‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 8 sur 255 · ARTICLE IV · texte numérisé non relu

ARTICLE IV

Différence entre les témoins vivants et les morts.

17. La règle que nous avons exposée et qui consiste à suivre l'autorité dans les matières de foi, est si certaine, qu'elle n'est pas niée par nos adversaires, qui réunissent même tous leurs efforts pour prouver leurs sentiments par l'autorité des saintes Ecritures et de la tradition. Les livres du Nouveau Testament contiennent les témoignages des apôtres et des disciples de Jésus-Christ, les conciles universels et particuliers, les écrits des saints évéques, des Pères et docteurs de l'Eglise, contiennent les témoignages que nous ont laissés de siècle en siècle les témoins qui ont succédé aux apôtres et aux disciples de Jésus-Christ. Pour nous, disent nos adversaires, nous examinons ces écrits et ces témoignages, nous en recherchons et fixons soigneusement le sens; et d'après lui nous réglons notre loi. Nous soutenons ces points de doctrine que nous trouvons confirmés et garantis par le témoignage unanime des docteurs dans les siècles passés, et pai ticulièrement dans les siècles voisins de Jésus-Christ. Quant à moi, dit le janséniste, le qucsnclliste, pour ce qui con-

(1) V Examen critique de» apologiste» de la religion chrétienne est un ouvrage insidieux, longtemps connu «mi manuscrit, et qui avait fourni les matériaux i un

gi .nul nombre de livres impies, avant que Fréret le

cerne le péché originel et ses effets, la grâce et son efficacité, la prédetlinatioa , le lil.ie arbitre, < le. «je soutiens ces mêmes dogmes que défendit saint Augustin contre les pélagieas el les semi-pélagiens dans le v siècle, au nom et avec l'approbation de l'Eglise entière qui s'est approprié la doctrine du saint docteur. Je trouve un livre, et c'est VAugustinus de Jansénius dans lequel celle doctrine de saint Augustin est enseignée avec une parfaite exactitude, développée avec une Irès-grandc clarté, et défendue avec une force merveilleuse contre les sophismes des modernes pélagiens, c'est-à-dire des molinistes. Pourquoi devrai -je condamner ce livre, et en rejeter la doctrine comme hérélique, sur la seule autorité de certaines bulles des papes, qui ne sont pas infaillibles? Une doctrine qui était catholique, très-catholique dans le v siècle serait-elle par hasard devenue hérélique dans le dixseptième? ou bien l'Eglise a-t-elle erré en regardant et adoptant comme la sienne propre la doctrine de saint Augustin ? Je trouve une bulle, et c'est la bulle Unigenitus, qui condamne par des censures vagues et indéterminées plus de cent propositions deQuesnel; je trouve, d'après tous les témoins de l'antiquité, que ces mêmes propositions ont été enseignées dans tous les siècles passés comme autant de vérités de foi : pourquoi devrai-je les condamner?

18. Je réponds que, dans la grande chaîne des témoins qui commence aux apôtres et se prolonge jusqu'à nous, pour être continuée dans la suite jusqu'à la fin des siècles , il faut nécessairement distinguer les témoins morts des témoins encore vivants. Les témoins ne peuvent nous parler que par les témoignages déposés dans leurs écrits. Or, je dis que ces témoignages ne sont pas la règle prochaine el universelle de la foi catholique. Ceci deviendra évident pour celui qui pèsera avec attention les raisons suivantes :

1° Celle règle ne peut servir au plus grand nombre des chrétiens qui ne sont pas à même d'entendre les témoignages morts , ni même de les lire; ils sont donc pour eux précisément comme s'ils n'étaient pas. Que deviendrait la foi des trois quarts au moins des catholiques si les ou\riers,si les paysans, si les enfants, si les femmes, étaient obliges d'apprendre les dogmes du péché originel et de la grâce, ou dans les livres de saint Augustin, ou dans les décrets des papes Innocent el Zozimc, ou bien dans les décisions des conciles de Carthage, de .Mêla et d'Orange? C'est une chose Irès-cerlaine que le plus grand nombre des fidèles ignore même qu'il y ail eu un concile de Nicée, un concile d'Ephèse, un concile de Chalcédoiue, et il ne sait pas non plus qu'il exisle une lettre dogmatique de saint Léon à Flavicn, des anathemes de saint Cyrille contre Neslorius,ele. Donc, il esl évident que les témoignages des

mît au jour. Bergier l'a réfuté dans sa t'.ertiiuiic des prmvtt du ekriitimùme, parue en 1767, nouT. Mil., Avignon, 18-21 , 2 vol. in-li.

ECONOMIE DE LA FOI CHRETIENNE

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morts ne peuvent servir de règle prochaine et universelle, pour instruire la plus grande partie des chrétiens et former leur foi. Et cependant la foi est nécessaire à tous, aux savants comme aux ignorants : et dans ce qui constitue proprement le chrétien catholique, un grand théologien ne diffère pas d'un simple paysan.

19. 2° Les choses écrites sont beaucoup plus sujettes à être mal entendues que celles qui se disent de vive voix. Les paroles sont les signes de nos idées fixés par la volonté arbitraire des hommes; et les hommes, à cause de la multiplicité presque infinie des idées, et la grande rareté des mots, ont été contraints d'exprimer un grand nombre d'idées différentes par un seul mot ou par un très-petit nombre. Quand les mots sont prononcés de vive voix , on peut par les inflexions du ton, par l'accompagnement du geste, par l'air du visage et d'autre sorte, en déterminer le sens précis et unique que l'on a l'intention d'exprimer : mais dans les écrits ne se trouvent point toutes ces ressources. Combien de fois les choses seconfondentetles sens s'altèrent par le défaut d'une ponctuation exacte! combien de fois le lecteur ne prend-il pas une ironie au sérieux et ne regarde-t-il pas une objection comme le sentiment de l'auteur? Il est vrai que la confrontation des antécédents et des conséquents, et l'examen attentif de tout le contexte nous aident beaucoup à saisir exactement le sens d'un écrit ; mais celle confrontation, cet examen n'est fait que par très-peu de personnes, ou ne se fail point avec le soin convenable, parce que la fatigue est toujours une source d'ennuis pour l'homme. Au contraire, on dit en très-peu de temps, de vive voix, ce que l'on veut, et l'esprit de celui qui écoute tient, pour ainsi dire, ses farces plus unies pour bien saisir tout l'ensemble, sans qu'il soit nécessaire d'aller en avant et de retourner en arrière , pour reprendre ce que l'éloignement peut avoir fait oublier. Enfin, s'il s'élève quelques difficultés dans l'esprit de celui qui lit, ou s'il se rencontre quelque passage obscur, les écrits ne répondent pas et ne donnent acucun éclaircissement, tandis que, lorsqu'il s'agit de la parole parlée, on a l'avantage d'interroger et de recevoir des réponses.

20. 3° Les mots et les phrases, dans la suite des siècles, changent souvent de signification et sont employés par un auteur dans un sens tout différent de celui dans lequel d'autres auteurs les emploient. C'est pourquoi souvent il arrive qu'un lecteur qui vit dans un siècle, cl lit un ouvrage écrit plusieurs siècles avant, attache aux paroles le sens moderne reçu, et fait dire à l'auleur qu'il lit ce qu'il ne dit pas eu effel. Il est trop naturel à l'homme de s'attacher à ce sens qui se présente le premier à l'esprit et que lui présente l'usage général, et de passer outre, prenant ainsi à la hâte des erreurs pour des vérités. Prenons pour exemple le mol pecentum, lequel, dans le sens ordinaire et commun, signifie une action de l'homme

contraire à la loi de Dieu, ou bien une tache inhérente à l'âme humaine; et néanmoins dans saint Paul, comme dans saint Augustin, ce mot a plusieurs fois un sens très-différent. On peut démontrer jusqu'à la dernière évidence que Jansénius, dans son livre intitulé Augustinus, après une étude de plus de vingt ans, s'est constamment trompé dans l'intelligence du véritable sens de saint Augustin, précisément parce que plusieurs expressions et phrases du saint docteur, employées dans un sens particulier, comme le prouve d'ailleurs tout le contexte de ses œuvres, ont été entendues par Jansénius dans le sens qu'elles présentent naturellement séparées de leur contexle, ou bien dans le sens dans lequel elles étaient prises communément dans le dix-seplième siècle. Par exemple, par cette grâce qui donne le pouvoir, gratia quœ dat posse, Jansénius entend la grâce suffisante; et l'on ne peut nier que ces paroles de prime abord ne présentent entièrement ce sens; ensuite, par cette grâce qui donne le vouloir, gratia quœ dat velle, Jansénius entend toujours la grâce efficace. Et cependant on peut aisément démontrer que. par la première grâce, saint Augustin entendait la grâce dans le sens de Pelage, qu'il ne cesse de combattre; et par la seconde grâce, la grâce chrétienne, qu'il dit ouvertement être nécessaire pour toutes les bonnes œuvres. Faut-il donc s'étonner que le pauvre Jansénius ait fondé sur ces expressions mal interprétées son erreur capitale qui lui faisait considérer comme pélagienne la grâce suffisante, et comme chrétienne la seule grâce efficace? Si une société d'hommes savants entreprenait la tâche pénible de mettre au net le recueil des phrases, si je puis m'exprimer de la sorle, particulières à chaque Père et à chaque siècle, je suis très-persuadé qu'elle rendrait un service inappréciable à la théologie, et mettrait dans la main des jeunes étudiants et même de leurs maîtres un fil pour sortir heureusement du labyrinthe d'une infinité de disputes, qui ont lieu sur l'intelligence des ouvrages des saints Pères et des monuments de la tradition.

21. Mais, mettant de côté les raisonnements, faisons un appel à l'expérience si propre à instruire les hommes dans les choses de la vie. Que de disputes ne naissentelles pas chaque jour sur l'intelligence des livres? 11 y a des siècles que trois ou quatre écoles sont en contestation entre elles sur le sens de plusieurs passages de saint Augustin : jusqu'à présent la question a-t-elle pu être décidée? Non ; et probablement il s'écoulera encore bien des années sans qu'elle puisse l'être. Les incrédules modernes nous disent sérieusement que dans l'Ecclésiasle, )ou enseigne la mortalité de l'âme et qu'on exhorte les hommes à jouir gaiement des biens de cette vie, puisque tout finit à la mort. Ils prennent pour un sentiment réel de l'auteur ce qu'il propose comme des pensées qui se présentaient à son imagination, et qu'il rejette, exhortant les hommes à suivre la vertu pour être heureux dans la vie

DMIONSII", VTION KV

future qui sera <(ot im-IIo. |.(s 'l"hi s-alonidrus, ei lisant la première lettre nue sa. ni

l'an! leur écrivit, furent persuades .pic le jour (lu jugement dernier elail très-proche ; pi quiconque pèsera aitentiv. ment les expressions de saint Paul dans celle lettre se,,, ,,orlé à trouver excusables les habitants de 1 l.essilonique tombés dans cette cireur. Ut effet, l'Apôtre ne leur fait pas de reproches là-dessus ; mais, dans une seconde, lettre, il les instruit plus clairement sur ce sujet (1). Saut Pierre a remarqué que, dans les epîlres de saint Paul, il y a beaucoup de choses difficiles à entendre, qui peuvent IV- Ire dans un mauvais sens ; et il n'est pas nécessaire d'ajouter que ce sens faux a toujours son origine dans la malice de l'homme : on commence le plus souvent par une erreur innocente, on continue ensuite, et l'on finit par l'obstination, parce que l'orgueil de l'homme répugne trop à se voir contraint de dire : Je me suis trompe '-(2). Les métaphores et les figures par lesquelles nous avons coutume d'embellir nos discours sont aussi trèssouvent une source de méprises et d'erreurs. Ceux qui écoutaient Jésus-Christ, les disciples eux-mêmes, se trompèrent plusieurs fois en prenant les paroles du divin Maître dans le sens ordinaire; par exemple, quand il dit queLazarre dormait, qu'il détruira il le temple et le reconstruirait ensuite dans trois jours. On n'a pu trouver jusqu'à ce jour la manière par laquelle un testateur dispose de ses biens avec tant de clarté et de précision, qu'il prévienne tout malentendu et tout procès: il suffit de s'arrêter au seul article des fidéicommis, qui, après mille décisions d'un si grand nombre de tribunaux, laisse encore un si vaste champ à la chicane. S'ilarriveensuite (comme cela arrive très-souvent) que les livres soient lus avec quelque prévention, un sentiment opposé arrêté d'avance et quelque secrète inclination peu favorable, alors on ne comprend plus rien, et la volonté offusque tellement l'intelligence, qu'on trouve mille difficultés contre ce qu'on lit; aucun raisonnement ne semble juste; on rejette les notions les plus claires et l'on ferme les yeux à la lumière. Luther, dans les paroles : Hoc est corpus meum, hic est sanguis meus, voit très-clairement la présence réelle dû corps et du sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie : Calvin ne l'y voit pas, parce que, quoi qu'il en coûte, il ne veut pas la voir. De* même Arius ne voyait pas la divinité du \ erbe dans les nombreux passages des div.nes Ecritures, par lesquels l'Eglise entière voyait ce dogme évidemment établi. L'cxpé-

(1) < Hoc enim vobisdicimusin verbo Domiiii, quia nos, qui vivimus, qui resi.lui suinus in adventiuu Dornmi.non prœvememus eosquidorniien.nl. Quonïam ipse Dominos in jqssu, et in voce archangeli. et in tuba Dei, descende! de cœlo, et morlui, oui in Umsto sunt, résurgent prhni. Deinde nos qui vivimus qui relmquimur, siiiiul rapiemur cuin il lis in i.ubibus obv.au. Gbrisio i„ ;,,.„, et sic semper eum Domino ennuis ( 1 Tkfiital. iv, 15, 1G) i

« Rogamusauten. vos, f. aires... ut non cil.» niovea 1111,1 a vcslr° SiîOJtU, neque lerreauiini, ucque per &p -

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rieii.e funeste, j,- dirai presque de < I, que jour, convainc qui que ce soit de | que l'on éprouve à xt t

sciilimenl donl on a été une fois imbu jansénistes, par leur exemple, nous en h, lussent une preuve incontestable et toujours existante

ARTICLE v.

Règle prochaine et univerulle de la foi catholique.

22. Des réllexions que nous avons faite», et d'un ^ grand nombre d'autres que Ton pourrait faire, résuile avec une entière t rtitude cette. vérité très-importante : donc le» témoignages écrits des témoins qui sout morts sont insuffisants pour former et fixer la foi de tout chrétien, et ne peuvent par coi. quenl être la règle prochaine et univerfelle de la foi catholique. Mais quelle sera donc celte règle? La parole vivante des témoins vivants, qui, revêtus de l'autorité pour enseigner et décider, déclareront publiquement et fixeront le sens précis des témoins morts, dissiperont tous les doutes qui peuvent naitre et termineront les disputes. Les Evangiles eux-mêmes, les Eptlres, les Actes des apôtres cl tous les livres canoniques, tant de 1 Ancien: que du Nouveau Testament, nous sont présentés par l'autorité publique de l'Eglise ; sur ce fondement, nous croyons qu'en eux est renfermée la parole de Dieu, et, sans cela, ils ne pourraient obliger notre toi, d après ce célèbre passage de saint Augustin : Ego vero Evangelio non crederem, ntsi me commoveret catholicœ Ecclesiœ auctontas (Conl. Epist. fundamenti , cap. v, «• o). Et Origène, en parlant de plusieurs évangiles apocryphes qui avaient cours de son temps, les distingue des authentiquas par la seule autorité de l'Eglise : Scio quod- (laui evaiujclium. quod appcUaiur secundum Thomain et juxta Maihiam et alia plur

'""*' » sed in his umnibiu nihii uliud pio-

bamus, nisi quod Ecclesia, id est quatuor tantum evanyclia recipiend<i { Homil. 1 in Lucam, (dit. Maur.). Saint Paul, pour donner le véritablcsensdescsepitres. qui avaient clé mal interprétées par les ïhessaioniciens. comme nous l'avons remarqué plus haut, leur cite ses paroles dites de vive vain, comme une explication sûre à laquelle les rnessaloniciens doivent se rapporter : .\ rctmetis, quod tu* adhuc têsem apud to«, hœc dicebam vobis? (U Thess. n, 5.) Avant qu aucun livre du Nouveau Testament eût ete écrit, l'Eglise de Jésus-Christ existait avec de nombreux prosélytes par les seuls témoignages de vive voix des apôtres et des

riium, neque per sermoncm, neque per epistolam lanquam per nos missam, quasi insiei .lies Donnai. r\e .pus vos seducal ullo modo : quoniam nisi venant discessio priniuiii, et revelatus fuerit homo peccati, lilms perôilionis, etc. (Il Thcssal. u. 1 sqq.). ,

(tu Siculelcarissimos (rater noster Paulus secandam .laïain Mi». sapienUan scripsit toWs . sicul et m omnibus epîstelis loquees in eis de his in mribus sont qiucda.n dillicilia inteUeclu, qu.u imlocli ei instalnles dépravant, gibet et caeleras Soripinras , ad ta ipson.m perditioaeai [Il l'en, m, ij, 10) »

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disciples, qui attestaient les œuvres merveilleuses de leur maître, et enseignaient la doctrine qu'ils avaient reçue de lui. Le martyr saint Ignace, exhortant dans ses lettres les chrétiens à se prémunir contre les fausses doctrines répandues par les hérétiques, les avertit et les presse vivement de demeurer unis avec l'évéque, et dans la doctrine et dans la discipline : Clamavi cwtn interessem, locutus sum magna voce, voce Dei : Episcopo attendue, et presbtjterio et diaconis... sine episcopo nihil facile (Epist. ad Philadelph., n. l,ap. Coteler. PP. apostolic, t. II). Saint lrénée nous assure que plusieurs nations barbares, outre l'empire romain, crurent en Jésus-Christ sans le secours des écritures et des livres, sine char ta et atramento, par la seule prédication orale des hommes apostoliques (1).

23. Mais la doctrine de Tertullien confirme admirablement ce que j'ai avancé. Il composa le livre des Prescriptions contre les hérétiques, pour enseigner aux fidèles à ne pas entrer en dispute sur leurs erreurs en produisant les passages des divines Ecritures, mais en citant simplement la règle delà foi, c'est-à-dire le symbole proposé par l'enseignement public de l'Eglise. « Il est écrit, ditil, que ta foi t'a sauvé, et non ton habileté dans les divines Ecritures. » Fides, inquit ( Luc. xvui, 4-2), te salvum fecit, non exercitatio scripturarum. Fides in ra/ula posita est : habes legem, et salutem ex obsmatione legis : exercilatio autem in curiositate con* sistit, habem gloriam solam de peritiœ studio. Cedat enriositas fulei, c.edat gloria saluli. Certe aut non obstrepant, aut quiescant c«lversus regulam. Nihil ultra scire, omnia scire

(1 ) « Quid aulem si neque aposloli quidem Scripluras reliquissent nobis, nonne oporlcbat ordinem sequi iraditionis, quam tradiderunt iis, quibus committebant Ecelesias? > El il avait déjà dit plus haut, que cet ordre de tradition se conserve dans l'Eglise par la succession des évêques, auxquels il faut avoir successivement recours pour être instruits des dogmes de notre foi, s'il n;iît quelque douie ou quelque dispute sur quelque point de cette même foi. « El si de aliqua moilica qusostionedisceptalio esset , nonne oporteret in anliquissimas recurrere Ecelesias, in quibus apostoli conveisati sunt, et abeis de quœstione pne-

senti sumere quod cerlum, et re liquiduin est?

cui ordinaiioni assenliunl mu Use gentes barbarorum, ooi um qui in Christiim credunt sine charta et atraiiieiiio, scriplBUl babentes per spirilnm in cordibus suis, ShIu'ciii et veiorem Iradilioncm diiigentcrcustoi Likro 111, Vont, lucres, cap. iv. n. 1, 2.) »

(2) i Hune igimr potissimum graduai obstruions, non admilicndns eos (luercticos) ad ullain de scripturii (lispuiatioiiein... Varia: piajsumptiones neces- 0 notant agnoscere ea, per quae rcvincunlur : bis nitiuiiur, quae ex falso composueiunt, elqujîdeambiguitate cœperunt. Quid proniovebis, exercilatissime Scripturarum, cum, si quid défendent, negelur ex diverso, si quid negaveris delendalur? Et tu qui lem nihil perdes , nisi voeem in contention*; uibil (onsequeiis , nisi bilem de blaspliematieM. Ille vcio, si quis est, cujus causa in congr.ssum descend» Scripturarum, ut cum dubitanlem confirmes; ad veritatem, an inagis ad luercses diverget? Hoc ipso moins, quod te vi.leat nihil promomse eeqac gradu negandi, et defendendi diversa parte slatiilum, cerle de pari altercatione in-

est (De Prœscript., cap. xiv.) El il continue à parler longuement sur le même sujet. Je prie mes lecteurs d'examiner attentivement les courtes citations que je fais dans la note placée ci-dessous (2). Dom Pierre Tamburini a prétendu nous donner une Analyse du livre des Prescriptions de Tertullien ; et, en composant cet ouvrage, il s'est proposé de former les jeunes étudiants. Quel fruit en retireront-ils? Un fruit très-amer, celui de ne tenir nul compte de l'enseignement actuel public des pasteurs vivants de l'Eglise, pour aller consulter les témoignages morts des siècles déjà écoulés, et les opposer à l'attestation orale des témoins qui existeut maintenant. On reconnaît très-bien que tel a été le but formel que s'est proposé l'auteur de cette Analyse. Examinons donc présentement avec quelle intelligence et quelle fidélité Tamburini a analysé ce livre. Ce que dit Tertullien avec tant de persistance est confirmé par saint Grégoire de Nazianze, qui en donne la raison que nous avons donnée nousmême plus haut (n. 18), parce que la foi est nécessaire à tous les hommes savants et ignorants ; que si la foi dépendait de la science et de l'érudition, Dieu serait très-pauvre en adorateurs : Nam sermo fidei simplicis îibi sufficit, cum qun salutem magna pars Itominum capit. In erudilos nam fides solum viras si caderet, esset nil Deo dives minus (in Carat . de Vita sua,n. 87, edit. Paru. 1G30J.EI Vincent de Lérins affirme positivement que, pour la véritable intelligence des divines Ecritures l'autorité de l'Eglise est nécessaire, et qu'il faut qu'elle les explique et en fixe le sens (3).

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