CHAPITRE VI
OPINION DKS RENTES ET ANALYSE DE Ql'ELyi ES HROCHCRBS.
Nous entrons maintenant dans la catégorie de ceux qui, des points les plus opposés , ont hit entendre leurs voix, quoique ces travaux ne soient pas encore complètement scientifiques dans le sens étroit de ce mol, ou du moins pas'lout à fait theologiques. Parmi lous les jugements qui portent ce caractère, un des plus anciens et des plus connus, esl sans contredit celui du docteur Néander . célèbre professeur d'histoire ecclésiastique a Berlin '» . Ce fut à l'oo
de la question suivante posée (5) par le minislère prussien : Serait-il à propos, serail-
Zeller.
. M. Edgar Quinet en parle avec enthousiasme, Alton, el Italie, tom. il.
i > novembre II! ■.
LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE
il salutaire d'interdire la vente de i ouvrage du docteur Strauss? Voici en deux mots sa réponse : « La perspicacité qui découvre les contradictions règne seule dans le livre du docteur Strauss; on n'y trouve point en même temps ce sens profond qui saisit l'unité fondamentale du récit de l'Evangile. On y voit un esprit qui ne découvre qu'un côté des choses, mais jamais celte pensée religieuse qui vivifie. Les principes dont on se sert dans ce livre pour transformer en mythe ce qu'il y a d'historique dans l'exposition des Evangiles, ôteraient aux faits les pluscei tains, toute leur réalité historique. Si une opinion pareille à celle émise par cet ouvrage sur le Christ historique, devenait générale, l'Eglise chrétienne serait rapidement détruite, partout où elle se répandrait. D'un autre côté, une interdiction formelle serait plutôt nuisible que favorable à la vérité. On peut interdire des écrits composés pour le peuple, mais l'effet d'un livre scientifique, tel que celui-ci, ne peut être détruit que parles armes de la science. L'erreur elle-même doit serv-ir à faire ressortir la vérité sous un nouveau jour, à l'établir plus solidement, à découvrir les côtés faibles du mode adopté jusque-là pour sa défense. » — Une relation défigurée de l'opinion de Néander, insérée dans le n° 10 de la Gazette générale, força l'auteur à publier (le 17 février 1836) une explication précise : Son opinion , y est-il dit, n'est que l'expression d'une conviction personnelle. Il est persuadé qu'elle a son fondement et son droit scientifiques. Présentée toutefois sous celte forme, elle ne peut avoir d'importance que pour ceux qui envisagent les choses divines et humaines sous le même point de vue que son auteur. » 11 exprime ensuite un jugement remarquable sur l'esprit du temps, qui n'est point l'oracle de la vérité, mais au contraire, dans beaucoup de cas, la voix du mensonge et de l'illusion. Depuisson origine, le christianisme a marché victorieusement et s'est perpétué en combattant les erreurs du siècle. La conception soi-disant plus élevée, la conception idéale du christianisme, d'après laquelle le principe du salut et l'idée de l'humanité, qui nous est offerte sous le symbole de l'histoire mythique de la personne de Jésus, repose sur cet esprit erroné du temps. Le docteur Néander confesse de la manière la plus expresse sa foi au Christ historique, qui a transformé et transformera toujours avec une force victorieuse et divine la vie du genre humain. « Le monde civilisé, dit-il, doit s'humilier, ne point avoir honte de la pénitence qui seule mène à la foi. Comme cela est demandé à tous, il doit recevoir le royaume de Dieu avec le même esprit que le Christ mil à louer Dieu de ce qu'il a révélé aux petits enfants , ce qu'il a caché aux sages et aux savants. Voilà pourquoi il a dit : Quiconque ne sera pas né de nouveau ne verra point le royaume de Dieu. Tout ce qui prend sa source hors de cette croyance n'est point du christianisme. »
La Gazette ecclésiastique évangélique de Berlin est celle qui s'est prononcée contre Strauss avec le plus de force et le moins de ménagement, surloul dans l'avant-propos de l'année 1836, N° de janvier. Reproduisons ici quelques-unes des pensées principales de cet article :
« L'ouvrage de Strauss, dit cet avant-propos, est précisément important, en ce qu'il ne présente rien d'absolument nouveau. Il n'est , au contraire, qu'une réunion d'éléments déjà trouvés depuis longtemps. Mais il a bien exagéré ses travaux, et sous ce rapport, il s'annonce lui-même comme l'organe d'un avenir qui n'est encore qu'à son aurore. — Une certaine dose de piété avait paru jusqu'alors si nécessaire à un théologien, que celui qui en était dépourvu, cherchait à s'en parer hypocritement. Nous rencontrons ici l'extinction la plus complète de tout sentiment des choses divines, et l'auteur se fait même gloire de ce défaut jusqu'à le considérer comme ce qui le dislingue entre tant d'autres qu'il avoue lui être supérieurs en instruction. Strauss, et ce n'est pas peu dire, est aussi exempt de préjugés religieux , qu'il est rempli de préventions irréligieuses. Il attaque, avec calme et sangfroid, l'oint du Seigneur, sans être louché à l'aspect de millions d'individus qui étaient et sont encore prosternés devint lui. Cette larme de tristesse que répand , en se détachant d'un ami, quiconque a un cœur sensible, parce qu'il croit s'être trompé sur lui, ne s'échappe pas même de ses yeux : pourtant quel ami n'abandonne-t-il pas, et ne foule-l-il pas aux pieds?.... L'auteur de la Vie de Jésus s'impose la tâche de rétablir dogmatiquement ce qu'il a détruit par la critique historique. 11 regarde ses attaques comme dirigées uniquement contre la forme du christianisme qui a régné jusqu'ici. II pense que son essence ne s'en montrera que sous un jour plus glorieux (1). Il csl rare assurément de rencontrer un scepticisme si complet, allié à tant de mensonge, d'hypocrisie et de gravité dans les apparences. Notre siècle se prépare à enfanter deux peuples ; ils marcheront l'un contre l'autre de plus en plus forts, les rangs de plus en plus serrés : l'incrédulité et la foi. Plus l'esprit rationaliste du siècle se développe d'une manière conséquente , plus il deviendra impossible à ses esclaves de persuader aux autres qu'ils sont propres, à servir l'Eglise. »
La Gazette ecclésiastique évangélique renferme de nombreux mémoires qui parlent de l'ouvrage do Strauss dans le même sens, tantôt directement, tantôt indirectement, quoiqu'avec des expressions plus calmes.
L'avenir de la théologie (n° de mai 1836J, la position du docteur Strauss et de ceux qui partagent ses convictions vis-à-vis de l'Eglise, la situation du christianisme à l'égard du panthéisme, ont été examinés dans ce recueil. On remarque dans tous ces travaux une tendance très-prononcée à résister à
(1) Voyez Strauss, h, pag. 755. — Voy. aussi pag. 48, edit. allein
OKMOSSTHATION EVANGELIQIK. L'AUBE CHASSAT.
la nouvelle théologie et à la jeune Allemagne, considérées comme l'expression de la civilisation anii - chrétienne de notre siècle. Donnons encore ici quelque* déclarations sur fourrage inétne it Strauss, extraites de ces mémojrei : « Si nous pouvions adopter le préjugé aujourd'hui m répandu, que la fidélité à sa conviction justifie l'homme , cl si nous ne devions pas bled plutôt soutenir que I homme : est re pousable même de sa convict on (parce qu il a les moyens de parvenir à connaître la vérité sur Dieu et sur lui-même j, alors, il ne nOui serait pas permis de refuser noire hauti approbation an docteur Strauss Strauss
se fait une alliée de l'incrédulité de notre siècle envers l'Ancien Testament, et montre l'analogie d'un grand nombre d'événements de la vie de Jésus a\ec des faits qu'il renferme. 11 indique aussi le rapport évident de certains autres avec les prophéties, et même en partie l'emprunt texlm 1 de l'expression dans des cas semblables. Tout cela n'est dans la réalité que des prédictions, des promesses accomplies, des confirmations de la révélation ; pour Strauss , au contraire, ce sont autant d'arguments en faveur de son interprétation mythique Le livre n'a aucune importance par lui-même; il lire sa valeur de
l'incrédulité du siècle 11 est inconcevable
que l'on puisse louer si généralement et si généreusement l'auteur sur son érudition ; il se connaît bien mieux lui-même, et il repousse cet éloge dans sa Préface; or, la modestie n'est pas son défaut. Mais au témoignage que l'auteur se rend à lui-même , vient aussi se joindre celui de son livre. Quiconque a la sagacité du docteur Strauss et un vade-mecum comme les Commentaire de l'a u lus sur le Nouveau Testament, les moyens de se procurer la foule d'ouvrages qui y sont cités , ou des amis pour les lui prêter, peut à chaque instant , Sans aucune préparation scientifique, procéder à la composition d'un ouvrage qui paraîtra tout aussi savant que celui dont nous nous occupons. Le véritable érudil se reconnaît a ce que partout et toujours les connaissances les plus variées sont à ses ordres, pour peu qu'elles soient utiles au but qu'il se propose. C'est ce qu'on ne verra nulle part dans le livre de Strauss. L'auteur ne s'ecarle jamais du cercle étroit des ouvragei qu'il a sous la main. La négligence ei l'inapplication sont souvent évidentes, et il ne prend pas même la peine d'utiliser le> passages qui s'appliqueraient trèsfacilcmenl au plan de sou outrage. U parait ne voir absolument rien par ses propres yeux dan-. l'Ancien Testament. ■
L'/rii/icuteur littéraire pour la théologie et la science du christianisme en yénérul, publié par le doi leur 1 houck, s'est occupe aussi du livre de Strauss. On y a lu successivemeul, oulro l'opinion théol qiqut du docteur Tholuck, les jugements d'un philosophe,
(i) C'est-k-dire la démonstration prétendue de l'impos îbihté doi faits surnaturels. — Vegna sur
Otite question tout le second volume de l'AllemagM
d'un historien et d'un médecin. Quoiqi, derniers ne soient pas théologiens de §fO-
00, on vol que rien de ce qui le d.ius le domaine de la théologie et de l'Eglise eu gênerai, ne leur est md fièrent. | qu 'ila ne veulent rester élr angora à aucune branche des connaissances humaines.
Le docteur Tholuck lui même, a\ant de pub iei un ouvrage importée! dont II. l'abbé IL de Yaliogcr a donne une tradmii ii. a porté plusieurs jugement! sur le livre de Slrauss d.nis ['Indicateur : « L'incrédulité et le limite du siècle se coin enli eut tout • n- Ihis dans celle œuvre. Ce serait une erreur de Croire qu'il faille un livre aussi (• que la Vie de Jésus, par Strauss, pour le réfuter sur tous les points. La pr dign use masse des preuves historiques de l'auteur reoose sur la pointe d'une aiguil.e; — que celte pointe vienne à se rompre el lout I ed lice s'écroule : ['Authenticité des quatre Lvanijiles, l'aulhenlicilé même d'un seul d'entre eux renverse son hypothèse. — Assurément, ainsi parle Strauss, si les témoignages externes en faveur d'une origine apostolique étaient irrésistibles, il deviendrait difficile de regarder leurs relations comme des mythes. — Tout le mysière repose donc sur un seul point, el il suffit d'éclaircir celui-ci. La preuve philosophique(lJ repose aussi, comme la preuve historique, sur la poiute acérée d'une aiguille. »
Tholuck , dans une dissertation intéressante el étendue, lieiherches sur le recensement dont parle Luc au chap. Il , ter*. 2, pur rapport à la critique de Strauss , nous donne une preuve de ses assertions tirée de son ouvrage De la crédibilité de l'Histoire étangélique (u° 38 jusqu'à 42 de son Indicateur). Le choix de ce sujet est très-heureux pour montrer la légèreté et la partialité de la critique de Strauss, comparée à la véritable critique, à celle qui a doril au litre d'impartiale.—Strauss, en effet, reunit (ou plutôt trouve réunie) une grande masse de prétendues erreurscbronologiqueset historique* sUr l'antiquité (2) , pour ruiner d'un côte la crédibilité scientifique du troisième hiain/ile, el pour en conclure aussi d'autre part, que 11 ihléem n'est pas le lieu de naissance de Jésus. L'examen de ce passage est surtout essentiel, parce que, comparativement à tous ceux donl il a pu s'occuper, c'esl celui qu'il a alaque avec le plus d'av nl.cge ; et on disait même que les supei nain; ali-les de nos jours n'avau ni pu réussir à le jusiilier sous le rapport scientifique. Or, Tholuck , l'anmeiLso taleuUle i nliq IM pnaJlH I el de solide érudition qui lui est laimlier . ciem.mlre d'abord, quant aux Actes des Apôtres, que saint Luc connaissait paît ilemenl lea relation! historiques de ajea .cuip>-la, surluul en Ce qoi < oncei M 'es .mloriics juin es el pneu n s. Quant M troisième évaatgtle et au dénombrement, il sullii a l'auteur d uue traduc-
tl.uis Le Christ et l'Evaii.
(g) Uvre iw, | **, 198-*J7, éd. alla».
LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE
tion exacte et fidèle, pour lever toutes les diflïrulléa. Voici celte traduction : Ce recensement eut l eu avant que Cyrinus ne fût préteur en Syrie (1). Et il pense que cette parenthèse de saint Luc a été ajoutée par lui, précisément en vue de ceux qui voudraient accuser l'Evangéliste d'une méprise historique. Mats iJ nese contente pointd'avoir réfuté celte principale attaque contre l'exactitude de ce passage, au moyen de celte traduction ; il examine aussi toutes les objections de détail soigneusement rassemblées par Strauss, et il démontre leur complète insignifiance par des recherches éclairées.
« Le grand but du docteur Tholuck, disait M. Zeller en 1837, a été de prouver dans cette dissertation , à quel point on doit réfléchir el faire de scrupuleuses investigations, avant de prononcer sur des sujets de cette nature, ce que Strauss ne manque pas de faire avec précipitation, tant à l'égard de ca i passage que de mille autres récits évangéliques ; el il a incontestablement réussi à donner une solution digne de la tâche qu'il s'est imposée. S'il nous est permis de tirer de celle preuve une conclusion en faveur de Fourrage entier qui doit paraître (2), si cette solide recherche nous en promet une également fondée sur tous les points des relations évangéliques attaquées par Strauss et tant d'autres, nous aurons bientôt à nous féliciter de la publication d'un livre qui, par rapport à la critique moderne du Nouveau Testament , trouverait difficilement son égal. En lisant cette brillante justification du caractère historique de noire évangélisle sur les points principaux et même secondaires, on est étrangement surpris de voir Strauss rejeter hardiment ce même évangélisle et le regarder comme un écrivain simple et borné. La notice chronologique et savante de saint Luc devra paraître bien moins suspecte à tout homme impartial et sans prévention , que les relations du critique qui désespère si promptement de pouvoir expliquer eetle notice. »
D'après le jugement que nous venons de citer, on peul reconnaître la véritable érudition qui possède toujours à ses ordres les connaissances les plus étrangères à l'objet dont on s'occupe, lorsqu'elles peuvent être de quelque utilité pour le but qu'on se pro-
(1) La Vulgale traduit : Hcec deseriptio prima (acta est a prœtide Syriœ Cyrino. (Saml Luc, cap. n, v. 2.) — Le grec porte : aût>j >j «jroyf wfù npùzri èyé-
v£TO imfCttOvfÛOVTOÇ Tâf ïvpiuf Kvp-nviov.
(2) L'ouvrage de Tholuck n'était pas encore publié en 1837.
(3) Nous n'avons pas ajouté un seul mot à ce qu'on dit ici de la science profonde et de l'érudition historique de Tholuck.— Nous avons laissé parler M. Zeller.
(4) Plusieurs des écrivains cités ici avaient fait mention des objections répétées par Strauss pour les combattre. Ce passage montre ce qu'il laul penser de l'originalité de Strauss tant vantée par M. Saisset.— Le pn.l, «seurC.-AWcisse, de Leipzig, a publié aussi, dans l'Indicateur httiraire (n. 1!) el 20), une lettre adressée au docteur Tholuck qui en est l'éditeur. Dans cet opuscule, il constate l'analogie frappante des princi-
pose (3). Strauss, au contraire , ne sort jamais du cercle étroit des ouvrages qui peuvent lui offrir une assistance directe. La vérité de ce jugement se montre ici avec évidence, car il n'avance rien qui ne se trouve dans Olshausen, Paulus, Kuinoël, oredner, Winer, Schmidt, etc.; et dans les passages de l'historien juif Josèphe, depuis longtemps cités par ces savants (k). Au contraire, aucune des preuves lirées des écrivains grecs ou romains, ou des œuvres philologiques et archéologiques les plus récentes, n'échappe au coup d'œil perçant de Tholuck.
Un célèbre historien, le docteur H. Léo, a aussi inséré dans l'Indicateur littéraire ; Encore un mot sur les productions les plus récentes de la littérature théologique. 11 établit, dans la conduite de l'homme, une distinction entre les actions morales et celles conformes aux mœurs. Les premières prennent toujours leur source dans la conviction subjective, elles sont partout basées sur elle. Celui qui fait une chose que sa conviction personnelle lui présente comme un devoir, agit moralement. .Mais une action conforme aux mœurs , présuppose une base positive plus générale , et même religieuse. Les mœurs nationales et religieuses , partout où elles existent vivantes et puissantes, entourent l'individu comme une atmosphère , comme un véritable élément. Elles placent de tous côtés des barrières infranchissables aux particuliers; elles sont lu base d'un jugement invariable sur les mœurs , de la louange comme du blâme de la foule , et donnent de la tenue à l'homme le plus changeant. Quand les peuples commencent à regarder ces idées religieuses et nationales comme un fardeau , quand elles viennent à prendre à leurs yeux le caractère de l'oppression, quand ils franchissent les bornes qu'elles leurs posent, c'est un signe certain que des épidémies spirituelles se sont emparées d'eux. Depuis le milieu du x vu r siècle, il s'est établi une marche progressive qui tend à délivrer l'individu de ces entraves morales que nous venons d'indiquer plus haut. La réaction a commencé à se faire sentir tout récemment; on a enGn ouvert les yeux çà et là sur le précipice prêt à nous engloutir. Quand il n'y aura plus de gens guidés par les traditions qui conservent
pes philosophiques de Hegel et de Strauss. 11 s'attache à montrer l 'aniipaih e du panthéisme pour toute grande personnaliié historique. Ce point de vue a été très bien saisi par M. E. Quinel, qui «lit spirituellement que le panihé sme eu jaloux même de ta vie de l'oiseau ifiu vote dans fuir. Celle préoccupation systématique tend à faire passer sur l'humanité e niveau de fer dune véritable démagogie historique. 0 : croirait faire un larcin à 1 humanité tout entière en reconnaissant quelques grands hommes. La philosophie de I histoire du panthéisme retombe ainsi toujours dans la critique mesquine et dénigrante du voK .tirhni-iuc. La rationalisme de noire temps d'est pas si loin du xviii» siècle qu il le prétend. Il affecta le calme el la bienveillance; mais il oublie souvent son rôle d'emprunt, el même ses doucereuses foi mules : Naluram expellas fui ca, lamen usque reenrret 1
(Uorat.)
fi 17
DEMONSTRATION KvaNCKI.K.iL'i L'ABBE CHASSAI
les mœurs, Dion veuille qu'il ne toit pas trop lard pour étayer encore ce nue l'Eglise el la
conscience des peuples renferment de coutumes salutaires ! »
« Toutefois, dit-il, tandis qu'un petit nombre d'Iionimes réunis dans un esprit commun, sont disposés à sauver ce qui peut encore l'être des éléments moraux et traditionnels de notre vie, la désorganisation progressive marche à pas de géant. La classe des savants qui attaquent l'authenticité de quelques livres de l'Ecriture sainte, et altèrent surtout fortement la considération de notre religion aux yeux des ignorants, est en général bien plus redoulablequecelteseclequi, ayantdéjà tourné le dos à tout système religieux positif, a compromis la stabilité de nos mœurs domestiques. Des recherches pareilles, une fois faites et publiées , doivent assurément trouver leur réfutation dans une controverse sérieuse; il est même heureux que le rationalisme ait enfin acquis ce degrédesubtililéqu'on trouve maintenant dans Vatke et dans Strauss, et qui menace de ruine tout le système de la théologie chrétienne. On connaît enfin la racine de l'arbre, on peut donc y porter la hache. Mais à quoi servira-t-il à notre théologie chrétienne d'avoir complètement gagné ce procès dans quelques dizaines d'années , d'avoir remporté la victoire contre la désorganisation dans les régions les plus élevées, si ses adversaires, pendant la durée du combat, se vantent hautement d'avance de son issue ; s'ils répandent dans les classes populaires, incapables de les juger, des dissertations scientifiques. »
« Dès le commencement de ce siècle, lorsque Vater , de Wetle, Gésénius , adoptèrent dans la théologie celte marche dissolvante, on eût dû défendre d'imprimer de pareilles recherches en langue allemande. Maintenant encore, il n'est pas trop lard de faire une pareille défense, et d'adopter l'emploi exclusif de la langue latine pour de semblables travaux. Par ce moyen , el en défendant de traiter ces sujets ailleurs que dans des écrits périodiques, uniquement destinés aux savants, on assurerait la libre action de la science, et l'on éviterait en même temps le danger de voir le plus solide fondement de notre vie morale ébranlé pour longtemps par ces publications répandues de tous côtés (I). »
«Si cette proposition arrive cinquante ans trop tard, dit M. Zeller, l'opinion qu'elle evprime n'en mérite pas moins la reconnaissance de quiconque pense en chrétien (2); ce jugement a d'autant plus d'importance , que le docteur Léo a prouve par sesémineuls ouvrages historiques qu'il comprend la marche de l'humanité. Il est surtout remarquable, comme le prouve son Histoire des Juifs , imprimée en 1828, qu'il a été lui-même pendant quelque temps entraîne dans celle dueclion
de-organisatrice. Il -'appuyait alors uniquement sur 1rs recherches un trois savant* que nous venons de nommei ; ruais auj'iurd 'hui, forcé dfl revenir i un point de vue plus solide et mieux fondé, il reconnaît les dangi rs et la complète iusuffisancedu premier. Maintenant il regarde comme un des [dus grands bonheurs spirituels de l'homme , de vivre dans une société fortement imprégnée de sentiments religieux. — Jésus de Nazareth est à ses yeux le Fils de Dieu. »
Les Observations d'un lau/ue sur la Vie de Jésus, par Strauss, que l'on trouve dan- 1 s n°« 4(i et kl de Y Indicateur littéraire , sont de Heinroth, professeur à Leipzig. On y lit, entre autres choses : « Je dois d'abord déclarer tout naïvement que Strauss, par MM attaque \ iolente contre les quatre Evangiles considérés sous le rapport historique , a été bien loin d'ébranler mac >n\ iclionàcet égard. On voit si souvent un événement ra tomme étant arrivé, d'une manière très-différente 1 la diversité des relations est donc loin de constituer une contradiction 1 — Des erreurs mêmes, dans une narration, n'infirment pas sa vérité historique en elle-même; à plus forte raison , une simple différence dans la manière de la raconter. Les Evangiles sont unanimes sur la sainteté extraordinaire de la personne et de la vie de létal , et leurs témoignages ne seraient pour nous que des mythes 1 Qui dit mythe , dit invention. Ces témoignages , considérés comme des inventions, soit volontaires et dans un but quelconque, soit involontaires, dev i--iidraient de pures absurdités ! Où donc auraiton pu prendre les traits du portrait de Jésus, tel que nous le retracent unanimement les quatre Evangiles, si ce n'est chez celui qu'on peut appeler le messager de la vie . l'homme divin, l'homme entièrement pur (3)? dominent ses disciples, qui appartenaient aux classes les plus ignorantes du peuple , purent-ils s'élever eux-mêmes à de si hautes conceptions idéales ? Pourquoi appliquèrentils ces traits précisément à cet individu ? — Assurément, et on n'en peut douter, uniquement parce qu'ils y furent contraints par la personnalité si vivante el si merveilleuse de Jésus. C'est d'elle qu'ils reçurent d'abord ce portrait. Admettre la composition invo onlairement mjthique, c'est-à-dire fabuleuse de la vie de Jésus , est une absurdité; il en est de même d'une vie de Jésus composée el inventée à dessein, car des imposteurs ne pourraient jamais simuler une telle manière de raconter, une indifférence aussi naïve sur le jugement des lecteurs qu'on la trouve dans les Evangiles. De plus, tout imposteur a en vue -on bénéfice, (juel profit les evangelistes pouvaient-ils donc trouver à glorifier le Crucifié? pas le moindre.
« Le miracle, considère comme un événe-
(1) Le docteur Léo, dans l'ariicle oiié\ — Nous avons déjà vu Tholock désirer les même! mesures préventives contre les extravagances de la pensée protestante.
(•2) Quel remède contre les folies du scepticisme
protestant !
(3) L inventeur d'un tel livre en serai | lus étonnant que le héros. J.-J. Rousseau. — M.EdgarQeiacft* Allemagne et Italie, II, a très-bien développe la pensée deneinroUi.
ment surnaturel, est inadmissible. Tel fut probablement le premier écueil contre lequel la croyance de Strauss aux récits évangéliques vint faire naufrage. La pensée d'un événemcut surnaturel dans l'ordre physique est-elle donc une pensée déraisonnable? Nullement; car Dieu, en sa qualité d'esprit, règne en souverain maître sur la nature; et la force de l'esprit divin, agissant par luimême, peut à son gré débarrasser la nature de ses liens , et les lui imposer de nouveau. Un miracle naturel, c'est-à-dire un miracle qui devrait produire un événement surnaturel, par les forces et les lois de la nature, impliquerait seul contradiction. Mais nier en général des événementssurnalurels, parce qu'ils ne sont pas conformes aux lois physiques, vouloir en conséquence expliquer naturellement tout ce qui porte en soi un caractère surnaturel , est une véritable folie 1 La réalilé des miracles rapportés dans les Evangiles est prouvée par leur nécessité pour la rédemption du genre humain. L'apparition de Jésus dans le monde serait inconcevable , si ces faits surnaturels ne l'avaient pas accompagné. La vertu des miracles est un attribut essentiel de la sainte personnalité de Jésus, et il est aussi impossible de séparer celte vertu de sa vie que les rayons de lumière du soleil. »
Heinrolh dit encore : « Le procédé employé par Strauss pour anéantir les Evangiles n'a fait que me convaincre plus profondément de ce qu'ils renferment de vie et d'harmonie. Car, au lieu des contradictions de ces récits entre eux et de chacun d'eux pris séparément, que Strauss s'efforce visiblement et péniblement d'en extraire, je n'y trouve bien plutôt qu'une simple diversité de formes dans la manière de remplir le même thème. Cette idée , c'est Jésus venu dans le monde pour sauver les pécheurs, afin que tous ceux qui croient en lui ne soient point perdus, mais qu'ils obtiennent au contraire la vie éternelle. Le Jésus des Evangiles est le Saint de Dieu, le Christ. — Jamais il ne sera donné à un docteur Strauss de détruire par ces divergences , qui ne peuvent Prendre leur source que dans son esprit, impression harmonieuse que les Evangiles font sur ma raison. »
« On trouve, dans ce petit livre, dit M. Zeller, un témoignage rendu par un savant distingué en faveur du Christ, notre maître. Ce témoignage prouvera du moins à tous ceux qui s'imaginent qu'une connaissance plus parfaite des lois de la nature et de l'esprit humain affaiblit la fui naïve au Seigneur Jésus, que cette foi se fortifie précisément en les approfondissant , et que le verbiage de l'incrédulité n'indique qu'une science superficielle. Heinrolh nous l'a fait voir dans son excellent écrit de la Vérité (Leipzig, 1834), et à côté de ses recherches, les œuvres de Schubert peuvent aussi conduire à la science véritable les esprils égarés par le doute et
(1) Il ne laul pas oublier que M. Zeller est protestant. Du reste nous faisons remarquer une fois pour toutes que quand nous le citons textuellement, nous
DÉMONST. ÉVAMGÉL1QIJE. XVI11.
ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE
CgO
qui cherchent sincèrement la lumière, en leur prouvant que la foi simple et chrétienne peut fort bien s'allier avec les éludesles plus solides sur la nature. »
M. Zeller ajoute les réflexions suivantes : « Avant d'abandonner ces jugements significatifs portés sur Strauss, et de passer outre, il convient d'ajouter quelques mots généraux sur la tendance de l'ouvrage périodique dans lequel ils se Irouvent. L' Indicateur littéraire, dirigé par le docteur Tholuck, par la diversité des sujets, par une exposition savante, toujours animée, souvent pleine de génie, offre un enseignement varié, d'abord à nos théologiens protestants, puis aux hommes instruits en général. On y lit des mémoires dans lesquels les sujets à l'ordre du jour, ceux qui touchent à la théologie et à la science religieuse dans toute son étendue, sont jugés avec justesse et prudence (1) au point de vue chrétien. En dehors de la théologie proprement dite, il s'y rencontre de bonnes dissertations sur la philosophie, la littérature , la poésie, etc.. Une argumentation presque toujours grave et ferme contre les tendances rationalistes de notre siècle et contre leurs organes, réunie à la manière indulgente et calme avec laquelle la vérité chrétienne est présentée, même à celui qui l'a reniée, donnera certainement une influence de plus en plus grande à celte feuille. »
Après les jugements pris dans le cercle des théologiens et ailleurs, viennent tout naturellement se placer les loyales paroles d'un laïque sur la Cliristologie commune à Hegel et à Strauss, par le docleurNageli, conseiller de l'Université (2), paroles prononcées par un homme qui, comme son ami Peslalozzi, paraît désirer le bonheur de l'humanité. 11 éprouve aussi une vive douleur quand son bien le plus précieux, quand sa foi se trouve menacée dans des contrées plus ou moins étendues. Il voit dans Strauss, à cause de son défaut de logique, un hégélien manqué, et dit de lui : « Strauss se montre comme un impie, qui ne respecte pas le sentiment des choses saintes dans le prochain. Il se joue et de ce qui est sacré aux yeux de celui-ci, et même de ce qui l'est en soi même, avec un air de gravité que personne ne s'était encore permis avant lui ; mais il réussit mal à cacher le satyre moqueur derrière ce large et vaste manteau de gravité philosophique.
Lui qui se complaît criminellement dans tous les détails propres à élever des doutes sur la naissance céleste du Fils de l'homme; lui, qui nous représente la femme bénie comme une prostituée; lui , le contempteur des miracles , cet homme impudent a cependant le front de dire dans sa préface : la naissance surnaturelle duChrist est une éternelle vérité. Un grand nombre d'expressions et de tournures trahissent le sacrilège. C'est avec dégoût que le laïque lui-même parcourt un semblable catalogue de turpitudes , en exprimant en même temps le désir que te lecteur chrélui laissons la responsabilité de ses appréciations dont nous n'avons pas pu toujours rentier l'exactitude.
(4) Zurich, 18ôo, p. 40.
DEMONSTRATION BVANGEUO.I ■ • L'ABBK CHASSAT.
lion passe outre. i>ux qui ont osé recommander un kl sujet comme apte à faire progresser les hautes éludes, le liront sans rougir, s'ils le peuvent (1,1 »
Yius citerons encore le petit écrit qui a pour titre : Les mythes de la Vit de J extrait du Ilaiat ul lîulub, par Mahomel Bachir, a» ce un uftpendice sur la vie de J u$, du docteur Strauss, publié par M. Ch.-C. Barlli (2). Se confiant au tact critique du lecteur impartial , cl lui supposant un sens droit, disposé à accueillir la vérité, l'auteur cite à peu près vingt exemples de mylhes mahomclans sur la vie de Jésus, pour que chacun aperçoive à l'instant, par leur comparaison avec les récits évangéliques, la différence entre de simples relations historiques et une tradition défigurée. On sait que les mahométans ne portent point un jugement défavorable sur Jésus qu'ils regardent comme un grand prophète de Dieu. Ils nu justifient leur antipathie contre les chrétiens qu'en prétendant que les Evangiles, tels quj nous les possédons aujourd'hui, sout falsifiés. Leurs dispositions favorables à l'égard de Jésus, dispositions qui leur sout communes avec les évangélisles , rendent évidemment ces publications mahométancs propres à faire contraste avec les mythes des Juifs sur la vie de Jésus, mythes formés par leur haine contre le Christ. On donne dans l'appendice quelques aperçus instructifs sur la nature et le caractère des mythes, il sur ce qui les dislingue desrécits évangélico-historiques. Dans tous les mythes , le vrai cl le faux. , la raison el la déraison, sout placés côte à côte, ou mélangés ensemble. Où se trouve- t-il quelque chose de pareil dans les Evangiles ? Tout cercle mythique d'un peuple est empreint de préjugés nationaux, religieux el politiques, qui ont leurs racines dans le sol où il a pris naissance. Les récits du Nouveau Testament , au conlraiie, combatlentouverlemenl les préventions des Juifs. Les mythes présentent toujours, dans leurs con railic ions internes et externes , un côté vulnérable ; dans les évangiles, les contradictions ne sont qu'apparentes. Là oùl'hisloire offre des lacunes, les mythes cherchent à les remplir el à les embellir ; ils exagèrent, ils accumulent des circonstances merveilleuses; ils ne renferment pas les principes moraux les plus purs el pèchent contre la chronologie. — Tout ceci est traité avec étendu. . 1 1 on appelle l'attention sur les qualités inverses des évangiles.
Cet intéressant petit livre ne manquera sûrement pas son effet sur les lecteurs sans prévention; car la réunion étonnante du puéril et du fantastique, de la simplicité et de l'affectation, qu'on remarque dans ces traditions makométanes, rendra la peiuluie naïve et constamment vraie des Evangiles d'autant plu* agréable.
Donnons-en quelque* preuves : i Jadis
(li II cite alors, .tu litre u, les pages 70, 95, I7J,
i9.">, 27>i», etc., etc., de l'édition allemande. — NeuS
tlmementa MU. les professeurs us*
Marie arriva en un lieu, | • ri t le jour
même où le peuple d'Israël célébrait une fêle, et où grand nombrede tisserands, m n-
léi -m de rigoureux mulets, se divertissaient. Marie s approeha des tisserands l leur adressa celle quesli >n : Ne pourriez- \ous pas me dire OÙ - iiouve le daltiél Bêché? Us ne lui repondir.nl point; ils se moquèrent d'elle au contraire Ce pi mécontenta Marie, et elle pria Dieu de dre leur métier ingrat el misérable. I temps après, dam- aperçut des mar. h in 1-, el elle prit aussi d'i u\ des informalîo > sur ce dattier. Ceux-ci se firent un plaisir de le lui montrer. Alors Marie se réjouit el I ur dit : Oue Dieu bénisse votre commerce et fasse que [oui le peuple ait besoin de vous. A peine Marie fut-, Ile arrivée auprès du dattier, le fioid devint si l if, qu'elle eu souffrait horriblement. Le charpentier Juseph survint au même mumenl , et voyant transe de fro d , ramassa du bois et lui lit du feu. Marie, lui dil-il, vous avez sûre faim aussi ? Ll il fouilla sur-lc-cha;np dans sa poche et lui offrit sept noisettes. De là vient que les chrétiens allument du feu rt jouent avec des noix , lorsqu'ils fêlent la naissance du Christ. »
« Sem, Gis de Noé, i si la quatrième personne que Je us ait ressuscitée des morts : Jésus le ressuscita par sa prière. Quand Sem sortit du lombeau, on remarqua qu'un ■ p i • lie de sa chevelure était devenue Manche. Sem demanda : Le jour de la résurrccti n est-il doue arrivé? Jésus répondit : Non , mais j'ai prié pour loi et voilà pourquoi tu es ressuscité. Sem vécut encore 50 n'avait que la moitié de ses cheveux chic. Enfin, l'aulre moitié de sa chevelure se mit aussi à blanchir, et pourquoi? Parce qu'il craignait Irop le jour de la résurrection. Jésus s'en apercevant, lui dit : m Sem! et il retomba sur-le-ch imp dans It poussière du tombeau. — Encore 1 .
mamelle, Jésus parle déjà. Jeune enfant, il enseigne dans l'école , ressuscite les morts, fait d'autres pro.iges. 11 reud beaux des hommes hide ix, el il promet un paradis au mah uni tan sensuel , en ni ur des jouissances auxquelles il renonce sur la lerre. »
Certainement, pour parler comme l'edi leur, ce petit livre est une flèche qui, qu Ique faible qu'elle soit, guidée par la main de Dieu, est capable de fi .pper un cour droit, et peut le ramené ainsi avec une foi plus vive à l'Evangile que le d rit ur Slruiiss lui avail rendu susp I. i quelques esprits so l as.»e/ égarés pu M ! plus tlisli ijeu. r le vrai du faux, la simplicité de l'art, ia noblesse de ia basses », I m reste plus qu'à leur rappel, r sans c «se I H de Jé-
sus que l'éditeur reproduit : fi quelqu'un veut se conformer a s(1 volonté de celui qui m'a envovej, il v errn bien s, ,, l(. ,|0 lrj,K,
vèrsilaires pii rédigent la Liberté de pmter% el oui "i" l-i"l »& le I. livre de Slr.,u.vs [I • WqîarJ, t
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LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE
est celle de Dieu, ou si je parle d'après moimême. » {S. Jean, vu, 17.)
Citons encore : Lettre aux amis de lavc'rité évangélique , relative à une vie de Jésus, pour des lecteurs instruits, sur la composition et l'exposition historique de la vie de Jésus. — Jules Hartmann, diacre à Neusladt sur la Linde, nous fait connaître, dans cette lettre, le projet qu'il a formé de publier un ouvrage indiqué dans le titre précédetit. îl y expose les principes d'où il partira, et les motifs essentiels qui le portent à l'entreprendre. Sans doute , après les écrits publics par le docteur Paulus et par quelques autres sur la vie de Jésus, qui, d'après le plan des auteurs , ne peuvent satisfaire aux véritables besoins des intelligences , surtout après l'ouvrage de Strauss, une vie de Jésus, reposant sur une base chrétienne et positive , était devenue indispensable. En effet, sans elle , plus d'un homme étranger à la science par son éducation, qui , comme le dit Strauss lui-même , a lu son ouvrage par curiosité, pourrait la payer trop cher. Un pareil travail, fait avec tact et avec talent, peut justement offrir un moyen de guérison pour de semblables blessures (1).
Les principes qui sont exposés dans celte lettre peuvent se résumer ainsi : L'auteur dit, si nous le comprenons bien, que l'absence de toute présupposition , réclamée de lui comme historien, est absolument la même clmse qu'un jugement scrutateur et impartial. C'est l'amour de la stricto vérité, qu'aucune opinion préconçue n'empêche d'à percevoir, qui permet de rendre les objets sous leur forme réelle. Soumises à une telle épreuve, la vérité indubitable et l'authenticité des quatre Evangiles offrent, par des motifs externes et internes, une certitude qu'il serait difficile de rencontrer dans aucun ouvrage, soit historique , soit biographique de l 'antiquité. Les défenseurs d l'opinion mythique n'ont aucun droit de chanter victoire. La vie de Jésus, exposée dans ses détails et dans son ensemble avec cet esprit de vérité, doit s'offrir à nous, non-seulement dans sa certitude historique, mais encore dans sa beauté, comme la vie humaine et réconciliatrice du Fils de Dieu (2). L'auteur cr;»it qu'on peut élever sur celle base historique l'édifice d'une loi identique avec la science et la réflexion.
« Le ton qui domine ('ans eeite lettre, dit à ce sujet M. Seller, a de 1'alfinité avec celui qui règn ■ dans YApoioffiè ûù christianisme pur lethi i d .• Slirm (Stultgard, 1836), qui a été goûte du public • esprit éclairé, esprit de douceur, appuyé sur la science, très-propre à faire corn/ rendre avec ménagement la foi chrétienne, à la faire aimer di-9 gens instruits qui s'en sont éloignés. C'est avec d'autant plus de joie; que nous y trouvons la déclaration suivante : « 11 ne s'agit point de rétablir ce juste mi'i-u par des
d) I >« k flexion- nous ont inspiré à noiis-mênie le projet .fini. VU do léfun, au point de vue de la
ecifi.'
concessions mutuelles, en se montrant complaisant sur tel ou tel point. L'historien doit servir Celui qui est la vérité même, aux paroles duquel nous sommes fortement attachés, tant que son esprit se conserve en nous fidèlement et sans nuages. »