‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 119 sur 305 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Nous pouvons raisonner de même manière touchant la communion sous les deux espèces. Si elle produit, par la vertu du sacrement, plus de grâce que la communion sous une seule espèce , celui qui se prive de l'une par obéissance, peut se rendre aussi agréable à Dieu, que celui qui les recevrait toutes deux. Et comme l'Eglise a eu de trèsgrandes raisons pous ôler l'usage du calice , soit qu'elle ait voulu éviter les inconvénients et les irrévérences qui se commettaient, soit qu'elle ail cru périlleux de le permettre dans un temps auquel cette permission aurait donné occasion à l'erreur; soit encore pour quelques autres raisons qui ne sont pas connues, nous ne saurions être vrais chrétiens et murmurer de ce qu'elle a fait , quelque soif spirituelle que nous ayons de ce divin breuvage.

David ayant désiré ardemment de l'eau de la citerne de Bethléem, et trois hommes de cœur s'étant détachés de son armée , sans en

rien dire, et ayant percé le camp ennemi pour en aller quérir, ce grand prince refusa ce rafraîchissement, et ne voulut pas boire le sang de ces trois braves hommes , selon la noble expression de l'Ecriture : mais il en fit une offrande à Dieu, Libavit eam Domino II (Beg., XXIII). Ceux qui voudraient bien se désaltérer en buvant de la coupe du Seigneur , et qui d'ailleurs considèrent le péril où ils exposeraient la vérité , par les conséquences qu'en tireraient ceux qui n'ont pas encore soumis leur esprit à la foi catholique, font mieux de se contenter de l'usage que l'Eglise fait dans le sacrifice de celte divine liqueur, et libare eam Domino , en attendant, pour en boire à leur aise , et sans hasarder le salut de personne, que la guerre spirituelle que nous avons avec nos frères séparés soit finie, par l'heureuse victoire que la grâce remportera , s'il plaît à Dieu sur eux , en captivant leurs esprits à l'obéissance de la parole de Jésus-Christ.

MXS LECTEUR.

Les controverses qui sont entre les catholiques et les prolestants ont été si éclaiffiies depuis quelques années, et tant de grands hommes ont servi l'Eglise ol secondé les pieuses intentions du roi sur ce sujet, que si les ministres et les docteurs protestants n'avaient pris un soin extraordinaire de cacher à ceux de leur parti les ouvrages des catholiques, et ne les avaient empêchés de les lire, il y a longtemps que tous ceux d'entre eux, à qui Dieu a donné un peu de lumière et de bonne foi, auraient abandonné leur nouvelle et fausse religion.

C'est un artifice des ministres protestants, pour couvrir la mauvaise cause qu'ils soutiennent, d'écrire continuellement, comme si l'on ne leur avait rien répondu, afin de faire accroire à ceux qu'ils veulent retenir dans l'erreur, que la doctrine qu'ils tâchent d'imprimer dans leurs esprits est encore dans son entier et n'a jamais été réfutée. Ceux qui ont quelque créance en eux, lisent leurs écrits sans lire les réponses des catholiques, et ils demeurent dans une fausse paix que leur donnent les préjugés qu'ils ont formés dès leur enfance, et dans lesquels ils s'affermissent finie d'éclaircissements.

Je sais bien que les pères de l'Eglise ont toujours écrit, tant que les hérésies ont fait du bruit; et les protestants, qui crient sans cesse que nous sommes dans l'erreur, se voudront peut-être parer de leur exemple, en disant qu'ils ne veulent pas laisser les catholiques en repos, jusqu'à ce qu'ils leur aient fait connaître la vérité; et c'est en cela même qu'ils témoignent leur faiblesse et font voir leur mauvaise foi. Les pères combattaient toujours les hérétiques, mais ils ne dissimulaient pas ce que les hérétiques leur opposaient. Ils y répondaient : c'esl ce- que les protestants ne font pas; ou s'ils y répondent, ce n'est que par de froides railleries,

en n'attaquant que ce qu'ils croient le moins fort dans les écrits des catholiques cl ne faisant pas semblant de s'apercevoir de ce qui les accable. Les catholiques au contraire réfutent ouvertement leurs adversaires, et soutiennent, sans rien dissimuler, la vérité, contre laquelle, selon saint Paul, on ne peut rien (II aux Cor., c. XIII, 8), et c'est celle vérité qui les rend invincibles, parce que Dieu, qui est la vérité même, combat pour eux.

Les docteurs protestants espèrent encore de pouvoir regagner uneparcréance, en leur disant que les théologiens, qui ont travaillé à leur changement, ne leur ont pas parlé sincèrement, et qu'ils ont fardé leur religion pour engager les simples à l'embrasser, et les conduire ensuite dans l'idolâtrie et dans l'impiété. C'est pourquoi l'on a cru qu'il serait fort utile, pour renverser toutes les machines dont se servent ces faux docteurs, de faire un portrait au naturel de la religion chrétienne et catholique, et de l'exposer au public,'afin que chacun en reconnaisse les traits.

Comme cet ouvrage est fort court, fort clair et fort simple, il sera aisément vu et entendu de tout le monde. Il ne faut pas que nos adversaires disent qu'il y ait rien de déguisé : on est assuré qu'il n'y a pas un catholique qui ne le reçoive, comme il est conçu, sans hésiter, et n'avoue qu'il comprend la pure doctrine de l'Eglise. On défie le plus habile et le plus raffiné protestant de le l'aire démentir par aucun de ceux de noire communion, ni d'y trouver un double sens, il n'est pas naturel de croire qu'on ail séduit too les catholiques de la terre pour les faire en trer dans un complot <k fourberie sur ce sujet; cependant on s'oblige de faire dire anathème par toute l'Eglise romaine à quiconque s'éloignera de ce qui est déclaré dans ce système, comme étant de foi.

Par ce moyen on sera d'accord du fait, on

verra clair dans nos dogmes, et les protestants ou demi-protestants, qui disent qu'ils ne ^'éloigneraient pas de pous s'ils pouvaient

f rendre confiance en ce qu'on leur déclare tre de nos sentiments, et qu'ils ne demeurent séparés que parce qu'ils croient que nos docteurs les trompent, ne pourront plus opposer cette méchante raison, puisqu'on 1 1pose a la vue et à la censure de tous les chrétiens la foi de l'Eglise romaine, et que l'on prétend expliquer ce qui est contenu dai petit écrit, que dans le sens simple et naturel de toutes les paroles dont il est composé. On sait assez quels fruits a produits *Expositiondc la foi catholique, que M. l'évôque de Meaux a donnée au public. Une lettre pastorale, que l'auteur de ce système publia jl y a quelques années, touchant l'honneur et l'invocation des saints, dans laquelle il expliquait nettement la doctrine de l'Eglise, a aussi beaucoup servi à détromper plusieurs, qui n'étaient retenus dans le parti prolestant que par la persuasion dans laquelle ils étaient que nous portions le culte des saints jusqu'à l'idolâtrie. Ce système, venant encore comme au secours de cesouvra-

hf.MONSÏKVUnN l-.VANGÉUQLE.

ses, pourra contribuer à arracher le restede la méfiance qu'on a, ou que l'on fait sem blant d'avoir de la sincérité des catholiques. On ne se contente pas d'exposer dans ce système la vraie religion dans son si ns naturel, on en prouve encore la vérité dans le fond : et, comme tout ce qui est COptro entre les catholiques et les prolestants <vt démontré par l'Ecriture, dont on a marqué les endroits à la marge, afin que le lecteur y puisse aisément avoir recours, on croit que c'est le moyen de fermer la bouche a nos contradicteurs, qui ne cessent de publier que les catholiques- n'ont pas le respect qui est dû à la parole de Dieu, il faut qu'ils rougissent eux-mêmes de ce reproche. C'est au contraire aux catholiques à le leur faire, puisqu'on l'ait voir clairement, en citant l'Ecriture, sur laquelle la doctrine catholique est appuyée, qu'on ne peut s'éloigner de no- .tre foi sans renoncer au fondement sur lequel les protestants font semblant d'él fort affermis, et duquel néanmoins ils sont si éloignés, qu'il faut qu'ils l'abandonnent en combattant les dogmes des catholiques.

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