouveaux systèmes prévalant à celte époque, par les progrès de la civilisation, et par les changements qu'avaient subis les lois civiles chez les peuples modernes du continent européen.
Votre ami.
Oinsosi
Grossotlo en Yaltellina, 5 juillet 1814. LETTRE IX.
M. I ONSON1 VM.LOMBROSO.
Mon cher ami ,
Jusqu'ici je ne vous ai enlretenu que de l'identité de Jésus-Christ avec le Messie, tel que l'avaient annoncé les prophètes. Je vais maintenant vous démontrer que sa doctrine fut aussi grande que sa sainteté, et que luimême surpassa l'attente des hommes. L'ordre exige que je vous parle d'abord des effets prodigieux de sa divinité, toujours suivant les prophéties , pour vous convaincre davantage de tout ce que je vous ai déjà prouvé. Quoique j'en aie fait mention en passant, vu le rapport intime des sujets, vous me permettrez de continuer à passer en revue les fastes du catholicisme . afin de délr. imper ceux qui , soit pir ruse des rabbins , soit par hur propre aversion au christianisme , languissent dans la plus déplorable ignorance, dans le plus désolant aveuglement.
Quint aux circonstances qui devaient accompagner la venue du Messie , vous les avez reconnues plusieurs fois dans le cours de cet ouvrage. Je vous ferai seulement observer que même les Romains attendaient alors un grand changement d'après les pré— diclions de leurs sibjlles (1). Tout le monde
n'en est pas moins certain que la sibvlle Eritlirée existait vers l'an 2820 de la création, et lu de mémorables prédictions, entre lesquelles on rem NW que la naissance d Ile eue causerait la ruine de l'Euiope et de l'Ajie. Mus ce qui importe b.en plus pour nous, c'est que dans ses vers elle a prévu tout te que Jésus Christ (Lavai enseigner.
J ■ ne parlerai pas île li sibylle de Cumes, dont saint Justin martyr visita la gr. lie décrite par Virgile dans le sixième livre de son Enéide, et diml les livres, si étrangement acquis par T.irquin le Superbe, servir.nl ensuite à llmne idolâtre pour \ puiser des (ou-ei<s dans les moments de calamité p.dtlique. Egarés patini les ruines du G ipilole à i 'époque 8 l'invasion des Barbares, et retrouvés < usine. DM li- Vi es lurent avidement rec lier lies dan* loulcs les villes ! lui e, d.- li Gré «• et .le l'Asie.
M.ns je dniiiier.ii ici une place a la sibylle de
DES MOYENS DE CONVERTIR LES ISRAELITES. 526
était en paix et prévoyait quelque événement extraordinaire qui vînt reformer les mœurs de toules les nalions ei fondre loues les religions en une seule. Ce fait est attesté par Suétone, par Tacite et par Joseph Flavius.
La preuve la plus irrécusable que l'avénement du Messie a déjà eu lieu , c'est voire nalion elle-même qui la fournit; car elle n'existe encore, distincte de toutes les autres, tributaire partout , sans pontife , sans chef, que pour témoigner à l'univers de l'accomplissement des promesses divines el de la mort de l'Homme-Dieu : sans ce!a depuis bien des siècles elle ne vivrait plu*, ainsi que bien des peuples de l'antiquité, que dans les monuments historiques.
Ce n'est pas le temple seul qui fut détruit ; Jérusalem elle-même fui efhcéc de la lerre , car Jésus-Christ avait prédit qu'il n'y res'erait pas pierre sur pierre. Lors de la prise de celle métropole, Titus, en voyant l'incendie du lemple, avait beau crier : Saurez la merveille du monde , tout fut consommé par les flammes, parce que l'oracle de Dieu ne manque jamais. Tacite , malgré son mépris pour les Juifs, avoue qu'ils avaient des idées grandioses sur la Divinité, et déclare formellement, en parlant du siège de Jérusalem, qu'on a vu dans le ciel des armées étincelantes. Aussi le temple fut-il soudain embrasé, tandis qu'une voix surhumaine annonçait que les dieux étaient tombés. Un million et trois cent mille Juifs périrent dans celte mémorable catastrophe, et les prophéties des saintes Ecritures furent accomplies. Le conquérant romain avoua de sa propre bouche, après celte brillante victoire, qu'il n'avait été que l'instrument de la colère divine.
Tout le monde connaît les efforls et les tentatives réitérées de Julien l'Apostat pour rebâtir le temple de Jérusalem , et donner ainsi un démenti à la terrible prophétie de Jésus-Christ; mais aussitôt que des milliers de bras avaient relevé ces parois, des flammes souterraines dévoraient le travail et les ouvriers. Ce miracle ne peut être révoque en doute : Ainmien Marcellm, l'ami de ce monarque impie , l'atteste hautement, et l'at-
tribue sans hésiter à la main de Dieu. Et Julien lui-même, confus à la fin et découragé, ne peut s'eoipêcher de s'écrier avec désespoir : Vicisti, tialilve! Tu as vaincu, (1 ililéen I (C'est aio<i que ce déserteur de l'Evangile appelait Jésus-Christ.)
Constantin abjura le paganisme en voyant, ainsi qie toute son armée combattant contre Maxence , une croix miraculeuse d,ans lo ciel. Et la conversion d'un Saul , devenu le plus savant el le plus zélé des apôtres de l'Eglise , n'est pas moins célèbre. 11 allaita Damas dans le but de persécuter les chrétiens : soudain une croix éclatante de lumière se montre à lui et à toute sa suite, et une voix partant des cieux lui crie : Saul , Saul, pourquoi me persécutez-vous ? L'effroi renverse Saul de son cheval : Qui étes-vous, Seigneur? demande-l-il, et la même voix lui répond : Je suis Jésus, que vous persécutez ! El S iul perdit aiors la vue et ne la recouvra qu'après avoir exécuté les ordres du Seigneur. Le signe et le nom de la croix, auparavant emblèmes d'un supplice infâme, devinrent, ainsi que le nom de Jésus-Christ, des objets de vénération devint lesquels se courbèrent les tyrans et les potentats, devant lesquels les temples des idoles disparurent , les maladies s'enfuirent et les bêtes lauves s'adoucirent et tremblèrent, ainsi que tremblent toules les puissances célestes, terrestres et infernales. Combien d'auteurs païens a* testent que dès les premiers temps de 1ère yu'gaire la croii^t l'Evangile triomphaient 1 On vit, disent-ils, s'évanouir les idoles, les amulettes, les talismans, les soriléges,l s enchantements, les divinati >ns, les augures et tous les opérateurs de faux prodiges.
11 e.-t avéré que Tibère proposa au sénat de placer Jésus-Christ parmi les dieux, et que dans le procès fait par Pilate au Rédempteur , des milliers de témoins déposèrent que celui-ci avait multiplié les vivres, chassé les maladies , et même ressuscilé des moris. On suit aussi qu'à cette époque la voix publique disait que Jésus-Çhrist avait prédit non-seulement sa mort, mais aussi le lieu, la nature et toutes les circonstances du supplice qu'il devail subir, et qu'il avait promis formellement à ses disciples la vérification
rilellespont. Elle vivait à l'époque de Solon et de Cyrus, et elle pré'lit i'écli j»se qui devait arriver contre toutes les lois de la nature au moment de la mort de Jésus-Christ. Vallemont le rapporte dans son histoire, et Bercaslel en parle aussi dans la sienne.
Vers l'an 352i du monde, la sibylle de Libye prophétisa la prédicatio<| contre le culte des idoles et prédit bien îles particularités de la vie, des miracles et de la passion île Jésus-Christ. Elle parla en outre du jugement dernier, de la résurrection des morts, de H béatitude éternelle, de la réprobation des impies et de plusieurs autres vérités sublimes.
E i 3700, disent V. Ilemont et Bercastel, on a découvi ri le> prophéties de la sibylle Persane. Elle a pic lu que. le Mi-sie serait Je>u -Christ, eile a prédit l'dunoiiciaiioii de l'a ige dnriel à la sainte Vierge, la naissance et la carrière mortelle de Jésus-Christ avec beaucoup de détails; elle a parlé de sa mort, de sa glorieuse résurrection et même du jugement
dernier, du second avènement du Rédempteur, du règne de l'autechriit. Elle avait l'ait des prophéties sur le règne d'Alexandre le Macédonien, qui toutes sa sont vérifiées.
Les oracles de la sibylle de Tibur ne sont pas moins étonnants. Dans ses mén oires on trouve toute la substance de la doctrine du christianisme, el, entre autres choses, on y remarque, l'ordre qu'elle donna à César-Auguste d'adorer l'ei.fant de la vierge juive.
Je n'ai donaé cène notion sur les sibylles que comme un surcroît de preuve de l'identité de Jésus- Christ avec le Messie, et de sa divinité, car on ne doit point accorder à leurs prédit lions la même valeur qu'à celle des prophètes. Comme ces oracles sont peu connus, j espère que les lecteurs me sauront gré de leur avoir donné celle m>le eu compensation de tant d'autres preuves que j'ai cru devoir omettre pour ne pas être trop prolixe.
in
DEMONSTIIATION IV ANGELIQUE.
EOMBUOSO ET CONSONI.
rÎS
il • >es prophéties qui se sont loules réalisées
I 'iit«'.
On Iroivi' aussi . selon moi, une sorte de propb ira caraciéristîque de la divinité de la doctrine de Jesus-Christ daoi les ouvrages des écrivains gentils qui, en faisant l'éloge i s vertus incon ues de leur temps, sont auiani de pi écurseurs de la morale évangclique. Remarquons ici qu'Horace met sur le c> inpl de lad Itère tons les malheurs dont les lt mains etaie t afllijés ; que Cicéron soutient nue rien ne saurai! rapprocher r omme de Dieu comme 1<'S joi. s de la bienrai a. c ; que Virgile dit que tout était plein de Dieu, et qu'il devait naître un entant merveilleux, destiné à rendre la paix elle bonheur à l'univers; que Marc-Aurèlc recommande le i< cueilement , la patience, la sobriété. Tous ces grands hommes tenant ce langage extraordinaire à celte époque , sont autant de panégyristes de la religion chrétienne, autant de prédicateurs semi-prophètes, qui témoignaient, sans le savoir, que fe Christ allait fonder une ère nouvelle an- .onçant la plénitude des temps.
Je serais par trop long de produire toutes ies autorités historiques qui prouvent que la mission du Ch.isl sur la terre était toute divine, de l'aveu même des gentils et des Juifs; autorités qui suffisent à convaincre intimement la raison de l'incrédule le plus obstiné et le plus aveugle, pourvu qu'il ne soit pis tout à fait pyrrhonien. Parlerai-je d'un Rousseau, d'un Bolingbrock, d'un Voltaire, d'un Bayle et de tant d'autres athées contempteurs du christianisme, vains échos des subtilités de Porphyre et de Paracelse, qui, malgré leurs pseudo-doctrines, rendent témoignage à la gloire et à la divinité de Jésus- Christ et de son Evangile ? Non : qui ne connaît pas ces hommes I
Mais je parlerai de l'Evangile, de ce livre si petit et si grand tout à la lois, de ce livre qui a frappé par la sainteté de sa doctrine les hommes les plus profonds et les plus contraires à ses maximes , de ce livre qui nous apprend plus de vérités que toutes les œuvres de tous les philosophes anciens et modernes, de ce livre qui constitue la science divine ; car il a fait de ceux qui l'ont pris pour guide, non des spéculateurs, mais de véritables colosses remplis d'amour de Dieu et du prochain, doit la vie est un tissu d'actions héroïques. Dans ce livre tout est certitude et perfection : les maximes sont dictées par la vraie justice, les caractères par la traie vertu. On y trouve les devoirs de l'homme dans tout étal, et les préceptes que l'on chercherait en vain chez Zoroaslre, Confucius , Orphée, Zamolki, Zeleucus, Cycurgue, Solon, Numa, Caronde ; dans les écoles d'Anaximène, de Zenon, d'Arislote, d'Heraclite, de Pvlhagore, de Socrate, de Thalel, de Sénèque ou de Platon, et dans tant d'autres de moindre renom que Varron faisait monter à cent quatre-vingt-huit, et Tfaéiuistius a trois cents. Tous ces philosophes se contredisent mutuellement; car la vraie et parfaite doctrine ue peut être qu'une,
ainsi que l'avouent les gr >nds hommes vieillis sur le OaUle , sur l'Eulidème et sur le Sophiste de ce PI itou qui mérite le surnom
de divin. El < rt>s, sans la lumière de l'Evangile, la foule des philosophes des âges
postérieurs et des uni Ici nés ne serait jamais
parvenue à adoucir si radicalement les mœurs, à abolir l'eaclavage . sans l'Evangile
nous se' ions encore autant de barbares C'etl l'Evangile qui nous a donné de justes id de la majesté et de la gloire de Dieu | l l'Evangile qui nous a appris ce que nous étions au physique el au moral; c'est lui qui a établi d'exactes limites entre l'esprit et la matière, entre le vice et la vertu, entre la nature et la grâce, entre le temps et l'éternité.
il n'est pas un seul point de la religion de Jésus-Christ qui ne puisse être prouvé d'une manière irrécusable. Tout est preuve , tout est lumière, tout est splendeur dans l'œuvre grandiose de la régénération du genre humain. La sublimité et la pureté de sa morale ; la sainteté incontestable des hommes qui l'ont annoncée ; la foule des martyrs, et quelquefois des bourreaux et des tyrans eux-mêmes, qui sont morts pour l'avoir confessée; sa propagation rapide par des moyens effectivement incapables par eux-mêmes de produire de si grands résultats ; ses victoires morales et éclatantes remportées sur des persécuteurs cruels et acharnés ; l'admirable uniformité des saintes Ecritures qui révèlent le langage de Dieu et ses volontés ; l'action de la Divinité sur les cœurs droits, qui les rend meilleurs , qui leur dévoile la vérité; les rapports existant de tout temps entre les croyants et l'Eternel : Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, David , Salomon , Isaïe , Jérémie, Daniel, et plus lard Pierre, Paul, Jean, Augustin , Cyprien , Chrysostorae , et tant d'autres Hébreux et chrétiens auxquels le Saint-Esprit a daigné se manifester; la quantité innombrable de saints ; la propriété qu'elle a, elle seule, de rendre les hommes meilleurs : tout cela prouve hautement la divinilé de la religion chrétienne et du Christ; tout cela, développé plus qu'il ne peut l'être dans une épitre, est une source inépuisable d'éclatante lumière qui charme, qui ravit, qui attire irrésistiblement tous les cœurs.
Si je ne me trompe, celle lettre doit suffire à faire disparaître tout doute sur l'identité de Jésus-Christ avec le .Messie. Si vos Ecritures vous laissent dans I incertitude, les nôtres, vous le voyez, possèdent des documents capables de faire cesser toute hésitation dans les esprits disposes à s'instruire. Je vous ai dit dans ma première lettre <jue les projih lies relatives à la venue du Messie se sont m ri fiées dans leurs moindres détails. Je viens de confirmer mon assertion en vous démontrant que Jésus-t.hrisl est ne, a vécu et est mort, exactement comme l'avaient prédit les prophètes ; que toutes les circonstances de temps, de lieu, de manière d'être et de souffrir se sont accomplies en lui. Cela prouve, ma proposition, que l'Israélite en embrassant le catholicisme, loin de changer de croyance,
DES MOYENS DE CONVERTIR LES ISRAELITES
complète sa foi, doit être admise comme conséquence nécessaire ; car si Jésus-Christ a vérifié les prédictions de vos prophètes, il est le Messie; s'il est le Messie, vous devez le reconnaître pour Ici ou vous déclarer contre l'autorité de vos prophètes.
Tout fait espérer que l'humanité va devenir meilleure et qu'elle songera à adoucir le sort des restes du peuple d'Israël, que les prédictions de saint Paul appellent dans le sein de l'Eglise, lorsque la Providence jugera le moment favorable pour dissiper les ténèbres dans lesquelles ils ont vécu pendant si longtemps sous l'influence de tant d'étranges circonstances. Je suis cependant de votre avis, que pour pénétrer jusqu'aux Israélites, la lumière de l'Evangile a besoin d'un précurseur, et que ce précurseur ne peut être que l'opinion publique se prononçant en leur faveur, afin de les prédisposer par ce
F laissant moyen à leur régénération évangéique.
Croyez-moi votre tout dévoué,
Consoni.
Orsinuovi, ce 31 juillet 1844.