‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 17 sur 305 · XXI. CiZounoj I. Iliul. ver». |9.1UÀfWWf I.C*».IL · texte numérisé non relu

XXI. CiZounoj I. Iliul. ver». |9.1UÀfWWf I.C*».IL

(2) Luc. Wllcit. tei}w orifw h i# «>/«■?< /*cj, -à

C)j (X](UVSpfVtV.

(3) Locis cilalis.

DES PRINCIPAUX POINTS DE LA FOI

l'Ecriture aurait-elle ajouté tant d'épithètes signifiant une oblation , sans y mêler aucune parole qui nous empêche de la concevoir comme un vrai sacrifice , si ce n'est pour signifier que le corps et le sang de Jésus- Christ sont en l'eucharistie comme une vraie hostie? lis y sont ainsi véritablement, et l'eucharistie est un vrai sacrifice, puisqu'elle a toutes les parties essentielles au sacrifice. Qu'aurez-vous , messieurs , à répondre à celle raison? Direz-vous que s'il suffit d'établir un animal, sous l'apparence de la mort, et l'offrir à Dieu pour être sacrifié : il suffirait d'offrir à Dieu une image de Jésus-Christ pour lui en faire sacrifice?

Je réponds qu'on ne pourrait dire, qu'en une telle oblation, il y eût aucun sacrifice ni de Jésus-Christ, ni de son image. Non de Jésus-Christ, parce qu'il n'y serait pas en effet et vraiment mort, ni mort en apparence , et qu'il est requis que la chose signifiée soit présente en l'une de ces deux façons.

Non de son image, parce que bien qu'elle fût présente, elle ne serait point détruite et ne recevrait aucun changement. Or ce n'est pas de même en l'eucharistie : car Jésus- Christ y est présent, et y reçoit la mort en apparence, en tant qu'il se couvre d'une espèce morte, laquelle il s'unit sacramenlellement, ainsi que comme Verbe il s'est couvert de l'espèce humaine, laquelle il s'est hypostaliquement unie. Et partant quand on dit qu'il suffit au sacrifice d'un animal vivant, qu'il soit établi sous l'apparence de mort: on n'entend pas qu'il y soit établi par représentation , comme s'il était dépeint mort en un portrait : où comme si étant représenté vivant, il était contenu sous la seule espèce de la peinture qui est morte, parce qu'en tout sacrifice la présence de la chose est requise, en tant que l'oblation sacrilicale se fait par délivrance de ce qui est offert et sacrifié. Mais on entend que l'animal vivant soit en lu'-même couvert de l'espèce et de l'apparence de la mort, et qu'en cet état il soit présentement offert à Dieu. Cette raison montre primitivement que la célébration de l'eucharistie est un vrai sacrifice; et toute fois la brièveté que nous nous sommes proposée ne lairra pas de nous permettre d'en apporter encore; une autre.

Il est dit au Psal. CIX que Jésus-Christ est prêtre éternellement (lu es soci rdçt in num) ; ce que l'apôtre répète encore disant, t/uii rsi prêtre éternellement (Hebra-.yil.v. 17 et 21). En lous les deux Jieux, il n'y a aucune condition qui#liène ces mois de prêtre et de sacerdoce de leur propre signification : mais, au contraire, il y en a qui les y restreignent, BUisqile le psalmiste ajoute que le lils de Dieu est prêtre comme Melchisédech, qui était vrai prêtre, offrant sacrifice : que le sacerdoce a été donné de Dieu à Jésus-Christ, avec serment de ne l'en dépouiller jamais, (Juravit Dominut fi tum pœniiebit ™«, fisal, CIX), et que l'apôtre dit que Melchisédech a été la figure de JésOs'-Chrlst, en ce qu'il est demeuré prêtre en toute éternité. [Bévr.Vll, V. 3. Âssimiiatus autan fdio Dei manet sacer-

dos in œternum.) Donc Jésus-Christ a encore le vrai sacerdoce, comme il lui a été donné : et ainsi que Melchisédech a toujours été vrai prêtre, sans être jamais destitué de la puissance de sacrifier, ainsi Jésus-Christ le doitil être éternellement, sans perdre jamais la puissance de sacrifier. Et par conséquent, il y a maintenant encore un vrai et propre sacrifice.

Vous nierez la conséquence ; je la prouve aisément par la plus sûre de toutes les preuves, savoir est par celle de la définition du sacerdoce, donnée par saint Paul et confirmée par 'es Pères, avouée par les vôtres, définition, dis-je, qui requiert la puissance de sacrifier, comme partie essentielle.

Saint Paul définit aux Hébreux V. celui qui a le sacerdoce, par relation au sacrifice, tout pontife (en grec kpxisPei>i) pris d'entre les hommes, est constitué pour les hommes et choses qui se font envers Dieu, afin qu'il offre dons et sacrifices pour les péchés. (Omnis pontifex constituitur in his quœ sunt ad Deum, ut offerat dona et sacrificia). El aux Hébreux VIII, où il parle, non des pontifes de l'Ancien Testament, comme les vôtres veulent qu'il fasse en ce passage du cinquième chapitre , mais de Jésus-Christ qu'il dit être pontife. Tout pontife, dit-il, est ordonné pour offrir dons, (Omnis pontifex ad offerendum munera et hostias constituitur.) (en grec, 0uaîa5 ), concluant par après que puisque Jésus-Christ est prêtre, il faut par nécessité qu'il ait quelque hostie à offrir, comme étant cette puissanceessentielle au sacerdoce. Ce qui paraît par la clarté de ce passage, et en outre par le témoignage des saints pères et de vos propres ailleurs, qui enseignent ouvertement que saint Paul définit en ces lieux le sacerdoce, et lui attribue la puissance de sacrifier. L'apôtre, dit (1) saint Chrysoslôme sur le premier lieu de saint Paul aux Hébreux, donne la défini/ion du prêtre. Le prêWe (2), dit-il, sur le 2, n'est point sans sacrifice, il faut donc qu'il ait un sacrifiée. L'apôtre , dit (3) saint Ambroisc sur le premier lieu de l'épîlrc aux Hébr., définit ce que c'est que pontife, et par après, c'est une chose commune, et à Jésus-Christ , et à celui qui est établi d'entre les hommes, d'offrir à Dieu des dons et des sacrifices. Les pontifes du Vieux Testament, dit (k) le même saint sur le VIII chapitre de saint Paul aux tjéhr. ont été institués pour offrir des présents et des hosties, etc. D OU il s'ensuit (ju'il est nécessaire que notre Souicur ait qinh/ue chose () offrir pour nous. C'est le propre dit pontife, dit (.ri) Théodore! sur le dernier lieu. d'offrir les dons de tons les hommes. Il n'y u point de prêtre, dit Théophilacle sur le

(1) GhrySOSlOtn. hortl. 8. in 5. Hcbr. apost,olu.s delin I quiri s'il s;ieerdos.

(2) Et in 8. Ilch. Iiomil. 14 sacerdos non est aitsqnê sàcrlllcio, oportet erj{0 quoque cnm haltère s;>criflcinm.

(3) Anibros. in ."i. Hebr». Définit quid stt pontifex. llcm, chmmùhe est Cltrislo et ci qui ex hominibua constituitur ni oflerat dona et sacrîucla.

(i) Item in 8. Ilcbr. Pontificcs Yetcris Testament! statuli sunt ofïcrrc munera et hostias, etc. Unde ne-

dernf er lieu, fan* Ao«tfe; donc il est nécessaire

que celui-ci , savoir Jésus-Christ, ait quelque chose qu'il offre (l).

Celle />remière sentence, dit (2) Calvin sur le même lien, est digne d'être remarquée, laquelle enseigne que nul prêtre n'est institué que pour offrir des présents. La prêtrise du Christ, dit votre (3) catéchisme, est l'office et autorité de se représenter devant Dieu pour obtenir grâce et faveur, apaiser son ire, en offrant sacrifice qui lui soit agréable. Donc la puissance de sacrifier est essentielle au sacerdoce, selon la définition de l'apôtre: selon l'explication de tous les pères et la confession des vôtres.

Or, si la puissance de sacrifier est essentielle au sacerdoce, il s'ensuit clairement que Jésus-Christ étant maintenant vrai prêtre, il a la puissance de sacrifier et offrir maintenant un vrai sacrifice autre que celui de la croix , quant à l'espèce, puisqu'il n'a plus puissance de mourir en croix. Et partant nous avons ce que nous demandons : vu que nous ne soutenons autre chose, sinon qu'en la nouvelle loi il y a un autre sacrifice que celui de la cro>x, offert par les ministres du Nouveau Testament. Ce qui se trouve vrai, attendu que Jésus-Christ, ne pouvant sacrifier au ciel, doit par nécessité sacrifier par ses ministres en terre, s'il a un autre sacrifice que celui de la croix, qui est ce qu'enseignent tous les pères.

Jésus-Christ est maintenant prêtre, dit (4) Théodoret , non offrant lui-même quelque chose, mais il est appelé le chef de ceux qui sacrifient. Encore que Jésus-Christ (5), dit saint Ambroise, ne soit pas maintenant vu offrir, toutefois il est lui-même offert en terre, lorsque son corps est offert, voir même nous connaissons que c'est celui-là qui offre, duquel la parole sanctifie le sacrifice qui est offert. Nous disons, dit (6) Théophilacte, que Jésus- Christ est toujours 'véritablement prêtre, vu qu'il est éternel et immortel : car même maintenant nous croijons que toujours il s'offre soi-même pour nous, par ses ministres ; car dit OEcumenius (7), il n'eût pas dit à raison

cesse est salvaiorem nostrum habere aliquid ad offerendum pro nobis.

(1) Mheodor. in VIII. Ilebr. proprium est ponlifleis offerre dona universoruin.

(2) Tbeopyl. in VIII. Hcbr. Sacerdos sine hosiia non est, necesse ergo eral et hune habere quiddam quod offerat.

(3) Calv. in V11I. Ilebr. Prima haec senlcnlia observait] digna est, qui» docet niillum instilui sacerdotem nisi ad don:» offerenda.

(•4) In Psal. CIX. Sacerdos nunc est Chrislus non ipse aliquid oITerens, sed vocatur caput eoruni qui ofterunt.

(5) In Psal. XXXVIII. Etsi Chrislus nunc non videtnr offerre, lanien ipse offertur in terris cuni Christi corpus offerlur, inio ipse offerre nianifestatur in nobis, ciijus serrnot Mnctiflcatsacriflciumquod offertur.

(6) In Vil. ad Hcbr. DiciimisChristum cuni ;eiernus lit et immorlalis re vera semper esse sacerdotem , nain et nunc quidem semper semetipsum pro nobis offerre credilur per minislros suos.

(7) In c. VI. Ilebr. Neque ciiim de ea qua; semel facta est a Deooblalione et hosiia dixisset in sternum,

DÉMONSTRATION l' A ANGÉLIQUE.

de Vhostie et deVohlalion que Dicua faite une fois, que Jésus-Christ fut prêtre en toute éternité ; mail il n eu égard mu sacrificateurs il? maintenant, par le moyen desquels Ji^<~- Christ sacrifie, et est sacrifié, leur ugant donné en sa cène mystique, la muni' re d'un tel sacrifice.

Vous direz volontiers qu'il est essentiel au sacerdoce de sacrifier, mais non pas de sacrifier toujours et en toute différence de temps. Et partant, qu'il suffit, pour que Jésus— Christ soit dit prêtre maintenant, qu'il ait pu sacrifier,commeilafaiten la croix.

Je réponds que si la puissance de sacrifier est essentielle au sacerdoce, comme il a été vérifié, il s'ensuit qu'elle lui doit convenir en tout temps, parce qu'un composentiel ne peut subsister que par la subsistance de toutes ses parties essentielles. Par exemple, l'homme ne peut être sans la raison formelle d'animal, et de raisonnable, sans le corps et l'âme tout ensemble. Donc il demeure constant que Jésus-Christ étant à présent prêtre, doit avoir puissance d'offrir un sacrifice, autre que celui de la croix. Ce qui paraît encore par saint Jérôme, lorsqu'il dit non seulement que le prêtre doit sacrifier, mais qu'il doit toujours offrir sacrifice pour le peuple.

Vous ne pouvez éviter la force de cette raison, si ce n'est en soutenant que Jé^u^- Christ n'est pas maintenant vraiment prêtre, ains seulement (pour user des termes de l'école) par ampliation, d'autant qu'il l'a véritablement été , métaphoriquement et par analogie, parce que la force et la vertu de son sacrifice est encore de durée, parce qu'il est en toute éternité et qu'il offre pour nous au ciel ses prières à Dieu. Mais étant reconnu vrai prêtre, comme nous avons montré qu'il est, étant confessé que la puissance de sacrifier est essentielle au sacerdoce, il n'y a aucun lieu de dire que l'éternité du fruit d'un sacrifice suffise à l'éternité d'un sacerdoce destitué de puissance de sacrifier , puisqu'il est clair qu'une chose ne peut être éternelle, si ses parties essentielles ne le sont aussi. Et s'il était permis d'inférer de la durée du fruit du sacrifice, la durée de sacerdoce , j'inférerais par même conséquence cent ans après la mort d'un roi et d'un magistrat, la durée de leurs charges en leurs personnes, parce que le fruit de leur gouvernement demeure. Et partant ce fruit n'est bon qu'à témoigner que Jésus-Christ a eu le sacerdoce, et qu'en vertu d'icelui il a offert un sacrifice de vertu infinie, osais non pas à montrer qu'il a encore le sacerdoce. Que Jésus-Christ nous sauve en toute éternité cela montre qu'il est sauveur éternel, mais non pas prêtre: m qu'il nous pourraitsauver sans être prêtre et cette vérité est tellement connue des pères, que [OEcumenius in cap. VI. ad Hebrtr. citât.) quelques-uns nient expressément l'éternité du sacerdoce con\enir

sod respieiens ad présentes sacrilioos per quos medios CbrisUlS sncrilical et sacrilicaiiir, qui eiiam m mvsticacœna modum ilustradidii hujusroodi sterificii

DES PRINCIPAUX POINTS DE LA FOI

à Jésus-Christ , à raison du sacrifice de la croix . et enseignent qu'elle lui convient à raison des sacrifices qu'il offre tous les jours et offrira jusqu'à la fin du inonde par ses ministres.

Si le fruit d'un sacrifice suffit à l'éternité du sacerdoce, il s'ensuit que le fruit du sacrifice sera l'essence du sacerdoce. Et qui plus est que rien autre chose ne lui sera essentiel, ce qui est très-absurde. Au reste, ce fruit du sacrifice est pris, ou pour la vertu que le sacrifice a de justifier, ou pour l'effet de cette vertu, c'est-à-dire pour notre justification. En la première acception c'est une qualité du sacrifice; en la seconde, c'est un effet de cette qualité ; et partant en quelque façon qu'on le prenne, il ne peut être de l'essence du sacerdoce, puisqu'il en est l'effet, en tant qu'il l'est du sacrifice, et que nul effet n'est l'essence de sa cause : il ne peut être de l'essence, parce que tout ce qui est essentiel est fait une même chose avec ce dont il est essence, ce qui ne peut se dire de l'effet et de la cause qui sont nécessairement distincts, il n'en peut être enfin parce que la cause précède son effet, là où le composé ne précède pas ses parties essentielles. Le sacerdoce n'est pas la vertu et la force du sacrifice, mais la vertu et la force de sacrifier : la royauté, par exemple, n'est pas le fruit et l'utilité que nous recevons du gouvernement; mais bien la puissance de gouverner. Et parlant puisque Jésus-Christ a éternellement le sacerdoce, il a éternellement la force de sacrifier, étant clair qu'un sacerdoce ne peut être éternel, si la puissance de sacriûcr qui lui est essentielle est temporelle. C'est une vérité si certaine et si claire que, lorsque l'Ecriture appelle Jésus-Christ, prêtre éternellement, elle entend qu'il ait cette qualité au respect d'un vrai sacrifice, que les pères, même des premiers siècles, disent que l'Eucharistie (à raison de laquelle la prêtrise convient maintenant à Jésus-Christ) est un (1)wm'(2), très-vrai, très-grand (3), plein (k), externe (5), ci singulier sacrifice, etqucnos(ti) prêtres sont vraiment prêtres selon la propre et naturelle signification du mot prêtre. Ils ne tiendraient pas de tels langages, s'ils ne reconnaissaient Jésus-Christ, ses apôtres et l'Ecriture leur enseigner cette vérité. On ne

(1) Cyprianus epist. 63. Uiique ille sacerdos vice Chisii vere fungilur, qu'ici in quod Cbristus fecit, imilalur et sacïificium verum et plénum tune offert in Ecclesia Deo Patii, si sic incipiat offerre secundum quod ipsuiu Christum videat oblulisse. August. 1. x. contra Faust, cap. °z0. Huic sununo veroque sacribeio lalsa cesserunt.

(2) August. 1. de Spir. et littera, c. 11. in ipso verissimo et singulari sacrificio ( Miss;c) Domino Deo noslro gratins agere admonemiir.

(3) August. I. x. contra Faust, c. 20, citât.

(4) Nazianen. Orat. 1. Apolo.i,'. Quo landem modo exlernum illud sacriflcium magnorum mysteriorum autitypum ipsi ( Deo) offerre auderem ?

(o) August. 1. de Spirilu et lit. cil. citât. (6) August. I. xx. de eiv. c. 10. in illud Apoc. 20. onint sacerdolcs Dei ctCbrisli, ele

la peut révoquer en doute, passons à un autre point

SECTION III

de l'élévation de l'hostie.

S'il est permis d'offrir un sacrifice , ainsi que j'estime l'avoir suffisamment prouvé , quel inconvénient y a-t-il d'en élever l'hostie , puisque celle élévation en signifie proprement l'oblation? En l'ancienne loi, comme on peut voir au Lévit. VIII . et autres endroits , le prêtre élevait ce qu'il offrait : et on collige clairement de saint Basile le Grand (1) , appelé de Théodoret (2) , et de saint Grégoire de Nazianze (3) , lumière et soleil du monde , que nous tenons cette coutume des apôtres , en ce que prouvant que plusieurs traditions non écrites, sont apostoliques , il rapporte entre autres choses les paroles de l'invocation, proférées lors dit-il, qu'on montre l'eucharistie, être de ce genre.

Mais quel lieu pourrait-il y avoir de révoquer en doute cette élévation puisque les anciennes liturgies de saint Basile et de saint Chrysostomeen font mention, que saint Denis aréopagite , notre apôtre fait le même. En un mot, ce point est si clair, que vous ne le contestez que parce qu'il est soutenu de l'Eglise catholique à qui vous en voulez. Ce qui paraît manifestement en ce qu'au rapport d'un des vôtres propres (4), Luther professe n'impugner cette élévation qu'en haine des catholiques, et la reconnaît telle qu'elle doit être retenue et gardée où elle est regardée comme impie (5). Ce qui fait que puisque vous la tenez pour telle, par le propre conseil de votre premier père , nous la conserverons soigneusement : ou si vous voulez que nous la changions , saint Paul nous apprenant que là où il n'y a point de loi il n'y a point de transgression (6), produisez , je vous prie un passage de l'Ecriture qui la défende. Que si ce vous est chose impossible, confessez que l'autorité de l'Eglise est suffisante pour l'autoriser justement , saint Augustin nous apprenant que disputer qu'il ne faut point faire ce que toute l'Eglise pratique partout le monde, c'est une très-insolente folie (7). Et l'un des vôtres (8) reconnaissant qu'on peut être forcé et con-

(1) Basil, lib. de Spiritu Sancto. cap. 27. Dogmata qua; in Ecclesia pradirantui qucrdaiu lialiemus et doctrina scriplorum prodiia,qua?dam ex aposloloruiu tradilioue in mysterio id est in occulto tradiia recipimus quorum ulraque parem vim habentad pietatem. Invocaiionis verba quum ostendilur panis Ecclesia; et populum benedictionis quis sanclorum in scriplo nobis reliquil ?

(2) Lib. iv. bist.

(3) Oral. 20.

(4) llospinian. in hislor sacram.

(5) Relinendam esseclevalionem ubi ut impia probibetur, et abolendam ubi ut necessaria pfa;cipilur.

(6) Roman. IV, 15.

(7) Epist. CXVIU.

(8) Wuitak. contro. 1. q. 3. c. 5 et 7. Fateor et nos et ba:reiicos cogi et convinci posse auctoriiate Ecclesia;, nec alio argumento exierno validius ac forlius premi ba;relicos.

hf.MOXSTUXTIDN l'.V VNG^HQLT.

vaincu par l'autorité de l'Eglise , M qu'il n \ a point d'argument externe par lequel on paisse plus puissamment presser les hérétiques.

SEÇTlQfl IV.

DES MESSES OU LES A8SIS1 MfTl >■ COMMU- NIENT PAS.

Par celte iuéme règle vous perdez encore voire cause, en ce qui est Jes mCSS(5S que

vous appelez privées : et de la communion sous les deux espèces, l'Eglise pratiquant el ayant pratiqué dès longtemps te que nous fa'is.ms en l'un el en l'autre. < i) je ne

laisserai pasdetouchev (':'s dcu* points brièvcment, espérant faire voir clairement que mois y é(çs aussi mal fondés qu*en ceux que nous avons déjà examinés.

Il n'y â personne qui ne reconnaisse que la célébration de IVucharislie , où le peuple communie , est plus parfaite que celle où il ne communie pas ; ia raison le l'ait \ oir à lout le monde, et parce que les fruits du sacrifice sont plus fructueusement communiqués lorsque l'hostie cA consommée des assistants dûment disposés que lorsqu'elle ne l'est pas : et parce que ce mystère étant el sacrifice et sacrement tout ensemble, il est plus parfaitement accompli lorsqu'il n'est pas seulement offert à Dieu en sacrifice , mais qu'il est en outre donné au peuple comme sûrement.

Pour ces considérations les anciens canons et les pères conviennent, exhortent et commandent aux. chrétiens de communier aux messes où ils assistent, el le concile de Trente le désire expressément [$ess. 2.'5). Partant si vous ne prétendez autre chose , sinon qu'il serait meilleur que les fidèles communiassent à toutes les messes où ils se trouvent, nous sommes d'accord avec vous. El en cecas, au lieu de condamner la doctrine de l'Eglise, bonne et sainte en ce point comme en tout autre, vous devriez vous plaindre de l'indévolion du peuple, puisque c'est la froideur qui est cause qu'il ne communie pas, et non la faute des pasteurs; mai? si vous prétendez condamner les messes où les assistants ne communient pas , comme illicites , vous nous aurez pour adversaires, el au jugement de lout le monde a\ ce grande raison, puisqu'il n'y en a aucun qui justifie vos prétentions et condamne les nôtres.

Si les messes où le peuple ne communie pas étaient illicites , ce sérail parce que l'oblationde l'eucharistie, entant que sacrifice, serait nécessairement conjointe à la participation du peuple à l'eucharistie en tant que sacrement : ce qui ne peut elre que par deux, movens, ou à raison de la nature du sacrifice, ou parce que Dieu l'aurait voulu ainsi. Ce ne peut être à raison du sacrifice, étant clair que son être ne dépend pas de la participation des assistants, puisque nul ne mangeait des holocaustes qui étaient tous consommés, que nul ne participait en la façon dont il s'agit , à celui qui était oulo une de Moïse pour la rémission du péché ,l.rrit.\\\

étant ait que le prêtre seul v participai! ; et

que même nu sacrifice de la croix, qui a c offert pour tous, personne u'\ a p irltcipé en

la façon en laquelle nos adversaires disent qu'il esl nécessaire que nous participions à l'eucharistie. On ne peut dire aussi que léMS- Christ ait voulu qu'il ne se célébrai aoCOI mes e sans communiants, n n \ int ni loi formelle ni aucune parole expresse en II'criture, d'où vous \ oulei qu'on lin- toutes les Vérités de la foi, qui le Qtsse connaître.

Vous direz volontiers qu'il a communié

apôtrei en la cène, el par conséquent que nous le devons imiter, distribuant l'cucharistie au peuple. Mais cet exemple ne prouve autre chose, sinon que le peuple peut communier, qu'il e^ à désirer qu il le lasse . et

que quand il le veut, on lui doit accorder

cette grâce : mais non pas qu'il faille donner au peuple l'eucharistie contre sa volonté . < t qu'on ne la puisse célébrer s.uis sa communion. Car qui peut dire qu'au cas que les apôtres n'eussent communie, lésns-Christ n'eût pas célébré l'eucharistie ? Qui peut dire qu'il eût foula qu'un mystère si auguste eût dépendu de la volonté d'autrui , et que lindé; otion des peuples rendît les pasteurs indévôts?

Au reste , je vous demanderais volontiers si l'exemple de Jésus-Christ vous sert de loi inviolable pour départir toujours l'eucharistie au peuple , pourquoi ne vous en sert-elle pas pour la départir à tous ? Ce que vous ne faites pas, puisque la confession de Wiltemberg se contente de la communion d'un seul (1). et que beaucoup assistent à vos i nés , qui toutefois n'\ communient pas. En un mot saint Pau! nous apprenant, que là où il n'y a point de loi, il n'y a point de prévarication, que le pèche est une transgression de la loi , ne produisant aucune écriture qui nous condamne, vous demeures condamnes vous-mêmes : et en effet, VOUS l'êtes non seulement à ce litre , mais en outre à plusieurs autres.

Par la pratique de l'église S. Chrv sostome reconnaissant que de son. temps la froideur du peuple était telle, qu'il se faisait des oblalions m! personne necommuoiail l : et 8. Ambroii e témoignant le même . lorsque parlant des Grecs, il nous fait connaître qu'ils avaient coutume de pe communier qu'une Fois l'an.

Par les vôtres, en ce que Perkensus confesse que la coutume de Célébrer le me sans la communion du peuple a lieu en II- "lise du temps de Walfridus et de saint Grégoire le l'.raml ■'? . c'e-t-à-dire depuis mille ans , ce qui montre bien qu'elle est immémoriale, puisque personne n en peut montrer le commencement. Par les foires encore, en ce

(t)Cap. de Eiioliarlslla. Ad reclam etichartsita aclionein réquirunlur ad minus duo, vid dicei minigler eucltarlsiiae sacrameninm dispenseuir.

(t)Chrispst. Iioni. Si. in epist, ad Êphcs. Frustra habetur ipinlldiana oblalio, cum nenio sjt qui siimil participe!. Ainbr. 5, de Sacram. c -t.

(70 Perkinstts in problem. de rnissa privais. Tempore Walfridi vtaëniur coeplssè solldarlaé rnissa el lempore Gregorii.

que Jean Hus , dont vous estimez la mémoire (1) , dit ouvertement au rapport de Luther, que cette pratique n'est pas illicite (2).

SECTION V

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