‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 80 sur 255 · DÉMON8T. ÉVANGÉL1QUE. XVIII · texte numérisé non relu

DÉMON8T. ÉVANGÉL1QUE. XVIII

Manuel de l'histoire des dogmes chrétiens, publié à Iéua et à Cassel en 1832. Il y a des écrivains qui le classent, non pas dans l'école naturaliste de Paulus, mais dans l'école de Schleiermacher, qu'on appelle Théologie spéculative fondée sur le sentiment.

Nous avons quitté maintenant le domaine du rationalisme , qui est décidé à ne donner aucune valeur qu'à ce qui s'accorde avec son naturalisme étroit, et qui, par cette raison , n'est pas moins privé de sens pour comprendre l'élévation de l'Evangile dans sa simplicité, que de capacité pour s'opposer avec succès aux aberrations d'une science prétendue progressive.

La petite dissertation de Baumgarten-Crusius dans ses Opuscula theologica (jenœ, 1836, n. 10, pag. 245-264), a plus de valeur scientifique. Cet opuscule a pour titre : De mythicœ Evangeliorum interpretalionis indote at-> que finibus. Ce théologien, avec sa disposition à ressentir vivement tout ce qui le froisse, ne pouvait rester indifférent devant un ouvrage tel que celui de Sirauss, pour peu que le parallèle établi par Tholuck entre Baumgarten-Crusius et Semler (Voy. sur Semler, Le Christ et V Evangile, l'Allemagne, I.) dans l'intéressant mémoire delà Gazette ecclésiasti* queévangélique (I833,n.88,e/c, etc.) ailquelque vérité. Pland'une histoiredes changements survenus en Allemagne dans le domaine de la théologie depuis 1750; tel est le titre de ce travail. Tholuck y disait : « Ils ont tous deux (Semler et Baumgarten-Crusius) le même talent, d'heureuses aperceplions de détail , mais aussi le même défaut de liaison et d'unité; la même abondance de notices intéressantes et de différents genres, mais aussi le même défaut de rédaction et de faculté d'exposition quant à la conviction théologique, ils ont la même tendance à l'égard de la religiosité et du christianisme, la même indécision fondamentale et sans limites. Seulement le talent critique de Semler est bien plus grand, tandis que d'autre part, Baumgarten- Crusius est totalement exempt de ce que nous pouvons appeler, chez Semler, simplicité bourgeoise, et se distingue au contraire par un esprit abondant et une grande aptitude à envisager les choses de haut. » — Voilà ce qu'en dit Tholuck.

Mais c'était seulement à l'époque où vivait Semler, qu'il était possible de tenter contre le christianisme une attaque pareille à celle renfermée dans les Fragments de Wolfenbuttel. Semler, dans sa position, était forcé d'en parler, soit dans un sens, soit dans un autre; c'est ce qu'il a fait en répondant aux fragments, c'est-à-dire, en les réfutant. D'un autre côté, l'ouvrage de Strauss ne pouvait naître que dans notre siècle; c'est pourquoi le Semler de nos jours devait aussi porter sur lui son attention. A la vérité, jusqu'à ce moment, il ne l'a fait que dans la courte dissertation dont nous avons fait mention ci-dessus, mais elle suffit pour montrer quels rapports il établit entre lui et Strauss. Il y a traité trois poiuts : la certitude do

DEMONSTKATION EVANGbXlOUE. L'ABBE CHASSAY.

dègéai rir en épigrammes les grau.

blémef de I.i destinée humaine

l'histoire de Jésus, telle qu'elle existe dans les quatre Kvangiles , puis l'inii prétation ttlj llii me, H enlin l'explication spéculative du christiani-mc.

Cette dissertation contribue certainement aussi a conflrmer la parallèle itec dernier. Sur beaucoup de points. li.iumg irten-Crusius sympathise asseï avec Strauss ( il sait louiefois que Jésus et son O'uvre sont une réalité, el il ne cède rien sur te point. La personne même de Jésus, telle qu'elle était d'après lliisloire, dit il. doit avoir produit chez les disciples les idées élevées qu'ils av.sient de II] , cl 1rs avoir autorisés à attribuer au christianisme une origine divine. Le résultat des actions du Christ montre surtout qu'il serait incompréhensible, s'il n'y avait pat eu vér l.ihl . meiil quelque chose de grandiose dans le point de départ du Christianisme. Tout le monde reconnaît que c'est celte immense révolution morale qui a donné un nouvel aspect aux allai ces humaines, en y introduisant un ordre jusqu'alors inconnu. Nous n'eu dirons pas davantage sur cette dissertation dans laquelle on trouve quelques détails intéressants et des aperçus d'une certaine finesse.

LE PROFESSEUR GFRORER.

Sans classer Gfrorer parmi les naturalistes proprement dits, nous croyons devoir en parler dans ce chapitre, parce qu'il se rapproche de leur méthode par la hardiesse de son exégèse et de ses opinions théologiques.

(ît'rorer est professeur el bibliothécaire à Slutlgard. II a, lui aussi, son système sur l'origine de la révélation chrétienne. Dans une Histoire du Christianisme primitif, il s'accorde avec Strauss à contester l'origine historique des trois premiers évangiles ; mais il ne peut lui abandonner l'authenticité de l'évangile selon saint Jean. Dans la troisième partie de son ouvrage, où il veut reconstruire le christianisme, il s'attache à démontrer toute la valeur de ce monument sacré. Cette différence est profonde et significative. Que peuUon faire en effet contre l'histoire du Christianisme, si ou laisse subsister même une seule relation d'un témoin évanuélique ? Quand nous parlerons un jour avec étendue de l'authenticité des évangiles, nous montrerons spécialement la vanité des efforts tentes contre saint Jean.

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