‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 95 sur 255 · DEUXIÈME PREUVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PREUVE

ha seconde preuve esl la formation des premières communautés.

On ne peut assigner à une œuvre aussi grande que le Christianisme un commencement petit et indigne d'elle ; le cèdre, destiné à surpasser tous les autres arbres, ne peut venir de la graine de l'humble noisetier. La religion mosaïque avait une autorité divine, et chaqw juif avait la ferme conviction qu'il était un incmore du peuple choisi de Dieu, et que les destinées d'Israël , depuis les patriarches jusqu'au Christ , étaient placées sous la conduite toute spéciale de ta Divinité. Commentdans cescirconslanceseûl-ilpuse trouver un seul juif qui s'attachât au fondateur d'une nouvelle doctrine, sans s'être préalablement convaincu que celte nouvelle doctrine devait également son origine à la révélation divine, en un mol que celui qui était venu était bien réellement le Messie attendu depuis longtemps et annoncé par les prophéties ? Or, pour acquérir celte conviction, chaque juif n'a-l-il pas dû d'abord examiner si la doctrine et les œuvres de Jésus étaient en harmonie avec la dignité du Messie?

Les Actes des apôtres (n, 1-47) nous montrent la première communauté se formant avec la coopération divine, selon la promesse de Jésus. Au v. 41 il est dit : « Ceux donc qui « reçurent la parole de Jésus , se firent « baptiser: et il y eut en ce jour environ trois « mille âmes qui se joignirent (aux disciples).» Dans ce chapitre , une vérilé confirme l'autre : pour que la première communauté chrétienne se formât non-seulement dans le judaïsme, mais au milieu de Jérusalem et maigré l'opposition puissante du pharisaïsme, il était nécessaire que sa première racine y fût plantée tout d'un coup et si profondément, qu'il n'y eût plus moyen de l'arracher. Mais aussi , pour que. trois mille personnes se fissent baptiser et embrassassent la foi chrétienne, malgré le courroux et les anathèmes des pharisiens , il était nécessaire que tout ce que les Evangiles racontent de Jésus fût précédemment arrivé. Ici aussi le motif de foi le plus puissant est le Chnst crucifié et ressuscité, comme il est dit, m, 18 : « Vous

(i) Hess est auteur d'une Vie de Jésut, .isser célèbre au delà du Rhin.

DKMONSTKATION -EVANGELIUIK. L'ALiliL CHASSAY.

« avez fait mourir l'auteur de la vie : mais « Dieu l'a ressuscité d'entre les morl» , et « c'est de quoi nous ( les apôtres ) sommes • témoins. » Les meilleurs d'entre les juifs résistaient encore à la doctrine du Clirist et à ses miracle*, qui ne faisaient qu'une impression passagère sur un peuple tout adonné aux sens; mais le fait incontesté de la résurrection du Christ crucifié, les poussait à la foi avec tant de force, qu'ils sacrifiaient leur vie et leur liberté pour l'amour du Christ, et la lumière éclatante que ce fait avait jeté dans leur esprit rejaillissait sur tout ce qu'ils avaient vu et entendu précédemment de ce même Jésus. Ici les faits se confirment léciproquementrla résurrection de Jésus étant certaine, la formation des églises et l'extension de sa doctrine en étaient la suite nécessaire ; et de même en renversant la proposition : s'il est certain que nous possédons maintenant la religion chrétienne, qui doit son origine à la foi persévérante des apôtres et des premières églises, il est également certain que Jésus est ressuscité. L'un ne peut s'expliquer que par l'autre , et pour metire en doute cette connexion historique, il ne faut apercevoir que la surface de la vie et du cœur de l'homme. Tous les doutes spéculatifs , de quelque nature qu'ils soient , se taisent devant le langage éclatant des faits et la voix puissante et victorieuse de la vérité.

Comment un mythe serait-i! possible dans celte circonstance? D'où les juifs auraientils tiré le mythe de la résurrection, eux dont toute l'histoire n'offre pas un seul fait analogue? Où trouver ici le temps nécessaire pour que la longue chaîne de la tradition puisse se former, et altérer le fait par l'adjonction des légendes populaires? Six semaines écoulées depuis la mort de Jésus suffisent-elles donc pour frapper d'aveuglement les témoins oculaires et auriculaires, à tel point qu'ils ne voient plus la lumière du jour et aillent ajouter foi aux rêves nébuleux de quelques imaginations en délire? Admettre ici un mythe, c'est se moquer de la révélation divine, et renier de la manière la plus impudente Vesprit qui a donné à la première Eglise chrétienne sa consécration et son gage de durée éternelle. Mais de même que dans tous les temps les adorateurs du Christ s'efforcent de prendre part à cette première consécration de l'Esprit saint, de même aussi depuis celui qui a renié le premier l'Esprit saint, on voit l'Jschariolisme se propager à travers tous les âges, et relever la léle avec une force nouvelle dans les raffinements de la science et de la critique moderne.

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