É\ ANGELIQUE
intérieur de l'homme, que l'homme môme ne connaît presqpe j imais.
il parait de là qu >, quoi que ce soit qu'on veuille persuader, il I ml a \ pir égard à la personne à qui on en veut, dont il faut connaître l'esprit et lecteur, quels principes il accorde, quelles choses il aime, et ensuite remarquer dans la chose dont il s'agit quel rapport elle a avec les principes avoués ou avec h--, objets censés délicieux, par les charmes qu'on leur attribue. De sorte que l'art de persuader consiste autant en celui d'agre r qu'en celui de convaincre, tant les hommes se gouvernent plus par caprices que par raison!
Or, de ces deux méthodes , l'une de convaincre, l'autre 4 agréer, je ne donnerai ici .les que de la première, cl encore au cas qu'on ail accordé tes principes, et qu'on demeure ; 's avouer: autrement je ne
sais s'il y aurait un art pour accommoder les preuves à l'/nConstancc de nos caprices. La manière d'agréer est bien, sans comparaison, plus difficile, plus subtile, plus utile cl plus admirable : aussi, si je n'en (raite pas , c'est pafcè que je n'ensuis pas capable; et je m'y sens tellement disproportionné, que je crois pour moi la chose absolument impossible.
Ce n'est pas que je croie qu'il n'y ait «les règles aussi sûres pour plaire que pour démontrer, et que celui qui les saurait parfaitement connaître et pratiquer ne réussit aussi sûrement à se faire aimer des rois et de toute sorte de personnes qu'à démontrer les éléments de la géométrie à ceux qui ont assez d'imagination pour en comprendre lés hypothèses. Mais j'estime, et c'est peut-être ma faiblesse ((ni mêle fait croire , qu'il est impossible d'y arriver. Au moins je sais que si quelqu'un en est capable, ce sont 6a personnes que je connais ; et qu'aucun autre o'a sur cela de si claires et de si abondantes lumières.
La raison de cette extrême difficulté vient de ce que les principes du plaisir lie sont pas stables. Ils sont divers en tous les hommes, Cl variables dans chaque particulier, avec une telle diversité qu'il n'y a poi 1 d'homme plus différent d'un autre que de soi-même . dans les divers temps. Un homme a d'autres plaisirs qu'une femme, un riche et un pain rc en ont de différents: un prince, u\\ homme de guerre, un marchand, un bourgeois, un paysan, les vieux, les jeunes, les sains, les malades, tous varient : les moindres accidents angent.
il \ a un art, cl » est eeluique je donne, pour faire voir la liaison des tentés avec leurs principes soit de vrai, soit de plaisir. pourvu q'ie les principes qu'on a une fois avoués demeurent fermes et sans être jamais démentis.
Mais comme il y a peu de principes de celle sorte, et que hors de la geomeirie. qui il" considère que des figures très-simple»., il n'y a presque point de vérités dont nous demeurions toujours d accord, et encore m d'objets de plaisir dont nous ne changions à foule heure je ne s a i :