‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 96 sur 255 · TROISIÈME PREUVE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PREUVE

La troisième preuve est l'apôtre Paul , qui semble, par son élection, appelé directement à confondre tous ceux qui veulent ôler à l'Evangile sa couronne de gloire.

Pourquoi allache-t-on si peu d'importance à ce témoin vivant, dont le témoignage apprécié à sa juste valeur sullirail seul pour abattre dans la poussiè/e toute l'école de critique sceptique? Qu'oui se rappelle Paul pre-

nant plaisir à voir lapider Etienne, ravageant l'Eglise chrétienne, allant partout dans les maisons pour en arracher let hommes et les femmes et les jeter dans les prisons, ne respirant contre les disciples que menaces et carnage, obtenant du grand prêtre des lettres pour les synagogues de Damas , afin d'avoir l'autorisation d'amener pieds et poings liés àJérusalem tous ceux qui avaient adopté la nouvelle doctrine ; qu'un se représente ensuite ce persécuteur des chrétiens s'arrétant un jour dans sa route, et cela non pas par suite de meilleurs renseignements obtenus des disciples, ou de recherches faites sur la réputation que Jésus avait laissée dans le peuple, mais par suite d'un changement profond et instantané survenu dans son âme, changement si grand, qu'il devint le premier champion du christianisme et surpassa tous les autres apôtres par le génie, le zèle et la puissance de sa doctrine et de ses œuvres , et qu'on demande ensuite aux mythiques et aux naturalistes l'explication de celte énigme psychologique. Si ce changement est dû à l'apparition du Seigneur, comme il en rendit si souvent témoignage devant les tribunaux, le problème est résolu; mais alors prenez tous vos commentaires et tout voire arsenal de critique mythique, et jetez-les dans les abîmes les plus profonds de la mer, afin qu'ils ne poissent jamais revenir sur l'eau. .Mais si celte apparition n'était qu'une fantasmagorie ou une illusion, expliquez-nous alors comment elle a pu produire tout à coup la lumière puissante de l'idée chrétienne la plus profonde. Depuis que le monde existe, on n'a encore jamais vu le marlyre pour la vérilé être le résultat d'une vision. Ici la critique s'agite dans un cercle vicieux de conjectures , elle fait riolence à toutes les lois de la psychologie et de la physique , elle mutile complet nient le fait, pour le livrer au sortir de ses mains comme l'enfant sans vie, arraché violemment du sein de sa mère.

L'apparition dans laquelle Jésus se manifesta lui-même à Paul, la cécité de Paul, sa guen-tin parAuanic, son baptême et son institution comme apôtre et temoinduSeigneur, et la seconde apparition du Seigneur dans le temple de Jérusalem, où il lui reuouvela les mêmes recommandations , le remplirent (l'i. ne sainte certitude de la résurrection de Jésus, et cette certitude fui encore confirmée plus lard par le témoignage oculaire des apôtres, comme il le fait entendre, I Cor. xv, 4-8. Aussi Jémts crucifié et ressuscité devint-il le thème principal de ses prédications , thème donl il lira les dogmes les plus profonds et sur lequel il fonda la doctrine de la foi à la révélation dans un sens entièrement conforme à l'Evangile. Dans une question où tout est intuition, sentiment, expérience el rapport immédiat des témoins les plus dignes de foi, institues par Jésus luimême, qui pourrait donc avoir l'impudence de parler de mythe et venir nous dire que « Paul, le fougueux adversaire du Chrislia- « nisme, s'est laissé détourner de la oersé-

LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE

« cution par un prestige illusoire, et a ajouté « foi au bruit de la résurrection que les apô- « très avaient fait courir et qui circulait « alors parmi le peuple? » Une circonstance qui n'est pas sans importance, c'est qu'aussitôt après l'apparition, et avant d'avoir vu les apôtres , et par conséquent pu recevoir d'eux des renseignements plus précis sur l'histoire de Jésus, Paul commença aussitôt à annoncer la révélation du Fils dans l'Evangile, Gai. i, 15-19. Comment expliquer cela, si ce n'est pas une illumination immédiate qui exclut toutes les légendes et toutes les suppositions de persuasion résultant des récits des apôtres? Les apôtres le reconnurent aussi par la suite comme un témoin appelé par le Seigneur lui-même , ce qu'ils n'auraient certainement pas fait s'ils n'avaient pas cru à la vérité de cette apparition.

Mais si la résurrection est vraie, elle ôte à toutes les subtilités de la critique ce qu'elles pouvaient avoir d'incisif, elle renverse dans la poussière tout l'échafaudage du système mythique , et devient le soleil de la révélation qui éclaire toutes les vérités qui lui sont subordonnées, et donne à l'Evangile luimême son entière sanction. Les miracles et les prodiges que Jésus avait faits précédemment se trouvent complètement garantis par le miracle fait en sa personne. Le Christ dit : J'ai le pouvoir de quitter la vie et j'ai le pouvoir de la reprendre. La première proposition trouva son exécution dans le crucifiement , la seconde dans la résurrection. Prendre la vie est un acte purement divin et la conclusion la plus digne de l'histoire évangélique. La prédiction souvent faite par le Christ à ses disciples, qu'il serait repoussé et condamné à mort par cette race (des Juifs) , mais qu'il ressusciterait le troisième jour, cette prédiction s'accomplit et cela avec des phénomènes qui ne permettent pas de révoquer en doute sa dignité messianique.

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