DU SACRIFICE
La vérité du corps de Jésus-Christ en l'eucharistie étant ainsi établie, celle du sacrifice que vous rejetez, ne peut être révoquée en doute : car si Jésus-Christ est véritablement présent en l'eucharistie , comme je l'ai suffisamment prouvé quoique succinctement, il s'ensuit qu'il est véritablement sacrifié, comme je le vais présentement montrer.
Le sacrifice n'est autre chose qu'une oblation réelle, faite à Dieu seul, d'une chose sensible et permanente , avec changement d'icelle, suffisant pour témoigner et faire paraître publiquement, que nous le reconnaissons pour notre souverain Seigneur.
Or la célébration de l'eucharistie , par laquelle Jésus-Christ est établi sous une espèce inanimée et non vivante est une oblation de telle nature. Donc elle est vrai s'acrificc.
Que l'oblation dont il s'agit, soit d'une chose permanente et sensible, il est aisé à reconnaître, en ce que le corps de Jésus- Christ est offert sous des espèces sensibles.
Que si vous dites que Jésus-Christ n'est pas sensible, parce qu'il n'est pas vu. Je réponds avec les pères, Que nous le voyons, nous le louchons (1), quoique non en sa pro-
eodem icmporis momento omnium manihus pertraclalur.
(1) Chrysostom. homil. 83. in Malt. Ipsum vides, ipsum tangis, ipsum comedis. El i. ni. de Sacerdot
DÉMONSTRATION ÊVANGÉUQUE.
pre espèce. Ce qui conclut bien que non- ne
le pouvons discerner; mais i pas que
noua ne le puissions voir: comme il paraît par l'exemple d"un homme, <i"i entièrement couvert d'une peau de lion, ne pourra être discerné «l'aucun, mais bien touché de tout Fe momie.
Qu'elle soit l'aile avec changement de la chose, c'est-à-dire du corps de Jésus-Christ, cernent suffis mt de témoigner la souveraineté de Dieu, el l'ait à celte fin, c'est ce qu'il faut prouver, et que je vérifierai distinctement.
Le changement qui se fait en 1 eucharistie consiste en ce que JéSUS-Chrlst, qui subsiste au ciel en sa propre espèce, est établi en
terre sous l'espèce étrangère du pain, et SOUS l'apparence dé la mort. Qu'il soit établi sous l'espèce du pain et du vin, nous l'avons vé- Qu'en cet état il soit sous l'apparence cl l'espèce de la mort, il paraît, en ce qu'il est privé d'apparence de vie en plusieurs sens, et parce qu'on ne voit aucune action en lui ; el pane que par la force îles paroles sacramentelles, son corps et son sang sont établis sous des espèces séparées, ainsi que par la mort qu'il a souffert en croix, ils ont élé réellement séparés ; parce enfin que les espèces qui le voilent sont comestibles, et que d'ordinaire on ne mange aucune chair qui ne soit morte. Que ce changement soit capable de témOignerla souveraineté de Dieu, je le montre. Le changement qui est arrivé parla vraie mort de Jésus-Christ a eu cette puissance, comme le sacrifice de la nous le fait connaître. Donc celui qui arrive en l'eucharistie a la même force. La conséquence se vérifie en ce qu'on trouve en 1 eucharistie tout ce pourquoi le changement arrivé au sacrifice de la croix fait paraître la souveraine autorité que Dieu a sur nous. Je le ferai voir le plus clairement qu il me sera possible pour la difficulté de la matière.
C'est chose certaine que la sensibilité et la raison de signe est de soi-même attachée aux accidents el aux espèces, et non aux substances qui de soi sont insensibles, c es|-a-d re que tout ce qui signifie, signifie à raison des accidents. Par exemple on ne reconnaît m» homme vivant qu'à la parole, au mouvement et ailles accidents. C'est chose claire en outre que les sacrements et sacrifices sonl de 1 ur nature signes externes, el que leur esconsiste à signifier sensiblement aux hommes des mystères cachés. Lt partant, '1 est clair dite c'est chose indifférente aux sacrements et sacrifices, dont l'essence consiste en signification, d'être établi en des espèces conjointe., à leur substance, ou en des espè- ) qui en soient séparées ; puisque toute chose pouvant subsister quand elle a ce qui lui est essentiel, ils peinent aisément conserver h ur être sans leur substance. QUI ne Contribue ri. n à leur essence De là il s'ensuit que. la mort n'es! propre à signifier la souveraineté de Dieu, qu'à raison de son
Qui cum pâtre gursum sedet, in ipso lemporls articula omnium manibus pertrectatur.
espèce externe, entant qu'on ne voit aucun
accident qui témoigne la vie. Or Christ comme ni i n l'eucharistie, a
l'apparence de la mort comme en la croix; el partant, il a toui ce qu'il avait en la croix. en considération de signe sensible, démonstratif de la souveraineté de Dieu, ce qui suflit au sacrifice •. étant certain qu'ainsi que si un corps était vivant en apparence, par l de quelque caractère, il serait capable île signiu r tout ce qu'un corps vraiment vivant peut faire, en tant que vivant : ainsi un corps vivant, paraissant mort par la force des paroles de Jésus-Christ, peut être si^m- de tout ce qu'un animal vraiment mort peut représenter.
Et en effet c'est chose qui ne peut être révoquée en doule ni îles catholiques, ni de vous; non des catholiques, puisque l'eucharistie sous l'espèce du pain, est autant sacrement, comme si la substance du pain était conjointe à sis espèces : non de vous, puisque l'airain comme existant sous l'espèce du serpent , a été aussi propre signe de la mort de Jésus-Christ, comme si la vraie substance du serpent eût été conjointe à l'apparence {Jean, III , 14).
Maintenant il faut voir si cette mutation qui est suffisante de sa nature- pour témoigner la souveraineté de Dieu, a été faite à celte fin.
Cela paraît, en ce que pour juu er queDh a ait institué une chose à une certaine fin, il suffit prouver qu'il lui ail donné tout ce qui est nécessaire à celle fin : n'y avant point d'apparence de dire, que lui qui ne fait rien en '\ain, et qui au contraire ordonne chaque chose à sa fin. en eut institué quelqu'une du tout apte à une signification, sans vouloir qu'elle lui soit attribuée.
Ll de fait, si cette raison de recueillir l'institution d'une chose à une fin. n'est suffisante , nous ne pouvons savoir que l'eucharistie soit sacrement, parce qu'il n'est dit en aucun lieu de l'Écriture quel e soit sacrement, et que nous l'inférons seulement, d'autant qu'elle a tout ce qui est nécessaire au sacrement. Au reste le texte grec de Irois évangelistes el de saint Paul, texte que vous estimez seul authentique, porte ces mots fsptindu. donné, rompu l . au présent, el saint LUC attribue le mol rspânàu au calice 2] : ce qui m. mire bien que l'effusion dont il parlait, est l'aile en l'eucharislie. où le calice se trouve seulement. El parlant, qui doutera qu'il M,il question d'un don. d'une fraction cl d'une effusion présente, en un mol, d'une oblalion faite à Dieu, puisque toutes ces choses s,,,il faites pour nous, selon que l'I'.crit ure le dit en terri 3 i . et
que rien ne peut élre offert à autre iiu'à Pieu pour le salut des hommes? A quel propos
il lu Wll. v. 20 hx"»*/»**»' statut. XXVI kkre.