Enfin l'Evangile n'ayant pas dit que
Jésus- Christ ait communié ou n'ait pas communié, il y a de la témérité d'assurer qu'il ne l'a pas fait. Qui sait s'il ne prit pas le premier de ce pain céleste et de ce divin breuvage, avant que de le distribuer à ses apôtres ? Il est donc clair que de tout ce raisonnement des protestants, on n'en peut rien inférer contre la foi et contre la pratique de l'Eglise romaine.
Il faut nécessairement que les protestants, quelque profession qu'ils fassent d'être, fidèlement attachés à l'Ecriture sainte, avouent que ce commandement de communier sous les deux espèces doit recevoir quelque limitation ; car s'il se devait entendre dans toute son étendue, il s'ensuivrait non seulement que l'on ne devrait jamais communier que sous les deux espèces ; mais encore que toutes sortes de personnes, de quelqu'âge qu'elles fussent, devraient communier. Cependant les protestants mêmes ne donnent point la communion à leurs enfants, et ils sont en cela d'accord avec l'Eglise romaine. Or si ces paroles qui paraissent obliger si généralement à communier, peuvent néanmoins recevoir cette restriction qu'elles ne s'étendent point jusqu'aux enfants , ne peuton pas croire avec l'Eglise qu'elles en reçoivent encore quelqu'autre. Jésus - Christ parlait à Capharnaum à des adultes, et il n'a entendu obliger que des adultes, selon même la créance, et l'usage des protestants; pourquoi ne pourrons-nous pas dire aussi, que comme il parlait aux apôtres, aussi bien qu'à des laïques, il n'a entendu obliger que les apôtres, et ceux qui leur succèdent dans le sacerdoce, à la communion sous les deux espèces, et qu'il a laissé les autres dans la liberté de communier, sous une, ou sous deux, selon que l'Eglise le trouverait bon, comme il l'insinue, en disant simplement de l'espèce du pain, quiconque mangera de ce pain vivra éternellement, sans parler de l'espèce du vin.
Enfin les protestants opposent aux catholiques ce qui est écrit dans l'onzième chapitre de la première épître de saint Paul (Quod et tradidi vobis ) aux Corinthiens, où l'apôtre dit, c'est du Seigneur même que j'ai appris ce que je vous ai enseigné, je vous ai rapporté, je vous ai raconté, ou je vous ai appris. Ensuite de quoi il raconte l'histoire de l'institution de l'Eucharistie ; et les adversaires de l'Eglise romaine soutiennent que le mot tradidi , ne signifiant pas je vous ai enseigné, rapporté, ou raconté, mais je vous ai commandé , il faut conclure que l'Apôtre avait commandé aux Corinthiens de faire tout ce qui avait été fait en la cène de Jésus- Christ, c'est-à-dire de communier sous les deux espèces ; et par conséquent qu'il n'est pas libre à l'Eglise de changer cet usage. Us poussent même encore l'objection plus loin, et ils disent que comme saint Paul, ayant rapporté l'histoire de la cène après saint Luc, dit que Jésus-Christ ajouta. Faites ceci en mémoire de moi , Hoc facile in mcam commemorationem. On doit tirer cette conséquence, que c'est un commandement du Fils de Dieu
pour tout le monde, de faire tout ce qu'il fil <laus la dernière cène, et par conséquent que ions les chrétiens sont obligés de recevoir le corps et le sang du Seigneur sous les espèces du pain cl du \ in
Il faut avoir bien envie de chicaner l'Eglise
four lui opposer les paroles de cet apôtre. ! esl constant que le mot de tradidi vobis, ne signifie nullement, je vous ai commandé , mais je vous ai enseigné, ou je vous aiappi is. Et en effet, si on le traduisait, en disant, /c nous ai commandé, il n'y aurait point de sens dans le texte de l'apôtre: voici ses ternies: Ego enim accepi a Domino, quod et tradidi vobis, (/u on i am Do m in it s Jésus, in qua nocte tradebatur, accepit panem, etc. Ce qui se doit traduire de cette sorte: Car foi appris du Seigneur, ce que je vous ai enseigné, c'est à savoir, que le Seigneur Jésus, la nuit même qu'on le livra, prit du pain, etc. N'est-il pas visible que, comme c'est un histoire que S. Paul raconte, le mot de tradidi ne peut être traduit par, je vous ai commandé; car quel sens y aurait-il de dire, j'ai appris du Seigneur ce que je vous ai commande, qui est que le Seigneur prit du pain, et rendant grâces à Dieu, etc. La chose parle d'elle-même, cl il n y a nulle apparence que le terme de commander puisse être employé à cette narration.
La suite ne fait rien non plus contre l'Eglise romaine. Jésus-Christ dit à ses apôtres, faites ceci en mémoire de moi : mais quelle nécessité y a-t-il de conclure de ces paroles, que la communion sous les deux espèces fût commandée à toutes sortes de personnes ? Que le Fils de Dieu ait commandé à ses apôtres de faire tout ce qu'il venait de taire, s'ensuit-il que ce commandement s'étende aux. laïques qui ne consacrent point? Pour parler juste en cet endroit, on ne peut conclure autre chose de ces paroles de Jésus- Christ rapportées par saint Luc et par saint Paul, sinon que le sacrifice et la communion se devaient faire en mémoire de Jésus- Christ: et il est ridicule de vouloir en tirer une conséquence pour la communion sous les deux. espèces, pour toutes sortes de personnes.
V. — Les protestants diront peut-être qu'ils ne sont pas obligés d'acquiescer à ces interprétations que nous donnons aux passages qu'on nous oppose de l'Ecriture : mais il faut aussi qu'ils nous avouent, que nous ne sommes pas obligés de nous rendre à leurs objections. Et si, selon les règles delà dispute, l'autorité des deux partis doivent être égale, il faut que les uns et les autres confessentqué la raison doit être la maîtresse, Qu'ils examinent donc sans passion si ce qu'on leur répond est raisonnable; et si l'on ne peut pas convenir, il n'en faut pas davantage; pour les convaincre de la nécessité de reconnaître l'autorité de L'Eglise, de se soumettre à sa décision, et de chercher, par le moyen de son infaillibilité, ce qui est révélé de Dieu et ce qui ne l'est pas.
Les catholiques croient que Jésus-Chrisl n'a point révélé que la communion sous les
deux espèces soit nécessaire au salut, généralement pour toutes sortes de conditions :
les protestants disent qu'il l'a révélée. Il faut, pour vider ce différend, comme tons les autres, avoir recour, à un tribunal visible, perpétuel et infaillible: ce tribunal ne peut être que celui de l'Eglise, comme je «rois l'avoir bien prouve dans le mémoire de IIgiise: il faut donc y avoir recours : les catholiques l'ont fait : I Eglise a dé< idé dans ieS conciles de Constance, de Bâte, de Latran et de Trente: et ils sont en repos.
VI. Mais l'on oppose que si II été infaillible dans les dernier- Bièdes, elle ne l'a pas moins été dans les siècles précédents : que cependant elle a cru si longtemps que la communion sons les deux espères était nécessaire, qu'il est difficile de sauver son infaillibilité dans cette contrariété de sentiments: et nos adversaires prétendent par là nous embarrasser dans une contradiction, dont ils croient qu'il nous est impossible de sortir.
On pourrait, comme il a été déjà dit, se contenter de répondre que, puisque l'on suppose que l'Eglise romaine est la véritable Egli et par conséquent infaillible, il n'j a qu'à faire voir qu'elle a une fois décidé que Jésus- Christ n'a pas révèle que la communion. soûles deux espèces ait été commandée à tous l< s hommes, de quelque condition qu'ils soient, pour montrer qu'elle ne l'a non plus cru dans les premierssiècles, que dan- les suivants; puisque la véritable Eglise est perpétuelle el infaillible. et qu'elle aeu la même doctrine dès le premier momentqu'elle a été formée, qu'elle a aujourd'hui et qu'elle aura jusqu'à la tin monde. Mais quoiqu'on pût légitimement finir la dispute par cette réponse générale , l'on veut bien entrer dans le détail.
Il est vrai que les laïques ont longtemps communié sous les deux espèces : mais il n'est pas vrai que l'Eglise ait jamais i ru que Jésus-Christ l'eût commandé pour tout le monde. On a longtemps donne l'Eucharistie aux enfants; il ne s'ensuit pas que l'on crût que ce lut une chose commandée par Jésus-Christ, comme les protestants euxmêmes l'avouent. Quelle raison \ a- t-il de soutenir que l'un de ces changements esl contrôle commandement de Jésus-Christ, et (pie l'autre n'y est pas? Le commandement de communier n'est pas m ins universel que celui de communier sous les deux espèces : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, dit Jésus-Christ, et si vous ne luirez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. La vie n'est pas moins attachée à la communion effective, qu'elle l'est à la manière de communier, pourquoi donc a-l-on pu faire du changement sur la communion des enfants, el non pas sur la forme de communier pour les laïques. Pourquoi n'aurat-il pas ete autant permis à l'Eglise de retrancher la coupe aux laïques adultes, que
toute l'Eucharistie aux entants? Ne semble-
t-U pas même que l'on lasse plus de tort A
ces innocentes créatures, de les priver d'un
rand sacrement, après que Jésus-Christ
a dil généralement: Si vous ne mange: In chair du Fils de l'homme, et si vous ne luttez son
MÉMOIRES TOUCHANT LA RELIGION
propos de ne pas communier les enfants, ? fois usé d'une manière différente.
parce qu'elle a jugé qu'ils étaient suffisant- m Nous avons même cette consolation, que
ment incorporés à Jésus-Christ par le bap- ' l'Eglise n'a pas changé cette discipline sans
incorpores 1 èmc : et cette même Eglise a trouvé à propos aussi de retrancher le calice aux. laïques adultes, parce qu'elle a cru qu'ils étaient suffi- ; samment unis à Jésus-Christ par la manducation du pain céleste. L'Eglise a-t-elle été moins éclairée à décider que la communion sous l'espèce du vin n'était pas nécessaire à toutes sortes de conditions, qu'elle l'a été à décider que l'Eucharistie n'était point nécessaire aux enfants. i
La communion donc , sous les deux espèces, qui a duré si longtemps, n'a pas été pratiquée parce que l'Eglise l'a crue absolument nécessaire à salut, mais parce que Jésus-Christ, lui ayant laissé la liberté d'en ordonner comme elle le trouverait à propos, elle a jugé en un temps qu'il était utiic à ses enfants de communier sous les deux espèces, et en un autre, qu'il était bon qu'ils ne communiassent que sous celle du pain.
Tout le monde sait que la discipline change; et, quoiqu'il y ait des principes et des règles générales dans la discipline et dans la morale qui sont immuables, l'application de ces principes et de ces règles varie selon le changement des temps, des circonstances et des dispositions des esprits.
C'est , par exemple , une règle générale qu'il ne faut réconcilier à l'Eglise aucun pécheur que ceux que l'on juge probablement et raisonnablement être dans une véritable douleur de leurs péchés. Ce principe est immuable; c'est une règle de tous les temps; mais l'Eglise l'a appliquée diversement, selon la diversité des circonstances. S. Cyprien nous apprend qu'en certains temps et en certains lieux l'on a traité plus et moins rigoureusement dans l'administration du sacrement de pénitence ceux qui étaient coupables de quelques crimes dont on avait une horreur particulière. S. Innocent Ier dit que l'ancienne discipline de la pénitence avait été plus sévère que celle de son temps. Dans l'ancienne Eglise, l'on ne donnait régulièrement l'Eucharistie aux pénitents qu'après un long et laborieux exercice de pénitence : mais on relâchait de cette sévérité pour ceux qui étaient près d'aller au martyre, quoiqu'ils n'eussent pas achevé le temps de leur pénitence : et S. Cyprien leur accordait indulgence plénièrc en leur remettant les peines canoniques qui leur avaient été enjointes , parce qu'il croyait que la réception du sang de Jésus-Christ les animait à répandre le leur pour l'intérêt de leur maître, qui avait Le premier souffert le martyre pour eux. L'Eglise ne se trompe jamais dans la discipline , quelque changement qu'elle y fasse : elle la règle toujours avec sagesse et autorité : Quiconque ne l'écoute punit doit être regarde, selon les paroles de .le us-Christ, comme un païen et comme wnpublicain, Supposé ce principe, nous ne devons
être fondée sur l'exemple de Jésus-Christ, sur celui des apôtres et sur la pratique de tous les siècles. Le Fils de Dieu communia les deux disciples qui'allaientàEmmaùs, sous la seule espèce du pain. S. Augustin et plusieurs autres pères ne doutent point que ce que l'Evangile dit, qu'ils le reconnurent dans la fraction du pain,ncdoive s'entendre de l'Eucharistie. Et comme il n'est pas fait mention de la coupe, les protestants qui sont si attachés à ne rien ajouter à l'Ecriture, n'oseraient dire qu'ils communièrent sous l'espèce du vin.
Il est vrai qu'ils opposent à cet exemple, que si Jésus-Christ communia ses deux disciples sous une seule espèce, et que cette communion autorise la pratique présente de l'Eglise, il s'ensuit qu'il sera permis aussi de ne consacrer que sous une espèce, parce que l'Ecriture ne marque pas que le Fils de Dieu ait consacré en celte occasion sous l'espèce du vin. Or l'Eglise romaine, disent-ils, n'avouera jamais cette conséquence. Elle ne doit donc pas se servir de cet endroit de l'Ecriture pour appuyer la communion sous la seule espèce du pain.
Cette objection des protestants est un pur sophisme. Si Jésus-Christ avait dit en quelque endroit que si quelqu'un consacrait son corps sous l'espèce du pain sans parler de la consécration sous l'espèce du vin, aurait la vie éternelle comme il l'a promise à ceux qui mangeraient sa chair , sans faire mention de boire son sang, l'on pourrait dire qu'il aurait autorisé, par ce qu'il a fait à Emmaùs, la consécration sous une seule espèce , comme il a autorisé la communion sous la seule espèce du pain. Mois comme il ne paraît en aucun endroit de l'Ecriture qu'il ait dispensé ses apôtres de consacrer sous les. deux espèces, après les y avoir obligés en instituant ce sacrement adorable , cette consécration d'EmmaÛs, de quelque manière qu'elle ait été faite, ne doit tirer à aucune conséquence. Le Fils de Dieu l'a faite comme il lui a plu parce qu'il était le maître; et il a pu, par une économie et une dispensation particulière, faire une chose qu'il ne voulait être faite que celle fois, puisqu'il ne l'a ni commandée ni permise après avoir ordonné la consécration sous les deux espèces. Peut-être qu'il voulut alors consacrer seulement sous une espèce parce qu'il était ressuscité, et que , comme dans la cène qu'il fit ave'c ses apôtres, l'Eucharistie sous les deux espèces fut une image de sa mort future, dans laquelle son sang devait être séparé de son corps, de même celle transsubstantiation du pain seulement en son corps, dans la cène qu'il fit avec les disciples d'EmmaUs, fu!. une image de sa résurrection, dans laquelle ce même sani* avait élé réuni à son corps pour n'en être plus séparé; mais il ne s'ensuit pas qu'il ait voulu que ce qu'il (i alors lût fait ensuite par d'autres, puisqu'i
DÊM<i\>li;\HON
m; le témoigne en aucun endroit : et comme son intention a été, lorsqu'il institua ce mystère, qu'il soil un mémorial perpétuel de sa mort, il ne nous est bas permis d'en retrancher ce qui nous la représente le plus naturellement; c'est à savoir celte ^séparation mystique du corps et du sdng, par la double consécration sous les deux espi
La communion que les premiers chrétiens recevaient des mains des apôtres ne nous paraît que sous une seule espèce. Ils / itéraient , est-il dit dans les Actes , dans ta doctrine des apôtres et dans la communion de la fraction du pain; il n'est point parlé de la coupe. Les protestants, suivant leurs maximes se doivent tenir à la lettre sans y rien ajouter.
Saint Paul, après avoir parlé de la bénédiction du calice et de la fraction du pain, et après avoir dit que 1 une était la communion du sang de Jésus-Christ et l'autre la participation de son corps, ajoute que nous ne sommes tous ensemble qu an seul pain cl an seul corps, parce que nous participons tous à ufl mvinc pain, sans rien dire de la communion du calice.
On sait que la coutume des Cdèles de l'ancienne Eglise était d'emporter chez eux l'Eucharistie dans des linges, pour communier en leur particulier; que les évoques envoyaient à leurs confrères l'Eucharistie pour marquer leur union et leur charité : tout cela se faisait sous l'espèce du pain seulement. Le vieillard Sérapion, comme EUsèbe le rapporte, reçut l'Eucharistie sous la seule espèce du pain, de la main d'un jeune garçon que son curé, qui était malade, lui envoya. Saint Augustin, dans la lettre qu'il écrit à l'évéquc Honoré, qui est la cent quatre-vingtième de ses épures, entre les raisons qu'il apporte pour montrer que les pasteurs sont obligés d'être présents à leUrs églises lorsque les peuples qui leur sont commis sont en péril et sont attaqués par leurs ennemis, celle de ne les laisser pas privés de l'eucharistie est une des principales. Si les [tasleurs sont présents, dit ce père, personne n'est privé de la communion du corps du Seigneur Nulli Dpminici corporis communions fràudantur Œp. 180). Il ne parle pas de la coupe ; ce qui marque que la communion du peuple était considérée particulièrement sous l'espèce du pain, et qu'elle se pratiquait (selon les occasions et les diverses nécessités où l'on si; trouvait) séparément de la communion sous l'espèce du \in. il sérail aisé de produire d'autres endroits des pères qui feraient voir la même chose.
Après toutes ces raisons, toutes ces autorités, tous ces exemples, n'est-il pas injuste que les protestants tassent un crime à l'Église, à qui Jésus-Christ a laisse l'intendance et l'administration des sacrements, d'avoir l'ait maintenant une loi de ce qui parait, par 1 lv angile, que le Fils de Dieu a laisse à sa liberté; de ce qu'il a pratiqué lui-même; de ce que ses apôtres ont fait après lui: et de ce qui ensuite a été mis en usage en diverses
occasions, dans le temps même que la coutume du contraire était la [dus ordinaire.
bVANGEUQ 6o8
\ II. >i tous 1rs . < Iversaires croyaient la I1" elle deJésui Christ dans 1 Bucba-
il lie, ils n'auraient aucune peine à se soumettre au retranchement de la coupe. Ce qui les trouble, disent-ils, M( l que l Eglise 6te
la moitié du sacrement aux (il. les; 2 qu'elle
les prive du Irait qu'ils doivent recevoir de <<■ mystère d'amour; 3 qu'elle leor retn
che la nourriture spirituelle qu'ils doivent recevoir dans ce frslm sa. p- : I qu elle.
anéantit cette 6gure et celte représentation de la mort de Jésus-Christ. La créanee fa la pr< selle l'ait évanouir tous . es fantô-
mes, toutes ces vaines frayeurs et tous injustes sujets de [daim
Jésus-Christ étant réellement présent dans l'Eucharistie, est tout entier sous chacune des espèces. Depuis qu'il est ressuscite, il peut bien être dans un état apparent de mort, comme il est dans ce sacrement, mais il ne peut mourir en effet. U ne nous est pas permis de douter de cette vérité après 1 oracle du Saint-Esprit prononcé par saint Paul: Jésus-Christ étant ressuscité d'entré (es morts, ne mourra plus : la mort n'aura plu* d'empire sur lui [Rom. VI . Il est donc vivant partout où il est, c'est-à-dire tout entier, aussi bien que dans le ciel, quoique d'un* manière différente : ainsi c'est à tort qu'on reproche ù l'Eglise qu'en retranchant la coupe elle ôle la moitié du sacrement aux fidèles. L'excellence de l'eucharistie consiste efl ce qu'elle contient Jésus-Christ; elle le contient tout cnlier eu chacune des espèces : les fidèles ne sont donc privés de rien qui i essentiel au sacrement, pourvu qu'ils n vent une espèce. Les luthériens au moins devraient être en repos sur ce point, puisqu'ils erpi >nt aussi bien que non- la présence réelle. Mais, il est vrai que quelques-uns d'entre eux se sont avisés de nier que le sang soil par concomitance sous l'espèce du pain, cl le corps sous celle du vin, qui c-t une erreur chimérique qu'ils se sont formée pour n étrepas embarrassés de l'argument des catholiques, qui font voir, par une conséquent i trèsnaturelle, que les laïques, en ne communiant que sous une espèce, ne laissent pas de | ticîper au corps et au sang de Jesus-Christ.
1 Le fruit principal qu'on peut prétendre dans la communion, en considérant l'Eucharistie comme un mv stère d'amour, est qu elle nous unisse à Jésus-Christ. Nous y sommes intimement unis parla réception de son corps adorable : nous ne perdons donc pas le fruit de ce mystère d'amour par le retranchement de la coupe.
2° L'avantage de celte nourriture spirituelle est que notre âme soit divinement i sasiee et même engraissée, saginata, c'est le terme des pères. Elle l'est en mangeant de ce pain sacre: et quoique le sang, m>ii- l'esp du v in, nous soil propose en tonne de breuvage, néanmoins, comme il est assure que nous recevons le sang avec le corps, puisqu'ils ne peuvent être sépares depuis la résurrection . le concile de Trente a très-sagement et très-saintement prononce qu'en ne recevant qu'une espèce, nous recevons tout
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Jésus-Christ, et que nous ne sommes privés d'aucune grâce nécessaire pour opérer notre salut. C'est donc à tort qu'on se plaint que le retranchement du calice est un retranchement de la nourriture de ce festin sacré. En effet, le vrai breuvage de notre âme est la grâce, si bien représentée dans l'Evangile par l'eau dont Jésus-Christ parla à la Samaritaine ; c'est ce divin breuvage qui étanche notre soif spirituelle. Comme le cerf altère', dit le Drophôte, désire de trouver une fontaine, ainsi,' Seigneur, j'aspire d'être uni à vous (Ps. XLI). De quoique manière donc que nous soyons unis à Jésus-Ciirist par la communion, soit en le recevant sous l'espèce du pain , soit en buvant son sang sous l'espèce du vin, nous sommes unis à la source de la grâce qui nous doit pleinement désaltérer; et nous pouvons dire que le sang de Jésus- Christ, quoique reçu avec son corps, ne laisse pas d'être le breuvage de notre âme , selon l'expression de l'Ecriture.
3° Pour ce qui est de la mémoire de la passion, que l'Eucharistie nous doit renouveler, selon cette parole de saint Paul : Toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez de ce calice , vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. Il est vrai que , si nous ne devions considérer l'Eucharistie que dans la communion des laïques, le reproche des protestants serait bien fondé ; car il faut avouer que l'on ne pourrait pas sauver à ce mystère adorable la qualité de l'image du sacrifice de la croix, et qu'il ne nous représenterait pas la mort du Eils de Dieu sous une seule espèce, car celte représentation ne se fait parfaitement que dans la séparation mystique du corps et du sang, auxquels le pain et le vin sont transsubslantiés par la vertu des paroles de Jésus- Christ : Ceci est mon corps, ceci est mon sang. Mais je dirai hardiment qu'en ce cas l'Eglise n'aurait jamais retranché l'usage de la coupe, et moine qu'elle n'aurait pu la retrancher, parce qu'elle ne peut tomber dans l'erreur ; et c'en serait une très -grande doter à l'Eucharistie la qualité d'image, de représentation, de renouvellement, et en quelque manière de continuation de la mort de Jésus- Christ et du sacrifice du Calvaire. Mais comme nous pouvons et nous devons regarder L'Eucharistie non seulement comme un sacrement, mais encore comme un sacrifice, il est très-aisé de justifier l'Eglise des accusations des prolestants sur ce sujet.
VIII. — Supposant donc celte vérité, comme les autres sur lesquelles nous avons fait voir que les catholiques fondent le repos dans lequel ils sont, louchant le retranchement du calice, et croyant que Jésus-Christ a institué l'Eucharistie par forme de sacrifice, l'on ne saurait dire avec la moindre couleur de vérité que l'Eglise ait fait perdre aux fidèles et ail effacé dans ce mystère la mémoire ctl'image de la mort de Jésus-Christ.
Ce qui nous représente la mort du Fils de Dieu dans l'eucharistie, est, comme nous l'avons dit, la séparation mystique du corps et du sang de Jésus-Christ ; et c'est ce qui se fait
dans le sacrifice , où la parole que le Prêtre éternel a mise dans la bouche de ceux qu'il a honorés de son sacerdoce, est comme le glaive innocent qui fait cette séparation et qui immole celte victime adorable, puisqu'il est vrai que le seul corps de Jésus-Christ est présent dans ce mystère, précisément par la vertu des paroles qui sont prononcées sur le pain , et le sang par celles qui sont prononcées sur le calice. De sorte que , si ce corps et ce sang pouvaient être encore séparés, ils le seraient par la transsubstantiation des éléments de ce sacrement; et ils ne demeurent unis après la consécration que parce que Jésus-Christ ressuscité ne peut plus mourir ni souffrir aucune division en son humanité sainte. C'est donc proprement dans ce sacrifice que la mort de Jésus-Christ nous est représentée. Et comme l'Eglise n'a rien retranché dans ce sacrifice de ce que Jésus-Christ a institué dans la dernière cène qu'il a faite avec ses apôlres, les protestants n'ont nul sujet de dire qu'elle a effacé dans l'Eucharistie la mémoire de la passion du Fils de Dieu.
Quand l'Eglise aurait laissé l'usage de la coupe aux laïques , la représentation de la passion du Fils de Dieu n'aurait pas consisté dans cette double communion , puisque ce n'est pas la communion, mais la consécration qui fait cette division mystique de son corps et de son sang.
Ce sacrifice adorable est offert tous les jours: tous les fidèles y peuvent assister, y concourir même, en unissant leurs esprits et leurs cœurs aux prêtres qui sacrifient , et avec lesquels ils sont eux-mêmes en quelque manière sacrificateurs, comme l'Eglise le témoigne dans sa liturgie par ces paroles , qu'elle prononce par la bouche des prêtres : Seigneur, souvenez -vous de vos serviteurs et servantes, et de toits ceux qui sont ici présents, dont la foi et la dévotion vous sont connues, pour lesquels nous vous offrons, ou, pour mieux dire, qui vous offrent ce sacrifice de louange. El il n'y a personne qui ne puisse ainsi renouveler incessamment, dans l'usage de ce mystère, la mémoire de la mort et de la passion de Noire-Seigneur Jésus-Christ.
Les anciens sacrifices étaient des ombres et des figures du nôtre. Le peuple, qui fournissait des victimes, y participait et communiait en mangeant quelque portion de l'hostie, mais il ne mangeait pas toute l'hostie. L'Eglise ne fait donc point d'injure au sacrifice représenté par ceux de l'ancienne loi, ni au peuple fidèle qui y participe, en ordonnant que ceux qui ne sacrifient point ne reçoivent pas la divine victime en toutes les manières qu'elle se trouve dans le mystère ; quoiqu'ils aient cet avantage par-dessus ceux qui communiaient aux anciens sacrifices, ({n'en ne recevant apparemment qu'une partie de l'hostie, ils la reçoivent néanmoins tout entière, chacune des deux espèces contenant Jésus-Christ tout entier.
IX. — De tout ce qui a été dit ci-dessus, l'on droit qu'il n'y a personne qui ail tant soit peu d'équité, qui ne jupe que les reproches que les prolestants font a l'Eglise sur
le retranchement do la coupe, sont injustes.