‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 101 sur 305 · ADDITION · texte numérisé non relu

ADDITION

CONTENANT UNE RÉPONSE A QUELQUES OBJECTIONS Ol I I ON PEUT ENCORE FAIRE CONTRE LA NÉCESSITÉ DE LA FOI EN JÉSUS-CHRIST POUR LE SALUT.

Pour prévenir quantité d'objections que l'on pourrait faire, et plusieurs exemples qui l'on pourrait apporter de Gentils qu'on prétend avoir été sauvés , il faut reconnaître après saint Augustin (1), que quoiqu'il n'y ait point eu d'autre peuple entier que le peuple Juif qui ail été le peuple de Dieu, on ne peut mer néanmoins qu'il n'y ait eu parmi les Gentils, des hommes qui appartenaient à cette cité céleste; et que si on le niait. on serait convaincu du contraire par l'exemple du saint homme Job, qui nous est donné pour nous apprendre qu'il y a pu avoir aussi dans les autres nations, des personnes qui aient vécu selon Dieu, et qui aient appartenu à la Jérusalem spirituelle. Mais en même temps il faut aussi faire profession avec saint Augustin, que cette grâce n'a été accordée qu'à ceux à qui Jésus-Christ médiateur. Dieu et homme, a été révélé par l'Esprit de Dieu, dont i avènement a été annoncé aux anciens, comme futur, et à nous, comme arrivé; en sorte que c est la même foi en lui qui conduit tous les prédestinés à Dieu. Il est certain, comme dit encore le même saint (2), qu'il est parlé dans les livres saints, de justes dès le temps d'Abraham,

(1) S. Augusl. lib. xvm, de Civil. Dei, cap. i7. Nec ipsos Judavos existimo audere conlendere nemincm perlinuisse ad Deum, prœler Israélites, e\ qno propago Israël esse cœpit, reprobato cjns fralre majore. Populus enim rêvera, qui propric Dei populus dicercitir nullus alius fuit : hommes aulein quosdam nonicrrena, sed cœlesii socieiaicad veros Israelitas supern;c cives palriac pertinentes etiant in aliis genlil)iis fuisse negare non possunt : quia si negant, lacillinie convincunlur de sanclo ol mirabili viro Job... Divinitus autem provisnm fuisse non dubito, ut ex boc uno sciremus eliam in alias génies esse potuisse, qui secundum Deum vixeruni eique placuerunt, pertinentes ad spiritalem Jérusalem. Quod nemini concessum fuisse credendum est. nisi cui divinitus rêve laïus est unus Jmediator Dei et hominum homo Chri suis Jésus , qui venlurus in carne sic anliquis sanctis pracnuntiabalur, nucmadmodiim nobis venissc nunliatus est, ut nna eademque per ipsum (ides omnes in Dei eivitatem , Dcidoinum, Dei templum prédestinâtes perducat ad Deum.

(2) Idem Augusl, Episl. olim i'J. nuiK 102. uitm. 1,'i. Et tamen ab initio gêner is humaui alias occullius, alias evidentius sicul congruere lemporibus divinitus visum est, nec prophetari dcstitii , nec qui lu euin crederent defuerunt ab Adam usqoe ad Moysem, el in ipso populo Israël , quœ speciali qiiodara mysterio gens prophelica fuit , et in aliis gentibus antequaiu venisset in carne. Cuin enim nonnulli commemoran' tur m sanclis licbraieis libris jam e\ lempore A brait e, nec de stirpe carnis ejus , nec ex populo Israël . nec ex advenlitia sôcictatc in populo Israël, qui tamen Inijiis tacramenii participes rueront , cur non credamus eliam in casierig hac alqne illac gentibus , alias alios fuisse, quamvis cos commemoralos in cisdent aucioritatibus non legamitt.

qui n'étaient pas de sa race, ni du peuple d'Israël, ni de ceux qui •'< taient joints avec eux : et pourquoi ne croirons-nous pat qu'il y (n a eu aussi quelques uns pà et là dans les autres nations, quoique nous ne le lisions pas dans les livres de cette autorité. Mais la vérité chrétienne ne nous permet pas de douter que tous ces justes (1), tant ceux dont l'Ecriture sainte fait mention, que ceux dont elle ne parle point; mais qu'on doit croire avoir été soit avant le déluge, soit depuis le déluge jusqu'à la loi, soit dans le temps de la loi, non seulement entre les Israélites, comme les prophètes ; mais hors de ce peuple, comme le saint homme Job, n'aient été justifiés par la foi au Médiateur.

Il faut seulement remarquer, premièrement, qu'on ne doit pas étendre cette grâce à un autre peuple entier qu'au peuple juif, parce qu'il n'y a eu que ce peuple qui fût, à proprement parler, le peuple de Dieu, Populus enim rêvera, qui proprie Dei populus diceretur, nullus alius fuit. Secondement, qu'on ne doit assurer en particulier la justice et le salut d'aucun des Gentils, que de ceux dont il est parlé dans l'Ecriture sainte. Troisièmement, qu'on peut, et même qu'on doit croire en gênerai, qu'il y en a eu aussi d'autres parmi les nations, dont il n'est pas fait mention expresse dans les livres saints, comme de Melchisédech, de Job, etc. Mais que l'on ne peut, et qu'on ne doit l'assurer d'aucun autre en particulier, parce qu'ils sont cachés dans le genre humain 2 : Et ri qui in génère humano latent. Quatrièmement, que le nombre de ces justes parmi les Gentils a été plus grand dans le temps qui a précédé la loi, que depuis qu'elle a été donnée à Moïse.

L'auteur de ce traité a répondu amplement aux objections que l'on tire des ouvrages attribués à saint Denis, du livre cl Hermas, de saint Justin et de saint Clément d'Alexandrie.

Il a négligé de repondre à Origène, peutêtre parce qu'il n'a pas cru ce père (que l'on soupçonne d'avoir favorisé les pélagiens ) d'une grande autorité dans cette matière.

(!) Idem Augusl. lib. de Peccalo originaG, cap. 24. Sine iule ergo incnrnalionis , et mortis el rcnnrm clionis Chrisii, necanliquos juslps, uljusii essenl, a peccatis potuisse mundari , el Dei gralia jusUficart , verilas ebrisliana non dubital : sive in eis juslis quoa sancia Scripiura commémorât, sive iii juslis qu quidem illa non commémorai; sed lamen fuisse credendi sunl, vel anle dilavium, vcl inde usque ad legemdalam, \el ipsius legis lempore non solum in liln> Israël sicul liierunl propbeue, Bed eliam extra eumdem populum, bïcui fuit Job el ipsoram enim corda eadem mundabanlur Medialoris fide.

(S) Idem Augusl. Episl. loi. olim 99.

Page 1