LETTRE X
M. LOMBROSO A M. CONSONI.
Maintenant que notre correspondance est livrée à la publicité, et qu'elle a pour but de répandre autant que possible la lumière parmi les malheureux Israélites, dégradés par le fatal concours de circonstances aussi terribles dans leurs effets, que puissantes dans leur action ; main en ml, dis-je, que nous avons tenté de relever un peu cette nation infortunée, en l'ennoblissant , ainsi qu'elle le méritait, tant à ses propres yeux qu'à ceux de la société, il me semble utile de la préparer à l'instruction, en l'entretenant spécialement des controverses religieuses, matière compliquée, dont elle a toujours été éloignée, tant par ses docteurs et par le caractère de ses lois, que par la nature de ses mœurs et par le genre de persécution qui, pendant dix-huit siècles, pesa dans tous les coins de l'Europe, sur les sectateurs de l'ancienne loi.
Mais, comme ces enseignements doivent se répandre sur des individus imbus, pour la plupart, d'erreurs et de préjugés sucés avec le lait et revêtus de la terrible autorité d'une tradition non interrompue pendant un grand nombre de siècles, il est nécessaire de procéder avec beaucoup de précaution.
Pour donner au sujet plus de lumière et de clarté, il vaut mieux courir le risque de tomber dans quelques répétitions, que s'exposer à le rendre obscur, en se conformant aux règles de l'éloquence. Ce n'est pas à la nalme. du beau langage que nous aspirons, mais bien à convaincre une partie de la société qu'elle doit renoncer à cet isolement habituel et désolant auquel elle a été condamnée par ses propres lois et par celles des autres peuples, cl qu'elle peut se fondre dans la majorité sans encourir celte tache de blâme qu'on voudrait pourtant lui infliger.
Pour donner toute la clarté nécessaire aux arguments sans réplique que nous avons pris à tâche de développer, il est indispensable de nous soumettre souvent à résumer nos prémisses, afin de mettre le sujet à la portée de tous les lecteurs, et principalement des Israélites, pour lesquels ce genre d'instruction est complètement inconnu. Convaincu de l'efficacité de ce système, je rappellerai en substance ce que ma lettre contenait de plus essentiel, relativement au dogme du Messie, dogme dont la discussion est en même temps si envenimée et si indécise parmi les Juifs. J'établissais : Que les saintes Ecritures annonçaient en plusieurs endroits la venue de ce Rédempteur, et que sur ce point toutes les prédictions étaient d'accord, depuis le patriarche Abraham jusqu'à Malachie, le dernier des prophètes; que, malgré quelques passages susceptibles d'une interprétation équivoque, on pouvait, en expliquant des différences, purement apparentes , décider positivement, quand et comment le Messie devait faire son apparition dans le monde. Je confessais cependant ingénument qu'aucun Israélite ne pouvait avoir sur ce point si cardinal une opinion soil affirmative, soit négative, attendu que les saintes Ecritures de l'Ancien Testaments arrêtent cinq siècles avant l'époque établie pour la vérification des promesses relatives à l'avènement de ce Messie.
Appuyé sur l'autorité vénérabl • do vos auteurs sacrés, vous entreprenez dans votro réponse d'éclaircir les doutes de l'Israélite, en affirmant: 1° que l'époque désignée par les saintes Ecritures, qui font autorité pour les sectateurs de Moïse, est déjà dépassée de plus de dix-huit siècles; 2° que, lors même que cette époque serait soumise à la controverse, et que, soit aujourd'hui, soit pendant l'intervalle de kGIO'6 ans (terme dernier et péremptoire des prophé ies, en expliquant par des semaines de siècles le calcul de Daniel, comme je l'ai dit précédemment), il se présenterait quelque personnage, dans les conditions exigées par les Juifs pour le Messie, on ne pourrait le reconnaître pour tel, attendu que les tribus et les généalogies sont confondues, et qu'ainsi il n'y aurait aucun moyen de vérifier s'il sortirait exactement de la tribu et de la famille désignées par les prophéties. Lors même qu'il se révélerait par miracle quelque moyen inconnu de distinguer tribu de tribu, et famille de famille, il manquerait encore cette circonstance remarquable annoncée aussi par le prophète, que le Messie devait naître pendant la durée du second temple, monument anéanti peu d'années après que le Rédempteur eut accompli dans le monde sa carrière si courte, mais si extraordinaire, conformément aux saintes prophéties. Les Juifs trouvent donc dans leurs livres mêmes la certitude que le Messie devait venir; quant à la preuve qu'il est déjà apparu, dans le tomps, les circonstances et le lieu que ces Ecritures désignaient, elle existe dans le Nouveau l'es-
nr.MON<vnm io\ i \ w.t i.i..u:e. i.omhroso f.t CÔNsoni.
tament, livre ou tout à fait inconnu des Israélites, on d'une aulonlé inspecte â II urs yi'ii\. il cvi iicnr île la plus grande importanre que je l'examine se r npulcuseinent pour reconnaître l*|l mérite autant Je foi, qu'ils ni avaient dans l'Ancien, cette lase fondamentale lit: leur croyance religieuse.
l'our von . el pour tous les ( alholiqucs, aux jiiu desquels le* Lvangib s ont depuis dix-neuf siècles le caractère vénérable d'écrits rédigés par des hommes saints el inspiré*, cet examen sciait un sacrilège; mais pour I 'Israélite, il est indispensable, car ces livres doivent diriger sa foi dans la voie du propiès, afin ttti'll marche avec fruit vers la régénération évangélique. L'homme instruit peut entreprendre lui-même le levai! ai quel je vais me livrer ici ; niais comment l'homme simple et ignorant pourraitil trouver seul le moyen de sortir de ce labyrii the sans guide ? Ce guide ne sera aulre chose que l'histoire, dont je vais offrir 1 analyse à mes coreligionnaires. Je me propose simplement d'établir sur celte matière ma discussion, comm ' sur un point de chronique anc enne, et rien de plus car l'évidence historique une fois démontrée, la conviction religieuse ne peut manquer de naître, par le progrès de 'instruction et par tant d'antres moyens en harmonie avec la hauteur du sujet.
Quoique je n'aie reçu aucune mission des Israélites, dont beaucoup même me chargeront d'imprécations (ce queje leur pardonne), pour avoir tenté de soulever le fatal bandeau qui le9 aveugle, cependai l je prends sur moi de discutera leur profit) autant quepossii le, le point en controverse, véritable barrière, existant entre la religion de Moïse et le christianisme, qui aurait <iû être accueilli par no- ancêtres comme le complément de leur loi tombée en décadence ; car après la destruction du temple, après la perle du sol natal, il n'y eut plus même de loi, mais seulement le souvenir de la loi ensevelie par les circonstances et les malheurs sous les ruines du temple el de Jérusalem.
Peut-être dans votre pensée intérieure , vous, et beaucoup de lecteurs , m'aure/vous taxé de vanilé pour le lésumé aistoi ique dont j'ai lail précéder les recherches religieuses; hoancoup peut-être m'auront aussi laxé d'irrévérence : voici le moment de me justifier de toute piéveulion mal fondée.
Les esquisses de l'histoire des Juifs que
i "ai tracées vous auront convaincu que dans Y al où gémissait ce peup e malheureux, on ne pouvait espérer de faire pénétrer la lumière évangélique parmi ces hommes abruiis par l'esclavage el l'oppression. L'esclave est toujours esclave) aussi n'altends-jc aucun fruit de mes rei herrhes que chez les Israélites déjà émancipés de celle horrible servitude, tels que sont maintenant ceux qui vivent en Italie sous le régime autrichien, (eux de la Toscane, de la France, de la Hollande et de l'Amérique, pays où, en somme, ils soûl regardés comme sujets cl
citoyens. Il aérait inutile de raisonner avec ceux qui se iohl ravalés à la brute.
Cèl émancipations, que je propose ( oinme nu exemple à suivre et romnie un devoir iio i sr par la chaiilé, ont permis aux Juifs de taire le premier pas dans la voie du \ rogrès, en devenant nooséitei : avec le temps et l'instruction, ils feront le second pas en embrassant le christianisme. Mais dans l'état actuel (le la législation mosaïque, surchargée d'un fatras de lois, ou pour mieux dire, d'habitudes l ilmudistiques, lors i qu'il désire avec ardeur acquérir de l'instrtirlion , l'Israélite ne peut le faire ivee. succès sans retourner d'abord à la pureté originaire de ses lois, au moins de celles dont l'observance lui « st encore possible
Pour tirer les Juifs de celle position douloureuse el désolante, je leur ai proposé de renoncer à loute autre dénomination, d'adopter celle de moséites, el de se tenir à celies des lois émanées de ce grand législateur, qui sont encore applicables. Je dis encore applicables ; car, ainsi que je vais le prouver bientôt, l'édifice du code de Moïse se divisant en Irois paries, celle qui a rap-
I oit au culte n'est plus en vigueur, non plus qt:e celle qui regarde la constitution du gouvernement. Il n'en reslc donc plus qu'une faible partie qui puisse encore élre observée.
II n'e^t donc plus au pouvoir de l'Israélite de se conformer aux ordres de son législateur, ainsi que le prouvent claiiement les déclarations du sanhédrin de Paris, que j'ai rappariées dans la sixième lettre. La loi de Moïse et donc susceptible de modification. cl modifiée de fail par les lois et par la force! De douze tribus, dix se sont fondues dans les autres peuples, et il n'en est plus question; donc, les Israélites sont sujets comme les autres hommes à perdre leur nationalité ; ce fait le prouve.
Quelle est la position de ceux des moséiles qui se trouvent protégés par les lois, accoutumés à l'émancipation, favorisés par la tolérance? Bile est, sans aucun doute, meilleure que celle de leurs fières géfnisslnt dans la plus crasse ignorante, sous le joug des lois répressives. Ils se regardent comme semblables aux autres hommes, parce qu'ils le sont en apparence: mais cependant une voix terrible et menaçante leur crie a l'oreille : Tu rs ii n juif! lâche dont ils ne peuvent entreprendre de se laver dans l'eau lustrale, sans s'entendre nier aussitôt a l'oreille opposée : Tn es un apOstàti tu si M renégat! Comment donc sortir de celle impasse, comment détruire une souillure IBnS en taire apparaîtra une autre que l'opniin regarde comme (lus méritée, parce qu'elle ne dépend que de votre volonté? Voici le remède que propose cet ouvrage : relever l'Israélite, en faisant connaître son histoire el seà habitudes domestiques, et détruire le préjuge qui acettse le prosélyte d'apostasie, ea prouvant, les livres sacrés à la main, que le peuple juif, en reconnaissant Jesus-Chrisl pour le Messie, ne fail qu'obéir à ce que ces livres mêmes lui imposent, ue fait que se
DES MOYENS DE CONVERTIR LES ISRAELITES
conformer à ce que ses malheurs ont rendu indispensable.
Pour le convaincre de celte vérité, il faut l'élever à la hauteur des Ecriiures sacrées du Nouveau Testament, et pour atteindre ce but, il faut, non-seulement les lui faire connaître, mais encore les lui faire admirer. Le moséite de notre siècle, préparé par l'instruction , peut, avec l'aide du raisonnement, des recherches et des lumières de l'intelligence, éciaircir ses doutes. Il ne s'agit maintenant pour lui que d'examiner un fragment de l'histoire ancienne et contemporaine. Il doit se dire à lui-même : « J'ai attendu, « et j'attends encore un libérateur dont la « venue m'a été promise comme soulagement « âmes souffrances. Mes livres sacrés ne vont « pasjusqu a l'époque désignée pource grand « événement , dont je sens les effets sans « en connaître encore In cause , de la même « manière que j'ai adoré et adore le Créa- « leur dans les merveilles de sa création. Je « suis donc indécis ; ce Messie, vrai ou faux, « est venu i! y a dix-huit siècles ; les prêtres « de ma nation l'ont jugé comme imposteur, « et l'ont fait crucifier; ces disciples, tous « initiés à la loi de Moïse, l'ont reconnu pour « le véritable Messie, et l'ont fait reeonnaî- « Ire pour tel par les six dixièmes de la po- « pulalion du globe; les nations, les indivi- « dus qui ont adopté la loi de ce Christ, « éclipsent, en fait de civilisation, non-seu- « lement les malheureux Israélites, mais « encore tous les autres peuples qui n'ont « pas élé éclairés par ses préceptes; partout « et toujours cette religion a été très-fé- « condc en hommes grands et magnanimes, « qui ont soutenu non-seulement par leurs « écrits, mais encore en versant tout leur « sang, les doctrines émanées de reRédemp- « leur. Lié, enchaîné à la loi ancienne, je « n'ai eu, pendant toute cette suite de siècles « qu'un très-petit nombre de rabbins et de « talmudistes savants, inférieurs cependant « tant du côté de la science et des lumières, « que de celui du nombre et ne l'importance, « à ces grands hommes que le christianisme «< a produit -'. Courage donc! il ne peut y « avoir péché à tire ces livres du Nouveau « Testament; ce ne peut être un sacrilège « que de chercher à connaître la vérité. Si « ces livres et leurs auteurs me paraissent « mériter autant de confiance que le Penta- « leuque, et plus de foi que le talmud et les « tradition* des prêtres juifs contemporains « du Christ, je le reconnaîtrai pour le véri- « table Messie, puisqu'il m'est prouvé main- « ten;int que s'il apparaissait aujourd'hui un « personnage qui en réunirait les caractè- « res distinctifs, je ne devrais pas le recon-
« naître »
Le sujet de la présente lettre sera donc d'examiner l'authenticité des livres sacrés du Nouveau Testament , dont doit découler pour l'Israélite la preuve irréfragable de l'accomplissement des espérances auxquelles il avait droildc prétendre, suivant ses propres Ecritures , guide sûr de sa croyance religieuse. Si ces livres sonlautheuliques, cela suffit, il me
semble, pour le déterminer à croire à la loi de l'Evangile. Mais je veux faire encore plus: placé entre deux traditions de témoins oculaires , d'hommes contemporains à la venue du Messie , l'une soutenue par les apôtres qui affirment, l'autre par les prêtres juifs qui nient, refusant de reconnaître en Jésus- Christ les caractères de ce Messie, j'ai l'intention d'examiner ce point de controverse, comme un point d'iiistoire ancienne. Suivant toujours le même système d'analyse, j'arriverai ensuite aux temps pos'érieurs , afin de reconnaître à laquelle des deux traditions je dois accorder plus de foi; à celle des saints et des hommes supérieurs du christianisme, qui ont persévéré dans l'affirmative, ou bien à celle des talmudistes et des rabbins , parmi lesquels on compte aussi des hommes très-érudils , qui ont persisté dans la négative. Bien entendu que, comme je l'ai déjà dit , je ne prétends pas exciter les Israélites à se faire baptiser, mais seulement rechercher si , pour ceux que l'instruction et l'étude ont déjà préparés, il y a, oui ou non, sujet de blâme dans un acte qu'on regarde cependant comme blâmable.
Ce travail est indispensable pour les tirer enfin d'un labyrinthe sans issue pour eux, et comme la source à laquelle vous puisez les preuves de l'identité du Messie des Juifs avec Jésus-Christ pourrait leur être suspecte, il me paraît de la plus grande importance de n'avancer qu'avec une prudence et une précaution d'autant plus indispensables que les livres saints qui vous ont servi de guide, c'est-à-dire les Evangiles, objet de l'admiration de toute la chrétienté, pourraient être récusés par les sectes opposées et hostiles au nom du Christ , comme des témoignages émanés de ses disciples qui, par une déférence et un respect exagérés pour leur diviu maître , auraient pu tomber dans l'erreur, ou même avoir cherché à tromper les autres. Le jugement sur cette matière doit être établi sur les récils et les dépositions des hommes contemporains du Rédempteur, oude ceux qui vécurent immédiatementaprès. Si, depuis t etlc époque jusqu'à nos jours, ces livres ont toujours mérité la même vénération qui leur avait été accordée dès leur apparit on , il sera con>talé qu'ils ont l'authenticité de l'histoire. Procédons à l'examen.
Pour qu'un livre soit authentique, il faut qu'il ait élé écrit par l'auteur dont il porte le nom , et à l'époiu * à laquelle on attribue généralement sa publication. Nous devon»
donc d'abord examiner si 1 ■» auteurs ecclésiastique*, qui ont vécu du temps des apôtres on peu après, ont regardé les livres du Nouveau Testament comme l'œuvre des évangélistes , des apôtres et des autres personnages distingués auxquels ils sont attribués , et si la génération qui a suivi im<né liatemenl celle après laquelle apparut le Christ, a accordé dès lors à ces écrits la vénération dont ils jouissent à notre époque.
Je trouve dans les premiers siècles, saint Barnabe, saint Justin, saint Irénée et Ter-
DEMONSTRATION EVANGELIQUE. LOMBUOSO ET CONSOM.
lallien, écrivains d'oa grand mérite et d'ane grande réputation, qui regardent les Evangiles comme écrits par les auteurs dont ils portent le nom, et comme pnbliél du vi-
vant même des apôtres (lj. Julien l'Apostat lui-même attribua tes livres aux auteurs sous le nom desquels nous les possédons aujourd'hui. Tous les écrivains ecclésiastiques des siècles postérieurs s'accorde ni, appuyés sur la tradition de toutes les Eglises, dans le sein desquelles les apôtres ou les disciples avaient expliqué la parole évangélique, s'accordent, dis-je, à donner la même origine que celle qu'on leur attribue de nos jours aux livres du Nouveau Testament , regardés par tout le monde comme écrits du temps des apôtres, et publiés à cette, époque ou peu après. Mon assertion est tellement fondée, que Justin qui écrivait dans le second siècle parle des Evangiles comme d'un ouvrage déjà répandu dans tout l'univers. Et notez que les livres ne se répandent point et ne se propagent point à de si grandes dislances dans un court espace de temps, surtout ceux qui comme les Evangiles sont destinés à vaincre de grandes difficultés, à surmonter d'innombrables obstacles. Ces livres sont donc aussi authentiques que ceux de Moïse, d'Isaîe, de Jérémie, etc.
Lue autre preuve historique évidente , quoique d'une nature négative , concourt à me confirmer dans l'opinion que leur authenticité ne peut être contestée. Je veux parler de l'inutilité des efforts qui ont été faits par les hérétiques pour la réfuter et la détruire. Toutes leurs tentatives, quoique dirigées avec beaucoup d'adresse, de concert et de persévérance, non-seulement sont restées tout à fait sans succès , mais elles ont même contribué à accroître les preuves de cette authenticité, car tant d'autres livres , publiés comme évangéliques , n'ont pu résister à un sévère examen et ont été reconnus comme faux , quoiqu'ils osassent se couvrir du nom des apôtres pour en imposer à la multitude. Ceux-là donc qui ont pu sortir purs de cette épreuve ont acquis et conservé depuis lors un caractère vénérable d'authenticité, caractère qu'ils ont reçu du consentement unanime des générations écoulées et avec lequel ils ont été transmis successivement aux suivantes jusqu'à la nôtre, qui peut-être est la soixantième depuis l'ère apostolique.
Il est impossible de ne pas admirer dans le Nouveau, comme dans l'Ancien Testament, l'enchaînement qui lie étroitement les livres au. livres, les traditions aux traditions. Adam avait fait, de vive voix, à ses entants , le ré«:it de la création du monde ; Noé reçut
(1) Le dernier des auteurs cités, Tertullien, qui vivait au commencement du troisième siècle, atteste que de son temps on avait encore les originaux de plusieurs des livres du Nouveau Testament; do BinentS précieux qui, peut- être, sans les invasions des Barbares auxquelles l'Europe fut en proie, existeraient encore de nos jours.
(i) Jacob mourut 1 an 1689 avrvnl 1ère vulgaire, laissant m monde ses tils qui vécurent bien long-
cette tradition orale de Lamech dont il élait pour ainsi dire contemporain , et la transmit en peu dfl génération! a Abraham. Elle passa ensuit*; de la même manière à Moïse, car c'est des enfants de Jacob qu'il tenait le récil rédigé par lui dans la ticnèse (3), 11 ne me parait pas nécessaire de rappeler ici à mes lecteurs la loogéi ité extraordinaire des hommes des première! générations. l'caucoup d'entre eux vécurent six, sept et même neuf cents ans, de sorte que les traditions passaient de l'aïeul au pelit neveu, auquel ces enseignements étaient répétés non - seulement pendant beaucoup d'années, mais même pendant plusieurs siècle!. Semblable chose arriva pour les Pères de l'Eglise, qui se succédèrent l'un à l'autre à des intervalles trèscourts. Saint Polycarpe survécut sept ans à Justin qui avait été disciple de l'apôtre saint Jean ; se serait-il jamais exposé au martyre, s'il avait eu seulement le soupçon que ces Evangiles pussent être l'œuvre d'un imposteur ? Saint Irénée fut son disciple, et assure que Matthieu écrivit son Evangile en hébreu; que Marc était disciple de Pierre, et Luc de Paul. 11 affirme que chacun d'eux rédigea ce qu'il avait entendu raconter par son maître, ajoutant que saint Jean, disciple privilégié du Seigneur, avait publié son Evangile pendant son séjour à Ephèse. Origène rapporte que, dès son époque, tout doute sur l'authenticité de ces livres avait disparu , et qu'elle élait reconnue par tous comme incontestable. La peinture que fait Malachie des prêtres juifs de son époque s'accorde parfaitement avec celle que nous trouvons dans les Evangiles. Aucun auteur sensé ne voudra donc refuser aux saints, aux martyrs, la foi que méritent leurs écrits appuyés sur leur! actes héroïques pour l'accorder au sacerdoce juif corrompu, et dégradé par le mensonge et l'imposture. On doit ajouter d'autant plus de loi aux récils des auteurs évangéliques.qu'ils confessent avec la plus grande ingénuité dans leurs écrits, les fautes qu'ils ont commises et la lâcheté dont presque tous les apôtres ont fait preuve, en abandonnant le Rédempteur dans le péril , au milieu duquel il voulut succomber.
La population de Jérusalem, à l'époque où Jésus-Christ terminait sa carrière glorieuse, élait composée de deux espèces d'habitants, les juifs el les païens : ces derniers n'avaient aucune notion du Messie que l'on attendait précisément alors, tandis que les premiers fondaient sur sa venue de grandes espérances. Duquel de ces deux peuples le Christ lira-t-il ses partisans et ses disciples? des juifs. Les apôtres étaient tous attaché! au culte de Moïse. Quoiqu'ils fussent Irès-pau-
temps encore après lui. Moïse naquit 1871 ans avant Jésus-Christ, cest-à-dira 118 ans après la mort de Jacob. Il esi donc certain que la tradition de ce pa-
triarebe était encore fraîche dans la lue noire dîme
génération si immédiate a celle qui l'avail régna de
lui-même. L"hi>ioire a passé de Jacob à Noise comme des vétérans de Turenne à cçux du gratnl, Frédéric.
DES MOYENS DE CONVERTIR LES ISRAELITES
vies pour la plupart, néanmoins ils étaient bien pénétrés des caractères que devait présenter le Messie ; car la loi de Moïse élail étudiée, spécialement en ce temps-là, même par les personne* du bas peuple, et il eût été très-rare et très-difficile de trouver des individus assez stupides pour ignorer tout ce qui concernait le Messie. Or donc, si le Christ n'avait pas réuni toutes les conditions du véritable Messie, ceux qu'il choisit comme témoins et instruments de sa mission auraient-ils jamais consenti à le suivre et à le reconnaître pour tel? Se seraient-ils jamais exposés au martyre pour soutenir ses doctrines ?
Maintenant que nous avons vérifié l'authenticité du Nouveau Testament , dont nous donnerons bientôt un abrégé, il nous reste à rechercher quels motifs ont pu décider les apôtres à se lier par des nœuds si indissolubles aux doctrines de ce divin maître qu'ils avaient, suivant leur propre aveu, lâchement abandonné. Moïse avait dicté et même imposé son code de lois à un peuple qui lui devait sa délivrance de l'esclavage ; ce code sortait de la main même de Dieu, qui le promulguait au milieu du majestueux spectacle de la nature en convulsion ; il est fort naturel que les Hébreux aient accepté cette loi. Mais il n'en est pas de même de la loi nouvelle ; les apôtres n'avaient ni gloire ni richesse à attendre, des doctrines qu'ils prêchaient. El d'ailleurs comment des hommes pauvres et grossiers auraient-ils pu seulement concevoir de si brillantes espérances ? Au contraire, ils étaient pauvres et voulaient rester pauvres. Pourquoi, après avoir abandonné Jésus-Christ au moment de sa passion, persistèrent-ils avec tant de ténacité, après son ascension au ciel, dans leur attachement à ses préceptes, tandis que le sacerdoce juif, satisfait d'avoir fait juger et condamner le Rédempteur , s'obstinait encore après sa mort à lui refuser les caractères du véritable Messieque les apôtres consacrèrent en payant de leur vie l'énergie avec laquelle ils défendaient la religion naissante? Ces apôtres avaient été témoins eux aussi de tous les actes de Jésus-Christ dans ce monde ; l'eus-
(1) Saint Matthieu, apôtre, était publicain. Récrivit danslacinquanùèmeannéede l'ère vulgaire,c'esl-à-dire à peu près vingt ans après la mort du Rédempteur, et quelques années avant la ruine du temple.
Saint Marc écrivit à la même époque; il était disciple de saint Pierre, sous la direction duquel il s'occupa de ce travail.
Saint Luc était médecin de profession et natif d'Antioche. Il avait été d'abord païen, puis juif, et enfin chrétien. Il fut converti par saint Paul, sous l'inspiration duquel il rédigea son livre. Il avait été transféré à Rome lors de la première captivité, vers l'an 43 du Christ.
S;iint Jean, apôtre et évangélistc, était un pêcheur et disciple de saint Jean-Raptiste. Quoiqu'il fût le plus jeune d'entre les apôtres, il n'avait jamais abandonné le divin Maître pendant les trois années de sa prédication, et, au moment de sa mort, le Rédempteur lui lit le» plus pressantes recommandations en laveur do sa Mère.
Parmi tous ces propagateurs primitifs de la reli-
sent-ils jamais reconnu pour le vrai Messie, s'il n'avait prouvé incontestablement sa mission ? Ces hommes qui, après avoir épousé la cause de leur maître contre leur propre intérêt, l'ont défendue au prix de tout leur sang versédans les plus horribles martyres, no méritent-ils pas plus de confiance que ces hommes faux et orgueilleux, qui, poussés par leur intérêt personnel, trahirent la vérité, la religion , les espérances du peuple qui ne soupirait alors qu'après l'avènement de ce Messie? Personne n'hésitera à rejeter principalement sur ces fourbes qui remplissaient alors les fonctions des lévites à Jérusalem, le crime de l'horrible déicide, crime qui pèse depuis tant de siècles de génération en génération sur la malheureuse race israélite. Cela est d'autant plus vrai que Jésus-Christ pardonna même à ses bourreaux, en affirmant qu'ils ne savaient ce qu'ils faisaient.
D'après les motifs que j'ai exposés, il me semble que tout moséite impartial peut regarder comme authentiques les livres du Nouveau Testament, cl considérer commo dignes de foi les écrivains qui ont fait ce don précieux aux fidèles. Je ferai néanmoins observer que les Evangiles, œuvre non pas du Christ, mais de ses disciples, n'ont point été écrits d'un commun accord entre les divers auteurs, mais bien à des époques et en des lieux différents; et pourtant , sauf quelques variantes légères, ils s'accordent entre eux, spécialement sur le point cardinal , en reconnaissant en Jésus-Christ tous les caractères du Messie. 11 sera facile de se convaincre de ce que j'avance, en lisant l'analyse que je vais entreprendre de ces livres, lesquels nous sont parvenus dans toute leur intégrité après avoir traversé l'espace de dix-huit siècles, pendant lesquels ils eurent à subir l'épreuve de terribles persécutions, qui n'ont cependant pu ni arrêter leur promulgation, ni même la ralentir.
Le Nouveau Testament, bien qu'on pense que les Epîtres de saint Paul soient plus anciennes, commence par les Evangiles qui sont attribués d'un consentement unanime à saint Matthieu (1), à saint Marc, à saint Luc, et à saint Jean. Tous étaient disciples do
gion du Christ, dont ces évangélistes furent les p.us actifs à cause de leurs écri's , on doit citer au premier rang, dans la hiérarchie chrétienne, les apôtres, ces colonnes les plus solides de l'édifice gigantesque. Ils étaient douze en tout. Saint Jean et saint Matthieu ont déjà été cités au nombre des évangélistes. Les autres étaient : 1° Saint Pierre, pécheur de profession, qui obtint la couronne du martyre à Rome; 2° saint André, son frère, crucifié en Scythie où il s'était rendu pour prêcher l'Evangile, 3° saint Jacques le Majeur, pêcheur aussi, et le premier qui souffrit le martyre : il fut décapité à Jérusalem l'an 44 de 1ère \ulgairc. Il paraît qu'il ne sortit jamais de son pays natal; 4° saint Jean l'Evangéli-te, trore du précédent, et le seul des apôtres qui échappa au martyre; 5° saint Jacques le Mineur, dont la prédication se restreignit à Jérusalem, et qui mourut martyr en l'an 64 de Jésus-Christ, dixième du règne de Néron; 6° saint Philippe : on a peu de renseignements sur sa vie ; on pense qu'il n'est pas sorti de Samarie; il lut aussi martyrisé; 7° saint Rartholo-
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Jésus-Chrisl , ou de ses apôtres. La roncordaii'O. qui Ixltte dans leurs écr.ls, esl aussi parfaite qu'elle |>enl I 'être, entre des auteurs qui les ont rédigés sans s'entendre d'avance, cl dans des lieux el des Irnips liien éloigné';. Saiul Matthieu, écrivant son livre eu hébreu et pour l'usage des Juifs, commence par la généalogie du Christ. Il la fail remonter d'abord jusqu'à David, (ils de Jessé, el la continue ensuite j sq n'a Ahraliam, chef de la race Israélite. Il y .1 eu toui 'i 2 générations : IV d'Abraham à David; 14 depuis David jusqu'à la captivité de Rabylonc. el IV depuis celle époque ju-qu'à Jésus-Christ, dont l'origine esi aussi étroit. ■ment liée au premier des patriarches, que les Israélites regardent comme le père de leur nation.
Saint Marc commence son Evangile plus avant dans l'histoire du Rédempteur, c'est-àdire qU'il débute par la prédication du précurseur Jean-Baptiste, lorsque Jesus-Chri-t Fils de Dieu vivait déjà. Le premier de ces deux évangélistes rapporte des particularités généalogiques, que le second omet, prenant pour point de départ son apparition sur la scène du monde. Saint Marc dépose la plume au moment où les apô res se préparent au grand travail de la d.lïusiciu de l'Evangile dans toutes les parties de l'univers ; saint Maliliieu nous montre celte œuvre sublime terminée, el la divine parole déjà répandue dans tous les coins de la terre.
Saint Luc commence son livre par le récit des circonstances miraculeuses de la naissance du Rédempteur à Bethléem. Cependant, écrivant pour un païen, il ne se contente pas de faire partir sa généalogie d'Abraham, qui fut le père seulement de la nation israélile, mais il la l'ait remonter jusqu'à Adam, qui fut celui de tous le» hommes. 11 termine son histoire par le récit de la résurrection du Rédempteur, époque Ooale et décisive dans la vie (lu divin Maître.
Saint Jean, le dernier des évangélistes, et de plus apôtre, commence son récit plus lard encore que les autres. S'avançanl davantage dans l'époque évangélique, il prend pour point de dépari la narration des mirai 1 s de Jésus-Christ pendant sa. carrière mortelle, et termine par la narration des derniers prodiges , de ceux qui furent opéiés après la résurrection; prodiges qni donnèrent une force et une autorité extraordinaires à la divine mission du Messie.
Dans les livres du Nouveau Testament, les Actes des apôires, écrits par saint Luc, font suite aux quatre évangélistes. Ces Evangiles racontent la vie du Sauveur jusqu'à son Ascension; les Actes parlent de rétablissement des premières Eglises chrétiennes dans la l'a- I esi me, la Syrie, l'Asic-M meure, les îles de l'Archipel el l'Italie. Quoiqu'on ne puisse
LOMKROSO ET CONSOSI.
niée, qui parcourut l'Arabie et les Indes, el subit aussi le martyre à Aibanopolis; 8" suint Thomas prêcha chez les Partîtes el dans les Indes, où il trouva le martyre; 9° saint Maliliieu, dont nous avons déjà parlé eu le ciiauiau nombre des évangéUbles : 10° saint Jmle. qui ne nous est connu que par une Eptlre qui porte son noua; on rapporte qu'il fut martyrisé en
dire qu'ils présentent une histoire cmnp.'c te du christianisme à son origine, cependant on doit les regarder comme des documents précieux, écrits par un auteur contemporain, et ils servent admirablement a faire connaître par quels ino\ens fragiles l'Eglise fl élefldu son empire. Ils embrassent une période de .')0 ans, depuis l'ascension du S ijnctir jusqu'à la seconde année du séjour de saiul l'aul à Rnme
Viennent ensuite les livres apostoliques, qui devinrent indispensables à cause du nombre toujours croissant des fidèles. Les douze apôtres, répandus pour ainsi dire dans toutes les parties du ru ride connu, suffisaient d'abord à la prédication. Le uombredes néophytes augmentant toujours, ils s'adjoignirent des d sciples, qui hienlôl devinrent aussi insulfisants pour tant de millions de filetés qui, dans tous les coins de la terre, accouraient au sein île l'Eglise. Il devint alors nécessaire de recourir aux écnls, la voix de quelques prédicateurs ne pouvant faire face à l'instruction de laul de piosélvles du christianisme qui s'était répandu dans l'Asie- Mineure, la Syrie, la Macédoine, la Grèce et l'Italie. Les Epîtres ou lettres devinrent alors indispensables; l^ur but était de fixer les points de foi, d'éclairer les doutes qui s'éleva'Cnl, de combattre les erreurs el les fausses doctrines que les hérétiques propageaient peu à peu. Ces Epîtrcs sonl au nombre de 21 : H sont de saint Paul, 1 de sainl Jacques, 2 de sainl Pierre, 3 de sanl Jean. 1 desaintJude. Les unes étaient adressées à certaines Eglises ou à des personnages distingués, les autres, à des n liions ou à des villes, suivant les circonstances el les besoins.
Les Ecritures sacrées du Nouveau Testament sont terminées par l'Apocalypse de saint Jean , apôtre, livre propbé ique delà teneur de celui d'Eiéchiel : c'est une prédiclion du triomphe du christianisme. De même que la captivité de Rabylone avait ranimé l'esprit prophétique chez les hommes supérieurs que ta nation israélite possédait alors dans son sein, de même les persécutions auxquelles l'Eglise naissante éiail en bu le. enflammèrent saint Jean de l'esprit de Dieu, pour l'encouragement des fidèles. L'Apocalypse est un des livres les plus obscurs du Nouveau Testament, car il laisse beaucoup de vague, et esl susceptible d'inicrpreta'ions diverses, dans les prédictions qu'il donne sur l'avenir. On peut, si l'on veut, reconnaître, dans ces prophéties, des époques remarquables el des hommes extraordinaires qu'on a vus depuis. Saint Jean lui-même s eu déclare l'auteur, et il a été reconnu comme tel, dès la plus haute antiquité, par le- l'è de l'Eglise el par les écrivains les plus ac-
Perse; 11e saint Simon, qui fui aussi martyr, les uns disent à Rome, sous irajan, les autre»; en Afrique; 12° le traitre Judas, que l'a m bi lion et l'av;irice portèrent à livrer son maître. Il lut remplacé par saint Matthias qui, suivant la tradition, fut martyrisé en Ethiopie.
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DES MOYENS DE CONVERTIR LES ISRAELITES
crédités, (els que saint Juslin martyr , saint Irénéc , Tertullien et Origène. Les Keriiuires sacrées du Nouveau Testament se composent donc : 1° des Evangiles ; 2° des Actes des apôtres; 3* des Epltres: 4° de l'Apocalypse; c'est là le trésor qui renferme toute la foi du chrétien, Source à laquelle il doit puiser tous les préceptes de morale et de religion formant la base de sa croyance.
Ces livrps nous sont parvenus à travers dix-neuf siècles d'horribles tempêtes, et ils n'ont point éprouvé moins de persécutions que les Juifs eux-mêmes n'en ont subi pour conserver intacts les leurs. Le sang des fidèles coula à flots dans un généreux martyre ; d'abord celui de9 apôtres, ensuite celui des saints, et enfin celui de tant et tant d'hommes inconnus qui s'exposaient à l'envi aux plus horribles torlures, plutôt que de trahir la foi jurée à Jésus-Christ. C'est au prix de tout ce sang que les livres sacrés du Nouveau Testament se sont propagés dans toutes les parties du monde hahilé, et l'on peut même dire qu'il ne dut sa civilisation qu'à la promulgation des doctrines de l'Evangile. Nous en avons la preuve dans le nombre infini de prosélytes qui s'élevaient en tous lieux et venaient demander les règles sublimes de la morale et de la perfection religieuse, à ces livre-; qui, malgré tant de siècles traversés au milieu des plus profondes ténèbres de l'ignorance et de la barbarie, nous sont cependant parvenus dans leur intégrité, tels qu'ils sont présentés de nos jours à l'admiration et à l'édification des fidèles.
Le contenu du trésor évangélique est donc un monument précieux tant pour l'histoire que pour la religion. Ce n'est point un code rédigé et transmis par un seul homme, mais bien un recueil des maximes de la morale la plus pure, non-seulement prêchees, mais encore mises en pratique par des hommes sainis et inspirés; par des hommes tous remplis d'un admirable accord dans leurs enseignements qu'ils ont soutenus par les actes les plus héroïques. Ces doctrines ont de plus été sanctionnées par des auteurs qui, presque tous, ont payé de leur sang leur attachement pour elles : ce sera sur ce magnifique sujet que roulera ma lettré prochaine, que vous recevrez sous peu de jours.
Je suis toujours avec estime,
Votre ami très-affectionné,
LOMiiHOSO
Milan, 20 août 1844.