LE VRAI SYSTEME DE LA
oroleslants ne le peuvent désavouer.
La communion sous une seule espèce commandée par l'Eglise ne doit pas faire de difficulté à ceux qui croient la présence réelle, parce qu'en communiant sous une espèce, on reçoit Jésus-Christ tout entier. Ceux qui sacrifient doivent faire le sacrifice sous les deux espèces, parce que ce sacrifice représente celui du Calvaire et la séparation du sang que Jésus-Christ versa sur la croix. Et c'est pourquoi Jésus-Christ dit à ses apôtres , à qui il donnait le pouvoir de sacrifier à sa dernière cène : Faites ceci en mémoire de moi. Cela est prouvé invinciblement ailleurs, et dans mes mémoires touchant la religion; et M. l'évêque de Meaux a fait un excellent traité sur ce sujet, auquel je renvoie les lecteurs.
Nous croyons que le jeûne et l'oraison étant des moyens d'apaiser la colère de Dieu, l'Eglise a très-bien fait d'instituer des jours auxquels nous sommes obligés de jeûner et de prier. Les patriarches et les prophètes ont pratiqué le jeûne; Jésus-Christ l'a consacré en sa personne. Les fêtes, qui sont faites pour prier, ne peuvent être qu'agréables à Dieu, puisqu'elles ne sont établies que pour l'honorer, et encore que quelques-unes soient instituées en l'honneur des saints , cet honneur est relatif à Dieu , car l'on n'honore les saints que parce que Dieu est admirable en eux. Tout cela est de discipline, et c'est à l'Eglise à la régler.
Le ministère des prêtres est si saint, qu'encore que le mariage ait été institué de Dieu, néanmoins , comme le célibat est un état plus parfait, et que saint Paul (I, aux Cor., c. VIL v. 25 et suivants) le conseille à ceux qui veulent être plus attachés au Seigneur, l'Eglise a jugé à propos , au moins dans l'Occident, de n'admettre personne au sacerdoce qu'il n'embrasse le célibat. Nous ne disons pas que Dieu ait attaché nécessairement le célibat au sacerdoce ; et si les Grecs n'étaient d'ailleurs séparés de nous par leurs erreurs, nous pourrions les tolérer, encore qu'ils n'aient pas embrassé cette discipline, ou, pour mieux dire, qu'ils n'y aient pas persévéré. Ce qui n'est que de pure discipline peut être différemment pratiqué en différents lieux : mais parmi nous, puisque l'Eglise, qui dans les premiers siècles avait généralement ordonné le célibat aux prêtres, nous a conservés dans cette pureté, ce serait un grand crime de la violer. Le sacrement de mariage est un contrat de l'homme et de la femme élevé à la grâce. Les inférieurs ne peuvent valablement contracter qu'avec soumission à la volonté de leurs supérieurs. L'autorité spirituelle et la temporelle sont d'accord à cet égard ; l'Eglise a parlé sur ce point. Tous les fidèles , qui la regardent comme leur mère, dont ils sont obligés de respecter tous les sentiments, se sont spécialement et très -volontiers soumis à ce qu'elle a réglé touchant le mariage; et, comme elle a défendu de contracter à ceux qui sont promus aux ordres sacrés, les lois impériales, les ordonnances des rois et celles