‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 143 sur 305 · XXIV. Quand on est instruit, on coin · texte numérisé non relu

XXIV. Quand on est instruit, on coin

prend que la nature portant l'empreinte dj son auteur gravée dans toutes choses, elles tiennent presque toutes de va don!. le infinité.

(l'est ainsi que non-, vovons que tOUtei I -

sciences sont infinies < a l étendue de leurs recherches : car qui doute que la géométrie, par exemple, a une infinité d'infinités de propositions à exposer? Elle sera aussi infinie; dans la multitude et la délicatesse de leurs principes : car qui ne voit que C6UX qu'on propose pour les demû M ne se soutiennent pas d'eux-mêmes, et qu'ils sont appuyés >ur d'autres, qui, en avant d'autre* pour appui, ne souffrent jamais de dernier»?

On voit, d'une première vue, que l'arithmétique seule fournit des principes sans nombre, et chaque science de même.

Mais si l'infinité en petitesse est bien moins visible, les philosophes ont bien plutôt prétendu y arriver: et c'est là ou tous ont choppé. C'est ce qui a donné lieu à ces litres si ordinaires, Des principes des choses. I> principes de la philosophie, et autres semblables, aussi fastmux en effet, quoique non I en apparence, que cet autre qui crève les yeux : De omni scibili (2).

Ne cherchons donc point d'assurance et de fermeté. Notre raison est toujours déçue par l'inconstance des apparences ; rien ne peut fixer le fini entre les deux infinis qui renferment et le fuient. Cela étant bien compris, je crois qu'on s'en tiendra au repos; chacun dans l'état où la nature l'a place. Ce milieu. qui nous est échu , étant toujours distant des extrêmes, qu'importe que l'homme ait un peu plus d'intelligence des choses ? S'il en a, il les prend d'un peu plus haut. N'est-il pas toujours infiniment éloigné des extrénv la durée de notre plus longue vie n'est- elle pas infiniment éloignée de l'éternité?

Dans la vue de ces infinis, tous les finis sont égaux; et je ne vois pas pourquoi asseoir son imagination plutôt sur l'un que sur l'autre. La seule comparaison que nous faisons de nous au fini nous fait peine.

XXV. Les sciences ont deux extrémités qui se touchent : la première est la pure ignorance naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant. L'autre extrémiti celle où arrivent les grandes âmes, qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, cl se rencontrent dans celte même ignorance d'où ils étaient partis. Mais c'est une ignorance savante qui se connaît. Ceux d'entre eux qui sont sorlis de l'ignorance naturelle et n'ont pu arriver à l'autre, ont quelque teinture de cette science suffisante, et l'ont les entendus. Ceux-là troublenl le monde et jugenl plus mal de tout que les autres. Le peuple et les habiles composent, pour l'ordinaire, le train du monde: les autres le méprisent et (Mi sont méprisés.

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